Mon fils a des tics

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Mon fils de quatre ans a des tics. Il cligne des yeux à répétition. Je lui fais remarquer et lui demande d’arrêter mais rien n’y fait. Qu’est-ce que je peux faire pour l’aider ?

Les tics sont des mouvements rapides, répétés et involontaires. Ils sont parfois accompagnés d’agitation. Ils cessent durant le sommeil et peuvent être contrôlés par la volonté plusieurs minutes particulièrement lors d’activités nécessitant une dépense massive d’énergie physique. Ils apparaissent dès l’âge de quatre ans et 10% des enfants d’âge scolaire en auraient (1).

Les tics expriment une tension non évacuée par des gestes ou des mots qui libéreraient l’enfant de la pression qu’il ressent. La plupart du temps, ces mouvements se manifestent, durant une courte période, lorsque l’enfant vit des perturbations passagères. Le passage à la maternelle, l’arrivée d’un bébé, le décès d’un proche ou un déménagement par exemple, peuvent déclencher un stress. L’enfant tente alors de s’adapter aux changements, de composer avec son monde affectif d’une manière peu adaptée. Il nous envoie alors un signal d’alarme.

Certains enfants qui ne vivent pas de perturbation émotionnelle passagère développent tout de même des tics. Les enfants qui ressentent une forte pression éducative peuvent exprimer leur tension par des tics. Doit-il exceller dans un sport ? Doit-il se contenir et être sage alors qu’il a de grands besoins moteurs ? Pense-t-il qu’il doit obéir ou retenir sa colère afin de garder l’amour de ses parents ? A-t-il l’impression qu’il doit donner l’exemple comme aîné ?

La réaction des parents à ces manifestations de malaise déterminera en grande partie l’évolution du tic. En lui ordonnant d’arrêter, nous augmentons la tension intérieure et le laissons seul avec sa détresse émotionnelle. L’ironie et les remarques désobligeantes font croître l’anxiété et intensifient son besoin de liquider sa tension.

Un enfant, qui a des tics, a besoin d’être apaisé, compris et soutenu dans ce qu’il vit. Il nous exprime clairement qu’il est en difficulté.

  • Ne lui demandez pas d’arrêter.
  • Montrez-vous disponible.
  • Tentez de découvrir ce qui provoque cette tension. Observez quand les tics se manifestent.
  • Parlez avec lui des causes possibles du malaise. « Je pense que tu es inquiet de … Je pense que tu aurais besoin de … ».
  • Prenez le temps d’accorder une pause tendresse quotidienne. Ce moment privilégié deviendra un moment spécial où il en viendra à vous confier ce qui le trouble.
  • Explorez des moyens de liquider la tension :
    • Autoriser l’expression des sentiments sans qu’on le juge.
    • Dire ce qui ne va pas.
    • Bouger, aller jouer dehors, faire du sport ensemble.
    • Dessiner, peindre.
    • Faire des exercices de relaxation.
    • Profiter d’un massage.
    • Lui permettre de décider certaines choses.
  • Laissez-vous du temps. Souvent ces manifestations sont passagères.

Si les tics durent, s’identifient, se multiplient, vous gênent ou sont devenus insupportables pour votre enfant, parlez-en à votre médecin ou consulter un psychologue ou un psychoéducateur.

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Tiré de Ifergon, Harry, Étienne, Reca (1998) Mais qu’est-ce qu’il a donc dans la tête ? J’ai lu – Bien-être Hachette Littératures.

Pourquoi ne veut-il pas jeter ses vieux jouets?

Mon fils accumule les jouets, les objets. Il a encore dans sa chambre des toutous, des legos, des jeux du temps où il était petit. J’en ai fait disparaître quelques-uns ce qui a provoqué en lui une vive colère arrosée de larmes. J’ai de la difficulté à comprendre sa réaction puisque la plupart de ces objets étaient abîmés et qu’il ne jouait même plus avec.

Laissez-moi vous raconter l’histoire de ma première poupée de chiffon, ma douce et molle fonfonnette. Elle dormait, depuis plusieurs années, dans l’armoire de ma chambre, ignorée par la grande fille de 10 ans que j’étais devenue. Mais dormait-elle vraiment? Elle sommeillait peut-être mais assumait son rôle si important de témoin du passé. Ma mère avait été sollicitée par la paroisse pour une cueillette de jouets et de vêtements susceptibles de servir aux plus démunis. Dans sa grande délicatesse, elle m’avait demandée l’autorisation de donner tel ou tel objet. Fonfonnette faisait partie du lot. Lorsque le bénévole a pris le sac, je l’ai entendu remercier ma mère. Mon cœur s’est brisé, j’abandonnais ma fonfonnette celle qui m’avait consolée, écoutée, réconfortée et tant amusée. Fonfonnette usée mais encore à moi m’est revenue. Je l’ai délivrée du gros sac vert sans même regarder, je l’ai devinée à ses cheveux frisés, à sa jambe mutilée et à son visage souriant en caoutchouc. Fonfonnette faisait partie de moi, elle a été une trace d’une fraction de mon enfance. Je n’étais pas prête à tirer un trait sur cet épisode de ma courte vie. Heureusement, ma mère sensible a su respecter mon rythme.

Certains objets délaissés, délabrés par les enfants demeurent habités de souvenirs tendres. Avant de mettre au rebus, de vider une chambre encombrée, demandez l’avis de votre enfant. Votre enfant reconnaîtra en vous un parent sensible et respectueux et vous le rendra bien. Peut-être vous suggérera-t-il un autre lieu pour ranger ses trésors. Une chose est certaine vous découvrirez des parcelles intimes de votre enfant en comprenant pourquoi il est attaché à tel ou tel objet.

Il a volé des bonbons à l’épicerie

Alors que j’étais affairée à payer mes articles à l’épicerie, mon fils a pris du chocolat et un petit jouet. Je n’ai rien vu et il a sorti ses petits larcins de sa poche plus tard à la maison. Comment dois-je aborder ce problème avec lui? Dois-je m’inquiéter?

Tout dépend de l’âge de votre fils. Les petits ramassent ce qui est à la portée de leur main. Ils ne distinguent pas prendre et voler puisqu’ils n’ont pas encore acquis le sens de la propriété. D’ailleurs, les enfants d’âge préscolaire montrent parfois les objets «pris au vol» à leurs parents, innocemment comme une découverte à partager.

Vers 7-8 ans, l’enfant reconnaît ce qui lui appartient et peut savoir alors ce qu’on ressent lorsqu’on se fait prendre nos affaires. À cet âge, le geste de voler prend le même sens que chez l’adulte. Quel que soit l’âge de l’enfant, il faut rendre les objets volés en emmenant l’enfant. Il est nuisible de traiter l’enfant de voleur mais essentiel de ne pas laisser l’événement passé inaperçu. Si le parent n’intervient pas, il se met en position de complice. «Je suis ton parent et je suis là pour t’apprendre ce qui est interdit.» S’il se cache derrière vous, n’insistez pas, l’humiliation n’est jamais constructive. Il participe au geste de réparation et apprend ainsi l’interdit. «Je ne peux pas te laisser prendre les choses des autres. Tu ne serais pas content si quelqu’un prenait tes affaires. Tu dois savoir commander à tes mains et les arrêter lorsqu’ils veulent prendre des choses.»

Dans certains cas, l’enfant prend un objet qu’on lui a refusé. L’objet doit aussi être retourné et clairement identifié. «Je reconnais la petite voiture que tu voulais et que je t’ai refusée. Tu l’as prise et je ne peux te laisser faire ça.»

Parfois les objets volés représentent un manque, une compensation affective. Je me souviens d’un petit garçon dans une garderie qui emplissait ses poches de petits jouets appartenant au milieu de garde. Il traînait à la maison des parcelles de la garderie et surtout de l’amour de son éducatrice. Il se sentait seul et abandonné à la maison, à la suite de la naissance de jumelles qui prenaient tout le temps et l’énergie de la maman. Dans ce cas-ci, les vols se multipliaient et signifiaient un malaise, une détresse.

L’enfant apprend peu à peu la loi des adultes, développe progressivement son sens moral à travers les relations d’amour qu’il entretient. C’est par amour, pour maintenir la relation que l’enfant se soumet aux règles. Il est donc important qu’il sente que malgré la bêtise qu’il a faite vous continuez à l’aimer.

C’est plus ma mamie?

Doit-on amener les enfants visiter leur grand-mère ou arrière grand-mère affaiblie par les années ?

La mamie qui riait, celle qui racontait si bien l’histoire de Boucle d’or en changeant sa voix douce en voix grave et sévère du papa ours, celle qui se baladait lentement au parc avec les petits, cette mamie là n’existe plus. Il reste d’elle le doux souvenir d’un sourire attendri à la vue des petites orteils du poupon, ce regard habité par tant d’amour et sa façon bien à elle de jouer avec les enfants en économisant les grands gestes mais en sachant les captiver. On se demande comme parent si la vue de cette vieille dame allongée, les yeux tristes et vides ne va pas bouleverser les enfants. Doit-on amener les enfants visiter leur grand-mère affaiblie par la maladie ?

Vivre c’est aussi vieillir
C’est une question que je me suis posée comme parent lorsque je visitais ma grand-mère adorée atteinte de la maladie d’Alzheimer avec ma mère.

Dans la famille, j’étais la seule à amener Émilie, ma fille, visiter ma grand-mère maternelle les dimanches au Centre d’hébergement en soins prolongés. Plusieurs voulaient éviter à leur enfant d’être confronté à cette triste réalité du vieillissement. Émilie a vu cette vieille dame bercer une poupée, se ravir d’une simple coupe de fraises rafraîchies dans la crème, parler une langue bien à elle ponctuée de répétitions, de mots français et anglais. Douce mamie Elzir perdue dans un passé si lointain que les gens du présent devenaient tantôt des étrangers tantôt des fantômes de son enfance. Mais ce spectacle désolant prenait tout son sens lorsque j’expliquais à ma fille, qui, avait été pour moi cette grand-mère. Quelle était cette maladie qui rendait les idées dans sa tête comme un casse-tête défait aux morceaux manquants. Mais ce qui impressionnait le plus ma fille c’était les larmes de sa grand-mère à la vue de mamie Elzir.

« Tu sais Émilie, ta grand-mère est triste de voir sa mère ainsi malade, vieillie et si loin d’elle dans sa tête. Elle s’ennuie du temps où elles étaient capables de se parler vraiment ou elles pouvaient faire des choses ensemble. Mais elle sait que l’amour d’une mère pour sa fille ça reste pour toujours dans le cœur. Moi aussi je m’ennuie de la mamie Elzir d’avant quand j’étais une enfant. Mais mamie Elzir sait qu’il y a des gens qui l’aiment autour d’elle et ça lui fait du bien de se sentir aimée. »

Expliquez à vos enfants qui est pour vous cette vieille personne que vous allez visiter. Parlez des moments vécus entre elle et l’enfant.

Décrivez à l’avance ce qu’ils vont voir (une personne alitée qui éprouve de la difficulté à parler, qui utilise une chaise roulante, etc.).

Nommez vos émotions et rassurez vos enfants; vos pleurs ne sont pas de leur faute.

Soyez conscient que si l’enfant a connu sa grand-mère débordante de vitalité, il doit maintenant faire le deuil de cette grand-mère-là. Celle d’aujourd’hui l’aime toujours mais différemment.

Félicitez les gestes doux, les beaux bonjours. Répondez à leurs questions sans les devancer.

Ayez des attentes réalistes face à vos enfants. La visite doit être de courte durée et ponctuée de promenades à la chambre de bain, dans les couloirs ou autres aires communes.

Votre attitude sera garante du déroulement de la visite. Si vous êtes calme, si vous apposez la parole à ce qui se vit et restez sensible aux réactions de votre enfant, celui-ci profitera de cette expérience pour apprendre la générosité, le dévouement, la sensibilité à l’autre soit, le vrai sens de l’amour.

Accro de la télé

Mon fils Émile, 5 ans, passe beaucoup de temps devant l’écran de la télévision. Les images le captivent, il veut voir la fin de son émission et reste rivé à son fauteuil. Je dois l’appeler plusieurs fois et parfois je dois hausser le ton pour qu’il vienne souper ou se coucher. J’ai l’impression qu’il est devenu dépendant de la télé. Ai-je raison de m’inquiéter? Quelles limites dois-je lui imposer?

Selon l’American Academy of Pediatrics, l’enfant qui écoute trop de télévision peut développer des problèmes de santé (obésité par manque d’exercice et consommation d’aliments sucrés mise de l’avant par les bandes annonces), des problèmes d’attention, d’agressivité et d’estime de soi.(1) Elle peut aussi créer une forte dépendance. D’ailleurs, des études américaines (2) ont constaté que les enfants de 18 mois consommaient environ 14 heures de télévision par semaine alors que les enfants d’âge préscolaire utilisaient la télévision jusqu’à 23 heures par semaine. Lorsqu’on examine quelles émissions sont regardées par les enfants, moins de 25 % d’entre elles ont un contenu qui leur est effectivement destiné.

La télévision est une fenêtre extraordinaire sur le monde et est là pour rester. Il ne s’agit pas de diaboliser l’écran mais plutôt de se doter de moyens afin que celui-ci soit constructif pour l’enfant. Nous devons reconnaître qu’avant d’être la télé-nounou qui captive l’enfant, elle a été la pause-télé pour le parent à qui cette merveilleuse boîte à images donnait le temps de préparer le repas et de se détendre un peu; la télévision ayant le pouvoir magique de réduire le nombre de bêtises à l’heure! Or, quand déloger l’enfant du fauteuil du salon devient une mission impossible, il devient impératif d’établir des règles d’utilisation de la télévision.

Ces règles édictent des limites au sujet du contenu des émissions, de la durée, du moment et du lieu d’écoute. La télévision doit être allumée par le parent ou avec sa permission. Il est le décideur empathique qui conçoit très bien que l’enfant soit attiré mais surtout reconnaît qu’il est le seul à juger de ce qui convient à son petit.

La télévision devient une source intarissable d’apprentissages lorsqu’elle suscite des échanges. Expliquez à votre enfant pourquoi une émission lui est défendue ou lui est permise, en parlant du contenu. Discutez avec lui des différences qui existent entre un programme et une bande annonce. Valorisez le comportement généreux d’un personnage ou encore échangez sur les moyens pacifiques que ce personnage a utilisé pour régler un conflit. La télévision peut devenir un prétexte pour discuter des valeurs prônées dans votre famille. Le magnétoscope permet aux parents de sélectionner les émissions qui respectent ces valeurs et de répondre au désir de l’enfant en préservant leurs besoins. Car au-delà de cette activité passive où l’enfant est spectateur passif, il y a un monde à découvrir dans l’action.

En ce qui a trait à la durée du visionnement, l’American Academy of Pediatrics(1) recommande de limiter à 1 ou 2 heures par jour le temps d’utilisation de la télévision. D’autres auteurs(2) restreignent même l’usage de 30 minutes à 60 minutes par jour.

Il y a des moments propices à l’écoute de la télévision. L’écoute télévisuelle ne doit pas empiéter sur les heures de sommeil, ni sur la période des repas. Les rituels de la période du sommeil doivent être respectés et il en est de même pour les repas.

En ce qui concerne le lieu, il est fortement déconseillé de placer la télévision dans la chambre de l’enfant et dans la salle à manger. La chambre de l’enfant doit demeurer un lieu de repos, de jeu ou d’études alors que la salle à manger doit permettre les échanges familiaux lors des repas. Sachez enfin que l’enfant doit être au moins à trois mètres de l’écran de télévision ou cinq fois la diagonale de l’écran si l’écran est surdimensionné.

Ce contrôle parental autour de la télévision s’exerce de la même manière qu’il se fait dans toutes les situations de la vie quotidienne, c’est-à-dire en offrant soi-même l’exemple. Comme parent, vous êtes l’inspiration de vos enfants!

[1] Wyckoff, J. (2005) L’enfant qui dit non. Les Éditions de l’Homme.
[2] Webster-Stratton, C. (2001) Incredible years. Umbrella Press.

Le supplice des sorties en public

Notre enfant de quatre ans se comporte tellement mal en public que nous nous résignons de plus en plus souvent à l’exclure des sorties en public. La dernière sortie au restaurant a été catastrophique. Il s’est caché sous la table, a couru dans les allées, a crié. Tout le monde nous regardait. Les visites à l’épicerie sont aussi pénibles. Devons-nous attendre qu’il soit plus vieux pour l’amener au restaurant? Y a-t-il des moyens pour faire cesser ce supplice?

Que ce soit à l’épicerie, chez le médecin, au salon de coiffure ou au restaurant, les excès de nos enfants intimident bien des parents. Le regard des autres, témoins de la scène, induit tout un stress. Nous sommes sensibles au fait que le comportement de notre enfant incommode d’autres personnes.

Les difficultés éprouvées par les parents en public sont parfois le reflet d’une attitude éducative laxiste à la maison. Dans ce cas, la sévérité occasionnelle du parent lorsque son enfant se montre désagréable en public ne réussit pas à modifier les comportements dérangeants de l’enfant. L’enfant habitué au laisser-faire s’attend à ce que ses désirs soient satisfaits et considère le frein apposé dans le contexte de la sortie comme une injustice, un accro à ses habitudes. Il réagit fortement, se désorganise davantage.

Mais nos petits diablotins en public ne sont pas tous des enfants-rois. D’autres raisons peuvent expliquer les comportements perturbateurs émis en public. Les adultes occupés à se parler au restaurant ou concentrés à trouver des aliments inscrits sur la liste d’épicerie ignorent parfois les enfants sages mais soulignent rapidement les bêtises. Alors l’enfant sage qui veut être reconnu, remarqué comme un participant à l’activité se transforme en petit diable pour obtenir l’attention.

D’autre part, on exige quelquefois aux enfants d’être tranquilles et obéissants durant une à deux heures. Cette attente est irréaliste pour un enfant de quatre ou cinq ans. Surtout que dans un contexte nouveau, les sources de stimulation et les tentations sont nombreuses pour nos petits explorateurs. Il est donc normal que l’adulte ait à dire non plus fréquemment en public puisque l’enfant est sollicité de part et d’autres par de nouvelles odeurs, couleurs, sons, des inconnus donc un nouvel environnement riche de potentielles découvertes. Il a donc besoin d’apprendre que les limites et les consignes émises à la maison font aussi force de loi à l’extérieur.

N’oublions pas que ce novice de la vie n’a pas grande expérience des us et coutumes de la vie mondaine. Il n’a pas eu beaucoup l’occasion de pratiquer le comment faire et le quoi dire en public dans sa courte vie. C’est pourquoi, il est important de lui faire revivre une situation même si la dernière expérience s’est avérée désastreuse. Par exemple, si la dernière visite à l’épicerie s’est soldée par une course dans les allées, des étalages renversées, retournez à l’épicerie pour une courte durée pour acheter deux à trois items et mettez des conditions afin de lui faire vivre du succès dans cette expérience. Aidez-le à anticiper ses désirs et dites clairement vos règles. «Tu vas avoir le goût de courir dans les grandes allées et de secouer les différentes boîtes de céréales pour savoir s’il y a des surprises à l’intérieur. Je sais que tu es capable de rester près de moi, les mains dans tes poches.»; ou encore «on va aller au restaurant prendre un jus. Tu pourras choisir la saveur que tu veux. Je veux que tu restes assis le temps que nous buvions.» L’enfant a alors l’occasion de pratiquer les bonnes manières et de vivre du succès. Vous augmentez peu à peu la durée de la sortie. Vous pouvez aussi jouer au restaurant à la maison en créant un climat particulier (lumière tamisée, chandelles, condiments sur la table, vêtements appropriés à une sortie). Il est essentiel de féliciter l’enfant lors des pratiques et même de lui manifester votre fierté et votre joie en lui offrant une occasion de lui faire plaisir. «J’ai été très heureuse de manger au restaurant. Tu es resté assis, tu as mangé et parlé avec nous. Je me suis reposée. Ça m’a fait très plaisir. Je pense que tu aimerais qu’on aille faire un petit tour au parc.» Les sorties se dérouleront mieux si vous impliquez l’enfant dans l’activité. Par exemple, vous apportez un petit sac à surprises au restaurant que vous remettrez à l’enfant après avoir dit ce que vous voulez manger. Petits casse-tête, crayons, papier, petites figurines, livres sauront faire patienter votre enfant. À l’épicerie, proposez à votre enfant le petit panier pour futur client ou encore demandez-lui la boîte de tomates, de tenir les boîtes de mouchoir ou encore de repérer sa boîte de biscuits préférés.

Si malgré tout, votre enfant se métamorphose en tyran durant une sortie en public, agissez rapidement dès les premiers signes d’agitation. N’attendez pas l’escalade des négociations qui aboutira à des cris. Retirez-vous dans l’auto, à la salle de bains, à l’extérieur du magasin et parlez-lui. S’il vous semble disponible et coopératif, offrez-lui une chance de se reprendre. Indiquez-lui clairement quelle est la prochaine étape. «Tu choisis, marcher près de moi à côté du panier ou t’asseoir dedans» ou encore «Tu t’assoies à la table et tu me laisses terminer mon repas. Je me repose tranquillement maintenant ici ou à la maison quand tu seras dans la chambre seul.» La sortie ratée doit amener une conséquence afin que l’enfant apprenne que ses écarts de conduites ne sont pas acceptés même s’il a profité de l’impuissance passagère de ses parents lors de la sortie.

La réclusion à la maison n’est pas la solution. La solution repose sur l’apprentissage des règles de vie par l’enfant et sur la sensibilité des parents à la faible tolérance des petits à l’attente inactive et à leur besoin d’attention.

Amusez-vous bien en famille puisqu’elle est le premier lieu d’apprentissage aux règles de notre société.

Source :
Dumesnil, F. (2004) Questions de parents responsables. Les Éditions de l’Homme, 247 p.
Webster-Stratton, C. (2001) The incredible years. A trouble-shooting Guide for parents of children aged 3-8. An Umbrella Press Publication.

Mamie gâteau

Ma mère adore ma fille et la gâte beaucoup. Elle la garde souvent et répond à ses caprices à un tel point que Naomie réclame sa mamie lorsqu’elle est contrariée. J’apprécie beaucoup la disponibilité de ma mère mais j’hésite à lui parler de mon malaise. Dois-je insister pour qu’elle suive les règles de conduites que j’impose à ma fille ou la laisser être une mamie-gâteau?

Nous chérissons tous les douces mamies tendresse qui entourent nos enfants de rire, de bisous, de regard bienveillant. Elles héritent parfois de nos chérubins lorsque nous sommes captifs dans une réunion ou heureux dans un week-end amoureux. Les grands-parents sont les témoins privilégiés de l’épanouissement de nos enfants. Ils prennent le relais et dans certaines circonstances deviennent le refuge stable et rassurant des enfants qui vivent dans une famille en mutation.

En général, quand les choses sont claires et que les relations entre parents et grands-parents s’établissent sainement, l’enfant sait très bien qui est maman et qui est mamie. Le jeune enfant ne s’explique pas pourquoi chez mamie c’est oui pour telle chose alors qu’avec maman c’est non mais il reconnaît les distinctions et respecte les limites de chacune. La mamie ne vit pas la quotidienneté, l’intimité avec l’enfant et se montre quelquefois plus tolérante. Parfois elle voit l’éducation autrement, ce qui surprend d’ailleurs la mère qui a elle-même vécu comme enfant dans un cadre éducatif bien différent de celui prôné par la mamie avec sa petite fille.

La mamie-tendresse n’est pas avare de gâteries, de privilèges mais ne dénigre pas les principes d’éducation de sa fille. «Aujourd’hui, elle était un peu fatiguée, je lui ai laissé écouter la télévision» ou encore «Elle a bien mangé ses légumes, je lui ai donné deux portions de dessert. On a fait un petit spécial hein ma puce!» Les spéciaux sont des mesures exceptionnelles qui se déroulent dans un climat relationnel de complicité avec l’enfant et ça c’est de l’amour.

Dans son territoire, la mamie peut exercer son autorité avec un peu plus de latitude mais elle devra cependant respecter les attitudes éducatives des parents devant l’enfant. Le premier répondant de l’enfant demeurant le parent. Le pouvoir éducatif appartient aux parents, le problème se pose lorsque les grands-parents ont l’impression qu’on leur a cédé le rôle éducationnel. La mamie qui défend les écarts de conduite de l’enfant devant lui ne pense qu’à dorer son image et embellir sa relation avec l’enfant. Elle ne prend aucunement en considération les conséquences des comportements de l’enfant dans le futur.

Le grand-parent se définit d’abord comme parent envers ses propres enfants; c’est à travers eux qu’il est devenu grand-parent. Le grand-parent qui respecte son enfant ne cherche pas à établir une proximité affective avec ses petits-enfants à l’insu de ses parents et surtout en marge de l’encadrement éducatif offert par eux.

Mamie-gâteau offre des douceurs qui ne nuisent pas à la santé et au bien-être de sa petite fille, pourquoi pas? Lorsque la petite fille aura grandi, la mamie se montrera peut-être aussi généreuse de recommandations, ce qui risque d’agacer l’adolescente en quête de liberté. Si par contre, la mamie-gâteau est intrusive qu’elle s’immisce dans votre relation mère-fille en dénonçant devant l’enfant vos façons de faire, si votre fille est devenue pour elle «ma fille, ma raison de vivre», qu’elle se soustraie des règles incontournables que vous lui avez énoncées alors une discussion d’impose. Il est difficile de s’adresser à nos propres parents qui avouons-le nous rendent de grands services. Le tact est de rigueur et nous devons exprimer la reconnaissance du privilège d’avoir leur aide, leur présence au sein de notre famille. Il faut établir des normes communes, échanger sur les limites incontournables reliées à la santé et au bien-être de l’enfant tout en mettant ces normes dans leur contexte. S’agit-il de visites occasionnelles, hebdomadaires ou prolongées? N’oublions pas que ces valeurs que nous voulons transmettre à nos enfants proviennent en grande partie de l’éducation que nos propres parents nous ont offerte. La contribution réelle des grands-parents qu’on néglige souvent de souligner est celle de nous avoir donné des valeurs, d’avoir développé avec nous nos compétences, nos qualités qui nous permettent maintenant d’être un bon parent auprès de nos enfants.

 

L’enfant nous éduque aussi

Être un parent aujourd’hui est tout un défi. Les deux parents sont interpellés par les exigences du travail. Les pressions sont fortes et quelques fois l’enfant nous paraît comme une charge additionnelle ou une source de tension. Notre engagement parental invite à tant de sacrifices, de dévouement que l’on perd parfois de vue les moments de plaisir, de tendresse. Nous oublions que l’enfant grandit avec son parent qui grandit aussi avec lui. Non seulement, l’enfant suscite des remises en question mais il éveille en nous des forces et des qualités. Il nous permet de devenir une meilleure personne.

En nous prenant comme témoins de ses découvertes, il nous amène à reprendre contact avec la richesse du monde sensoriel. Le nez plissé du petit nous remet en contact avec l’odeur sucrée ou salée.

En nous imposant son rythme biologique, il exige de nous une restructuration de notre horaire du couple ou de la famille qui impose altruisme et discipline personnelle. Adieu les soirées qui s’éternisent entre adultes, les petits matins des enfants requièrent notre présence.

En explorant innocemment, il nous demande de partager notre espace en aires sécuritaires ou réservées. Les bibelots ne peuvent plus être exposés sur la table à café. L’intimité de la chambre à coucher n’est plus ce qu’elle était et attention aux petits curieux.

En faisant preuve d’autonomie, il nous fait vivre des inquiétudes et nous amène à gérer sur propres peurs. L’araignée ou le ver de terre, sources de dédain, deviennent des bibittes intéressantes.

En nous faisant subir ses colères et ses caprices, il développe notre patience et nous oblige à mettre en veilleuse notre besoin de contrôle ou à mobiliser notre volonté. Le grand défi du parent du terrible enfant de 2 ans se situe dans cet équilibre entre l’imposition de limites et la possibilité d’offrir des choix afin que l’enfant puisse s’affirmer.

En nous confrontant, il nous permet de nous pencher sur nos valeurs morales et de les affirmer. Les «pourquoi je ne peux pas?» ou «c’est pas juste!» nous amènent à justifier la règle et ainsi nous recentrer sur les valeurs que l’on veut léguer à notre enfant.

En nous sollicitant dans ses jeux, il réactive notre imagination et notre créativité. Nous devons nous dégager de la concrétude pour devenir tantôt le dragon, le pompier, la princesse, la sorcière ou le père Noël.

Par ses sourires, ses câlins, ses mots tendres, il nourrit ce que nous avons de plus beau en nous, l’amour.

Émilie, qu’as-tu fait aujourd’hui à la garderie?

Linda Gagnon, psychologue et consultante

Juin 2012

www.aveclenfant.com

Démontrer de l’intérêt à un enfant pour les activités et projets qu’il réalise au sein de son groupe peut s’avérer une démarche simple pour certains parents et plutôt complexe pour d’autres.  En effet, certains enfants semblent incapables de se remémorer une seule activité inscrite au programme de leur journée et ce au grand désespoir de leurs parents.  Ainsi à la question, « Qu’as-tu fait aujourd’hui à la garderie?».  Ces enfants répondent « Je ne sais pas? » d’un air désintéressé.  La réplique du parent ne se fait habituellement pas attendre « Tu ne le sais pas ? » d’un air mi-surpris mi-exaspéré.  Entre le désir de talonner l’enfant dans l’espoir de recueillir quelques gouttes d’informations et celui de baisser les bras, le cœur et la raison du parent balancent.

Quelques considérations et suggestions

INSTANT PRÉSENT

Il est à noter que certains enfants sont peu bavards envers leur journée passée à la garderie étant donné qu’ils vivent intensément au moment présent.  Les activités qui se sont déroulées le matin ou l’après-midi peuvent être pour eux dépourvues d’intérêt.  Ce qui suscite leur intérêt c’est l’instant présent.  Ainsi, il est bien plus intéressant d’aller jouer à l’extérieur, de dessiner ou de bricoler, de regarder une émission à la télévision, de s’inventer des histoires que de discuter d’activités déjà passées!

En tant qu’adulte, il nous arrive à notre tour d’être absorbé dans nos pensées ou dans nos activités.  Ainsi, en pleine lecture d’un roman ou d’un journal nous avons tendance à répondre évasivement aux questions de notre entourage.  Il en est souvent de même pour nos enfants.

CHACUN SA PERSONNALITÉ

Enfin chaque enfant possède son propre caractère.  Certains adorent partager leurs expériences et leurs états d’âme avec leur famille, tandis que d’autres préfèrent conserver précieusement dans leur jardin intime les expériences reliées à leur nouvelle vie.  Il en va de même pour les adultes.

TROUVER LE BON MOMENT POUR L’ENFANT ET LE PARENT

Enfant :

Le bon moment peut différer selon l’enfant.  Pour certains ce sera au retour de la garderie ou au souper pour d’autres à l’heure du bain ou du coucher.  En effet, l’heure du coucher est souvent un bon moment pour discuter avec l’enfant. Puisqu’il est alors fatigué, certains mécanismes de défense tombent ce qui amène parfois l’enfant à confier ses difficultés ou ses préoccupations plus facilement

Parent :

Arrêtez vos activités et assoyez-vous près de votre enfant lorsque vous lui demandez de vous raconter sa journée.  S’il a le sentiment que vous ne l’écoutez pas vraiment, il cessera rapidement de répondre à vos questions.  En tant qu’adulte nous manifestons le même type de réaction lorsque nous nous adressons à quelqu’un qui ne semble pas disponible à nous écouter.

A) Écouter avant de questionner.

Laisser à l’enfant le temps de s’exprimer, il doit tout d’abord organiser ses idées pour nous raconter ce qu’il ressent et ce qu’il a vécu.  Il faut éviter de l’envahir de questions.

B) Le type de question posée

Au lieu de lui poser la question suivante : « Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui? » qui s’avère très large (l’enfant a à ses yeux fait une multitude de choses dans sa journée et ce sera trop long à raconter) opter pour une questions qui dirige l’enfant vers certaines pistes.

« Qu’est-ce que tu as aimé le plus faire à la garderie? »

« Avec quel(le) ami(e) as-tu eu du plaisir? »

« Quelle activité as-tu trouvé facile ou difficile? »

« Est-ce qu’il y a une situation qui t’as fait rire, qui t’as mis en colère, qui t’as rendu triste? »

 

C) Vérifier quotidiennement le contenu de son portfolio.

▪         Afficher ses dessins

▪         Pratiquer les chansons et comptines

 

D) Choisir avec son enfant les dessins ou bricolages que l’on conserve et ceux que l’on jette ou que l’on donne.

Cette opération peut sembler quelque peu fastidieuse pour certains parents.  Ce qui importe c’est d’énoncer une règle claire.  On doit trier ensemble les dessins lorsque : ex. : le mois est terminé, la boîte est remplie, le babillard est couvert, on ne retrouve plus le réfrigérateur, etc.

En permettant à l’enfant de participer à la sélection des dessins, nous faisons appel à son jugement.  C’est une autre occasion pour lui d’exprimer ses opinions, de faire connaître ses goûts.  Les choix de l’enfant peuvent parfois nous surprendre.  Les critères du dessin retenu ne correspondent pas nécessairement aux nôtres.  Il est toutefois important de respecter son choix, le dessin sur lequel il a jeté son dévolu peut être associé à une activité qu’il a grandement appréciée.

Lorsque l’on conserve une partie des œuvres de notre enfant nous lui démontrons concrètement que ce qu’il réalise à la garderie est important.  Nous reconnaissons par le fait même que nous apprécions les efforts et la persévérance qu’il a manifestés dans ses divers travaux.

L’intégration du bébé en pouponnière… Attention bébé fragile!!!

Lyne Archambault, éducatrice –  formatrice
 

Août 2012

ww.aveclenfant.com

Le mois d’août signifie, pour toutes éducatrices, les vacances d’une part et de l’autre l’amorce d’une nouvelle année au C.P.E. En pouponnière, à mon sens, il existe une façon de faire afin que les enfants et les parents soient accueillis avec empathie et qu’un lien de confiance s’installe jour après jour. Voici mes actions et interventions gagnantes qui m’aident à réussir, année après année, ma rentrée à la pouponnière.

TOUT D’ABORD, LE PARENT EST ACCUELLI

Pour initier  un climat de confiance, je rencontre les parents afin de les connaître et découvrir leur bébé. Je leur consacre une heure individuellement avec un questionnaire qui m’informe sur la santé, les habitudes et les comportements de leur poupon. Sans la présence du petit, il est plus facile d’échanger entre nous. De plus, je  réponds  à toutes les questions des parents. Ensemble, nous élaborons un plan d’intégration parfois plus court ou plus long selon les possibilités de chacun des parents.  La pouponnière reste ouverte aux parents utilisateurs : ils sont toujours les bienvenus. Cet environnement appartient à leurs enfants, à moi et à eux !!

La façon de quitter la pouponnière est toujours expliquée aux parents. Lors de l’arrivée de l’enfant à la pouponnière, on ne quitte jamais en cachette que le petit chou soit occupé ou non.  On  doit établir ensemble un rituel de départ pour l’enfant avec ses parents.

 

Quand le parent est prêt à quitter après avoir joué ou non dans le local, assis par terre avec son enfant, il me prévient. Je prends alors le bébé, le parent traverse la clôture. Après un dernier bisou à maman ou papa, je dis : « (Le prénom du bébé), ton papa, ta maman reviennent  tantôt» et la porte se ferme. Que le bébé pleure ou non la porte reste fermée. Les parents peuvent toujours jeter un œil par le trou du passe plat chez la cuisinière ou m’appeler en tout temps pour du réconfort. Parallèlement, les visiteurs sont limités en période  d’intégration.  Une affiche collée sur la porte  indique à tout le monde que les visiteurs sont limités. La porte du local  reste fermée en tout temps. Un lien d’attachement est en train de se construire et c’est précieux.

 

JE M’ORGANISE

Avec les informations  recueillies  lors de notre rencontre, j’organise mon local en notant sur mes tableaux les habitudes alimentaires, de sommeil et d’hygiène de chaque bébé pour  m’organiser et établir une routine afin de respecter le rythme biologique de chacun.  Je sors les jeux préférés et le matériel nécessaire, car en période de séduction on apprend à se connaître.  Répondre au plus vite aux besoins des enfants et communiquer avec lui renforcent son lien de confiance et établissent un lien d’attachement.

Les premiers jours l’observation est primordiale. On s’apprivoise dans notre local : je tente d’avoir des sourires et retiens pour les prochains jours les jeux favoris pour les obtenir de nouveau. De plus, je parle aux enfants, je surveille les signes d’insécurité. Je suis toujours là, en parole. Si je ne suis pas dans leur champ visuel, je nomme ce que je fais.

Il est de notre responsabilité de prendre en main l’adaptation de chaque enfant, de chercher des solutions  adaptées et de se baser sur nos observations. Il ne faut oublier de souligner aux parents ce que l’enfant a aimé et les moments plus difficiles que vit son bébé. Bref, la communication est toujours importante. Acceptez toujours l’aide et les commentaires des parents, ils peuvent nous mettre sur une bonne piste !

 

MA TECHNIQUE POUR QUE L’ENFANT DÉLAISSE MES BRAS :

1 – Je prends le bébé quelques instants, je tente de l’intéresser ;

2 – Je m’assois par terre avec lui dans mes bras ;

3 – J’assois le petit entre mes jambes sur le plancher pour qu’il se retrouve à côté de moi.

Il faut de la patience et beaucoup de concentration. Le temps d’adaptation est différent pour chacun. L’enfant est unique. La constance et la  répétition  aident  à  rassurer les bébés.

Je laisse aux petits ses objets de transition pour assurer son réconfort : sa suce, sa doudou, son toutou avec les odeurs de sa maison. Des petits sièges, des carrosses et des boîtes de carton le sécurisent, car il se sent entouré et bien assis. Ces outils m’aident  pour aller dehors ou lorsque mes bras et mes mains sont occupés. En laissant ma main sur lui, en tenant sa main, je suis près de lui sans nécessairement l’avoir dans mes bras. Je dois partager équitablement mes bras et donner de l’attention à  chacun.

Pour cette période, les parents fournissent la nourriture en purée, les biberons préparés, les collations préférées de leurs trésors qu’ils laissent dans des paniers identifiés à leurs noms dans notre frigo pour que l’enfant retrouve ses goûts et le réconforte lors de cette routine. Un coin de photos de famille est installé sous la table à langer pour l’année. Chaque bébé découvre sa famille dans une porte cachette qu’il soulève. Coucou !!! J’utilise les couvercles de serviettes humides pour bricoler les cachettes.

L’organisation et les choix de l’équipe de travail sont au cœur de la réussite d’adaptation avec un groupe de poupon.  Je travaille tous les jours soit 5 matins de 7h00 à 13h30, tandis que ma collègue travaille tous les jours, les après-midis, de 13h00 à 18h00  (horaire particulier pour notre groupe). J’accueille tous les matins les petits. Les poupons apprivoisent donc mon visage et celui de ma collègue. Cette période n’est pas  recommandée  pour intégrer une stagiaire.

Courage mes chères consoeurs  lors de cette période ! Avec du temps, de la patience, des petites attentions, de la générosité et sans doute en  s’oubliant un peu, on offre notre meilleur aux bébés en  intégration.  Les petits demandent tout notre temps. À force de travail répété, comme par magie, la constance dans la routine et la confiance seront bientôt acquises. Un lien d’attachement sera créé et l’année se poursuivra dans le plaisir et la sécurité. Quand le bébé se sent en  sécurité,  il est prêt à conquérir le monde. BONNE RENTRÉE !