Prêt pour l’école

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Vous avez passé les cinq dernières années à regarder votre tout-petit grandir. Dans quelques mois, vous devrez l’inscrire à l’école. Cette étape vous fait probablement vivre une multitude d’émotions. Mais votre enfant, lui, est-il prêt pour cette grande aventure?

Les inquiétudes du parent

Que ce soit votre premier ou votre petit dernier, savoir que son enfant fera sous peu son entrée à l’école peut générer bien du stress. Plusieurs parents se posent d’ailleurs les questions suivantes :

  • À quoi m’attendre de la maternelle?
  • Mon enfant a l’âge requis mais est-il vraiment prêt?
  • Et s’il se faisait intimider?
  • Et s’il n’aimait pas l’école?

Ces questions sont tout à fait normales mais elles trahissent déjà votre anxiété de voir votre enfant grandir et devenir peu à peu autonome. Son réseau social ne se limitera plus à la famille ou à vos amis mais il aura maintenant ses propres amis; des amis qu’il aura choisis. Il apprendra plein de choses et vous vous sentirez parfois dépassés. Vous aurez l’impression que votre enfant apprend des choses à un âge plus précoce qu’à votre époque. Vous vous demanderez comment il se sent toute la journée assis à son bureau au lieu de jouer. Vous vous inquiéterez des exigences de son professeur en les qualifiant de « démesurées » car il est encore petit, n’est-ce pas? Lorsqu’on voit son enfant tous les jours et qu’il côtoie depuis longtemps les mêmes éducatrices, nous avons peine à le voir grandir et changer. Il vous suffit de penser aux commentaires d’une personne qui ne voit pas souvent votre enfant. Elle aura noté combien il a grandi, combien il a changé, et vous, tout surpris, vous demanderez comment se fait-il que je m’en sois si peu aperçu? Le professeur de maternelle de votre enfant le verra comme il est au jour où il entre dans sa classe. Il n’aura donc pas le réflexe de le voir petit et fragile mais plutôt comme un enfant curieux, autonome et motivé. Si votre enfant a des défis particuliers, le professeur s’en apercevra assez rapidement et vous pourrez alors convenir ensemble de stratégies pour l’aider.

L’ambivalence de l’enfant

Beaucoup d’enfants sont excités à l’idée de commencer l’école. Ils y pensent parfois depuis un certain temps et voient les enfants jouer dans la cour d’école. Ils ont hâte de faire partie du monde des grands. À cet âge, la curiosité est grande et les amis deviennent de plus en plus importants. En même temps, ils ont parfois eux aussi des appréhensions :

  • Et si je ne me faisais pas d’amis?
  • Et si mon professeur n’était pas gentil?
  • Et si je me perdais dans l’école?
  • Et si je ne comprenais rien à ce qu’on m’explique?

Votre enfant a donc, peut-être, des appréhensions qui ressemblent aux vôtres. Elles sont tout à fait normales. Ne vous laissez pas avoir par un semblant de confiance chez votre enfant. Il se peut qu’il garde ses interrogations pour lui-même; soit pour ne pas vous inquiéter davantage, soit pour prétendre qu’il est grand maintenant. Demandez-lui comment il se sent à l’idée d’aller à l’école et normalisez ses inquiétudes sans les minimiser. S’il ne vous parle de l’école qu’en termes positifs, vous pouvez lui dire que certains enfants, même s’ils ont hâte d’aller à l’école, ressentent aussi du stress à cette idée et que si jamais c’était son cas, il pouvait vous en parler. Cela le mettra en confiance et le temps venu, il s’en souviendra.

Votre enfant est prêt pour l’école

Pour s’assurer que leur enfant soit prêt pour l’école, certains parents achètent des cahiers d’activités qui reprennent des notions qui seront apprises en maternelle. Cela les rassure que leur enfant sera en mesure de réussir son entrée à l’école. Et si « être prêt » signifiait autre chose? Votre enfant aura amplement le temps de se familiariser avec les nouvelles notions qu’il apprendra. Ce dont votre enfant a le plus besoin dans son sac à dos est une bonne dose d’estime de soi, de la confiance en soi et en les adultes, la capacité d’entrer en relation harmonieuse avec d’autres enfants et la curiosité. Donc, sans vraiment vous en apercevoir, vous et le milieu éducatif dans lequel votre enfant a baigné au cours des dernières années avez contribué à le préparer pour son entrée à l’école. Il vous suffit maintenant de l’accompagner et de le soutenir, afin qu’il garde cette estime de lui et cette confiance en le monde qui est si importante. Pour ce qui est de la curiosité, intéressez-vous à ses journées et à ses apprentissages : il aura envie d’en savoir plus pour par le fait même, en partager davantage avec vous.

Je vous souhaite une belle entrée scolaire!

Geneviève Parent M.A.

Sexologue, psychothérapeute et conseillère parentale

Quand nos valeurs divergent

Les valeurs sont des principes moraux qui guident notre façon de réfléchir et d’agir. Elles proviennent de la famille et de la société dans laquelle nous avons évolué, des amis que nous avons côtoyés, de la formation que nous avons étudiée, des emplois que nous avons exercés. Comme les valeurs sont souvent bien ancrées à l’intérieur de nous, il arrive qu’elles provoquent des conflits entre des personnes. Comment alors s’en sortir?

Les valeurs éducatives

La façon d’éduquer des enfants varient d’une famille à l’autre et d’une éducatrice à l’autre. Cependant, elles peuvent se regrouper selon 4 styles d’intervention : le style autoritaire, le style démocratique, le style bienveillant et le style permissif. Dans le style autoritaire, c’est l’obéissance qui est prioritaire. Les valeurs qu’on y retrouve sont principalement la discipline et le respect de l’autorité. Dans le style démocratique, c’est l’intégration de bons comportements et de bonnes attitudes via l’apprentissage qui est mis de l’avant. L’autonomie, le respect de soi et des autres ainsi que la discipline sont les valeurs privilégiées. Dans le style bienveillant, on met de l’avant le développement harmonieux de l’enfant, tant à l’intérieur de lui que dans ses relations interpersonnelles. Pour ce faire, l’adulte s’intéresse aux pensées et aux émotions de l’enfant et lui communique les limites sociales et sécuritaires sous forme d’explications et de discussion. Les valeurs mises de l’avant ici sont l’amour de soi et des autres, la confiance, l’entraide, la communication, le respect et l’autonomie. Finalement, le style permissif favorise le plaisir et le bien-être dans le développement de l’enfant. Il met l’emphase sur l’estime de soi et la confiance en soi chez les enfants, au détriment souvent de la connaissance et du respect des limites. Les valeurs privilégiées sont alors l’épanouissement personnel, le plaisir et le bien-être. De nombreuses études ont démontré les retombées plus positives du style démocratique et du style bienveillant par rapport aux styles autoritaire et permissif.

 

Des rôles compatibles

Le parent et l’éducatrice ont des rôles qui à première vue peuvent sembler différents mais qui se rejoignent. Par exemple, ils ont tous les deux à cœur le développement de l’enfant. Ils ont pour mandat de s’assurer de son bien-être, de son développement optimal et de ses attitudes interpersonnelles. En ce sens, ils devraient être partenaires. Leurs objectifs sont les mêmes mais ce qui cause parfois des conflits, est l’emphase mise sur la façon d’atteindre ces mêmes objectifs. Les valeurs, d’ailleurs, pavent la voie à la manière d’atteindre ces mêmes objectifs. Maintenant conscients que ce qui vous rassemble est plus important que ce qui vous divise, je vous suggère d’identifier, que vous soyez parent ou éducatrice, ce que vous priorisez dans l’éducation de l’enfant. Tâchez de reconnaître le style qui vous ressemble le plus et les valeurs qu’il sous-tend. Il est alors possible de prendre rendez-vous avec l’autre parti pour discuter de ce qui vous rejoint et des différences que vous avez. Il n’est pas facile d’avoir un échange de qualité dans le cadre de la porte alors qu’il y a des enfants et des parents autour. Insistez davantage sur ce que vous avez en commun et tentez de trouver un accord sur ce qui vous distingue.

Des rôles différents

Malgré tout, il n’en demeure pas moins que vos rôles sont aussi différents. Le parent a le dernier mot sur l’éducation qu’il souhaite donner à son enfant à la maison, en autant que le développement de son enfant ne soit pas compromis au sens de la loi (Loi de la Protection de la Jeunesse, LPJ). Par contre, dans le milieu de garde, c’est davantage l’éducatrice qui, en fonction de sa formation et de son expérience de travail, privilégie certaines lignes directrices d’intervention auprès de l’enfant. Les connaissances de chacun sont aussi différentes. Le parent connaît son enfant depuis son moment de conception. Il connaît son évolution, les difficultés qu’il a rencontrées, les personnes qui l’ont côtoyé, sa personnalité, ses forces et ses défis. L’éducatrice connaît l’enfant depuis moins longtemps et ne possède souvent pas les informations permettant de se faire un portrait global de l’enfant. Par contre, au quotidien, elle passe davantage de temps avec l’enfant que ses parents et elle le voit évoluer dans un milieu de socialisation. Cela lui permet d’avoir un point de vue différent sur l’enfant.

En conclusion, pour que tout se passe bien, il est essentiel de vous situer en tant que parent ou éducatrice quant à vos valeurs éducatives et le style d’intervention qui y correspond. Échangez dans un moment qui vous est dédié sur vos attentes respectives quant à l’enfant et quant à l’autre parti (le parent ou l’éducatrice). Gardez en tête que vous êtes une équipe pour le mieux-être de l’enfant. Soyez également respectueux des champs de compétences de chacun et partagez entre vous l’information. Si vous y mettez chacun du vôtre, c’est l’enfant qui, en bout de piste, s’en retrouvera gagnant!

 

Geneviève Parent M.A.

Sexologue, psychothérapeute et conseillère parentale