Une rencontre de parents… pour bien démarrer l’année!

FacebookTwitterLinkedInPartager

Comme à chaque année, Marguerite se prépare à rencontrer ses nouveaux et ses anciens parents de son groupe multiâge. Elle considère ce moment important pour tisser des liens avec les familles, pour faire connaître le déroulement d’une journée, les interventions qu’elle favorise, ses attentes et les valeurs qu’elle soutient dans son milieu. Les thèmes, les événements et les sorties sont également discutés. Elle en profite pour faire des petits rappels sur les règles du milieu et les choses que les parents doivent apporter. Cette année, la rentrée est un peu spéciale, elle a implanté avec l’aide de sa conseillère pédagogique le programme JOUER C’EST MAGIQUE. Elle voudrait faire participer les parents à des ateliers afin de les sensibiliser au vécu de leur enfant. Mais comment peut-elle demander aux parents de faire un choix d’ateliers, de vivre des échanges entre eux et de partager avec le groupe, et ce dans un contexte démocratique? Un grand défi attend Marguerite!

À bien y penser, Marguerite se dit que si les enfants apprennent en jouant pourquoi pas les parents? Elle organise donc une soirée qui met en valeur le programme pédagogique de son milieu en gardant en tête les informations qu’elle veut transmettre. Voici donc sa démarche…

L’invitation est lancée. Elle prend soin de confirmer leur présence la journée même de la soirée par un rappel verbal. Marguerite a vraiment tout prévu pour avoir la participation de tous; une gardienne sera même disponible sur place pour les parents qui en ont besoin. La rencontre se fait dans l’environnement de leur enfant.

Marguerite débute le rappel des règles de son service de garde. Elle poursuit avec la présentation des différents tableaux que le parent peut consulter. Par exemple, le tableau des menus, des messages importants et des activités de la journée. Elle présente les objectifs du programme JOUER C’EST MAGIQUE et termine avec des photos des enfants du milieu représentant les cinq principes éducatifs. Elle fait visiter les cinq ateliers mis en place, soit le coin blocs, déguisements, arts plastiques, livres et manipulation. Le matériel de récupération, les jeux et les équipements disponibles font aussi l’objet de sa présentation.

Les outils pour travailler la gestion de groupe dans le cadre du programme sont expliqués aux parents: le tableau des tâches des enfants, le tableau des choix d’ateliers, de température et de gestion de conflits. Tout est mis en place pour que les parents puissent expérimenter chacun des coins. Pour ce faire, 4 problématiques de discussions sont placées dans chacun des ateliers pour alimenter les échanges en équipe de deux. Voici les sujets traités:

  1. Coucher mon enfant, un vrai casse-tête!
    À chaque soir c’est la même histoire, après le bain, je mets ma fille au lit. Je l’embrasse, la couvre bien, mais elle me rappelle à plusieurs reprises. Je finis souvent par m’impatienter et par claquer la porte de sa chambre… et elle pleure.
  2. Je me sens coupable!
    J’aime l’ambiance de la garderie, mais mon enfant est si petit…Je me sens coupable. Je me demande si elle s’ennuie beaucoup, si elle restera perturbée, est-ce qu’elle va m’aimer autant?
    Deux enfants mais tellement différents!
    Mes enfants sont en bas âge. Autant un possède un tempérament actif autant l’autre est discret. Lorsque l’on est en public, c’est le plus jeune qui répond pour le plus vieux. Je désire que chacun prenne sa place. Mais comment faire?
  3. Il fait toujours le difficile à la table!
    Mon garçon ne veut rien manger, je sais pourtant qu’à la garderie il mange bien. Sans même goûter il me dit qu’il n’aime pas, qu’il en a trop, qu’il n’a pas faim. Il va même garder de la nourriture dans sa bouche sans l’avaler.

Les problématiques sont lues aux parents pour les aider à faire leur choix d’atelier. Avec la photo de leur enfant, ils se choisissent un atelier. OUF, tous ont réussi à faire un choix sans conflit! Marguerite en profite pour faire un peu d’observation. Voici ce qu’elle a pu observer:

  • Une maman a fait son choix d’atelier avec une amie, après un certain temps elle a voulu changer d’atelier avec quelqu’un d’autre… Dommage personne ne voulait céder sa place car les discussions allaient bon train.
  • Un papa déçu de ne pas pouvoir aller dans l’atelier qu’il avait identifié au départ, puisque deux personnes y étaient déjà!

Marguerite peut aussi observer certaines déceptions lorsque vient le temps de se retrouver au GRAND CERCLE pour partager nos expériences.

  • On a encore des choses à se dire.
  • Pas déjà, on commence à trouver des solutions.
  • Peux-tu nous laisser encore un peu de temps?

Marguerite explique que les enfants vivent les mêmes frustrations dans leur jeu, mais elle maintient quand même sa demande pour pouvoir échanger sur leur vécu en sous-groupe.

Les parents parlent de leurs échanges, des éléments de solutions, des expériences vécues, ils disent trouver important de constater les mêmes problèmes dans chaque famille, ils se sentent moins seuls et constatent qu’ils ont eu l’occasion de mettre au profit des autres leurs trucs. Mais comme les enfants, les parents demandent à Marguerite des solutions. Elle intervient de façon démocratique, elle demande au groupe s’ils ont des idées pour aider l’équipe! Elle fait des liens avec le vécu de leur enfant et elle met en valeur ce que cette courte expérience leur a permis de développer. Elle se sert de cette occasion pour expliquer les expériences-clés du programme JOUER, C’EST MAGIQUE.

Marguerite distribue aux parents le journal quotidien de leur enfant, il est maintenant plus facile d’en expliquer le contenu suite à l’expérience vécue. La rencontre se termine par une période de questions, accompagnée de rires et de plaisir, comme avec les enfants! Marguerite constate que cette rencontre a été MAGIQUE pour faire connaître le programme éducatif à ses parents.

Deux semaines se sont écoulées après la rencontre de parents. Marguerite entend dans le vestiaire la maman de Philippe lui dire: «Je vois que tu as été dans le coin blocs ce matin avec ton ami Vincent, tu as appris à faire un garage avec … des boîtes de souliers.

  • Mais oui maman, Marguerite avait mis seulement des boîtes de souliers à la place des blocs de bois. Mon ami Vincent m’a dit viens Philippe je vais te montrer à faire un garage. Au grand cercle du matin, Marguerite nous a demandé de montrer notre construction et d’expliquer aux amis comment nous avions fait notre garage. Elle trouvait que nous avions eu ensemble une Super idée.»

La maman peut aussi lire dans le journal quotidien de son enfant que cette expérience a permis à son enfant de 4 ans de faire des pré-mathématiques (classer les boîtes, les aligner, choisir les grosseurs, grandeurs pour un plus grand équilibre). Il a également travaillé sa confiance en l’autre (permettre à Vincent de lui faire connaître son idée), sa capacité d’anticiper les événements (comprendre l’idée de Vincent), développer sa capacité d’être bien avec l’autre (collaborer au projet de Vincent et présenter au groupe leur création). Ces expériences s’additionnent à celles déjà en place et lui permettront d’aller encore plus loin dans une prochaine expérimentation.

La maman de Philippe peut maintenant faire des liens avec les cinq principes du programme éducatif qui sont :

  1. L’enfant est unique.
  2. L’enfant apprend par le jeu.
  3. L’enfant est le premier agent de son développement.
  4. Le développement de l’enfant est un processus global et intégré.
  5. La collaboration entre le personnel éducateur et les parents favorise le développement de l’enfant.

Marguerite observe depuis cette rencontre :

  • Une plus grande sensibilité du parent au savoir-être de son enfant (être bien avec soi et les autres).
  • Une préoccupation moins présente pour le produit fini et les activités scolarisantes.
  • Une compréhension de l’apprentissage par le jeu.
  • Une appropriation du programme JOUER, C’EST MAGIQUE
    Un intérêt à la lecture du journal quotidien de son enfant.
  • Une collaboration pour apporter du matériel de récupération.
  • Une plus grande compréhension et respect des règles et du fonctionnement du service de garde.
  • Mais surtout une plus grande RECONNAISSANCE du travail de la responsable de garde de leur enfant….

En début d’année, démarrer du bon pied C’EST MAGIQUE POUR L’ANNÉE…

Bonne rencontre !

La sieste en service de garde ou comment gérer les demandes des parents

Geneviève est une petite fille de deux ans et demi. Elle est joyeuse et dynamique; elle dépense beaucoup d’énergie à courir, sauter et grimper. La danse et la musique l’animent beaucoup dans ses jeux de motricité. Chaque jour après le dîner, Geneviève démontre à son éducatrice, Caroline, des signes de fatigue. Elle se frotte les yeux, elle tourne une mèche de ses cheveux, elle bâille et cherche à s’isoler. Geneviève s’endort rapidement et se réveille après deux heures de repos. Par contre, le dodo du soir semble plus difficile. Elle pleure, elle crie, elle demande à papa ou maman de se faire bercer. Ce rituel prend des allures de torture lorsque le parent la croyant endormie la repose dans son lit pour la troisième fois… qui n’est pas forcément la dernière! Ses parents en parle à l’éducatrice et insistent auprès d’elle pour qu’elle réveille Geneviève après une heure de sieste. Comment répondre à la demande des parents et respecter le besoin de sommeil de Geneviève?

Réponse
La routine de la sieste entraîne souvent des demandes de parents qui ont des difficultés le soir à coucher l’enfant. Leur première intervention est de demander de ne pas faire dormir leur petit ou de le réveiller avant la fin de la sieste. L’éducatrice va parfois répondre à la demande et réveiller l’enfant. Le parent peut aussi insister auprès de son petit en lui demandant de ne pas dormir à la sieste. L’enfant peut combattre en se berçant sur son matelas, s’agiter pour rester éveillé, insister auprès de son éducatrice qu’il ne doit pas dormir. La sieste devient donc pour l’enfant, ayant un besoin de sommeil, une torture, un moment d’anxiété difficile à contrôler. Il est prouvé qu’un enfant contrarié dans son besoin de sommeil sera agité, pleurnichard et intolérant. Les fins de journée seront plus difficiles. Ces comportements se retrouvent à la maison pour se terminer avec la valse des dodos au coucher.

Une étude du centre de recherche Bécima démontre que 59% des parents rencontrent des problèmes à faire dormir leur enfant. Contrairement à ce que nous pouvons penser, un enfant privé de sommeil durant la journée peut s’opposer également au sommeil du soir. Les difficultés d’aller au lit et le syndrome du rappel peuvent indiquer chez l’enfant la peur de rompe les liens affectifs avec son parent et la crainte d’être exclus de la famille. Il cherche à garder auprès de lui l’être aimé. Si l’enfant ressent l’appréhension de son parent à la période du coucher, la séparation se fera dans l’insécurité.

Caroline reconnaît qu’il est exigeant de vivre une telle situation. Après une journée d’occupation et de préoccupations, les parents de Geneviève se sentent épuisés, lessivés et même enragés après avoir bercé la petite plusieurs fois dans la soirée en espérant que c’était la dernière.

Par contre, Caroline trouve important de respecter le besoin de Geneviève. La petite démontre des signes d’endormissement et de fatigue dont elle ne peut faire abstraction. De plus, Caroline sait que la sieste est une récupération pour le corps. Une période importante pour la mémorisation des apprentissages, l’intégration des connaissances, la maturation du système nerveux et du cerveau. Tous travaillent au développement de l’enfant durant l’état de sommeil. Les hormones de croissances sont également en fonction.

Caroline écoute la demande des parents, elle cherche avec eux à comprendre les réactions de la petite face au dodo du soir. Elle informe les parents de ses observations et du rituel mis en place pour la préparation du dodo. Elle explique la présence de la sieste dans un contexte de groupe, elle insiste sur la valeur de l’autonomie et du respect de l’enfant dans son besoin de sommeil. Les échanges avec les parents de Geneviève ont permis de mettre en place à la maison un rituel qui répond au besoin de sécurité de l’enfant. Le besoin d’être bercé par son parent ne permettait pas à la petite de développer l’autonomie dans le sommeil. En effet, Geneviève demandait toujours des bras pour pouvoir faire dodo, lorsqu’elle se réveillait il lui était impossible de s’endormir sans les bras de papa ou maman. Il est donc vrai de dire que l’enfant dort comme il s’endort!

Les besoins de sommeil varient pour chaque enfant, mais peu d’enfants bénéficient des heures de sommeil dont ils ont réellement besoin. La vie des familles qui fréquentent les services de garde est tumultueuse. Les enfants se lèvent tôt, passent parfois de longs moments en voiture pour se rendre au service de garde, se retrouvent dans un contexte de groupe et de bruit, doivent suivre des consignes, vivent des frustrations et passent parfois plus d’heures dans le milieu de garde que leur éducatrice. La sieste ou la relaxation est nécessaire pour recharger les batteries au même titre qu’une pause pour l’adulte dans son milieu de travail. Il est certain qu’un enfant de quatre ans peut avoir besoin moins de sommeil dans la journée. Par contre, le rythme de chacun doit être respecté. La période de détente est nécessaire mais après vingt à trente minutes de relaxation, l’éducatrice peut offrir à l’enfant qui s’est bien reposé de se lever. De cette façon, il apprend à s’arrêter et à être sensible à ses signaux de fatigue.

L’enfant qui dort à la sieste a besoin de dormir, il est donc incohérent de le réveiller ou de l’empêcher de dormir en souhaitant un couché plus facile le soir. Nous sommes voués au bien être des enfants. Lorsque nous devons agir de la sorte, nous sommes loin de respecter les besoins individuels de nos enfants!

Comme équipe de travail, il est important d’informer le parent de l’importance du sommeil chez l’enfant. Mettre en place les objectifs rattachés au sommeil dans votre milieu. Face à une demande d’un parent, TOUTES LES ÉDUCATRICES doivent avoir les mêmes attitudes soit le respect de la demande, l’écoute et le désir de travailler en collaboration dans le but de supporter la famille. Le service de garde doit faire de la sieste…. une continuité dans le développement de l’enfant !

Dodo, l’enfant do est un texte pour aider les parents à préparer le dodo du soir avec leur enfant. Un bel outil que vous pouvez distribuer dans vos milieux.

La période de la sieste en service de garde demeure un sujet souvent discuté entre éducatrices. Doit-on respecter les demandes des parents qui veulent qu’on réveille ou qu’on ne couche pas leur enfant? Doit-on faire dormir les grands? Que faire avec un enfant qui perturbe le sommeil des autres?

Dodo, l’enfant do

Comment puis-je préparer mon enfant au dodo ?

Pour plusieurs parents l’heure du coucher est une période difficile. Négociation, compromis et demandes qui en finissent plus. Tous les parents ne se souviennent pas d’avoir dit à son enfant «c’est la dernière fois que tu te lèves pour boire de l’eau» … ou encore d’avoir eu comme demande «je veux une autre histoire, encore 5 minutes avant d’aller me coucher …». Souvent ces demandes se terminent par des pleurs pour l’enfant et de l’impatience pour le parent.
Il est possible de rendre cette période agréable pour le parent et l’enfant en créant un moment d’intimité pour les deux. L’encadrement et la constance dans le rituel du dodo sont favorables pour ce moment. Voici donc quelques trucs à l’usage des parents fatigués.

  • Il est connu que l’enfant dort comme il s’endort, il faut donc éviter de bercer l’enfant pour qu’il s’endorme car s’il se réveille il aura besoin d’être bercé pour retrouver le sommeil. On vise à établir des conditions que l’enfant reproduit de lui-même s’il se réveille. Chanter ensemble et se bercer avant le dodo dans le but de créer un moment d’intimité et de détente non d’endormir l’enfant. Voila un beau compromis.
  • Prenez un petit moment avec votre enfant (15 à 30 minutes) à faire quelque chose d’agréable. Ce moment permet à l’enfant de mieux accepter la séparation avec son parent. Évitez de regarder la télévision, cette activité est rarement relationnelle. Les activités de grande motricité et qui font du bruit peuvent agiter l’enfant. Favorisez davantage de regarder un livre, jouer à un jeu calme avec l’enfant, regarder des photos, se parler de sa journée en dessous des couvertures, jouer avec une lampe de poche dans le lit, se faire des câlins, faire des jeux d’eau dans le bain avant d’aller au lit. Créez avec votre enfant un rituel qui appartient à vous deux.
  • La constance et l’encadrement lors de la routine du dodo offre une occasion à l’enfant de comprendre vos attentes malgré un climat de détente et de tendresse. Plus l’enfant ressent le désir du parent à vouloir écourter la période de la préparation au dodo moins il veut se séparer de son parent impatient. fedex site down . Il vit de l’insécurité et de l’inquiétude qui ne lui permet pas de se détacher de sa figure d’attachement.
  • La période de préparation au dodo doit avoir un début et une fin. Ne pas aller au-delà de 30 minutes. Ce temps permet à l’enfant de se détendre.
  • Permettez à l’enfant de se détendre seule dans son lit après une période d’intimité avec son parent. Ce qui amène l’enfant à identifier par lui-même des moyens pour rentrer dans un sommeil de façon autonome.
  • L’enfant peut avoir un objet de transition : toutou, doudou. Cet objet lui permet de maintenir un lien sensoriel avec son monde affectif si celui-ci est imprégné par l’odeur familiale.
  • Offrez lui une routine stable et régulière. L’enfant peut grâce à cette stabilité anticiper le moment du coucher et par le fait même mieux accepter la période de la séparation.
  • Adaptez un horaire stable. Les mesures d’exception sont expliquées à l’enfant afin qu’il comprenne les changements de son rituel du dodo.
  • Offrez un environnement propice au sommeil, un lieu calme, chaleureux et invitant pour se détendre (lumière tamisée, odeurs, musique calme de préférence sans parole).
  • Évitez les repas nocturnes. Une étude a démontré que la diète plus lourde a un effet marqué sur le sommeil.
  • Refusez que l’enfant se couche dans votre lit. L’enfant doit apprendre à vivre cette séparation et développer ainsi une autonomie affective. De plus, le respect des conditions d’isolement du couple permet à l’enfant de comprendre la place qu’il occupe dans la famille.

… l’enfant dormira bientôt s’il sent de son parent une disponibilité pour lui et seulement pour lui …

Bon dodo l’enfant do !!
Inspiré de l’atelier de Sylvie Bourcier «La période élastique»

Attrait visuel

Le bébé aime regarder des choses qui bougent, qu’est-ce que je peux mettre à sa vue qui peut répondre à cet intérêt ?

Bien sûr beaucoup de choses, mais il est important de sélectionner des objets qui peuvent éveiller le regard de l’enfant tout en lui permettant de se concentrer et de suivre des yeux l’objet attrayant. Pour ce faire, il est important de considérer différents aspects telles que la couleur, la forme, le déplacement de l’objet, sa brillance et sa grosseur. Un jeu bien connu tel que le mobile apporte différentes stimulations dans ce sens mais après quelques mois d’utilisation (0-6 mois) le mobile reste toujours le même objet; il offre peu de polyvalence… Alors que des objets de la maison peuvent avoir la même utilité que le mobile et avoir beaucoup plus de polyvalence. En voici un exemple.

Matériel

  • Prenez un support à bas de forme ronde avec attache en plastron (souvent retrouvé au Dollarama) qui ressemble un peu à un carrousel et suspendez-y des rubans de Noël brillants à chacune des épingles (faire descendre des longueurs jusqu’à 3-4 pieds du sol).

Objectif

  • Développez l’attrait de l’enfant par la couleur, mouvement et le déplacement des rubans.
  • Suivrez des yeux le mouvement des rubans.
  • Exercez des mouvements pour attraper les rubans (exercer ce mouvement du balai avec ses mains).
  • Déplacer des rubans sur le corps de l’enfant (développer le sens du toucher).
  • Exercez son attention et sa concentration sur les rubans qui bougent.

Utilisation

  • Ce genre de petit carrousel en rubans de Noël peut servir aux marcheurs d’exercice motrice en passant en dessous tout en flattant son visage par les rubans.
  • D’autres objets peuvent également être suspendus à l’aide de petits fils élastiques (ex: toutous, tissus, papier de soie, petites balles, choux de cadeau, plumes, etc.).
  • Placé au centre d’une pièce, ce petit carrousel peut servir de décoration en plus d’être un objet de stimulation pour les 0-18 mois.

Si vous constatez que le tout-petit cherche plus à tirer sur les rubans ou les autres objets installés sur le carrousel, mettez les objets un peu plus haut. Même de cette façon l’objet reste un attrait visuel autant pour le poupon que pour le marcheur.

Bonne découverte !

Aménagement de la cour extérieure par ateliers

Les jeux extérieurs deviennent parfois pour les enfants du déjà vu. Après un été bien rempli à explorer manipuler et expérimenter les équipements mis à la disposition des enfants, les enfants semblent saturés.

Comment peut-on apporter de la nouveauté à nos jeux extérieurs pour garder le plaisir de jouer dehors?

Les équipements aménagés dans la cour favorisent l’exercice de la grande motricité. Le module de jeux, le carré de sable, les chemins pour les tricycles, les balançoires sont des espaces de jeux standard pour les enfants de tout âge, chacun y retrouve du plaisir à exercer leurs habiletés motrices. La permanence de ce matériel peut-être à la fin de l’été un peu moins pertinente son utilisation fréquente durant la période estivale enlève l’excitation de la nouveauté. Afin de garder l’intérêt et le plaisir de jouer à l’extérieur, pourquoi ne pas reproduire des espaces de jeu sous forme d’ateliers ? De plus en plus, les services de garde aménagent l’espace à l’intérieur par des coins bien structurés et divisés. Les ateliers placés à l’extérieur peuvent également limiter le nombre d’enfants par espace de jeu et aussi réduire les conflits. Cet aménagement favorise les contacts avec des enfants ayant les mêmes intérêts de jeu, amène l’enfant à développer de nouvelles relations avec un ou deux amis à la fois. Mais à la différence des ateliers à l’intérieur… le bruit est permis.
Les ateliers à l’extérieur peuvent offrir des alternatives, si par exemple je veux limiter l’accès au module de jeu, je peux utiliser ce même module en fixant des paniers avec des ballons pour permettre à l’enfant d’exercer sa motricité mais d’une toute autre façon. Les infrastructures du milieu comme la clôture, le dessous de la galerie, la corde à linge, les fondations sont des endroits peu exploités, mais combien intéressants pour favoriser la créativité et la découverte chez l’enfant. En voici des exemples

Coin arts plastiques

Accrochez des panneaux de coroplaste sur vos clôtures, les panneaux sont lavables si vous utilisez de la peinture. En fixant du papier blanc sur le coroplaste vous pouvez alors utiliser des crayons de cire, feutre et bois. Ces panneaux peuvent être aussi exploités pour le collage.

Coin manipulation

Installez des paniers à la clôture avec des autos, animaux, bonhommes. Les paniers ajourés permetent à l’eau de s’écouler en cas de pluie. Il peut-être intéressant d’ajouter une table sans chaise pour manipuler et se déplacer avec aisance. Fixez sur les fondations un coroplaste sur lequel des images, des pièces de casse- tête avec velcro peuvent être placées. Une plaque de biscuits peut être fixée également sur la clôture pour y manipuler des objets aimantés. Vous pouvez aussi dans ce coin fixer à la clôture des tuyaux transparents pour faire descendre des objets.

Coin Imitation

Utilisez le dessous de la galerie pour jouer avec la cuisinière et accrocher des paniers pour les accessoires.

Coin lecture

Installez une piscine vide pour y mettre des revues, circulaires, livres etc. Les enfants peuvent s’isoler dans la piscine sans eau bien sûr… pour lire.

Coin eau et sable

Exploitez ce coin en utilisant des bouteilles remplies de sable avec des objets à l’intérieur. (Insectes en plastique, brillants, des pierres de couleur) et des bouteilles remplies d’eau (colorant, poissons en plastique) Pour permettre au petit de limiter ses frustrations au partage, donnez- lui une grande quantité de bouteilles. Vous pouvez augmenter le plaisir en accrochant à la clôture des sacs et sacoches. L’enfant s’amusera à mettre ou enlever les bouteilles du sac. Offrez la possibilité de manipuler du sable et de l’eau dans des petits bacs individuels, c’est une façon d’être plus en contact avec la matière.

Coin de grande motricité

Accrochez à votre corde à linge un drap avec des ronds découpés (peut-être présenté comme un jeu de poches géant) L’enfant peut s’amuser à lancer des ballons dans les ronds. Suspendre des ballons sur des fils élastiques de différentes hauteurs. L’enfant peut jouer à frapper les ballons. Le boyau d’arrosage peut servir à faire des chemins (comme un parcours. Mettez une échelle au sol, l’enfant pourra se déplacer entre les barreaux. L’enfant travaillera ainsi son équilibre et son organisation spatiale (un peu comme le jeu de l’élastique). Accrochez des paniers à la clôture pour y lancer des ballons et des balles.

Le choix des coins doit se faire selon les intérêts de l’enfant. Il n’est pas recommandé d’utiliser un tableau pour les choix des ateliers. Le jeu extérieur doit contenir un minimum de consignes pour assurer la sécurité et favoriser le plaisir de jouer à l’extérieur. Le but est de mettre en place des alternatives lorsque certains jeux amènent de l’intervention négative plutôt qu’une source de plaisirs.

L’été tire à sa fin mais le beau temps persiste. Il est encore temps de jouer dehors pour un certain temps. Je vous souhaite donc de passer du bon temps dans vos nouveaux aménagements !!!

Certaines idées d’aménagement de la cour ont été pensées et mises en place par le centre de la petite enfance Caroline de Laval

Un coin pour les grands, pourquoi pas !

Vous arrive t-il d’observer un enfant de quatre ou cinq ans et même un enfant de trois ans de votre groupe multi-âge se montrer impatient avec le plus petit. Juste à voir le plus petit s’approcher de son jeu, le plus grand crie, il le repousse et parfois même vous demande d’intervenir. Si vous vivez ce genre de situation, ce qui suit peut vous aider !

La solution n’est certainement pas de demander au plus grand d’être raisonnable avec le petit. Puisque le plus vieux n’a pas les mêmes intérêts et besoins de jeux, il est normal qu’il désire à certains moments de la journée se retrouver dans un contexte adapté à son âge. Il pourrait alors échanger, faire des découvertes, construire, inventer, bricoler et ce avec du matériel correspondant à ses intérêts.

Les plus vieux ont besoin de se retrouver entre eux pour développer leurs habiletés sociales, leur autonomie, pour leur permettre de trouver des solutions, d’être créatifs et de se faire valoir auprès des autres enfants par leurs qualités de cœur. C’est également un moment pour le plus vieux de mettre en application des règles et des consignes du milieu sans la présence de l’adulte.

L’enfant de quatre et cinq ans accorde une grande importance à ce qui est permis et ce qui ne l’est pas et il est davantage respectueux des règles lorsqu’il sent que vous lui faites confiance. Il cherche à vous prouver qu’il est vraiment GRAND. Ce qui ne veut pas dire que l’adulte ne doit jamais accompagner l’enfant de quatre-cinq ans dans ses jeux.

Le fait de permettre aux plus vieux de se retrouver entre eux est une façon de limiter les frustrations et de valoriser le grandir de l’enfant. Et encore plus intéressant, cette période lui permet de se préparer à son l’entrée à l’école. Vous avez sans doute pu observer un jeu de grand qui se termine à votre simple arrivée. Dommage d’interrompre une aussi grande imagination ! Le coin des grands est peut-être la solution pour vous!

Mise en place du coin des grands
Pour mettre en place un coin des grands, rien de plus simple. Il faut procéder par étape.

  • Dans un premier temps, identifiez les moments d’utilisation qui seront pertinents pour vos grands.
  • Ensuite, sélectionnez des jeux exclusifs à ce coin, par exemple, des jeux à petites pièces, des bricolages avec du matériel non adapté au petit.
  • Troisièmement, trouvez l’emplacement de ce coin, il doit être peu retiré des autres coins de votre salle de jeu, par exemple : pièce avec petite barrière qui limite l’accès aux petits, en dessous de l’escalier, un grand garde-robe avec paravent, une grosse boîte de carton, genre boîte de frigo.

N’oubliez pas de présenter votre idée aux grands dans un moment où les petits n’y sont pas, pendant la période du dodo, par exemple et demandez-leur leurs idées.
Conscientisez l’enfant au fait qu’être seul dans cet espace demande le respect de certaines règles de fonctionnement et de sécurité. Il se sentira tellement responsable et grand! Sensibilisez-le à la sécurité en lui permettant d’utiliser un cylindre pour tester les petites pièces, il pourra ainsi participer à la sécurité du petit. Faites lui connaître votre disponibilité et votre rôle durant l’utilisation du coin des grands.

Le petit a-t-il la permission d’aller avec le grand ? Non. La responsable profite de ce moment pour stimuler le petit et lui offrir du matériel nouveau. Elle pourra ainsi observer ses goûts et intérêts pour répondre à ses besoins. Pour le plus vieux, une supervision discrète sera nécessaire pour qu’il se sente en sécurité et compétent dans ses élans d’autonomie. Le coin des grands lui offre des occasions d’expérimenter le succès dans ses efforts d’être grand. De cette façon, vous vous assurez de répondre à son plein potentiel de croissance !

Le coin des grands, pourquoi pas pour moi aussi !

Un aménagement qui stimule l’apprentissage actif

Claire reçoit chaque jour six enfants dans son service de garde; les enfants ont entre vingt mois et 2 ans et demi. En début d’année, elle a disposé son local par coin de jeux. Sachant bien que les petits ont besoin de bouger, un grand espace est réservé pour la motricité globale. Depuis deux mois environ, Claire a observé que les besoins des enfants ont changé. Elle juge que son environnement doit être exploité autrement afin de mieux répondre aux besoins de son groupe multiâge. Elle se préoccupe de mettre en place un aménagement et du matériel qui stimule l’enfant. Comment Claire peut-elle aménager les lieux pour favoriser l’apprentissage actif?

Une première règle que Claire doit retenir dans l’organisation de son aménagement est de permettre à l’enfant d’être en contact direct avec du matériel de jeu sécuritaire, polyvalent et varié. Le matériel peut être par exemple, les voitures, les maisons jumelées à des objets usuels comme des boîtes, des bobines de fils, différents contenants de plastique style porte savon, étui à brosse à dents, etc. Claire peut prévoir dans son horaire l’utilisation de ses objets dans des moments stratégiques. Comme par exemple, en début et fin de journée, pour lui permettre d’être plus disponible à l’accueil le matin et le soir. Le matériel offre peu de modèle, l’enfant peut l’utiliser seul et à sa façon, il est sécuritaire, ne demande pas un début et une fin donc moins de frustrations pour laisser le jeu. Le groupe de Claire a vieilli depuis le début de l’année, ils ont développé des habilités motrices qui leur permettent d’avoir plus de précision dans leurs gestes et mouvements. Du matériel varié, polyvalent, qui rappelle la vie familiale et les intérêts de l’enfant, contribue aux ingrédients de l’apprentissage actif.

Une seconde règle à mettre en place dans le milieu de Claire est la disposition du matériel. En effet, le matériel invite les enfants à créer et se lancer de nouveaux défis. En plus de mettre à profit leur capacité de faire des choix, la confiance et l’autonomie en sont développées. Un système de rangement bien organisé permet à l’enfant de prendre de l’initiative dans son jeu. Rapidement il repère, associe et dispose son matériel qui l’amène à réaliser son idée. Il augmente de cette façon son sentiment de compétence. L’utilisation des bacs transparents avec des images ou des photos représentant le contenu facilite le rangement. La responsable doit encourager l’enfant à replacer le matériel à sa place, elle lui permet ainsi d’assumer une part de responsabilité dans son milieu de vie. Claire doit disposer son matériel de 3 façons:

  1. À la disposition de l’enfant par des bacs
  2. À la vue de l’enfant sur des tablettes pour qu’il puisse faire des demandes
  3. Du matériel non disponible dans des armoires pour faire une rotation.

Un système de rangement conçu pour que l’enfant puisse trouver, utiliser et ranger le matériel par lui-même, un autre principe important dans l’apprentissage actif.

La disposition des coins doit être délimitée de sorte que Claire puisse repérer tous les enfants en parcourant le local du regard. Les meubles qui servent de divisions psychologiques ne doivent pas empêcher la responsable de voir les enfants en action. Les enfants doivent pouvoir se déplacer et observer les autres d’un coin à l’autre sans déranger une situation de jeu. L’apprentissage actif rappelle l’importance des coins d’activités bien délimités pour stimuler le jeu et une disposition qui facilite l’observation et la circulation.

Claire doit prévoir dans son environnement un espace où l’enfant peut mettre ses objets personnels. Il est certain que le vestiaire est l’endroit tout désigné pour les vêtements. Mais afin de faciliter les déplacements, Claire doit mettre à la disposition un bac identifié par le prénom et le symbole de l’enfant pour déposer ses effets personnels. Par exemple, son toutou, un jeu de la maison, ses photos de voyage qu’il veut montrer au groupe, ses productions, etc. Prévoir dans son milieu un endroit pour mettre les effets personnels et les réalisations de l’enfant, c’est lui accorder de l’importance et du respect.

Claire doit déterminer un endroit pour le rassemblement des enfants. Ce lieu permet de se retrouver, d’échanger, d’écouter une histoire, faire une causerie. C’est aussi un moment pour la responsable d’annoncer les activités et reparler de certaines consignes non respectées. Un endroit fixe pour le repas et la sieste sont également essentiels pour créer un sentiment de sécurité surtout chez le petit. Ces routines sont souvent des sources de tensions causées par la fatigue du matin et par les contraintes vécues entre les enfants. Il est donc pertinent d’avoir un lieu stable où l’enfant peut facilement avoir des repères visuels pour se sentir en sécurité. Une aire de rassemblement, un lieu fixe pour le repas et la sieste, font partie des éléments de l’apprentissage actif.

Un lieu où le parent peut accueillir son enfant après une journée de travail et échanger avec la responsable peut être un moyen pour faciliter la création de liens avec la famille. Il n’est pas nécessaire que l’endroit soit très grand mais qu’il permette un certain retrait pour vivre de l’intimité avec son enfant sans le regard des autres. Une autre façon de créer des liens est de mettre dans la salle de jeu un divan ou une causeuse pour inciter le parent à prendre une place dans le milieu de vie de son enfant. Une éducatrice d’un CPE de la région de Montréal en a fait l’expérience. Ses observations lui ont permis de constater que les parents se sentaient plus à l’aise pour s’arrêter, observer son enfant en situation de jeu, prendre plus de temps pour parler avec l’éducatrice et même d’échanger avec d’autres parents. L’expérience a été tellement positive que l’ensemble des éducatrices du CPE ont mis en place cette stratégie. Des lieux accueillants et invitants permettent à la famille de créer un lien de confiance avec le milieu.

La sensibilité de Claire aux besoins de son groupe d’enfant, lui donne l’occasion de travailler l’intervention indirecte. Par la mise en place de matériel et un aménagement qui évolue avec les intérêts des enfants, Claire augmente les défis, développe la créativité, provoque la résolution de problèmes, amène l’enfant à travailler de nouvelles compétences dans un milieu. Elle lui donne l’occasion de faire de nouvelles découvertes dans le plaisir.

Un local divisé par aires de jeu, un regroupement d’objets stimulants et du matériel de récupération riche d’expérimentation, un système de rangement qui permet à l’enfant de développer sa compétence, un lieu où petit et grand ont leur place, voilà les ingrédients nécessaires pour avoir un service de qualité. À vous maintenant de faire l’analyse de votre milieu, pour le rendre actif et stimulant!

Rendre son milieu stimulant

Tous me diront que le matériel mis à la disposition de l’enfant, l’aménagement de l’espace, les interactions entre les enfants, les interventions de l’adulte, les possibilités de l’enfant à expérimenter sont de belles occasions pour faire des apprentissages. Par contre, peu d’éducatrices pensent à exploiter les infrastructures de leur local pour stimuler les enfants. Et pourtant, rendre stimulant un dessous de table, un derrière de chaise, faire parler de façon originale les murs, les plafonds et les planchers du local; c’est aussi une façon de stimuler la découverte!

Trop souvent l’environnement n’est pas utilisé à son maximum. Nous demandons à l’enfant de s’asseoir pour jouer alors que la chaise peut limiter l’expérimentation, surtout chez les 18 à 24 mois. La même chaise peut être un objet de découvertes si on fixe au dossier des rouleaux d’essuie-tout pour faire descendre des petits objets. Apprendre en se déplaçant, tirer, regarder, faire balancer sont des gestes naturels qui sont permis dans les activités motrices. Que l’enfant puisse le faire en tout temps dans un environnement sécuritaire donne des occasions pour l’enfant plus moteur d’agir sur son environnement en toute liberté.

L’enfant nous donne souvent des pistes de découvertes mais l’adulte hésite parfois à répondre au choix d’un jeu non conventionnel. Par exemple, une chaise sert à s’asseoir, nous manipulons sur une table et non sur le mur. Il est certain, qu’il faut tenir compte de la sécurité des lieux et des exigences du milieu. Mais lorsque que les résistances ne viennent que de l’adulte, n’est-il pas important de se questionner sur les besoins et intérêts de l’enfant plutôt que d’interdire et d’exiger par principe?

L’environnement physique a un impact sur le développement et le comportement des enfants. Ils ont besoin d’expérimenter avec leur corps pour en connaître les possibilités afin de bien les maîtriser. Ce regard différent sur son environnement demande à l’éducatrice d’observer, d’avoir de l’ouverture mais aussi de la créativité. Cette façon de stimuler s’additionne à ce que l’éducatrice fait déjà.

Un environnement animé, des enfants enjoués!

Le CPE Caroline, situé à Laval, a travaillé beaucoup dans ce sens. Les espaces restreints des locaux permettaient peu de possibilités pour installer un coin de manipulation. Suzie Tremblay, une éducatrice a eu la brillante idée d’utiliser un mur comme coin de manipulation. Une murale sur le thème des insectes a été pensée, les enfants pouvaient manipuler les petits insectes, les cacher dans un feuillage en plastique fixé au mur, les regarder à l’aide de loupes suspendues à la murale, les mettre dans des petites boîtes de différentes formes. Un jeu d’associations aimanté permettait de placer l’insecte dans son habitat. Des images ont également été placées au mur pour observer. Un thème bien exploité, mis en permanence dans l’espace de l’enfant. L’idée a permis plusieurs apprentissages selon les goûts et intérêts de chacun.

Voici d’autres façons d’exploiter l’espace et l’ameublement dans votre local….

  • Utilisez le dessous de la table avec des objets aimantés;
  • Mettez votre coin livres dans un bas d’armoire dont vous pouvez refermer les portes pour limiter l’accès;
  • Fixez un tapis à autos au mur pour avoir plus de place dans le coin blocs;
  • Collez des bandes de velcro au mur pour mettre et enlever des pièces de casse-tête avec velcro;
  • Collez au mur des boîtes de différentes formes pour déposer des objets;
  • Faites un labyrinthe au mur avec des rouleaux d’essuie-tout;
  • Suspendez au mur des crayons et du papier pour dessiner;
  • Attachez au dos des chaises des pochettes à manipulation;
  • Collez sur un banc ou une chaise des casse-tête pour éviter les déplacements d’un coin à l’autre;
  • Mettez une table à l’envers pour faire un espace de jeu temporaire;
  • Dans le coin moteur, suspendez du plafond des ballons (les ballons sont utilisés sous une forme différente);
  • Suspendez un grand drap avec des trous pour lancer des éponges de bain;
  • Utilisez les rampes d’escaliers pour faire un jeu de tressage géant;
  • Reconstituez une histoire que vous collez sur les contre- marches de l’escalier;
  • Installez un tissu de feutrine au mur pour lancer des rouleaux à cheveux (style velcro).

Le rôle de l’éducatrice est de créer un environnement stimulant pour le développement de l’enfant. N’est- il pas tout aussi stimulant pour l’adulte de découvrir de nouvelles façons d’animer autrement son environnement.

La cour extérieure : comment la rendre stimulante et sécuritaire cet été.

Josée Lespérance, TÉE éducation à l’enfance

Juin 2013

www.aveclenfant.com

Un été ensoleillé et une température agréable comment ne pas penser à notre cour extérieure avec les enfants.

Deux questions se posent afin de rendre cette période estivale stimulante et sécuritaire…Lorsqu’il s’agit de stimulation, la cour devient pour l’été un lieu important d’apprentissage pour l’enfant. Il faut donc penser à l’aménager comme à l’intérieur. Des coins stimulants et qui dit stimulant dit jeux de manipulation, d’exploration, jeux d’eau, carré de sable avec de nouveaux défis, utilisation de l’infrastructure et trousse pour des jeux moteurs.

Voici donc quelques exemples :

Jeux de manipulation : Ce coin de jeu doit permettre à l’enfant d’avoir accès  à des bacs de manipulation de toutes sortes tels que : Bac de casse- têtes, de bonhommes, de dinosaures, de cartes avec images etc. Utilisez des cabarets pour chacun des enfants afin de structurer le jeu et de faciliter de rangement. Placez une armoire à jardin pour y ranger le matériel.

Exploitation des infrastructures : Permettez aux enfants de jouer sur différentes surfaces. Par exemple, utilisez une table dans le coin manipulation sans chaise. De cette façon, l’enfant a plus accès à la surface de jeu et un plus grand contrôle de ses mouvements. Suspendre des paniers à la clôture et mettre des autos, des animaux, des outils, etc. Fixez un coroplaste à la clôture, collez un grand papier blanc et suspendre des crayons. Vous pouvez aussi peindre directement sur le coroplaste et effacer avec de l’eau. Cette surface devient très polyvalente et peut rester en place tout l’été. Placer des jeux aimantés en fixant des plaques à biscuits à la clôture. Installez sur le cabanon des pochettes pour y mettre des livres, circulaires, cartes postales, etc.

Jeux d’eau : Les jeux d’eau peuvent prendre différentes orientations autre que d’installer des piscines. Nous observons de plus en plus dans les milieux l’utilisation  de jets d’eau. Permettre d’avoir un bac d’eau pour chacun des enfants peut-être aussi pertinent. Accrocher à la clôture des tuyaux en plastique, moulin à sable, des contenants avec des fonds troués. Ajoutez au bas de vos installations des bacs à fleurs pour récupérer l’eau.

Carré de sable avec de nouveaux défis : Installez dans votre carré de sable le coin cuisine avec vaisselle. Faites des divisions psychologiques avec des petites clôtures pour déco de jardin. Permettez un espace de construction avec des gros camions, pelles, chaudières.

Trousse pour les jeux moteurs: Ayez sous la main un sac recyclable avec balles, foulards, cordes à danser, ballons de plage, pinces à linge, petite baguettes de couleurs (style pop sicle). Ces objets vous permettront d’improviser plusieurs jeux moteurs.

Dans chacune des zones de jeux proposées, il est important de prévoir la sécurité. Être disponible aux enfants, assurez une présence dans chacun des coins, animez des jeux moteurs, installez des mises en scène, accompagnez l’enfant dans ses découvertes, demande de se doter de moyens concrets  afin d’éviter que les éducatrices  se regroupent entre elles pour échanger.

Pour que les règles de sécurité soient appliquées pas les éducatrices permanentes et les remplaçantes, les moyens utilisés doivent être réalistes et souples.

Voici un moyen qui peut faire la différence dans la cour de votre milieu de garde cet été.

Comité pour l’aménagement de la cour : Mettre en place un comité pour organiser l’aménagement des coins stimulants de votre cour. Ce comité a pour mandat de recueillir les idées de l’équipe, de faire les achats, de mettre en place les zones de jeux. La responsabilité des éducatrices du milieu est de s’assurer par la suite de l’état du matériel et d’en faire le remplacement.

Comité santé/sécurité : Ce comité est composé de deux à trois personnes. Le  mandat est de rédiger les règles de sécurité ainsi que le fonctionnement de chaque station de jeux. Ce document est expliqué et remis à chacune des éducatrices du milieu. En terme de fonctionnement dans la cour, il peut être pertinent de mettre un cadre visuel qui indique la zone de jeux, le nombre d’adultes exigés pour assurer la sécurité ainsi que les règles de fonctionnement de cette zone. Avoir des bancs d’adultes dans chacun des coins facilitera certainement le travail de votre équipe.

À la fin de l’été, vous pouvez proposer qu’un comité soit responsable de défaire et ranger le matériel. Lors d’une réunion d’équipe, mettre sur papier ce que vous désirez maintenir et améliorer pour une prochaine année. De cette façon, vous évitez de refaire l’exercice pour l’été prochain !!!!

Voilà une façon de rendre la cour stimulante et sécuritaire !

Comment célébrer la fête de l’halloween en multiâge

Comment célébrer la fête de l’halloween en multiâge dans le plaisir tout en évitant l’anxiété chez le tout-petit ?

L’Halloween est une fête de plus en plus célébrée au Québec. Nous n’avons qu’à regarder les décorations devant les maisons, les costumes et les accessoires vendus en magasin pour comprendre l’importance que le grand public accorde à cette fête. Une fête qui est animée bien avant le 31 octobre.

Dans vos services de garde, c’est également une fête bien attendue avec du plaisir assuré et ce surtout pour les 3-4 ans. Ils aiment sortir de leurs routines, porter des déguisements, créer des ambiances nouvelles qui les enchantent. Présenter un repas avec comme menu une soupe aux sorcières, du jus à la citrouille et des biscuits en forme de fantômes augmentent le plaisir

Mais qu’en est-il pour le 18 mois-2 ans? Le petit vit cette fête d’une toute autre façon. Il est encore bien loin de ce côté imaginaire qui lui procure plus de peur que de plaisir. Il a encore besoin de beaucoup de stabilité dans les routines pour accepter autant de changements que la fête peut engendrer. Son besoin de repère visuel pour se sécuriser ne peut que lui faire vivre de l’anxiété lors de cette journée. Si tout est transformé dans son environnement, il ne reconnaît plus son éducatrice dans son déguisement, les changements apportés au décor ne lui permettent plus de s’orienter dans son espace et en plus le repas se prend dans un autre endroit avec un menu peu commun… Des petits changements qui sont plus stressants qu’amusants pour notre tout-petit qui est en évolution. Bien sûr, cette fête est aussi une occasion de s’habiliter à tous ces changements me direz-vous! En effet, mais tout est dans le «comment faire». Voici donc des petits trucs pour vivre l’Halloween dans le plaisir.

Petits trucs

  • Pour les plus grands qui retirent du plaisir à avoir peur des sorcières, des fantômes et qui aiment inventer, pourquoi pas faire un coin avec du matériel correspondant à la fête (accessoires, déguisements, images sur les murs représentant la fête, livres sur le sujet, musique, citrouilles décorées par eux), etc.
  • Pour les plus petits avoir également du matériel mais qui est présenté graduellement et que l’éducatrice prend plaisir à manipuler avec le tout-petit. Elle peut même se déguiser en présence des enfants. De cette façon, l’enfant est davantage capable de prévoir et de constater les transformations. Ce qui fait réagir le tout-petit est son incapacité d’anticiper les événements lorsqu’ils arrivent subitement.
  • Les vêtements, les accessoires que vous jouez à enlever et à remettre avec les tout-petits feront bien sûr partie de votre déguisement du 31 octobre.
  • Évitez les masques qui recouvrent votre visage, si le petit ne peut repérer aucune ressemblance avec son lien d’attachement (éducatrice) il sera davantage dans l’anxiété. De plus, les masques ne sont pas sécuritaires dans l’exercice de vos tâches.
  • Si vous avez à mettre du maquillage dans votre visage, faites-le devant les enfants afin qu’ils voient les transformations et anticipent les changements.
  • Vous pouvez en profiter pour organiser une parade de mode. Demandez à tous les enfants d’apporter son déguisement pour le défilé. De cette façon, il le met sur place, il se maquille et tous peuvent voir les transformations.
  • Les costumes très élaborés ne sont pas à conseiller.
  • Il peut être pertinent d’avoir un menu un peu spécial mais le faire dans un endroit où le petit peut avoir des repères visuels, c’est-à-dire un endroit connu par l’enfant.
  • La journée peut avoir une allure de fête, mais il ne faut pas perdre de vue que les routines sont des repères dans le temps pour le petit.
  • Fredonnez des chansons sur le thème que vous allez chanter pour cette journée avec des bruits de fantômes et de sorcières.
  • Si malgré tout un petit éprouve des peurs lors de cette fête, il va de soi que pour le respect de l’enfant on n’insiste pas davantage. Car pour le petit, le simple fait d’observer les autres peut être déjà une source de plaisir.

L’Halloween est une fête d’enfants qui amuse les adultes, il ne faut pas la transformer en fête d’adultes qui amuse les enfants….

Bon 31 octobre 2002!