Un lapin pour mon petit lapin

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Les services de garde sont sur le point de préparer la fête de Pâques avec les enfants. Chansons, bricolages, histoires, jeu du lapin, chasse aux trésors et bien plus encore. Pour le parent, Pâques est une belle occasion d’offrir à son petit lapin un vrai animal qui représente l’événement. Lapin, canard, chat et parfois même un petit chien.
Est-ce une bonne idée de donner à mon enfant un animal en cadeau ?

Il est toujours magique de voir notre enfant réagir devant un animal qu’il chérit, à qui il donne un nom qui parfois peut-être rigolo pour l’adulte. Nous lui offrons en échange de s’occuper de son petit animal. Le nourrir, le promener, le brosser et parfois même de ramasser les petits cadeaux de l’animal. Malheureusement, les attentes du parent sont bien grandes pour son petit lapin. Le jeune enfant préscolaire ne peut prendre soin de quelqu’un d’autre puisqu’il est lui-même dans l’apprentissage de prendre soin de soi. Son égocentrisme ne lui permet pas de comprendre et répondre au besoin de l’autre puisqu’il est centré sur ses propres besoins. Le désir est présent mais bien peu réaliste de penser qu’il peut s’engager aux besoins nécessaires à la survie de l’animal.

Lorsque le parent cède au désir de l’enfant et fait l’acquisition de l’animal, deux réalités peuvent se présenter. Le parent se retrouve avec les responsabilités que comportent l’animal et est déçu de constater la négligence de son enfant face à son désir. D’autre part, se voyant avec un surplus de tâches, le parent peut prendre la décision de laisser partir l’animal dans une autre famille. L’enfant se sent alors triste d’avoir perdu le cadeau qu’il désirait.

Par contre, la situation peut être bien différente si le parent décide de faire vivre des actions concrètes avant de faire l’acquisition de l’animal. Voici des exemples qui peuvent aider l’enfant à porter son désir :

  • Rencontrer une personne qui a le même animal désiré.
  • Aller à l’animalerie avec votre enfant pour lui faire signifier son choix.
  • Faire une recherche sur l’animal pour mieux le connaître au niveau du tempérament.
  • Rencontrer une personne qui pourrait informer l’enfant sur les soins particuliers à apporter à l’animal.
  • Offrir à l’enfant un animal en peluche représentant son désir. Mettre autour de l’animal en peluche une magie afin de construire l’imaginaire de l’enfant. Ce cadeau peut être accompagné d’accessoires comme un petit panier, couverture, plat de nourriture, etc.
  • Avoir l’occasion de vivre avec un animal une courte période, par exemple garder l’animal de quelqu’un d’autre.

Vous avez su faire porter le désir à votre petit lapin. Il est maintenant capable de réaliser son rêve avec succès …

Je découvre la nature avec mon éducatrice

Propositions d’activités d’éveil à la nature ?

La première question à se poser avant tout est : quelle est ma sensibilité à la nature? Suis-je encore émerveillée par le chant des oiseaux, par l’évolution d’un arbre, par de l’eau qui coule, par des fleurs qui poussent…, et bien d’autres choses que peut nous apporter la nature. Pour éveiller l’enfant à son environnement, il faut d’abord comme responsable que nous soyons touchés par ce qui nous entoure. Notre premier outil lorsque nous travaillons avec les enfants est nous-même. De simples gestes peuvent sensibiliser l’enfant à ce qu’il voit, entend, sent et touche. Par exemple prendre une marche avec son groupe, faire écouter les bruits de l’environnement développe chez l’enfant son intérêt pour la nature. Cette balade lui permet aussi de se concentrer, de travailler son sens de l’imaginaire. L’enfant va personnaliser ce qu’il entend et par le fait même il développera son sentiment d’identité. Ce simple geste lui permet aussi d’être attentif à une consigne. Voilà beaucoup d’apprentissages pour une simple promenade dans votre quartier. Il n’est pas nécessaire d’avoir du matériel stimulant pour sensibiliser notre tout-petit à son environnement au contraire tout est dans la nature. Je vous propose donc des petits trucs qui se trouvent à deux pas de votre maison et qui amusent autant les petits que les grands.

Les roches

  • Ramassez, triez, classez par couleurs, formes, grosseurs.
  • Faites mettre les roches dans des contenants ou simplement dans les poches des enfants.
  • Faites des chemins avec les roches.
  • Peindre les roches.
  • Faites le contour d’un autre enfant.
  • Faites rouler la roche et sauter plus loin que la roche.
  • Jouer à la marelle.

Les branches

  • Mettez en ligne les branches et faites marcher les enfants dessus.
  • Faites des dessins avec les branches dans le sable.
  • Faites observer les différences d’une branche à une autre.
  • Faites sauter les enfants par dessus/ par dessous une branche.
  • Faites danser la branche par l’enfant.
  • Faites un parcours de branches.
  • Faites reconnaître les branches d’un sapin, érable etc

L’arbre

  • Faites reconnaître les sortes d’arbres par les différences (feuille, tronc couleur).
  • Faites manipuler et sentir les écorces.
  • Faites prendre les positions des arbres avec leur corps. Exemple (faites des grandes branches avec les bras, etc.).
  • Les yeux bandés faites toucher un arbre parmi trois, enlevez le bandeau et l’enfant doit reconnaître de quel arbre il s’agit.
  • Faites coucher les enfants en dessous des arbres et faites observer les mouvements.
  • Jouez à se cacher derrière les arbres.
  • Jouez à cherche et trouve, trouvez le plus petit arbre, le plus gros, le plus haut.

Méli Mélo en nature

  • Prenez différents objets de la nature et construisez un parcours (roches, branches, gazons, arbres, arbustes, buttes de terre, flaques d’eau)
  • Donnez au plus vieux des indices pour identifier des objets de la nature.
  • Partez à la chasse aux vers de terre, aux moustiques (pelles et chaudières sont nécessaires).
  • Jouez aux éboueurs, chaque enfant ramasse les rebuts de l’hiver. (peut être utile de mettre des gants aux enfants pour faire ce type d’activité)
  • Jouez à l’inspecteur, identifiez des objets qui polluent la nature. (excréments d’animaux, canettes de liqueur, cigarettes) etc.
  • Marchez et identifiez ce qu’on sent.
  • Observez des oiseaux dans les mangeoires, imitez leurs cris, nommez les couleurs et peut être avec les plus vieux faites identifier dans un livre de quel sorte d’oiseau il s’agit.

Après un hiver aussi froid, il est toujours agréable de profiter du beau temps pour aller jouer dehors avec nos petits explorateurs. Leurs découvertes nous permettent parfois de trouver de nouvelles idées d’activités. Prenez le temps de les observer dans leurs jeux pour mieux connaître leurs goûts et leur intérêt pour l’environnement. Voilà une belle façon de découvrir la nature avec ses petits.

Un beau bricolage pour le sac à dos…

Un beau bricolage pour le sac à dos…
(les attentes des parents face au produit fini de leur enfant)

En fin d’après- midi, la maman de Jade vient la chercher chez Carole. Comme à chaque jour la maman s’intéresse à ce que sa petite fille de 3 ans a fait durant la journée. La responsable de garde explique à la mère que l’atelier d’aujourd’hui consistait à reproduire un bonhomme de neige en plaçant les yeux, le nez et la bouche dans le premier rond du bonhomme . Par la suite, elle devait mettre trois boutons un en dessous de l’autre dans le deuxième rond. Comme Jade a bien suivi les consignes, elle a eu le temps de compléter son bonhomme de neige avec de la ouate. Carole informe la maman qu’elle a dû aider Jade pour mettre les yeux, le nez et la bouche à la bonne place. La maman de Jade regarde les bonhommes de neige que Carole a affichés au mur. Elle demande à sa fille d’apporter à la maison son beau bricolage pour le montrer à son papa. Jade répond «je veux pas l’apporter, c’est même pas moi qui l’a fait»!!!! Un peu déçue de la réaction de sa fille, la maman décroche le bricolage et le dépose dans le sac à dos ….
Trop souvent dans ma pratique, j’ai vu ce genre de situation où le parent négocie avec son enfant le désir d’apporter le produit fini à la maison. La responsable s’oblige à ce que l’enfant apporte des bricolages à la maison pour signifier aux parents ce que son enfant fait au service de garde durant son absence. Ce qui donne souvent lieu à un bricolage tellement bien «fini» qu’il est presque impossible de croire que c’est un enfant de 3 ans qui en est l’auteur. Ou encore, les bricolages sont tous pareils, il est difficile pour l’enfant de reconnaître le sien.

Pourquoi attacher autant d’importance à ce que son enfant fait en terme de produit fini? J’ai posé la question à quelques parents, voici le résumé des réponses.

  • Cela me rassure de constater que malgré mon absence mon enfant apprend. Mon retour au travail ne le pénalise pas.
  • Il est sécurisant de voir son enfant capable de tenir un crayon, découper, écrire son nom. Ce sont des pré-requis essentiels pour l’école.
  • Je suis capable de voir les capacités de mon enfant par ce qu’il fait dans son milieu de garde.
  • Comme mon enfant ne me dit pas tout ce qui a fait durant la journée, le produit fini me permet de voir concrètement ses actions.
  • Voir ce que mon enfant fait avec son éducatrice me permet de poursuivre à la maison. Parfois même de lui montrer des choses différentes, afin de lui faire faire des apprentissages.

Il est certain qu’ être parent amène un lot d’inquiétudes, nous voulons tous lui éviter des difficultés dans ses apprentissages, nous avons le souci qu’il soit capable d’apprendre comme tous les autres enfants. Quoi de plus sécurisant de voir son enfant aimer faire du bricolage, découper, écrire son nom sur son dessin. Pour répondre à son inquiétude, le parent peut demander ou même exiger de la responsable de faire avec son enfant des activités un peu plus scolarisantes afin qu’il soit prêt pour l’école.

L’éducatrice a la responsabilité de stimuler, développer, faire vivre des expériences nouvelles à l’enfant. Entre 0-5 ans l’enfant n’a pas acquis les habiletés nécessaires pour faire des apprentissages scolaires. Le service de garde doit développer ces acquis par le jeu. Par exemple lorsque la responsable demande aux enfants de ranger, il doit classer, associer et différencier des objets, elle fournit à l’enfant l’occasion de faire des pré –mathématiques. Au même titre que lorsque le matériel est identifié sur les bacs par un dessin suivi du mot, elle permet à l’enfant de faire de la pré-lecture. Ces pré-requis sont nécessaires pour faire des apprentissages scolaires. L’enfant doit avoir atteint une maturité au niveau neurologique, c’est ce qui va lui permettre d’être dans sa période critique pour apprendre à marcher, découper, dessiner etc. Avant cette période, l’énergie déployée pour faire faire des apprentissages scolarisants est peu efficace et peut s’avérer inutile. Lorsque que l’enfant est dans sa période critique il s’exerce par lui même, il va demander par exemple,«c’est la lettre comme dans mon nom»?, «peux-tu m’écrire mon nom», il va compter combien il a d’amis dans le groupe, l’enfant va se pratiquer à découper etc. C’est alors que l’apprentissage se fait dans un minimum de temps et d’efficacité. Le rôle de l’éducatrice est d’offrir à l’enfant de vivre différentes expériences, mettre à sa disposition du matériel riche d’exploration, organiser le milieu physique pour stimuler l’intérêt de l’enfant à différents apprentissages et observer chacun des enfants dans leur développement afin de leur offrir du support plus individualisé. Le respect du rythme de l’enfant permettra de faire des apprentissages mieux adaptés à ses besoins.

Le parent doit être informé des apprentissages de son enfant dans chacune des expériences qu’il vit au service de garde. Dans ce sens, la responsable peut parler des expériences-clés que l’enfant développe dans ses jeux ou activités prévues. Par exemple, lorsque l’enfant joue dans le sable il apprend :

  • À explorer une matière.
  • À comparer des quantités en manipulant des chaudières vides et pleines.
  • À remplir et vider des contenants de différentes grosseurs. Il intègre les notions de léger/lourd, vide/plein, humide/sec, égal/différent, petit/grand, plus/moins, à côté/dedans/dessous/dessus.
  • À utiliser des objets pour en imiter d’autres, la chaudière remplie de sable peut servir de gâteau de fête pour une éducatrice.
  • À faire le choix des objets qu’il lui sont nécessaires pour jouer dans le sable.
  • À organiser son espace de jeu.
  • À exprimer ses idées avec d’autres enfants.

Il a développé en jouant dans le sable des habiletés mathématiques, sociales, spatiales et affectives. Ses expériences s’additionnent à celles déjà en place et développent chez l’enfant des bases nécessaires pour son entrée à l’école.

Devant les exigences des parents il parfois important de mettre en place des outils qui leurs permettront de mieux comprendre les acquis de leur enfant. Pour ce faire la responsable de garde peut développer des expériences- clés que l’enfant vit au quotidien, c’est- à – dire dans les routines, jeux libres et ateliers. Elle peut également prévoir de nouvelles expériences clés dans le cadre de ses activités prévues.

En après midi la maman de Jade vient chercher sa fille. Elle s’arrête devant le tableau des expériences- clés pour connaître ce que Jade a vécu aujourd’hui . Elle constate des apprentissages en terme d’autonomie, de motricité fine, de socialisation, d’exploration de différentes formes, grandeurs, couleurs et textures.

La maman trouve que sa fille apprend beaucoup chez Carole. Elle comprend qu’un sac à dos rempli d’expériences- clés représente tout un bagage pour l’avenir…. Elle en est maintenant certaine et fait confiance à son enfant. La curiosité intellectuelle mariée au plaisir développé chez Jade restera toujours un fondement de la motivation d’apprendre.
Dans le but de supporter les responsables de garde dans l’appropriation des expériences-clés, Céline Perreault enseignante en techniques d’éducation en service de garde au Cégep Régional de Lanaudière à L’Assomption donne des formations pour l’utilisation des expériences-clés auprès de groupe multiâge.
Pour la contacter pierreetceline@videotron.ca
Vous pouvez trouver la nomenclature des expériences-clés dans le tome 1 Jouer c’est magique, programme favorisant le développement global des enfants, Publication du Québec, gouvernement du Québec, 1998, 158 pages.

Des idées avec presque rien !

Des idées avec presque rien !
Des objets de maison qui développent la créativité de l’enfant

 

Solange se questionne sur la pertinence des apprentissages avec des objets usuels. Elle se demande si elle doit laisser l’enfant expérimenter un objet sans valeur éducative pour l’adulte et si oui, comment peut-elle amener l’enfant à faire des découvertes avec un simple rouleau de papier de toilette ? De plus, elle voit mal comment elle peut assurer la sécurité dans son groupe avec ce type matériel.

Quoi de plus intéressant pour l’enfant de découvrir et d’expérimenter un objet qui n’est pas un jouet et de le rendre stimulant en le manipulant. Qui n’a pas observé un enfant jouer avec du papier d’emballage, des rubans et des choux dans un dépouillement d’arbre de Noël.

L’adulte trouve parfois étrange de voir un enfant s’amuser avec si peu. L’utilisation du matériel usuel permet de multiples apprentissages et ce pour tous les âges. Les raisons sont simples : le matériel que l’enfant retrouve dans son quotidien ne lui impose pas de modèle de jeu, il s’amuse à sa façon, selon ses goûts et intérêts et avec peu de consignes.

À l’opposé, avec un casse-tête, par exemple, l’enfant doit suivre des consignes pour vivre du succès. Il doit mettre chacune des pièces dans le bon encastrement. Pour réussir le casse- tête l’enfant doit avoir de la motricité fine, de l’attention et de la concentration.

Ces acquis peuvent aussi se développer dans des jeux dont lui seul sera l’initiateur. Si vous observez deux enfants du même âge s’exercer à jouer avec des boîtes, l’un peut avoir de l’intérêt à monter et descendre de la boîte et l’autre peut simplement mettre et enlever des objets de la même boîte.

Le plus vieux peut prendre la boîte pour en faire un garage pour ses voitures. Sans modèle de jeu, chacun exploite à sa façon l’objet avec plaisir. L’objet usuel permet à l’enfant de développer sa motricité fine, son attention et sa concentration tout autant qu’un casse -tête. Par son utilisation unique, l’enfant exploite sa créativité et fait des apprentissages à son rythme.

Le jeu ou le jouet acheté a aussi une valeur importante dans le développement de l’enfant. Il lui permet de suivre des règles et consignes pour vivre du succès, il lui propose un modèle qui lui permet de développer des attitudes d’imitation. Mais le fait d’intégrer des objets usuels à votre matériel de jeu déjà en place permettra de faire évoluer le jeu de l’enfant.

Par exemple, enlever les différents jeux de construction dans votre coin bloc et ajouter une quantité importante de boîtes de souliers avec les camions et les voitures. Ce changement apportera une tout autre dimension dans le jeu de l’enfant.

Travailler avec des objets usuels demande à l’éducatrice de faire confiance aux idées d’exploration de l’enfant. Elle doit également prendre le temps d’observer l’enfant et alimenter ses jeux par du matériel peu exploité par le milieu. Prenez le temps de vous demander avant de mettre un objet à la poubelle: comment l’enfant pourrait réinvestir cet objet dans son jeu ? Le simple fait de mettre l’objet interdit à la disposition des enfants vous permettra de voir comment ils ont des idées plein la tête avec presque rien. Vous apprendrez de vos petits. Osez mettre votre créativité au service des enfants, ils y gagneront en stimulation !

Mais attention, la sécurité est de rigueur. Puisque les objets usuels ne sont pas testés par le consommateur, il est parfois difficile d’anticiper la façon dont l’enfant jouera avec le matériel. La présence de l’éducatrice est essentielle pour la sécurité de l’enfant.

Permettez-vous d’expliquer aux parents l’utilisation des objets usuels dans votre espace de jeu. Pour un parent, voir son enfant s’amuser avec des couvercles de pots de bébé, lui confirmera qu’un objet de jeu usuel peut tout aussi bien être éducatif qu’un jouet acheté en autant que son enfant y trouve une utilité bien à LUI avec un adulte pour l’accompagner dans ses découvertes juste pour LUI.

Le jeu coopératif… une belle façon de jouer!

Marie-Claude est une éducatrice dans le groupe des 4-5 ans. Le groupe démontre de grandes habiletés pour la motricité globale, il déploie beaucoup d’énergie surtout lors des jeux extérieurs. Plusieurs enfants pratiquent, d’ailleurs, des activités sportives les fins de semaine. Par contre, Marie-Claude a constaté qu’il est difficile pour les enfants de son groupe d’accepter les erreurs, que les activités de motricité fine sont très peu populaires et qu’ils utilisent un langage de compétition (je suis le plus rapide, j’ai gagné, je suis le premier, je suis le plus, plus, plus…). Certains enfants cherchent à être constamment les premiers pour exercer une routine (le moment de l’habillage devient toujours une course). Marie-Claude veut amener son groupe à vivre le plaisir d’être ensemble et intégrer des activités où les éléments compétitifs sont limités.

Avant de vouloir tout changer, il est important que Marie-Claude se questionne sur ses propres attitudes avec les enfants. Les couleurs d’un groupe étant souvent le reflet de l’attitude de l’éducatrice. Voici les questions qu’elle doit se poser:

  • Est-ce que comme personne je pratique des sports compétitifs?
  • Est-ce que je favorise des activités où il y a un gagnant et un perdant, une bonne et une mauvaise réponse?
  • Est-ce que j’ai un langage qui favorise la compétition. Par exemple, le premier rendu au vestiaire, tu es le champion, le plus rapide c’est…
  • Est-ce que je valorise plus le produit fini que la participation et le plaisir de jouer ensemble?
  • Est-ce qu’avec le parent je souligne les réussites et les bons coups de son enfant dans un contexte de développement afin de recadrer ses attentes?
  • Est-ce que mes attentes sont réalistes et adaptées pour chacun des enfants?

L’enfant de 4-5 ans manifeste parfois le désir de jouer à des jeux un peu plus compétitifs. Ce désir est souvent influencé par le comportement du parent, d’un frère ou sœur, ou par l’attitude de l’éducatrice. À cet âge l’enfant ne saisit pas tous les enjeux du fait de perdre ou de gagner. Il peut être très déçu de ne pas arriver le premier et se mettre à pleurer ou vouloir pousser l’ami pour avoir la première place. Face à la compétition l’enfant peut développer de l’agressivité envers l’autre, changer les règles pour gagner, jouer avec des enfants plus jeunes pour être certain de réussir. Il peut vivre du découragement devant le défi, ne pas vouloir expérimenter la nouveauté de peur de ne pas être capable ou craindre de ne pas être à la hauteur des attentes de l’adulte. Dans un contexte de compétition, l’éducatrice se voit souvent contrainte d’intervenir dans le jeu pour limiter les frustrations, régler les conflits et parfois même séparer des enfants ayant des comportements agressifs entre eux.

Le jeu coopératif se veut sans gagnant ni perdant. Il permet de développer l’aspect moteur, affectif et surtout les habiletés sociales de l’enfant. Ce type de jeu ne demande pas beaucoup de pratique pour jouer, chacun peut le faire à sa façon et tous y sont gagnants. Il procure du plaisir, une plus grande liberté dans l’exécution des mouvements, détend l’atmosphère lors d’une journée tendue, améliore l’entraide dans le groupe. Il favorise le ici et maintenant au lieu du résultat final d’un jeu. Ce type de jeu élimine les pleurs et les frustrations de ne pas avoir gagné.

L’éducatrice joue un rôle important dans l’implantation du jeu coopératif. Elle doit initier et s’impliquer dans le jeu, être ouverte aux idées des enfants, offrir la possibilité de jouer de différentes façons pour maintenir la motivation et doser les défis selon le groupe d’âge. Usez de créativité lorsque le jeu demande de faire des équipes, évitez de choisir un chef d‘équipe mais allez-y plutôt d’une façon démocratique. Par exemple, distribuez des cartes avec des images différentes et chacun se regroupant avec ceux ayant les mêmes images. Faites des équipes de deux en regroupera tous les enfants au centre, le bras tendu vers l’avant, le pouce levé et les yeux fermés. Vous pincez deux pouces à la fois et ces deux amis feront le jeu ensemble.

Permettez-vous de transformer un jeu compétitif en jeu coopératif au lieu de le faire disparaître de votre programmation. Voici comment: sur du carton, construisez-vous deux jeux de marelle. Dans chacun des espaces, mettre les jeux préférés des enfants : par exemple, la chaise musicale, les trois petits cochons, la tague, etc. Sur l’autre marelle, mettre dans chaque espace, différentes positions du corps soit à genoux, soit à quatre pattes ou sur la pointe des pieds, etc. Dans un premier temps, on lance le dé sur la marelle de jeux et ensuite sur la marelle des positions du corps qui détermine notre façon de jouer. Vous pouvez aussi vous faire une marelle pour le matériel, par exemple pour le jeu de la chaise musicale mettre dans les espaces soit des coussins, des feuilles de papier couleur, du papier à bulles, etc. Ça pourrait donner par exemple, une chaise musicale où lorsque la musique arrête tous les enfants vont se mettre à genoux sur le grand papier à bulles et crèvent des bulles avant que la musique reprenne. Ainsi transformée, la chaise musicale apporte aux enfants d’autres possibilités de s’exercer avec leur corps et permet à chacun de faire à sa façon puisque que l’élément de GAGNER n’y est pas. « Super cool! » Marie-Claude en sait quelque chose; les enfants lui redemandent souvent pour jouer à la chaise musicale sans chaise. Loin d’être un défi pour elle, les jeux compétitifs devenus jeux coopératifs ont rapproché les enfants et les ont initiés à l’entraide.

Vous pouvez aussi présenter de nouveaux jeux à saveur coopérative en vous inspirant du livre LE PLAISIR DE JOUER, JEUX COOPÉRATIFS DE GROUPE. Édition IPAQ 1987 (un peu vieux mais encore très pertinent) de Robert Crevier et Dorothée Bérubé. ISBN 2-920442-16-3.

Activités spéciales et sorties, comment bien planifier?

Sophie veut planifier pour l’année des activités spéciales et des sorties avec son groupe multiâge. Elle cherche des idées originales, des activités spéciales à faire dans son service de garde, des endroits nouveaux à visiter, des lieux sécuritaires pour accueillir un groupe. Mais comment Sophie peut-elle faire une planification qui répond aux intérêts et aux besoins des grands et des petits de son groupe?

La planification d’un calendrier d’activités ou de sorties pour l’année doit être pensée en terme de suggestions. Septembre est la période pour remettre en place des routines stables, des consignes claires et concrètes afin de rétablir la sécurité et la stabilité dans le groupe. L’horaire de la journée laisse peu de place pour planifier des activités spéciales et des sorties à l’extérieur. La rentrée au service de garde demande à l’enfant de s’adapter aux routines, aux amis ainsi qu’à l’éducatrice. Il faut une stabilité avant que l’enfant puisse retirer du plaisir dans des situations de changement.

Pour pouvoir planifier et organiser un calendrier d’activités ou de sorties, Sophie doit avant tout connaître son groupe et les intérêts qui l’anime. Il est important de retenir les idées et les goûts des enfants pour organiser des moments particuliers dans l’année. Autant pour les sorties que pour des activités spéciales, Sophie doit avant tout observer les enfants pour mieux les connaître dans des situations nouvelles. Observer veut dire, prendre le temps de regarder les réactions de l’enfant face à la nouveauté, connaître ses intérêts de jeu, les sujets d’échange, la sécurité qui l’habite devant un changement de routine, sa capacité de respecter les consignes, sa tolérance aux délais, le lien d’attachement qu’il a avec le groupe. Les informations recueillies vont permettre à Sophie de planifier des activités et des sorties mieux adaptées au groupe.

Une activité spéciale permet autant de plaisir qu’une sortie même si souvent elle se déroule dans le milieu de vie de l’enfant. D’ailleurs, en début d’année, il est préférable pour Sophie de prévoir des activités spéciales davantage que des sorties. Graduellement, l’enfant apprendra à gérer des petits changements dans un cadre et avec des repères visuels connus. Ces événements peuvent prendre plusieurs formes en voici quelques exemples.

  • Vous faites un pique-nique sur une couverture dans votre salon.
  • Vous invitez une personne à passer la journée avec vous et les enfants (grand frère ou grande sour d’un des enfants).
  • Vous avez un animal de compagnie qui appartient à un des enfants du groupe qui passe la journée dans votre maison. Assurez-vous qu’aucun des enfants n’est allergique.
  • Vous changez la routine de l’habillement, elle se fait à l’intérieur sous forme d’un parcours.
  • Vous planifiez la sieste dans une tente que vous avez faite avec les enfants à l’aide de couvertures. Assurez-vous que les enfants ont bien intégré la routine de la sieste avant d’y apporter des changements.
  • Vous permettez aux enfants d’apporter un jeu de la maison.
  • Vous invitez une troupe de marionnettes chez vous.
  • Vous faites une activité piscine dans la maison.

Il se peut que les activités spéciales soient plus présentes que les sorties dans votre service de garde. Il est nécessaire de respecter le rythme et le besoin de sécurité du groupe pour vivre du plaisir avec les enfants. Le portrait que Sophie dresse de son groupe ainsi que les différents âges des enfants sont des facteurs à considérer. Il est aussi important pour Sophie d’être à l’aise avec la planification et l’organisation de ses activités spéciales et sorties. Elle doit commencer avec des choses simples et qui lui demandent peu de planification et d’organisation afin de sécuriser et de gérer adéquatement son groupe. Certaines sorties peuvent être faites en famille, par exemple la cabane à sucre, les pommes, le père Noël au centre d’achats, la ferme de Pâques etc. sont des endroits que l’enfant pourra explorer avec son parent. Sophie doit choisir des sorties qui apportent de la nouveauté dans la vie de l’enfant et réalisable dans un contexte de groupe multiâge. En voici quelques suggestions.

  • Vous visitez un nouveau parc avec les enfants.
  • Vous allez visiter des personnes âgées dans un centre d’accueil.
  • Vous allez à l’épicerie pour acheter des fruits dans le but de faire une salade de fruits avec les enfants.
  • Vous allez visiter un autre service de garde.
  • Vous allez pique-niquer chez un enfant du groupe.
  • Vous rendez visite aux pompiers.
  • Vous aller acheter des fleurs à la pépinière pour les mettre en terre avec les enfants.
  • Vous visiter le dentiste de votre quartier.
  • Vous allez visiter la classe maternelle de l’école du quartier.
  • Vous faites une excursion en tricycle dans les rues avoisinantes.
  • Vous allez à la bibliothèque, joujouthèque, bureau de poste, etc. avec votre groupe.

Lorsque Sophie pense à une sortie, elle doit prévoir avec son groupe une période de préparation. Prévenir les enfants de l’événement, leur parler de l’endroit, ce qu’ils vont voir, ce qu’ils vont faire, les personnes qui vont les accompagner etc. Le déroulement de chacune des étapes peut être même fait sous forme de simulation dans son milieu de garde. Certains enfants ont besoin d’être plus rassurés que d’autres lors d’une sortie. Ces petits moyens vous permettront d’observer les réactions de l’enfant et ainsi de mieux répondre à son besoin de sécurité. La préparation doit se faire dans des délais raisonnables pour que l’enfant puisse voir les possibilités de sa réalisation. Lorsque Sophie prépare l’enfant à une sortie, elle lui permet de porter un désir qui l’aide à se créer des images dans sa tête (comment il voit les lieux, ce qu’il va faire, avec quoi il va jouer, avec qui il va rentrer en contact) etc. C’est une belle façon de développer la créativité de l’enfant ainsi que son sentiment d’identité, car sa façon d’imaginer et de faire des liens avec son vécu est bien différente d’un enfant à l’autre.

La réalisation d’une sortie peut varier d’une année à l’autre selon votre groupe d’enfants. Sophie doit retenir le plaisir que les enfants ont eu à réaliser certaines sorties. Le temps qu’elle prendra à observer son nouveau groupe lui permettra de mieux les connaître et peut-être de répéter des événements qui ont eu le plus de succès.
Pour plusieurs responsables de garde en milieu familial, comme Sophie, le plaisir est de voir l’émerveillement des enfants et d’entendre les enfants reparler de la sortie entre eux. Après avoir déployé autant d’énergie pour l’amour de notre marmaille.c’est une belle récompense!

Le parent apprécie davantage l’organisation d’activités spéciales dans le milieu de garde qu’une sortie à l’extérieur. Il y voit un aspect plus sécuritaire, assure une stabilité à son enfant surtout s’il est en bas âge, apporte une nouvelle stimulation. De plus, vous faites la démonstration aux parents qu’il est possible d’apporter de la diversité dans le quotidien tout en étant sensible aux besoins et intérêts de son petit. Il réalise également qu’il peut faire des choses toutes simples avec son enfant qui lui demandent moins de temps d’organisation mais beaucoup de plaisir à être avec son enfant. «N’est-ce pas une bonne façon de garder le feu sacré» du monde des petits!

Dessine-moi… ( ou faire à la place de l’enfant !!!!)

Martin, est éducateur au CPE 3 PETITS TOURS. Depuis quelques semaines, il fait l’accueil du matin. Il console les gros chagrins, rassure le parent inquiet, il installe des coins de jeux qui répondent aux besoins du groupe multiâge. La table à dessin est l’espace très populaire du matin. D’ailleurs, Martin est souvent sollicité par plusieurs enfants pour toutes sortes de commandes. « Peux-tu me dessiner un chien, un bateau, une belle princesse ? « Même le petit Julien 18 mois arrive toujours avec la même demande un GROS…GROS CHIEN…..Martin, passe la période de l’accueil à faire la démonstration de ses talents en dessin. Certains enfants le regardent et disent à Martin : « dessine moi….. »

Cette situation est répandue, mais doit-on répondre à cette demande pour faire plaisir à l’enfant ? ou se faire plaisir ?

Plusieurs raisons motivent l’éducateur (trice) à s’exercer à cette activité. On retrouve par exemple, le plaisir de répondre au besoin de l’enfant, un intérêt personnel pour le dessin, le désir de faire de l’enseignement ou simplement une excuse pour se soustraire d’assurer une présence à tout le groupe d’enfants.

Certes, le rôle de l’éducateur (trice) est bien de répondre aux besoins, de susciter des apprentissages, d’assurer une présence avec le groupe et ce, dans un contexte adapté au développement du jeune enfant. Les talents en dessin de l’adulte peuvent être exploités dans d’autres lieux dans des rapports égalitaires.

Lorsque Martin répond à cette demande, il ne met pas à profit les talents et habilités de l’enfant. Par contre, si c’est l’enfant qui dessine, il exerce la précision de ses gestes par l’autocontrôle de son bras, avant-bras, main et doigts. Il raffine ses mouvements en passant pas la grande motricité vers des gestes plus fins. Ces apprentissages sont des pré-requis pour l’écriture.

Dans l’activité du dessin, je permets à l’enfant de mettre en valeur sa créativité, de lui faire vivre la différence dans sa façon de voir les choses qui l’entourent. Je valorise aussi son sentiment d’identité. Je lui fais prendre conscience de ses capacités. Je reconnais également que pour développer une compétence il faut d’abord la travailler, être encouragé, supporté et surtout trouver une façon de faire qui personnalise qui je suis.

J’ai pu observer que dans de telles situations certains enfants restent inactifs devant une feuille blanche et des crayons. Ils ont appris à attendre, à regarder, à ne faire rien par eux-mêmes. Ils ont atteint un sentiment d’incompétence en se comparant leur production avec celle de Martin. Devant un adulte expérimenté en dessin le défi est trop grand pour un petit apprenti.

Le rôle de Martin est d’amener l’enfant à se développer globalement, de lui faire vivre du succès à sa mesure, dans un contexte de plaisir où l’enfant est au centre de ses apprentissages. Mais comment ne pas décevoir un enfant qui insiste pour qu’on lui dessine un petit chien ??

Martin doit éviter de dessiner devant les enfants. Lorsque l’adulte est concentré à dessiner, il ne peut voir les intentions du petit créateur. Éviter de faire de l’enseignement, l’enfant doit sentir qu’il a le pouvoir de dessiner ce qu’il veut et comme il le veut. Martin doit susciter l’intérêt de l’enfant par des questions ouvertes qui incitent à verbaliser les connaissances qu’il possède. Par exemple, l’enfant demande « Peux-tu me dessiner un chien ? » L’adulte répond « Comment il est le chien? Comment est sa queue ? Les oreilles sont comment ? « L’adulte peut tracer sur une feuille ce que l’enfant lui dit mais avec beaucoup d’hésitation. Il peut alors demander à l’enfant de lui montrer comment il est sonpetit chien. De cette façon, l’adulte guide l’enfant dans son dessin et le petit met dans l’action sa pensée et fait un plus grand apprentissage. Dans un même contexte, il peut être aussi pertinent d’inviter l’enfant à demander à un ami(e) de dessiner pour lui le petit chien. Celui qui rend le service est valorisé dans ses compétences et l’ami(e) qui en fait la demande observe et découvre qu’il est aussi possible de le faire puisqu’un enfant du groupe le fait, le défi est réalisable.

Par contre, lorsque le défi reste difficile pour l’enfant. l’ adulte doit observer des forces dans d’autres domaines enfin de valoriser et encourager la pratique. La présence discrète et chaleureuse donne toute son sens à la relation.

Lorsque Martin prend du temps avec l’enfant, il lui démontre qu’il est assez important à ses yeux pour s’intéresser à lui.

On bricole pour Noël!

Joëlle est responsable d’un milieu familial. Elle se préoccupe de la planification de ses activités de bricolage pour le mois de décembre. Cet intérêt pour les activités d’arts plastiques vient avant tout d’un goût personnel de Joëlle. La réalisation de bricolages avec les enfants lui apporte beaucoup de satisfaction personnelle, d’autant plus que les parents de son groupe sont toujours bien intéressés par les produits finis de leur enfant. Joëlle utilise souvent les réalisations des enfants pour démontrer aux parents, que chez Joëlle on ne fait pas que jouer mais on bricole aussi!

Malgré son intérêt pour ce type d’activité et la demande des parents, Joëlle observe qu’il est toujours difficile de faire du bricolage avec son petit Alexis (15 mois), Juliette (18 mois) et Samuel (2 ans). Les petits cherchent plus à explorer, manipuler et porter à leur bouche. Joëlle réalise que souvent elle doit terminer le bricolage ou même guider la main de l’enfant pour atteindre l’objectif qu’elle s’était fixée au départ. Cette année, Joëlle aimerait faire autrement dans sa planification de ses activités de Noël.

Comment Joëlle peut-elle orienter sa planification pour répondre aux besoins de son groupe multiâge?

La responsable de garde en milieu familial ne peut avoir les mêmes attentes pour tous les enfants. Ils ont des besoins, intérêts, goûts et un développement différents. Le tout-petit a besoin d’apprendre avec ses cinq sens, c’est-à-dire de bouger, d’explorer, de manipuler, découvrir, vider et transvider. Pour que le petit puisse coller de la ouate par exemple sur un petit sapin de Noël en papier, il lui faut avant tout des pré-requis tels que: avoir déjà manipulé de la ouate, avoir fait des expérimentations de collage et coloriage sur une grande feuille. Ces expériences d’exploration de l’espace avec différentes matières apporteront au tout-petit une plus grande maîtrise de sa motricité fine et de sa coordination œil/main.

Afin de réaliser son activité de bricolage, la responsable doit s’ajuster à son groupe multiâge. Par exemple, pour le groupe constitué d’enfants de 18 mois à 3 ans, il est préférable d’utiliser les grands espaces qui permettront aux jeunes enfants de ne pas être limités dans leurs mouvements, par exemple (grande feuille avec sapin dessiné où l’enfant peut coller de la ouate, ou encore, une grosse boîte sur laquelle l’enfant peut coller du papier d’emballage, la boîte devient alors gros cadeau collectif). Dans ces deux exemples, l’enfant contrôle ses mouvements dans un grand espace puisqu’il est avec d’autres enfants dans un même environnement, il pratique sa motricité fine en déchirant du papier ou en collant à l’aide d’un bâton de colle. Il réalise quelque chose en collaboration avec ses amis. Dans une activité collective, l’enfant est respecté dans ses acquis, il n’est pas dans l’obligation de terminer l’activité pour vivre de la réussite. Il peut vivre cette activité à son rythme et se retirer lorsqu’il a été au bout de ses expériences.

Pour le plus vieux, le besoin de raffiner sa motricité fine peut se faire à un autre moment. Par exemple, en utilisant un coin grand pour les plus vieux avec du matériel adapté à leur âge en utilisant par exemple des brillants, des glaçons, des collants de Noël. Le plus vieux peut alors réaliser des petits arbres de Noël avec ce matériel qui pourrait compléter le collectif du groupe multiâge de Joëlle. Dans cette activité, l’enfant réalise quelque chose d’individuel, manipule du matériel nouveau, il voit que l’adulte lui fait confiance par l’utilisation de matériel non adapté aux petits, il est en contact avec des amis du même âge, il se sent autonome et responsable.

Les activités de bricolage avec les groupes multiâge ne permettent pas toujours à l’enfant plus jeune de vivre de la réussite et du plaisir. La responsable se voit parfois dans l’obligation de dire et redire la même consigne. Ce type d’activité demande à la responsable de planifier des activités collectives où chacun va à son rythme et où chacun utilise ses habiletés. Dans l’idée de l’arbre de Noël ou de la boîte cadeau de Joëlle, le petit va peut-être seulement mettre beaucoup de colle avec de la ouate, alors que le plus vieux aura la chance d’exploiter sa motricité fine d’une toute autre façon. Par le matériel varié et l’accompagnement de la responsable, le bricolage devient alors une activité pertinente.

La responsable doit respecter l’enfant dans son développement et parler aux parents davantage des qualités de cœur de son enfant que de ses capacités de réaliser un beau bricolage pour Noël. Les qualités de cœur sont transmises par le parent et l’environnement de l’enfant. Le parent est toujours content d’entendre dire que son enfant est sensible à l’autre, généreux, aimé des autres. Ces qualités ne sont pas des cadeaux du père Noël mais bien un cadeau que lègue le parent à son enfant. La responsable du milieu familial peut être un agent de changement dans les attentes du parent en lui parlant du savoir-être de son enfant.

Joëlle est maintenant mieux préparée pour sa planification de Noël, elle met en place du matériel varié, elle propose des activités collectives dans un espace physique moins contraignant, elle permet aux plus vieux de réaliser des choses plus individuelles mais surtout elle pense au plaisir qu’auront ses petits mousses…

Jeux de défoulement… Jeux oubliés !!!!

Est-il permis dans votre milieu de garde de jouer à la guerre, à l’épée et même de faire semblant d’être un voleur imaginaire. Plusieurs éducatrices se questionnent sur le sujet. Est-ce que je peux laisser les enfants jouer à de tels jeux et penser que leur jeu est éducatif? Est-ce que je dois orienter le jeu vers autre chose? Est-il nécessaire que l’enfant s’amuse à ce type de jeu pour se développer normalement?

Dois-je penser que si l’enfant de 3 ans s’amuse à des jeux de défoulement, il en éprouve un réel besoin. Une éducatrice d’un CPE à Laval a su bien répondre à mes questions. Étant dans le milieu depuis 25 ans, elle observe que les enfants n’ont pas assez d’occasion pour les jeux de grande motricité. Le jeu de défoulement n’est pas toujours vu comme lieu d’apprentissage par l’éducatrice. L’application du programme « Jouer c’est magique » dans les services de garde amène l’éducatrice à travailler en atelier mais elle oublie que l’activité grand jeu en fait partie aussi. Ce type de jeu amène l’enfant à exploiter le jeu moteur sous une toute autre forme. Le défoulement sous forme de jeu permet à l’enfant de confronter ses peurs, d’équilibrer ses énergies, de contrôler son corps dans ses élans moteurs, de travailler son imaginaire lorsqu’il se transforme en personnage, de respecter différentes consignes, d’être en relation avec les autres, de trouver des stratégies pour déjouer l’autre. Mais aussi c’est une façon de libérer l’enfant d’un trop-plein de frustration. Il est souvent mal vu dans le milieu de garde de laisser les enfants jouer à l’épée, sous prétexte de jeu violent. Alors qu’il en n’est rien pour l’enfant; il ne fait que reproduire ce qu’il peut voir lors d’un programme de télévision ou simplement avoir entendu ses parents parler d’un évènement tragique connu de l’actualité. L’enfant a parfois besoin pour mieux comprendre de le vivre avec son corps.

Est-ce normal direz-vous ???? Mais oui, ses gestes répétés l’aident à exprimer ce qu’il ressent. L’éducatrice rencontrée raconte que durant plusieurs années elle interdisait ce jeu afin d’éviter les conflits dans son groupe de 3 ans. Erreur dit-elle…. En effet le besoin était devenu tellement grand puisqu’il était interdit, les enfants se cachaient dans le vestiaire pour s’adonner au jeu défendu. Elle rapporte également que les fusils étaient interdits au CPE même ceux fabriqués par les enfants. Un jour, Jonathan un enfant de son groupe s’amusait avec un rouleau d’essuie- tout, il s’imaginait que l’objet était son fusil pour tirer sur les monstres. Elle rappelle à Jonathan que les fusils sont interdits à la garderie, l’enfant lui répond sans hésiter mais ce n’est pas un fusil c’est une fleur…