Le stress de Noël

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Si je vous disais qu’après une journée au centre de santé où vous auriez baigné dans un bain de chocolat, où des mains chaleureuses et enveloppantes vous auraient massé sur fond de clapotis, vous en sortiez encore plus stressée, vous me diriez y’a un gros problème là!

Pourtant durant le temps des fêtes, nous devrions atteindre le même bien-être et le même sentiment de paix intérieure. Mais que se passe-t-il en réalité? On se laisse convaincre de l’importance de mille détails qui sont en réalité qu’un course à relais au bout de laquelle on s’effondre les ‘’batteries’’ vidées et sans énergie pour l’essentiel : les nôtres, nos enfants, notre couple et nos familles.

En ces temps incertains, visons haut, visons grand, visons une petite révolution! Ayons comme objectif de regarder les nôtres dans les yeux le plus souvent possible et touchons-les. Quand on regarde l’autre, notre enfant, dans les yeux, on s’interpelle et on échange. La communion entre les êtres humains mais d’abord avec nos enfants est à la base de la vie, de la paix et du bien-être.

En se regardant, mettons de côté la course effrénée aux cadeaux, diminuons le temps donné au matériel pour renverser la vapeur :

  • Racontons à nouveau des contes de Noël.
  • Prenons une marche sous les flocons avec l’appareil numérique.
  • Écoutons un film de Noël en chaussons avec un bon chocolat chaud.
  • Accueillons les amis de nos petits pour une journée-pyjama.
  • Laissons grand-maman nous raconter ses Noël passés et cuisinons lui de bons petits gâteaux sucrés.

Deux attitudes sont indispensables pour atteindre notre objectif : Lâcher prise sur l’agenda et la disponibilité aux autres. Vous verrez les bons moments s’enchaineront et vous serez submergé non pas de cadeaux mais plutôt de tendresse et de douceur.

Si vous êtes une éducatrice en service de garde, rappelez-vous le deuxième fondement de notre nouveau programme éducatif (2007) : l’attachement. La qualité d’un milieu de garde s’évalue par les attitudes des éducatrices et du climat qu’elles mettent en place en situation de stress et de grande émotivité entre autres. En ce sens, assurer à votre groupe un climat serein, rester ‘’zen’’ refuser la course de Noël.
Plutôt, installer un environnement paisible, des activités où l’enfant aura tout le loisir de rêver, de créer et surtout de s’amuser :

  • Chanter simplement
  • Décorer joyeusement
  • Bricoler librement
  • Planifier conjointement
  • Sorter quotidiennement
  • Rêver avec les enfants souvent très souvent….

Ils vivent leur enfance et vous avez le privilège de le partager avec eux. Protégeons les enfants de la performance de Noël. Au lieu, offrons aux enfants des moyens qui les obligeront à entrer en contact avec leurs parents comme :

  • Une carte commencée au service de garde à compléter à la maison ou
  • Quelques mini gâteaux cuisinés au service de garde à décorer avec grand-maman ou
  • Une histoire de Noël dont la fin doit être inventée par un adulte de la maison

Notre rôle professionnel est d’encourager l’enfant à poursuivre ses liens avec sa famille. Rappelons-nous que cet enfant qui nous est confié est de passage dans notre vie d’éducatrice tandis que ses parents sont là pour toujours. Favorisons des relations enrichissantes entre l’enfant et ses parents.

Et quand vous fermerez la porte du service de garde pour rejoindre votre petite famille, dites-vous que vous avez fait un excellent boulot… c’est le plus beau métier du monde que celui d’accompagner un enfant dans sa croissance.

Joyeux Noël!!!

Céline Perreault est enseignante
en techniques d’Éducation à l’enfance

La mixité des religions : les accommodements raisonnables à l’ordre du jour

On tombe amoureux d’une personne et de ses forces. On aime ses convictions et surtout ses actions. Ces valeurs nous inspirent. Si on s’accommode d’abord de l’amour et de l’intérêt de l’autre pour nous, l’arrivée d’un enfant peut nous confronter ou pire encore nous séparer.

Si papa est chrétien et maman est musulmane, l’amour a déjà triomphé de leurs grandes différences. Il faut donc poursuivre en ce sens par des ententes heureuses et respectueuses.

Ainsi avant l’arrivée de l’enfant, il est primordial de prendre des décisions quand aux rituels : rituels pour les fêtes, la nourriture à adopter ou autre. Par exemple, papa chrétien, fêtera Noël et Pâques et maman se joindra simplement à l’évènement. Jusqu’à 4 ans, l’enfant a surtout besoin de deux parents aimants et qui l’investissent. À cet âge, il commencera à voir les différences mais sans trop se formaliser pourvu qu’il n’y ait pas de conflits ouverts entre les parents.

L’autre option est de faire vivre à l’enfant une religion plutôt que l’autre. Dans cet optique, un des deux parents renoncent temporairement à sa religion en donnant à l’autre la priorité.

Vers 7-8 ans, l’enfant cherche à comprendre un autre point de vue. Sans prétention, l’autre parent peut expliquer ses points de vue différents et faire confiance à l’enfant. Il faut se rappeler l’adage suivant : ce que tu fais parle plus fort que ce que tu dis. L’objectif n’est pas d’enseigner une religion mais d’atteindre la conscience de l’enfant qui devra un jour ou l’autre faire ses choix. Il est certain qu’une de ses valeurs sera l’ouverture d’esprit puisque ses parents auront bâti leur union grâce à cette optique de la vie.

L’important est d’établir un climat ouvert à la différence et accommodant. D’ailleurs il y aura des sujets à discuter au fur et à mesure du développement de l’enfant en gardant à l’esprit que même si l’enfant ‘ »pratique » une religion chrétienne par exemple à l’adolescence, il peut tout remettre en question et choisir la religion musulmane ou même l’athéisme.

On ne peut pas obliger un enfant à adhérer à la foi.

La conscience de l’enfant se nourrit de l’expérience de l’enfant, des actions de ses parents et des gens qui l’entourent, de ses lectures et de ses contacts avec ses amis.

Le plus grand de soi n’est pas une information à enregistrer mais plutôt une croyance à acquérir. Laissons le plus grand que soi agir pour le bien-être de notre enfant.