Le plaisir de jouer… dehors !

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Allez-vous suffisamment jouer dehors avec vos tout-petits? Si la température nous le permet, diront plusieurs alors que d’autres responsables choisiront d’y aller chaque jour comme le programme éducatif nous invite à le faire. Plusieurs raisons peuvent limiter nos escapades à l’extérieur: la température, le temps de l’habillage, le manque de matériel dans la cour, le peu d’activités à faire, etc.

La personnalité de la responsable de garde a aussi une influence considérable; il est difficile de motiver les enfants à aller jouer dehors lorsque comme adulte nous n’en retirons aucun plaisir…

L’étude Grandir En Qualité démontre que, même si les activités proposées sont plus présentes en milieu familial qu’en installation, le jeu extérieur demeure peu exploité dans nos milieux. En effet, le matériel mis à la disposition est pauvre, l’animation ainsi que les aménagements sont insatisfaisants et la sécurité n’est pas toujours considérée comme prioritaire.

Il est pourtant démontré que prendre l’air réduit le stress et donne de bonnes habitudes de vie. Pour les enfants de plus de 18 mois, on propose de 20 à 60 minutes d’activités extérieures quotidiennes. Il est certain que certaines saisons nous limitent plus dans nos sorties extérieures, par exemple en hiver à -20oC il peut être risqué de sortir avec les petits. Mais lorsqu’il fait moins froid, le jeu extérieur devrait être la priorité.

Même si le grand air fait place au jeu spontané, il est nécessaire, pour avoir de l’intérêt à aller jouer dehors, que ces périodes soient planifiées au même titre que le reste des activités prévues à votre programme. En plus de sensibiliser l’enfant au plaisir de jouer dehors, planifier vous permettra de faire des activités en lien avec le thème et par le fait même de rassurer le parent sur ce que son enfant fait à l’extérieur.

Jouer dehors donne la possibilité de crier, de se défouler, d’inventer… L’aménagement de la cour par coins donne aux enfants la possibilité de développer leurs habiletés sociales en jouant librement et ce, sans limiter le bruit.

Le contact direct avec l’environnement aidera aussi l’enfant à comprendre le cycle de la nature. Il prendra conscience des changements de température et apprendra comment ces changements affectent les plantes et les animaux. Profitez-en d’ailleurs pour faire des activités: la chasse aux insectes, l’observation des oiseaux avec l’installation des mangeoires faites par les enfants. Lors des promenades avec les enfants, invitez les enfants à ramasser des éléments de la nature et à mettre leurs trouvailles dans une boîte à l’entrée de votre service de garde. Vous pouvez même ensuite utiliser ces éléments pour faire un parcours ou jeu d’associations. Pourquoi ne pas développer une banque de jeux avec les éléments de la nature?

Dehors, on peut évidemment faire des jeux de grande motricité ou prévoir des activités distinctes mais rien n’empêche de reproduire des activités d’intérieure dehors: par exemple, faire de la peinture sur du coroplasme installées à la clôture; jouez à la chaise musicale avec des bouts de bois; faire des chemins de roches pour jouer avec les autos.

En fait, l’important c’est de s’amuser et d’y aller… jouer dehors c’est la santé!

Céline Perreault vous offre un atelier pour vous inviter à passer de bons moments avec les enfants à l’extérieur. Informations: 450-588-0272

Jouer dehors avec le tout-petit: corvée ou plaisir?

Josée Lespérance, Enseignante en TÉE

Janvier 2012

www.aveclenfant.com

Tout le monde s’entend pour dire que le grand air c’est la santé et ce même chez les petits en pouponnière.

François Cardinal auteur du livre PERDU SANS LA NATURE traite de ce sujet et constate que le jeu libre en plein air est une richesse oubliée dans le quotidien de nos petits. La vie de famille trépidante limite parfois les parents à aller jouer dehors librement sans but précis mais simplement pour flâner et respirer le grand air avec son enfant.

Le milieu de garde est le lieu par excellence pour pratiquer cette activité à reconquérir.

À notre CPE, allons-nous suffisamment dehors avec nos tout-petits ? Certaines éducatrices diront que oui chaque jour lorsque la température s’y prête et d’autres diront que non, ils pourraient sortir plus souvent.

Qu’est-ce qui limite nos sorties, la température bien sûr mais également l’organisation dans l’horaire de la journée qui peut parfois être compliquée avec les besoins du poupon.

Oui aller dehors hiver comme été avec le groupe de poupons c’est possible pour Lyne Archambault éducatrice d’expérience du CPE Caroline. Tout est dans la façon de s’organiser.

Chez le petit, le jeu extérieur stimule le développement de l’enfant, il découvre de nouvelles sensations, il développe ses sens et acquiert de nouvelles habiletés. Mais les bienfaits du plein air ne se limitent pas seulement lorsque nous sommes dehors. En effet, Line y voie des apprentissages également dans la préparation pour aller à l’extérieur. Voici quelques idées gagnantes qu’elle propose :

Lors de l’habillage, se mettre au niveau des enfants pour être plus accessible et disponible à eux. Exercez cette activité d’habillage en petit groupe afin de limiter l’attente. Acceptez les capacités de chacun, le tout-petit est plus habille à enlever que de mettre les vêtements. Trop souvent nos exigences limitent le plaisir. Il se peut qu’un enfant ait besoin de faire une sieste le matin; on pourrait lui faire faire dans un carrosse à l’extérieur et cela vous permettrait d’être avec tout le groupe. Nommez les vêtements des enfants en leur attribuant une qualité. Par exemple, c’est le chapeau de Cléo, il est très très doux. De cette façon, il lui sera plus facile de le reconnaitre et de faire des tentatives pour le mettre sur sa tête puisqu’il est doux…..

Nul besoin de vous dire que le temps consacré pour l’habillage est porteur d’un beau moment avec les petits dans la cour.

L’aménagement à l’extérieur doit être sécuritaire pour permettre la découverte et laisser libre court au jeu. Line a comme principe, lorsque tu dois interdire et redire la même consigne aux enfants pour leur sécurité, c’est donc que l’aménagement n’est pas adapté aux besoins des poupons. L’éducatrice doit traiter l’aménagement extérieur au rythme du développement de son groupe.

La cour des petits doit être à l’écart du reste du CPE, le matériel doit être pensé comme de petites mises en scène selon les saisons, goûts, intérêts et besoins des petits. Il ne faut jamais oublier, que le petit doit avoir du temps libre pour apprendre.

Voici quelques exemples de mises en scène que Line expérimente :

  • -Marcher dans les feuilles, faire remarquer les textures, odeurs, couleurs.
  • -Accrocher des instruments de musique à la clôture à explorer.
  • -Suivre des traces dans la neige.
  • -Marcher simplement avec des bottes à eau dans la cour des grands.

-La mise en place du programme éducatif dans la cour demande à l’éducatrice d’observer son groupe pour lui faire vivre des expériences positives, planifier et concevoir des expériences en fonction de ses observations, aménager l’environnement et intervenir en soutenant, valorisant tout en étant disponible aux petits. Voilà un beau défi réalisable que Line exerce depuis maintenant 20 ans!!!

Savez vous…. qu’il existe un lien direct entre la pratique précoce d’activités physiques, jouer dehors, de se dépenser physiquement et les habitudes de vie du jeune adulte. Seriez-vous de ces adultes ????

Ce texte est tiré de la formation Jouer dehors avec le tout-petit, corvée ou plaisir ?

Josée Lespérance enseignante et Lyne Archambault éducatrice chez les poupons ont mis en commun leurs expériences et vous proposent un moment plein-air qui suscite la réflexion sur nos pratiques mais aussi une façon de se ressourcer par des idées simples mais d’une richesse inestimable pour le tout-petit. Pour en savoir plus sur la formation nous écrire à l’adresse  courriel suivante dleblanc @b2b2c.ca

Jouer au parc, plus qu’une surveillance….

Josée Lespérance, Enseignante en TÉE
Juin 2014
www.aveclenfant.com

Plusieurs milieux de garde choisissent le parc du quartier comme espace de jeu extérieur. Alors que d’autres font le choix de ne pas aller au parc. En effet, plusieurs parcs ne sont pas toujours adaptés aux tout-petits et peuvent être une source de danger importante. Pour que le parc devienne un lieu autre que de la surveillance afin d’éviter les accidents, je vous propose une TROUSSE À IDÉES. Cette trousse doit contenir du matériel polyvalent qui permet de s’amuser avec presque rien. Elle invite l’éducatrice à créer plusieurs jeux avec un seul objet et il peut être utilisé en tout temps pour le parc mais aussi pour toutes autres sorties. Cet outil permet de limiter les moments d’attente, donne la possibilité de faire bouger les enfants, développe de nouvelles idées de jeux et propose de s’amuser avec presque rien et bien plus encore.

Des foulards, un ballon de plage, des bâtons à café ou bâton pop sicle, sac recyclable, épingles à linge, carte d’échantillon de peinture, anneau de chansons sont des objets qui offrent plusieurs possibilités. Voici donc des idées que je vous propose pour votre trousse qui seront certainement alimenter vos sorties au parc cet été.

FOULARDS : Avoir un foulard pour chacun des enfants.

Courir avec les foulards, cacher certaines parties de son corps avec son foulard, lancer son foulard le plus haut possible et se rassoir avant qu’il ne retombe, faire une grande couverture avec tous les foulards, souffler sur son foulard pour le faire voler.

BALLON DE PLAGE : Un seul ballon suffit.

Se passer le ballon de différentes façons (entre les jambes, au-dessus de la tête, sur le côté, etc.) Suspendre le ballon pour le taper, faites rouler le ballon avec différentes parties du corps (avec le coude, le pouce, le nez, etc.) Lancer le ballon sans le faire tomber au sol, jouez au petit cochon avec un ballon, jouez au ballon en étant sur les genoux, assis et même couché….

BÂTON DE CAFÉ OU POP SICLE : avoir une grande quantité.

Faites des formes avec les bâtons, jouez à déplacer un seul bâton à la fois d’un endroit à l’autre, faites des dessins dans le sable, faites un labyrinthe avec les bâtons et se déplacer entre sans y toucher. Laissez tomber une grande quantité de bâton et retirer un à la fois sans faire bouger les autres.

SAC RECYCLABLE : Un sac est suffisant.

Prendre le sac comme cible pour lancer des cocottes, lancez les cocottes au sol une à la fois, les enfants doivent les remettre dans le sac avant que le sac se vide, remplir le sac d’objets de la nature, sans regarder l’enfant touche et identifie ce qu’il touche, placez les épingles à linge autour du sac, un enfant coure avec le sac et il faut le rattraper.

ÉPINGLES À LINGE : Avoir une grande quantité.

Classez par couleurs, attachez sur soi, les attachez l’une à la suite de l’autre, les cacher et les trouver, allez ramasser des feuilles avec des épingles et les déposer dans le sac recyclable.

CARTES D’ÉCHANTILLON DE PEINTURE : 5 à 8 cartes pour chacun des enfants sur anneau.

Trouvez dans l’espace des objets de la même couleur, identifiez une couleur de vêtement d’un ami, jouez à changer de couleurs de carte avec un ami, trouvez des cartes de la même couleur avec les autres, nommez une couleur et un mouvement.

ANNEAU DE CHANSONS : Avoir plusieurs anneaux selon les saisons, thèmes, événements.

Chansons sur carton avec dessins sur le dessus afin que l’enfant puisse identifier de quelle chanson il s’agit. Pour plus de résistance, les plastifier et les mettre sur anneaux. C’est une belle façon de penser à chanter même à l’extérieur.

Le temps que vous allez passer à supporter, proposer, enrichir, stimuler les actions de l’enfant avec ces outils influencera grandement le jeu extérieur. Car sachez que, l’interaction et la rétroaction de l’adulte auprès de l’enfant sont porteuses de modèles à suivre. Des recherches disent qu’il existe un lien direct entre la pratique précoce d’activités physiques, jouer dehors et les habitudes de vie du jeune adulte de demain. Jouer au parc, c’est donc plus que surveiller….

Comment préparer une sieste tout en douceur?

Il est bien connu les livres, les chansons, les histoires, les massages, et la musique sont des grands classiques pour la préparation de la sieste. L’expérimentation de nouveaux outils permet de revenir aux grands classiques avec beaucoup plus d’intérêt. La préparation à la sieste amène l’enfant à se détendre avant de s’abandonner au sommeil. La sieste permet la concentration et l’attention pour le reste de la journée, elle régularise les humeurs pour l’après-midi, elle limite les frustrations dans un contexte de groupe et évite ainsi le surmenage qui complique souvent le coucher du soir. L’organisation de la sieste va permettre à l’enfant de rentrer dans un sommeil tout en douceur.

Voici un petit truc tout chaud.

Confection de pochettes Magiques

Matériel

Fabriquez des petites pochettes d’environ 10 cm par 15 cm, ayant comme contenant une quantité égale de graines de lin et de son. Recouvrez la pochette d’une petite taie d’oreiller de même grandeur avec ouverture à velcro pour rendre l’outil lavable.

Objectifs

  • Amener la détente;
  • Sensibiliser à son corps;
  • Différencier le froid du chaud;
  • Prendre contact avec les autres;
  • Utiliser la pochette comme objet réconfortant;
  • Verbaliser ce qu’il aime de la pochette.

Utilisation

  • Avant la sieste, déposez la petite pochette au micro-ondes.
  • Distribuez une pochette magique à chaque enfant. On peut se faire des doudous sur notre joue, ventre, pieds. peut faire des doudous sur un autre ami. On peut le tenir dans nos mains pour écouter l’histoire. Dans un autre ordre d’idée, on peut également mettez les pochettes magiques dans les habits de neige pour réchauffer les poupons lors de sorties en poussette.

Bonne sieste!

La sieste en service de garde ou comment gérer les demandes des parents

Geneviève est une petite fille de deux ans et demi. Elle est joyeuse et dynamique; elle dépense beaucoup d’énergie à courir, sauter et grimper. La danse et la musique l’animent beaucoup dans ses jeux de motricité. Chaque jour après le dîner, Geneviève démontre à son éducatrice, Caroline, des signes de fatigue. Elle se frotte les yeux, elle tourne une mèche de ses cheveux, elle bâille et cherche à s’isoler. Geneviève s’endort rapidement et se réveille après deux heures de repos. Par contre, le dodo du soir semble plus difficile. Elle pleure, elle crie, elle demande à papa ou maman de se faire bercer. Ce rituel prend des allures de torture lorsque le parent la croyant endormie la repose dans son lit pour la troisième fois… qui n’est pas forcément la dernière! Ses parents en parle à l’éducatrice et insistent auprès d’elle pour qu’elle réveille Geneviève après une heure de sieste. Comment répondre à la demande des parents et respecter le besoin de sommeil de Geneviève?

Réponse
La routine de la sieste entraîne souvent des demandes de parents qui ont des difficultés le soir à coucher l’enfant. Leur première intervention est de demander de ne pas faire dormir leur petit ou de le réveiller avant la fin de la sieste. L’éducatrice va parfois répondre à la demande et réveiller l’enfant. Le parent peut aussi insister auprès de son petit en lui demandant de ne pas dormir à la sieste. L’enfant peut combattre en se berçant sur son matelas, s’agiter pour rester éveillé, insister auprès de son éducatrice qu’il ne doit pas dormir. La sieste devient donc pour l’enfant, ayant un besoin de sommeil, une torture, un moment d’anxiété difficile à contrôler. Il est prouvé qu’un enfant contrarié dans son besoin de sommeil sera agité, pleurnichard et intolérant. Les fins de journée seront plus difficiles. Ces comportements se retrouvent à la maison pour se terminer avec la valse des dodos au coucher.

Une étude du centre de recherche Bécima démontre que 59% des parents rencontrent des problèmes à faire dormir leur enfant. Contrairement à ce que nous pouvons penser, un enfant privé de sommeil durant la journée peut s’opposer également au sommeil du soir. Les difficultés d’aller au lit et le syndrome du rappel peuvent indiquer chez l’enfant la peur de rompe les liens affectifs avec son parent et la crainte d’être exclus de la famille. Il cherche à garder auprès de lui l’être aimé. Si l’enfant ressent l’appréhension de son parent à la période du coucher, la séparation se fera dans l’insécurité.

Caroline reconnaît qu’il est exigeant de vivre une telle situation. Après une journée d’occupation et de préoccupations, les parents de Geneviève se sentent épuisés, lessivés et même enragés après avoir bercé la petite plusieurs fois dans la soirée en espérant que c’était la dernière.

Par contre, Caroline trouve important de respecter le besoin de Geneviève. La petite démontre des signes d’endormissement et de fatigue dont elle ne peut faire abstraction. De plus, Caroline sait que la sieste est une récupération pour le corps. Une période importante pour la mémorisation des apprentissages, l’intégration des connaissances, la maturation du système nerveux et du cerveau. Tous travaillent au développement de l’enfant durant l’état de sommeil. Les hormones de croissances sont également en fonction.

Caroline écoute la demande des parents, elle cherche avec eux à comprendre les réactions de la petite face au dodo du soir. Elle informe les parents de ses observations et du rituel mis en place pour la préparation du dodo. Elle explique la présence de la sieste dans un contexte de groupe, elle insiste sur la valeur de l’autonomie et du respect de l’enfant dans son besoin de sommeil. Les échanges avec les parents de Geneviève ont permis de mettre en place à la maison un rituel qui répond au besoin de sécurité de l’enfant. Le besoin d’être bercé par son parent ne permettait pas à la petite de développer l’autonomie dans le sommeil. En effet, Geneviève demandait toujours des bras pour pouvoir faire dodo, lorsqu’elle se réveillait il lui était impossible de s’endormir sans les bras de papa ou maman. Il est donc vrai de dire que l’enfant dort comme il s’endort!

Les besoins de sommeil varient pour chaque enfant, mais peu d’enfants bénéficient des heures de sommeil dont ils ont réellement besoin. La vie des familles qui fréquentent les services de garde est tumultueuse. Les enfants se lèvent tôt, passent parfois de longs moments en voiture pour se rendre au service de garde, se retrouvent dans un contexte de groupe et de bruit, doivent suivre des consignes, vivent des frustrations et passent parfois plus d’heures dans le milieu de garde que leur éducatrice. La sieste ou la relaxation est nécessaire pour recharger les batteries au même titre qu’une pause pour l’adulte dans son milieu de travail. Il est certain qu’un enfant de quatre ans peut avoir besoin moins de sommeil dans la journée. Par contre, le rythme de chacun doit être respecté. La période de détente est nécessaire mais après vingt à trente minutes de relaxation, l’éducatrice peut offrir à l’enfant qui s’est bien reposé de se lever. De cette façon, il apprend à s’arrêter et à être sensible à ses signaux de fatigue.

L’enfant qui dort à la sieste a besoin de dormir, il est donc incohérent de le réveiller ou de l’empêcher de dormir en souhaitant un couché plus facile le soir. Nous sommes voués au bien être des enfants. Lorsque nous devons agir de la sorte, nous sommes loin de respecter les besoins individuels de nos enfants!

Comme équipe de travail, il est important d’informer le parent de l’importance du sommeil chez l’enfant. Mettre en place les objectifs rattachés au sommeil dans votre milieu. Face à une demande d’un parent, TOUTES LES ÉDUCATRICES doivent avoir les mêmes attitudes soit le respect de la demande, l’écoute et le désir de travailler en collaboration dans le but de supporter la famille. Le service de garde doit faire de la sieste…. une continuité dans le développement de l’enfant !

Dodo, l’enfant do est un texte pour aider les parents à préparer le dodo du soir avec leur enfant. Un bel outil que vous pouvez distribuer dans vos milieux.

La période de la sieste en service de garde demeure un sujet souvent discuté entre éducatrices. Doit-on respecter les demandes des parents qui veulent qu’on réveille ou qu’on ne couche pas leur enfant? Doit-on faire dormir les grands? Que faire avec un enfant qui perturbe le sommeil des autres?

Le supplice de la sieste

L’heure de la sieste avec les ami(e)s de 3 ans est devenue un vrai supplice pour Pierrette. Chaque jour, c’est la même histoire au dodo. Mathieu chante pour déranger les autres, Catherine replace sa couverture et son toutou plusieurs fois avant de dormir, Charles fait du bruit avec sa bouche et ses pieds, Léa touche le matelas de l’amie à côté pour la faire réagir. Heureusement, il y a deux enfants, Julie et Pierre-Luc, qui s’endorment rapidement. Pierrette peut alors donner du temps aux ami(e)s plus demandant. Pierrette se questionne sur sa façon de préparer cette routine. Est-elle assez disponible avec chacun? Les enfants ont-ils assez de temps pour digérer le repas avant le dodo? L’activité de groupe permet-elle à l’enfant de se détendre? Ce qu’elle met à la disposition de l’enfant avant le dodo est-il assez stimulant et varié? Pierrette se demande même s’il n’est pas préférable de lever les enfants qui ne dorment pas pour laisser reposer ceux qui ont plus besoin de dormir…

La qualité du sommeil des enfants de 2 à 12 ans au Québec décroît depuis les 13 dernières années. Plusieurs raisons peuvent être en cause; l’enfant suit l’horaire de l’adulte et les heures de déplacement pour aller porter l’enfant au service de garde oblige le parent à lever l’enfant plus tôt et à revenir à la maison plus tard; l’environnement nuit aussi parfois au sommeil de l’enfant (bruit, problèmes dans le couple, manque de stabilité dans la vie de l’enfant), etc. D’autre part, dans notre société de performance, le sommeil a mauvaise réputation car il est reconnu comme une perte de temps et non productif. Puisqu’ils sont les modèles de l’enfant, il est essentiel que l’enfant ressente que les adultes autour de lui font du sommeil une priorité.

Le nombre d’heures de sommeil pour les enfants de 2 ans est de 14 à 16 heures; de 12 à 14 heures pour ceux de 3 à 4 ans et de 10 à 12 heures pour les 4 ans et plus.

La sieste en service de garde doit être une priorité au même titre que l’heure du repas. Bien entendu, selon le groupe d’âge, celle-ci peut-être différente. Par exemple, avec un enfant de 4 ans nous parlons plus d’une relaxation que d’une sieste; après 20 à 30 minutes de détente, il est souhaitable de lui permettre de se lever et de s’occuper à des jeux calmes. Par contre, il serait préférable qu’un enfant de moins de 4 ans puisse faire une sieste d’une durée de 1 à 2 heures au service de garde si on veut qu’il puisse passer un bel après-midi avec ses ami(e)s.

Il est certain, qu’il y a des facteurs importants à considérer pour favoriser l’heure de la sieste au service de garde. L’attitude de l’éducatrice à cette routine, permet à l’enfant de connaître ce qu’on attend de lui. Être douce et détendue, créer une ambiance de détente tout en étant ferme dans les consignes de la sieste favorise sécurité et abandon de l’enfant. Un rituel bien structuré donne plus de temps à l’éducatrice pour s’investir avec chacun des petits. Par exemple, l’enfant sait qu’il doit aller à la toilette, laver ses mains, brosser ses dents, placer son matelas et sa couverture avant d’aller se chercher un jeu calme, etc. Ce rituel aide l’enfant à se situer dans le temps. Il est aussi préférable de coucher l’enfant une heure après avoir mangé, ainsi vous permettez à la digestion de se mettre en fonction à l’état d’éveil. Il est toujours désagréable de se coucher le ventre plein, c’est la même chose pour l’enfant!

Les jeux à la disposition avant le dodo doivent respecter 3 règles:

  1. Le jeu doit permettre de jouer seul.
    Ce qui lui offre l’occasion de couper les liens relationnels avant de se détendre, se centrer sur lui et prendre conscience des signaux de fatigue que son corps lui envoie.
  2. Le jeu doit permettre la créativité.
    Ce qui est mis à la disposition doit offrir à l’enfant la possibilité de jouer à sa façon. Par exemple, avoir des petits sacs de dodo avec des plumes ou avec des bâtons à café. Une quantité importante (12 sacs pour un groupe de 8) permet une plus grande expérimentation et développe l’intérêt pour un sac en particulier.
  3. Le jeu doit permettre une limite de temps et de moment.
    Le jeu offert à la sieste doit l’être seulement pour ce moment de vie pour une période de 10 à 15 minutes avant de passer à la détente. De cette façon, le jeu offre un effet de nouveauté et l’enfant apprend graduellement à couper avec le filet de sécurité qui est son éducatrice.

Petits trucs pour préparer la sieste:

  • Favorisez l’endormissement, diminuer les sources de lumière dans le local avant de passer au dodo.
  • Apprenez aux enfants à parler moins fort pendant la préparation au dodo en parlant vous-même à voix basse.
  • Racontez l’histoire avant les petits jeux individuels afin de laisser une période d’intimité à l’enfant.
  • Offrez à l’enfant de la musique sans parole pour éviter que l’enfant chante ou que la parole laisse l’enfant en état d’éveil. Pas plus de 5 à 10 minutes de musique de fond; au-delà, la musique peut fatiguer et irriter.
  • Animez des périodes de relaxation. À ce sujet, je vous recommande le livre Jeux de relaxation (Nicole Malenfant, Publications du petit matin) dans lequel on retrouve plus d’une centaine de petits jeux pour aider les enfants à se calmer et à se concentrer.
  • Prenez le temps avec chacun des enfants pour une caresse, des mots d’encouragement, une voix douce à l’oreille, un câlin, des bras réconfortants, etc.
  • Permettez aux enfants d’avoir leur objet de transition, d’apporter un objet de la maison pour le dodo.
  • Avoir pour chacun des enfants un album photos de leur famille pour la période individuelle du dodo.
  • Variez les jeux de détente avec des objets nouveaux, par thèmes, par évènement (Pâques, Noël).
  • Offrez une série de cartes de différents sujets que l’enfant peut regarder.

Malgré ces conseils, il ne faut pas tomber dans le piège de la recette miracle, certains enfants peuvent vivre des difficultés à la sieste qui sont complexes à comprendre. Il est important pour l’éducatrice d’être patiente et de prendre le temps d’observer le comportement de l’enfant. Mieux connaître les réactions de l’enfant à la routine du dodo aide l’éducatrice à mieux intervenir.

Le jeu coopératif… une belle façon de jouer!

Marie-Claude est une éducatrice dans le groupe des 4-5 ans. Le groupe démontre de grandes habiletés pour la motricité globale, il déploie beaucoup d’énergie surtout lors des jeux extérieurs. Plusieurs enfants pratiquent, d’ailleurs, des activités sportives les fins de semaine. Par contre, Marie-Claude a constaté qu’il est difficile pour les enfants de son groupe d’accepter les erreurs, que les activités de motricité fine sont très peu populaires et qu’ils utilisent un langage de compétition (je suis le plus rapide, j’ai gagné, je suis le premier, je suis le plus, plus, plus…). Certains enfants cherchent à être constamment les premiers pour exercer une routine (le moment de l’habillage devient toujours une course). Marie-Claude veut amener son groupe à vivre le plaisir d’être ensemble et intégrer des activités où les éléments compétitifs sont limités.

Avant de vouloir tout changer, il est important que Marie-Claude se questionne sur ses propres attitudes avec les enfants. Les couleurs d’un groupe étant souvent le reflet de l’attitude de l’éducatrice. Voici les questions qu’elle doit se poser:

  • Est-ce que comme personne je pratique des sports compétitifs?
  • Est-ce que je favorise des activités où il y a un gagnant et un perdant, une bonne et une mauvaise réponse?
  • Est-ce que j’ai un langage qui favorise la compétition. Par exemple, le premier rendu au vestiaire, tu es le champion, le plus rapide c’est…
  • Est-ce que je valorise plus le produit fini que la participation et le plaisir de jouer ensemble?
  • Est-ce qu’avec le parent je souligne les réussites et les bons coups de son enfant dans un contexte de développement afin de recadrer ses attentes?
  • Est-ce que mes attentes sont réalistes et adaptées pour chacun des enfants?

L’enfant de 4-5 ans manifeste parfois le désir de jouer à des jeux un peu plus compétitifs. Ce désir est souvent influencé par le comportement du parent, d’un frère ou sœur, ou par l’attitude de l’éducatrice. À cet âge l’enfant ne saisit pas tous les enjeux du fait de perdre ou de gagner. Il peut être très déçu de ne pas arriver le premier et se mettre à pleurer ou vouloir pousser l’ami pour avoir la première place. Face à la compétition l’enfant peut développer de l’agressivité envers l’autre, changer les règles pour gagner, jouer avec des enfants plus jeunes pour être certain de réussir. Il peut vivre du découragement devant le défi, ne pas vouloir expérimenter la nouveauté de peur de ne pas être capable ou craindre de ne pas être à la hauteur des attentes de l’adulte. Dans un contexte de compétition, l’éducatrice se voit souvent contrainte d’intervenir dans le jeu pour limiter les frustrations, régler les conflits et parfois même séparer des enfants ayant des comportements agressifs entre eux.

Le jeu coopératif se veut sans gagnant ni perdant. Il permet de développer l’aspect moteur, affectif et surtout les habiletés sociales de l’enfant. Ce type de jeu ne demande pas beaucoup de pratique pour jouer, chacun peut le faire à sa façon et tous y sont gagnants. Il procure du plaisir, une plus grande liberté dans l’exécution des mouvements, détend l’atmosphère lors d’une journée tendue, améliore l’entraide dans le groupe. Il favorise le ici et maintenant au lieu du résultat final d’un jeu. Ce type de jeu élimine les pleurs et les frustrations de ne pas avoir gagné.

L’éducatrice joue un rôle important dans l’implantation du jeu coopératif. Elle doit initier et s’impliquer dans le jeu, être ouverte aux idées des enfants, offrir la possibilité de jouer de différentes façons pour maintenir la motivation et doser les défis selon le groupe d’âge. Usez de créativité lorsque le jeu demande de faire des équipes, évitez de choisir un chef d‘équipe mais allez-y plutôt d’une façon démocratique. Par exemple, distribuez des cartes avec des images différentes et chacun se regroupant avec ceux ayant les mêmes images. Faites des équipes de deux en regroupera tous les enfants au centre, le bras tendu vers l’avant, le pouce levé et les yeux fermés. Vous pincez deux pouces à la fois et ces deux amis feront le jeu ensemble.

Permettez-vous de transformer un jeu compétitif en jeu coopératif au lieu de le faire disparaître de votre programmation. Voici comment: sur du carton, construisez-vous deux jeux de marelle. Dans chacun des espaces, mettre les jeux préférés des enfants : par exemple, la chaise musicale, les trois petits cochons, la tague, etc. Sur l’autre marelle, mettre dans chaque espace, différentes positions du corps soit à genoux, soit à quatre pattes ou sur la pointe des pieds, etc. Dans un premier temps, on lance le dé sur la marelle de jeux et ensuite sur la marelle des positions du corps qui détermine notre façon de jouer. Vous pouvez aussi vous faire une marelle pour le matériel, par exemple pour le jeu de la chaise musicale mettre dans les espaces soit des coussins, des feuilles de papier couleur, du papier à bulles, etc. Ça pourrait donner par exemple, une chaise musicale où lorsque la musique arrête tous les enfants vont se mettre à genoux sur le grand papier à bulles et crèvent des bulles avant que la musique reprenne. Ainsi transformée, la chaise musicale apporte aux enfants d’autres possibilités de s’exercer avec leur corps et permet à chacun de faire à sa façon puisque que l’élément de GAGNER n’y est pas. « Super cool! » Marie-Claude en sait quelque chose; les enfants lui redemandent souvent pour jouer à la chaise musicale sans chaise. Loin d’être un défi pour elle, les jeux compétitifs devenus jeux coopératifs ont rapproché les enfants et les ont initiés à l’entraide.

Vous pouvez aussi présenter de nouveaux jeux à saveur coopérative en vous inspirant du livre LE PLAISIR DE JOUER, JEUX COOPÉRATIFS DE GROUPE. Édition IPAQ 1987 (un peu vieux mais encore très pertinent) de Robert Crevier et Dorothée Bérubé. ISBN 2-920442-16-3.

Je t’aime, tu m’aimes, il m’aime

Comment exploiter des activités sur l’amour à la ST-VALENTIN ?

La ST-VALENTIN est une journée particulière pour souligner l’amour que nous ressentons pour les gens qui nous entourent. Nous pouvons exprimer notre amour à ceux que l’on aime par des mots, des gestes, des regards tendres, un cadeau, une attention particulière ou encore en se réservant du temps de plaisir. Nous témoignons notre amour au quotidien mais désirons l’exprimer de façon particulière à la St-Valentin.

Pour les enfants, cette fête n’a pas de sens sans la présence de l’adulte. Mais comment le faire lorsque nous avons des petits et des grands? Il est certain que pour le petit de 18 mois et le grand de 4 ans les attentes ne doivent pas être les mêmes. Le bébé découvre l’amour à travers les soins quotidiens, la réponse à ses besoins de base et la qualité de la relation que l’adulte établit avec lui. Quand à l’enfant de 2 ans à 6-7ans, l’amitié se construit à travers les intérêts de jeu et le plaisir partagé avec l’autre.

Pour le bébé, le trottineur ou le grand de 3-4 ans, l’essentiel demeure dans l’élan chaleureux et significatif que l’adulte à su bâtir avec les sourires, les câlins, les encouragements et la réconciliation. Il se sent aimé, il se sent aimable ce qui développe chez lui son estime de soi. Vos petits gestes quotidiens qui font grandir tous et chacun, pourquoi ne pas les mettre en valeur pour la St- Valentin !!!

Voici des suggestions pour dire à vos valentins et valentines combien vous vous aimez.

Les routines de la ST-VALENTIN :

  • Pendant cette semaine, aménagez vos lieux de repas et de collations avec des objets en lien avec la fête de l’amour : napperons avec des cœurs, verres décorés de cœurs, chandelles en cœur, de la musique sur l’amour, portez un tabler représentant la fête.
  • Offrez aux enfants des cartes de ST-Valentin pour faire patienter lors du dîner.
  • Disposez la nourriture dans une assiette en cœur pour le 14 février.
  • Demandez aux enfants de porter un vêtement rouge pour l’occasion.
  • Utilisez un savon en forme de cœur pour se laver les mains.
  • Permettez à chacun d’apporter un objet de la maison de couleur rouge pour combler le moment d’attente de l’habillage.
  • Offrez des aliments de couleur rouge, en forme de coeur ou une petite surprise pour la collation ou le dîner du 14 février. (Jello, fraises, gâteau en forme de cœur pour dessert, une fondue au chocolat. Etc)


Les activités ST-VALENTIN :

  • Favorisez les contacts entre enfants, les plus grands aident les plus petits pour réaliser une activité.
  • Le jeu de l’âme sœur : des cœurs de différentes couleurs sur petits cartons, coupez le cœur en deux. Distribuez une moitié à chaque enfant. Sur le rythme de la musique, les enfants échangent leur moitié avec les autres, lorsque la musique arrête, il faut trouver notre âme sœur pour reconstituer notre cœur.
  • Fabriquez un jeu de mémoire avec différentes formes de cœur dans des couvercles de jus congelé.
  • Jeu de mémoire avec les photos des enfants du groupe (mettre deux photos dans le jeu par enfant.)
  • Disposez des aimants sur le frigo ou dans une plaque de biscuits en lien avec la St-Valentin.
  • Faites un dé avec une boîte de carton, placer un cœur sur une face du dé Demandez aux enfants de tourner le dé, lorsque celui-ci tombe sur le cœur il faut développer un cadeau. À l’intérieur de la boîte il peut y avoir un petit cadeau pour tous les enfants.
  • Dressez un drap au mur avec un décor de la St-Valentin.( simplement avoir fait des cœurs en peinture) Profitez de cette toile de fond pour prendre les enfants en photos. La photo peut-être mise dans un cadre décoratif et donnée aux parents.
  • Faites un parcours de la St-Valentin, à l’intérieur du parcours les enfants doivent ramasser des cœurs pour ensuite faire un grand collectif.
  • Mettez du rouge à lèvre aux enfants et invitez-les à donner des becs sur une feuille ou dans un miroir.
  • Jouez au cœur à tout, un peu comme le petit cochon. Je dépose un objet symbolisant de la St-Valentin derrière un ami. il doit courir pour attraper l’enfant qui lui a déposé l’objet.
  • Faites des jeux de Kim avec des objets de la fête. Faites observer les objets par les enfants, recouvrez-les avec une couverture et enlevez un objet. Demandez quel est l’objet disparu. Vous pouvez demander à un enfant d’aller choisir l’objet à enlever.
  • Suspendez un drap au plafond dont vous avez découpés des formes de cœurs de différentes grosseurs. Les enfants peuvent jouer à lancer des balles en mousse dans les cœurs. Votre drap peut également servir de division psychologique.
  • Faites des biscuits en forme de coeurs avec les enfants qui pourront- être servis à la collation.
  • Faites des empreintes avec une pomme de terre enduite de peinture.

Les idées proposées favorisent chez les enfants la prise de contacts et elles permettent à chacun d’observer et d’utiliser des objets en lien avec l’amour. Mais aussi valorise des petits gestes souvent peu remarqués mais tellement importants pour le ¨grandir¨ de l’enfant. Profitez de cette fête dans le plaisir avec votre petite marmaille.

Bonne St-Valentin à toutes les valentines et tous les valentins !!!

Mon éducatrice est en vacances, mais pas moi

Comment pouvons-nous préparer le tout-petit au personnel de remplacement durant les vacances de son éducatrice ?

Les mois de l’été apportent souvent un vent de changement dans nos CPE. Les routines, les activités, les vacances des enfants ainsi que celles des éducatrices font partie des modifications durant la période estivale. Le fonctionnement habituel des moments de vie dans le milieu se voit donc transformé par des jeux et des routines à l’extérieur et accompagné par du personnel de remplacement. Le petit doit s’adapter à un nouvel horaire quelque peu bousculé et à une nouvelle éducatrice. Plus l’enfant est jeune plus il a besoin d’être préparé aux changements. Le tout-petit doit être capable d’anticiper les événements pour développer un sentiment de sécurité dans son milieu. Il va se sécuriser peu à peu par les mots qui annoncent ce qui se passe et ce qui va se passer après. Rétablir les rituels dans les routines, maintenir le maximum de stabilité dans son environnement physique et humain est donc capitale. L’équilibre des différents moments de la journée permettra au petit de liquider ses tensions dans les jeux moteurs. Lorsqu’il est sécurisé de ce qui est à l’extérieur de lui, il est alors plus facile de sécuriser son intérieur. Il peut mieux accepter les changements. Il est donc très important de le préparer à vivre un été chaud de plaisirs et de changements. Voici quelques trucs pour aider notre petit à mieux accepter les chambardements que les vacances procurent.

  • Impliquez la nouvelle personne dans vos activités de stimulation avec le petit. L’enfant développera plus facilement un lien avec la personne par le biais du jeu.
  • Invitez la personne de remplacement à vous accompagner dans l’exercices de vos tâches, pour permettre au petit de se familiariser et faciliter le maintien de vos routines par cette nouvelle personne.
  • Respectez le rythme de l’enfant qui désire créer un lien à distance. Parlez lui tout en gardant la distance acceptable pour le petit.
  • Parlez à l’enfant de cette personne lors de son absence en lui présentant des photos de celle-ci.
  • Avisez et présentez cette nouvelle personne aux parents. Ce qui permettra également au parent de l’enfant de s’adapter et de parler de la nouvelle éducatrice à son enfant.
  • Offrez des périodes de prises en charge graduelles sans votre présence à cette nouvelle personne.
  • Ayez des photos affichées qui représentent des activités faites avec l’enfant et son l’éducatrice. De cette façon l’enfant peut se repérer à une personne significative. L’éducatrice remplaçante peut-même jouer à nommer les actions de chacune des photos.
  • Vous pouvez jouer à enregistrer votre voix en chantant des chansons pour le dodo.
  • Facilitez l’adaptation de l’enfant en choisissant une personne qui fait soit la rotation ou les remplacements dans votre CPE. Pour le petit cette figure ne lui est pas étrangère, il acceptera plus facilement de créer des liens avec la personne.
  • Assurez vous que la remplaçante reconnaisse les besoins de chacun des enfants par exemple la façon de le coucher, les jeux qu’il aime. etc

L’été est une période bien agréable pour tous, même pour le petit !! Il n’est pas toujours nécessaire de s’astreindre à un programme d’activités fixes. Ayez en tête que le petit et la remplaçante le simple fait d’être plus à l’extérieur dans un environnement qu’ils maîtrisent et de s’adapter l’un à l’autre leur feront déjà vivre un été chaud en émotions et rempli de petits plaisirs estivals!!

Maintenant que tout est mis en place pour mon adaptation pour l’été, il me reste plus qu’à souhaiter bonnes vacances à mon éducatrice préférée!!!
Signé : un enfant de 2 ans.

Un changement de couche investi… une relation qui grandit!

Trop souvent, j’observe des éducatrices exercer le changement de couche sans parler avec le bébé. Des gestes mécaniques et un regard peu orienté sur l’enfant ne permettent pas au petit de créer des liens avec l’adulte. Or, il est souhaitable que ce moment devienne privilégié pour approfondir la relation entre l’adulte et l’enfant. Non seulement le changement de couche répond-il à un besoin physiologique et assure hygiène, confort et sécurité à l’enfant mais il procure aussi des occasions d’apprentissages…

Cette tâche routinière est une belle occasion de prendre contact et de créer une relation d’intimité avec le tout-petit. La proximité du visage de l’adulte ainsi que la rencontre des regards transforment la routine en moment important dans le développement du lien d’attachement. Les habiletés sensorielles et perceptives du jeune enfant facilitent le contact dans ce sens. Il aime suivre les personnes des yeux, localiser les sons, découvrir la notion de distance. Il comprend peu à peu les intonations affectives. Le plaisir que l’éducatrice a d’être avec l’enfant favorise la relation. La sécurité que le petit ressent avec la personne, lui permet de s’abandonner et de se sentir en confiance. L’adulte qui prend soin de son corps lui montre par des gestes doux et chaleureux qu’il est assez important pour lui accorder du temps de qualité. Annoncer la routine en appelant l’enfant par son prénom témoigne qu’il est considéré comme une personne et un partenaire, lui apprend une partielle de son identité et lui permet d’anticiper ce qui lui arrivera. Il a besoin de comprendre les intentions de l’adulte pour être réceptif aux échanges. Ces gestes sont porteurs dans le développement du respect mutuel.

À travers les gestes et la parole de l’éducatrice, l’enfant apprend à être attentif à l’autre, à observer et écouter l’adulte qui lui parle. L’éducatrice peut commenter les réactions de l’enfant (ex: tu me fais des sourires, tu aimes ça avoir des becs sur ta bedaine, etc.).

La collaboration de l’enfant avec la personne qui lui prodigue cette routine est significative. Les gestes deviennent volontaires, sa confiance et son autonomie marquent de plus en plus sa personnalité. Par exemple, il peut tenir sa couche, lever ses fesses pour faciliter le changement de couche, échanger des regards, des sourires. Plus l’éducatrice prend le temps nécessaire pour permettre à l’enfant de participer à la routine, plus il coopère. Il ressent le plaisir sensoriel de la peau propre, le confort d’être lavé, soigné et investi. La patience et la tolérance aux délais font aussi partie des apprentissages. Lorsqu’il est capable d’anticiper ce moment d’intimité avec son éducatrice, il attendra son tour plus facilement. Les rituels favorisent la capacité de l’enfant à voir les séquences des actions.

Nommer les parties de corps de l’enfant est une belle façon de lui apprendre à les reconnaître et les situer dans l’espace. Sur demande, il pointera les parties de son visage et quelques parties de son corps. Le changement de couche offre la possibilité à l’éducatrice de favoriser cet apprentissage lié au développement psychomoteur de l’enfant.

Durant cette période, l’éducatrice doit éviter d’utiliser des objets pour stimuler l’enfant, elle doit davantage être en relation. Lui dire des mots doux, le regarder, lui chanter une petite comptine, nommer les parties de son corps ou lui faire des chatouilles. Voilà de bons moyens pour tisser des liens et susciter l’intérêt pour son monde environnant. Être en relation avec l’enfant plutôt que d’être dans l’action avec des objets est gage de succès dans une relation d’attachement Il existe beaucoup d’autres moments dans la journée ou l’enfant peut agir sur son environnement. Les soins rapprochent et ce tête-à-tête doit devenir un rendez-vous tendre avec le petit.