L’observation, un plaisir d’éducatrice!

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Pour rester et garder le plaisir d’être une éducatrice, je crois que la première qualité et le meilleur outil est l’observation.

Puisque l’enfant est unique, l’observer nous apprend à le connaître pour mieux l’apprivoiser et créer une relation affective significative avec lui.

En l’observant on peut comprendre leurs goûts et leurs habiletés, afin de mieux favoriser leurs expériences clés. On doit varier le matériel offert aux petits. À la pouponnière, le groupe d’âge des enfants varie. Les intérêts et les saisons changent, pourquoi ne pas planifier, selon les observations des enfants les coins de la pouponnière, pour stimuler leur curiosité puisque l’enfant est le propre agent de son développement.                                                          

On peut offrir à chaque poupon une activité qu’il aime répéter encore et encore. Planifier pour quelques semaines, car tous ses investissements demandent de l’énergie et du temps.

Pour régler une situation difficile ainsi que pour outiller la communication auprès de notre équipe de travail et auprès des parents, l’observation est précieuse. Les cahiers de communication sont beaucoup plus animés à lire pour les parents, car ils retrouvent avec objectivité des observations de leur trésor en action dans sa journée. Un parent m’a déjà dit que quand elle lisait le cahier de son petit Laurent elle ressentait l’amour.

L’observation peut aussi servir à tenter de régler une problématique.

En observant le petit avec une problématique, on peut répondre aux questions : Où? Comment? Pourquoi?

Le geste répréhensible se produit. De cette façon on peut tenter des pistes pour mieux intervenir avec lui avec constance, car une éducatrice se doit d’être Proactive!

Quand on observe, on sait quand intervenir ou attendre. Parfois intervenir avec des mots ou garder le silence avec un regard bienveillant est aussi précieux, et autant efficace.

Il suffit d’intervenir, tout en soutenant les enfants avec bienveillance.

En jeux libres où on a souvent l’impression de ne rien faire quand les petits explorent, quel bon moment pour l’observer et le comprendre. Un enfant dans ses jeux libres qu’on observe avec des qualités de leader, des jeux libres des enfants où on se revoit et où s’entend dire ce qu’on dit ou qu’on chante quel plaisir à observer!

Petit Léonard qui glisse tous les morceaux sous le calorifère un à un …ouf! Quand on range, on recherche les morceaux! Pour combler son envie: on lui a offert une boite de serviettes humides avec une fente et des couvercles de pot à jus et voilà notre petit est comblé d’insérer encore et encore des petits objets dans un petit espace… Quelle satisfaction de voir que notre intervention fonctionne. On voit et on comprend beaucoup de choses en observant les petits et les grands.

Lors de ma formation en T.E.E. (qui s’appelait différemment dans mon temps!). J’ai appris l’importance d’observer, mais c’est certain que j’en ai appris l’importance au cours de mes années auprès des petits.

Et j’en ai trouvé un grand plaisir que je garde et qui me passionne depuis 34 ans! J’ai la prétention de dire que les enfants m’ont appris beaucoup et j’adore partager ces expériences.

Par Lyne Archambault    Éducatrice-formatrice

Répondre aux inquiétudes des parents face aux apprentissages de leur enfant

Par Sylvie Garceau

www.aveclenfant.com

Que la question soit posée directement, indirectement ou qu’elle reste dans la tête du parent, il n’en demeure pas moins que l’éducatrice, par son rôle éducatif, est souvent amenée à répondre à cette grande question posée par le parent.  Mon enfant est-il prêt pour l’école ?

D’une part, l’éducatrice subit une certaine pression pour bien répondre à cette question.  Elle doit accueillir les inquiétudes du parent sans toutefois s’encombrer de cette charge seule.  Toutefois, elle doit démontrer ses habiletés professionnelles à soutenir l’enfant dans son développement global.  D’autre part, l’inquiétude du parent pour la réussite scolaire de son enfant est tout à fait légitime.  Voulant le meilleur, il cherche à lui permettre de vivre une expérience positive qui l’amènera de se réaliser pleinement au cours des prochaines années.

Une vision commune

L’éducatrice et le parent ont un rôle important à jouer dès la plus tendre enfance afin de créer un environnement stimulant, riche, chaleureux et sécurisant pour l’enfant, ce qui lui permettra de vivre des expériences variées et ce, dès son jeune âge.  Il est « crucial que l’enfance ne soit pas perçue comme une simple période préparatoire à l’école et à l’âge adulte, mais comme une période privilégiée pendant laquelle le bien-être et le développement harmonieux du jeune enfant sont des objectifs en eux-mêmes.»  (Moisan, 2013, page 8)  Dans cette perspective, il est important de considérer le développement de l’enfant dans sa globalité et de tenir compte de tous les domaines qui sont interreliés.  «Si un bon développement global ne doit pas avoir pour seul but la préparation à l’école, il est clair que l’enfant qui jouit d’un bon développement global a toutes les chances de profiter pleinement de l’école comme milieu de vie et d’apprentissage.» (Moisan, 2013, page 8)

En clair, il ne faut pas s’attendre à ce que l’enfant acquiert seulement des habiletés académiques comme la littératie ou la numératie pour être fin prêt à l’école, mais qu’il acquiert des habiletés au regard de son développement global.   De plus, il est nécessaire de laisser le temps à l’enfant d’acquérir les habiletés nécessaires à son développement selon son rythme d’apprentissage.  Donc, attention au piège de la scolarisation précoce où l’enfant est alors mis dans une situation de stress qui lui demande de fournir un effort indu.  S’il ne possède pas les habiletés nécessaires pour accomplir la tâche demandée, il vivra un échec.

Le jeu: élément à ne pas négliger

Le jeu est le moteur des apprentissages de l’enfant.  Expliquer son importance permet au parent de mieux comprendre l’impact du jeu à travers le développement.  «Les activités ludiques servent d’assises solides aux concepts scolaires qui seront abordés plus tard.» (Bourcier, 2006, p.150)   Ainsi, l’éducatrice doit offrir une planification hebdomadaire variée, ludique et qui tient compte des besoins et des intérêts individuels et de groupe.  C’est à travers le jeu que l’éducatrice pourra observer les progrès de l’enfant.  La diversité des jeux (extérieurs, d’équipes, coopératifs, de société, de manipulation, sensoriels, de construction, symboliques (faire semblant), etc.) et du matériel permettent à l’enfant de relever des défis adaptés à sa capacité développementale, à préserver sa curiosité naturelle et à parfaire ses connaissances du monde dans lequel il évolue.

Des pratiques à adopter pour l’éducatrice

Rassurer le parent en le sensibilisant à l’un des objectifs du programme éducatif Accueillir la petite enfance: «En lui proposant toutes sortes de stimulations, les services de garde favorisent l’actualisation du potentiel de l’enfant et lui offrent la possibilité d’acquérir plusieurs attitudes ou habiletés qui lui seront utiles au moment de l’entrée à l’école.» (Accueillir la petite enfance, 2007, p.9)   De plus, les services de garde éducatifs du Québec portent également la mission «de prévenir l’apparition ultérieure de difficultés d’apprentissage, de comportement ou d’insertion sociale.» (Accueillir la petite enfance, 2007, p.5).

Expliquez dans des termes simples et concrets comment le geste de l’enfant à travers les moments de vie  et les périodes de jeux viennent consolider les apprentissages de l’enfant au regard de son développement global.  Affichez les intentions pédagogiques à travers votre planification quotidienne.

Nommez aux parents les progrès de l’enfant et des manifestations de son développement global.  Pour ce faire, l’éducatrice doit réaliser de nombreuses observations tout au long de l’année et dans des contextes différents afin de livrer un portrait juste du développement global de l’enfant appuyé d’exemples concrets et de faits.  Rassurez le parent en lui indiquant que son enfant fonctionne bien et qu’il démontre de l’autonomie dans les différents moments de vie.

Expliquer au parent que la maternelle (préscolaire) est une période de transition vers la première année (scolaire) et qu’elle comporte 6 compétences (Programme de formation de l’école québécoise, 2006, page 53),  à développer en vue de se préparer aux années suivantes.  Cette transition permet donc à l’enfant de poursuivre ses apprentissages et de consolider ceux déjà appris.  Chaque période distincte est utile en soi dans le cheminement vers la vie scolaire, tout comme celle de la petite enfance.

Adoptez un programme d’habiletés sociales et présentez-en les bienfaits aux parents.  De plus, accompagnez l’enfant à travers les étapes de la résolution de problèmes, ce qui lui permettra de faire un pas de plus vers l’autonomie.  Aussi, reconnaissez l’enfant comme un être unique ayant des caractéristiques personnelles, valorisez l’expression et la reconnaissance des sentiments et respectez le rythme d’apprentissage de chacun.

 

À retenir pour le parent

«Si l’éducatrice de votre enfant vous affirme qu’il fonctionne de façon autonome et efficace, qu’il se développe harmonieusement, qu’elle souligne ses progrès régulièrement, cela peut être un bon indicateur de base.» (Bourcier, 2006, p.151)

«On considère qu’un enfant réussit à l’école quand il adopte une attitude positive envers l’école et l’apprentissage; quand il établit des liens sociaux positifs avec les enseignants et les camarades de classe; quand il se sent à l’aise, vit des émotions positives, participe à la classe et quand on observe une réussite et des progrès au plan scolaire.» (Tremblay, Boivin, Peters, 2017)

 

Références

Ministère de la famille. (2013). Garder le cap sur le développement global des jeunes enfants: L’importance des mots utilisés pour parler de l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle. Repéré à https://qualitepetiteenfance.uqam.ca/upload/files/garder-le-cap-final.pdf.

Bourcier, Sylvie. (2006). Le grand monde des petits de 0 à 5 ans.  Montréal : Éditions du CHU Sainte-Justine.

Ministère de la famille et des Aînés. (2007). Accueillir la petite enfance: le programme éducatif des services de garde du Québec Mise à jour.  Direction des relations publiques et des communications Ministère de la Famille et des Ainés.

Préparation à l’école : Synthèse. Dans: Tremblay RE, Boivin M, Peters RDeV, eds. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants [en ligne]. http://www.enfant-encyclopedie.com/preparation-lecole/synthese. Actualisé : Juillet 2017. Consulté le 5 novembre 2018.

Ministère de l’éducation. (2006). Programme de formation de l’école québécoise: Le virage du succès ensemble. Version approuvée.

À toutes les « Manon », semeuses de joies

Depuis près de 40 ans, je côtoie des éducatrices comme intervenante, formatrice, enseignante au collégial ou à l’Université. Certaines éducatrices se distinguent. J’ai eu la chance d’être sollicitée pour offrir un témoignage à une de ces éducatrices d’exception : Manon. Je veux partager avec vous toute l’admiration que j’ai pour elle en espérant que toutes celles qui s’apparentent à Manon puissent se reconnaitre.

Dès la première rencontre avec Manon, j’ai été impressionnée, touchée par sa description sensible et détaillée de l’enfant en difficulté dans son groupe. Elle n’identifie pas l’enfant à ce qu’il fait « c’est un menteur, un agressif, etc. » mais bien à ce qu’il est, soit une personne à part entière parfois maladroite dans sa façon d’exprimer ses besoins. L’histoire d’une fillette de 4 ans encoprétique dans son groupe témoigne de son respect pour l’enfant. Elle me fait part de ses observations, contextualise en situant la difficulté de l’enfant dans l’histoire de la famille. Elle ne se plaint pas des inconvénients importants que lui apporte l’encoprésie de l’enfant (odeurs, les nettoyages répétés de l’enfant et des lieux). Son empathie s’étend aussi à la famille qu’elle ne juge pas mais tente de comprendre dans sa propre réalité.

Le savoir-être de l’éducatrice se traduit dans l’art de créer des relations[1]. J’ai été témoin de la qualité des liens entre les enfants et Manon à de nombreuses occasions. Elle a su se défaire des schèmes relationnels usuels et faire confiance au lien. En voilà un exemple. Lors d’un tournage  d’une animation Brindami, elle remercie un enfant de bien prendre soin de Noé au lieu de lui interdire de toucher au matériel. Elle souligne les yeux attentifs plutôt que redire la consigne d’écoute. Les enfants répondent positivement à ses interventions. Ils savent que Manon reconnait ce qu’il y a de mieux en eux et tiennent à la relation avec elle.

Visiter le grouper de Manon, c’est s’assurer de bons moments de bonheur. Il y a de la joie. Les petites folies, les fantaisies alimentent le quotidien. L’estime qu’elle porte aux enfants se manifeste aussi dans le plaisir qu’elle exprime à partager le quotidien des petits. Les exclamations, l’enthousiasme, les rires et les encouragements fusent de toutes parts.

Sa passion pour la profession demeure inébranlable malgré les années de pratique, les tendances pédagogiques changeantes, les politiques familiales parfois démotivantes, rien n’a éteint la flamme. Même avec 30 ans d’expérience, elle participe aux formations, curieuse, désireuse de revisiter sa façon de faire. Pour elle, être éducatrice, c’est s’engager dans une démarche évolutive. Cela a toujours été un grand plaisir pour moi de la rencontrer en formation. Ses interventions ajoutaient de la profondeur au contenu et en ont inspiré plusieurs.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres, je te dis merci Manon.

 

Merci Manon, la semeuse de joie

 

Si les enfants qui ont eu la chance de passer dans tes bras pouvaient écrire, ils témoigneraient

 

 

Merci Manon pour ta tendresse, tes chatouilles, tes câlins, tes clins d’œil, tes sourires

Merci Manon pour ta confiance en moi qui grandit, tes encouragements, tes félicitations

Merci Manon pour ton écoute, malgré mes cris, mes bouderies, mes pleurs, tu me comprends et m’aides à comprendre ce qui me bouleverse

Merci Manon pour la joie, merci d’avoir choisi le jeu, la fantaisie, l’imaginaire, et d’avoir ainsi protégé la magie de mon enfance

Merci Manon pour ton estime, tu as cru en moi, je peux croire en moi

Merci Manon pour ton amour pour nous
Merci Manon

 

Merci à toutes les « Manon » qui jour après jour ouvrent leur cœur pour accompagner les enfants qui grandissent.

 

 

Sylvie Bourcier

Intervenante en petite enfance

 

[1] Gendreau, Gilles. Jeunes en difficultés et intervention psychoéducative. Éditions Sciences et culture, 2001, p. 80.

De la formation continue des éducatrices dans un contexte de coupes budgétaires

Julie surprend Simon, 19 mois, en train de pousser Alexis. Elle lui dit « Non! » et l’assoit en retrait. Elle lui demande « Est-ce que tu penses que qu’Alexis aime ça se faire pousser? » Il répond naïvement « Oui! ». Elle hausse le ton, lui demande de réfléchir. Reprenons cette même situation en y introduisant une éducatrice formée. Cette dernière reconnait la difficile tâche de retenue de son impulsivité chez un trottineur. Elle sait en outre qu’il lui est difficile d’envisager le point de vue de l’autre enfant sans soutien concret d’un adulte. Elle s’engage dans l’enseignement du décodage des signaux de détresse émis par Alexis et lui propose une façon adéquate d’exprimer ce qu’il veut.

Les éducatrices détentrices de diplômes collégiaux ou universitaires savent mieux décoder et répondre aux besoins des petits[1] qui évoluent auprès d’elles. Elles proposent des activités adaptées, stimulantes et appropriées au niveau du développement des enfants.1 De plus, les études démontrent qu’il y a un lien entre les compétences professionnelles et la qualité de la relation entre les éducatrices et les enfants.[2] Les spécialistes s’entendent aussi pour affirmer que les la formation postsecondaire en services éducatifs et de garde à l’enfance est fortement associée à la qualité d’un milieu de garde ainsi qu’au développement cognitif et social des enfants.2

Des travaux confirment aussi que la formation continue des éducatrices en milieu familial contribue à améliorer la qualité des relations avec les enfants. Elles démontrent plus de comportements positifs chaleureux envers les enfants, répondent mieux aux besoins des enfants que celles qui ne participent pas aux ateliers de ressourcement professionnel proposés.[3] La formation en petite enfance contribue aussi à développer chez l’éducatrice une attitude plus ouverte, plus sensible aux attentes des enfants. Les éducatrices peu formées sont moins enclines à développer une approche partenariale[4] avec les familles.

La formation de base et continue est au cœur de la qualité des services éducatifs. L’éducatrice par sa capacité de se remettre en question, son désir d’apprendre pour mieux comprendre et intervenir peut contribuer à l’amélioration de la qualité du milieu éducatif. Elle a un rôle à jouer dans le travail d’élaboration des programmes de formation. Bien que certains thèmes demeurent incontournables, le développement de l’enfant, la gestion des comportements et les relations parents-enfants3, les éducatrices doivent partager leur vision de la compétence, analyser leur expérience, leur fonctionnement et «  s’engager dans un processus dynamique de réalisation professionnelle ». [5]

Cette formation contribue au bienêtre des enfants mais aussi à celui des éducatrices. Certains auteurs parlent d’une meilleure estime de soi[6] et d’un sentiment de compétence accru chez les éducatrices en milieu familial qui suivent des activités de formation en continu. J’ai observé depuis plus de 20 ans que le seul fait de se faire confirmer positivement un choix pédagogique ou une approche en intervention par une formatrice contribue à soutenir la motivation, les efforts engagés auprès du développement d’un ou de plusieurs enfants. La grande majorité des professionnelles en petite enfance que j’ai côtoyées lors des activités de formation font preuve d’ouverture et désirent s’améliorer. Elles expriment une réelle satisfaction à observer des changements, une évolution chez l’enfant qui au départ représentait un défi pour elles. La formation doit inciter à la pratique réflexive, allier théorie et pratique et favoriser les échanges cliniques respectueux de l’enfant, de l’intervenante et de sa famille.

Ma pratique professionnelle autant comme intervenante que formatrice m’a appris que les éducatrices, les enseignantes en préscolaire ont besoin d’un « lieu de parole.» exempt de jugements ou d’objectifs à atteindre. On oublie que l’éducatrice se met à l’écoute de l’autre plusieurs heures par jour, reçoit des confidences des enfants, des parents, observe parfois des signes de détresse, de négligence. Cette attention à l’autre peut la fragiliser. C’est pourquoi, il est essentiel qu’elle puisse témoigner, échanger, chercher des alliés pour du soutien. Elle doit être accueillie et reconnue dans son engagement à l’autre. La formation, la supervision professionnelle sont des outils susceptibles de répondre à ces besoins.

Je déplore toutes les coupes faites dans notre réseau qui affecteront les sommes allouées à la formation continue dans plusieurs milieux. On peut s’inquiéter des « choix obligés » en matière de sélection du personnel. Sachant que la masse salariale représente le poste budgétaire le plus important d’un budget d’un milieu de garde, que les salaires horaires les plus élevés sont attribués aux éducatrices formées et ayant le plus d’années d’expérience, on peut se demander s’il ne sera pas plus économique d’engager moins d’éducatrices formées en respectant le ratio de personnel qualifié exigé au Québec. Plusieurs milieux se verront peut-être dans l’obligation de sabrer dans le temps libéré pour la pédagogie, le temps de travail d’équipe permettant de discuter des enfants à besoins particuliers ou celui alloué aux rencontres avec les parents, nos partenaires.

Il est reconnu que la formation de base et continue est un facteur important de qualité des services éducatifs. Il est démontré que des services de garde de qualité sont associés à un meilleur développement cognitif, du langage, des relations positives entre les pairs, à l’obéissance aux adultes, moins de problèmes de comportements et une meilleure relation mère-enfants. Les services de qualité « peuvent accroitre la persévérance scolaire ». [7]

Ces coupes auront donc non seulement un impact sur la qualité de vie des petits dès maintenant mais auront des répercussions à long terme sur la réussite scolaire des élèves de demain.

Sylvie Bourcier

Intervenante en petite enfance

[1] Carnet du Savoir. Apprentissage chez les jeunes enfants. Conseil Canadien sur l’apprentissage (CAA), Pourquoi les services de garde de haute qualité sont-ils essentiels? www.ccl-cca.ca, p. 3.

[2] La qualité, ça compte. Christa Japel, Richard E. Tremblay et Sylvana Côté. Résultats de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec concernant la qualité des services de garde. Choix IRPP, vol. 11, no. 4, oct. 2005, p. 35.

[3] Les services de garde en milieu familial : un lieu de prévention à découvrir. Sylvain Coutu, Suzanne Lavigueur, Diane Dugeau et Claude Harvey dans Revue canadienne de Psycho-Éducation, vol. 28, numéro 2, 1999, p. 187-198.

[4] Services de garde éducatifs et soutien à la parentalité. La coéducation est-elle possible? Gilles Cantin, Nathalie Bigras et Liesette Brunson. 2010, PV 9, p. 87.

[5] C. Lavoie et al cité dans l’Éducation à l’enfant. Une voie professionnelle à découvrir. Diane Berger, Louise Héroux et Danielle Sheridon. 2007. Gaétan Morin Édition, p. 272.

[6] Galinsky, Homes et Kontos cités dans Les services de garde en milieu familial, un lieu de prévention à découvrir.

[7] Carnet du Savoir. Apprentissage chez les jeunes enfants. Conseil Canadien sur l’apprentissage (CAA), Pourquoi les services de garde de haute qualité sont-ils essentiels? www.ccl-cca.ca, p. 3.

Les heures de préparation pédagogique: un luxe ou une nécessité ?

Par Sylvie Garceau, décembre 2015

Depuis plusieurs années, le réseau des services de garde au Québec est touché par des coupures dans les budgets.  Ce manque à gagner touche de différentes façons le quotidien des travailleurs en petite enfance.  Les gestionnaires du réseau tentent par tous les moyens d’éviter les répercussions pouvant réduire la qualité des services offerts aux enfants et à leur famille.  Toutefois, ce défi est de plus en plus grand et les ressources financières sont de plus en plus petites.  Continuer la lecture de Les heures de préparation pédagogique: un luxe ou une nécessité ?

Taper, mordre et tirer …. Des gestes qui parlent !!!

Lyne Archambault, éducatrice – formatrice

Février 2012

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Idées d’activités pour réussir à adopter des interventions positives chez les trottineurs.

Les petits entendent trop souvent le mot «NON» dans leurs découvertes. Comme éducatrice, notre travail consiste à observer les enfants afin de mieux comprendre leurs comportements et de rediriger de façon positive leurs découvertes. Il est primordial de garder pour une urgence le mot «NON» afin que celui-ci ne devienne pas banal à l’oreille du petit. Ainsi, les enfants s’aperçoivent de la gravité de l’avertissement. La constance et la fermeté sont de mises pour mettre un terme au geste jugé inacceptable. Parallèlement, il faut réfléchir à ce qui est inacceptable pour vous et échanger avec vos collègues, afin de s’assurer de la constance des interventions auprès des petits de votre groupe.

Bébé lance

lanceComme éducatrice, nous nous devons mettre À LA DISPOSITION des enfantsdes activités de défoulement telles que des balles, des éponges de bain, des foulards, des choux à cadeaux etc. Afin de rendre positif le geste de lancer et de démontrer le plaisir dans ce mouvement. C’est certain, qu’il est toujours interdit de lancer des blocs et des autos par exemple. Rediriger alors l’enfant vers les bacs de balles quand il oublie la consigne. N’oubliez pas la constance est toujours nécessaire.

 

Bébé tire les cheveux

Le trottineur est attiré par les cheveux de ses amis, voici le temps des activités des TOUCHE DOUX. Offrez des textures douces à toucher aux enfants. Par exemple, différents tissus, des cheveux sur des poupées, des plumes. Ces objets lui feront, entres autres, vivre des expériences sensori-motrices positives. On doit toujours encourager les touche doux entre les enfants. Votre devoir comme éducatrice est d’observer et intervenir de façon rapide par la parole et le geste face au geste négatif. Le contact doit être recréé entre les enfants afin d’apprivoiser les touche doux entres eux.

Voici une station de défoulement que j’ai créé pour m’aider dans mes interventions avec mon trottineur qui aime tirer les cheveux.

tirelescheveuxJ’ai redirigé la pulsion de mon ami et valorisé ses gestes en lui permettant de se défouler de manière positive sur cette poupée aux cheveux longs. J’ai utilisé différentes sortes de brosses, des rouleaux velcro, un petit séchoir qui laisse un filet de vent, un petit sac avec toutes sortes d’élastiques en tissus de différentes couleurs et textures, des bouteilles vides de shampoing parfumées et un livre de coiffeuse avec des mèches de cheveux. Laissez aller votre créativité, car la nouveauté stimule la curiosité de l’enfant. Par ailleurs, on se doit d’encourager les tentatives de l’apprenti coiffeur.

 

 

Bébé vide tout

videLes petits aiment faire tomber des objets, vider et remplir des bacs, regarder les objets tombés. Pour sa sécurité, je me dois de ranger et replacer le matériel de jeu. Sans doute, mon trottineur me suivra et recommencera son jeu. Donc, il est utile de faire des petits bacs avec quelques objets à l’intérieur en les changeant souvent pour minimiser le rangement. J’aime quand il explore à son rythme et de façon autonome : un vrai spectacle pour une éducatrice! En le regardant, vous observez ses intérêts et ses goûts ce qui vous permet de lui offrir des jeux adaptés. De plus, pensez à faire des mises en scène afin d’encourager sa curiosité pour découvrir de nouvelles façons d’utiliser le matériel.

 

arrachetout 2arrachetout 1Bébé arrache

Les petits aiment entendre des bruits et regarder des images. Les affiches au

 

mur, sont une source de stimulation dans ce sens. Afin de protéger vos affiches, une vitrine de plexi est utile pour que bébé regarde sans tout arracher. La variété et les détails des images à regarder stimulent son langage et son observation. Quand j’affiche des nouveautés, je prends du temps pour montrer les détails de l’affiche. Inventez des histoires pour stimuler sa curiosité en regardant l’image, par exemple, voici une auto comme papa. Pour arracher et entendre un super beau «Crac», le velcro est parfait. Voici des macarons fabriqués avec des couvercles de jus et de pots masson.TOUJOURS DISPONIBLES POUR SE DÉFOULER.

Bébé tape

Le trottineur aime exercer des mouvements de balais avec ses mains. Avec un toutou (souffre douleur) suspendu à un élastique tout le monde peut s’exercer en tapant, en le faisant voler et en étirant l’élastique. Notre ami prêt à recevoir tous les coups changera selon le thème, par exemple, une chauve-souris pour l’automne, un ours polaire pour l’hiver.TOUJOURS DISPONIBLE, il sera là pour tous les coups. Les enfants trouvent bien drôle, quand à mon tour, je me défoule sur ce toutou souffre douleur.

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Bébé mord

Vous avez un ami crocodile : pas facile ! Vous devez prendre en main cette situation en rassurant les parents. Vous pouvez toujours leur offrir des textes qui expliquent cette étape difficile. Plusieurs activités peuvent rendre positive cette pulsion quand les dents de bébés poussent ou quand la rage arrive. Tout d’abord, j’offre aux enfants des anneaux refroidis. De ce fait, chaque ami a son anneau accroché sur lui avec une attache à suce et même moi j’en porte une! L’usage de sa suce peut aussi aider en cas de pulsions. Je souligne à plusieurs reprises que l’on peut MORDRE des pommes, MORDRE sa suce, MORDRE des anneaux, mais il est INTERDIT de croquer son ami. Même les adultes doivent penser d’éviter les jeux du loup qui croque même par amour ! Par ailleurs, j’offre à l’enfant assis dans la chaise haute une brosse à dent avec un petit verre d’eau, une débarbouillette gelée à mordiller (activités super en attendant le repas). N’hésitez pas à organiser vos routines pour protéger votre victime et votre mordeur. Quand vous avez observé qui, quand, comment, pourquoi et où le geste se produit, il faut faire preuve de créativité afin que ce geste indésirable cesse rapidement et offrir aux enfants une situation de rechange positive.

Bébé grimpegrimpe

Vos amis aiment se retrouver en hauteur ? Offrez-leur des modules en mousse à escalader ou des jeux plus élevés à atteindre. Je fais semblant d’avoir peur de leurs exploits. Quel plaisir pour nos petits grimpeurs !

Bébé crie

Si bébé exerce sa voix, parlez lui doucement pour qu’il baisse sa voix, mais offrez lui la chance de se défouler en plein air, de chanter, de jouer des instruments de musique. Donnez-lui un environnement sans bruit inutile, par exemple une musique en sourdine dans le local. Quand vous offrez de la musique, soulignez que vous allez mettre de la musique pour danser, écouter des sons etc.

De façon générale, quand nous intervenons avec un petit, il faut traduire, vérifier son intention et nommer son désir. Observez sa réaction à ce que vous nommez, pour vous assurez de l’avoir bien compris. L’enfant explore son environnement pour apprendre comme adulte avoir un regard positif sur lui donne la chance de bien grandir…

Pour conclure, soyez créative face aux situations plus difficiles avec vos trésors et ce par vos observations et votre constance dans vos interventions. On arrive à vaincre toutes les difficultés en remplacent les interdits par des activités de rechange.

Des éducatrices surchargées

Sylvie Bourcier, intervenante en petite enfance
Octobre 2010
www.aveclenfant.com

Les médias font état de la réalité criante de l’épuisement professionnel des enseignantes surchargées de travail. L’absence de ressources professionnelles, l’intégration d’enfants manifestant des besoins particuliers, la violence sont dénoncées et expliquent en bonne partie cet épuisement associé au travail. Bien que plusieurs études[1] suggèrent que le niveau d’épuisement professionnel des éducatrices n’est pas plus élevé que la moyenne, on ne peut négliger le fait que ces travailleuses sont en contact avec de nombreuses situations potentiellement stressantes qui peuvent s’apparenter à celles vécues par les enseignantes.

La profession d’éducatrice requiert de grandes capacités adaptatives. L’intervenante doit continuellement s’ajuster à la santé, aux intérêts, aux besoins variés et uniques des enfants, aux inquiétudes des parents et aux styles des membres de l’équipe avec lesquels elle doit travailler en cohérence éducative. Elle doit être à l’écoute d’un grand nombre d’informations concernant les enfants, être attentive aux signaux émis par chaque enfant, les décoder, y répondre adéquatement et en faire part aux parents.
Si l’éducatrice entre en relation avec de nombreux enfants, pensons ici aux groupes doubles, elle est alors surchargée sur le plan sensoriel (bruit, cris, sollicitations physiques, pleurs, rires, messages verbaux), émotif (détresse, joie, colère, impatience, excitation, etc.) et sur le plan cognitif (somme d’informations à analyser, à mémoriser). Les petits d’âge préscolaire manquent d’autonomie et sollicitent fréquemment de l’aide. L’éducatrice doit demeurer disponible, accompagner certains, encourager d’autres à agir et servir d’agent de la paix régulièrement. Une éducatrice témoignait son incapacité à informer les parents des 15 poupons avec lesquels elle avait travaillé avec ses 2 compagnes durant la journée, celles-ci ayant quitté en fin de journée. Avait-il bien dormi? Avait-elle été souffrance? Combien de selles aujourd’hui ? Avait-il fini son assiette? Il y a en effet un lien entre le rapport éducatrice-enfant (ratio) et l’épuisement.[2]

Le Conseil canadien sur l’apprentissage[3] situe à 1 adulte pour 3 enfants jusqu’à 2 ans, 1 pour 6 enfants de 2 à 3 ans et 1 adulte pour 8 enfants d’âge préscolaire; le ratio idéal soit celui qui est associé à un développement cognitif, social plus élevé en 1ère année. Comme nous le savons au Québec le rapport est 1;5 pour les poupons, 1;8 pour les enfants de 18 mois à 4 ans et 1 :10 pour les 4 ou 5 ans en installation et 1 :6 en milieu familial où l’on retrouve le multiâge.

Il est parfois difficile pour l’éducatrice de se sentir satisfaite du travail qu’elle accomplit. Comment se sentir compétente dans autant de domaines? Les tâches sont multiples et d’une grande diversité et elles font appel à de nombreux champs de compétence : pédagogie, psychologie du développement de l’enfant, sociologie de la famille, parfois quelques brides de médecine familiale et beaucoup de communication humaine. Elle doit dépister, sensibiliser, référer. Elle travaille avec son corps, son cœur et son intelligence dans une zone où le doute fait partie du quotidien. Car l’éducation n’est pas une science exacte où le savoir à réponse à tout. La relation est l’outil de travail. Dans cette relation, l’éducatrice est partie prenante. Elle s’engage pour l’enfant. Il est nécessaire que cette implication soit reconnue et soutenue.

Dans les milieux, où l’on tient des réunions d’équipe dans lesquelles les éducatrices ont l’occasion de s’entraider, d’échanger, on retrouve un haut niveau de satisfaction au travail.[4] Les études sur le stress et le burnout soulèvent l’importance du réseau social. Il a un rôle de médiateur et de protection. Échanger réduit le sentiment d’être seul à vivre le découragement, favorise le partage de moyens pour faire face aux stresseurs. Réunions d’équipe, accessibilité à une conseillère pédagogique, participation à des tables de concertation, à des comités, tous les moyens de prévention sont à envisager. Il faut que les éducatrices aient accès à un lieu de paroles où elles se sentiront accueillies, reconnues.

Ce support affectif et concret (instrumental) n’est pas un luxe, c’est une nécessité si nous voulons maintenir des services de qualité aux enfants. L’éducatrice supervisée, encouragée et soutenue a de fortes chances de se sentir compétente, satisfaite à son travail, énergisée. Convaincue qu’en s’investissant à son travail, elle pourra s’accomplir, elle se mobilisera, demeurera motivée à déployer toutes ses habiletés et compétences et se fera une joie de voir les enfants se développer au sein de son groupe.

 


[1] Études de Tessier, R. et Tessier, R., Dion, G. et Mercier C., citées dans Apprentissage et socialisation, volume 12, no. 4, décembre 1989, p. 205-215. Article de Guylaine Dion intitulé Le burnout chez les éducatrices en garderie : proposition d’un modèle théorique.

[2] Pines, A.M., Aronson, E., Kafry, D., Burnout. Se vider dans la vie et au travail. 1982. Éditions Le Jour, chap. 6.

[3] Tiré du Carnet du Savoir. Pourquoi les services de garde de haute qualité sont-ils essentiels? (www.ccl.cca.ca)

[4] Pines, A.M., Aronson, E., Kafry, D., Burnout. Se vider dans la vie et au travail. 1982. Éditions Le Jour, chap. 6.

La pouponnière est-ce pour moi ?

Lyne Archambault, éducatrice – formatrice

août 2014

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En ce temps de l’année, le choix de groupe fait l’objet de discussions dans les réunions d’équipe.  S’interroger sur nos qualités, nos forces pour choisir le groupe d’âge qui correspond le mieux à notre profil d’éducatrice  demande de s’y arrêter et d’y réfléchir. Peut-être que la pouponnière me sera imposée ? Est-ce que la pouponnière sera un défi  pour moi ? Après tout, une éducatrice ne doit-elle pas être dotée d’un sens d’adaptation à toute épreuve ?

Il faut savoir reconnaître les qualités principales d’une éducatrice en pouponnière. Sans doute posséder un sens de l’organisation pour éviter de se faire organiser par les tout-petits. L’observation est le premier outil pour faciliter l’intervention. Posséder le sens de l’accueil pour les petits et leurs familles aide à tisser des liens significatifs. Un visage avec des expressions, des chansons plein la tête autant pour nos consignes, le beau temps, le thème du mois  est une arme puissante pour capter l’attention des petits et rendre les cœurs joyeux. La constance de nos humeurs et nos interventions sécurisent les enfants, les familles et les collègues. La communication et le sens de l’écoute sont nécessaires, savoir les utiliser au bon moment développe une relation de confiance.

Quand les enfants sont occupés à explorer, il faut profiter de ce moment précieux pour observer car en observant on comprend tout et on peut tenter des interventions, cibler les intérêts et les besoins. Ce qui permet de proposer des activités et des défis adaptés.

Posséder un sens des responsabilités et savoir reconnaître les limites du rôle d’éducatrice en pouponnière, avoir un groupe à m’occuper, intégrer et sécuriser n’est pas une mince tâche. Je ne dois jamais désespérer devant une situation, il me faut demander de l’aide à mes collègues, parler de mes observations aux parents, chercher des solutions ensemble. Mais, ne jamais attendre comme par miracle que tout s’arrange !

En observant les petits on apprend le langage des bébés, le non-verbal et ses signes.  On peut nommer ses émotions, ses besoins et avoir la patience d’attendre sa réponse soit par ses yeux, son expression, son langage. C’est plus long, mais plus satisfaisant et respectueux  pour le tout-petit en développement.

Être une mère n’est pas une qualité nécessaire pour être une bonne éducatrice à la pouponnière. Une maman et une éducatrice sont des rôles et des engagements bien différents. Par contre, être moi-même une mère m’a  permis de faire grandir en moi l’empathie que je porte aux parents de mon groupe. L’éducatrice se doit d’être en harmonie avec elle-même, sensible aux besoins des bébés et faire abstraction de ses propres besoins affectifs. Il faut avoir un calme intérieur, une grande disponibilité et un équilibre pour choisir de travailler avec les poupons.

La pouponnière est-ce pour moi ?

Oui, si j’ai à cœur les petits.

Oui, si je suis soucieuse du bien-être des enfants qui me sont confiés.

Oui, si je sais donner le meilleur de moi-même.

Voilà, ce qui me permet de garder la flamme tout au long de l’année !!!

Partager avec les parents nos inquiétudes au sujet de leur enfant

Jocelyne s’inquiète des comportements d’Étienne 4 ans. Elle l’observe et constate qu’il éprouve de la difficulté à créer des liens positifs avec les autres enfants. En effet, il bouscule et se précipite pour se joindre à un groupe de pairs, il arrache les jouets des autres. Sa présence au sein d’un groupe entraîne des conflits. Les enfants le craignent et le repoussent lorsqu’il tente de jouer avec eux. Ces attitudes de rejet le mettent en colère et il détruit à ce moment les productions, constructions ou mises en scène des autres. Jocelyne sait que ces comportements et la situation de rejet nuiront à son intégration harmonieuse à la maternelle et à l’édification d’une bonne estime de soi. Elle veut donc sensibiliser les parents au besoin d’Étienne.

Préparation de la rencontre

La première étape est de recueillir les renseignements à l’aide d’observations concrètes afin de dresser un portrait complet de l’enfant. L’observation doit être faite dans tous les moments de vie et décrire ce qui se passe avant l’émission du comportement, la nature du comportement (fréquence, durée et intensité) ainsi que ce qui survient après le comportement. L’objectif est d’identifier les besoins de l’enfant. Nous pourrons alors communiquer aux parents notre perception des besoins de son enfant et échanger sur sa propre perception et sur les moyens pour y répondre.

Par la suite, l’intervenante doit préparer la rencontre, les étapes, prévoir la durée et le lieu (étapes décrites de façon succincte dans un article déjà affiché sur le site).

Mon enfant, le cœur de ma vie

Un parent n’est jamais indifférent aux messages qu’il reçoit au sujet de son enfant. L’image projetée par l’intervenant le touche profondément. Parfois, cette image confirme celle que le parent possède déjà au fond de lui et ce depuis même la gestation. Alors, la rencontre entre l’enfant rêvé et l’enfant réel est heureuse. Mais lorsque l’éducatrice dresse un portrait de l’enfant différent de celui élaboré par le parent, ce dernier réagit pour préserver l’image de l’enfant rêvé. Cette confrontation est douloureuse et bouleverse l’équilibre émotif du parent. Si l’écart entre l’enfant rêvé et l’enfant réel est grand, le parent passe par un processus de deuil soit déni, colère, tristesse et reconnaissance ou acceptation. La durée de ce processus est différente d’une famille à l’autre et les parents se mobilisent à la dernière étape. Certaines éducatrices ressentent l’absence de mobilisation parentale comme un désaveu quant à leurs compétences professionnelles. Il n’en est rien. Bien que le parent réagisse parfois par la colère ou la passivité il faut comprendre qu’il éprouve de grandes difficultés à accepter que son enfant manifeste des besoins particuliers. Le rôle de l’éducatrice est de sensibiliser et non de convaincre.
Responsabiliser ou culpabiliser
L’éducatrice et le parent agissent tous deux comme agents de socialisation de l’enfant et ont une responsabilité d’accompagner l’enfant qui grandit. L’éducatrice exerce son rôle de façon passagère, son implication émotive ne se compare pas à celle du parent. Il est contreproductif d’accabler le parent de reproches ou de s’acharner sur lui. Le parent est un partenaire c’est-à-dire qu’il possède des compétences éducatives et surtout une connaissance intuitive profonde de son enfant.
Si nous reconnaissons et valorisons son apport, il sera motivé et désireux de s’impliquer au plan de soutien au développement. Si par contre nous agissons comme expert, il nous remettra le problème puisque nous signifions que nous sommes les « connaisseurs ». L’approche « devin » est aussi à bannir, évitez les prédictions. Bien que l’intervenante connaisse les trajectoires à risque de certains comportements manifestés à l’âge préscolaire, il faut se centrer sur ce que vit présentement l’enfant. Le parent sera sensible au fait que le comportement de son enfant nuit à son bonheur dans le groupe.

Voici quelques attitudes à éviter et d’autres à adopter :

À faire À éviter
Utiliser le terme besoin pour dresser le portrait de l’enfant Éviter l’emploi des mots : problème, problématique
Utiliser les mots plan de soutien au développement Éviter les mots plan d’intervention
Décrire les comportements de façon concrète et objective Attribuer des étiquettes ou des vocables sujets à interprétation
Dresser un portrait complet de l’enfant incluant autant ses forces que les points à développer Décrire seulement les comportements dérangeants ou inquiétants
Se centrer sur ce qui estobservable maintenant Prédire l’avenir (il ne pourra pas réussir à l’école)
Explorer ensemble les perceptions des besoins de l’enfant Agir en expert en conseillant, en donnant des ordres ou en posant un diagnostic
Exprimer votre intérêt pour l’enfant et votre désir d’aider l’enfant Dire au parent que le comportement de l’enfant est inacceptable et qu’il devrait le punir
S’informer auprès du parent afin de savoir s’il observe le même comportement à la maison Culpabiliser le parent en prétendant qu’il doit y avoir un événement familial responsable du comportement de son enfant
Exprimer notre ferme conviction que le partenariat permettra d’aider l’enfant Développer un plan de soutien en solitaire ou laisser le parent tout régler à la maison
Exprimer votre confiance dans les compétences parentales et cibler avec eux des attitudes éducatives positives réalisables maintenant Identifier et revenir sur les gestes éducatifs erronés que les parents ont faits dans le passé culpabiliser
Prendre des notes après l’entretien afin d’intégrer cette rencontre dans une démarche continue Minimiser l’importance de l’apport des parents
Tenter de sensibiliser Tenter de convaincre
Respecter le rythme d’acceptation du parent Harceler le parent de demandes répétitives
Informer l’enfant de la rencontre avec l’accord du parent ou préférablement demander au parent de le faire
« Nous allons nous rencontrer pour trouver des moyens pour que ça se passe bien à la garderie. Tes parents te diront après ce qu’ils ont décidé pour toi. »
Travailler en solo sans chercher à atteindre la cohérence éducative entre les deux milieux de vie l’enfant

Demandez-vous qu’est-ce qu’un bon parent pour vous. Avez-vous idéalisé la parentalité? Le parent exerce son rôle habité par sa propre histoire, confronté à sa propre réalité quotidienne au même titre que vous, éducatrice. Gaston Gauthier , un grand humaniste a dit : « Le parent est un outil qui doit servir l’enfant pour qu’il devienne plus autonome, plus créateur, plus libre. Si quelqu’un rêve de bien pour un enfant, je ne suis pas inquiet pour cet enfant. L’enfant grandit avec quelqu’un qui grandit avec lui. »

Une rencontre de parents: angoissant

Sylvie Garceau, éducatrice en petite enfance

Août 2013

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Le programme éducatif Accueillir la Petite Enfance propose aux professionnels de la petite enfance des principes de base à appliquer auprès de l’enfant et de sa famille. L’un d’eux concerne la collaboration entre le personnel éducateur et les parents. La rencontre de parents est un des moyens que peut utiliser le milieu afin d’établir une collaboration et une communication avec la famille. Elle permettra de prendre contact avec sa réalité, ses coutumes et ses valeurs. Ainsi, le milieu de garde pourra mieux comprendre certains comportements de l’enfant. Quant aux parents, cette rencontre lui permettra de mieux connaître le milieu, ses services, ses programmes, les éducatrices et de prendre contact avec l’environnement dans lequel son enfant se développera. De plus, il aura la chance d’échanger avec les autres parents, d’établir des liens ou simplement de faire connaissance avec eux. Tout ceci est nécessaire afin d’établir un soutien mutuel dans le respect des rôles de chacun.

 

Année après année les éducatrices titulaires de groupe ont la charge d’animer les réunions de parents. Certains intervenants sont très à l’aise de parler devant un public alors que d’autres figent, bégaient ou transpirent. Pour ma part, les réunions de parents en début d’année, ce n’est pas ma tasse de thé, disons-le ainsi. C’est très embarrassant d’animer une telle rencontre. C’est donc important de s’y préparer dans le but de vivre et de faire vivre aux parents un moment agréable, dans le respect de tous. Voici donc quelques petits trucs afin de faciliter l’organisation de ce moment et d’en retirer le maximum d’avantages autant pour vous, pour les parents et aussi pour les tout-petits en bout de ligne.

Dans ce texte, vous retrouverez la structure d’une rencontre de parents ainsi que la fréquence des réunions. Vous pourrez identifier ce qu’on peut mettre à l’ordre du jour et les points à discuter avec les parents. Par la suite, quelques petits trucs d’animation sont identifiés afin de faciliter le déroulement de votre réunion. Finalement, il y a quelques points que vous pouvez vérifier avant la réunion comme l’aménagement des lieux physiques, tout ceci dans le but de s’assurer d’une préparation adéquate.

 

Lors d’une réunion de parents, il est important d’établir une structure. Différentes formules peuvent être adoptées, tout dépend de votre milieu. Il est important que les membres de la direction se présentent. Il est a noté que la direction peut être accompagnée du président du CA. Que ce soit la coordonnatrice ou les membres du soutien pédagogique, il est primordial qu’ils prennent contact avec les parents de votre groupe. Ce moment peut être orchestré de façon à ce qu’ils accueillent tous les parents et que par la suite, chaque éducatrice titulaire dispose avec les parents de son groupe. Il peut aussi y avoir d’autres façons de faire, par exemple, la directrice qui passe dans chaque salle et prend quelques minutes pour se présenter. Idéalement, elle devrait ouvrir et fermer la réunion. Quand à l’éducatrice titulaire du groupe, elle anime la réunion et traite de tous les autres points.

 

Les rencontres de parents devraient avoir lieu une fois en septembre et une fois en décembre. La réunion de début d’année aborde un thème plus général et formel. On y explique le fonctionnement du groupe, c’est à dire qu’on peut préciser les heures d’ouverture et de fermeture, donner aux parents les protocoles et les règles de notre milieu de garde et obtenir la signature de chaque parent. Par la suite, l’éducatrice peut expliquer la façon dont elle appliquera tout ceci concrètement au quotidien. Vous pouvez mentionner la façon dont vous communiquerez les informations de l’enfant. Expliquez le rapport journalier ou tout autre document ou fiches d’observation que votre milieu utilise pour fournir des informations sur l’adaptation de l’enfant. Vous pouvez expliquer comment vous appliquez le programme éducatif, vos valeurs et vous pouvez même préciser vos attentes face au rôle des parents. Finalement, vous pouvez présenter l’horaire type d’une journée. Le parent se sentira plus confiant s’il connait la routine que son enfant vivra dans un autre milieu que la famille. Surtout, il ne faut pas oublier de se présenter. S’il y a d’autres membres du personnel qui sont en contact avec le groupe, il est important des les présenter aussi. Par la suite, il peut y avoir des échanges avec les parents concernant les enfants ce qui favorise l’établissement du lien de confiance. La rencontre doit durer environ 45 minutes. Elle ne doit pas être trop longue pour ne pas perdre l’intérêt du parent. On peut offrir aux parents une période de question où on pourra clarifier certains points. Celle-ci va durer environ 15 minutes. À la fin de la réunion, vous pouvez offrir vos disponibilités pour les parents qui voudraient échanger individuellement avec vous.

 

Afin de s’assurer du plus grand nombre de participation possible, il est intéressant d’envoyer une convocation aux parents par courriel ou en papier (tout en s’assurant d’avoir d’abord fait une invitation verbalement aux parents). Il faut aussi l’afficher à l’entrée du service de garde et mettre une copie du rappel au casier de l’enfant. La convocation comprend quelques informations comme la date, l’heure, le lieu et un coupon réponse. Elle est envoyée environ 3 semaines à un mois avant la date prévue et une semaine à l’avance pour le rappel.

 

Quant à la réunion du mois de décembre, ou de la mi-année, elle devra être plus pratique et concrète. Elle se déroule en compagnie des parents de votre groupe. Vous pourrez répondre à leurs questions concernant le fonctionnement du service de garde, la pédagogie, l’horaire de la journée, faire des mises au point sur les interventions, analyser les différentes pratiques que le milieu adopte bref, faire un bilan de cette première moitié de l’année. Vous pouvez aussi vous questionner avec les parents sur ce qui pourrait être modifié ou amélioré. Par exemple, vous pourriez discuter du temps accordé aux jeux extérieurs ou encore du déroulement de l’accueil. Il est toutefois important de mentionner que tous les commentaires sont recueillis et analysés, mais qu’ils ne peuvent pas nécessairement tous être mis en application. Cette réunion peut aussi être utilisée afin de permettre aux parents d’échanger sur des problématiques qu’ils vivent avec leur enfant ou encore pour recueillir de l’information sur différents sujets. Par exemple, mon enfant ne veut plus manger ou l’apprentissage à la propreté. Certains sujets sont spécifiques à des groupes d’âges et il peut être pertinent de transmettre de l’information aux parents. Il peut être intéressant de demander, à l’avance, aux parents de quels sujets ils aimeraient discuter ou échanger de l’information ainsi vous pourrez mieux vous documenter et vous préparer. Vous remarquerez que dans les diverses familles, il y aura des similitudes. Vous permettrez à chacun de s’exprimer, de briser l’isolement tout en sachant que d’autres parents vivent aussi la même situation. Il faut s’assurer de toujours répondre aux besoins de la famille et de l’enfant. C’est donc une période propice aux échanges et à l’élaboration de stratégies gagnantes pour tous.

 

Vous pouvez organiser une troisième et dernière rencontre dans l’année. Elle peut se dérouler autour du mois d’avril ou mai pour faire le bilan de vos observations concernant le développement de l’enfant. Cette rencontre se fait individuellement avec chaque parent. Ce moment est très privilégié pour reconnaitre le parent comme premier intervenant dans la vie de son enfant. Vous remarquerez que les parents aiment toujours parler de leurs enfants.

 

Il arrive souvent dans les rencontres qu’il y ait des débordements. Différentes raisons peuvent être à l’origine de cette problématique. Il est intéressant d’établir avec les parents le temps qui sera alloué pour la réunion et le temps qui sera alloué pour les questions. Ainsi, tous se sentiront concernés et respecteront cette entente. Voici des exemples de situations que vous pouvez vivre avec des parents lors de votre réunion. Certains parents semblent exigeants, ils mentionnent toutes leurs attentes. D’autres en sont à leur première expérience et veulent être rassurés en posant une foule de questions. On peut alors proposer à ces parents de rester après la réunion pour une rencontre individuelle ou proposer un rendez-vous à la garderie ou un rendez-vous téléphonique. Si vous avez un parent qui insiste sur un sujet ou qui revient à la charge il faut alors être plus ferme et le convoquer à une rencontre à trois. Le parent, la direction et vous l’éducatrice. Il y a aussi des parents qui n’écoutent pas. Ça peut devenir problématique comme ceux qui prennent trop de place. Souvent il peut arriver que ce type de parent pose la question juste après qu’on y ait répondu. Alors ça prend du temps et c’est ennuyant pour les autres parents. Vous pouvez alors bouger plus en avant de la salle, ne demeurez pas statique. Utiliser l’humour pour désamorcer ce genre de parent ou mettre en valeur une partie de son propos en remettant de l’avant notre opinion. Il y a aussi le parent qui parlent trop ou qui posent des questions hors contexte. Vous pouvez lui demander qu’il garde sa question et lui dire que vous pourrez lui répondre plus tard ou que vous en parlerez dans les sujets suivants.

 

Aussi, il est important de vérifier quelques points important avant la réunion. Assurez-vous que la salle de rencontre est suffisamment grande pour accueillir toutes les personnes convoquées, mais pas trop grande pour ne pas perdre l’intérêt des parents. Si vous accueillez les parents dans la salle de l’enfant, il serait important d’offrir des chaises d’adulte. Une personne assise convenablement sera concentrée et attentive sur une plus longue période. De plus, il faut planifier l’organisation du milieu physique, comme par exemple la disposition des chaises ou des tables. Prioriser un éclairage adéquat, ni trop fort, ni trop faible. Vous pouvez préparer des éléments visuels pour soutenir l’attention comme un ordre du jour sur tableau et des photos pour illustrer vos propos. Attention aux bruits qui pourraient déranger autour. Demandez aux parents de mettre leur appareil cellulaire sur vibration. Vous devez aussi déterminer l’objectif et le but de la rencontre. Ce dernier pourra vous servir de rappel à l’ordre lors des interventions inappropriées des parents. Choisissez une façon de faire pour que le parent prenne la parole. Par exemple faire lever la main pour poser une question vous fera économiser du temps. Si vous êtes un petit nombre, moins de 5, vous pouvez favoriser la prise de parole spontanée. Il est aussi important afin d’être bien préparée de rédiger un ordre du jour et de bien identifier les points que vous aimeriez aborder avec eux. Inscrivez les plus importants en début de rencontre ainsi vous serez certain de les traiter si le temps manque à votre réunion. Planifiez l’accueil du parent, la façon dont il sera reçu le rendra plus disposé à la rencontre et à l’échange. Vous pouvez animer ce moment de différentes façons, ce premier contact mettra tous les participants à l’aise. Offrez une collation, un breuvage, faites un jeu, laissez aller votre imagination c’est la seule limite. Au début de la réunion, vous pouvez planifier avec les parents d’un moment pour la pause qui conviendra à tous. Pendant la rencontre, vous pouvez être attentif à quelques petites choses. Observez les signes non-verbaux des gens devant vous, ils pourraient vous en dire long sur la tournure de votre réunion. Avant que la rencontre se termine, vous pouvez fixer la date de la prochaine réunion. Vous vous assurez ainsi d’une meilleure participation à la prochaine rencontre. Vous pouvez faire une auto-évaluation de votre animation et prenez des notes ainsi vous apporterez des améliorations à une prochaine réunion.

 

Finalement, il faut se laisser le droit à l’erreur et toujours garder en tête que l’expérience est la clé de notre cheminement. Peu importe le nombre de participants à votre rencontre, il est important de garder à l’esprit que notre devoir c’est de se préparer, d’animer la réunion comme si nous avions plusieurs parents devant nous et de rester positive et sereine puisque nous sommes professionnelles jusqu’au bout. Chaque personne a un petit animateur en lui, il s’agit de l’exploiter petit à petit en appliquant les principes de l’animation un à la fois. N’hésitez pas à teinter cette rencontre de vos couleurs, vous pouvez y ajouter de l’humour, une histoire, bref, soyez dynamique et convaincu de votre travail et de votre rôle. Bonne rencontre de parents à tous.