Le ratio dans un service de garde, facteur de qualité…

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Le ratio dans un service de garde, facteur de qualité…

 

Le CPE Des temps Sombres se questionne sur la capacité de garder les ressources qu’ils ont mises en place pour maintenir une qualité dans leur service de garde. En effet, la direction travaille à limiter les dégâts depuis l’annonce de différentes coupures dans les milieux. Le conseil d’administration reconnait que plusieurs caractéristiques sont importantes pour maintenir un service de garde de qualité dans les groupes tels que :

Un rapport adulte-enfants : Il est démontré que le respect des ratios dans les groupes en milieu garde favorise l’attachement plus étroit entre l’enfant et l’éducatrice, il est aussi observé que l’agressivité est moindre entre les enfants.

Des petits groupes : En petit groupe, les jeunes enfants parlent, collaborent et se comportent mieux qu’au sein d’un plus grand groupe.

Formation de l’éducatrice : Une éducatrice titulaire d’un diplôme collégial ou universitaire en petite enfance sait mieux répondre au réel besoin, sait animer des activités stimulantes en lien avec le développement de chacun des enfants. Elle reconnait aussi les défis rencontrés pour chaque tranche d’âge.

Une relation positive entre l’éducatrice et l’enfant : Le temps que passe l’éducatrice à répondre aux besoins des enfants assure une meilleure intégration dans le groupe. L’enfant est moins dans l’attente et développe davantage son langage et son intérêt pour le jeu.

Des espaces bien définis : Les enfants passent plus de temps à s’intéresser à leur environnement lorsque l’espace consacré au jeu est bien défini. Les relations entre eux sont plus positives et créatives. L’adulte peut encourager, stimuler et observer davantage son groupe.

Des programmes bien planifiés et structurés : Un programme adapté aux goûts et intérêts du groupe d’âge ne peut que permettre un développement cognitif, langagier et créatif. L’approche individuelle invite l’enfant à s’accomplir dans différentes tâches qui lui conviennent. Un programme qui n’est pas adapté au stade de développement ne fait qu’augmenter le niveau de stress chez l’enfant.

Engagement parent : Le temps que l’éducatrice prend à créer des liens de collaboration avec le parent dans le respect et la communication augmente le lien de confiance entre l’enfant et l’éducatrice.

À la lumière de ces caractéristiques, le rôle de l’éducatrice devient un soutien important pour enrichir les apprentissages de l’enfant. Accompagner, stimuler les expériences et les découvertes restent une priorité. Le ratio est la pierre angulaire de la qualité des services offerts. Comment peut-on y arriver avec les ratios présentement en vigueur au Québec et dans plusieurs autres provinces, soit une éducatrice pour huit enfants de 18 mois/4ans, une éducatrice pour dix enfants 4/5 ans et une éducatrice pour 5 poupons. Cette loi rend difficile l’implantation d’un programme basé sur l’apprentissage individualisé.

Plusieurs milieux respectent ce ratio, d’autres diminuent à sept le groupe18 mois. Ce qui permet à l’éducatrice d’être plus disponible et de mieux répondre aux besoins du tout-petit. La capacité d’attente du petit est très limitée, un ratio à sept dans le groupe des 18 mois augmente le temps de jeu du petit et réduit le niveau de frustration que peut générer l’attente. Il est aussi possible d’observer un lien d’attachement plus étroit et moins de stress avec un ratio réduit à quatre chez les poupons. Le ratio à dix avec les 4/5 ans n’est pas idéal, mais plus acceptable pour ce groupe d’âge. L’autonomie de l’enfant de cet âge permet à l’éducatrice de répondre à d’autres défis par exemple, la création de liens harmonieux entre les enfants. Il ne faut pas perdre de vue que la gestion des routines chez le jeune enfant demande à l’éducatrice du temps et de l’encadrement. La réduction des ratios dans les groupes plus jeunes aide dans ce sens.

Alors que d’autres milieux choisissent d’équilibrer les groupes selon le nombre d’enfants le matin. Par exemple, quatre enfants sont absents dans le groupe de 3 ans, les quatre enfants présents sont invités à rejoindre un autre groupe afin d’avoir un ratio respectable dans l’ensemble du service de garde. L’éducatrice titulaire de ce groupe est parfois invitée à retourner chez elle ou attitrée à d’autres tâches. Cette mesure limite les coûts, mais affecte grandement la qualité de la relation enfant/éducatrice qui est à la base du lien de sécurité.

Le CPE La Bottine Souriante avait déjà choisi de baisser à sept enfants le ratio des 18 mois et de respecter le ratio à 10 pour 4/5 ans. À l’annonce des coupures, le CPE doit augmenter à huit le groupe des 18 mois sachant très bien que le temps de qualité avec chacun des petits peut être affecté. Devant ce constat, l’éducatrice des petits propose des stratégies pour limiter le temps d’attente dans son groupe par exemple, accueillir une stagiaire, établir de l’entraide avec le groupe des 4/5 ans dans la routine de l’habillement, être aidé par la cuisinière à l’heure du dîner et des collations, disposer de la présence de la directrice dans certaines activités qui demandent plus de bras….

Il est toujours difficile d’apporter des changements dans une structure bien établie. Par contre, avec les changements proposés par ce nouveau gouvernement, il faut rester créatif et travailler à protéger nos enfants de ces décisions d’adultes. Conserver la qualité dans nos services est porteur pour le futur de nos tout-petits mais reste un défi de taille pour les gestionnaires….

 

Références :

Conseil canadien sur l’apprentissage CCA, Carnet du savoir. POURQUOI LES SERVICES DE GARDE DE HAUTE QUALITÉ SONT-ILS ESSENTIELS ?

Choix IRPP, LA QUALITÉ ÇA COMPTE, Résultat de l’étude longitudinale du développement des enfants du Québec concernant la qualité des services de garde. Christa Japel, Richard E. Tremblay, Sylvana Côté

 

Josée Lespérance Enseignante en TÉE

Comment je peux stimuler le tout-petit à la marche ?

Comment peut-on stimuler le développement de la marche dans un contexte de sécurité tout en favorisant son autonomie ?

Plusieurs guides sur la marche existent afin de stimuler le tout-petit à la marche. Certains offrent des exercices à faire avec l’enfant pour renforcir son tonus musculaire, d’autres proposent de faire marcher l’enfant à l’aide de l’adulte. Malgré ce déploiement d’exercices, le décideur reste toujours l’enfant. Des objets de stimulation pour la marche peuvent être tout aussi efficaces et respectent davantage l’enfant dans cette acquisition d’habileté motrice. L’enfant peut l’exploiter à son rythme et à sa façon sans nécessairement l’aide de l’adulte. En voici un exemple:
Matériel
Pôle de rideau en bois à bouts arrondis, fixé au mur à la hauteur des épaules de l’enfant en position assise. De préférence, mettre la pôle à rideau en dessous ou près d’une fenêtre pour encourager l’enfant à s’exercer soit par l’attrait de voir à l’extérieur.

Objectif

  • Amener l’enfant à se soulever à l’aide de la pôle.
  • Amener l’enfant à exercer des étirements à l’aide de la pôle.
  • S’exercer à se ternir debout et à s’asseoir.
  • S’exercer à rester des périodes plus ou moins longues debout à l’aide la pôle.
  • Se déplacer avec appui à l’aide de la pôle.
  • Se tenir avec une main et se pencher pour prendre des objets au sol.
  • Se balancer à l’aide de ses deux mains à l’aide de la pôle.
  • Exercer son équilibre.
  • Développer sa confiance en soi.
  • Partager la pôle à rideau avec un autre ami.

Utilisation

  • Suspendre des pochettes avec des objets à l’intérieur, pour permettre au petit de faire des découvertes.
  • Permettre aux plus petits de manipuler des objets suspendus sur la barre.
  • Profiter de ce que l’enfant peut voir à l’extérieur lorsqu’il se tient après la pôle pour lui nommer ce qu’il voit.

D’autres utilisations peuvent être faites avec cet objet, la personne la mieux placée pour nous le démontrer reste l’utilisateur… bien sûr l’enfant.
Bonne marche!

Attrait visuel

Le bébé aime regarder des choses qui bougent, qu’est-ce que je peux mettre à sa vue qui peut répondre à cet intérêt ?

Bien sûr beaucoup de choses, mais il est important de sélectionner des objets qui peuvent éveiller le regard de l’enfant tout en lui permettant de se concentrer et de suivre des yeux l’objet attrayant. Pour ce faire, il est important de considérer différents aspects telles que la couleur, la forme, le déplacement de l’objet, sa brillance et sa grosseur. Un jeu bien connu tel que le mobile apporte différentes stimulations dans ce sens mais après quelques mois d’utilisation (0-6 mois) le mobile reste toujours le même objet; il offre peu de polyvalence… Alors que des objets de la maison peuvent avoir la même utilité que le mobile et avoir beaucoup plus de polyvalence. En voici un exemple.

Matériel

  • Prenez un support à bas de forme ronde avec attache en plastron (souvent retrouvé au Dollarama) qui ressemble un peu à un carrousel et suspendez-y des rubans de Noël brillants à chacune des épingles (faire descendre des longueurs jusqu’à 3-4 pieds du sol).

Objectif

  • Développez l’attrait de l’enfant par la couleur, mouvement et le déplacement des rubans.
  • Suivrez des yeux le mouvement des rubans.
  • Exercez des mouvements pour attraper les rubans (exercer ce mouvement du balai avec ses mains).
  • Déplacer des rubans sur le corps de l’enfant (développer le sens du toucher).
  • Exercez son attention et sa concentration sur les rubans qui bougent.

Utilisation

  • Ce genre de petit carrousel en rubans de Noël peut servir aux marcheurs d’exercice motrice en passant en dessous tout en flattant son visage par les rubans.
  • D’autres objets peuvent également être suspendus à l’aide de petits fils élastiques (ex: toutous, tissus, papier de soie, petites balles, choux de cadeau, plumes, etc.).
  • Placé au centre d’une pièce, ce petit carrousel peut servir de décoration en plus d’être un objet de stimulation pour les 0-18 mois.

Si vous constatez que le tout-petit cherche plus à tirer sur les rubans ou les autres objets installés sur le carrousel, mettez les objets un peu plus haut. Même de cette façon l’objet reste un attrait visuel autant pour le poupon que pour le marcheur.

Bonne découverte !

Le plaisir de lancer !

Quel enfant n’aime pas lancer tout ce qui se trouve dans ses mains? Geste souvent encouragé et valorisé par l’adulte qui stimule l’enfant dans son autonomie corporelle. Jusqu’au jour où le geste dérange….

Alexis, 18 mois, retire beaucoup de plaisir à laisser tomber ses petits jouets en bas de sa chaise haute. Son jeu se transforme à mesure qu’il expérimente différentes façons de lancer. En effet, il lance sa nourriture, ses vêtements et même ses souliers sur la tête d’un ami au service de garde.

Malgré les interdits de Julie, son éducatrice, les «vas-tu arrêter» du papa et du «non, non, je ne veux pas que tu lances tes choses à maman», Alexis ne peut s’empêcher de répéter ses gestes qui lui procurent du plaisir et surtout beaucoup de réactions de l’adulte autour de lui.

Dans les deux premières années de vie de l’enfant, il est toujours étonnant d’observer l’évolution de sa motricité. L’acquisition de ses habiletés motrices consiste à la coordination de plusieurs mouvements en fonction d’un résultat ou d’une intention. Pour se développer sur le plan moteur, l’enfant doit faire des essais et des erreurs. Ses gestes répétés, sans but précis, avec peu d’intention lui permettront de mémoriser des actions afin que les mouvements deviennent automatiques. Lorsqu’Alexis fait et refait les mêmes gestes, il apprend le mouvement, ou un ensemble de mouvements, qui lui permettront une plus grande coordination et précision dans ses gestes. Ce mouvement, dit automatique, s’exerce dans un minimum de temps et avec un maximum d’efficacité. Le premier geste qui prédispose l’enfant à lancer est manifesté par le plaisir de prendre les objets et de les relâcher. L’enfant de neuf ou dix mois en retire une grande satisfaction. Ce mouvement de préhension pousse l’enfant sur d’autres pistes d’expérimentation pour rendre ce geste automatique; par exemple: lancer dans un espace, lancer sur quelque chose, lancer dans quelque chose.

Pour tous les enfants du monde, l’acquisition des habiletés motrices se fait dans le même ordre mais le rythme varie d’un enfant à l’autre; le tempérament ainsi que l’environnement de l’enfant influence certains types d’expérimentation.

Alexis présente des goûts et intérêts marqués pour la grande motricité. Plus son milieu lui offre des occasions pour pratiquer ce geste plus le geste devient acquis et intentionnel. L’addition de ses gestes répétés lui permettra de développer d’autres aspects de sa motricité. Alexis a besoin de passer par une motricité complète pour raffiner ses mouvements. À travers le mouvement de lancer, il apprend à contrôler son bras, son avant-bras, sa main et ses doigts. Ces compétences motrices lui seront utiles pour boutonner son manteau, attacher ses souliers mais aussi tenir son crayon; des habiletés simples mais essentielles aux apprentissages scolaires.

Certains besoins d’expérimentation nous demandent d’identifier des objets qui permettront une libre expérimentation. Il faut se rappeler que les interdits ne font qu’augmenter le désir en pleine maturité.

Voici donc, des objets à lancer qui susciteront, en toute sécurité, la curiosité des tout-petits.

  • Boules de papier de soie;
  • Éponges de couleurs recouvertes d’un bas de nylon (le bas de nylon évite que l’enfant mordille et avale des bouts d’éponge);
  • Foulards;
  • Éponges en luffa de différentes couleurs;
  • Spaghettis de piscine coupés en rondelles;
  • Pompons de couleurs;
  • Plumes;
  • Choux à cadeaux;
  • Papier déchiqueté.

Une autre idée est de suspendre un drap avec des formes découpées à l’intérieur. Invitez ensuite l’enfant à lancer dans les formes des balles de tissu. Servez-vous aussi du parachute; le mouvement proposé par celui-ci sollicite le mouvement de lancer.

Alors, 1, 2, 3… attrapez!

Le bricolage est-il pertinent au développement de l’enfant de 18-24 mois ?

La plupart des parents s’attendent à apporter à la maison des produits finis. Alimenter ce besoin ne fait qu’augmenter les attentes du parent et diminuer le plaisir de jouer du tout-petit. En effet, le stade de développement des 18-24 mois ne correspond pas à nos attentes car à cet âge, il faut prévoir davantage des activités d’expérimentation et de manipulation que des activités de bricolage.

L’exploration permettra à l’enfant de vivre des expériences variées et de travailler sa motricité fine qui l’amènera éventuellement à la réalisation d’un produit fini. Le temps qu’il prendra à découvrir favorisera son attention et sa concentration. Il est bien important avant de planifier des activités de connaître les intérêts et le développement du groupe d’enfants. Les observations de l’éducatrice permettront de saisir la curiosité qui inspire le jeu des petits.

Le parent croit à tort que lorsque l’enfant rapporte des produits finis du service de garde, il a appris quelque chose. Comme éducatrice, notre défi est donc de satisfaire les besoins du parent mais via des actions qui respectent davantage l’enfant dans son développement.

Comment, me direz-vous?

Informez le parent des apprentissages actifs de son enfant lorsqu’il s’amuse à explorer et manipuler. Pour chacune des activités prévues, faites la description des habiletés travaillées.

Voici un exemple:

Maman, Papa, l’exploration que j’ai faite en jouant dans du pouding aujourd’hui m’a permis de:

  • Observer mes amis (es) durant l’activité pour trouver de nouvelles façons d’explorer le pouding. Ce qui favorise mon développement socio-affectif, je suis capable d’apprendre des autres.
  • Initier mon jeu avec Alexis. Ce qui favorise mon développement socio-affectif, je suis capable de créer des liens avec un ami.
  • Tracer des routes avec mon doigt dans le pouding. Ce qui favorise mon développement créatif et intellectuel, je suis capable de représentation mentale.
  • Utiliser mes sens (le toucher, le goûter, la vue et l’odorat). Ce qui favorise mon développement sensori-moteur, je suis capable de représentation mentale à l’aide de mes sens.
  • Remplir et vider des bols de pouding. Ce qui favorise mon développement sur la notion de l’espace, je suis capable de reconnaître la quantité de pouding à mettre dans chacun des bols.
  • Respecter la consigne de garder le pouding sur la table. Ce qui favorise mon développement intellectuel et affectif, je suis capable de comprendre et respecter la consigne de mon éducatrice.
  • Explorer le pouding en me déplaçant autour de la table. Ce qui favorise mon développement sur la notion de l’espace, je suis capable de contrôler mes mouvements et mes déplacements dans un espace donné.
  • Exercer de grands mouvements de bras. Ce qui favorise mon développement moteur, je suis capable de contrôler mes mouvements de bras, avant bras, mains et doigts.

En décrivant les apprentissages clés de l’enfant pour chacune des activités, l’éducatrice met en valeur son travail et sensibilise le parent à l’importance des gestes simples à des gestes plus complexes.

D’autres moyens peuvent s’ajouter pour renseigner le parent au plaisir d’apprendre de son enfant tels que:

  • Personnalisez des photos pour chaque enfant et les remettre aux parents lors d’une activité spéciale dans le milieu.
  • Confectionnez un calendrier à l’aide des photos prises durant l’année.
  • Faites un album photos sur les activités de son enfant.
    Prévoyez une réunion en début d’année pour parler de vos attentes face au produit fini.
  • Échangez avec le parent sur les jeux de son enfant et les apprentissages qu’il fait.
  • Invitez le parent à participer à une activité d’exploration.
  • Proposez à un nouveau parent de se jumeler à un ancien parent afin de le sécuriser dans ses attentes.

Dans notre travail d’éducatrice, nous avons parfois à être un agent de changement dans les attentes des parents. Pour y arriver, il est essentiel de soutenir le parent dans ses inquiétudes, de l’informer sur les apprentissages de son enfant, de reconnaître ses forces et d’accepter qu’il soit différent….

Voilà des ingrédients qui réduisent les attentes et augmentent la collaboration!

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Référence: Jouer c’est magique, Programme favorisant le développement global des enfants. Les publications du Québec.

Apprendre avec du matériel stimulant

Josée se questionne sur le choix de son matériel mis à la disposition de l’enfant. Que dois-je mettre dans le coin manipulation pour stimuler le développement cognitif et la motricité fine de mes amis (es) de 4 ans ? J’observe que parfois les enfants ont moins d’intérêt pour certains coins de jeux ? Comment puis-je teinter chacun des coins par un thème précis. Josée, échange avec Claudette éducatrice à la pouponnière. Celle-ci constate qu’il est parfois difficile d’appliquer le programme éducatif avec les petits. Elle se demande si elle doit faire aussi des coins de jeux comme avec les plus vieux ? Elle se voit régulièrement demander aux petits de laisser les jeux dans les espaces respectifs, ce qui la questionne sur sa façon de faire ? Est-ce que j’ai suffisamment de matériel pour mon groupe dont l’intérêt est de prendre le jouet de l’autre ?

L’apprentissage que l’enfant réalise avec l’objet de jeu est en lien direct avec sa personnalité et sa motivation face à la découverte. L’éducatrice doit dans un premier temps reconnaître les intérêts de son groupe afin d’aménager des lieux où l’enfant fera ses propres choix. Le programme éducatif propose des coins de base qui évoluent selon l’âge de l’enfant. Pour les 0- 18 mois, deux coins sont proposés. Un coin doudou, où l’on peut retrouver des tissus de différentes textures, des coussins, des livres en tissu, une chaise berçante, etc. Ce coin devrait permettre au petit de prendre une pause, de s’isoler, d’observer les autres et même de se défouler. Je suggère que cet endroit soit recouvert d’un tissu suspendu du plafond pour permettre à l’enfant d’avoir le sentiment qu’il est seul. Un coin moteur, un grand espace pour que le petit puisse se retrouver avec d’autres et puisse bouger en sécurité avec des objets roulants, à tirer, à pousser et même à grimper. Il est aussi proposé de faire jouer l’enfant de 0-18 mois de une à deux fois semaine dans l’eau. Cette activité permet à l’enfant de vider, transvider, de se concentrer sur le bruit et permet de réduire le stress du petit. Facilitez l’accès à ce jeu en utilisant des bacs. Disposez le bac sur une table et mettez à la disposition des enfants différents contenants dans des étagères à proximité afin qu’ils puissent eux-mêmes faire des choix. Évitez de mettre des chaises, le petit aime circuler autour des meubles pour expérimenter.

À partir de 2 ans 1/2 les coins recommandés sont, le coin livres, livres sur différents thèmes, albums photos, catalogues, images, cartes postales, cartes de fêtes, cartes routières. Le coin manipulation, casse-tête, jeux de loto fait maison, crayons, jeux pour enfiler, différents jeux d’association faits maison ex. (trouver l’autre partie de la photo qui a été coupée, classer des bouchons, des boutons, couvercles). Introduisez des bacs à glace et à muffin pour faire le classement. Alimentez le coin faire semblant en y déposant de vrais objets de cuisine par exemple, un plat pour laver la salade, mitaines à four, plat pour égoutter le spaghetti. Mais aussi des vêtements avec des accessoires comme des bijoux, sacs à main, gants, etc. Quant au coin blocs, boîtes à souliers, légo (en avoir suffisamment pour ne pas frustrer les enfants dans leur construction), voitures, animaux, petites maisons, jeux de construction de tous genres sauront le rendre attrayant. Pour ce groupe d’âge, il est pertinent de faire un coin eau/sable non permanent. Pour les 3-5 ans, nous proposons 5 coins dont 4 comme le groupe d’âge précédent. Le cinquième coin, ajoutez un espace pour les arts plastiques avec du matériel varié (colle, brillant, papier de différentes sortes, pâte à modeler). Ce groupe d’âge a suffisamment développé sa motricité fine pour être à l’aise avec ce matériel d’arts. C’est vraiment à cet âge que l’enfant est capable de faire des choix d’atelier, de maintenir ce choix et de respecter chacun des coins en laissant le matériel de jeu dans l’espace proposé. Il est donc réaliste de soutenir cet apprentissage.

Le programme éducatif offre 9 coins, 5 sont installés en permanence et 4 sont en rotation comme les sciences, la motricité, eau/sable et la musique. Un coin est souvent oublié soit, le coin bric à brac avec uniquement du matériel de récupération. Ce coin permet à l’enfant de jouer sans modèle de jeu précis. Une belle façon de favoriser la créativité et de faire vivre des situations adaptées au développement de l’enfant. Nous pouvons mettre dans ce coin des boîtes de différentes grosseurs, des bouteilles de savon de toutes sortes, des tissus, des contenants en plastique, des bobines de fil. Ces objets doivent être sur des tablettes à la disposition de l’enfant. Ce coin est très utile lors des activités déversoirs (activités qui permettent de respecter le rythme de chacun, l’enfant qui a fini de dîner par exemple avant les autres peut aller dans le coin bric à brac pour attendre le reste du groupe).

Dans chacun des coins, Josée et Claudette doivent y mettre des objets qui permettent le développement global. Afin que chacun y trouve son compte lorsque que vient le choix des ateliers. Par exemple, Simon voulait aller dans le coin bloc mais il n’a plus de place pour lui pour le moment, il lui reste le coin imitation et manipulation. Il fait le choix du coin imitation avec Geneviève, dans ce coin Josée a placé une quantité importante d’étuis à savon et brosses à dent. Simon peut empiler, aligner et associer ces objets avec plaisir, un peu comme il est possible de le faire dans le coin blocs. Pour garder la motivation du jeu dans chacun des coins, il est important d’ajouter à l’occasion des objets ou des jeux différents qui viennent relancer l’intérêt chez l’enfant. Les observations de Josée et Claudette permettront de répondre à ce besoin. Il n’est pas conseillé de changer l’ensemble du matériel dans le coin de jeu mais simplement d’y ajouter des éléments qui augmentent le défi. Pour ce qui est des thèmes, des objets ou des jeux, des affiches, de la musique sont suffisants pour teinter les espaces du thème traité.

Avec les petits de Claudette, il est important d’exploiter l’espace au maximum, de fixer des choses au mur, sur le plancher, de suspendre des objets à tirer au plafond et aux meubles. Ainsi, le petit aura l’occasion de travailler sa motricité dans différentes postures. Soyez ouvert aux usages non conventionnels des objets. Par exemple, un bac peut devenir une cachette, un chapeau, une chaise. Il est certain, que le petit aime transporter des objets d’un endroit à l’autre. Ayant seulement deux espaces de jeu dans les groupes de 0-18 mois, il est plus facile pour le petit de situer les choses dans les bons coins. Jouez à lui faire transporter les jeux dans les endroits respectifs. Faites-lui rapporter les choses dans les bacs bien identifiés. Il est inutile d’interdire de ne pas transporter les jouets d’un coin à l’autre. Mais plutôt de lui demander d’aller porter les balles dans le panier à linge par exemple a plus de succès chez le petit. Progressivement Claudette peut ajouter un coin imitation de façon temporaire pour les plus vieux du groupe. La cuisinière, un bac à vaisselle, des bébés, des couvertures. Ces objets stimulent le petit au jeu symbolique. Il fait la représentation de ce qu’il connaît et ce pourquoi il a de l’intérêt. (Mettre une couverture sur le bébé, donner une tasse à l’éducatrice et lui dire que c’est du jus) etc. Il est certain avec le petit il faut beaucoup de matériel identique afin d’éviter les conflits de possessions.

Plus le matériel et le local offre de la polyvalence, plus l’enfant pourra par lui-même décider ce qu’il en fera, ce qu’il choisira et l’utilité qu’il lui donnera. La qualité la plus importante pour le local et le matériel est sa polyvalence. De cette façon, l’enfant peut faire des choix et réorganiser son environnement. L’éducatrice peut dans ce cas être disponible, à l’écoute, observer et comprendre les besoins de son groupe.

Référence, PARTAGER LE PLAISIR D’APPRENDRE, Guide d’intervention éducative au préscolaire. Mary Hohmann, David P. Weikart, Louise Bourgon et Michel Proulx. Éditions de la Chenelière Éducation, 2007

Aménagement de la cour extérieure par ateliers

Les jeux extérieurs deviennent parfois pour les enfants du déjà vu. Après un été bien rempli à explorer manipuler et expérimenter les équipements mis à la disposition des enfants, les enfants semblent saturés.

Comment peut-on apporter de la nouveauté à nos jeux extérieurs pour garder le plaisir de jouer dehors?

Les équipements aménagés dans la cour favorisent l’exercice de la grande motricité. Le module de jeux, le carré de sable, les chemins pour les tricycles, les balançoires sont des espaces de jeux standard pour les enfants de tout âge, chacun y retrouve du plaisir à exercer leurs habiletés motrices. La permanence de ce matériel peut-être à la fin de l’été un peu moins pertinente son utilisation fréquente durant la période estivale enlève l’excitation de la nouveauté. Afin de garder l’intérêt et le plaisir de jouer à l’extérieur, pourquoi ne pas reproduire des espaces de jeu sous forme d’ateliers ? De plus en plus, les services de garde aménagent l’espace à l’intérieur par des coins bien structurés et divisés. Les ateliers placés à l’extérieur peuvent également limiter le nombre d’enfants par espace de jeu et aussi réduire les conflits. Cet aménagement favorise les contacts avec des enfants ayant les mêmes intérêts de jeu, amène l’enfant à développer de nouvelles relations avec un ou deux amis à la fois. Mais à la différence des ateliers à l’intérieur… le bruit est permis.
Les ateliers à l’extérieur peuvent offrir des alternatives, si par exemple je veux limiter l’accès au module de jeu, je peux utiliser ce même module en fixant des paniers avec des ballons pour permettre à l’enfant d’exercer sa motricité mais d’une toute autre façon. Les infrastructures du milieu comme la clôture, le dessous de la galerie, la corde à linge, les fondations sont des endroits peu exploités, mais combien intéressants pour favoriser la créativité et la découverte chez l’enfant. En voici des exemples

Coin arts plastiques

Accrochez des panneaux de coroplaste sur vos clôtures, les panneaux sont lavables si vous utilisez de la peinture. En fixant du papier blanc sur le coroplaste vous pouvez alors utiliser des crayons de cire, feutre et bois. Ces panneaux peuvent être aussi exploités pour le collage.

Coin manipulation

Installez des paniers à la clôture avec des autos, animaux, bonhommes. Les paniers ajourés permetent à l’eau de s’écouler en cas de pluie. Il peut-être intéressant d’ajouter une table sans chaise pour manipuler et se déplacer avec aisance. Fixez sur les fondations un coroplaste sur lequel des images, des pièces de casse- tête avec velcro peuvent être placées. Une plaque de biscuits peut être fixée également sur la clôture pour y manipuler des objets aimantés. Vous pouvez aussi dans ce coin fixer à la clôture des tuyaux transparents pour faire descendre des objets.

Coin Imitation

Utilisez le dessous de la galerie pour jouer avec la cuisinière et accrocher des paniers pour les accessoires.

Coin lecture

Installez une piscine vide pour y mettre des revues, circulaires, livres etc. Les enfants peuvent s’isoler dans la piscine sans eau bien sûr… pour lire.

Coin eau et sable

Exploitez ce coin en utilisant des bouteilles remplies de sable avec des objets à l’intérieur. (Insectes en plastique, brillants, des pierres de couleur) et des bouteilles remplies d’eau (colorant, poissons en plastique) Pour permettre au petit de limiter ses frustrations au partage, donnez- lui une grande quantité de bouteilles. Vous pouvez augmenter le plaisir en accrochant à la clôture des sacs et sacoches. L’enfant s’amusera à mettre ou enlever les bouteilles du sac. Offrez la possibilité de manipuler du sable et de l’eau dans des petits bacs individuels, c’est une façon d’être plus en contact avec la matière.

Coin de grande motricité

Accrochez à votre corde à linge un drap avec des ronds découpés (peut-être présenté comme un jeu de poches géant) L’enfant peut s’amuser à lancer des ballons dans les ronds. Suspendre des ballons sur des fils élastiques de différentes hauteurs. L’enfant peut jouer à frapper les ballons. Le boyau d’arrosage peut servir à faire des chemins (comme un parcours. Mettez une échelle au sol, l’enfant pourra se déplacer entre les barreaux. L’enfant travaillera ainsi son équilibre et son organisation spatiale (un peu comme le jeu de l’élastique). Accrochez des paniers à la clôture pour y lancer des ballons et des balles.

Le choix des coins doit se faire selon les intérêts de l’enfant. Il n’est pas recommandé d’utiliser un tableau pour les choix des ateliers. Le jeu extérieur doit contenir un minimum de consignes pour assurer la sécurité et favoriser le plaisir de jouer à l’extérieur. Le but est de mettre en place des alternatives lorsque certains jeux amènent de l’intervention négative plutôt qu’une source de plaisirs.

L’été tire à sa fin mais le beau temps persiste. Il est encore temps de jouer dehors pour un certain temps. Je vous souhaite donc de passer du bon temps dans vos nouveaux aménagements !!!

Certaines idées d’aménagement de la cour ont été pensées et mises en place par le centre de la petite enfance Caroline de Laval

 

Activités spéciales et sorties, comment bien planifier?

Sophie veut planifier pour l’année des activités spéciales et des sorties avec son groupe multiâge. Elle cherche des idées originales, des activités spéciales à faire dans son service de garde, des endroits nouveaux à visiter, des lieux sécuritaires pour accueillir un groupe. Mais comment Sophie peut-elle faire une planification qui répond aux intérêts et aux besoins des grands et des petits de son groupe?

La planification d’un calendrier d’activités ou de sorties pour l’année doit être pensée en terme de suggestions. Septembre est la période pour remettre en place des routines stables, des consignes claires et concrètes afin de rétablir la sécurité et la stabilité dans le groupe. L’horaire de la journée laisse peu de place pour planifier des activités spéciales et des sorties à l’extérieur. La rentrée au service de garde demande à l’enfant de s’adapter aux routines, aux amis ainsi qu’à l’éducatrice. Il faut une stabilité avant que l’enfant puisse retirer du plaisir dans des situations de changement.

Pour pouvoir planifier et organiser un calendrier d’activités ou de sorties, Sophie doit avant tout connaître son groupe et les intérêts qui l’anime. Il est important de retenir les idées et les goûts des enfants pour organiser des moments particuliers dans l’année. Autant pour les sorties que pour des activités spéciales, Sophie doit avant tout observer les enfants pour mieux les connaître dans des situations nouvelles. Observer veut dire, prendre le temps de regarder les réactions de l’enfant face à la nouveauté, connaître ses intérêts de jeu, les sujets d’échange, la sécurité qui l’habite devant un changement de routine, sa capacité de respecter les consignes, sa tolérance aux délais, le lien d’attachement qu’il a avec le groupe. Les informations recueillies vont permettre à Sophie de planifier des activités et des sorties mieux adaptées au groupe.

Une activité spéciale permet autant de plaisir qu’une sortie même si souvent elle se déroule dans le milieu de vie de l’enfant. D’ailleurs, en début d’année, il est préférable pour Sophie de prévoir des activités spéciales davantage que des sorties. Graduellement, l’enfant apprendra à gérer des petits changements dans un cadre et avec des repères visuels connus. Ces événements peuvent prendre plusieurs formes en voici quelques exemples.

  • Vous faites un pique-nique sur une couverture dans votre salon.
  • Vous invitez une personne à passer la journée avec vous et les enfants (grand frère ou grande sour d’un des enfants).
  • Vous avez un animal de compagnie qui appartient à un des enfants du groupe qui passe la journée dans votre maison. Assurez-vous qu’aucun des enfants n’est allergique.
  • Vous changez la routine de l’habillement, elle se fait à l’intérieur sous forme d’un parcours.
  • Vous planifiez la sieste dans une tente que vous avez faite avec les enfants à l’aide de couvertures. Assurez-vous que les enfants ont bien intégré la routine de la sieste avant d’y apporter des changements.
  • Vous permettez aux enfants d’apporter un jeu de la maison.
  • Vous invitez une troupe de marionnettes chez vous.
  • Vous faites une activité piscine dans la maison.

Il se peut que les activités spéciales soient plus présentes que les sorties dans votre service de garde. Il est nécessaire de respecter le rythme et le besoin de sécurité du groupe pour vivre du plaisir avec les enfants. Le portrait que Sophie dresse de son groupe ainsi que les différents âges des enfants sont des facteurs à considérer. Il est aussi important pour Sophie d’être à l’aise avec la planification et l’organisation de ses activités spéciales et sorties. Elle doit commencer avec des choses simples et qui lui demandent peu de planification et d’organisation afin de sécuriser et de gérer adéquatement son groupe. Certaines sorties peuvent être faites en famille, par exemple la cabane à sucre, les pommes, le père Noël au centre d’achats, la ferme de Pâques etc. sont des endroits que l’enfant pourra explorer avec son parent. Sophie doit choisir des sorties qui apportent de la nouveauté dans la vie de l’enfant et réalisable dans un contexte de groupe multiâge. En voici quelques suggestions.

  • Vous visitez un nouveau parc avec les enfants.
  • Vous allez visiter des personnes âgées dans un centre d’accueil.
  • Vous allez à l’épicerie pour acheter des fruits dans le but de faire une salade de fruits avec les enfants.
  • Vous allez visiter un autre service de garde.
  • Vous allez pique-niquer chez un enfant du groupe.
  • Vous rendez visite aux pompiers.
  • Vous aller acheter des fleurs à la pépinière pour les mettre en terre avec les enfants.
  • Vous visiter le dentiste de votre quartier.
  • Vous allez visiter la classe maternelle de l’école du quartier.
  • Vous faites une excursion en tricycle dans les rues avoisinantes.
  • Vous allez à la bibliothèque, joujouthèque, bureau de poste, etc. avec votre groupe.

Lorsque Sophie pense à une sortie, elle doit prévoir avec son groupe une période de préparation. Prévenir les enfants de l’événement, leur parler de l’endroit, ce qu’ils vont voir, ce qu’ils vont faire, les personnes qui vont les accompagner etc. Le déroulement de chacune des étapes peut être même fait sous forme de simulation dans son milieu de garde. Certains enfants ont besoin d’être plus rassurés que d’autres lors d’une sortie. Ces petits moyens vous permettront d’observer les réactions de l’enfant et ainsi de mieux répondre à son besoin de sécurité. La préparation doit se faire dans des délais raisonnables pour que l’enfant puisse voir les possibilités de sa réalisation. Lorsque Sophie prépare l’enfant à une sortie, elle lui permet de porter un désir qui l’aide à se créer des images dans sa tête (comment il voit les lieux, ce qu’il va faire, avec quoi il va jouer, avec qui il va rentrer en contact) etc. C’est une belle façon de développer la créativité de l’enfant ainsi que son sentiment d’identité, car sa façon d’imaginer et de faire des liens avec son vécu est bien différente d’un enfant à l’autre.

La réalisation d’une sortie peut varier d’une année à l’autre selon votre groupe d’enfants. Sophie doit retenir le plaisir que les enfants ont eu à réaliser certaines sorties. Le temps qu’elle prendra à observer son nouveau groupe lui permettra de mieux les connaître et peut-être de répéter des événements qui ont eu le plus de succès.
Pour plusieurs responsables de garde en milieu familial, comme Sophie, le plaisir est de voir l’émerveillement des enfants et d’entendre les enfants reparler de la sortie entre eux. Après avoir déployé autant d’énergie pour l’amour de notre marmaille.c’est une belle récompense!

Le parent apprécie davantage l’organisation d’activités spéciales dans le milieu de garde qu’une sortie à l’extérieur. Il y voit un aspect plus sécuritaire, assure une stabilité à son enfant surtout s’il est en bas âge, apporte une nouvelle stimulation. De plus, vous faites la démonstration aux parents qu’il est possible d’apporter de la diversité dans le quotidien tout en étant sensible aux besoins et intérêts de son petit. Il réalise également qu’il peut faire des choses toutes simples avec son enfant qui lui demandent moins de temps d’organisation mais beaucoup de plaisir à être avec son enfant. «N’est-ce pas une bonne façon de garder le feu sacré» du monde des petits!

Le plaisir de jouer… dehors !

Allez-vous suffisamment jouer dehors avec vos tout-petits? Si la température nous le permet, diront plusieurs alors que d’autres responsables choisiront d’y aller chaque jour comme le programme éducatif nous invite à le faire. Plusieurs raisons peuvent limiter nos escapades à l’extérieur: la température, le temps de l’habillage, le manque de matériel dans la cour, le peu d’activités à faire, etc.

La personnalité de la responsable de garde a aussi une influence considérable; il est difficile de motiver les enfants à aller jouer dehors lorsque comme adulte nous n’en retirons aucun plaisir…

L’étude Grandir En Qualité démontre que, même si les activités proposées sont plus présentes en milieu familial qu’en installation, le jeu extérieur demeure peu exploité dans nos milieux. En effet, le matériel mis à la disposition est pauvre, l’animation ainsi que les aménagements sont insatisfaisants et la sécurité n’est pas toujours considérée comme prioritaire.

Il est pourtant démontré que prendre l’air réduit le stress et donne de bonnes habitudes de vie. Pour les enfants de plus de 18 mois, on propose de 20 à 60 minutes d’activités extérieures quotidiennes. Il est certain que certaines saisons nous limitent plus dans nos sorties extérieures, par exemple en hiver à -20oC il peut être risqué de sortir avec les petits. Mais lorsqu’il fait moins froid, le jeu extérieur devrait être la priorité.

Même si le grand air fait place au jeu spontané, il est nécessaire, pour avoir de l’intérêt à aller jouer dehors, que ces périodes soient planifiées au même titre que le reste des activités prévues à votre programme. En plus de sensibiliser l’enfant au plaisir de jouer dehors, planifier vous permettra de faire des activités en lien avec le thème et par le fait même de rassurer le parent sur ce que son enfant fait à l’extérieur.

Jouer dehors donne la possibilité de crier, de se défouler, d’inventer… L’aménagement de la cour par coins donne aux enfants la possibilité de développer leurs habiletés sociales en jouant librement et ce, sans limiter le bruit.

Le contact direct avec l’environnement aidera aussi l’enfant à comprendre le cycle de la nature. Il prendra conscience des changements de température et apprendra comment ces changements affectent les plantes et les animaux. Profitez-en d’ailleurs pour faire des activités: la chasse aux insectes, l’observation des oiseaux avec l’installation des mangeoires faites par les enfants. Lors des promenades avec les enfants, invitez les enfants à ramasser des éléments de la nature et à mettre leurs trouvailles dans une boîte à l’entrée de votre service de garde. Vous pouvez même ensuite utiliser ces éléments pour faire un parcours ou jeu d’associations. Pourquoi ne pas développer une banque de jeux avec les éléments de la nature?

Dehors, on peut évidemment faire des jeux de grande motricité ou prévoir des activités distinctes mais rien n’empêche de reproduire des activités d’intérieure dehors: par exemple, faire de la peinture sur du coroplasme installées à la clôture; jouez à la chaise musicale avec des bouts de bois; faire des chemins de roches pour jouer avec les autos.

En fait, l’important c’est de s’amuser et d’y aller… jouer dehors c’est la santé!

Céline Perreault vous offre un atelier pour vous inviter à passer de bons moments avec les enfants à l’extérieur. Informations: 450-588-0272

Jouer dehors avec le tout-petit: corvée ou plaisir?

Josée Lespérance, Enseignante en TÉE

Janvier 2012

www.aveclenfant.com

Tout le monde s’entend pour dire que le grand air c’est la santé et ce même chez les petits en pouponnière.

François Cardinal auteur du livre PERDU SANS LA NATURE traite de ce sujet et constate que le jeu libre en plein air est une richesse oubliée dans le quotidien de nos petits. La vie de famille trépidante limite parfois les parents à aller jouer dehors librement sans but précis mais simplement pour flâner et respirer le grand air avec son enfant.

Le milieu de garde est le lieu par excellence pour pratiquer cette activité à reconquérir.

À notre CPE, allons-nous suffisamment dehors avec nos tout-petits ? Certaines éducatrices diront que oui chaque jour lorsque la température s’y prête et d’autres diront que non, ils pourraient sortir plus souvent.

Qu’est-ce qui limite nos sorties, la température bien sûr mais également l’organisation dans l’horaire de la journée qui peut parfois être compliquée avec les besoins du poupon.

Oui aller dehors hiver comme été avec le groupe de poupons c’est possible pour Lyne Archambault éducatrice d’expérience du CPE Caroline. Tout est dans la façon de s’organiser.

Chez le petit, le jeu extérieur stimule le développement de l’enfant, il découvre de nouvelles sensations, il développe ses sens et acquiert de nouvelles habiletés. Mais les bienfaits du plein air ne se limitent pas seulement lorsque nous sommes dehors. En effet, Line y voie des apprentissages également dans la préparation pour aller à l’extérieur. Voici quelques idées gagnantes qu’elle propose :

Lors de l’habillage, se mettre au niveau des enfants pour être plus accessible et disponible à eux. Exercez cette activité d’habillage en petit groupe afin de limiter l’attente. Acceptez les capacités de chacun, le tout-petit est plus habille à enlever que de mettre les vêtements. Trop souvent nos exigences limitent le plaisir. Il se peut qu’un enfant ait besoin de faire une sieste le matin; on pourrait lui faire faire dans un carrosse à l’extérieur et cela vous permettrait d’être avec tout le groupe. Nommez les vêtements des enfants en leur attribuant une qualité. Par exemple, c’est le chapeau de Cléo, il est très très doux. De cette façon, il lui sera plus facile de le reconnaitre et de faire des tentatives pour le mettre sur sa tête puisqu’il est doux…..

Nul besoin de vous dire que le temps consacré pour l’habillage est porteur d’un beau moment avec les petits dans la cour.

L’aménagement à l’extérieur doit être sécuritaire pour permettre la découverte et laisser libre court au jeu. Line a comme principe, lorsque tu dois interdire et redire la même consigne aux enfants pour leur sécurité, c’est donc que l’aménagement n’est pas adapté aux besoins des poupons. L’éducatrice doit traiter l’aménagement extérieur au rythme du développement de son groupe.

La cour des petits doit être à l’écart du reste du CPE, le matériel doit être pensé comme de petites mises en scène selon les saisons, goûts, intérêts et besoins des petits. Il ne faut jamais oublier, que le petit doit avoir du temps libre pour apprendre.

Voici quelques exemples de mises en scène que Line expérimente :

  • -Marcher dans les feuilles, faire remarquer les textures, odeurs, couleurs.
  • -Accrocher des instruments de musique à la clôture à explorer.
  • -Suivre des traces dans la neige.
  • -Marcher simplement avec des bottes à eau dans la cour des grands.

-La mise en place du programme éducatif dans la cour demande à l’éducatrice d’observer son groupe pour lui faire vivre des expériences positives, planifier et concevoir des expériences en fonction de ses observations, aménager l’environnement et intervenir en soutenant, valorisant tout en étant disponible aux petits. Voilà un beau défi réalisable que Line exerce depuis maintenant 20 ans!!!

Savez vous…. qu’il existe un lien direct entre la pratique précoce d’activités physiques, jouer dehors, de se dépenser physiquement et les habitudes de vie du jeune adulte. Seriez-vous de ces adultes ????

Ce texte est tiré de la formation Jouer dehors avec le tout-petit, corvée ou plaisir ?

Josée Lespérance enseignante et Lyne Archambault éducatrice chez les poupons ont mis en commun leurs expériences et vous proposent un moment plein-air qui suscite la réflexion sur nos pratiques mais aussi une façon de se ressourcer par des idées simples mais d’une richesse inestimable pour le tout-petit. Pour en savoir plus sur la formation nous écrire à l’adresse  courriel suivante dleblanc @b2b2c.ca