Les enfants ont besoin de vacances

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Voilà presque 20 ans que j’écris mes réflexions, mes observations au sujet de la petite enfance, d’abord pour les parents dans les magazines enfants Québec et Bien Grandir et pour l’hôpital CHU Sainte-Justine (1). Rapidement, j’ai souhaité m’adresser aux éducatrices en milieu de garde parce qu’en les côtoyant comme intervenante, je suis devenue un témoin privilégié de leur travail professionnel. Cette relation avec les intervenantes en milieu de garde m’a convaincue de l’importance de leurs gestes et leurs paroles auprès des petits. C’est pourquoi avec Josée Espérance j’ai mis en ligne un site s’adressant à elles. Plus de cent articles sont maintenant disponibles sur aveclenfant.com
C’est avec fierté et un brin de tristesse que je quitte mes fonctions au sein de notre équipe de professionnelles du site. À la retraite depuis trois ans, avec une relève exceptionnelle, je tire ma révérence avec confiance. Pour cette dernière parution, je mets en ligne un article qui a fait réagir les éducatrices et les parents. Bon été et bonnes vacances.

(1) L’enfant et les écrans (2010); L’agressivité chez l’enfant de 0 à 5 ans (2008, 2018); Le grand monde des petits de 0 à 5 ans (2006) et Comprendre et guider le jeune enfant à la maison, à la garderie (2004). 

Sylvie 

De plus en plus d’enfants n’ont pas de vacances avec leurs parents. De la négligence qui n’est pas sans conséquence …

Les enfants ont besoin de vacances

Ce matin, Isabelle accueille Simon et ses parents dans la cour extérieure de la garderie. C’est qu’il fait déjà beau et chaud en ce début d’été! Simon boude, ne sourit pas et refuse de se joindre à son groupe d’amis. Plus tard, lorsque les enfants sont assis en cercle, Sébastien raconte ses vacances : les grenouilles du lac chez grand-maman, le feu d’artifice, la promenade dans la forêt avec son papa, la cueillette de fraises et les déjeuners tardifs pris sur une nappe comme en piquenique. Simon écoute puis, subitement, pousse Sébastien. L’agression est couronnée par une crise de larmes.

Des enfants fatigués

Simon est l’un des nombreux enfants qui fréquentent la garderie 52 semaines sur 52. Les parents disent qu’ainsi, ils profitent mieux de leurs vacances. Les éducatrices en garderie et les intervenants en petite enfance observent une augmentation du nombre d’enfants qui n’ont pas de vacances avec leurs parents. Ces enfants affichent des signes de fatigue, expriment leur intolérance par rapport aux autres par des coups ou des cris. Certains se réfugient dans un monde imaginaire et cherchent à s’isoler. Ils s’agitent près des fenêtres ou dans les corridors en fin de journée ou examinent passivement les allées et venues des parents qui viennent chercher leurs enfants après leur journée de travail. La vie trépidante et joyeuse à la garderie ne les passionne plus.

On peut facilement comprendre leur épuisement en faisant un parallèle entre le milieu de garde et le milieu de travail. L’enfant, au même titre que l’adulte, y vit du stress. La vie de groupe génère du bruit, des cris, des pleurs, des demandes, de l’agitation : le fourmillement de tout ce petit monde crée un environnement sonore très irritant à la longue. La gestion du temps devient aussi une source de stress. Les soutiens nécessaires au fonctionnement de la vie de groupe et les horaires des parents peuvent bousculer le rythme naturel de l’enfant. De plus, la vie de groupe représente de nombreux défis sociaux : vivre continuellement en compagnie d’autres enfants demande des ajustements, des adaptations. L’enfant doit partager les objets, l’attention de l’éducatrice et l’espace, tolérer la proximité de l’autre, attendre son tour pour parler, se laver les mains, avoir un jouet ou une caresse à la sieste. Il doit freiner son impulsivité pour faire des compromis avec les amis. Lorsque l’enfant joue, il travaille. Les vacances lui permettent de se reposer de la vie de groupe, de fonctionner à son rythme, de réduire son stress. Elles favorisent aussi les moments de rapprochement et de plaisirs partagés en famille.

Des enfants négligés

Être un parent responsable, c’est bien plus que de nourrir, vêtir et loger son enfant. La relation d’attachement ne se tisse pas que de soins physiques; il faut aussi du temps partagé dans le plaisir, la tendresse et la complicité. Le souvenir de mes petites mains enfarinées à côté de celles de ma mère et de l’odeur sucrée des biscuits ou celui de mes cris entremêlés aux rires de mon frère quand mon père jouait avec nous dans la piscine m’attendrissent toujours. L’évocation de ces moments en famille me réchauffe le cœur et me rappelle l’amour de mes parents pour moi et celui que j’ai pour eux. Le temps passé en famille soutient l’existence affective de l’enfant. Les activités spéciales, les fêtes, les voyages, les excursions, les pauses-tendresse, les plaisirs simples, tout cela dessine l’imagier de l’histoire familiale. Être inclus dans un projet de vacances permet à l’enfant de vivre un sentiment d’appartenance à sa famille. Mais avant tout, l’enfant se sent aimé puisqu’il est assez important pour faire partie des plaisirs des parents.

Beaucoup d’enfants vivent mal la pénurie de temps dans la famille. Ils ne profitent que très peu de la présence de leurs parents. On estime aujourd’hui qu’une famille moyenne a besoin de 77 heures de travail rémunérées par semaine pour subvenir à ses besoins, sans compter le temps nécessaire pour s’acquitter des tâches ménagères. Dans ce contexte social peu propice à la famille, la période des vacances devient dont le moment privilégié des rapprochements familiaux.

Des parents surmenés

Mais comment expliquer ce manque de disponibilité envers l’enfant ? Sauf à des rares exceptions près, les enfants sont aimés de leurs parents. Ce n’est donc pas la relation d’attachement qui est en cause mais bien la disponibilité des parents. Généralement, ceux-ci connaissent les besoins d’attachement et d’appartenance de l’enfant à sa famille. Malgré qu’il est généralement prévu que l’enfant ne perd pas sa place en garderie s’il part en vacances annuelles avec ses parents, certains d’entre eux choisissent de laisser leur enfant au milieu de garde pendant cette période.

Dans notre société, le bien-être personnel passe bien avant celui de la collectivité; nous avons le culte de l’individualisme. Certains parents surchargés de travail durant toute l’année imaginent difficilement pouvoir se reposer en compagnie de leur enfant. Pour eux, prendre soin de soi exclut parfois la responsabilité parentale.

Les parents stressés ont peu de temps à accorder à leur enfant. Après le travail, le repas, le lavage, les bains, ils sont exténués. Paradoxalement, c’est dans ces instants de plaisirs partagés que le parent obtient le plus de satisfaction avec son enfant. La création d’une famille apporte de grandes joies si on investit dans ce lien d’amour.

Vivre des vacances en famille ne devrait pas être un geste d’abnégation ou de sacrifices continus mais plutôt un cadeau mutuel : le cadeau de s’épanouir ensemble. Il est possible de décrocher du travail, de se reposer en famille. La détente s’installe dans la flânerie du matin, les promenades au parc, la lecture d’un bon roman durant la sieste ou les jeux des petits. En plaçant la famille en priorité, le parent renonce à une tranquillité de couple ou de célibataire et choisit d’offrir la place qui revient à son enfant, une place près du cœur.

Accorder du temps à ceux qu’on aime

La famille est un lieu d’apprentissage des valeurs. Durant mes jeux à la piscine, j’ai appris à respecter ceux qui craignent l’eau. En confectionnant des biscuits, j’ai appris le partage, la générosité. Prendre du temps avec notre enfant, c’est aussi lui donner l’occasion d’intégrer nos valeurs morales.

Le manque de disponibilité des parents et l’absence de projets et d’activités familiales ont un effet négatif sur les enfants. Le réseau social qu’offrent les garderies n’est pas un antidote au sentiment de solitude que vivent certains d’entre eux qui ne sont pas surs d’avoir une vraie place dans leur famille. À la longue, ils sont exaspérés par le groupe et souhaiteraient que leurs parents soient plus présents à la maison, plus disponibles pour eux. « C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui rend ta rose si importante » nous rappelle Antoine de Saint-Exupéry.

Bonnes vacances avec vos trésors!

Prêt pour l’école

Vous avez passé les cinq dernières années à regarder votre tout-petit grandir. Dans quelques mois, vous devrez l’inscrire à l’école. Cette étape vous fait probablement vivre une multitude d’émotions. Mais votre enfant, lui, est-il prêt pour cette grande aventure?

Les inquiétudes du parent

Que ce soit votre premier ou votre petit dernier, savoir que son enfant fera sous peu son entrée à l’école peut générer bien du stress. Plusieurs parents se posent d’ailleurs les questions suivantes :

  • À quoi m’attendre de la maternelle?
  • Mon enfant a l’âge requis mais est-il vraiment prêt?
  • Et s’il se faisait intimider?
  • Et s’il n’aimait pas l’école?

Ces questions sont tout à fait normales mais elles trahissent déjà votre anxiété de voir votre enfant grandir et devenir peu à peu autonome. Son réseau social ne se limitera plus à la famille ou à vos amis mais il aura maintenant ses propres amis; des amis qu’il aura choisis. Il apprendra plein de choses et vous vous sentirez parfois dépassés. Vous aurez l’impression que votre enfant apprend des choses à un âge plus précoce qu’à votre époque. Vous vous demanderez comment il se sent toute la journée assis à son bureau au lieu de jouer. Vous vous inquiéterez des exigences de son professeur en les qualifiant de « démesurées » car il est encore petit, n’est-ce pas? Lorsqu’on voit son enfant tous les jours et qu’il côtoie depuis longtemps les mêmes éducatrices, nous avons peine à le voir grandir et changer. Il vous suffit de penser aux commentaires d’une personne qui ne voit pas souvent votre enfant. Elle aura noté combien il a grandi, combien il a changé, et vous, tout surpris, vous demanderez comment se fait-il que je m’en sois si peu aperçu? Le professeur de maternelle de votre enfant le verra comme il est au jour où il entre dans sa classe. Il n’aura donc pas le réflexe de le voir petit et fragile mais plutôt comme un enfant curieux, autonome et motivé. Si votre enfant a des défis particuliers, le professeur s’en apercevra assez rapidement et vous pourrez alors convenir ensemble de stratégies pour l’aider.

L’ambivalence de l’enfant

Beaucoup d’enfants sont excités à l’idée de commencer l’école. Ils y pensent parfois depuis un certain temps et voient les enfants jouer dans la cour d’école. Ils ont hâte de faire partie du monde des grands. À cet âge, la curiosité est grande et les amis deviennent de plus en plus importants. En même temps, ils ont parfois eux aussi des appréhensions :

  • Et si je ne me faisais pas d’amis?
  • Et si mon professeur n’était pas gentil?
  • Et si je me perdais dans l’école?
  • Et si je ne comprenais rien à ce qu’on m’explique?

Votre enfant a donc, peut-être, des appréhensions qui ressemblent aux vôtres. Elles sont tout à fait normales. Ne vous laissez pas avoir par un semblant de confiance chez votre enfant. Il se peut qu’il garde ses interrogations pour lui-même; soit pour ne pas vous inquiéter davantage, soit pour prétendre qu’il est grand maintenant. Demandez-lui comment il se sent à l’idée d’aller à l’école et normalisez ses inquiétudes sans les minimiser. S’il ne vous parle de l’école qu’en termes positifs, vous pouvez lui dire que certains enfants, même s’ils ont hâte d’aller à l’école, ressentent aussi du stress à cette idée et que si jamais c’était son cas, il pouvait vous en parler. Cela le mettra en confiance et le temps venu, il s’en souviendra.

Votre enfant est prêt pour l’école

Pour s’assurer que leur enfant soit prêt pour l’école, certains parents achètent des cahiers d’activités qui reprennent des notions qui seront apprises en maternelle. Cela les rassure que leur enfant sera en mesure de réussir son entrée à l’école. Et si « être prêt » signifiait autre chose? Votre enfant aura amplement le temps de se familiariser avec les nouvelles notions qu’il apprendra. Ce dont votre enfant a le plus besoin dans son sac à dos est une bonne dose d’estime de soi, de la confiance en soi et en les adultes, la capacité d’entrer en relation harmonieuse avec d’autres enfants et la curiosité. Donc, sans vraiment vous en apercevoir, vous et le milieu éducatif dans lequel votre enfant a baigné au cours des dernières années avez contribué à le préparer pour son entrée à l’école. Il vous suffit maintenant de l’accompagner et de le soutenir, afin qu’il garde cette estime de lui et cette confiance en le monde qui est si importante. Pour ce qui est de la curiosité, intéressez-vous à ses journées et à ses apprentissages : il aura envie d’en savoir plus pour par le fait même, en partager davantage avec vous.

Je vous souhaite une belle entrée scolaire!

Geneviève Parent M.A.

Sexologue, psychothérapeute et conseillère parentale

Comment faire la transition d’une éducatrice à l’autre pour le parent ? (Lettre d’une éducatrice à un parent)

Par Sylvie Garceau, enseignante TÉE

Objet: Bâtir un lien de confiance entre l’éducatrice et le parent.

Bonjour à toi cher parent et partenaire,

Au cours des derniers jours, j’ai appris que ton enfant aura bientôt une nouvelle éducatrice.  Rassure-toi, toute notre équipe a le désir d’établir un partenariat avec les familles dans le but de favoriser le bien-être de tous.  Continuer la lecture de Comment faire la transition d’une éducatrice à l’autre pour le parent ? (Lettre d’une éducatrice à un parent)

Les comportements sexuels chez l’enfant… quand s’inquiéter?

Le développement de l’enfant se fait dans toutes les sphères et la sexualité ne fait pas exception. Les enfants sont de nature curieuse. Leurs nombreuses questions et leurs explorations sont des manifestations de cette curiosité. Ils veulent comprendre le monde qui les entoure. Alors que le développement de la sexualité se fait naturellement et de manière plus subtile pour beaucoup d’enfants, certains enfants inquiètent leur entourage. A quoi s’attendre, donc?

Il pose des questions

            Cela peut gêner bien des adultes mais n’oubliez pas que pour l’enfant, c’est bien souvent une question comme une autre. Ses questions seront influencées par ce qu’il voit, entend ou perçoit autour de lui. Ainsi, un petit garçon qui voit des petites filles à la garderie aller à la toilette comprend qu’il y a des différences anatomiques. Il peut alors poser des questions à ce sujet à ses parents et chercher à les voir nus pour confirmer ce qu’il est en train d’apprendre. C’est un bon moment pour apprendre à l’enfant l’intimité et le côté privé du corps. Vous pouvez lui dire par exemple : « Ton corps est à toi et tu ne le montres pas, c’est privé. C’est la même chose pour moi. » Souvent, les parents ont peur de transmettre le message que la sexualité c’est mal s’ils ont un message de pudeur. La pudeur permet plutôt d’enseigner la valeur du respect de soi, de son corps, de celui des autres et même, une prévention des abus sexuels. Vous êtes en train de le prémunir contre les adultes qui voudraient toucher son corps ou montrer le leur. Retenez donc que même si les questions de l’enfant vous gênent, elles méritent une réponse appropriée à son âge, comme n’importe quelle autre question. S’il la pose, c’est qu’il est prêt, dans une certaine mesure, à en apprendre davantage à ce sujet. Vous pouvez également vous procurer des livres expliquant la sexualité aux enfants pour vous aider.

Il connaît beaucoup de choses

            L’enfant pose des questions pour comprendre mais certains enfants inquiètent car ils en connaissent beaucoup sur la sexualité. La première question à se poser est : que savent-ils exactement? Vous pourrez alors juger si ces connaissances sont appropriées pour un enfant de son âge. Par exemple, une petite fille de 4 ans peut savoir qu’un papa et une maman qui s’aiment fort et se collent peuvent avoir un enfant ensemble mais il serait étonnant qu’elle sache ce qu’est une fellation. Si les connaissances de l’enfant vous semblent au-delà de son âge, vous pouvez lui demander comment il a su cela. Même si cela peut faire penser que l’enfant est victime d’abus sexuels, il peut aussi avoir vu de la pornographie, avoir surpris ses parents, en avoir entendu parler par des enfants plus vieux, etc. Par contre, des verbalisations spécifiques où l’enfant dit avoir vécu quelque chose de sexuel avec un adulte ou un enfant plus âgé doivent toujours être prises au sérieux.

Il se touche souvent

            L’enfant découvre le monde qui l’entoure mais il découvre son corps également. Souvent par hasard au début, il est ensuite intrigué par les nouvelles sensations qu’il expérimente. Il peut donc se toucher par plaisir mais aussi pour s’apaiser lorsqu’il vit du stress ou pour s’endormir. Si se toucher lui apporte des bienfaits, il aura tendance à continuer. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter mais il est important de lui signifier que ses caresses doivent se faire dans l’intimité car c’est son corps et que c’est personnel. Il faut par contre surveiller s’il a des rougeurs, indice que ses attouchements sont trop fréquents ou trop intenses, et que ses nouveaux plaisirs ne l’empêchent pas de vaquer à d’autres occupations, comme jouer par exemple.

Il touche d’autres enfants

Saviez-vous que c’est entre 2 et 5 ans que l’enfant a le plus de comportements sexuels? Lorsqu’il s’agit de jeux sexuels, les enfants sont à peu près du même âge, ils sont tous consentants, ces jeux sont agréables et motivés par la curiosité (par exemple baisser son pantalon et se montrer nu tour à tour) et enfin, ils n’impliquent pas de comportements sexuels « avancés », tels que le sexe oral ou la pénétration. Il faut aussi se rappeler que, comme dans le cas de la masturbation, les jeux sexuels avec des enfants ne doivent pas empêcher l’enfant de s’adonner à d’autres activités. Si vous êtes inquiets par la fréquence ou le type de jeux sexuels auxquels s’adonnent votre enfant, dites-lui qu’il pourra avoir ce type de comportements sexuels quand il sera plus grand avec son amoureux, son amoureuse mais que pour l’instant, il vaut mieux qu’il s’adonne à d’autres jeux. Cela devrait suffire. Si les jeux perdurent ou s’intensifient après que vous ayez mis des limites, il vaut mieux consulter.

Inquiets?

En résumé, la sexualité est une sphère de développement de l’enfant comme n’importe quelle autre. Certains éléments peuvent par contre inquiéter. 1) L’enfant raconte avoir vécu des choses sexuelles avec un adulte ou un enfant plus âgé; 2) Il a des comportements sexuels fréquents; 3) Il a perdu de l’intérêt pour d’autres activités que la sexualité; 4) Il continue des comportements sexuels inappropriés malgré les limites que vous lui imposez; 5) Il a des connaissances sexuelles qui vont au-delà de son âge; 6) Il a des comportements sexuels « avancés » et / ou coercitifs.

La curiosité sexuelle est normale chez un enfant mais les adultes doivent demeurer attentifs à ce que cette curiosité s’exprime sainement, dans le respect de chacun et selon le développement de l’enfant.

 Geneviève Parent M.A., Sexologue, psychothérapeute et conseillère parentale

Le parent, le premier éducateur de son enfant. Se faire confiance pour aider son enfant.

parents-holding-baby-871294937167Xx4Julie est une nouvelle maman d’une petite fille de 6 mois, Sophie. Depuis sa grossesse, les conseils fusent de toutes parts. « Tu vas l’allaiter? T’es certaine? Parce que si tu lui donnes le biberon, ton conjoint pourra davantage s’impliquer! » Et Julie a remis en doute son choix d’allaiter. Elle ne veut surtout pas qu’Étienne, le papa, se sente à l’écart! « Tu te lèves encore la nuit? Moi mes enfants faisaient tous leurs nuits à 3 mois! Essaie la méthode du 5-10-15, tu vas voir, ça fonctionne! » Et Julie a écouté sa petite Sophie pleurer, adossée contre le dos de la porte, en pleurant, car elle aurait tellement voulu la prendre dans ses bras et la bercer! Mais elle se faisait tellement dire par sa belle-sœur qu’elle allait en faire un « bébé à bras », qu’elle n’osait plus la prendre et la serrer contre elle. A bout de nerfs, Julie a téléphoné au centre périnatal de sa région pour avoir des conseils et ce que l’intervenante en périnatalité lui a dit l’a complètement déboussolée : « Qu’est-ce qui est le mieux pour Sophie selon toi, Julie? » Elle s’attendait à tout, sauf à cela. Elle venait chercher des conseils car on lui en donnait constamment depuis qu’elle avait annoncé sa grossesse. C’est là qu’elle a réalisé qu’elle n’arrivait plus à penser par elle-même. Cette conversation avec l’intervenante périnatale a été le début d’une belle aventure.

Les conseils non sollicités

Ils sont nombreux et souvent contradictoires. Ils viennent de l’entourage et de personnes souvent plus expérimentées. Il est alors facile de se laisser influencer et de se remettre en question, particulièrement quand il s’agit de notre premier enfant. Rappelez-vous tout d’abord que la plupart des personnes qui donnent des conseils sont bien intentionnées. Elles veulent vous aider. Ces conseils sont teintés de valeurs et de croyances que vous partagez ou ne partagez peut-être pas. C’est pourquoi certains conseils vous semblent bienvenus alors que d’autres vous apparaissent carrément déplacés. Il y a aussi la personne qui donne ces conseils. Si vous l’appréciez et vous sentez proche d’elle, ces conseils vous paraîtront plus justes mais au contraire, si vous n’appréciez pas cette personne, ces conseils vous sembleront inadéquats. Voici quelques suggestions pour vous aider à survivre aux conseils non sollicités :

  1. Questionnez-vous à savoir les valeurs et principes qui guident vos actions envers vos enfants. Il est important de les connaître car ils vous aideront à accueillir favorablement certains conseils et à en rejeter d’autres. Par exemple, si vous valorisez la sécurité affective de votre enfant, vous serez contente d’avoir des conseils pour aider bébé à s’endormir sans pleurer et rejetterez du revers de la main la technique du 5-10-15.
  2. Lisez des avis professionnels sur les sujets qui vous intéressent. Les forums regorgent de techniques pas toujours très adéquates pour le développement de nos tout-petits. Si vous vous informez auprès de ressources compétentes, vous serez à même de faire le tri parmi les conseils de l’entourage. Par exemple, vous vous questionnez sur l’âge auquel vous devriez cesser l’allaitement. Vous lisez dans des sources fiables qu’il est recommandé jusqu’à l’âge de 18 mois à 2 ans. Vous pourrez alors faire la sourde oreille à votre mère qui vous suggère fortement d’arrêter d’allaiter votre bébé de 12 mois car c’est « malsain », selon elle.
  3. Apprenez à vous affirmer face aux conseils des autres. Vous avez le droit d’être en désaccord et soyez confiante dans vos propos. Ce n’est pas parce que tante Christine a eu 4 enfants qu’elle sait mieux que vous si votre enfant a un retard de langage, par exemple.
  4. Gardez en tête que les temps ont changé, les méthodes éducatives aussi. Il est révolu le temps où la peur devait régner pour qu’un enfant écoute. De nos jours, les professionnels s’entendent pour dire que la discipline est avant tout une affaire de cœur et de relation. Laissez donc dire belle-maman qui vous trouve trop laxiste dans l’éducation de vos enfants.
  5. Entourez-vous de personnes qui partagent vos valeurs éducatives. Il est plus facile de se sentir écoutée et accueillie lorsqu’on échange avec des personnes qui peuvent nous comprendre au lieu de nous juger.

L’avis des professionnels

Je suis moi-même une professionnelle auprès des enfants et des parents, je ne dirai donc pas que notre rôle est inutile, bien au contraire. Par contre, les avis de professionnels ne devraient pas remplacer votre intuition de parent. Vous êtes la personne qui connaissez le mieux votre enfant. Vous vivez avec lui depuis sa naissance, vous le voyez évoluer, vous êtes à même de vous inquiéter ou non de certains comportements. Il est certes souhaitable de connaître le développement moyen d’un enfant mais rappelez-vous qu’il s’agit de moyennes et que chaque enfant est différent. Certains marcheront plus tôt, d’autres plus tard. Certains parlent beaucoup, d’autres moins.

Ce qui sème la confusion chez beaucoup de parents est la diversité des conseils donnés par des professionnels. Ces conseils que l’on peut retrouver dans les livres ou dans les différents médias sont parfois contradictoires. Comment alors s’y retrouver? Il existe différents courants théoriques dans le développement de l’enfant et c’est pourquoi les avis peuvent différer. Par exemple, certains professionnels croient qu’il faut avant tout modeler les comportements des enfants et vont donc donner des stratégies de comportements, telles que le retrait ou les récompenses pour obtenir le comportement souhaité. D’autres privilégient la compréhension du comportement de l’enfant dans son développement. Ainsi, un enfant de 2 ans qui fait une crise ne serait pas puni mais plutôt soutenu afin de trouver une façon plus adéquate d’exprimer sa colère. On lui enseignerait la gestion des émotions, fort utile tant pour les enfants que les adultes.

L’équilibre entre la confiance en ses moyens et la recherche de soutien

Cet équilibre n’est pas facile à trouver. Gardez en tête que vous êtes la personne qui connaissez le mieux votre enfant. Cela ne signifie pas pour autant que vous n’aurez pas besoin d’un avis professionnel. Choisissez cependant avec précaution le professionnel que vous consulterez afin que son approche soit bienveillante à l’égard de votre enfant, qui est votre trésor. De même, les conseils d’autres parents peuvent être aidants, sans pour autant miner votre confiance en vos moyens. Rien ne vous empêche de les écouter, sans pour autant les appliquer. La voie du cœur est celle qui ne trompe pas, dans l’éducation de votre enfant. Laissez-vous guider par l’amour que vous ressentez pour lui et apprenez à le connaître et l’aimer, tel qu’il est, avec ses forces et ses lacunes. Si la voie du cœur vous paraît parfois incertaine, voici trois repères objectifs à utiliser pour tous les conseils que vous recevrez :

  1. Ce conseil respecte-t-il le rythme de développement de mon enfant? Autrement dit, est-ce que les attentes que nous avons envers notre enfant sont légitimes considérant son âge et sa personnalité?
  2. L’application de ce conseil cause-t-elle une souffrance physique, psychologique ou affective à mon enfant? Toute intervention qui cause une détresse à mon enfant ne devrait pas être appliquée.
  3. Le conseil en question me facilite-t-il la vie ou celle de mon enfant, ou les deux? Parfois, les conseils rendent la vie plus facile au parent tout en causant du tort aux enfants, en provoquant de la détresse chez-eux par exemple.

La parentalité est la plus belle aventure qui soit. Des enfants heureux font des parents heureux. Et le bonheur de votre famille, vous en êtes le gardien.

Geneviève Parent, M.A. Sexologue, psychothérapeute et conseillère parentale

Neige, Neige Blanche (jouer dans la neige)

Quoi de plus magique pour l’enfant que de jouer dans la neige? C’est une activité que l’enfant à la chance d’expérimenter longuement grâce à notre climat québécois. L’excitation des enfants annonce souvent la bordée de neige Avant même que la neige tombe elle procure énergie et vitalité auprès de nos petits. Pourquoi pas profiter de cette occasion pour jouer dans la neige et vivre de petits et de grands plaisirs avec les enfants.
Quoi faire dans la neige avec les enfants ?

Voici des suggestions avec ou sans objets pour profiter de l’hiver.

Quoi faire dans la neige avec les enfants ? Voici des suggestions avec ou sans objets pour profiter de l’hiver.

  • Faire l’ange dans la neige (se coucher sur le dos et faire un mouvement de va et vient avec les bras et les jambes. Se lever et observer le bel ange.)
  • Faire un chemin en marchant dans la neige qui mène à une cachette. Les autres enfants doivent suivre mes pistes pour me retrouver.
  • Jouer à faire des trous dans la neige pour cacher certaines parties de notre corps.
  • Lancer la neige pour toucher le ciel…
  • Lancer la neige et se rasseoir avant que la neige retombe….
  • Étendre la neige sur une surface lisse et trouver le plus beau flocon.
  • Marcher à quatre pattes dans la neige
  • Se rouler dans la neige.
  • Cacher des objets de la nature dans la neige (roche, branches, cocottes etc.) et demander aux autres enfants de les retrouver.
  • Prendre différentes positions dans la neige pour donner un emprunt et demander à d’autre de reproduire la même forme.
  • Faire des montagnes de neige avec différentes parties du corps. ( les mains, les pieds, le dos, les coudes etc.)
  • Se cacher les mains ou les pieds tous ensemble dans la neige et à go nous sortons la partie cachée.
  • Se coucher sur le dos dans la neige et observer les nuages.
  • Faire des dessins avec notre mitaine sur une surface de nouvelle neige.
  • Faire un parcours humain dans la neige ( un enfant à les jambes écartées, un autre est couché dans la neige et un enfant doit passer entre les jambes, pardessus ou faire le tour de l’enfant etc.) Le parcours peut avoir plusieurs obstacles humains.
  • Faire des emprunts dans la neige avec des plusieurs objets de la nature.
  • Faire écouter des bruits imaginaires en se collant l’oreille dans la neige.
  • Faire des tunnels de mains ou de pieds et pour se toucher en dessous de la neige.
  • Le jeu du chat de neige : Plusieurs souris courent pour ne pas se faire attraper par le chat. Pour ne pas se faire toucher par le chat les souris doivent toucher de la neige avec une partie du corps autre que les pieds.
  • Jeu du chemin de fer : Former une ligne avec les enfants, faire écarter les jambes pour faire passer un ballon. Le premier joueur passe le ballon à l’ami derrière lui jusqu’à la fin. Le dernier qui reçoit le ballon crie CHEMIN DE FER, les enfants se couchent au sol en laissant un bras de distance entre chacun. L’enfant qui a crié la consigne doit passer entre les enfants le plus rapidement possible et lorsqu’il arrive au début de la ligne il doit crier TRAIN les enfants se lèvent et le première passe le ballon entre les jambes à l’enfant derrière. Le jeu se termine lorsque le premier joueur est revenu à sa place du début.
  • Faire des jeux de rayons de couleurs sur la neige avec le soleil et un disque CD usagé. (fait le même effet que le miroir avec le soleil)
  • Faire des dessins dans la neige avec une bouteille distributrice. Mettre dans la bouteille de l’eau et du colorant à gâteau ainsi qu’une goutte de savon à vaisselle pour éviter de tâcher les vêtements. Vous pouvez également utiliser la mèche d’un vieux crayons de feutre pour mettre dans l’eau à la place du colorant à gâteau. Il est alors plus certain d’éviter les tâches.
  • Jouer dans la neige avec des objets de votre coin imitation (plats, vaisselle, ustensiles etc.
  • Jouer à un jeu de Kim dans la neige : Je fais observer par les enfants 5 objets (tasse, bouchon, couvercle, assiette, ustensile). Je cache un objet dans la neige les enfants trouvent l’objet qui manquant. Vous pouvez aussi utiliser des objets de la nature qui ont été trouvés par les enfants.
  • Faire observer des choses dans la neige qui ne doivent pas être touchées ou goûtées par l’enfant. (excréments d’animaux, cigarettes, gomme,) etc.

Les jeux ou activités qui vous sont proposés pour amuser vos tout-petits dans la neige rejoignent le développement global de l’enfant. Ils demandent peu de préparation mais une bonne dose d’implication avec votre marmaille.
Je vous souhaite beaucoup beaucoup de plaisir dans la neige, neige blanche ! !

Le père Noël, une poésie nécessaire

Ma femme et moi ne partageons pas la même opinion concernant le père Noël. Doit-on entretenir le mythe ou dire la vérité dévoilée inévitablement un jour ou l’autre?

Le tout-petit entretient dans sa pensée magique le beau rêve d’un père Noël généreux au rire gras. Sa visite est entourée de rites: biscuits, lait, liste de cadeaux, lettre au pôle Nord, pyjama rouge, bas suspendus. Ces rites préparent le cœur à ce moment d’excitations. Le père Noël, la fée des dents, le lapin de Pâques, habitent l’enfance et alimentent l’imaginaire du petit. La distinction entre la réalité et la fiction se fera par un apprentissage progressif. L’ami imaginaire, le père Noël et les jeux de faire-semblant (être Batman, chevalier, princesse ou dragon) disparaîtront peu à peu et feront place aux jeux de société, de règles, aux idoles du sport ou de la musique. Ne précipitons pas la divulgation de la vérité, préservons l’enfance aux enfants. La question de l’existence du père Noël viendra de votre enfant, d’abord sous forme de doute puis en affirmation. Si vous sentez votre enfant hésitant dans le doute demandez-lui ce qu’il en pense. Et toi qu’en penses-tu? Sa réponse saura vous indiquer s’il a encore besoin d’entretenir cette magie. Quant à moi, le vrai père Noël est dans mon cœur et je regrette de ne plus être un enfant. Peut-être ressentez-vous cette nostalgie à l’arrivée du temps des fêtes ? Je partage l’opinion de Bruno Bettleheim. «Il faut laisser le petit enfant croire au Père Noël, aux œufs de Pâques et à la petite souris, parce qu’ils lui permettent d’ajouter une ferveur émotionnelle à d’importants concepts qu’il développera plus tard. Nous savons tous par expérience que nos idées se rapportant à Noël sont passées du Père Noël et sa hotte à l’esprit de générosité, du plaisir de recevoir des cadeaux à celui d’en offrir aux autres».

Source: Bettleheim, B. (1998) «Pour être des parents acceptables» Hachette Pluriel

C’est plus ma mamie?

Doit-on amener les enfants visiter leur grand-mère ou arrière grand-mère affaiblie par les années ?

La mamie qui riait, celle qui racontait si bien l’histoire de Boucle d’or en changeant sa voix douce en voix grave et sévère du papa ours, celle qui se baladait lentement au parc avec les petits, cette mamie là n’existe plus. Il reste d’elle le doux souvenir d’un sourire attendri à la vue des petites orteils du poupon, ce regard habité par tant d’amour et sa façon bien à elle de jouer avec les enfants en économisant les grands gestes mais en sachant les captiver. On se demande comme parent si la vue de cette vieille dame allongée, les yeux tristes et vides ne va pas bouleverser les enfants. Doit-on amener les enfants visiter leur grand-mère affaiblie par la maladie ?

Vivre c’est aussi vieillir
C’est une question que je me suis posée comme parent lorsque je visitais ma grand-mère adorée atteinte de la maladie d’Alzheimer avec ma mère.

Dans la famille, j’étais la seule à amener Émilie, ma fille, visiter ma grand-mère maternelle les dimanches au Centre d’hébergement en soins prolongés. Plusieurs voulaient éviter à leur enfant d’être confronté à cette triste réalité du vieillissement. Émilie a vu cette vieille dame bercer une poupée, se ravir d’une simple coupe de fraises rafraîchies dans la crème, parler une langue bien à elle ponctuée de répétitions, de mots français et anglais. Douce mamie Elzir perdue dans un passé si lointain que les gens du présent devenaient tantôt des étrangers tantôt des fantômes de son enfance. Mais ce spectacle désolant prenait tout son sens lorsque j’expliquais à ma fille, qui, avait été pour moi cette grand-mère. Quelle était cette maladie qui rendait les idées dans sa tête comme un casse-tête défait aux morceaux manquants. Mais ce qui impressionnait le plus ma fille c’était les larmes de sa grand-mère à la vue de mamie Elzir.

« Tu sais Émilie, ta grand-mère est triste de voir sa mère ainsi malade, vieillie et si loin d’elle dans sa tête. Elle s’ennuie du temps où elles étaient capables de se parler vraiment ou elles pouvaient faire des choses ensemble. Mais elle sait que l’amour d’une mère pour sa fille ça reste pour toujours dans le cœur. Moi aussi je m’ennuie de la mamie Elzir d’avant quand j’étais une enfant. Mais mamie Elzir sait qu’il y a des gens qui l’aiment autour d’elle et ça lui fait du bien de se sentir aimée. »

Expliquez à vos enfants qui est pour vous cette vieille personne que vous allez visiter. Parlez des moments vécus entre elle et l’enfant.

Décrivez à l’avance ce qu’ils vont voir (une personne alitée qui éprouve de la difficulté à parler, qui utilise une chaise roulante, etc.).

Nommez vos émotions et rassurez vos enfants; vos pleurs ne sont pas de leur faute.

Soyez conscient que si l’enfant a connu sa grand-mère débordante de vitalité, il doit maintenant faire le deuil de cette grand-mère-là. Celle d’aujourd’hui l’aime toujours mais différemment.

Félicitez les gestes doux, les beaux bonjours. Répondez à leurs questions sans les devancer.

Ayez des attentes réalistes face à vos enfants. La visite doit être de courte durée et ponctuée de promenades à la chambre de bain, dans les couloirs ou autres aires communes.

Votre attitude sera garante du déroulement de la visite. Si vous êtes calme, si vous apposez la parole à ce qui se vit et restez sensible aux réactions de votre enfant, celui-ci profitera de cette expérience pour apprendre la générosité, le dévouement, la sensibilité à l’autre soit, le vrai sens de l’amour.

Pourquoi la guerre?

Tous les jours, on voit des images de guerre et de conflits à la télévision. Mon petit garçon me demande pourquoi il y a la guerre? Comment lui répondre sans l’inquiéter?

Les enfants sont de plus en plus conscients des horreurs de la guerre, des conflits, du terrorisme. Plusieurs d’entre eux se gavent de télévision. D’autres petits curieux ont les oreilles grandes ouvertes aux conversations des adultes. Rien ne leur échappe. Mais comment expliquer à nos enfants une réalité si incompréhensible?

Les petits d’âge préscolaire ont une vision simpliste de la vie, il y a des bons qui font des choses permises et il y a des mauvais qui font des choses défendues par les parents. Pour lui la guerre, c’est la chicane entre des gentils et des méchants. Les méchants qui veulent tuer et les gentils qui se défendent.

Mais ces images à la télévision peuvent les obséder et, d’ailleurs à cet âge, même les images fictives sont interprétées comme la réalité. Il n’est pas sensible aux malheurs supportés par les autres mais très préoccupé par sa propre sécurité. Sa pensée égocentrique l’amène à imaginer que les méchants peuvent s’attaquer à lui. Il a peur qu’il lui arrive quelque chose. Il faut le rassurer: «Tu sais il y a maman et papa qui sont là pour te protéger. Tu seras toujours auprès de nous. Il y a des gens qui se disputent et qui ne savent pas comment régler la chicane, mais il y a aussi des gens qui travaillent à établir la paix, à trouver des moyens pour qu’il y ait la paix.».

Il est inutile d’expliquer les contextes géopolitiques, les enjeux de territorialité ou même les notions philosophiques. Le petit d’âge préscolaire n’a pas encore intériorisé les notions de bien et de mal, n’a pas acquis assez de maturité pour juger de la probité d’une situation. Il a juste besoin d’être sécurisé face à son bien-être et d’être initié à l’importance de la résolution pacifique de conflit.

Le mendiant

«C’est quoi un clochard. Pourquoi il veut tes sous, maman?»

Certains sans-abri plus loquaces expriment leur désarroi ouvertement. «Je n’ai pas de logis, je n’ai pas mangé. Allez, madame, donnez-moi une petite piastre.» Le petit observe le curieux personnage et surtout ressent la gêne de sa maman qui accélère le pas, baisse la tête et évite de répondre. Vers 4 ans, l’enfant peut constater les différences; l’allure générale, les vêtements superposés. Il comprend ce que veut dire pas de maison, pas de nourriture. D’ailleurs, à cet âge, les enfants deviennent sensibles à l’équité. «Pourquoi lui et pas moi? Toi tu peux et pas moi?» sont des phrases typiques des enfants de cet âge.

Il peut dès lors s’inquiéter de devenir un mendiant ou que ses parents se transforment en clochard. Le rôle de l’adulte est donc de sécuriser l’enfant en adoptant soi-même une attitude calme. Dites à votre enfant que ce monsieur n’est pas méchant, il est triste. Il a eu des difficultés. «Ne t’inquiète pas ton papa et moi, cela ne nous arrivera pas. Tu es en sécurité avec nous, tu as notre maison et nous mangeons bien. Ton papa et moi allons empêcher que tu sois un jour triste et pauvre comme ce mendiant.» Vous envoyez alors un message sécurisant et induisez aussi la notion de combativité, de faire face aux épreuves. Il faut éviter que l’enfant pense que cet état de pauvreté peut lui tomber dessus comme une grippe.

Certains enfants d’âge scolaire font preuve de générosité en offrant une partie de leur collation. Félicitez-les. Peut-être deviendront-ils les agents de changement de demain.