Un outil pour cultiver l’estime de soi

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Le CLSC Saint-Hubert et le CPE Les Petits Semeurs ont créé et publié un document intitulé Cultivons l’estime de soi en petite enfance. Cet ouvrage qui présente un heureux mélange de réflexions, d’approches et d’activités éducatives a d’ailleurs été primé lors du Concours Excellence 2004 du Regroupement des Centres de la petite enfance de la Montérégie. C’est un outil rassembleur qui interpelle autant les parents, que les intervenants communautaires et que les éducatrices en milieu de garde.

Le recueil s’appuie sur des fondements théoriques solides et s’inspire des ouvrages de Robert W. Reasonner et Danielle Laporte. Le thème du jardinage décrit d’une façon créative le rôle de tuteur des adultes qui favorisent l’épanouissement des petites fleurs-enfants à l’aide de diverses semences de l’estime de soi. Le concept de l’estime de soi et ses composantes soit le sentiment de sécurité, de l’identité, d’appartenance et de détermination et de compétences sont abordés. On y retrouve des fiches théoriques, une fiche de réflexion personnelle intitulée «À toi de toi», une fiche énumérant des attitudes éducatives «Jardin d’idées», une fiche «Jardin d’activités» et enfin le volet «Outils pour cultiver l’estime de soi» qui offre aux lecteurs des moyens pour favoriser l’estime de soi.

Au-delà, des cahiers de recettes, cet ouvrage met avant tout l’accent sur l’importance de la relation adulte-enfant. Les auteurs priorisent le savoir-être, les attitudes éducatives qui sont des semences essentielles à la culture de l’estime de soi. De plus, les outils et les activités sont présentés sous forme de tableaux distincts pour les groupes d’âge 0 à 18 mois, 18 à 30 mois, 30 à 42 mois et 42 à 56 mois. En annexe, un journal de bord et des grilles d’observation du comportement de l’enfant sont proposés afin de favoriser le travail de partenariat entre les parents et les intervenants en milieu de garde.

Voici quelques idées d’activités tirées de ce recueil. Ces extraits témoignent un peu mais si peu de toute la richesse de cet ouvrage qui saura alimenter non seulement la confiance de nos tout-petits mais aussi l’estime de soi des adultes. En implantant des programmes de développement de l’estime de soi en petite enfance nous stimulons la présence des facteurs de protection qui permettent à tout être humain de faire face aux difficultés de la vie. Nous devenons des tuteurs de résilience, quel bel héritage à léguer à nos enfants!

0-18 mois: À la découverte de mon environnement (sentiment de détermination)
L’adulte qui accompagne le poupon dans ses découvertes rendra son environnement attrayant et stimulant en mettant des objets adaptés à ses capacités et à sa portée. La détermination est travaillée dans la mesure où on augmente légèrement le degré de difficulté en regard des capacités actuelles du poupon.

Déposer un petit objet de couleur vive devant le nourrisson qui se trouve à plat ventre au sol. Lorsqu’il lève la tête et semble intéressé à celui-ci, l’adulte manifeste les encouragements visant à maintenir l’intérêt qui mènera possiblement à une action de sa part sur cet objet. Lorsqu’il devient habile à atteindre l’objet, l’adulte veillera à augmenter graduellement le défi, soit en déplaçant l’objet de gauche à droite ou encore en l’éloignant.Un_outil_pour_cultiver_son_estime_de_soi

18-36 mois: Ce que j’aime en toi (Sentiment d’identité)
Demandez aux enfants de se placer en cercle causerie. L’éducatrice débute en disant à un enfant: «Ce que j’aime de toi, c’est …» et elle mentionne une caractéristique physique de l’enfant (exemple: tes yeux bleus). Faire de même pour chaque enfant.

Variante: Lorsque l’éducatrice dit à un enfant ce que j’aime de toi et nomme une caractéristique, elle peut placer un miroir devant l’enfant afin qu’il puisse regarder ce que l’éducatrice vient de nommer.

42-56 mois: La famille Dino (Sentiment d’appartenance, sécurité)
Présentez aux enfants des œufs de différentes formes. Par la suite, l’éducatrice explique qu’elle a reçu un message secret dans lequel il est mentionné qu’une maman dinosaure a perdu ses œufs et demande aux enfants de les retrouver afin de les protéger du danger. Lorsque tous les œufs sont trouvés, l’éducatrice distribue un œuf à chaque enfant. Plus tard, elle les rassemble dans un panier. Puis, chaque enfant se voit attribué une responsabilité pour prendre soin des œufs jusqu’à l’éclosion (les placer au soleil, leur parler, leur faire écouter de la musique, etc.). À la fin de la semaine, l’éducatrice devra ouvrir chaque œuf et y déposer une petite figurine dinosaure. Avec surprise, les enfants découvriront leur bébé dinosaure. Conclure l’activité en rassemblant toute la famille Dino dans son panier y incluant le papa.

Cultivons l’estime de soi en petite enfance, Francine Audet, Julie Arguin, Lise Cyr, Hélène Gagnon, Mélanie Moreau, 2004, 166 pages, 25$ Distribué par le CSSS Champlain

Amour et estime de soi

Peut-on rendre un enfant égoïste et orgueilleux en lui disant souvent combien on l’aime et on le trouve merveilleux

On confond parfois estime de soi et narcissisme. L’estime de soi est la conscience réaliste de ses forces et de ses limites dans différents domaines. Le narcissique cultive l’image de l’être sans défaut, qui ne reconnaît pas ses limites et se surévalue. Le parent qui souligne les succès, les progrès de son enfant contribue à développer son sentiment de compétence. Mais il doit aussi nommer les difficultés auxquelles son enfant se bute et l’encourager à les surmonter.

Si on néglige de nommer les forces et les succès et d’encourager les progrès en mettant l’accent sur les difficultés, elles deviennent pour l’enfant des obstacles voire même des échecs. Il se décourage, ne se fait pas confiance puisqu’il n’a pas pris conscience des forces qui lui permettraient de surmonter les obstacles.

De la même façon, si on évite de confronter l’enfant aux défis qui se présentent en voulant le préserver des frustrations, il n’apprend pas à persévérer, à faire face aux difficultés. Sa perception de lui-même n’est teintée que de compliments, d’émerveillements face à ses qualités et il se croit parfait. Il blâme les autres ou la situation pour ses erreurs et n’admet pas ses limites.

Il est donc important pour le parent d’aider l’enfant à avoir une vision juste et réaliste de ce qu’il est, de ce qu’il peut accomplir. C’est en nommant concrètement les gestes positifs de votre enfant : « Bravo, tu as réussi à mettre ta salopette. Je suis fier de toi, tu as aidé ta sœur à ranger ou tu as su attendre ton tour » que l’enfant acquiert le sentiment de sa valeur personnelle.

Lorsque le petit éprouve une difficulté le parent peut le soutenir en lui disant par exemple : « C’est difficile pour toi de pédaler en tricycle. Tu es en train d’apprendre à pousser sur les pédales. Continue tu y arriveras ». En soulignant ses réussites antérieures, le parent aide l’enfant à persévérer « Tu te souviens comment c’était difficile de grimper sur la colline, tu as pleuré puis tu as essayé et réussi ».

Les encouragements, le soutien lors des pleurs ou des colères devant les difficultés permettront à l’enfant de développer une confiance en lui assez forte pour repousser ses limites et affronter les difficultés de la vie.

N’oublions pas que les fondements même de l’estime de soi reposent sur la relation d’attachement. Dites je t’aime encore encore. Vous fournirez ainsi à votre enfant les vitamines affectives de l’estime de soi. Dites lui pourquoi vous l’aimez, pour son sourire, son petit nez rebondi, son rire en cascades, ses câlins chauds, ses petites blagues, ses gestes généreux, ses efforts pour devenir grand. Il y a tant de raisons de dire « je t’aime ».

Un outil pour cultiver l’estime de soi

Le CLSC Saint-Hubert et le CPE Les Petits Semeurs ont créé et publié un document intitulé Cultivons l’estime de soi en petite enfance. Cet ouvrage qui présente un heureux mélange de réflexions, d’approches et d’activités éducatives a d’ailleurs été primé lors du Concours Excellence 2004 du Regroupement des Centres de la petite enfance de la Montérégie. C’est un outil rassembleur qui interpelle autant les parents, que les intervenants communautaires et que les éducatrices en milieu de garde.

Le recueil s’appuie sur des fondements théoriques solides et s’inspire des ouvrages de Robert W. Reasonner et Danielle Laporte. Le thème du jardinage décrit d’une façon créative le rôle de tuteur des adultes qui favorisent l’épanouissement des petites fleurs-enfants à l’aide de diverses semences de l’estime de soi. Le concept de l’estime de soi et ses composantes soit le sentiment de sécurité, de l’identité, d’appartenance et de détermination et de compétences sont abordés. On y retrouve des fiches théoriques, une fiche de réflexion personnelle intitulée «À toi de toi», une fiche énumérant des attitudes éducatives «Jardin d’idées», une fiche «Jardin d’activités» et enfin le volet «Outils pour cultiver l’estime de soi» qui offre aux lecteurs des moyens pour favoriser l’estime de soi.

Au-delà, des cahiers de recettes, cet ouvrage met avant tout l’accent sur l’importance de la relation adulte-enfant. Les auteurs priorisent le savoir-être, les attitudes éducatives qui sont des semences essentielles à la culture de l’estime de soi. De plus, les outils et les activités sont présentés sous forme de tableaux distincts pour les groupes d’âge 0 à 18 mois, 18 à 30 mois, 30 à 42 mois et 42 à 56 mois. En annexe, un journal de bord et des grilles d’observation du comportement de l’enfant sont proposés afin de favoriser le travail de partenariat entre les parents et les intervenants en milieu de garde.

Voici quelques idées d’activités tirées de ce recueil. Ces extraits témoignent un peu mais si peu de toute la richesse de cet ouvrage qui saura alimenter non seulement la confiance de nos tout-petits mais aussi l’estime de soi des adultes. En implantant des programmes de développement de l’estime de soi en petite enfance nous stimulons la présence des facteurs de protection qui permettent à tout être humain de faire face aux difficultés de la vie. Nous devenons des tuteurs de résilience, quel bel héritage à léguer à nos enfants!

0-18 mois: À la découverte de mon environnement (sentiment de détermination)
L’adulte qui accompagne le poupon dans ses découvertes rendra son environnement attrayant et stimulant en mettant des objets adaptés à ses capacités et à sa portée. La détermination est travaillée dans la mesure où on augmente légèrement le degré de difficulté en regard des capacités actuelles du poupon.

Déposer un petit objet de couleur vive devant le nourrisson qui se trouve à plat ventre au sol. Lorsqu’il lève la tête et semble intéressé à celui-ci, l’adulte manifeste les encouragements visant à maintenir l’intérêt qui mènera possiblement à une action de sa part sur cet objet. Lorsqu’il devient habile à atteindre l’objet, l’adulte veillera à augmenter graduellement le défi, soit en déplaçant l’objet de gauche à droite ou encore en l’éloignant.Un_outil_pour_cultiver_son_estime_de_soi

18-36 mois: Ce que j’aime en toi (Sentiment d’identité)
Demandez aux enfants de se placer en cercle causerie. L’éducatrice débute en disant à un enfant: «Ce que j’aime de toi, c’est …» et elle mentionne une caractéristique physique de l’enfant (exemple: tes yeux bleus). Faire de même pour chaque enfant.

Variante: Lorsque l’éducatrice dit à un enfant ce que j’aime de toi et nomme une caractéristique, elle peut placer un miroir devant l’enfant afin qu’il puisse regarder ce que l’éducatrice vient de nommer.

42-56 mois: La famille Dino (Sentiment d’appartenance, sécurité)
Présentez aux enfants des œufs de différentes formes. Par la suite, l’éducatrice explique qu’elle a reçu un message secret dans lequel il est mentionné qu’une maman dinosaure a perdu ses œufs et demande aux enfants de les retrouver afin de les protéger du danger. Lorsque tous les œufs sont trouvés, l’éducatrice distribue un œuf à chaque enfant. Plus tard, elle les rassemble dans un panier. Puis, chaque enfant se voit attribué une responsabilité pour prendre soin des œufs jusqu’à l’éclosion (les placer au soleil, leur parler, leur faire écouter de la musique, etc.). À la fin de la semaine, l’éducatrice devra ouvrir chaque œuf et y déposer une petite figurine dinosaure. Avec surprise, les enfants découvriront leur bébé dinosaure. Conclure l’activité en rassemblant toute la famille Dino dans son panier y incluant le papa.

Cultivons l’estime de soi en petite enfance, Francine Audet, Julie Arguin, Lise Cyr, Hélène Gagnon, Mélanie Moreau, 2004, 166 pages, 25$ Distribué par le CSSS Champlain

Des encouragements descriptifs au lieu de simples félicitations!

Linda Gagnon, psychologue

Mars 2012

www.aveclenfant.com

Lorsqu’un enfant adopte un bon comportement, vit une réussite, réalise des progrès ou fait des efforts, prenons le temps de lui décrire ce que nous jugeons satisfaisant[1].  Ainsi, à un enfant qui vient nous chercher pour nous montrer sa construction de blocs, au lieu de simplement dire : « C’est très bien ou je suis fière de toi », nous pourrions lui mentionner, sur un ton interrogatif : « Je crois que tu es fier de toi d’avoir réussi à construire une si grande tour ».

Pour nourrir le discours intérieur de l’enfant et ainsi favoriser le développement de son estime de soi, il faut miser d’abord et avant tout sur des commentaires qui l’aident à s’évaluer et à se féliciter lui-même.  Ainsi, au lieu de toujours dire ce que nous pensons de ses réalisations, amenons-le peu à peu à identifier et à exprimer son propre sentiment de fierté ou de satisfaction.  En aidant l’enfant à porter des jugements sur ses actions, nous favorisons son autonomie.

En essayant de transformer nos « félicitations » en « encouragements descriptifs », nous acceptons de délaisser notre position d’évaluateur afin d’aider l’enfant à porter lui-même un jugement sur sa personne, ses actions et ses réalisations.

De plus, il faut également avoir l’humilité de reconnaître que nos intentions concernant l’utilisation des félicitations ne sont peut-être pas toujours aussi louables.   Ainsi, lorsque nous nous adressons aux enfants du groupe afin de féliciter Carolane d’avoir rangé ses jeux si rapidement et d’attendre si patiemment, ne leur transmettons-nous pas le message suivant : « Pourquoi, n’êtes-vous pas capable de faire aussi bien que Carolane? ».
Apprenons à nous méfier des félicitations utilisées comme récompenses dans le but de faire obéir les enfants.  Très souvent notre ton de voix, notre attitude trahissent nos intentions ou notre exaspération.  Les enfants ne sont pas dupes.Si notre intention est réellement d’encourager Carolane,  il est préférable de faire une telle déclaration en privé.  Un tête-à-tête avec l’enfant s’avère beaucoup plus bénéfique pour ce dernier.

____________________

Situation : Myriam donne un morceau de pâte à modeler à un camarade.

Félicitation : « Tu es gentille. »

Encouragement :  L’éducatrice aide Myriam à prendre conscience de l’effet de son geste : « Tu as partagé la pâte à modeler avec Jeff.  As-tu vu son sourire?  Il était content. »

___________________

Situation : Jason présente fièrement son bricolage à son éducatrice.

Félicitation : « Je suis fière de toi, c’est super beau! »

Encouragement :  L’éducatrice essaie de mettre des mots sur ses sentiments : « Tu as travaillé longtemps sur ton bricolage.   Je vois que tu as découpé et collé beaucoup de morceaux.  Tu as choisi différentes couleurs.  J’ai l’impression que tu es heureux et fier de toi? »

_________________

Situation : Carolane attend calmement à la table pendant que l’éducatrice prépare le matériel, les autres enfants sont agités.

Félicitation : « J’apprécie beaucoup la patience de Carolane, est-ce qu’il y a d’autres amis  qui sont capables d’être patients?»

Encouragement :  L’éducatrice réalise une intervention auprès du groupe afin de le calmer. Elle mentionne en privé à Carolane : « Merci, Carolane de ta patience. »

 


[1] FIELDS V. Marjorie and Cindy BOESSER.  Constructive guidance and discipline: preschool and primary education.Columbia.  Merril Prentice Hall. 2002. p. 202-205.

Des gestes et des paroles qui peuvent nuire

Josée Lespérance, enseignante technique d’éducation à l’enfance

Novembre 2010

www.aveclenfant.com

Dans le cadre de votre travail, vous posez chaque jour des gestes, des paroles qui font du bien pour un enfant en pleurs, qui apportent du réconfort à un chagrin, qui guérissent un bobo, qui apaisent une peur… Ces gestes, ces paroles s’additionnent au bagage affectif de l’enfant. Ces douces attentions témoignent de l’importance que l’adulte accorde à l’enfant. Par ces gestes et paroles, il lui témoigne  qu’il est assez important à ses yeux pour lui accorder un temps de qualité qui répond à ses besoins. Ces actions prennent toutes leurs sens lorsqu’elles sont prodiguées dans le respect et l’intégrité de l’enfant.

Mais quant est –il des autres actions qui provoquent du stress voir de la détresse en milieu de garde? Des gestes, des paroles plus subtiles et prodigués sur le couvercle de la discipline, des règles, de la justice pour tous, qui placent l’enfant en situation de vulnérabilité. L’éducatrice s’oblige parfois à mettre en place des ‘’IL FAUT’’ ….qu’il apprenne, il va à l’école l’an prochain, qu’il parle devant les autres, qu’il  joue, qu’il s’adapte, qu’il soit autonome. Nous savons que le temps passé avec un enfant est précieux et qu’il se construit à partir de ce que nous lui offrons. Il est donc important de faire le point sur nos pratiques qui parfois peuvent être perçues comme étant stratégiques alors qu’elles sont dedouces violences au détriment de tendres douceurs !

En voici quelques exemples de ces automatismes auxquels on ne porte plus attention :

Douce violence: Retirer la doudou dès que l’enfant arrive le matin.

Savez-vous que…? La  doudou est une source de sécurité pour l’enfant, son odeur est une forme de réconfort. L’enfant a besoin parfois de vivre la transition maison /CPE. Lui donner accès à la doudou, la mettre à sa vue ne font que diminuer son sentiment d’insécurité alors que l’en empêcher le besoin demeure.

 

Douce violence: Transmettre que des commentaires essentiellement négatifs.

Savez-vous que…? L’enfant se construit et s’épanouit par l’image que nous lui témoignons chaque jour. Ses bons coups doivent lui être verbalisés pour être intégrés et reproduits.

 

Douce violence: Critiquer ouvertement un parent qui vient de partir devant son enfant.

Savez-vous que…? Le parent est aux yeux de  l’enfant ce qu’il a de plus précieux au monde. Le critiquer c’est lui enlever une partie de lui-même.

 

Douce violence: Culpabiliser un enfant parce qu’il refuse de participer à l’activité.

Savez-vous que…? L’enfant rapporte tout à lui, facilement il se culpabilise, il se sent responsable. Ce sont des sentiments qui font vivre de l’anxiété. C’est renier une partie de son identité en lui refusant de choisir ce qu’il lui plait et dénigrant de ce fait ses goûts.

 

Douce violence: Forcer l’enfant à manger.

Savez-vous que…? La nourriture est rattachée à l’affection. Le forcer devient une lutte de pouvoir avec l’adulte. Comme si l’adulte connaissant  l’appétit  de l’enfant. Ce dernier doit apprendre à doser la quantité de nourriture dont il a besoin.

 

Douce violence: Empêcher l’enfant de dormir par ce que c’est l’heure du repas.

Savez-vous que…? Le respect  du rythme biologique et de ses besoins sécurise l’enfant. Il s’agit ici d’une réponse à un désir d’adulte et non a un besoin de l’enfant.

 

Douce violence: Comparer les enfants entre eux

Savez-vous que…? La  reconnaissance des différences permet de rendre l’enfant unique dans le groupe et de construire son sentiment d’identité à la base de l’estime  de soi..

 

Douce violence: Forcer un enfant à dormir

Savez-vous que…? Le rôle de l’éducatrice est d’accompagner l’enfant dans son temps de repos et non de l’y condamner au-delà de son réel besoin.

 

Douce violence: Appeler les enfants uniquement par des surnoms.

Savez-vous que…? Le prénom de l’enfant est sa propre identité. Ne pas nommer son prénom avant le surnom est de faire abstraction à qui il est vraiment. Les surnoms doivent être le privilège des parents qui vivent une intimité familiale avec l’enfant leur permettant d’attribuer un surnom identitaire.

 

Peut-être reconnaissez-vous certaines de vos pratiques ? Si oui, comment les transformer en douces douceurs. C’est un travail qui ne se fait pas seul. En effet, il faut comme organisation identifier les conditions institutionnelles propices à l’écoute affective des besoins de l’enfant.

L’Organisation,  horaire, l’aménagement, les moyens humains et matériels, doivent être priorisés en ce sens.  Le travail d’équipe,  mettre en premier plan l’enfant par des échanges entre professionnels, la confiance, les valeurs et la reconnaissance de nos pratiques. La démarche pédagogique, uniformisée la structure des journées, les activités imposées, systématisme des actes et des gestes. Les conditions institutionnelles, le droit de parole, les exigences, les jugements sont des facteurs à considérer afin de comprendre ce phénomène courant et complexe.  Un phénomène qui demande au milieu de sortir de sa zone de confort, de descendre du tapis roulant qui nous procure de l’aisance dans nos pratiques. Notre engagement comme éducatrice passe par la relation significative avec l’enfant, pourquoi ne pas passer par de douces douceurs qui font du bien !!!

La notion de conflit entre les désirs d’adulte et les besoins de l’enfant sont souvent au cœur de ces pratiques exercées sans réflexion au détriment de l’enfant.

Des gestes et des paroles qui peuvent nuire (Suite de novembre 2010)

Josée Lespérance, enseignante en TÉE

Avril 2011

www.aveclenfant.com

Dans mon dernier article du mois de novembre, j’ai traité des douces violences. J’ai fait la démonstration de gestes et paroles qui font partie de nos pratiques quotidiennes en faisant des liens avec le développement afin d’éviter que nos actions ne prennent forme dans la violence et s’inscrivent plutôt dans la douceur.

La violence psychologique envers les enfants peut s’observer bien avant la rentrée scolaire. En effet, sous le couvercle de vouloir aider l’enfant dans ses apprentissages entre 0-5 ans nous lui imposons des règles, témoignons des mots et des gestes qui sont parfois inadéquats et nuisibles à son développement. Une forme parfois plus vicieuse et insidieuse qui  laisse peu de traces visibles mais blesse profondément la victime dans sa propre estime. Lorsque nous parlons de douces violences faites aux jeunes enfants, c’est donner avant tout priorité à nos désirs personnels d’adulte au détriment de ceux des enfants. Le fait qu’un enfant soit différent en terme  de besoins, de demandes, d’attitudes du reste du groupe peut faire place à des paroles blessantes de la part de l’adulte (Arrête de pleurer BRAILLARD, tu m’énerves !!! Ta mère va venir te chercher tantôt) des gestes repoussants (Mettre sa jambe sur l’enfant pour l’empêcher de bouger au dodo). Ces propos, approches, insultes provoquent de l’insécurité, de la peur, de l’anxiété et de la détresse psychologique chez l’enfant et lui offre un modèle suggérant  que l’agression est une issue possible lorsqu’on est le plus fort.

Mais qu’est ce qui pousse une éducatrice à agir de cette façon alors qu’elle cherche que le bien être des enfants. Des gestes et des paroles inconscients direz-vous ???  Avoir elle-même été victime d’intimidation dans son enfance ??? Possible! Une  faible estime de soi ? Surtout !

Lorsque l’adulte ressent l’attitude de l’enfant comme agressante, il lui est difficile de comprendre le sens de l’action, il se sent personnellement visé par l’attitude de l’enfant (Mathieu M’A FAIT une crise à matin…). La confrontation  à la différence déstabilise et amène un sentiment d’impuissance. Il est parfois difficile d’être l’écoute de la colère sans répondre au contenu. La réponse témoigne du vécu personnel de l’adulte lorsque la situation est prise personnellement, alors qu’il doit saisir la tension de l’enfant et en dégager une intervention professionnelle.

Notre travail d’éducatrice nous confronte à notre propre enfance, un enfant différent, nous oblige à prendre du recul dans notre pratique. Ce recul, parfois difficile permet à l’éducatrice de cheminer pour s’améliorer.

Les douces violences  témoignent en quelque sorte d’un système de défense pour l’individu qui n’a plus d’autres ressources possibles. Dans une équipe de travail, la communication est primordiale pour éviter d’autres formes d’expression. Il est essentiel de respecter la parole et la liberté des propos  de chacun. Il est dans la responsabilité de tous de s’arrêter pour faire une bonne analyse de sa pratique et ce en se servant des outils disponibles ; notamment, l’aide d’une conseillère pédagogique, l’ouverture à la  formation et à la supervision.

L’équipe devient un pilier si elle reste vigilante et sensible aux gestes et paroles de ses collègues. Nous avons tous un rôle préventif sur le terrain à jouer afin d’éviter les douces violences dans notre milieu. Savoir passer le relais afin d’éviter le débordement fait partie aussi de nos responsabilités d’éducatrice. Une forme de violence nous habite tous, mais lorsque maîtrisée et canalisée peut devenir une énergie qui nous pousse vers des approches plus positives.

Dans nos CPE  faire place au respect de l’enfant, de sa personne, de son histoire, de sa famille et de son développement…. C’est faire place à la douce  enfance !!!

Ce  texte qui fait suite au premier diffusé sur le site aveclenfant.com en novembre dernier et a été inspiré par laFONDATION JASMIN ROY www.fondationjasminroy.com dont la mission est de lutter contre l’intimidation scolaire. Bien que l’intimidation relève davantage des relations entre enfants où l’on observe de la « malmenance » à répétition sur une longue période de temps, la relation d’abus de  pouvoir y est présente autant dans la situation entre enfants que dans un contexte éducatif où l’adulte utilise la violence psychologique. N’hésitez pas à consulter les capsules vidéo présentées sur ce site qui témoignent de la souffrance des jeunes confrontés à une violence gratuite qui laisse des traces dans la vie du jeune adulte.  Surveillez également dans la revue BIEN GRANDIR de juin le texte de Sylvie Bourcier concernant l’intimidation entre petits.

Le deuil vécu par les tout-petits

Marie-Pascale Deegan, Travailleuse sociale

Mars 2014

www.aveclenfant.com

De nombreux tout-petits se trouvent confrontés à la mort d’êtres qui leur sont chers. Accompagner un enfant faisant face à la mort d’un proche soulève beaucoup de questions et d’émotions chez la plupart d’entre nous : Que comprend-il de la mort? Que faut-il lui dire? Doit-il prendre part aux rites funéraires? Comment ressent-il l’absence de la personne décédée dans sa vie? À quelles réactions s’attendre de sa part? Comment l’aider et quand s’inquiéter?  Levons donc le voile sur ce sujet à la fois omniprésent et tabou.

 

Qu’est-ce que le tout-petit sait ou comprend de la mort?

Le jeune enfant n’a pas encore atteint un stade de développement cognitif qui lui permettrait de bien saisir ce qu’est la mort. Au cours de la petite enfance, il découvre que la mort fait partie du cycle de la vie et qu’elle est inévitable pour tous. Cependant, il demeure très ardu pour lui d’établir un lien entre la mort et sa cause physique. De plus, le jeune enfant conçoit très difficilement que la mort puisse signifier la fin absolue pour une personne, que son corps puisse cesser de fonctionner, puis d’exister. D’ailleurs, l’irréversibilité de la mort, c’est-à-dire le fait qu’un être mort ne pourra jamais redevenir vivant, est impossible à assimiler avant l’âge de 9 ou 10 ans environ. Ainsi, un jeune enfant peut s’inquiéter pour le confort d’une personne décédée ou espérer son retour.

 

Comment l’enfant réagit-il au décès d’un proche?

Le deuil

Un deuil, c’est tout ce qu’une personne vit à la suite de la mort d’une personne qu’elle aime. C’est pourquoi chaque deuil est unique. C’est aussi pourquoi, contrairement à ce qu’on entend souvent, un deuil ne se résout pas et ne prend pas nécessairement fin. La personne endeuillée peut s’habituer à l’absence de la personne significative dans sa vie et créer un nouvel équilibre sans elle sans pour autant cesser de se remémorer avec émotion des souvenirs liés à elle ou de réagir occasionnellement à son absence.

Les réactions des tout-petits

Le bébé peut ressentir vivement l’absence de la personne décédée si elle jouait un rôle significatif auprès de lui. Il ressent aussi la tension vécue par les personnes qui gravitent autour de lui au cours de la période entourant le décès. Il réagit aux changements qui surviennent dans sa vie dans ces circonstances. Il peut exprimer le sentiment d’insécurité que lui occasionnent ces sources de stress par des pleurs ou même par des cris stridents.

Le tout-petit comprend très mal ce que signifient la mort, les événements et les rituels qui l’entourent, les réactions des gens et les changements qu’un décès entraîne. Son inexpérience et son immaturité cognitive l’empêchent d’interpréter avec justesse ce qu’il observe ou de se faire une idée réaliste de l’avenir. Il a besoin d’adultes pour répondre à ses questions, pour lui expliquer ce qui se passe et ce qui se passera dans des mots qu’il peut comprendre. Même avec leur aide, il n’est pas en mesure de tout saisir car il n’a pas atteint un degré de développement assez avancé pour ce faire. Comme le bébé, l’enfant qui a entre 18 mois et cinq ans est insécurisé par l’absence de la personne décédée et peut vivre toute la gamme des émotions au fil de ses expériences entourant le décès. Il est aussi insécurisé par les réactions de ses proches au décès et par tous les événements et les changements qu’il entraîne.

À tout âge, l’enfant endeuillé peut présenter des réactions physiologiques : faiblesse musculaire, diarrhée, difficultés respiratoires, perte d’appétit, insomnie et plusieurs autres. Son système immunitaire peut subitement baisser la garde, ce qui le rend vulnérable à toutes sortes de virus. Dans certains cas, on peut même assister à un arrêt temporaire de son développement physique.

Entre 0 et 5 ans, l’enfant ne peut pas envisager tout ce que la mort d’un proche risque d’entraîner comme conséquences dans sa vie. Il n’a d’autre choix que de le découvrir petit à petit et de réagir à ses découvertes au moment où il les fait. Ainsi, il est à prévoir qu’il vivra longtemps certaines réactions de deuil, au fur et à mesure qu’il assimilera certains éléments qu’il lui était impossible de comprendre au moment du décès.

Les facteurs qui influencent la façon de vivre le deuil

Outre l’âge, de nombreux facteurs peuvent influencer les réactions d’un enfant au décès d’un proche, entre autres le tempérament et la personnalité de l’enfant, son sexe, son lien avec la personne décédée, sa présence au moment de la mort ou les conditions dans lesquelles on la lui a annoncée, sa participation aux rites funéraires et sa préparation à ces derniers.

Cependant, chaque deuil étant aussi unique et mouvant qu’un nuage, il importe de ne pas juger des impacts de chacun de ces facteurs sur le deuil de l’enfant, mais bien de les discerner. Ainsi, pour Suzie, le fait d’avoir été endormie auprès de son grand-père qu’elle adorait au moment de son décès la réconforte. Pour le moment, pour elle, sa présence au moment du décès agit comme un facteur de protection.

 

Quand s’inquiéter? Quand chercher de l’aide spécialisée?

Lorsque les symptômes – les réactions physiologiques ou les manifestations de souffrance psychologique qui ont surgi à la suite du décès – sont intenses ou fréquents ou lorsque leur fréquence et leur intensité s’accroit, il importe d’offrir au jeune endeuillé une aide adaptée à ses besoins. La dépression doit également être décelée et soignée. Enfin, si l’enfant se remémore continuellement une scène traumatique liée au décès, s’il fait des cauchemars, s’il évite certains lieux ou objets qui lui rappellent un mauvais souvenir ou s’il se montre hyper-vigilant, tous des signes d’état de stress post-traumatique, il faut intervenir sans tarder.

Même en l’absence de symptômes évidents, tous les enfants endeuillés ont besoin que l’on porte une grande attention aux signaux qu’ils émettent et qu’on veille à répondre à leurs besoins. Une aide spécialisée au cours de la maladie grave d’un proche, dans les moments entourant la mort et les rites qui s’ensuivent ou au cours des premiers temps suivant un décès peut largement contribuer à éviter d’éventuelles complications.

L’enfant endeuillé a besoin de pouvoir exprimer ses émotions sans crainte d’être jugé, qu’il soit en colère contre le défunt, qu’il ressente encore beaucoup de tristesse très longtemps après la mort, qu’il se sente soulagé par l’absence de la personne dans sa vie, qu’il vive des émotions très différentes des autres membres de sa famille, bref, quoi qu’il ressente. Il a aussi besoin d’être respecté dans son choix de ne pas en parler, si tel est le cas. Il a besoin d’être validé dans sa façon unique de vivre le deuil, c’est-à-dire de savoir que ce qu’il ressent et que ce qu’il fait ou ne fait pas est correct. Peu importe qui est décédé, l’enfant qui ressent la mort d’une personne comme un événement important pour lui a besoin d’être reconnu dans le lien qui l’unissait à cette personne. L’enfant a besoin d’être inclus et de participer à sa façon aux rites entourant la mort d’un proche. Il a aussi besoin d’être renseigné sur les causes et circonstances véridiques de la mort. Il a également besoin d’informations claires et précises entourant les rites funéraires : Pourquoi toutes ces fleurs? Qui sont tous ces gens qui pleurent? Comment se peut-il que l’être aimé se retrouve dans une urne? Que signifie incinérer? Souffre-t-on lors de l’incinération? Enfin, l’enfant endeuillé a besoin de contacts physiques chaleureux.

 

Quoi lui dire et comment l’aider?

L’annonce

Il est essentiel d’aviser l’enfant du décès d’un proche le plus vite possible, en évitant les détours. L’enfant ne devrait pas deviner la mort de la personne, mais bien en être informé. L’annonce devrait être faite à tous les membres de la fratrie en même temps, idéalement par le parent. Les éléments essentiels entourant les circonstances et la cause de la mort devraient être décrits de façon simple et précise. Il importe de vérifier que l’enfant comprend les informations qui lui sont données et les mots nouveaux qui sont utilisés.

Le choix des messages et des mots

En raison de son incapacité à concevoir la mort, le tout-petit a besoin qu’on lui explique clairement que la personne est morte « pour vrai ». Que son corps a cessé de fonctionner, qu’elle ne peut plus souffrir, que son coeur a cessé de battre. Il a besoin qu’on lui dise que la personne ne peut plus sentir, entendre ou toucher, qu’elle ne peut plus bouger ou jouer. Ces explications l’aideront à comprendre que la personne ne reviendra pas et qu’il ne doit pas s’inquiéter pour elle. Il est primordial d’éviter de lui dire que la personne s’est endormie pour toujours, qu’elle est partie en voyage ou qu’elle est au ciel, car ces images peuvent engendrer par exemple la peur de s’endormir, l’attente du retour ou le désir d’aller rejoindre la personne au ciel.

Les réponses aux questions

Josée Masson, directrice générale de l’organisme Deuil Jeunesse, affirme que lorsque les enfants endeuillés posent des questions, ils ont besoin de « CLARTÉ ». Cet acronyme représente leur besoin de calme, de limpidité ou d’honnêteté, d’attention à ce qu’ils cherchent véritablement à comprendre, de rapidité dans le délai de réponse, de tolérance à la répétition des questions et d’exactitude en réponse à leurs questions.

Les rites funéraires : bienfaits et respect du choix éclairé de l’enfant

Le fait de participer aux rites funéraires peut aider l’enfant à mieux vivre son deuil. En effet, ces rites peuvent contribuer à rendre la mort concrète. Lorsque c’est possible, voir ou toucher le corps de la personne décédée peut aider l’enfant à comprendre l’arrêt du fonctionnement du corps et la réalité de la perte qui survient dans sa vie. Les rites funéraires offrent aussi à l’enfant l’occasion d’exprimer sa peine. De plus, à l’occasion de ces rites, l’enfant peut bénéficier du soutien de sa famille et de sa communauté. Enfin, les rites funéraires peuvent aider l’enfant à donner un sens religieux ou symbolique à la mort. Même le bébé devrait idéalement participer à ces derniers, car plus tard le fait de savoir qu’il y a pris part pourra l’aider dans son processus de deuil.

Le choix final d’assister ou non aux rites funéraires ou de déterminer la façon d’y prendre part doit revenir à l’enfant en mesure d’exprimer un choix. Ce choix devrait être éclairé, c’est-à-dire que l’enfant devrait être informé le plus clairement et concrètement possible du déroulement prévu avant de prendre sa décision. S’il y assiste, ces explications contribueront à ce que son expérience soit bienfaisante pour lui. S’il choisit de ne pas y assister, il importe de le respecter, de voir à l’intégrer autrement et de répondre d’une autre façon aux besoins auxquels ces rites répondent.

La stabilité et la sécurité affective

Le bien-être du tout-petit dépend beaucoup de celui des adultes significatifs qui en prennent soin. Si ces derniers sont également endeuillés, il importe qu’ils reçoivent tout le soutien dont ils ont besoin. De plus, le maintien des habitudes de vie et la poursuite des activités courantes de l’enfant devraient être favorisés le plus possible afin de nourrir chez lui un sentiment de sécurité affective. La poursuite de la fréquentation du service de garde, par exemple, peut être très réconfortante pour l’enfant endeuillé, car il s’agit généralement d’un milieu de vie important pour lui dont le fonctionnement n’est pas altéré à la suite du décès de son proche.

 

Ressources utiles

  • Deuil Jeunesse http://www.deuil-jeunesse.com/ :Information et accompagnement des familles et des jeunes qui vivent la mort, la maladie grave d’un proche ou la séparation et autres services destinés à ces clientèles. Formations destinées aux professionnels.
  • Masson, Josée (2010). Mort, mais pas dans mon coeur – Guider un jeune en deuil. Montréal, Les éditions logiques, 340 pages.

 

Sources

Masson, Josée (2010). Mort, mais pas dans mon coeur – Guider un jeune en deuil. Montréal, Les éditions logiques, 340 pages.

Formation Concepts de base sur les jeunes endeuillés par Josée Masson, directrice générale de Deuil Jeunesse, 2013.

Formation Intervenir auprès des jeunes endeuillés par Josée Masson, directrice générale de Deuil Jeunesse, 2013.

Chut! C’est pour son bien…Que faire avec les secrets de famille?

Marie-Pascale Deegan, Travailleuse sociale, M. Sc.

Mars 2015

www.aveclenfant.com

Pour protéger les enfants, les adultes choisissent souvent de leur cacher la vérité. Pourtant, les secrets, loin d’avoir l’effet désiré, causent du tort.

Secret de famille

Un secret est une information qu’une ou des personnes cachent délibérément à autrui.

Les secrets de famille touchent souvent la naissance, la mort, la sexualité, l’argent, la délinquance ou la maladie. Ils peuvent, par exemple, être liés à la naissance d’un enfant conçu à l’occasion d’une liaison ou à un avortement, à une mort violente ou par suicide, à l’homosexualité, à un abus sexuel, à un héritage, au chômage, à un crime, à un trouble psychologique ou à des émotions ou sentiments, comme un amour inavoué.

Le secret a habituellement pour origine la honte ou la culpabilité. Ceux qui le gardent vivent généralement dans la crainte que le secret soit dévoilé et que cela crée une atteinte à leur image ou à celle de leur famille.

Être inclus dans un secret, c’est-à-dire connaître l’information tenue secrète, tout comme en être tenu à l’écart peut générer de l’anxiété et de nombreuses autres souffrances chez un enfant.

L’enfant qui est tenu à l’écart d’un secret, perçoit son existence et interprète son contenu, plus ou moins consciemment. Il devine son existence, mais sans pouvoir le saisir ou le nommer.

En effet, le secret influence les comportements de ceux qui le portent: leurs mots, leurs silences et malaises, leurs intonations, comme leurs contradictions. Les actions posées ou évitées par ceux qui portent le secret paraissent souvent étranges aux yeux de celui qui en est tenu à l’écart et suscite chez lui des interrogations, plus ou moins conscientes ou verbalisées.

L’adulte qui porte un secret de famille peut avoir tendance à nier ce l’enfant perçoit:

« Pourquoi te fâches-tu quand je te parle d’adopter un petit frère, maman?»

«Où vas-tu chercher ça? Je ne me fâche pas! »

Dans une telle situation, l’enfant qui perçoit réellement une réaction qu’il n’arrive pas à s’expliquer chez sa mère lorsqu’il parle d’adoption peut en venir à remettre ses propres perceptions en question.

Quoi dire aux enfants? Quand leur parler?

Rachel devient enceinte à l’occasion d’une liaison d’un soir. Son mari, Marc, et elle sont encore amoureux. De plus, ils projetaient de faire un troisième enfant ensemble, au moment où Rachel a fait ce faux pas. Ils choisissent de passer l’éponge et d’élever l’enfant ensemble.

Doivent-ils révéler la vérité aux trois enfants? Oui.

De nombreux motifs peuvent être invoqués pour cacher la vérité aux enfants. Dans la situation de Rachel et Marc, les arguments suivants peuvent être invoqués : si l’enfant conçu hors mariage apprend la vérité, il doutera de l’amour que Marc lui porte, il se sentira dévalorisé, voire coupable, il risque aussi d’être rejeté par ses frères et sœurs si ceux-ci apprennent la vérité sur son origine, etc.

Cependant, les secrets de famille sont toujours nocifs et leurs conséquences dépassent généralement celles qu’engendre la divulgation de la vérité. L’enfant à qui on cache un secret de famille perçoit son mystère et subit des conséquences, plus ou moins graves, qui sont liées aux faits qui lui sont cachés, sans en comprendre l’origine. Il importe donc d’être transparent au quotidien, de répondre aux questions, de rompre les silences et de briser les secrets.

Répondre simplement aux questions des enfants – quelles qu’elles soient et quelle que soit la nature du secret – est la façon la plus simple d’y parvenir. Toute réponse honnête à une question authentique vaut la peine d’être donnée. Cependant, il est essentiel d’être sensible à son jeune interlocuteur et de tenir un discours qui lui est adapté.

L’enfant, confronté à un secret de famille, peut ne pas savoir quelle question poser. Il peut aussi avoir compris qu’un sujet est tabou (interdit) et ainsi éviter d’en parler. Il ne faut donc pas toujours attendre les questions des enfants pour leur révéler un secret de famille.

Les secrets des enfants

On utilise souvent l’expression « bons et mauvais secrets », dans les discours visant à sensibiliser les enfants à l’importance de révéler tout secret lourd à porter. En effet, il y a une distinction importante à faire entre éviter de révéler à papa sa surprise d’anniversaire et retenir un secret:

-Lourd à garder (qui le rend inquiet ou malheureux);

-Qui concerne une personne en danger;

-Qui se rapporte à l’enfant lui-même (chacun doit être libre de parler de chaque chose qu’il fait ou qui lui arrive);

-Qui est accompagné d’une menace (« si tu en parles… (un malheur surviendra) »).

Les enfants doivent être informés de l’existence de ces types de secrets et apprendre à distinguer les « bons secrets » des « mauvais ». Ils doivent aussi être rassurés, par un adulte de confiance, quant au fait qu’ils seront écoutés s’ils ont un secret à confier et qu’ils ne doivent pas se laisser intimider par les menaces.

Si un enfant vous rapporte un secret:

-Écoutez-le bien attentivement;

-À prime abord, prenez pour acquis qu’il dit la vérité – C’est très important;

-Évitez de mettre des mots dans sa bouche: laissez-le parler;

-Ne dramatisez pas;

-Protégez l’enfant;

-Soyez responsable et faites suite aux confidences de l’enfant en posant les gestes nécessaires, en fonction de la situation.

Pour poursuivre la réflexion:

Tisseron, Serge. Les secrets de famille, comment en parler? : http://www.youtube.com/watch?v=n1BBUuHrKhg

Tisseron, S. (2007). Secrets de famille – Mode d’emploi, Quand et comment faut-il en parler? Éditions Marabout.

Sources:

V.G.-Morval, M.  1985.  Psychologie de la famille, Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal, 150 pages.

Tisseron, Serge. Les secrets de famille, comment en parler? : http://www.youtube.com/watch?v=n1BBUuHrKhg

Supervisions cliniques en travail social avec Linda Roy, T.S. et Robert Thibodeau, TS. (entre 2004 et 2009).