Jouer dehors l’hiver chez Yvette… En salopette

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( Jouer dehors avec les bambins: une occasion pour partager le plaisir !)

  

Yvette est une RSG qui a la bougeotte tout comme les tout-petits de son groupe. Elle sait que son rôle de RSG est d’offrir quotidiennement aux enfants l’environnement le plus propice possible à leur plein épanouissement et à leur développement optimal et que pour cela rien ne surpasse le jeu extérieur ! Toutefois, dans notre beau pays, le temps froid s’installe dès l’automne et s’étire sur quelques mois entraînant avec lui, son lot de défis. Jouer dehors en hiver peut parfois être synonyme: de froid, d’une période plus difficile à l’habillement, des enfants moins habiles à se mouvoir sur des chemins enneigés et/ou glacés, des envies de pipi alors que nous venons tout juste de mettre le nez dehors, des petites mains gelées à cause des mitaines perdues et bien plus encore… Pour Yvette, comme pour plusieurs RSG, il n’en demeure pas moins inconcevable de priver des bonheurs de l’hiver, les enfants qui fréquentent leurs services de garde éducatifs profitent des immenses bienfaits des jeux extérieurs quotidiens. Encourager les enfants à découvrir les merveilles hivernales dès leur jeune âge les stimule à continuer de profiter de la saison givrée lorsqu’ils grandissent. Le fait de passer du temps dehors au froid développe leur créativité et éveille leur raisonnement, puisque jouer à l’extérieur paraît très différent en hiver. L’équipement des terrains de jeu étant gelés ou recouvert de neige, les enfants doivent faire appel à leur imagination pour trouver différentes façons de jouer dehors. Tout cela Yvette le fait très bien, en exerçant son métier, car elle mise d’abord et avant tout sur la notion de plaisir et à tout mis en œuvre afin de réduire les irritants que cette saison peut occasionner. Yvette fait des efforts pour organiser sa cour afin de permettre aux enfants d’être actifs l’hiver à l’extérieur. Mais un autre défi se présente soit l’organisation efficace de la routine de l’habillement. En effet plusieurs facteurs sont à considérer pour rendre ce moment agréable en hiver, les âges variés de son groupe, l’emplacement physiques du vestiaire, les demandes multiples des enfants et l’aide à apporter aux enfants plus jeunes. Ses sources de stress peuvent parfois limiter la RSG dans son élan à aller dehors l’hiver. L’organisation de l’habillement est autant que le matériel à mettre en place dans la cour. Yvette doit se rappeler que les capacités des enfants varient selon l’âge et que l’habillement demande des habiletés en motricité fine, une connaissance du schéma corporel et l’organisation des étapes de chacun des vêtements. (Par exemple ne pas mettre les bottes avant la salopette.) Yvette observe que son petit Victor 20 mois a besoin de manipuler ses vêtements, de les sentir, de les lancer, d’essayer de les mettre. Par exemple, il va mettre les mitaines ou le chapeau dans ses pieds. C’est un explorateur, il a besoin de faire les choses de différentes façons. Ses expériences lui permettront de raffiner ses gestes. Le petit doit apprendre à reconnaître ses vêtements avant de commencer à s’habiller. L’encadrement dans un espace connu facilitera la concentration à la tâche. Juliette 24 mois prend plaisir à couvrir ses extrémités, elle met son chapeau sur sa tête, elle met ses bottes et travaille fort à mettre ses mitaines. Pour Simone 3 ans, la motricité fine est plus développée, elle enfile avec plus de facilité son manteau, son chapeau puisque cet exercice demande moins de précision. Alors qu’elle éprouve plus de difficulté à boutonner et à relever sa fermeture éclair, son niveau de motricité fine et de la coordination est en apprentissage. Émile 3 ans ½ démontre de plus en plus d’habiletés motrices pour s’habiller. Il est plus capable de finaliser ses attaches et mettre ses bottes avec velcro. Alors que Chloé et Charles Étienne 4 ans ont une motricité fine beaucoup plus développée. À cet âge l’entraide est une belle façon de valoriser les compétences. Les besoins différents de chacun demandent à la RSG de prendre en considération les capacités de l’enfant et lui faire vivre des défis à sa mesure. L’utilisation de livres ou l’entraide sont des moyens souvent exploités pour permettre de faire patienter les enfants plus vieux ayant plus de capacités motrices. Le matériel nouveau et pertinent peut davantage permettre à l’enfant d’être plus respectueux des consignes durant ce moment de vie. Le peu d’espace qu’offre souvent le vestiaire oblige d’avoir du matériel adapté à ce moment qui demande peu de rangement et apporte du plaisir dans l’attente. Les idées proposées suivantes permettront de donner la chance aux enfants un peu moins rapides de faire des apprentissages à leur rythme tout en stimulant les grands en attente • Appliquez au mur un mandala géant (dessiné sur une feuille) avec des crayons sur corde élastique. • Insérer des objets de manipulation dans des petites pochettes que vous pouvez suspendre au crochet de chacun des enfants. • Préparez-vous un bac d’objets inusités à faire découvrir aux plus grands. Ce bac reste au vestiaire et ne peut- être utilisé qu’à cette période pour garder l’intérêt de l’enfant. Bac à coquillages, bac à mini-pièces de casse-tête disparates (comme un bac à riz mais moins exigeant pour le rangement). • Prenez en photos les enfants dans des poses rigolotes, faites agrandir et affichez les photos. Les enfants peuvent jouer à reprendre les mêmes poses durant l’attente. • Regrouper sur anneau des fiches recettes à regarder pour faire patienter. • Mettre dans le casier de chacun des enfants des albums photos de leur famille. • Fixer au mur une grande feuille avec des crayons suspendus pour dessiner. • Faire photocopier et plastifier des Cherche et Trouve à remettre à l’enfant qui a terminé de s’habiller. Ces idées pourront certainement faire patienter les enfants au vestiaire. Le principe n’est pas de mettre toujours en action l’enfant sans jamais lui faire vivre de l’attente, mais plutôt d’alimenter ces moments. Pour ce qui est de l’attente dans les délais, attendre son dîner, attendre pour jouer, attendre son tour, attendre dans l’auto, attendre…la vie s’en charge bien ! Une fois que tout le monde et bien vêtu, Yvette et sa marmaille peuvent maintenant aller profiter des merveilles dans la cour arrière et explorer la nature durant une nouvelle saison! Un des nombreux avantages d’être une RSG est de pouvoir oser toutes les fantaisies possibles sur son propre terrain! Cette année, Yvette a laissé libre cour à son imagination et a créé un paradis hivernal pour les enfants. En observant les enfants, elle a pu réfléchir à l’endroit le plus stratégique où pousser la neige, afin de l’utiliser pour le jeu extérieur. Avec cette belle neige, elle a créé différents espaces où les défis sont adaptés à chaque enfant. Elle a laissé un espace simplement recouvert d’un fin tapis blanc sur lequel les plus petits peuvent marcher sans trop être incommodé par les amas de neige et où la course des plus grands est encore possible! Des chemins ont été déneigés dans la cour tel un labyrinthe, offrant la possibilité aux enfants de se créer un village ou encore une tonne de cachettes secrètes! Yvette offre également des vaporisateurs contenant de l’eau colorée avec des vieux crayons feutres aux enfants pour qu’ils puissent mettre de jolies couleurs sur les parois des chemins. Il ne faut surtout pas oublier de mentionner la butte de neige placée au centre de la cour qui est l’attrait principale des enfants. Sur cette montagne de neige, les enfants peuvent mettre aux défis toutes leurs capacités motrices, glisser, dégringoler la butte, s’imaginer une forteresse nous protégeant des attaques des boules de neiges… les possibilités sont infinies. Jouer dans la neige est donc propice au jeu créatif et donc un excellent moyen de mettre à l’épreuve l’imagination des enfants. Ce type de jeu n’imposant pas de limites peut être stimulant et amusant pour eux. Il leur apprendra la résolution des problèmes et à recourir à leur créativité. La joie des enfants est si contagieuse qu’Yvette se laisse prendre au jeu et elle aussi ouvre son cœur d’enfant et s’investis dans les jeux. En un instant, elle se réchauffe et, comme les enfants qui en sont ravis, elle ne veut plus revenir à l’intérieur: tout le monde désire prolonger le plaisir de jouer dehors en hiver! « Permettre à l’enfant de jouer dehors, c’est le laisser développer une plus grande créativité et une attitude coopérative dans sa façon de s’amuser et d’agir en général. (…) La présence de modules de jeu a un pouvoir d’attraction sur les enfants. Toutefois, des chercheurs ont constaté que les environnements naturels, c’est-à-dire des environnements comportant moins d’équipements fixes, augmentent le niveau d’activité physique des enfants. » À nous de jouer ! L’extérieur, un terrain de jeu complet, 2018. Yvette et son groupe ont également le loisir d’aller se dégourdir les jambes à l’extérieur peu importe le moment, puisqu’en milieu familial les restrictions en ce qui concerne l’horaire sont quasiment nulle. Il n’est pas rare que l’accueil matinal se fasse à l’extérieur tout comme le départ. Souvent, la période d’après le dodo est plus longue pour jouer à l’extérieur, ce qui laisse plus de temps aux enfants d’organiser leurs jeux et d’ainsi apprivoiser les plaisirs d’être dehors par temps plus froid. Cependant, le solstice d’hiver réduit considérablement le temps d’ensoleillement d’une journée rendant la cour en fin d’après-midi beaucoup moins invitante. Par palier à cet obstacle, Yvette a créé un endroit magique dans sa cour où des guirlandes de centaines de petites lumières scintillantes permettent aux enfants de profiter des joies hivernales et de s’oxygéner les poumons tout en attendant l’arrivée de maman ou de papa! Au fil du temps, Yvette a garni la cour extérieure de son service de garde avec du matériel adapté à la saison (pelles solides, de différentes tailles, des raquettes, des traineaux, des camions, des ballons, des cônes des accessoires de monsieur Patate pour agrémenter les bonhommes de neige, poupées pour les promener dans les traineaux, accessoires de jeux symboliques…). Grâce à tout ce matériel disponible à l’extérieur, il est donc plus facile pour Yvette d’organiser des petits jeux spontanés, comme une chasse aux trésors avec des objets cachés dans la neige ou tout simplement en prolongeant le jeu des enfants avec du matériel varié tel que des assiettes et des ustensiles lorsqu’ils se font des boules de neige pour leur donner l’idée de jouer au restaurant ! Des jeux d’adresse (le lancer de la balle de neige sur un arbre ou dans un seau, les sauts dans les cerceaux…) peuvent également être réalisés rapidement si le matériel est déjà à portée de main. C’est pourquoi, Yvette a prévu des coffres de jouets à l’extérieur et du rangement tout près des portes du service de garde tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Maintenant que Yvette a mis en place des moyens pour alimenter l’attente lors de l’habillage et a aménagé une cour bien organisée pour faire bouger les enfants l’hiver, il ne reste plus qu’à attendre la neige pour avoir assurément beaucoup de plaisir dans la cour! Allez! Tout le monde dehors! On profite de la neige et de l’hiver question de l’aimer plus et… d’avoir de belles joues rouges.

Josée Lespérance, enseignante en TEE

Julie Lapalme, conseillère pédagogique

Aller dehors avec les poupons !!! En hiver comme en été tout s’ORGANISE !!

Lyne Archambault, éducatrice et formatrice

Jouer dehors en été comme en hiver avec les poupons  est primordial. Pour le plaisir, pour sa santé, pour développer sa force motrice, le programme pédagogique du ministère de la famille, la plate- forme  Gazelle et Potiron nous indiquent des lignes directrices à suivre dans un service de garde de qualité.

On doit reconnaitre la responsabilité qu’il revient à l’équipe de la pouponnière d’organiser la sortie extérieure comme on organise une activité de peinture. Pour proposer le plein air pour les petits, on doit s’arrêter à tout planifier : l’habillement, la sortie, le temps de jeux extérieurs et le retour dans la pouponnière. Prévoir ce qu’il faut pour que les petits soient en sécurité pour explorer à sa mesure. Des couvertures chaudes pour le couvrir dans un traineau pour sa sieste du matin, un carrosse pour qu’il s’endorme aux sons des oiseaux. TOUT S’ORGANISE.

Organiser avec un O majuscule prend tout son sens quand on doit aller dehors avec des petits pour que le plaisir soit présent  et que ça ne devienne  pas une corvée! Et ce, même si la tâche est grande. Je dis toujours qu’avec les petits vaut mieux être organisé  sinon c’est les petits qui vont t’organiser. Voici quelques pistes afin d’organiser la sortie de vos poupons en hiver comme en été.

  • Improviser la sortie extérieure est vraiment l’ennemi d’une belle sortie. On doit penser la proposition pour l’habillement en ayant la collaboration des petits. Apporter des nouveautés aux poupons par exemple cacher dans sa botte un animal pour rendre cette routine divertissante. On doit  prévoir le matériel qu’on  proposera aux enfants dehors avec des mises en scènes pour les poupons.
  • Respecter les vêtements des petits pour son habillage est gagnant. Utiliser un sac réutilisable avec des motifs pour que le petit reconnaisse ses vêtements et son sac. Le parent peut déposer dans ce sac le matin ce qu’il désire que son enfant porte pour aller profiter du plein air au C.P.E.
  • S’asseoir et travailler par terre pour habiller les petits  facilite les échanges et le partage des tâches éducatrice –enfant, en plus de favoriser une communication, une complicité, tout en ayant tous les 4 autres petits dans notre champ de vision pour s’exécuter.
  • On doit parler aux petits de ce qu’on fait quand on l’habille. On attend son regard, c’est le respect entre l’éducatrice et l’enfant. Le petit est une personne et un partenaire.
  • Nos exigences doivent être adaptées pour un petit : c’est plus facile d’enlever, tirer et arracher son chapeau, ses mitaines etc. que de l’enfiler. Alors, en rentrant laissez-le retirer ses vêtements en encourageant ses prouesses. Dans le coin déguisement de la pouponnière, proposer des chapeaux, des mitaines, des cache-cous, etc.
  • Travailler en petit groupe de 5 petits par éducatrice dans un coin tranquille du local  favorise l’habillement avec sa collaboration. On peut se faire un plan pour l’ordre des enfants à habiller selon leur collaboration. Par exemple, j’habillerai en dernier celui qui prend plaisir à se dévêtir dès que j’habille un autre, et le premier celui qui est prêt à dormir bien emmitouflé. On garde en tête de toujours voir les enfants, les entendre pour assurer leur sécurité dehors comme à l’intérieur.   
  • Varier le matériel dehors pour stimuler la découverte des petits est gagnant au gré des saisons.

Quel bonheur d’observer quand tout est pensé et organisé en sachant que le plein air permet de respirer et de libérer les toxines des petits et des grands.

Pour ce qui est de la température, mère nature se charge de nous arrêter pour la sécurité des enfants et des éducatrices. Le milieu de garde doit se référer à la charte des températures de la société canadienne de pédiatrie autant pour la chaleur que le froid. Il est certain qu’on doit aviser les parents de nos intentions de sorties extérieures avec leurs petits, car leur collaboration est nécessaire. Aux changements de saisons, on peut proposer aux parents dans le vestiaire, suspendu sur une corde à linge, les vêtements appropriés pour leurs petits. Afficher des photos des petits en action dehors pour sécuriser les parents et démontrer le plaisir et les découvertes de leurs trésors.

Les petits adorent explorer. Avec leur curiosité c’est facile de lui proposer des mises en scènes afin de stimuler cette curiosité et favoriser ses découvertes. La nature avec ses grands espaces procure un sentiment de liberté. On peut dépenser l’énergie, crier avec moins de limites et de consignes quand tout est adapté et pensé pour les petits explorateurs.

Les petits doivent vivre l’hiver, et ce pas juste au travers d’une fenêtre ou dans un livre. On doit lui faire vivre le vent, la glace et la neige comme on lui fait vivre l’été qui nous semble plus facile à organiser!

C’est l’hiver mon mignon! 

Réf.  FORMATION : Jouer dehors avec le petit 0-2 ans corvée ou plaisir ?

Josée Lespérance et Lyne Archambault

L’observation, un plaisir d’éducatrice!

Pour rester et garder le plaisir d’être une éducatrice, je crois que la première qualité et le meilleur outil est l’observation.

Puisque l’enfant est unique, l’observer nous apprend à le connaître pour mieux l’apprivoiser et créer une relation affective significative avec lui.

En l’observant on peut comprendre leurs goûts et leurs habiletés, afin de mieux favoriser leurs expériences clés. On doit varier le matériel offert aux petits. À la pouponnière, le groupe d’âge des enfants varie. Les intérêts et les saisons changent, pourquoi ne pas planifier, selon les observations des enfants les coins de la pouponnière, pour stimuler leur curiosité puisque l’enfant est le propre agent de son développement.                                                          

On peut offrir à chaque poupon une activité qu’il aime répéter encore et encore. Planifier pour quelques semaines, car tous ses investissements demandent de l’énergie et du temps.

Pour régler une situation difficile ainsi que pour outiller la communication auprès de notre équipe de travail et auprès des parents, l’observation est précieuse. Les cahiers de communication sont beaucoup plus animés à lire pour les parents, car ils retrouvent avec objectivité des observations de leur trésor en action dans sa journée. Un parent m’a déjà dit que quand elle lisait le cahier de son petit Laurent elle ressentait l’amour.

L’observation peut aussi servir à tenter de régler une problématique.

En observant le petit avec une problématique, on peut répondre aux questions : Où? Comment? Pourquoi?

Le geste répréhensible se produit. De cette façon on peut tenter des pistes pour mieux intervenir avec lui avec constance, car une éducatrice se doit d’être Proactive!

Quand on observe, on sait quand intervenir ou attendre. Parfois intervenir avec des mots ou garder le silence avec un regard bienveillant est aussi précieux, et autant efficace.

Il suffit d’intervenir, tout en soutenant les enfants avec bienveillance.

En jeux libres où on a souvent l’impression de ne rien faire quand les petits explorent, quel bon moment pour l’observer et le comprendre. Un enfant dans ses jeux libres qu’on observe avec des qualités de leader, des jeux libres des enfants où on se revoit et où s’entend dire ce qu’on dit ou qu’on chante quel plaisir à observer!

Petit Léonard qui glisse tous les morceaux sous le calorifère un à un …ouf! Quand on range, on recherche les morceaux! Pour combler son envie: on lui a offert une boite de serviettes humides avec une fente et des couvercles de pot à jus et voilà notre petit est comblé d’insérer encore et encore des petits objets dans un petit espace… Quelle satisfaction de voir que notre intervention fonctionne. On voit et on comprend beaucoup de choses en observant les petits et les grands.

Lors de ma formation en T.E.E. (qui s’appelait différemment dans mon temps!). J’ai appris l’importance d’observer, mais c’est certain que j’en ai appris l’importance au cours de mes années auprès des petits.

Et j’en ai trouvé un grand plaisir que je garde et qui me passionne depuis 34 ans! J’ai la prétention de dire que les enfants m’ont appris beaucoup et j’adore partager ces expériences.

Par Lyne Archambault    Éducatrice-formatrice

De la formation continue des éducatrices dans un contexte de coupes budgétaires

Julie surprend Simon, 19 mois, en train de pousser Alexis. Elle lui dit « Non! » et l’assoit en retrait. Elle lui demande « Est-ce que tu penses que qu’Alexis aime ça se faire pousser? » Il répond naïvement « Oui! ». Elle hausse le ton, lui demande de réfléchir. Reprenons cette même situation en y introduisant une éducatrice formée. Cette dernière reconnait la difficile tâche de retenue de son impulsivité chez un trottineur. Elle sait en outre qu’il lui est difficile d’envisager le point de vue de l’autre enfant sans soutien concret d’un adulte. Elle s’engage dans l’enseignement du décodage des signaux de détresse émis par Alexis et lui propose une façon adéquate d’exprimer ce qu’il veut.

Les éducatrices détentrices de diplômes collégiaux ou universitaires savent mieux décoder et répondre aux besoins des petits[1] qui évoluent auprès d’elles. Elles proposent des activités adaptées, stimulantes et appropriées au niveau du développement des enfants.1 De plus, les études démontrent qu’il y a un lien entre les compétences professionnelles et la qualité de la relation entre les éducatrices et les enfants.[2] Les spécialistes s’entendent aussi pour affirmer que les la formation postsecondaire en services éducatifs et de garde à l’enfance est fortement associée à la qualité d’un milieu de garde ainsi qu’au développement cognitif et social des enfants.2

Des travaux confirment aussi que la formation continue des éducatrices en milieu familial contribue à améliorer la qualité des relations avec les enfants. Elles démontrent plus de comportements positifs chaleureux envers les enfants, répondent mieux aux besoins des enfants que celles qui ne participent pas aux ateliers de ressourcement professionnel proposés.[3] La formation en petite enfance contribue aussi à développer chez l’éducatrice une attitude plus ouverte, plus sensible aux attentes des enfants. Les éducatrices peu formées sont moins enclines à développer une approche partenariale[4] avec les familles.

La formation de base et continue est au cœur de la qualité des services éducatifs. L’éducatrice par sa capacité de se remettre en question, son désir d’apprendre pour mieux comprendre et intervenir peut contribuer à l’amélioration de la qualité du milieu éducatif. Elle a un rôle à jouer dans le travail d’élaboration des programmes de formation. Bien que certains thèmes demeurent incontournables, le développement de l’enfant, la gestion des comportements et les relations parents-enfants3, les éducatrices doivent partager leur vision de la compétence, analyser leur expérience, leur fonctionnement et «  s’engager dans un processus dynamique de réalisation professionnelle ». [5]

Cette formation contribue au bienêtre des enfants mais aussi à celui des éducatrices. Certains auteurs parlent d’une meilleure estime de soi[6] et d’un sentiment de compétence accru chez les éducatrices en milieu familial qui suivent des activités de formation en continu. J’ai observé depuis plus de 20 ans que le seul fait de se faire confirmer positivement un choix pédagogique ou une approche en intervention par une formatrice contribue à soutenir la motivation, les efforts engagés auprès du développement d’un ou de plusieurs enfants. La grande majorité des professionnelles en petite enfance que j’ai côtoyées lors des activités de formation font preuve d’ouverture et désirent s’améliorer. Elles expriment une réelle satisfaction à observer des changements, une évolution chez l’enfant qui au départ représentait un défi pour elles. La formation doit inciter à la pratique réflexive, allier théorie et pratique et favoriser les échanges cliniques respectueux de l’enfant, de l’intervenante et de sa famille.

Ma pratique professionnelle autant comme intervenante que formatrice m’a appris que les éducatrices, les enseignantes en préscolaire ont besoin d’un « lieu de parole.» exempt de jugements ou d’objectifs à atteindre. On oublie que l’éducatrice se met à l’écoute de l’autre plusieurs heures par jour, reçoit des confidences des enfants, des parents, observe parfois des signes de détresse, de négligence. Cette attention à l’autre peut la fragiliser. C’est pourquoi, il est essentiel qu’elle puisse témoigner, échanger, chercher des alliés pour du soutien. Elle doit être accueillie et reconnue dans son engagement à l’autre. La formation, la supervision professionnelle sont des outils susceptibles de répondre à ces besoins.

Je déplore toutes les coupes faites dans notre réseau qui affecteront les sommes allouées à la formation continue dans plusieurs milieux. On peut s’inquiéter des « choix obligés » en matière de sélection du personnel. Sachant que la masse salariale représente le poste budgétaire le plus important d’un budget d’un milieu de garde, que les salaires horaires les plus élevés sont attribués aux éducatrices formées et ayant le plus d’années d’expérience, on peut se demander s’il ne sera pas plus économique d’engager moins d’éducatrices formées en respectant le ratio de personnel qualifié exigé au Québec. Plusieurs milieux se verront peut-être dans l’obligation de sabrer dans le temps libéré pour la pédagogie, le temps de travail d’équipe permettant de discuter des enfants à besoins particuliers ou celui alloué aux rencontres avec les parents, nos partenaires.

Il est reconnu que la formation de base et continue est un facteur important de qualité des services éducatifs. Il est démontré que des services de garde de qualité sont associés à un meilleur développement cognitif, du langage, des relations positives entre les pairs, à l’obéissance aux adultes, moins de problèmes de comportements et une meilleure relation mère-enfants. Les services de qualité « peuvent accroitre la persévérance scolaire ». [7]

Ces coupes auront donc non seulement un impact sur la qualité de vie des petits dès maintenant mais auront des répercussions à long terme sur la réussite scolaire des élèves de demain.

Sylvie Bourcier

Intervenante en petite enfance

[1] Carnet du Savoir. Apprentissage chez les jeunes enfants. Conseil Canadien sur l’apprentissage (CAA), Pourquoi les services de garde de haute qualité sont-ils essentiels? www.ccl-cca.ca, p. 3.

[2] La qualité, ça compte. Christa Japel, Richard E. Tremblay et Sylvana Côté. Résultats de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec concernant la qualité des services de garde. Choix IRPP, vol. 11, no. 4, oct. 2005, p. 35.

[3] Les services de garde en milieu familial : un lieu de prévention à découvrir. Sylvain Coutu, Suzanne Lavigueur, Diane Dugeau et Claude Harvey dans Revue canadienne de Psycho-Éducation, vol. 28, numéro 2, 1999, p. 187-198.

[4] Services de garde éducatifs et soutien à la parentalité. La coéducation est-elle possible? Gilles Cantin, Nathalie Bigras et Liesette Brunson. 2010, PV 9, p. 87.

[5] C. Lavoie et al cité dans l’Éducation à l’enfant. Une voie professionnelle à découvrir. Diane Berger, Louise Héroux et Danielle Sheridon. 2007. Gaétan Morin Édition, p. 272.

[6] Galinsky, Homes et Kontos cités dans Les services de garde en milieu familial, un lieu de prévention à découvrir.

[7] Carnet du Savoir. Apprentissage chez les jeunes enfants. Conseil Canadien sur l’apprentissage (CAA), Pourquoi les services de garde de haute qualité sont-ils essentiels? www.ccl-cca.ca, p. 3.

Les heures de préparation pédagogique: un luxe ou une nécessité ?

Par Sylvie Garceau, décembre 2015

Depuis plusieurs années, le réseau des services de garde au Québec est touché par des coupures dans les budgets.  Ce manque à gagner touche de différentes façons le quotidien des travailleurs en petite enfance.  Les gestionnaires du réseau tentent par tous les moyens d’éviter les répercussions pouvant réduire la qualité des services offerts aux enfants et à leur famille.  Toutefois, ce défi est de plus en plus grand et les ressources financières sont de plus en plus petites.  Continuer la lecture de Les heures de préparation pédagogique: un luxe ou une nécessité ?

Apprendre avec du matériel stimulant

Josée se questionne sur le choix de son matériel mis à la disposition de l’enfant. Que dois-je mettre dans le coin manipulation pour stimuler le développement cognitif et la motricité fine de mes amis (es) de 4 ans ? J’observe que parfois les enfants ont moins d’intérêt pour certains coins de jeux ? Comment puis-je teinter chacun des coins par un thème précis. Josée, échange avec Claudette éducatrice à la pouponnière. Celle-ci constate qu’il est parfois difficile d’appliquer le programme éducatif avec les petits. Elle se demande si elle doit faire aussi des coins de jeux comme avec les plus vieux ? Elle se voit régulièrement demander aux petits de laisser les jeux dans les espaces respectifs, ce qui la questionne sur sa façon de faire ? Est-ce que j’ai suffisamment de matériel pour mon groupe dont l’intérêt est de prendre le jouet de l’autre ?

L’apprentissage que l’enfant réalise avec l’objet de jeu est en lien direct avec sa personnalité et sa motivation face à la découverte. L’éducatrice doit dans un premier temps reconnaître les intérêts de son groupe afin d’aménager des lieux où l’enfant fera ses propres choix. Le programme éducatif propose des coins de base qui évoluent selon l’âge de l’enfant. Pour les 0- 18 mois, deux coins sont proposés. Un coin doudou, où l’on peut retrouver des tissus de différentes textures, des coussins, des livres en tissu, une chaise berçante, etc. Ce coin devrait permettre au petit de prendre une pause, de s’isoler, d’observer les autres et même de se défouler. Je suggère que cet endroit soit recouvert d’un tissu suspendu du plafond pour permettre à l’enfant d’avoir le sentiment qu’il est seul. Un coin moteur, un grand espace pour que le petit puisse se retrouver avec d’autres et puisse bouger en sécurité avec des objets roulants, à tirer, à pousser et même à grimper. Il est aussi proposé de faire jouer l’enfant de 0-18 mois de une à deux fois semaine dans l’eau. Cette activité permet à l’enfant de vider, transvider, de se concentrer sur le bruit et permet de réduire le stress du petit. Facilitez l’accès à ce jeu en utilisant des bacs. Disposez le bac sur une table et mettez à la disposition des enfants différents contenants dans des étagères à proximité afin qu’ils puissent eux-mêmes faire des choix. Évitez de mettre des chaises, le petit aime circuler autour des meubles pour expérimenter.

À partir de 2 ans 1/2 les coins recommandés sont, le coin livres, livres sur différents thèmes, albums photos, catalogues, images, cartes postales, cartes de fêtes, cartes routières. Le coin manipulation, casse-tête, jeux de loto fait maison, crayons, jeux pour enfiler, différents jeux d’association faits maison ex. (trouver l’autre partie de la photo qui a été coupée, classer des bouchons, des boutons, couvercles). Introduisez des bacs à glace et à muffin pour faire le classement. Alimentez le coin faire semblant en y déposant de vrais objets de cuisine par exemple, un plat pour laver la salade, mitaines à four, plat pour égoutter le spaghetti. Mais aussi des vêtements avec des accessoires comme des bijoux, sacs à main, gants, etc. Quant au coin blocs, boîtes à souliers, légo (en avoir suffisamment pour ne pas frustrer les enfants dans leur construction), voitures, animaux, petites maisons, jeux de construction de tous genres sauront le rendre attrayant. Pour ce groupe d’âge, il est pertinent de faire un coin eau/sable non permanent. Pour les 3-5 ans, nous proposons 5 coins dont 4 comme le groupe d’âge précédent. Le cinquième coin, ajoutez un espace pour les arts plastiques avec du matériel varié (colle, brillant, papier de différentes sortes, pâte à modeler). Ce groupe d’âge a suffisamment développé sa motricité fine pour être à l’aise avec ce matériel d’arts. C’est vraiment à cet âge que l’enfant est capable de faire des choix d’atelier, de maintenir ce choix et de respecter chacun des coins en laissant le matériel de jeu dans l’espace proposé. Il est donc réaliste de soutenir cet apprentissage.

Le programme éducatif offre 9 coins, 5 sont installés en permanence et 4 sont en rotation comme les sciences, la motricité, eau/sable et la musique. Un coin est souvent oublié soit, le coin bric à brac avec uniquement du matériel de récupération. Ce coin permet à l’enfant de jouer sans modèle de jeu précis. Une belle façon de favoriser la créativité et de faire vivre des situations adaptées au développement de l’enfant. Nous pouvons mettre dans ce coin des boîtes de différentes grosseurs, des bouteilles de savon de toutes sortes, des tissus, des contenants en plastique, des bobines de fil. Ces objets doivent être sur des tablettes à la disposition de l’enfant. Ce coin est très utile lors des activités déversoirs (activités qui permettent de respecter le rythme de chacun, l’enfant qui a fini de dîner par exemple avant les autres peut aller dans le coin bric à brac pour attendre le reste du groupe).

Dans chacun des coins, Josée et Claudette doivent y mettre des objets qui permettent le développement global. Afin que chacun y trouve son compte lorsque que vient le choix des ateliers. Par exemple, Simon voulait aller dans le coin bloc mais il n’a plus de place pour lui pour le moment, il lui reste le coin imitation et manipulation. Il fait le choix du coin imitation avec Geneviève, dans ce coin Josée a placé une quantité importante d’étuis à savon et brosses à dent. Simon peut empiler, aligner et associer ces objets avec plaisir, un peu comme il est possible de le faire dans le coin blocs. Pour garder la motivation du jeu dans chacun des coins, il est important d’ajouter à l’occasion des objets ou des jeux différents qui viennent relancer l’intérêt chez l’enfant. Les observations de Josée et Claudette permettront de répondre à ce besoin. Il n’est pas conseillé de changer l’ensemble du matériel dans le coin de jeu mais simplement d’y ajouter des éléments qui augmentent le défi. Pour ce qui est des thèmes, des objets ou des jeux, des affiches, de la musique sont suffisants pour teinter les espaces du thème traité.

Avec les petits de Claudette, il est important d’exploiter l’espace au maximum, de fixer des choses au mur, sur le plancher, de suspendre des objets à tirer au plafond et aux meubles. Ainsi, le petit aura l’occasion de travailler sa motricité dans différentes postures. Soyez ouvert aux usages non conventionnels des objets. Par exemple, un bac peut devenir une cachette, un chapeau, une chaise. Il est certain, que le petit aime transporter des objets d’un endroit à l’autre. Ayant seulement deux espaces de jeu dans les groupes de 0-18 mois, il est plus facile pour le petit de situer les choses dans les bons coins. Jouez à lui faire transporter les jeux dans les endroits respectifs. Faites-lui rapporter les choses dans les bacs bien identifiés. Il est inutile d’interdire de ne pas transporter les jouets d’un coin à l’autre. Mais plutôt de lui demander d’aller porter les balles dans le panier à linge par exemple a plus de succès chez le petit. Progressivement Claudette peut ajouter un coin imitation de façon temporaire pour les plus vieux du groupe. La cuisinière, un bac à vaisselle, des bébés, des couvertures. Ces objets stimulent le petit au jeu symbolique. Il fait la représentation de ce qu’il connaît et ce pourquoi il a de l’intérêt. (Mettre une couverture sur le bébé, donner une tasse à l’éducatrice et lui dire que c’est du jus) etc. Il est certain avec le petit il faut beaucoup de matériel identique afin d’éviter les conflits de possessions.

Plus le matériel et le local offre de la polyvalence, plus l’enfant pourra par lui-même décider ce qu’il en fera, ce qu’il choisira et l’utilité qu’il lui donnera. La qualité la plus importante pour le local et le matériel est sa polyvalence. De cette façon, l’enfant peut faire des choix et réorganiser son environnement. L’éducatrice peut dans ce cas être disponible, à l’écoute, observer et comprendre les besoins de son groupe.

Référence, PARTAGER LE PLAISIR D’APPRENDRE, Guide d’intervention éducative au préscolaire. Mary Hohmann, David P. Weikart, Louise Bourgon et Michel Proulx. Éditions de la Chenelière Éducation, 2007

Neige, Neige Blanche (jouer dans la neige)

Quoi de plus magique pour l’enfant que de jouer dans la neige? C’est une activité que l’enfant à la chance d’expérimenter longuement grâce à notre climat québécois. L’excitation des enfants annonce souvent la bordée de neige Avant même que la neige tombe elle procure énergie et vitalité auprès de nos petits. Pourquoi pas profiter de cette occasion pour jouer dans la neige et vivre de petits et de grands plaisirs avec les enfants.
Quoi faire dans la neige avec les enfants ?

Voici des suggestions avec ou sans objets pour profiter de l’hiver.

Quoi faire dans la neige avec les enfants ? Voici des suggestions avec ou sans objets pour profiter de l’hiver.

  • Faire l’ange dans la neige (se coucher sur le dos et faire un mouvement de va et vient avec les bras et les jambes. Se lever et observer le bel ange.)
  • Faire un chemin en marchant dans la neige qui mène à une cachette. Les autres enfants doivent suivre mes pistes pour me retrouver.
  • Jouer à faire des trous dans la neige pour cacher certaines parties de notre corps.
  • Lancer la neige pour toucher le ciel…
  • Lancer la neige et se rasseoir avant que la neige retombe….
  • Étendre la neige sur une surface lisse et trouver le plus beau flocon.
  • Marcher à quatre pattes dans la neige
  • Se rouler dans la neige.
  • Cacher des objets de la nature dans la neige (roche, branches, cocottes etc.) et demander aux autres enfants de les retrouver.
  • Prendre différentes positions dans la neige pour donner un emprunt et demander à d’autre de reproduire la même forme.
  • Faire des montagnes de neige avec différentes parties du corps. ( les mains, les pieds, le dos, les coudes etc.)
  • Se cacher les mains ou les pieds tous ensemble dans la neige et à go nous sortons la partie cachée.
  • Se coucher sur le dos dans la neige et observer les nuages.
  • Faire des dessins avec notre mitaine sur une surface de nouvelle neige.
  • Faire un parcours humain dans la neige ( un enfant à les jambes écartées, un autre est couché dans la neige et un enfant doit passer entre les jambes, pardessus ou faire le tour de l’enfant etc.) Le parcours peut avoir plusieurs obstacles humains.
  • Faire des emprunts dans la neige avec des plusieurs objets de la nature.
  • Faire écouter des bruits imaginaires en se collant l’oreille dans la neige.
  • Faire des tunnels de mains ou de pieds et pour se toucher en dessous de la neige.
  • Le jeu du chat de neige : Plusieurs souris courent pour ne pas se faire attraper par le chat. Pour ne pas se faire toucher par le chat les souris doivent toucher de la neige avec une partie du corps autre que les pieds.
  • Jeu du chemin de fer : Former une ligne avec les enfants, faire écarter les jambes pour faire passer un ballon. Le premier joueur passe le ballon à l’ami derrière lui jusqu’à la fin. Le dernier qui reçoit le ballon crie CHEMIN DE FER, les enfants se couchent au sol en laissant un bras de distance entre chacun. L’enfant qui a crié la consigne doit passer entre les enfants le plus rapidement possible et lorsqu’il arrive au début de la ligne il doit crier TRAIN les enfants se lèvent et le première passe le ballon entre les jambes à l’enfant derrière. Le jeu se termine lorsque le premier joueur est revenu à sa place du début.
  • Faire des jeux de rayons de couleurs sur la neige avec le soleil et un disque CD usagé. (fait le même effet que le miroir avec le soleil)
  • Faire des dessins dans la neige avec une bouteille distributrice. Mettre dans la bouteille de l’eau et du colorant à gâteau ainsi qu’une goutte de savon à vaisselle pour éviter de tâcher les vêtements. Vous pouvez également utiliser la mèche d’un vieux crayons de feutre pour mettre dans l’eau à la place du colorant à gâteau. Il est alors plus certain d’éviter les tâches.
  • Jouer dans la neige avec des objets de votre coin imitation (plats, vaisselle, ustensiles etc.
  • Jouer à un jeu de Kim dans la neige : Je fais observer par les enfants 5 objets (tasse, bouchon, couvercle, assiette, ustensile). Je cache un objet dans la neige les enfants trouvent l’objet qui manquant. Vous pouvez aussi utiliser des objets de la nature qui ont été trouvés par les enfants.
  • Faire observer des choses dans la neige qui ne doivent pas être touchées ou goûtées par l’enfant. (excréments d’animaux, cigarettes, gomme,) etc.

Les jeux ou activités qui vous sont proposés pour amuser vos tout-petits dans la neige rejoignent le développement global de l’enfant. Ils demandent peu de préparation mais une bonne dose d’implication avec votre marmaille.
Je vous souhaite beaucoup beaucoup de plaisir dans la neige, neige blanche ! !

Activités spéciales et sorties, comment bien planifier?

Sophie veut planifier pour l’année des activités spéciales et des sorties avec son groupe multiâge. Elle cherche des idées originales, des activités spéciales à faire dans son service de garde, des endroits nouveaux à visiter, des lieux sécuritaires pour accueillir un groupe. Mais comment Sophie peut-elle faire une planification qui répond aux intérêts et aux besoins des grands et des petits de son groupe?

La planification d’un calendrier d’activités ou de sorties pour l’année doit être pensée en terme de suggestions. Septembre est la période pour remettre en place des routines stables, des consignes claires et concrètes afin de rétablir la sécurité et la stabilité dans le groupe. L’horaire de la journée laisse peu de place pour planifier des activités spéciales et des sorties à l’extérieur. La rentrée au service de garde demande à l’enfant de s’adapter aux routines, aux amis ainsi qu’à l’éducatrice. Il faut une stabilité avant que l’enfant puisse retirer du plaisir dans des situations de changement.

Pour pouvoir planifier et organiser un calendrier d’activités ou de sorties, Sophie doit avant tout connaître son groupe et les intérêts qui l’anime. Il est important de retenir les idées et les goûts des enfants pour organiser des moments particuliers dans l’année. Autant pour les sorties que pour des activités spéciales, Sophie doit avant tout observer les enfants pour mieux les connaître dans des situations nouvelles. Observer veut dire, prendre le temps de regarder les réactions de l’enfant face à la nouveauté, connaître ses intérêts de jeu, les sujets d’échange, la sécurité qui l’habite devant un changement de routine, sa capacité de respecter les consignes, sa tolérance aux délais, le lien d’attachement qu’il a avec le groupe. Les informations recueillies vont permettre à Sophie de planifier des activités et des sorties mieux adaptées au groupe.

Une activité spéciale permet autant de plaisir qu’une sortie même si souvent elle se déroule dans le milieu de vie de l’enfant. D’ailleurs, en début d’année, il est préférable pour Sophie de prévoir des activités spéciales davantage que des sorties. Graduellement, l’enfant apprendra à gérer des petits changements dans un cadre et avec des repères visuels connus. Ces événements peuvent prendre plusieurs formes en voici quelques exemples.

  • Vous faites un pique-nique sur une couverture dans votre salon.
  • Vous invitez une personne à passer la journée avec vous et les enfants (grand frère ou grande sour d’un des enfants).
  • Vous avez un animal de compagnie qui appartient à un des enfants du groupe qui passe la journée dans votre maison. Assurez-vous qu’aucun des enfants n’est allergique.
  • Vous changez la routine de l’habillement, elle se fait à l’intérieur sous forme d’un parcours.
  • Vous planifiez la sieste dans une tente que vous avez faite avec les enfants à l’aide de couvertures. Assurez-vous que les enfants ont bien intégré la routine de la sieste avant d’y apporter des changements.
  • Vous permettez aux enfants d’apporter un jeu de la maison.
  • Vous invitez une troupe de marionnettes chez vous.
  • Vous faites une activité piscine dans la maison.

Il se peut que les activités spéciales soient plus présentes que les sorties dans votre service de garde. Il est nécessaire de respecter le rythme et le besoin de sécurité du groupe pour vivre du plaisir avec les enfants. Le portrait que Sophie dresse de son groupe ainsi que les différents âges des enfants sont des facteurs à considérer. Il est aussi important pour Sophie d’être à l’aise avec la planification et l’organisation de ses activités spéciales et sorties. Elle doit commencer avec des choses simples et qui lui demandent peu de planification et d’organisation afin de sécuriser et de gérer adéquatement son groupe. Certaines sorties peuvent être faites en famille, par exemple la cabane à sucre, les pommes, le père Noël au centre d’achats, la ferme de Pâques etc. sont des endroits que l’enfant pourra explorer avec son parent. Sophie doit choisir des sorties qui apportent de la nouveauté dans la vie de l’enfant et réalisable dans un contexte de groupe multiâge. En voici quelques suggestions.

  • Vous visitez un nouveau parc avec les enfants.
  • Vous allez visiter des personnes âgées dans un centre d’accueil.
  • Vous allez à l’épicerie pour acheter des fruits dans le but de faire une salade de fruits avec les enfants.
  • Vous allez visiter un autre service de garde.
  • Vous allez pique-niquer chez un enfant du groupe.
  • Vous rendez visite aux pompiers.
  • Vous aller acheter des fleurs à la pépinière pour les mettre en terre avec les enfants.
  • Vous visiter le dentiste de votre quartier.
  • Vous allez visiter la classe maternelle de l’école du quartier.
  • Vous faites une excursion en tricycle dans les rues avoisinantes.
  • Vous allez à la bibliothèque, joujouthèque, bureau de poste, etc. avec votre groupe.

Lorsque Sophie pense à une sortie, elle doit prévoir avec son groupe une période de préparation. Prévenir les enfants de l’événement, leur parler de l’endroit, ce qu’ils vont voir, ce qu’ils vont faire, les personnes qui vont les accompagner etc. Le déroulement de chacune des étapes peut être même fait sous forme de simulation dans son milieu de garde. Certains enfants ont besoin d’être plus rassurés que d’autres lors d’une sortie. Ces petits moyens vous permettront d’observer les réactions de l’enfant et ainsi de mieux répondre à son besoin de sécurité. La préparation doit se faire dans des délais raisonnables pour que l’enfant puisse voir les possibilités de sa réalisation. Lorsque Sophie prépare l’enfant à une sortie, elle lui permet de porter un désir qui l’aide à se créer des images dans sa tête (comment il voit les lieux, ce qu’il va faire, avec quoi il va jouer, avec qui il va rentrer en contact) etc. C’est une belle façon de développer la créativité de l’enfant ainsi que son sentiment d’identité, car sa façon d’imaginer et de faire des liens avec son vécu est bien différente d’un enfant à l’autre.

La réalisation d’une sortie peut varier d’une année à l’autre selon votre groupe d’enfants. Sophie doit retenir le plaisir que les enfants ont eu à réaliser certaines sorties. Le temps qu’elle prendra à observer son nouveau groupe lui permettra de mieux les connaître et peut-être de répéter des événements qui ont eu le plus de succès.
Pour plusieurs responsables de garde en milieu familial, comme Sophie, le plaisir est de voir l’émerveillement des enfants et d’entendre les enfants reparler de la sortie entre eux. Après avoir déployé autant d’énergie pour l’amour de notre marmaille.c’est une belle récompense!

Le parent apprécie davantage l’organisation d’activités spéciales dans le milieu de garde qu’une sortie à l’extérieur. Il y voit un aspect plus sécuritaire, assure une stabilité à son enfant surtout s’il est en bas âge, apporte une nouvelle stimulation. De plus, vous faites la démonstration aux parents qu’il est possible d’apporter de la diversité dans le quotidien tout en étant sensible aux besoins et intérêts de son petit. Il réalise également qu’il peut faire des choses toutes simples avec son enfant qui lui demandent moins de temps d’organisation mais beaucoup de plaisir à être avec son enfant. «N’est-ce pas une bonne façon de garder le feu sacré» du monde des petits!

Le plaisir de jouer… dehors !

Allez-vous suffisamment jouer dehors avec vos tout-petits? Si la température nous le permet, diront plusieurs alors que d’autres responsables choisiront d’y aller chaque jour comme le programme éducatif nous invite à le faire. Plusieurs raisons peuvent limiter nos escapades à l’extérieur: la température, le temps de l’habillage, le manque de matériel dans la cour, le peu d’activités à faire, etc.

La personnalité de la responsable de garde a aussi une influence considérable; il est difficile de motiver les enfants à aller jouer dehors lorsque comme adulte nous n’en retirons aucun plaisir…

L’étude Grandir En Qualité démontre que, même si les activités proposées sont plus présentes en milieu familial qu’en installation, le jeu extérieur demeure peu exploité dans nos milieux. En effet, le matériel mis à la disposition est pauvre, l’animation ainsi que les aménagements sont insatisfaisants et la sécurité n’est pas toujours considérée comme prioritaire.

Il est pourtant démontré que prendre l’air réduit le stress et donne de bonnes habitudes de vie. Pour les enfants de plus de 18 mois, on propose de 20 à 60 minutes d’activités extérieures quotidiennes. Il est certain que certaines saisons nous limitent plus dans nos sorties extérieures, par exemple en hiver à -20oC il peut être risqué de sortir avec les petits. Mais lorsqu’il fait moins froid, le jeu extérieur devrait être la priorité.

Même si le grand air fait place au jeu spontané, il est nécessaire, pour avoir de l’intérêt à aller jouer dehors, que ces périodes soient planifiées au même titre que le reste des activités prévues à votre programme. En plus de sensibiliser l’enfant au plaisir de jouer dehors, planifier vous permettra de faire des activités en lien avec le thème et par le fait même de rassurer le parent sur ce que son enfant fait à l’extérieur.

Jouer dehors donne la possibilité de crier, de se défouler, d’inventer… L’aménagement de la cour par coins donne aux enfants la possibilité de développer leurs habiletés sociales en jouant librement et ce, sans limiter le bruit.

Le contact direct avec l’environnement aidera aussi l’enfant à comprendre le cycle de la nature. Il prendra conscience des changements de température et apprendra comment ces changements affectent les plantes et les animaux. Profitez-en d’ailleurs pour faire des activités: la chasse aux insectes, l’observation des oiseaux avec l’installation des mangeoires faites par les enfants. Lors des promenades avec les enfants, invitez les enfants à ramasser des éléments de la nature et à mettre leurs trouvailles dans une boîte à l’entrée de votre service de garde. Vous pouvez même ensuite utiliser ces éléments pour faire un parcours ou jeu d’associations. Pourquoi ne pas développer une banque de jeux avec les éléments de la nature?

Dehors, on peut évidemment faire des jeux de grande motricité ou prévoir des activités distinctes mais rien n’empêche de reproduire des activités d’intérieure dehors: par exemple, faire de la peinture sur du coroplasme installées à la clôture; jouez à la chaise musicale avec des bouts de bois; faire des chemins de roches pour jouer avec les autos.

En fait, l’important c’est de s’amuser et d’y aller… jouer dehors c’est la santé!

Céline Perreault vous offre un atelier pour vous inviter à passer de bons moments avec les enfants à l’extérieur. Informations: 450-588-0272

Jouer au parc, plus qu’une surveillance….

Josée Lespérance, Enseignante en TÉE
Juin 2014
www.aveclenfant.com

Plusieurs milieux de garde choisissent le parc du quartier comme espace de jeu extérieur. Alors que d’autres font le choix de ne pas aller au parc. En effet, plusieurs parcs ne sont pas toujours adaptés aux tout-petits et peuvent être une source de danger importante. Pour que le parc devienne un lieu autre que de la surveillance afin d’éviter les accidents, je vous propose une TROUSSE À IDÉES. Cette trousse doit contenir du matériel polyvalent qui permet de s’amuser avec presque rien. Elle invite l’éducatrice à créer plusieurs jeux avec un seul objet et il peut être utilisé en tout temps pour le parc mais aussi pour toutes autres sorties. Cet outil permet de limiter les moments d’attente, donne la possibilité de faire bouger les enfants, développe de nouvelles idées de jeux et propose de s’amuser avec presque rien et bien plus encore.

Des foulards, un ballon de plage, des bâtons à café ou bâton pop sicle, sac recyclable, épingles à linge, carte d’échantillon de peinture, anneau de chansons sont des objets qui offrent plusieurs possibilités. Voici donc des idées que je vous propose pour votre trousse qui seront certainement alimenter vos sorties au parc cet été.

FOULARDS : Avoir un foulard pour chacun des enfants.

Courir avec les foulards, cacher certaines parties de son corps avec son foulard, lancer son foulard le plus haut possible et se rassoir avant qu’il ne retombe, faire une grande couverture avec tous les foulards, souffler sur son foulard pour le faire voler.

BALLON DE PLAGE : Un seul ballon suffit.

Se passer le ballon de différentes façons (entre les jambes, au-dessus de la tête, sur le côté, etc.) Suspendre le ballon pour le taper, faites rouler le ballon avec différentes parties du corps (avec le coude, le pouce, le nez, etc.) Lancer le ballon sans le faire tomber au sol, jouez au petit cochon avec un ballon, jouez au ballon en étant sur les genoux, assis et même couché….

BÂTON DE CAFÉ OU POP SICLE : avoir une grande quantité.

Faites des formes avec les bâtons, jouez à déplacer un seul bâton à la fois d’un endroit à l’autre, faites des dessins dans le sable, faites un labyrinthe avec les bâtons et se déplacer entre sans y toucher. Laissez tomber une grande quantité de bâton et retirer un à la fois sans faire bouger les autres.

SAC RECYCLABLE : Un sac est suffisant.

Prendre le sac comme cible pour lancer des cocottes, lancez les cocottes au sol une à la fois, les enfants doivent les remettre dans le sac avant que le sac se vide, remplir le sac d’objets de la nature, sans regarder l’enfant touche et identifie ce qu’il touche, placez les épingles à linge autour du sac, un enfant coure avec le sac et il faut le rattraper.

ÉPINGLES À LINGE : Avoir une grande quantité.

Classez par couleurs, attachez sur soi, les attachez l’une à la suite de l’autre, les cacher et les trouver, allez ramasser des feuilles avec des épingles et les déposer dans le sac recyclable.

CARTES D’ÉCHANTILLON DE PEINTURE : 5 à 8 cartes pour chacun des enfants sur anneau.

Trouvez dans l’espace des objets de la même couleur, identifiez une couleur de vêtement d’un ami, jouez à changer de couleurs de carte avec un ami, trouvez des cartes de la même couleur avec les autres, nommez une couleur et un mouvement.

ANNEAU DE CHANSONS : Avoir plusieurs anneaux selon les saisons, thèmes, événements.

Chansons sur carton avec dessins sur le dessus afin que l’enfant puisse identifier de quelle chanson il s’agit. Pour plus de résistance, les plastifier et les mettre sur anneaux. C’est une belle façon de penser à chanter même à l’extérieur.

Le temps que vous allez passer à supporter, proposer, enrichir, stimuler les actions de l’enfant avec ces outils influencera grandement le jeu extérieur. Car sachez que, l’interaction et la rétroaction de l’adulte auprès de l’enfant sont porteuses de modèles à suivre. Des recherches disent qu’il existe un lien direct entre la pratique précoce d’activités physiques, jouer dehors et les habitudes de vie du jeune adulte de demain. Jouer au parc, c’est donc plus que surveiller….