Comment faire la transition d’une éducatrice à l’autre pour le parent ? (Lettre d’une éducatrice à un parent)

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Par Sylvie Garceau, enseignante TÉE

Objet: Bâtir un lien de confiance entre l’éducatrice et le parent.

Bonjour à toi cher parent et partenaire,

Au cours des derniers jours, j’ai appris que ton enfant aura bientôt une nouvelle éducatrice.  Rassure-toi, toute notre équipe a le désir d’établir un partenariat avec les familles dans le but de favoriser le bien-être de tous.  Continuer la lecture de Comment faire la transition d’une éducatrice à l’autre pour le parent ? (Lettre d’une éducatrice à un parent)

La place du parent dans la relation éducatrice, parent et enfant

Par: Sylvie Garceau, enseignante TÉE

Quelle place laissons-nous au parent dans notre milieu de garde?  C’est la question que se pose Sophie, nouvelle conseillère pédagogique du CPE Mon cœur d’enfant, qui vient tout juste d’ouvrir ses portes.  Elle reconnaît le milieu de garde éducatif comme un milieu de vie pour l’enfant et sa famille.  Elle sait à quel point il est important d’impliquer le parent dans le processus et la mise en place d’une relation significative avec l’enfant. Reconnaître le parent comme un acteur important de la relation éducatrice, parent et enfant est un gage de la réussite de cette concertation favorisant le bien-être de l’enfant et sa famille. (Voir le texte de Sylvie Bourcier: Reconnaitre le parent comme un partenaire compétent)

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Les heures de préparation pédagogique: un luxe ou une nécessité ?

Par Sylvie Garceau, décembre 2015

Depuis plusieurs années, le réseau des services de garde au Québec est touché par des coupures dans les budgets.  Ce manque à gagner touche de différentes façons le quotidien des travailleurs en petite enfance.  Les gestionnaires du réseau tentent par tous les moyens d’éviter les répercussions pouvant réduire la qualité des services offerts aux enfants et à leur famille.  Toutefois, ce défi est de plus en plus grand et les ressources financières sont de plus en plus petites.  Continuer la lecture de Les heures de préparation pédagogique: un luxe ou une nécessité ?

Changements de groupe : préparation ou improvisation ?

Sylvie Garceau, TEE et Linda Gagnon, psychologue et formatrice
Juin 2014
www.aveclenfant.com

Chaque année dans nos milieux de garde, les enfants doivent faire preuve d’adaptation lorsqu’ils changent de groupe que ce soit parce que c’est la période officielle de transition (août-septembre) ou encore parce qu’en cours d’année, une place s’est libérée engendrant dans le milieu de garde, une série de transition d’un groupe à l’autre pour plusieurs enfants. Des facteurs, tels l’âge de l’enfant ou son tempérament viendront bien sûr influencer cette intégration. Toutefois, nous croyons que les différents intervenants du milieu de garde peuvent y faire une grande différence. Nous suggérons donc la mise en place de certaines pratiques afin de contribuer à rendre l’accueil de l’enfant et de son parent le plus prévisible et chaleureux possible.

Planifier tôt le choix des groupes

La planification est la clé de la réussite de cette transition. La façon de choisir les groupes dans les services de garde est différente selon les milieux.  Généralement, c’est lors d’une rencontre d’équipe que ce choix est fait. Nous suggérons de réaliser cette étape le plus tôt possible avant l’été. Nous recommandons de faire cette réunion au plus tard au mois de mai. Ainsi, nous pouvons nous assurer que l’éducatrice va connaître son poste futur. Nous proposons également aux gestionnaires d’établir le plus rapidement possible la liste des enfants des différents groupes ainsi que l’organisation des vacances du personnel éducateur. Vous vous demandez pourquoi toute cette préparation? Nous devons préparer l’enfant à cette transition qui sollicite ses capacités d’adaptation et représente un agent important de stress. La création de la relation d’attachement et le processus de détachement ne devraient jamais être banalisés ou pris à la légère.

Jasmin, âgé de 3 ans, a bénéficié grandement de cette stratégie. De tempérament anxieux, son changement de groupe était appréhendé par l’éducatrice et les parents. Dès, le mois de mai, de petites visites ont été planifiées avec Tricia, sa future éducatrice, pendant les périodes de jeux libres et les collations. Peu à peu, le lien s’est établi et Jasmin avait hâte d’aller faire ses coucous journaliers. Pendant les visites de Jasmin, pour sa part, Tricia invitait à se rendre chez l’éducatrice de ce dernier un enfant de son groupe de nature extravertie très heureux qu’on lui offre de la nouveauté.

Une fiche d’accueil à chaque année : une stratégie à enraciner

Dans le contexte du programme éducatif, un des principes est d’établir un partenariat et une collaboration avec le parent. Pour ce faire nous proposons aux éducatrices de construire un questionnaire à l’attention du parent. Ce dernier est remis par l’éducatrice ou par les gestionnaires aux parents dès que l’attribution des enfants est complétée. Le parent devra remplir ce questionnaire comportant des questions concernant son enfant afin que la nouvelle éducatrice puisse mieux le connaître (Note : à la fin du présent texte vous trouverez une liste d’exemples de questions pour construire votre propre questionnaire. Il ne vous reste qu’à « copier-coller » les informations, à vous de personnaliser « votre questionnaire ».).

Nous sommes convaincues que ce questionnaire d’accueil de l’enfant fait une différence marquée lors de la transition. Nous croyons également que cette planification devrait être amorcée avant les vacances estivales du personnel éducateur. Le questionnaire doit être rempli avant que l’enfant arrive dans son nouveau groupe. À la lecture de ce dernier, l’éducatrice communique par téléphone avec le parent afin de valider les informations du questionnaire d’accueil et démontrer son intérêt envers l’arrivée prochaine de son enfant.

L’entretien téléphonique est un pas très important dans l’établissement d’une relation de confiance entre elle et le parent. L’éducatrice pourrait réserver certaines questions pour l’échange téléphonique. La direction pour sa part doit s’assurer de libérer l’éducatrice pour la période des entretiens téléphoniques. Elle enverra une lettre à tous les parents pour mentionner qu’au cours des prochains jours, la tâche de compléter les agendas sera suspendue pour réaliser cet important mandat. Évidemment, ce service sera maintenu pour les enfants nécessitant des suivis particuliers.

L’éducatrice annoncera également le moment où l’enfant quittera son ancienne éducatrice et le moment où elle débutera l’accueil de ce dernier. Nous suggérons également au personnel éducateur de parler avec les enfants du changement de groupe à venir en effectuant la visite du futur local et en présentant à l’enfant sa nouvelle éducatrice.

Quant à l’éducatrice nous croyons qu’elle doit remettre en même temps que le questionnaire une fiche de présentation avec sa photo, son nom et une courte description. Par exemple, elle nommera ce qu’elle aime faire avec les enfants (bricoler, se déguiser, jouer à  l’extérieur…). Elle peut aussi décrire ses  valeurs  ou dire ce qu’elle désire transmettre à son groupe d’enfant. Elle devrait joindre un calendrier indiquant la date à laquelle l’enfant sera dans son nouveau groupe. Tout ceci dans le but de préparer l’enfant et de favoriser l’implication du parent dans le processus du changement de groupe. Une procédure adéquate et bien établie au sein d’une équipe peut rendre cette période moins lourde et angoissante tant pour l’enfant, le parent, et l’éducatrice. Prévoir du temps pour planifier ces changements est un gage d’une bonne qualité des services.

Au CPE, Alexis, 3 ans ½, attendait avec impatience le retour de Lise, son éducatrice, en vacances depuis 2 semaines à la mi-août. Croyant bien faire, le CPE avait planifié, le changement de groupe pour la première journée de son retour. Lise accueilli les nouveaux enfants, Alexis fut reçu dans un autre groupe tandis que  deux  de ses camarades qu’il appréciait furent dirigés vers un autre groupe. Alexis était en état de choc, il ne comprenait rien à tous ces changements pour lesquels il n’avait pas été préparé. Il croyait sauter dans les bras de son éducatrice et enfin retrouver sa « vraie vie de groupe », car bien que gentille, l’éducatrice qui effectuait les remplacements de vacances, ne possédait pas le même lien d’attachement avec lui. Alexis pleurait, faisait de crises, était déprimé, il n’arrivait pas à s’adapter. Pour Lise, plus jamais, d’improvisation de la sorte. Elle fut bouleversée par la peine et la détresse d’Alexis et se questionna sur les émotions ressenties par les autres enfants de nature un peu moins démonstrative.

Les changements en cours d’année : qu’en est-il?

Ces changements sont souvent difficiles voire impossible à planifier. Ils peuvent être causés par un déménagement subi, une séparation, une maladie ou autres évènements de vie.  Les éducatrices disposent alors d’une faible marge de manœuvre pour effectuer la transition. Ce n’est pas le critère de l’âge de l’enfant qui devrait guider le choix de l’enfant qui vivra la transition mais plutôt ses capacités d’adaptation.  De plus, les mesures citées plus haut devraient être mises en place : questionnaire, entretien téléphonique, visites ponctuelles.

En avril, Julie devait accueillir un nouvel enfant. Pour ce faire, il lui fallait transférer un enfant à sa collègue. Elle décida de ne pas désigner Miriam, bien qu’elle soit la plus âgée du groupe. En analysant, tous les changements auxquels Miriam serait confrontée, il était clair que ceux-ci représentaient trop de défis pour son tempérament inhibé. Myriam aurait été transférée dans le groupe d’Hélène jusqu’à la période des vacances. Par la suite, elle aurait vécu les remplacements de vacances, puis aurait été accueillie avec Maryline en septembre. Son choix, s’arrêta sur Élodie, grande exploratrice de nature, qui pour sa part fut enchantée d’aller explorer de nouvelles contrées. Julie planifia avec la future éducatrice de Miriam de courtes visites pour développer peu à peu le lien d’attachement.

Le rôle du parent

À la maison, le parent, ayant en main les informations sur la future éducatrice de son enfant et sur la date où son enfant sera accueilli par cette dernière, est invité à construire un petit calendrier où il peut aider son enfant à compter les dodos. Combien de temps à l’avance doit-il informer son enfant?  Cela dépend de son tempérament. Toutefois, un calendrier qui cible les deux semaines qui précèdent le changement pourrait s’avérer judicieux. Trop longtemps à l’avance peut devenir anxiogène. En connaissant la journée officielle de son changement de groupe, cela lui permet, avec le soutien de son parent, de préparer une petite carte pour dire aurevoir à son éducatrice. Une façon concrète de s’approprier son départ et son arrivée au sein de son nouveau groupe.

Si dans le CPE de votre enfant, il n’y a pas de questionnaires ou d’entretiens téléphoniques de planifiés, demandez à la direction d’obtenir un entretien téléphonique ou de rencontrer la nouvelle éducatrice de votre enfant quelques minutes. Remettez-lui les informations que vous aimeriez lui transmettre. Vous pouvez vous inspirer des questions ci-dessous.

Suggestions de questions à inclure dans le questionnaire d’accueil:

Activités, intérêts, routine

-Les activités qu’il aime, ses jeux et jouets favoris.

-Ses personnages et ses émissions préférés, ses livres d’histoire ou chansons préférés.

-Est-il attaché à des objets : couverture, toutou, suce.

 

Tempérament, réactions

-Décrivez son tempérament, ses qualités

-Ce qui le fait rire, ce qui le fait pleurer. Comment apaisez-vous ses peurs? Ce qui le rend triste.

-Comment le consolez-vous consoler?  Ce qui l’impatiente, le met en colère. Comment le calmez-vous lorsqu’il est en colère?

-Ce qu’il déteste

-Quels sont les activités que vous aimez faire ensemble?

-A-t-il un surnom?

-Ses goûts et ses besoins alimentaires, ses habitudes de sommeil, son rituel de dodo;

-Est-ce qu’il prononce des mots, aime-t-il parler?

 

Apprentissages : succès et défis

-Est-ce que l’enfant est dans une période d’apprentissage particulière (ex. : apprentissage à la propreté; utilisation des ustensiles)?

-Ses réussites (nouvelles habiletés maîtrisées) au cours des dernières semaines.

-Les défis à relever au cours des dernières semaines, (ex. : il doit se pratiquer à faire des belles demandes, à enfiler ses vêtements seuls, etc.)

-Quelles sont les choses dangereuses qu’il est porté à faire?

-Quel est son état de santé  (dents qui percent, otites, etc.)

 

Ma vie avant la garderie

-Comment se déroule une journée à la maison?

-Ses expériences de garde passées.

-A-t-il l’habitude de jouer seul ou avec d’autres enfants?

-Présentation de sa famille (parent, frère sœur)

-Les personnes importantes pour lui et les activités qu’il réalise avec elles (grands-parents, voisins, ami(e)s)

-Photos de sa famille, des personnes qu’il aime, de son animal domestique.

-Est-ce que des changements majeurs sont survenus dans sa vie ou dans celle de sa famille ces derniers temps?

 

Changements

-Quels sont les évènements qui ont influencé ou peuvent influencer l’humeur ou le comportement de votre enfant? (naissance, séparation, décès, départ ou absence d’une personne significative, etc.)

L’enfant qui ne veut pas manger au service de garde

Sylvie Garceau, TEE

Février 2015

www.avecl’enfant.com

Vous êtes éducatrice d’un groupe d’enfants âgés d’environ 3 ans, depuis septembre dernier.  Vous remarquez qu’un d’entre eux, Thomas, refuse de manger les repas qui lui sont présentés.  Sans vous inquiéter, vous lui avez laissé le temps de s’intégrer au groupe.  Toutefois, la situation perdure et vous commencez à vous préoccuper de son alimentation. Vous ne savez pas comment réagir, mais vous aimeriez bien pouvoir dire à ses parents le soir venu, que Thomas a mangé aujourd’hui.

Pistes de réflexion:

-Le goût se développe selon le rythme de l’enfant et selon des étapes. (Observer, sentir, toucher, goûter, manger et finalement manger l’aliment avec plaisir).

-Le goût se développera à travers des expériences positives vécues par l’enfant.

-La  néophobie alimentaire: étape normale du développement que l’enfant traverse entre 2 et 10 ans.  Période caractérisée par la réticence ou la peur envers les aliments qu’il ne connait pas.  L’enfant va trier les aliments de son assiette ou refuser de les manger.

-L’enfant peut être exposé à un nouvel aliment entre 15 et 20 fois avant de le goûter.

-Le repas doit comporter environ 3 aliments, ainsi l’enfant peut faire un choix.

-Le dessert fait partie du repas et il doit être composé d’éléments nutritifs.

-La faim et l’appétit peuvent varier selon les moments de la journée, les jours ou les semaines.  Ils sont influencés par différents facteurs.

-L’enfant peut affirmer son autonomie par le refus de la nourriture.

Comportements éducatifs à adopter:

-Vérifier auprès du parent l’appétit de l’enfant à la maison.

-On ne doit pas insister pour que l’enfant mange ou goûte un aliment. Présenter le repas et proposer d’y goûter.

-Présenter plusieurs fois le nouvel aliment à l’enfant au fil des jours et des semaines.

-Offrir à l’enfant une ambiance positive lors des repas favorisant les interactions.

-Être un modèle pour l’enfant quant à l’appréciation des aliments.  Votre plaisir à manger pourra l’inciter à goûter.

-Laisser l’enfant faire le choix de ce qu’il désire manger dans son assiette.

-Laisser de 20 à 30 minutes à l’enfant pour manger.

-Éviter la présence des écrans lors des repas.

-Offrir à l’enfant des accessoires adaptés et porter une attention à la grandeur de l’assiette.  Une trop grande assiette pourrait décourager l’enfant.

-Vous pouvez couper en petits morceaux l’aliment nouveau dans l’assiette de l’enfant, ainsi il pourra l’apprivoiser à son rythme.

-Féliciter seulement les efforts de l’enfant.

-Si l’enfant ne mange pas, retirer l’assiette sans ajouter de mots ou d’expressions du visage.

-Servir de petites portions à l’enfant et lui permettre d’en reprendre.

-Servir à boire à l’enfant qui a un petit appétit, seulement après le repas.

-Ne pas priver l’enfant de dessert ou ne pas utiliser celui-ci comme récompense. (L’adulte pourrait ainsi proposer une mauvaise compréhension de l’alimentation: repas principal=négatif, dessert= positif.)

-Proposer la même portion (1 portion) de dessert peu importe la quantité qu’il a mangé au repas principal.

-Proposer de réaliser des activités culinaires avec les enfants.  Ils participeront à la découverte culinaire avec plaisir.

-Respecter le goût, la faim et la satiété des enfants.

-L’adulte détermine des règles claires à la période des repas (ex: demeurer assis à la table pour le repas).

-Avant de servir l’enfant, vous pouvez lui demander s’il a une grosse, une moyenne ou une petite faim.  Ainsi, on évite le gaspillage et on permet à l’enfant de prendre conscience de sa faim.

-Nommer les aliments et discuter avec les enfants des caractéristiques et de la provenance de ceux-ci.

Toutefois, vous devez toujours garder en tête que chaque enfant est unique et il se développe à son rythme.  Donc, il va s’alimenter selon cette même règle.

Également, il est important de retenir que si la santé générale de l’enfant vous inquiète, vous devez en parler avec le parent, il se pourrait que la consultation d’un professionnel soit nécessaire.

Bon appétit à tous!!!

Texte inspiré des références suivantes: www.nospetitsmangeurs.org, www.enfant-encyclopedie.com,

www.extenso.org, Cadre de référence du programme: Gazelle et Potiron.

Une rencontre de parents: angoissant

Sylvie Garceau, éducatrice en petite enfance

Août 2013

www.aveclenfant.com

 

Le programme éducatif Accueillir la Petite Enfance propose aux professionnels de la petite enfance des principes de base à appliquer auprès de l’enfant et de sa famille. L’un d’eux concerne la collaboration entre le personnel éducateur et les parents. La rencontre de parents est un des moyens que peut utiliser le milieu afin d’établir une collaboration et une communication avec la famille. Elle permettra de prendre contact avec sa réalité, ses coutumes et ses valeurs. Ainsi, le milieu de garde pourra mieux comprendre certains comportements de l’enfant. Quant aux parents, cette rencontre lui permettra de mieux connaître le milieu, ses services, ses programmes, les éducatrices et de prendre contact avec l’environnement dans lequel son enfant se développera. De plus, il aura la chance d’échanger avec les autres parents, d’établir des liens ou simplement de faire connaissance avec eux. Tout ceci est nécessaire afin d’établir un soutien mutuel dans le respect des rôles de chacun.

 

Année après année les éducatrices titulaires de groupe ont la charge d’animer les réunions de parents. Certains intervenants sont très à l’aise de parler devant un public alors que d’autres figent, bégaient ou transpirent. Pour ma part, les réunions de parents en début d’année, ce n’est pas ma tasse de thé, disons-le ainsi. C’est très embarrassant d’animer une telle rencontre. C’est donc important de s’y préparer dans le but de vivre et de faire vivre aux parents un moment agréable, dans le respect de tous. Voici donc quelques petits trucs afin de faciliter l’organisation de ce moment et d’en retirer le maximum d’avantages autant pour vous, pour les parents et aussi pour les tout-petits en bout de ligne.

Dans ce texte, vous retrouverez la structure d’une rencontre de parents ainsi que la fréquence des réunions. Vous pourrez identifier ce qu’on peut mettre à l’ordre du jour et les points à discuter avec les parents. Par la suite, quelques petits trucs d’animation sont identifiés afin de faciliter le déroulement de votre réunion. Finalement, il y a quelques points que vous pouvez vérifier avant la réunion comme l’aménagement des lieux physiques, tout ceci dans le but de s’assurer d’une préparation adéquate.

 

Lors d’une réunion de parents, il est important d’établir une structure. Différentes formules peuvent être adoptées, tout dépend de votre milieu. Il est important que les membres de la direction se présentent. Il est a noté que la direction peut être accompagnée du président du CA. Que ce soit la coordonnatrice ou les membres du soutien pédagogique, il est primordial qu’ils prennent contact avec les parents de votre groupe. Ce moment peut être orchestré de façon à ce qu’ils accueillent tous les parents et que par la suite, chaque éducatrice titulaire dispose avec les parents de son groupe. Il peut aussi y avoir d’autres façons de faire, par exemple, la directrice qui passe dans chaque salle et prend quelques minutes pour se présenter. Idéalement, elle devrait ouvrir et fermer la réunion. Quand à l’éducatrice titulaire du groupe, elle anime la réunion et traite de tous les autres points.

 

Les rencontres de parents devraient avoir lieu une fois en septembre et une fois en décembre. La réunion de début d’année aborde un thème plus général et formel. On y explique le fonctionnement du groupe, c’est à dire qu’on peut préciser les heures d’ouverture et de fermeture, donner aux parents les protocoles et les règles de notre milieu de garde et obtenir la signature de chaque parent. Par la suite, l’éducatrice peut expliquer la façon dont elle appliquera tout ceci concrètement au quotidien. Vous pouvez mentionner la façon dont vous communiquerez les informations de l’enfant. Expliquez le rapport journalier ou tout autre document ou fiches d’observation que votre milieu utilise pour fournir des informations sur l’adaptation de l’enfant. Vous pouvez expliquer comment vous appliquez le programme éducatif, vos valeurs et vous pouvez même préciser vos attentes face au rôle des parents. Finalement, vous pouvez présenter l’horaire type d’une journée. Le parent se sentira plus confiant s’il connait la routine que son enfant vivra dans un autre milieu que la famille. Surtout, il ne faut pas oublier de se présenter. S’il y a d’autres membres du personnel qui sont en contact avec le groupe, il est important des les présenter aussi. Par la suite, il peut y avoir des échanges avec les parents concernant les enfants ce qui favorise l’établissement du lien de confiance. La rencontre doit durer environ 45 minutes. Elle ne doit pas être trop longue pour ne pas perdre l’intérêt du parent. On peut offrir aux parents une période de question où on pourra clarifier certains points. Celle-ci va durer environ 15 minutes. À la fin de la réunion, vous pouvez offrir vos disponibilités pour les parents qui voudraient échanger individuellement avec vous.

 

Afin de s’assurer du plus grand nombre de participation possible, il est intéressant d’envoyer une convocation aux parents par courriel ou en papier (tout en s’assurant d’avoir d’abord fait une invitation verbalement aux parents). Il faut aussi l’afficher à l’entrée du service de garde et mettre une copie du rappel au casier de l’enfant. La convocation comprend quelques informations comme la date, l’heure, le lieu et un coupon réponse. Elle est envoyée environ 3 semaines à un mois avant la date prévue et une semaine à l’avance pour le rappel.

 

Quant à la réunion du mois de décembre, ou de la mi-année, elle devra être plus pratique et concrète. Elle se déroule en compagnie des parents de votre groupe. Vous pourrez répondre à leurs questions concernant le fonctionnement du service de garde, la pédagogie, l’horaire de la journée, faire des mises au point sur les interventions, analyser les différentes pratiques que le milieu adopte bref, faire un bilan de cette première moitié de l’année. Vous pouvez aussi vous questionner avec les parents sur ce qui pourrait être modifié ou amélioré. Par exemple, vous pourriez discuter du temps accordé aux jeux extérieurs ou encore du déroulement de l’accueil. Il est toutefois important de mentionner que tous les commentaires sont recueillis et analysés, mais qu’ils ne peuvent pas nécessairement tous être mis en application. Cette réunion peut aussi être utilisée afin de permettre aux parents d’échanger sur des problématiques qu’ils vivent avec leur enfant ou encore pour recueillir de l’information sur différents sujets. Par exemple, mon enfant ne veut plus manger ou l’apprentissage à la propreté. Certains sujets sont spécifiques à des groupes d’âges et il peut être pertinent de transmettre de l’information aux parents. Il peut être intéressant de demander, à l’avance, aux parents de quels sujets ils aimeraient discuter ou échanger de l’information ainsi vous pourrez mieux vous documenter et vous préparer. Vous remarquerez que dans les diverses familles, il y aura des similitudes. Vous permettrez à chacun de s’exprimer, de briser l’isolement tout en sachant que d’autres parents vivent aussi la même situation. Il faut s’assurer de toujours répondre aux besoins de la famille et de l’enfant. C’est donc une période propice aux échanges et à l’élaboration de stratégies gagnantes pour tous.

 

Vous pouvez organiser une troisième et dernière rencontre dans l’année. Elle peut se dérouler autour du mois d’avril ou mai pour faire le bilan de vos observations concernant le développement de l’enfant. Cette rencontre se fait individuellement avec chaque parent. Ce moment est très privilégié pour reconnaitre le parent comme premier intervenant dans la vie de son enfant. Vous remarquerez que les parents aiment toujours parler de leurs enfants.

 

Il arrive souvent dans les rencontres qu’il y ait des débordements. Différentes raisons peuvent être à l’origine de cette problématique. Il est intéressant d’établir avec les parents le temps qui sera alloué pour la réunion et le temps qui sera alloué pour les questions. Ainsi, tous se sentiront concernés et respecteront cette entente. Voici des exemples de situations que vous pouvez vivre avec des parents lors de votre réunion. Certains parents semblent exigeants, ils mentionnent toutes leurs attentes. D’autres en sont à leur première expérience et veulent être rassurés en posant une foule de questions. On peut alors proposer à ces parents de rester après la réunion pour une rencontre individuelle ou proposer un rendez-vous à la garderie ou un rendez-vous téléphonique. Si vous avez un parent qui insiste sur un sujet ou qui revient à la charge il faut alors être plus ferme et le convoquer à une rencontre à trois. Le parent, la direction et vous l’éducatrice. Il y a aussi des parents qui n’écoutent pas. Ça peut devenir problématique comme ceux qui prennent trop de place. Souvent il peut arriver que ce type de parent pose la question juste après qu’on y ait répondu. Alors ça prend du temps et c’est ennuyant pour les autres parents. Vous pouvez alors bouger plus en avant de la salle, ne demeurez pas statique. Utiliser l’humour pour désamorcer ce genre de parent ou mettre en valeur une partie de son propos en remettant de l’avant notre opinion. Il y a aussi le parent qui parlent trop ou qui posent des questions hors contexte. Vous pouvez lui demander qu’il garde sa question et lui dire que vous pourrez lui répondre plus tard ou que vous en parlerez dans les sujets suivants.

 

Aussi, il est important de vérifier quelques points important avant la réunion. Assurez-vous que la salle de rencontre est suffisamment grande pour accueillir toutes les personnes convoquées, mais pas trop grande pour ne pas perdre l’intérêt des parents. Si vous accueillez les parents dans la salle de l’enfant, il serait important d’offrir des chaises d’adulte. Une personne assise convenablement sera concentrée et attentive sur une plus longue période. De plus, il faut planifier l’organisation du milieu physique, comme par exemple la disposition des chaises ou des tables. Prioriser un éclairage adéquat, ni trop fort, ni trop faible. Vous pouvez préparer des éléments visuels pour soutenir l’attention comme un ordre du jour sur tableau et des photos pour illustrer vos propos. Attention aux bruits qui pourraient déranger autour. Demandez aux parents de mettre leur appareil cellulaire sur vibration. Vous devez aussi déterminer l’objectif et le but de la rencontre. Ce dernier pourra vous servir de rappel à l’ordre lors des interventions inappropriées des parents. Choisissez une façon de faire pour que le parent prenne la parole. Par exemple faire lever la main pour poser une question vous fera économiser du temps. Si vous êtes un petit nombre, moins de 5, vous pouvez favoriser la prise de parole spontanée. Il est aussi important afin d’être bien préparée de rédiger un ordre du jour et de bien identifier les points que vous aimeriez aborder avec eux. Inscrivez les plus importants en début de rencontre ainsi vous serez certain de les traiter si le temps manque à votre réunion. Planifiez l’accueil du parent, la façon dont il sera reçu le rendra plus disposé à la rencontre et à l’échange. Vous pouvez animer ce moment de différentes façons, ce premier contact mettra tous les participants à l’aise. Offrez une collation, un breuvage, faites un jeu, laissez aller votre imagination c’est la seule limite. Au début de la réunion, vous pouvez planifier avec les parents d’un moment pour la pause qui conviendra à tous. Pendant la rencontre, vous pouvez être attentif à quelques petites choses. Observez les signes non-verbaux des gens devant vous, ils pourraient vous en dire long sur la tournure de votre réunion. Avant que la rencontre se termine, vous pouvez fixer la date de la prochaine réunion. Vous vous assurez ainsi d’une meilleure participation à la prochaine rencontre. Vous pouvez faire une auto-évaluation de votre animation et prenez des notes ainsi vous apporterez des améliorations à une prochaine réunion.

 

Finalement, il faut se laisser le droit à l’erreur et toujours garder en tête que l’expérience est la clé de notre cheminement. Peu importe le nombre de participants à votre rencontre, il est important de garder à l’esprit que notre devoir c’est de se préparer, d’animer la réunion comme si nous avions plusieurs parents devant nous et de rester positive et sereine puisque nous sommes professionnelles jusqu’au bout. Chaque personne a un petit animateur en lui, il s’agit de l’exploiter petit à petit en appliquant les principes de l’animation un à la fois. N’hésitez pas à teinter cette rencontre de vos couleurs, vous pouvez y ajouter de l’humour, une histoire, bref, soyez dynamique et convaincu de votre travail et de votre rôle. Bonne rencontre de parents à tous.