Éléonore a encore vomi dans son lit. Bien que ces vomissements soient occasionnels et bénins selon le pédiatre, ils inquiètent ses parents. Mamie en visite rassure la petite, la berce, la plaint et lui offre une collation sucrée. En observant bien, les parents se rendent compte que ces vomissements surviennent toujours lorsqu’ils reçoivent des visiteurs et au moment du coucher. Éléonore alors rouspète, refuse d’aller au lit. Ces vomissements expriment ses revendications et finissent par devenir le moyen pour retourner avec les visiteurs et bénéficier de leur attention. La mère de la petite décide de maintenir la règle du coucher à 20 heures quelque soit la réaction de l’enfant. Elle ne cède plus. Elle nettoie les draps et le pyjama à deux reprises et remet sa fille au lit. Les vomissements disparaissent. Plus les enfants sont jeunes, plus ils utilisent leur corps pour exprimer ce qu’ils ressentent qu’il s’agisse d’opposition comme Éléonore ou encore d’angoisse ou de stress.
Julien se plaint de crampes abdominales le matin à son départ pour la garderie, depuis une semaine. Il réagit à l’absence de son éducatrice et s’inquiète de l’identité de la remplaçante.
Stéphanie, quant à elle, dit qu’elle a mal au cœur lorsqu’elle est confrontée à un stress lié à la performance. Ainsi le petit jeu d’association proposé par son papa lui semble bien compliqué. Elle craint de ne pas répondre correctement. Elle préfère donc s’y soustraire en prétextant un malaise.
Intervenir : petits conseils
Consultez votre médecin afin d’être en mesure de distinguer ce qui relève d’un trouble organique de ce qui s’appuie sur des facteurs affectifs. Est-il réellement malade? Lorsque l’on s’est assuré que l’enfant n’est pas affecté d’un problème de santé, on peut mettre en place des stratégies éducatives.
Voici quelques pistes
- Observez les déclencheurs des malaises. S’agit-il d’une réaction à un changement, d’une expression d’opposition, d’un stress de performance, d’une peine non avouée?
- Décodez le message que l’enfant vous transmet à travers son corps et exprimez-le-lui.
- « Éléonore, je pense que tu ne veux pas te coucher et tu sais qu’en vomissant tu seras dorlotée par mamie et tu pourras rester au salon avec nous. Ce n’est pas possible. »
- « Julien, ton éducatrice te manque. Tu t’inquiètes de savoir qui la remplacera à la garderie aujourd’hui. »
- « Stéphanie, tu t’inquiètes de bien réussir le jeu. Tu penses que papa veut que tu saches tout, tout de suite. Tu es en train d’apprendre et tout ce que je souhaite c’est qu’on s’amuse ensemble. »
- Donnez des moyens à l’enfant pour faire face à la situation.
- Éléonore doit pouvoir anticiper le moment du coucher. En lui donnant des repères temporels et une routine elle pourra apprivoiser davantage la séparation des adultes. Mamie pourrait se rendre avec l’enfant au lit pour lui raconter l’histoire du soir.
- La maman de Julien doit lui proposer un modèle d’expression de ce qu’il ressent. « Tu peux me le dire … » De plus, le milieu de garde devrait annoncer aux enfants qui sera auprès d’eux le lendemain et placer la photographie de l’éducatrice remplaçante à la vue des enfants. Il est aussi pertinent d’aviser la remplaçante de la sensibilité de l’enfant au changement.
- Quant à Stéphanie, il devient impérieux de dédramatiser les erreurs en lui faisant remarquer que même les adultes peuvent se tromper, en utilisant l’humour et en valorisant les forces de l’enfant. Soulignez le plaisir du jeu et le désir de partager du temps avec l’enfant.
Il faut donc amener l’enfant à exprimer verbalement ce que les maux tentent de dire. Salomé fait d’ailleurs un jeu de mot en parlant de mal-à-dit.
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