Les exigences des parents

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Les exigences des parents  par Sylvie Bourcier

 

 

Les éducatrices se trouvent confrontées à des demandes parentales difficilement conciliables avec le contexte du groupe d’enfants. Soustraire un enfant à la sortie extérieure journalière en est un exemple. Ces exigences prennent parfois l’allure de critiques aux éducatrices. Le premier réflexe de certaines éducatrices est de défendre avec véhémence leurs pratiques avec pour résultat une escalade d’arguments improductifs. Elles ont alors l’impression que ces parents ne les apprécient pas à leur juste valeur. Certaines développent une forme d’aversion ou l’évitement de ces parents exigeants devient un mécanisme de défense, de protection. D’autres se remettent en question et voient leur sentiment de compétence s’affaiblir. Certaines cherchent à trouver les failles éducationnelles de ces parents pour ensuite les confronter. Quelque soit la réponse des éducatrices aux exigences perçues comme excessives, il est convenu qu’il s’agit d’un mécanisme qui cherche à maintenir le sentiment d’efficacité et de compétence des professionnelles.

En tentant de comprendre ce qui sous-tend ces exigences parentales nous visons d’une part à mieux rejoindre et répondre aux besoins des parents et des enfants et d’autre part, à affirmer la pertinence des pratiques éducatives mises de l’avant par le milieu de garde.

Être un parent est un dur métier tissé de joies, de doutes, d’inquiétudes. Le désir de protéger son enfant des alias de la vie des dangers, des microbes, des copains trop enthousiastes anime les parents. Les kangourous éprouvent de la difficulté à laisser leur petit bébé kangourou sauter hors du nid familial. Un papa me demande de lui garantir que sa petite Léa ne se fera plus bousculer par les trottineurs de son groupe. Une maman téléphone à chaque jour pour avoir des nouvelles de sa petite Maïka 3 ans et ce depuis son entrée à la garderie il y a 4 mois. Il faut chercher ce qui inquiète le parent, le rassurer, l’aider à décoder les signes, les besoins, qu’émet son enfant. Nous invitons la maman de Maïka d’observer ce que fait sa fille lorsqu’elle vient la chercher ou la déposer le matin. Maïka rit, s’introduit facilement dans le groupe à l’accueil.

Nous lui demandons ce qui l’inquiète malgré les signes d’adaptation de sa fille au milieu de garde. « Elle est tellement lente lorsqu’elle mange. A-t-elle le temps de finir son assiette? » Il est parfois difficile pour l’éducatrice de savoir la nature des préoccupations des parents. Il est donc nécessaire d’échanger librement sans avoir en arrière pensée l’hypothèse que le parent ne nous fait pas confiance. Quant à Léa les bousculades sont observées lors d’un conflit de territoire. Elle prend la place assignée d’un copain et ce dernier la pousse. Nous informons donc le papa que nous soutenons Léa dans l’apprentissage de l’espace personnel (ma place, ta place) et enseignons aux trottineurs à nommer leur besoin (c’est ma chaise, non!).

L’ignorance du contexte de groupe peut aussi explique les exigences. Le parent qui demande de garder son enfant enrhumé à l’intérieur cherche surement à le protéger du froid. Il faut donc lui expliquer en quoi sa demande est difficile à réaliser. « Je comprends votre souci mais je vois pas comment je pourrai respecter l’exigence de la sortie extérieure pour le groupe et être auprès de votre enfant. Je suis responsable de tout mon groupe. Il est difficile de le laisser à l’intérieur nous sommes contraints de respecter le ratio. C’est une question de sécurité. Par contre, soyez assurée que je veillerai à ce que votre enfant soit bien au chaud dans ses vêtements et je garderai un œil attentif. Je vous aviserai si sa condition change. »

Il s’agit d’un parent qui désire que son enfant ne se salisse pas alors que les jeux extérieurs peuvent entacher les vêtements, nous lui demandons d’apporter des vêtements de jeu ou des tabliers. Un papa, pour qui vêtir sa fille joliment était très important, un signe d’investissement affectif, a préféré un grand tablier plutôt que des vêtements qu’il considérait moins seyants.

Laissez-moi vous raconter une anecdote pour vous illustrer une autre raison susceptible d’expliquer certaines exigences ou critiques. Je supervisais une stagiaire finissante dans un groupe d’enfants âgés de 2-3 ans. Cette éducatrice excellait dans sa profession. Elle réussissait à garder un climat calme et enjoué, elle avait une gestion de groupe irréprochable, … une perle. La maman de jumelles identiques lui reprochait des négligences banales. Par exemple, la chaussure gauche d’une jumelle mise dans le pied gauche de sa sœur alors qu’elles portaient les mêmes vêtements et chaussures, la tuque déplacée momentanément qui ne couvre pas totalement les oreilles… Enfin, des détails sans impact important. En échangeant avec la stagiaire, nous constatons que cette mère semble parfois dépassée par la situation exigeante certes d’être parent de jumelles de 2 ans. Alors qu’elle tient la main de l’une, l’autre se sauve dans la rue ou en déshabillant une fillette, sa sœur disparait du vestiaire. Nous tentons une intervention en s’appuyant sur l’hypothèse qu’il est rassurant pour la mère de noter les failles de l’éducatrice. Elle n’est pas la seule à être parfois dépassée. Beaucoup de parents sont trop  exigeants envers eux-mêmes. Nous nous donnons donc comme objectif de valoriser la mère. Par exemple, elle a pensé à apporter les bottes de pluie, elle a félicité les bricolages, etc. Peu à peu, la fréquence des critiques et des exigences a diminué. Mettre en lumière les compétences parentales permet d’établir un pont, un lieu de respect mutuel.

L’histoire propre du parent peut aussi, par exemple des histoires d’abus, expliquer ses demandes. Une mère exige que sa fille soit changée de groupe, puisque le titulaire de son groupe est un homme. L’éducateur devra donc expliquer les modalités prévues dans son milieu pour prévenir toute forme d’abus : le travail d’équipe, les fenêtres permettant d’avoir un accès visuel en tout temps, la formation et l’expérience du personnel, etc. Voici donc des moyens pour faciliter les échanges :

  • Permettre aux parents de mieux connaitre le milieu collectif, ses joies et ses contraintes en l’invitant à participer à des sorties, des fêtes, en le laissant observer ce qui s’y passe et en racontant des anecdotes du quotidien. Ses demandes pourront alors être plus conciliables avec le contexte de groupe.
  • Accueillir les inquiétudes des parents, chercher à les comprendre sans juger pour ainsi mieux les rassurer.
  • Valoriser les compétences des parents afin qu’ils se mobilisent en toute confiance pour l’éducation de leur enfant. Nous évitons aussi la décharge totale de la responsabilité sur l’éducatrice.

 

par Sylvie Bourcier

Programme éducatif dans la cour Été et automne

Question no 1: Avec les groupes multiâges et les remplaçantes d’été, devons-nous appliquer un programme éducatif à nos jeux extérieurs?

Vous connaissez déjà la réponse. Bien sûr qu’il faut appliquer le programme éducatif à chaque moment de la journée et pour toutes les activités autant de routine que celles initiées par l’éducatrice. Mais comment s’y prendre? Déjà en avril-mai, nous choisissons nos vacances et savons très bien que les enfants de notre groupe se retrouveront avec une éducatrice remplaçante et qu’ils seront en groupe multiâges.

Et bien justement, puisque vous ne serez pas là tout l’été et que les enfants de votre groupe eux y seront, l’équipe d’éducatrices régulières devraient s’y prendre à l’avance pour programmer un calendrier des activités extérieures. Les éducatrices remplaçantes en auront déjà assez de gérer les relations avec des groupes dont la composition change souvent et avec des parents qui ne prêtent pas autant de crédibilité à leur travail parce qu’elles sont des remplaçantes. Bien sûr, les parents ne sont pas tous comme ça. Donc pour supporter les éducatrices d’été, je propose que dès le mois de mai l’équipe des éducatrices régulières et les éducatrices d’été se rencontrent et planifient ensemble la programmation d’été.
D’abord, avant de se présenter à la réunion, chacune a pris soin de réfléchir à des thèmes et des activités à faire à l’extérieur avec les différents groupes d’âges. Après un remue-méninges, on retient les idées innovatrices et qui plaisent à l’ensemble. Il faut se rappeler que les enfants seront souvent en grand groupe et en multiâges. Puis on nomme une responsable pour chaque thème. Non pas pour qu’elle prépare toutes les activités mais pour qu’elle supervise la participation active de chacune. Je vous proposerai un exemple de programmation un peu plus loin. Les activités sont ensuite écrites sur un grand tableau dans la salle du personnel pour que toute l’équipe puisse la consulter et se l’approprier. En plus, elle sera prête pour la mettre au vestiaire au moment venu. Les parents apprécieront grandement pouvoir la consulter mais les plus heureux seront les enfants qui ne seront pas laissés à eux-mêmes tout l’été.

Question no 2 : Mais comment convaincre les parents que nos jeux extérieurs sont éducatifs?

À chaque été, les jeux extérieurs comme la pataugeuse, les jeux dans le carré de sable, les pique-nique font parti de nos activités d’été. Mais tout comme moi, est-ce que vous avez déjà entendu la remarque : qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui? T’as encore jouer dans le carré de sable… laissant sous-entendre qu’il n’a rien fait, rien appris. Nous, comme éducatrice, savons très bien que l’enfant fait tout plein d’apprentissages mais le parent qui nous voit le matin un p’tit 5 minutes et 10 le soir , n’a pas vu tout ce vous faites avec leur enfant. Pour remédier à la situation, je propose d’afficher au vestiaire sur un grand carton, tous les apprentissages que l’enfant réalisent quand il joue dans le sable. Par exemple : http://starkessays.com/

Quand mon enfant joue dans le sable, il :

  • Il s’exprime, il fait des choix de matériel (château, maison etc.)
  • Il reconnaît un problème (je veux que mon château monte jusqu’au ciel) il essaie de le résoudre.
  • Il doit partager les objets de jeux (pelles, chaudières,etc)
  • Il crée des liens avec les autres amis qui jouent auprès de lui.
  • Il peut faire des jeux, des constructions avec eux.
  • Il discute.
  • Il chante des chansons tout en jouant (des chansons que je lui apprend ou d’autres).
  • Il trace des formes dans le sable.
  • Il essaie d’identifier les dessins des autres dans le sable.
  • Il fait semblant qu’il est le chauffeur de camion ou le cuisinier.
  • Il crée des bâtiments.
  • Il compare son château avec celui d’un autre.
  • Il développe son vocabulaire (pont-tour-donjon etc.)
  • Il peut compter.
  • Il remplit et vide sa chaudière, celle de l’éducatrice.
  • Il observe l’espace, est-il trop petit ou trop grand.
  • Il se déplace dans le sable, marche de différentes façons.
  • Il touche, découvre et expérimente.
    (Texte de Ginette Hébert)

Etc.

Après avoir planifier la programmation d’été, il nous faut organiser l’espace extérieur qui soutiendra les éducatrices dans leur animation. Dans chaque espace, on a fait installer un bac de rangement sous clé. D’abord revoir les types d’espace comme :
L’espace gazonnée : s’assurer qu’il y a un point d’eau pour y installer les pataugeuses. Comme cet espace doit être polyvalent, il ne faut rien y installer en permanence.

L’espace sous les arbres : y placer des grandes couvertures et des valises avec des livres, revues, cartes postales, écouteurs et musique. Tout est en place pour y relaxer.

L’espace asphalté : circuit de tricycle, lave-tricycle, jeux d’eau.

La clôture : Jeux de cylindres accrochés à la clôture en permanence, panneaux de plexiglass où l’enfant peut dessiner et peinturer, plusieurs grandeurs de paniers accrochés et troués pour laisser s’égoutter l’eau de pluie avec des objets de jeux variés.

Carré de sable couvert : avec tables ou tabourets de différentes hauteurs pour que l’enfant puissent y installer ses jeux.


Type d’activités :

À partir de thèmes estivaux comme par exemple, la plage en folie, la place ensoleillé, le sentier des œuvres d’art, l’aquaCPE etc. , on bâtit une planification d’activités. On doit décider du nombre de semaines pour le thème, on place les journées de sortie, les activités-projets, les ateliers et les jeux grands groupes. La première qualité de toute cette programmation s’est sa flexibilité. Prenons un exemple, pour le mois de juin le thème sera « le sentier des œuvres d’art » :

lundi mardi mercredi jeudi vendredi
Atelier selon JCM à l’extérieur
Sortie à la galeries d’art de la région.
Atelier de poterie Jeux d’eau
Exposition d’images installée à la clôture et atelier libre de dessin. Atelier de peinture. Atelier selon JCM à l’extérieur Activité projet:
les œuvre d’art
Planification avec les enfants du projet.
Création et remise des invitations pour les parents. Jeux d’eau Atelier peinture collective.
Organisation de l’exposition Jeux d’eau Exposition pour les parents.

Question no 3. Avec une planification d’activités comme celle-là est-ce que le programme éducatif est respecté?

Le premier principe est que chaque enfant est unique et que pour y répondre on doit offrir des activités variées et initiées parfois par l’enfant parfois par l’éducatrice. Le 2e principe est l’enfant apprend par le jeu donc les activités sont à la fois stimulantes et amusantes pour l’intéresser d’abord et il fera des apprentissages ensuite. Le 3e principe est que l’enfant est le premier agent de son développement pour y répondre on doit observer l’enfant au jeu et déduire les apprentissages que l’on doit lui présenter selon ses goûts et ses stades de développement. Le 4e principe est que le développement de l’enfant est un processus global et intégré donc que le thème se vivra autant dans les routines que durant les activités choisies et que par une même activité les enfants n’intègrent pas tous les mêmes apprentissages. Enfin il est très important de mettre les parents dans le coup. Renseigner, écrire, parler individuellement à chaque parent, les inviter etc. Autant de façon de collaborer avec eux et de favoriser le développement de leur enfant.

Je vous souhaite à vous et aux enfants une belle fin d’été.
Céline Perreault
Enseignante en TEE

Le lien significatif de l’éducatrice à l’enfant : oui, mais comment?

Céline Perreault

Février-mars 2010

www.aveclenfant.com

Comment se développe l’attachement de  l’enfant à l’adulte :

S’attacher signifie s’unir, se lier à quelqu’un. Cette personne en l’occurrence, l’éducatrice ,devient une personne à qui l’enfant est ‘’lié’’, il peut s’y référer. Elle le connaît, elle peut prendre sa défense et le protéger. Comme l’enfant a besoin que l’on réponde à ses besoins de base pour ensuite être capable d’explorer son environnement, il doit pouvoir ‘’compter’’ sur quelqu’un qui le connaisse assez bien pour prendre soin de lui. Il est en croissance, il est en marche vers l’autonomie, il doit pouvoir compter sur un adulte mature, capable de comprendre son développement et de répondre à son besoin de reconnaissance, d’estime de soi et d’amour.

C’est en répondant à ses besoins de base que l’enfant et l’adulte vont s’attacher l’un à l’autre. L’enfant doit être respecté dans son intégralité. IL est une personne avec un potentiel. Il n’est pas un vase vide mais plutôt un vase plein qui devra être ‘’déballé’’ par l’éducatrice. Considérant que l’enfant est capable de faire des choix et d’affirmer ses goûts et intérêts,  l’éducatrice professionnelle sera capable de les identifier et d’y répondre en lui donnant des soins attentifs.

Prenons l’exemple de Justin 3 ans, qui est nouveau au service de garde. Ses premiers jours de garde vécus dans cet environnement  bruyant et nouveau, le stressent. Il ne connaît pas le milieu et ses règles de vie. Mais peu à peu, il découvre qu’il y a une routine, une alternance de moments qui se ressemblent de jour en jour. Il commence à se repérer dans le temps. Il s’adapte doucement. Il reconnaît son éducatrice Joanie, elle est là tous les jours. Elle répond à ses besoins de base. Elle lui sert à manger, elle s’assure qu’il n’aura pas froid à l’extérieur, elle donne le rythme aux activités de la journée. Mais plus important, elle le reconnaît. Elle découvre ses particularités. Elle découvre ses goûts et intérêts. Elle répondra de façon de plus en plus adéquate à ses besoins parce qu’elle a l’observé.

Et doucement au travers des routines de la journée, elle établira un lien, un attachement significatif avec Justin. Ils seront liés par un fil invisible de connaissances de leurs particularités. C’est ce que l’on appelle le lien d’attachement professionnel (Katz).

 

Une éducatrice significative : qu’est-ce que c’est :

C’est donc cette personne, très souvent une femme, qui  connaît l’enfant, qui identifie ses besoins qui y répond tout en favorisant son autonomie. Il ne faut pas faire à la place de l’enfant  mais plutôt avec l’enfant. Est-elle significative dès l’entrée de l’enfant au service de garde? Sûrement pas, mais elle le devient assez rapidement pour l’enfant. Parce qu’elle représente d’abord la réponse à ses besoins de base comme manger et dormir. Par contre, avec le temps, elle devient la personne avec qui les relations affectives de l’enfant ‘’résonnent’’. Il trouve réponse à ses besoins affectifs. Ils trouvent échos à ses attentes.

Elle y arrivera toujours en prenant le même chemin : disponibilité et respect de l’enfant. Elle doit donc se balancer entre répondre aux besoins et laisser l’enfant  explorer et répondre à ses besoins. Pour se faire, elle se tiendra à distance et observera l’enfant en action.

De la théorie aux gestes : quelques questions

  • Est-ce que l’éducatrice en pouponnière doit travailler 5 jours/semaines?
  • Est-ce que l’éducatrice en pouponnière doit être seule avec cinq poupons dans un local pour leur assurer un attachement sécure?
  • L’éducatrice en service de garde doit-elle opter pour ‘’suivre’’ son groupe pendant minimalement deux années d’affilées ?
  • L’éducatrice en service de garde doit-elle remettre en question les groupes homogènes ou opter pour le groupe multiâge qu’elle accompagnerait plusieurs années ce qui lui permettrait d’assurer plus de continuité aux enfants?
  • Est-ce qu’une journée de congé aux deux semaines améliorerait la constance des relations auprès de l’enfant?
  • Le service de garde doit-il prioriser les besoins des enfants ou ceux des éducatrices?

 

Réponses aux questions :

  • Est-ce que l’éducatrice en pouponnière doit travailler 5 jours/semaines? Les études démontrent que la stabilité du  personnel éducateur est un facteur de qualité dans les services de garde. Les spécialistes de la Petite Enfance en passant par Lilian Katz, Winnicott, Bouchard et Bosse-Platière sont d’avis que la stabilité est un facteur favorisant le lien significatif entre l’enfant et l’éducatrice.

 

  • Est-ce que l’éducatrice en pouponnière doit être seule avec cinq poupons dans un local pour leur assurer un attachement  sécure? Il semble très intéressant de travailler à deux à la pouponnière. Mais qu’en est-il en réalité pour le lien significatif entre l’enfant et l’éducatrice? Dans une  pouponnière de 10 enfants, si un enfant pleure et que  son éducatrice attitrée est à changer les couches, il sera consolé par l’autre éducatrice. Pensons seulement, qu’autour de cet enfant gravite déjà un père une mère une grand-mère un grand-père et une éducatrice… c’est déjà suffisant pour un petit être en construction. Mais si en plus, comme la moitié des enfants, ses parents sont séparés, cet enfant peut se retrouver avec plusieurs  adultes qui attendent qu’il s’adapte à eux!!! D’où l’importance, comme le spécifie le programme éducatif Accueillir la petite enfance, que le ‘’ le service de garde qu’il fréquente, par la qualité des interventions des adultes qui s’y trouvent et des activités auxquelles on lui permet de s’adonner, doit se situer résolument du côté des facteurs de protection dans son développement[i]
  • L’éducatrice en service de garde doit-elle opter pour ‘’suivre’’ son groupe pendant minimalement deux années d’affilées ? Pour avoir moi-même suivi mon groupe pendant plus de deux ans, je peux vous dire que le lien est devenu très solide entre moi et les enfants de mon groupe mais aussi les enfants entre eux. Et que dire des parents, nous nous connaissions tellement. J’ai pu vraiment m’allier avec eux pour les interventions auprès de leur enfant en  assurant ainsi constance et continuité. De plus, j’ai pu approfondir les thèmes initiés par moi ou par les enfants. Mes interventions éducatives étaient fondées sur plusieurs observations et une solide connaissance des besoins des enfants.
  • L’éducatrice en service de garde doit-elle remettre en question les groupes homogènes ou opter pour le groupe multiâge qu’elle accompagnerait plusieurs années et  qui lui permettrait d’assurer plus de continuité aux enfants? L’approche multiâge comporte beaucoup d’avantages que je ne traiterai pas dans cet article mais en lien avec le thème de l’attachement disons que ce type de regroupement d’enfants assure stabilité dans le lien entre l’éducatrice et l’enfant, permet la continuité dans les liens fraternels et encourage l’attachement des enfants entre eux. Comme l’accent est mis dans le partage et l’entraide dans ce type de regroupement, le climat est propice à l’empathie et la patience , terreau de qualité pour des liens affectifs solides.
  • Le service de garde doit-il prioriser les besoins des enfants ou ceux des éducatrices?

Maintenant que les spécialistes se sont prononcés sur l’importance de la stabilité du personnel éducateur pour son lien d’attachement avec son éducatrice et pour son développement global, que faut-il faire? Faut-il éviter cette question délicate des conditions de travail de l’éducatrice au détriment des besoins des enfants? Croyons-nous vraiment en l’importance de ce lien entre l’enfant et son éducatrice? Rappelons que Urie Bronfrenbrener (2000) et son modèle écologique démontre clairement que le service de garde de l’enfant et plus spécifiquement son éducatrice font partie d’un microsystème qui, durant la petite enfance, a une influence tout aussi importante  sur le développement de l’enfant que le microsystème de sa famille (Bouchard 2008).

 

La question est délicate certes, mais elle s’impose pour le bien-être des enfants qui nous sont confiés et dans le but de leurs donner les meilleures chances possibles de développement. En 2010, la question de l’importance de l’attachement pour le développement de l’enfant n’est plus à démontrer. Ce fondement du programme éducatif des centres à la petite enfance (2007) doit nous encadrer dans le choix des actions à entreprendre pour  améliorer la qualité de nos services de garde Québécois.

 


[i] Gouvernement du Québec, Accueillir la petite enfance, Ministère de la famille et des aînés, 2007, p.13.

Je l’prends ou pas dans mon groupe?

Céline Perreault, TES

Avril 2011

www.aveclenfant.com

Il est 16h25 au CPE les petites frisettes. Quatre-vingt enfants fréquentent ce CPE à chaque jour. À 16h30,  trois éducatrices quittent. Elles ont terminé leur journée de travail. C’est à ce moment que les enfants doivent être redirigés vers d’autres groupes où les éducatrices quitteront à leur tour progressivement. Théo est un enfant très turbulent. Il bouge rapidement dans le local et aime les jeux de course avec de gros camions. Il est actif. Quand Roxanne voit qu’il va lui être attribué pour la fin de la journée, elle s’exclame : ah non! Pas Théo dans mon groupe! Je n’ai pas le goût aujourd’hui!!!!

Vous êtes surpris… pas autant que Théo!

Qu’est-ce que l’on pourrait faire pour le mieux-être de Théo ou

Comment améliorer la répartition des enfants en fin de journée?

a)     Toujours rediriger les enfants vers la même éducatrice. De cette façon, il poursuit sa journée tout simplement sans s’adapter à nouveau à une éducatrice. La communication entre les deux éducatrices serait facilitée et la qualité des interventions améliorées. Régulièrement, les deux éducatrices pourraient échanger sur les interventions à faire auprès de Théo et en favoriser la cohérence.

 

b)      Faire voyager les enfants en groupe identique d’un soir à l’autre. S’il n’est pas possible d’envisager que la même éducatrice à chaque soir reçoive les mêmes enfants, il serait profitable d’envoyer les enfants en même sous-groupe d’un soir à l’autre. Une solidarité pourrait s’installer entre les enfants et un sentiment d’appartenance serait favorisé par des contacts réguliers et quotidiens. La plupart des enfants agités ont besoin de stabilité  affective. Se retrouver avec ses mêmes petits amis en fin de journée encouragera Théo à s’attacher à ses amis de fin de journée et permettra à certains d’entre eux à mieux le connaître et développer des jeux avec lui.

 

c)      Prolonger le départ des éducatrices en fin de journée : Bien sûr, il faudrait prolonger la journée de l’éducatrice… parfois il s’agit d’ajouter 30 minutes à la fin de la journée pour que la plupart des enfants de son groupe soient partis. Cette éventualité pourrait être étudiée et compte-tenu de la réalité de chaque groupe, des prolongations d’horaire seraient à instaurer. Imaginer si Théo part à 16h45 soit 15 minutes après son éducatrice et qu’à chaque soir il doit s’adapter  pour un court temps à un autre adulte avec ses règles et ses consignes particulières.

d)      Organiser des activités grands groupes pour les fins de journée/ contes, jeux d’exploration, jeux extérieurs etc. :Des jeux spéciaux sont organisés pour la fin de journée comme par exemple,  des jeux d’eau ou de sciences. Habituellement, un enfant agité est stimulé par les jouets nouveaux et renouvelés. C’est probablement ce qui arrivera à Théo. Il aimera les bacs de sciences et peut-être d’eau aussi.

e)      Conscientiser les parents sur l’importance de venir chercher l’enfant le plus tôt possible pour vivre de bons moments en famille. Les jeunes parents doivent être conscientisés à l’importance de jouer avec leur enfant et de vivre la routine des tâches. Par exemple, il serait pertinent d’aller faire son épicerie avec son enfant et lui apprendre les catégories  par exemple. Apprendre avec son parent, c’est gagnant! Théo aime ‘’fortement’’ ses parents. Il gagnerait à vivre de petits rituels avec ses parents comme faire l’épicerie ou aller mettre de l’essence avec un des deux parents. Il y ferait plusieurs apprentissages.

En fin de journée, l’enfant voit tous les parents des autres enfants venir les prendre. C’est un grand défi que de rester tranquille et serein quand l’enfant  voit tous ses amis partir un après l’autre. Les conditions environnementales et humaines doivent favoriser le calme surtout en fin de journée….

La stabilité dans la relation affective est gage de sérénité chez un enfant. Au service de garde, là où la majorité des enfants québécois vivent leur enfance, rappelons-nous que la qualité de nos interventions passe par la cohérence et la constance dans nos gestes auprès de l’enfant. Partant de cette affirmation nous pouvons aussi dire : ‘’Parce qu’elle le connaît mieux, l’éducatrice régulière et stable est plus sensible et répond plus adéquatement aux besoins de l’enfant’’[i].

Prenons le temps de réviser nos pratiques, les enfants s’en trouveront  plus sereins!

 


[i] Hébert, Ginette, Nathalie Hébert, Geneviève Issalys et Caroline Milhomme (2009) Gestion des horaires et de la fréquentation, Montréal, éd. AQCPE, coll. Petit guide pour prendre la route , Projet Odyssée.

Rédiger une plate-forme pédagogique : luxe ou nécessité?

La question semble singulière mais comporte plusieurs éléments. D’abord pour avoir envie de rédiger une plate-forme, il faut savoir qu’est-ce qu’une plate-forme, quel en est le contenu, les utilités possibles et enfin les étapes de rédaction.

En tant que coordonnatrice, j’ai fait cet exercice avec mon équipe d’éducatrices et de parents. Franchement, c’est loin d’être un exercice que l’on fait rapidement. C’est plutôt plusieurs étapes à réaliser sur une longue période. À la question pourquoi rédiger une plate-forme compte tenu que nous avons un très beau programme éducatif des centres à la Petite Enfance qui vient tout juste d’être révisé, il faut savoir qu’une plate-forme pédagogique c’est l’ensemble des positions que les membres d’un service de garde adoptent pour mettre de l’avant une pédagogie commune concernant les  valeurs fondamentales, les ressources humaines et matérielles. Donc notre plate-forme nous distingue , elle est unique.
Plus simplement la plate-forme pédagogue permet au service de garde de préciser son identité comme milieu de vie pour les enfants. Le mot le dit bien, une plate-forme c’est du solide, on peut s’y appuyer pour prendre toutes sortes de décisions. Elle servira donc autant à la direction qu’à l’équipe et aux parents. Voyons-y plus clair.

  1. Elle supportera le parent dans le choix d’un service de garde plutôt qu’un autre.
  2. Elle supportera la direction pour la sélection de son personnel.
  3. Elle favorisera la cohérence des interventions entre les individus qui travaillent de près ou de loin auprès des  enfants.
  4. Elle sera une base d’entente entre les divers intervenants, un outil de concertation autour des valeurs et de leurs applications dans le service de garde.

Quelles sont les étapes de rédaction :

Il faut envisager qu’un individu  soit le porteur du projet de rédaction. Il aura comme rôle d’annoncer les réunions, de les préparer et de les animer, de consulter les différents partenaires dont le CA, la direction, les parents utilisateurs et les éducatrices. Finalement, il se chargera de la rédaction. Il donnera donc le rythme  il est en tête du projet. Par contre, il ne s’agit pas de la plate-forme d’une personne mais bien de toute l’équipe, donc tout le monde doit être motivé à réaliser cet outil indispendable.

  1. choix de la personne porteuse du projet de rédaction.
    Il faudra envisager du temps de libération hebdomadairement. Vérification de la motivation de tous les partenaires à la réalisation de ce projet qui devrait s’échelonner sur 2 ans.
  2. concertation autour d’une mission éducative particulière.
    Par exemple, un milieu peut mettre l’emphase sur la santé, un autre mettra en  valeur la créativité comme outil essentiel au développement de tout individu.
  3. Définir vos cinq valeurs éducatives.
    Il s’agit  par la consultation des différents partenaires, de faire consensus et de placer par ordre d’importance vos cinq valeurs les plus importantes. En définissant les moyens pour les atteindre vous rendrez concrètes vos valeurs éducatives.
  4. La mise en application dans votre service des cinq (5) principes de base du programme éducatif.
    Par exemple, il s’agira d’expliquer comment chez vous, on respecte le 1e principe que chaque enfant est unique, quels sont les gestes et les interventions qui sont posés en ce sens.
  5. Sous forme de texte ou de tableau, élaborer les étapes du développement de l’enfant de 0-5 ans  sous tous les aspects dont langagier, moteur, social, affectif et moral.
  6. Faire une description des ressources humaines et matériel de notre service de garde.
    Il serait donc important de faire un inventaire des jouets et de l’équipement. Entre vous et moi, cet exercice est fastidieux mais très étonnant ! En effet on ‘’redécouvre’’ des jouets depuis longtemps oubliés.
  7. Préciser l’horaire-type. En ce sens, plusieurs services de garde rédigent deux plate-forme, une pour les poupons -trottineurs et une autre pour les 21/2ans-5 ans.
  8. Expliquer l’organisation de l’environnement et des activités.
    Définition des différents coins et présentation des types d’activités avec des exemples.
  9. Finalement, insérer un exemple de programme d’activités.

Malgré l’ampleur de la tâche, soyez assuré que l’exercice en vaut grandement la peine. D’ailleurs lorsque vous aurez commencé  vous ne pourrez plus vous arrêter!

En guise de référence, vous pouvez consulter la plate-forme pédagogique du CPE du complexe Guy-Favreau à l’adresse :
www.cpeguyfavreau.com ou vous procurer le programme éducatif des poupons et des trottineurs du cpe Sainte-Justine à $8/unité à l’adresse suivante :

Centre de la petite Enfance Ste-Justine
3180, rue Ellendale,
Montréal.
P. Q.
H3S 1W3

Bonne rédaction!
Céline Perreault

Programme éducatif dans la cour Été et automne

Question no 1: Avec les groupes multiâges et les remplaçantes d’été, devons-nous appliquer un programme éducatif à nos jeux extérieurs?

Vous connaissez déjà la réponse. Bien sûr qu’il faut appliquer le programme éducatif à chaque moment de la journée et pour toutes les activités autant de routine que celles initiées par l’éducatrice. Mais comment s’y prendre? Déjà en avril-mai, nous choisissons nos vacances et savons très bien que les enfants de notre groupe se retrouveront avec une éducatrice remplaçante et qu’ils seront en groupe multiâges.

Et bien justement, puisque vous ne serez pas là tout l’été et que les enfants de votre groupe eux y seront, l’équipe d’éducatrices régulières devraient s’y prendre à l’avance pour programmer un calendrier des activités extérieures. Les éducatrices remplaçantes en auront déjà assez de gérer les relations avec des groupes dont la composition change souvent et avec des parents qui ne prêtent pas autant de crédibilité à leur travail parce qu’elles sont des remplaçantes. Bien sûr, les parents ne sont pas tous comme ça. Donc pour supporter les éducatrices d’été, je propose que dès le mois de mai l’équipe des éducatrices régulières et les éducatrices d’été se rencontrent et planifient ensemble la programmation d’été.
D’abord, avant de se présenter à la réunion, chacune a pris soin de réfléchir à des thèmes et des activités à faire à l’extérieur avec les différents groupes d’âges. Après un remue-méninges, on retient les idées innovatrices et qui plaisent à l’ensemble. Il faut se rappeler que les enfants seront souvent en grand groupe et en multiâges. Puis on nomme une responsable pour chaque thème. Non pas pour qu’elle prépare toutes les activités mais pour qu’elle supervise la participation active de chacune. Je vous proposerai un exemple de programmation un peu plus loin. Les activités sont ensuite écrites sur un grand tableau dans la salle du personnel pour que toute l’équipe puisse la consulter et se l’approprier. En plus, elle sera prête pour la mettre au vestiaire au moment venu. Les parents apprécieront grandement pouvoir la consulter mais les plus heureux seront les enfants qui ne seront pas laissés à eux-mêmes tout l’été.

Question no 2 : Mais comment convaincre les parents que nos jeux extérieurs sont éducatifs?

À chaque été, les jeux extérieurs comme la pataugeuse, les jeux dans le carré de sable, les pique-nique font parti de nos activités d’été. Mais tout comme moi, est-ce que vous avez déjà entendu la remarque : qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui? T’as encore jouer dans le carré de sable… laissant sous-entendre qu’il n’a rien fait, rien appris. Nous, comme éducatrice, savons très bien que l’enfant fait tout plein d’apprentissages mais le parent qui nous voit le matin un p’tit 5 minutes et 10 le soir , n’a pas vu tout ce vous faites avec leur enfant. Pour remédier à la situation, je propose d’afficher au vestiaire sur un grand carton, tous les apprentissages que l’enfant réalisent quand il joue dans le sable. Par exemple :

Quand mon enfant joue dans le sable, il :

  • Il s’exprime, il fait des choix de matériel (château, maison etc.)
  • Il reconnaît un problème (je veux que mon château monte jusqu’au ciel) il essaie de le résoudre.
  • Il doit partager les objets de jeux (pelles, chaudières,etc)
  • Il crée des liens avec les autres amis qui jouent auprès de lui.
  • Il peut faire des jeux, des constructions avec eux.
  • Il discute.
  • Il chante des chansons tout en jouant (des chansons que je lui apprend ou d’autres).
  • Il trace des formes dans le sable.
  • Il essaie d’identifier les dessins des autres dans le sable.
  • Il fait semblant qu’il est le chauffeur de camion ou le cuisinier.
  • Il crée des bâtiments.
  • Il compare son château avec celui d’un autre.
  • Il développe son vocabulaire (pont-tour-donjon etc.)
  • Il peut compter.
  • Il remplit et vide sa chaudière, celle de l’éducatrice.
  • Il observe l’espace, est-il trop petit ou trop grand.
  • Il se déplace dans le sable, marche de différentes façons.
  • Il touche, découvre et expérimente.
    (Texte de Ginette Hébert)

Etc.

Après avoir planifier la programmation d’été, il nous faut organiser l’espace extérieur qui soutiendra les éducatrices dans leur animation. Dans chaque espace, on a fait installer un bac de rangement sous clé. D’abord revoir les types d’espace comme :
L’espace gazonnée : s’assurer qu’il y a un point d’eau pour y installer les pataugeuses. Comme cet espace doit être polyvalent, il ne faut rien y installer en permanence.

L’espace sous les arbres : y placer des grandes couvertures et des valises avec des livres, revues, cartes postales, écouteurs et musique. Tout est en place pour y relaxer.

L’espace asphalté : circuit de tricycle, lave-tricycle, jeux d’eau.

La clôture : Jeux de cylindres accrochés à la clôture en permanence, panneaux de plexiglass où l’enfant peut dessiner et peinturer, plusieurs grandeurs de paniers accrochés et troués pour laisser s’égoutter l’eau de pluie avec des objets de jeux variés.

Carré de sable couvert : avec tables ou tabourets de différentes hauteurs pour que l’enfant puissent y installer ses jeux.


Type d’activités :

À partir de thèmes estivaux comme par exemple, la plage en folie, la place ensoleillé, le sentier des œuvres d’art, l’aquaCPE etc. , on bâtit une planification d’activités. On doit décider du nombre de semaines pour le thème, on place les journées de sortie, les activités-projets, les ateliers et les jeux grands groupes. La première qualité de toute cette programmation s’est sa flexibilité. Prenons un exemple, pour le mois de juin le thème sera « le sentier des œuvres d’art » :

lundi mardi mercredi jeudi vendredi
Atelier selon JCM à l’extérieur
Sortie à la galeries d’art de la région.
Atelier de poterie Jeux d’eau
Exposition d’images installée à la clôture et atelier libre de dessin. Atelier de peinture. Atelier selon JCM à l’extérieur Activité projet:
les œuvre d’art
Planification avec les enfants du projet.
Création et remise des invitations pour les parents. Jeux d’eau Atelier peinture collective.
Organisation de l’exposition Jeux d’eau Exposition pour les parents.

Question no 3. Avec une planification d’activités comme celle-là est-ce que le programme éducatif est respecté?

Le premier principe est que chaque enfant est unique et que pour y répondre on doit offrir des activités variées et initiées parfois par l’enfant parfois par l’éducatrice. Le 2e principe est l’enfant apprend par le jeu donc les activités sont à la fois stimulantes et amusantes pour l’intéresser d’abord et il fera des apprentissages ensuite. Le 3e principe est que l’enfant est le premier agent de son développement pour y répondre on doit observer l’enfant au jeu et déduire les apprentissages que l’on doit lui présenter selon ses goûts et ses stades de développement. Le 4e principe est que le développement de l’enfant est un processus global et intégré donc que le thème se vivra autant dans les routines que durant les activités choisies et que par une même activité les enfants n’intègrent pas tous les mêmes apprentissages. Enfin il est très important de mettre les parents dans le coup. Renseigner, écrire, parler individuellement à chaque parent, les inviter etc. Autant de façon de collaborer avec eux et de favoriser le développement de leur enfant.

Je vous souhaite à vous et aux enfants une belle fin d’été.
Céline Perreault
Enseignante en TEE

Bouger à l’intérieur: partie 1

Céline Perreault, enseignante TEE

Novembre 2012

www.aveclenfant.com

 

On le sait, les enfants apprennent en bougeant et en expérimentant. Bouger c’est la vie, danser et sauter c’est la joie pour l’enfant.  Compte-tenu de toutes ces statistiques alarmistes  ( 12 % des jeunes enfants font 90 minutes d’activité physique par jour/ moins de la moitié des jeunes de moins de 5 ans sont soumis à une routine quotidienne comprenant une part d’activité physique régulière / 15,2% des enfants de 2 à 5 ans ont un surpoids, tandis que 6,3% des enfants québécois sont obèses )  le milieu de garde doivent offrir aux enfants la possibilité de bouger à l’intérieur. Les possibilités sont multiples. D’abord il est important de connaître  tous les aspects du développement moteur soient le schéma corporel, la latéralité,  l’organisation temporelle et rythme,  motricité fine, la motricité globale, l’organisation spatiale et l’organisation perceptive. Les jeux moteurs  favoriseront aussi le développement cardio-vasculaire, la justesse du mouvement et la musculation.

Mais comment s’y prendre? La première étape c’est d’ organiser l’environnement physique c’est-à-dire mettre les meubles sur roulettes question de les déplacer facilement pour offrir quotidiennement un espace dégagé pour les jeux et les exercices moteurs. On peut  laisser deux autres coins ouverts permettant ainsi aux enfants la possibilité de choisir. Deuxièmement mettre à la disposition de l’enfant du matériel de jeu (cônes, barre d’équilibre, des cerceaux, des bacs pour lancer etc) qui l’amènera à exercer  ses habiletés motrices. Ainsi n’hésitez pas à installer des velcros forts au sol et sur le matériel de jeu assurant stabilité et sécurité aux enfants.

 

Matériel de jeux :

  1. Balles de tennis en airfoam, balles de plastique de couleurs variées et des balles de différents poids
  2. Des bâtons : en guise de bâton, des spaghettis de piscine recouverts de tapedock , des 1 litre et deux litres de lait rembourrés avec du papier journal, des tuyaux de plomberie ondulés en plastique noir et souple. L’objectif est d’offrir des objets qui comportent des défis tels ajuster la précision et la puissance de son  geste.
  3. Des cercles et/ou des carrés de foam caoutchoutés (comme des gros morceaux de casse-tête ). Ils seront fixés au sol avec du velcro et encourageront  les enfants à sauter à pieds joints ou sur une jambe. L’objectif est d’ajuster  la force de leur saut et sa hauteur.
  4. Des cordes à danser seront fixées au sol à l’aide de velcro très solides pour pratiquer leur équilibre avec des objets dans leurs mains ou  coincés dans les angles de leur corps comme entre la tête et le cou, sous le bras, entre les cuisses etc.
  5. En guise de cône, des 2 litres de liqueur et remplis de sable fin avec un bouchon bien scellé à la colle chaude. Des 2 litres de lait pourront aussi être bien scellés avec du tapedock et être installés au sol pour faire des obstacles à contourner ou à abattre.
  6. Pour compléter ce matériel de jeu, ajoutons des anneaux de cacoutchouc, des cerceaux et des matelas.

Voici quelques jeux amusants :

  1. 1) Jeu ‘’Où est ma niche?’’

Source : 365 jeux pour tous

Matériel : cerceaux

Description : Dans ce jeu, les joueurs sont des chiens. Chaque chien est assis dans une niche (un cerceau). Les niches sont dispersées dans le local. Un chien n’a pas de niche. Lorsqu’il demande ‘’où est ma niche?’’, tous les chiens crient ‘’ici!’’. Le chien sans niche essaie rapidement de sauter  dans une niche vide. Il y a alors un autre chien qui se retrouve sans niche. Et le jeu continue  ainsi de suite jusqu’à ce que tous les chiens soient fatigués….

  1. 2) Jeu : Avez-vous vu mon écureuil?

Source : www.geocities.com/Athens/Pantheon/6838/jeux. htlm

Matériel : nil

Description : Les enfants sont placés en cercle assis par terre. Un joueur se promène autour du  cercle et demande : ‘’Avez-vous vu mon écureuil?’’. Le joueur décrit un enfant assis, par sa couleur de cheveux, yeux, vêtements etc. Quand l’enfant se reconnaît, il doit courir après le joueur qui l’a décrit jusqu’à ce que celui-ci s’assoie à la place de celui qui lui court après. Si le joueur décrit réussit à toucher  l’autre joueur alors, celui-ci va s’asseoir au centre du cercle.

  1. 3) Jeu: Le gardien de but.

Source : 365 jeux pour tous

Matériel : Une chaise, un balle

Description : les joueurs se tiennent debout en cercle. Au milieu  se trouve une chaise avec son gardien. Les joueurs en cercle doivent se passer la balle en essayant de la faire rouler entre les pieds de la chaise. S’ils réussissent, c’est alors une autre personne qui devient le gardien.

 

  1. 4) Jeu : Suivez le chef!

Source : 365 jeux pour tous

Matériel : une baguette

Description : les joueurs se placent en cercle. Quelques pas plus loin, des carrés d’airfoam fixés au sol faisant office d’espace de sécurité. Un chef d’orchestre se trouve au centre des joueurs. Tous les mouvements qu’il ordonne avec la baguette doivent être  faits par tous les joueurs du cercle : s’il pointe sa baguette en  l’air, alors chacun doit sauter en l’air; s’il indique la gauche avec sa baguette alors chacun doit faire quelques pas à gauche. Mais que se passe-t-il  lorsque le chef d’orchestre laisse tomber tout à coup sa baguette? Alors chacun doit courir le plus rapidement possible vers le cercle de sécurité, car le chef va courir pour toucher le plus possible de joueurs. Ceux  qui sont touchés sont éliminés. Les autres vont se remettre en cercle avec le chef au milieu. Le dernier joueur restant est le gagnant.

  1. 5) Jeu : La poule et le renard.

Source : 365 jeux pour tous

Matériel : Ballon

Description : Les poules se tiennent en cercle, le renard tourne dans le cercle. Il essaie d’éviter le ballon que les poules se jettent pour tenter de le toucher. Celle qui touche le renard prend sa place.

 

(Ces jeux et bien d’autres seront expliqués et pratiqués lors de la formation ‘’Allons jouer dehors’’ en version 3 ou 6 hres )

Bouger à l’intérieur : partie 2

Céline Perreault, enseignante TEE

Décembre 2012

www.aveclenfant.com

Habiletés à stimuler chez les enfants :

De 0 à 5 ans, l’enfant aime attraper une balle et la frapper, sautiller, sauter à pieds joints et sur un pied, se placer en petit bonhomme et faire des roulades avant et un peu plus tard par en arrière, marcher sur des surfaces différentes et marcher en équilibre. La feuille en annexe vous guidera quant aux habiletés à viser pour l’enfant. Après observation, on pourra encourager l’enfant à relever de nouveaux défis moteurs.

Le programme éducatif parle d’espace ou aire de jeu nommée musique et mouvement. Comme les espaces dans un local sont restreints, organiser des jeux sur la musique permet de faire bouger les enfants tout en s’amusant  et voici quelques idées :

  1. 1. Jeu de groupe : le tambour musical

À l’aide d’un tambour et selon le même principe que la chaise musicale. Lorsque la musique arrête, l’enfant qui a le tambour doit jouer de celui-ci.

  1. 2. Jeu de la danse musicale

Faites danser les enfants en leur disant de bouger les hanches de gauche à droite. Ensuite, à l’aide d’une baguette du chef d’orchestre, dirigez les enfants vers la droite ou la gauche.

  1. 3. Le jeu des clés :

Bandez les yeux des enfants et après avoir laissé tomber un trousseau de clés sur le sol, demandez-leur à quel endroit il est tombé.

  1. 4. Danse tête à tête

On a besoin d’une feuille pliée en quatre pour un couple d’enfants. Les deux enfants vont danser ensemble en tenant la feuille front contre front. On a alors une danse qui provoquera des fous rires garantis. Puis à l’arrêt de la musique, un des enfants déplie la feuille totalement et s’assoit dessus, l’autre enfant s’assoit à son tour sur son camarade en délicatesse. Dernier couple assis arrêtera la musique.

  1. 5. Danse des sous : avec les enfants, nous collons des pièces de monnaie de 1 sous en dessous de nos souliers. Par la suite, nous danserons la claquette avec nos souliers.
  1. 6. Roméo et Juliette : les enfants ayant les yeux bandés doivent se diriger vers l’enfant qui chante.
  1. 7. La danse des cerceaux : Mettre des cerceaux un peu partout. Les enfants doivent sauter, danser, courir sur de la musique proche des cerceaux et quand la musique s’arrête, les enfants doivent sauter dans le cerceau le plus proche et s’il y a un enfant qui n’a pas trouvé de cerceau à temps, il devra faire la statue jusqu’à ce que la musique recommence.
  1. 8. Cachette musicale : les enfants se cachent et pour que l’ami les trouve, ils doivent faire du bruit avec un instrument.
  1. 9. Dessins musicaux : les enfants dessinent sur de la musique et quand la musique s’arrête, ils doivent échanger leur dessin avec la personne à côté et quand la musique recommence, les enfants continuent le dessin et ainsi de suite.

10. La fureur : L’éducatrice fait jouer des comptines que les enfants sont capables de chanter, et à un moment donné, durant la comptine, elle éteint le volume quelques secondes et le remonte, puis les enfants doivent essayer de chanter les paroles sans musique.

Il est primordial d’inculquer une saine hygiène de vie aux jeunes enfants et ça passe par les faire bouger même à l’intérieur. Il est suggéré que le jeune enfant joue activement et de moyenne à haute intensité pour permettre l’essoufflement  au moins 60 minutes par jour. On compilera les jeux intérieurs, les jeux extérieurs, les jeux libres dans le but de totaliser 60 minutes. Alors amusons-nous!!!

Trois  ressources pour vous aider à faire  bouger les enfants :

  • La trousse : La mini Gigote, trousse de jeux actifs.
  • Le site internet : http://123geant.telequebec.tv/
  • Cartes à motricité globale par Martin Liberio : Cet ensemble propose 100 activités physiques à pratiquer à l’extérieur comme à l’intérieur, avec peu ou pas de matériel. ( voir le site Martin Liberio)

 

(Pour écrire ce texte, je me suis inspirée de la feuille-ressource ‘’Tirer le maximum de l’espace intérieur en fonction de l’activité physique’’ de Fédération canadienne des services de garde à l’enfance.)

Fiche tirée du document : l’activité physique en milieu de garde : qualité des lieux et meilleures pratiques

Mme Marois n’écoutez pas Mme Malavois

Imaginons un enfant de 4 ans en milieu défavorisé entouré de parents aimants mais « sans le sous ». Maman reste  à la maison pour prendre soin de ses enfants. À l’heure du diner William , après avoir passé son temps à la télé ou à jouer avec sa figurine super héros , s’approche de la table pour y manger encore un plat simple et sans nouveauté  car Maman doit faire beaucoup avec peu. Elle débarbouille  ses petits après le repas pour la sieste  mais pas notre grand William. Maman lui permet  de se rendre chez son petit voisin pour jouer à son jeu playstation. Puis au retour, il mangera le même repas du dîner car il ne faut pas faire de gaspillage. Vite au bain et après un peu de télé on met tout ce beau petit monde au lit.

Imaginons ce même enfant au service de garde. Il arrive et rencontre son groupe 4 ans. Il peut choisir d’aller au coin blocs ou au coin faire semblant ou vers un autre coin qui l’intéresse. Puis après s’être lavé les mains il va prendre sa collation de yogourt et fruits tout en parlant avec son éducatrice. Elle  leur annonce que ce matin, ils vont faire un projet sur le thème des chevaliers. Elle invite les enfants à créer un château pour  la princesse qui a perdu le sien. Et tout au long de l’activité, l’éducatrice insiste sur les mots entourant les princes et princesses et leur château. De pont levis à armure en passant par les armures « cotte maille », les enfants apprennent du nouveau vocabulaire en jouant.

Comme la journée est  ensoleillée et malgré le froid, les enfants s’habillent et vont jouer dehors avant le dîner. Une belle montagne de neige les attend. Cris, « poussaillages », courses, poursuites, balles de neige etc. les enfantsJOUENT.  Au dîner, oh surprise, du tofu aux légumes. Notre petit William aime ça et en redemande à deux reprises. Avant le dodo, l’éducatrice reprend son livre sur les châteaux et ramène les nouveaux mots présentés en matinée, dans le but de leur rappeler le nouveau vocabulaire. Le repos est pour tous les amis de 4 ans suivi d’un temps tranquille où l’on peut regarder un livre. L’après-midi se poursuit par une collation santé  et se termine par des jeux libres où William peut expérimenter de nouvelles compétences.

William revient chez lui content, heureux de revoir sa famille et satisfait d’avoir joué avec ses amis. Cette description d’événements je la connais car en tant qu’éducatrice je l’ai  vécue plusieurs années. Je suis certaine que l’enfant de 4 ans est mieux en service de garde qu’à la maternelle. Pensons-y rapidement. Imaginons William, 4 ans qui fréquente un groupe  maternelle  4 ans. D’abord, il va se retrouver dans un grand édifice avec plusieurs grands enfants autour de lui. L’enseignante qui va l’accueillir devra partager son attention entre vingt enfants soit deux fois plus qu’en service de garde.

Le jeu est le travail de l’enfant en petite enfance. Il aime découvrir son environnement en expérimentant  dans un contexte sécurisant.

Comme le programme éducatif des centres à la Petite Enfance le spécifie :

«En lui proposant toutes sortes de stimulations, les services de garde favorisent l’actualisation du potentiel de l’enfant et lui offrent la possibilité d’acquérir plusieurs attitudes ou habiletés qui lui seront utiles au moment de son entrée à l’école » [1]

La confiance en soi, le goût d’expérimenter, d’exprimer son point de vue, une bonne capacité d’attention et de concentration, la capacité de résoudre des problèmes, une bonne motricité globale et fine, un langage clair et un vocabulaire étendu constituent en effet autant d’atouts susceptibles d’assurer à l’enfant une entrée réussie à l’école. Le fait d’apprendre à vivre en groupe, à suivre une routine, un horaire et à respecter des consignes favorise aussi l’intégration ultérieure de l’enfant dans le milieu scolaire, de même que le fait de participer à des activités d’éveil à la lecture et à l’écriture.[2]

En reprenant la description des activités de William réalisées dans sa journée en Service de garde, on peut dire sans se tromper qu’en présentant sa création du matin, il travaille sa confiance en soi après avoir expérimenté la construction avec de nouveaux blocs et d’avoir résolu des problèmes de création. En plus d’exprimer son point de vue aux autres enfants et devant son éducatrice, il a manipulé et exercé sa motricité fine. Puisque son éducatrice avait pris bien soin de trouver un livre décrivant la vie au château, il a acquis du nouveau vocabulaire. Toutes ces compétences ont été favorisées à l’intérieur d’une routine quotidienne que William maîtrise bien et dans  laquelle il trouve sécurité et confiance.

Quoi demander de plus??? Pourquoi mettre en péril de développement de l’enfant en le plaçant dans un groupe  maternelle 4 ans parmi beaucoup, beaucoup d’enfants??? Avons-nous la preuve que l’enfant y trouvera des avantages ???

Avant de prendre une telle décision, pensons d’abord à l’enfant et non à l’aspect financier.  Un jour ces enfants devront prendre soin de nous. Qu’aurons-nous à expliquer????

 

 


[1] Accueillir la petite enfance, programme éducatif des services de garde du Québec, gouvernement du Québec, p. 9

[2] Idem, p. 9