De la formation continue des éducatrices dans un contexte de coupes budgétaires

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Julie surprend Simon, 19 mois, en train de pousser Alexis. Elle lui dit « Non! » et l’assoit en retrait. Elle lui demande « Est-ce que tu penses que qu’Alexis aime ça se faire pousser? » Il répond naïvement « Oui! ». Elle hausse le ton, lui demande de réfléchir. Reprenons cette même situation en y introduisant une éducatrice formée. Cette dernière reconnait la difficile tâche de retenue de son impulsivité chez un trottineur. Elle sait en outre qu’il lui est difficile d’envisager le point de vue de l’autre enfant sans soutien concret d’un adulte. Elle s’engage dans l’enseignement du décodage des signaux de détresse émis par Alexis et lui propose une façon adéquate d’exprimer ce qu’il veut.

Les éducatrices détentrices de diplômes collégiaux ou universitaires savent mieux décoder et répondre aux besoins des petits[1] qui évoluent auprès d’elles. Elles proposent des activités adaptées, stimulantes et appropriées au niveau du développement des enfants.1 De plus, les études démontrent qu’il y a un lien entre les compétences professionnelles et la qualité de la relation entre les éducatrices et les enfants.[2] Les spécialistes s’entendent aussi pour affirmer que les la formation postsecondaire en services éducatifs et de garde à l’enfance est fortement associée à la qualité d’un milieu de garde ainsi qu’au développement cognitif et social des enfants.2

Des travaux confirment aussi que la formation continue des éducatrices en milieu familial contribue à améliorer la qualité des relations avec les enfants. Elles démontrent plus de comportements positifs chaleureux envers les enfants, répondent mieux aux besoins des enfants que celles qui ne participent pas aux ateliers de ressourcement professionnel proposés.[3] La formation en petite enfance contribue aussi à développer chez l’éducatrice une attitude plus ouverte, plus sensible aux attentes des enfants. Les éducatrices peu formées sont moins enclines à développer une approche partenariale[4] avec les familles.

La formation de base et continue est au cœur de la qualité des services éducatifs. L’éducatrice par sa capacité de se remettre en question, son désir d’apprendre pour mieux comprendre et intervenir peut contribuer à l’amélioration de la qualité du milieu éducatif. Elle a un rôle à jouer dans le travail d’élaboration des programmes de formation. Bien que certains thèmes demeurent incontournables, le développement de l’enfant, la gestion des comportements et les relations parents-enfants3, les éducatrices doivent partager leur vision de la compétence, analyser leur expérience, leur fonctionnement et «  s’engager dans un processus dynamique de réalisation professionnelle ». [5]

Cette formation contribue au bienêtre des enfants mais aussi à celui des éducatrices. Certains auteurs parlent d’une meilleure estime de soi[6] et d’un sentiment de compétence accru chez les éducatrices en milieu familial qui suivent des activités de formation en continu. J’ai observé depuis plus de 20 ans que le seul fait de se faire confirmer positivement un choix pédagogique ou une approche en intervention par une formatrice contribue à soutenir la motivation, les efforts engagés auprès du développement d’un ou de plusieurs enfants. La grande majorité des professionnelles en petite enfance que j’ai côtoyées lors des activités de formation font preuve d’ouverture et désirent s’améliorer. Elles expriment une réelle satisfaction à observer des changements, une évolution chez l’enfant qui au départ représentait un défi pour elles. La formation doit inciter à la pratique réflexive, allier théorie et pratique et favoriser les échanges cliniques respectueux de l’enfant, de l’intervenante et de sa famille.

Ma pratique professionnelle autant comme intervenante que formatrice m’a appris que les éducatrices, les enseignantes en préscolaire ont besoin d’un « lieu de parole.» exempt de jugements ou d’objectifs à atteindre. On oublie que l’éducatrice se met à l’écoute de l’autre plusieurs heures par jour, reçoit des confidences des enfants, des parents, observe parfois des signes de détresse, de négligence. Cette attention à l’autre peut la fragiliser. C’est pourquoi, il est essentiel qu’elle puisse témoigner, échanger, chercher des alliés pour du soutien. Elle doit être accueillie et reconnue dans son engagement à l’autre. La formation, la supervision professionnelle sont des outils susceptibles de répondre à ces besoins.

Je déplore toutes les coupes faites dans notre réseau qui affecteront les sommes allouées à la formation continue dans plusieurs milieux. On peut s’inquiéter des « choix obligés » en matière de sélection du personnel. Sachant que la masse salariale représente le poste budgétaire le plus important d’un budget d’un milieu de garde, que les salaires horaires les plus élevés sont attribués aux éducatrices formées et ayant le plus d’années d’expérience, on peut se demander s’il ne sera pas plus économique d’engager moins d’éducatrices formées en respectant le ratio de personnel qualifié exigé au Québec. Plusieurs milieux se verront peut-être dans l’obligation de sabrer dans le temps libéré pour la pédagogie, le temps de travail d’équipe permettant de discuter des enfants à besoins particuliers ou celui alloué aux rencontres avec les parents, nos partenaires.

Il est reconnu que la formation de base et continue est un facteur important de qualité des services éducatifs. Il est démontré que des services de garde de qualité sont associés à un meilleur développement cognitif, du langage, des relations positives entre les pairs, à l’obéissance aux adultes, moins de problèmes de comportements et une meilleure relation mère-enfants. Les services de qualité « peuvent accroitre la persévérance scolaire ». [7]

Ces coupes auront donc non seulement un impact sur la qualité de vie des petits dès maintenant mais auront des répercussions à long terme sur la réussite scolaire des élèves de demain.

Sylvie Bourcier

Intervenante en petite enfance

[1] Carnet du Savoir. Apprentissage chez les jeunes enfants. Conseil Canadien sur l’apprentissage (CAA), Pourquoi les services de garde de haute qualité sont-ils essentiels? www.ccl-cca.ca, p. 3.

[2] La qualité, ça compte. Christa Japel, Richard E. Tremblay et Sylvana Côté. Résultats de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec concernant la qualité des services de garde. Choix IRPP, vol. 11, no. 4, oct. 2005, p. 35.

[3] Les services de garde en milieu familial : un lieu de prévention à découvrir. Sylvain Coutu, Suzanne Lavigueur, Diane Dugeau et Claude Harvey dans Revue canadienne de Psycho-Éducation, vol. 28, numéro 2, 1999, p. 187-198.

[4] Services de garde éducatifs et soutien à la parentalité. La coéducation est-elle possible? Gilles Cantin, Nathalie Bigras et Liesette Brunson. 2010, PV 9, p. 87.

[5] C. Lavoie et al cité dans l’Éducation à l’enfant. Une voie professionnelle à découvrir. Diane Berger, Louise Héroux et Danielle Sheridon. 2007. Gaétan Morin Édition, p. 272.

[6] Galinsky, Homes et Kontos cités dans Les services de garde en milieu familial, un lieu de prévention à découvrir.

[7] Carnet du Savoir. Apprentissage chez les jeunes enfants. Conseil Canadien sur l’apprentissage (CAA), Pourquoi les services de garde de haute qualité sont-ils essentiels? www.ccl-cca.ca, p. 3.

Les heures de préparation pédagogique: un luxe ou une nécessité ?

Par Sylvie Garceau, décembre 2015

Depuis plusieurs années, le réseau des services de garde au Québec est touché par des coupures dans les budgets.  Ce manque à gagner touche de différentes façons le quotidien des travailleurs en petite enfance.  Les gestionnaires du réseau tentent par tous les moyens d’éviter les répercussions pouvant réduire la qualité des services offerts aux enfants et à leur famille.  Toutefois, ce défi est de plus en plus grand et les ressources financières sont de plus en plus petites.  Continuer la lecture de Les heures de préparation pédagogique: un luxe ou une nécessité ?

Apprendre avec du matériel stimulant

Josée se questionne sur le choix de son matériel mis à la disposition de l’enfant. Que dois-je mettre dans le coin manipulation pour stimuler le développement cognitif et la motricité fine de mes amis (es) de 4 ans ? J’observe que parfois les enfants ont moins d’intérêt pour certains coins de jeux ? Comment puis-je teinter chacun des coins par un thème précis. Josée, échange avec Claudette éducatrice à la pouponnière. Celle-ci constate qu’il est parfois difficile d’appliquer le programme éducatif avec les petits. Elle se demande si elle doit faire aussi des coins de jeux comme avec les plus vieux ? Elle se voit régulièrement demander aux petits de laisser les jeux dans les espaces respectifs, ce qui la questionne sur sa façon de faire ? Est-ce que j’ai suffisamment de matériel pour mon groupe dont l’intérêt est de prendre le jouet de l’autre ?

L’apprentissage que l’enfant réalise avec l’objet de jeu est en lien direct avec sa personnalité et sa motivation face à la découverte. L’éducatrice doit dans un premier temps reconnaître les intérêts de son groupe afin d’aménager des lieux où l’enfant fera ses propres choix. Le programme éducatif propose des coins de base qui évoluent selon l’âge de l’enfant. Pour les 0- 18 mois, deux coins sont proposés. Un coin doudou, où l’on peut retrouver des tissus de différentes textures, des coussins, des livres en tissu, une chaise berçante, etc. Ce coin devrait permettre au petit de prendre une pause, de s’isoler, d’observer les autres et même de se défouler. Je suggère que cet endroit soit recouvert d’un tissu suspendu du plafond pour permettre à l’enfant d’avoir le sentiment qu’il est seul. Un coin moteur, un grand espace pour que le petit puisse se retrouver avec d’autres et puisse bouger en sécurité avec des objets roulants, à tirer, à pousser et même à grimper. Il est aussi proposé de faire jouer l’enfant de 0-18 mois de une à deux fois semaine dans l’eau. Cette activité permet à l’enfant de vider, transvider, de se concentrer sur le bruit et permet de réduire le stress du petit. Facilitez l’accès à ce jeu en utilisant des bacs. Disposez le bac sur une table et mettez à la disposition des enfants différents contenants dans des étagères à proximité afin qu’ils puissent eux-mêmes faire des choix. Évitez de mettre des chaises, le petit aime circuler autour des meubles pour expérimenter.

À partir de 2 ans 1/2 les coins recommandés sont, le coin livres, livres sur différents thèmes, albums photos, catalogues, images, cartes postales, cartes de fêtes, cartes routières. Le coin manipulation, casse-tête, jeux de loto fait maison, crayons, jeux pour enfiler, différents jeux d’association faits maison ex. (trouver l’autre partie de la photo qui a été coupée, classer des bouchons, des boutons, couvercles). Introduisez des bacs à glace et à muffin pour faire le classement. Alimentez le coin faire semblant en y déposant de vrais objets de cuisine par exemple, un plat pour laver la salade, mitaines à four, plat pour égoutter le spaghetti. Mais aussi des vêtements avec des accessoires comme des bijoux, sacs à main, gants, etc. Quant au coin blocs, boîtes à souliers, légo (en avoir suffisamment pour ne pas frustrer les enfants dans leur construction), voitures, animaux, petites maisons, jeux de construction de tous genres sauront le rendre attrayant. Pour ce groupe d’âge, il est pertinent de faire un coin eau/sable non permanent. Pour les 3-5 ans, nous proposons 5 coins dont 4 comme le groupe d’âge précédent. Le cinquième coin, ajoutez un espace pour les arts plastiques avec du matériel varié (colle, brillant, papier de différentes sortes, pâte à modeler). Ce groupe d’âge a suffisamment développé sa motricité fine pour être à l’aise avec ce matériel d’arts. C’est vraiment à cet âge que l’enfant est capable de faire des choix d’atelier, de maintenir ce choix et de respecter chacun des coins en laissant le matériel de jeu dans l’espace proposé. Il est donc réaliste de soutenir cet apprentissage.

Le programme éducatif offre 9 coins, 5 sont installés en permanence et 4 sont en rotation comme les sciences, la motricité, eau/sable et la musique. Un coin est souvent oublié soit, le coin bric à brac avec uniquement du matériel de récupération. Ce coin permet à l’enfant de jouer sans modèle de jeu précis. Une belle façon de favoriser la créativité et de faire vivre des situations adaptées au développement de l’enfant. Nous pouvons mettre dans ce coin des boîtes de différentes grosseurs, des bouteilles de savon de toutes sortes, des tissus, des contenants en plastique, des bobines de fil. Ces objets doivent être sur des tablettes à la disposition de l’enfant. Ce coin est très utile lors des activités déversoirs (activités qui permettent de respecter le rythme de chacun, l’enfant qui a fini de dîner par exemple avant les autres peut aller dans le coin bric à brac pour attendre le reste du groupe).

Dans chacun des coins, Josée et Claudette doivent y mettre des objets qui permettent le développement global. Afin que chacun y trouve son compte lorsque que vient le choix des ateliers. Par exemple, Simon voulait aller dans le coin bloc mais il n’a plus de place pour lui pour le moment, il lui reste le coin imitation et manipulation. Il fait le choix du coin imitation avec Geneviève, dans ce coin Josée a placé une quantité importante d’étuis à savon et brosses à dent. Simon peut empiler, aligner et associer ces objets avec plaisir, un peu comme il est possible de le faire dans le coin blocs. Pour garder la motivation du jeu dans chacun des coins, il est important d’ajouter à l’occasion des objets ou des jeux différents qui viennent relancer l’intérêt chez l’enfant. Les observations de Josée et Claudette permettront de répondre à ce besoin. Il n’est pas conseillé de changer l’ensemble du matériel dans le coin de jeu mais simplement d’y ajouter des éléments qui augmentent le défi. Pour ce qui est des thèmes, des objets ou des jeux, des affiches, de la musique sont suffisants pour teinter les espaces du thème traité.

Avec les petits de Claudette, il est important d’exploiter l’espace au maximum, de fixer des choses au mur, sur le plancher, de suspendre des objets à tirer au plafond et aux meubles. Ainsi, le petit aura l’occasion de travailler sa motricité dans différentes postures. Soyez ouvert aux usages non conventionnels des objets. Par exemple, un bac peut devenir une cachette, un chapeau, une chaise. Il est certain, que le petit aime transporter des objets d’un endroit à l’autre. Ayant seulement deux espaces de jeu dans les groupes de 0-18 mois, il est plus facile pour le petit de situer les choses dans les bons coins. Jouez à lui faire transporter les jeux dans les endroits respectifs. Faites-lui rapporter les choses dans les bacs bien identifiés. Il est inutile d’interdire de ne pas transporter les jouets d’un coin à l’autre. Mais plutôt de lui demander d’aller porter les balles dans le panier à linge par exemple a plus de succès chez le petit. Progressivement Claudette peut ajouter un coin imitation de façon temporaire pour les plus vieux du groupe. La cuisinière, un bac à vaisselle, des bébés, des couvertures. Ces objets stimulent le petit au jeu symbolique. Il fait la représentation de ce qu’il connaît et ce pourquoi il a de l’intérêt. (Mettre une couverture sur le bébé, donner une tasse à l’éducatrice et lui dire que c’est du jus) etc. Il est certain avec le petit il faut beaucoup de matériel identique afin d’éviter les conflits de possessions.

Plus le matériel et le local offre de la polyvalence, plus l’enfant pourra par lui-même décider ce qu’il en fera, ce qu’il choisira et l’utilité qu’il lui donnera. La qualité la plus importante pour le local et le matériel est sa polyvalence. De cette façon, l’enfant peut faire des choix et réorganiser son environnement. L’éducatrice peut dans ce cas être disponible, à l’écoute, observer et comprendre les besoins de son groupe.

Référence, PARTAGER LE PLAISIR D’APPRENDRE, Guide d’intervention éducative au préscolaire. Mary Hohmann, David P. Weikart, Louise Bourgon et Michel Proulx. Éditions de la Chenelière Éducation, 2007

Neige, Neige Blanche (jouer dans la neige)

Quoi de plus magique pour l’enfant que de jouer dans la neige? C’est une activité que l’enfant à la chance d’expérimenter longuement grâce à notre climat québécois. L’excitation des enfants annonce souvent la bordée de neige Avant même que la neige tombe elle procure énergie et vitalité auprès de nos petits. Pourquoi pas profiter de cette occasion pour jouer dans la neige et vivre de petits et de grands plaisirs avec les enfants.
Quoi faire dans la neige avec les enfants ?

Voici des suggestions avec ou sans objets pour profiter de l’hiver.

Quoi faire dans la neige avec les enfants ? Voici des suggestions avec ou sans objets pour profiter de l’hiver.

  • Faire l’ange dans la neige (se coucher sur le dos et faire un mouvement de va et vient avec les bras et les jambes. Se lever et observer le bel ange.)
  • Faire un chemin en marchant dans la neige qui mène à une cachette. Les autres enfants doivent suivre mes pistes pour me retrouver.
  • Jouer à faire des trous dans la neige pour cacher certaines parties de notre corps.
  • Lancer la neige pour toucher le ciel…
  • Lancer la neige et se rasseoir avant que la neige retombe….
  • Étendre la neige sur une surface lisse et trouver le plus beau flocon.
  • Marcher à quatre pattes dans la neige
  • Se rouler dans la neige.
  • Cacher des objets de la nature dans la neige (roche, branches, cocottes etc.) et demander aux autres enfants de les retrouver.
  • Prendre différentes positions dans la neige pour donner un emprunt et demander à d’autre de reproduire la même forme.
  • Faire des montagnes de neige avec différentes parties du corps. ( les mains, les pieds, le dos, les coudes etc.)
  • Se cacher les mains ou les pieds tous ensemble dans la neige et à go nous sortons la partie cachée.
  • Se coucher sur le dos dans la neige et observer les nuages.
  • Faire des dessins avec notre mitaine sur une surface de nouvelle neige.
  • Faire un parcours humain dans la neige ( un enfant à les jambes écartées, un autre est couché dans la neige et un enfant doit passer entre les jambes, pardessus ou faire le tour de l’enfant etc.) Le parcours peut avoir plusieurs obstacles humains.
  • Faire des emprunts dans la neige avec des plusieurs objets de la nature.
  • Faire écouter des bruits imaginaires en se collant l’oreille dans la neige.
  • Faire des tunnels de mains ou de pieds et pour se toucher en dessous de la neige.
  • Le jeu du chat de neige : Plusieurs souris courent pour ne pas se faire attraper par le chat. Pour ne pas se faire toucher par le chat les souris doivent toucher de la neige avec une partie du corps autre que les pieds.
  • Jeu du chemin de fer : Former une ligne avec les enfants, faire écarter les jambes pour faire passer un ballon. Le premier joueur passe le ballon à l’ami derrière lui jusqu’à la fin. Le dernier qui reçoit le ballon crie CHEMIN DE FER, les enfants se couchent au sol en laissant un bras de distance entre chacun. L’enfant qui a crié la consigne doit passer entre les enfants le plus rapidement possible et lorsqu’il arrive au début de la ligne il doit crier TRAIN les enfants se lèvent et le première passe le ballon entre les jambes à l’enfant derrière. Le jeu se termine lorsque le premier joueur est revenu à sa place du début.
  • Faire des jeux de rayons de couleurs sur la neige avec le soleil et un disque CD usagé. (fait le même effet que le miroir avec le soleil)
  • Faire des dessins dans la neige avec une bouteille distributrice. Mettre dans la bouteille de l’eau et du colorant à gâteau ainsi qu’une goutte de savon à vaisselle pour éviter de tâcher les vêtements. Vous pouvez également utiliser la mèche d’un vieux crayons de feutre pour mettre dans l’eau à la place du colorant à gâteau. Il est alors plus certain d’éviter les tâches.
  • Jouer dans la neige avec des objets de votre coin imitation (plats, vaisselle, ustensiles etc.
  • Jouer à un jeu de Kim dans la neige : Je fais observer par les enfants 5 objets (tasse, bouchon, couvercle, assiette, ustensile). Je cache un objet dans la neige les enfants trouvent l’objet qui manquant. Vous pouvez aussi utiliser des objets de la nature qui ont été trouvés par les enfants.
  • Faire observer des choses dans la neige qui ne doivent pas être touchées ou goûtées par l’enfant. (excréments d’animaux, cigarettes, gomme,) etc.

Les jeux ou activités qui vous sont proposés pour amuser vos tout-petits dans la neige rejoignent le développement global de l’enfant. Ils demandent peu de préparation mais une bonne dose d’implication avec votre marmaille.
Je vous souhaite beaucoup beaucoup de plaisir dans la neige, neige blanche ! !

Activités spéciales et sorties, comment bien planifier?

Sophie veut planifier pour l’année des activités spéciales et des sorties avec son groupe multiâge. Elle cherche des idées originales, des activités spéciales à faire dans son service de garde, des endroits nouveaux à visiter, des lieux sécuritaires pour accueillir un groupe. Mais comment Sophie peut-elle faire une planification qui répond aux intérêts et aux besoins des grands et des petits de son groupe?

La planification d’un calendrier d’activités ou de sorties pour l’année doit être pensée en terme de suggestions. Septembre est la période pour remettre en place des routines stables, des consignes claires et concrètes afin de rétablir la sécurité et la stabilité dans le groupe. L’horaire de la journée laisse peu de place pour planifier des activités spéciales et des sorties à l’extérieur. La rentrée au service de garde demande à l’enfant de s’adapter aux routines, aux amis ainsi qu’à l’éducatrice. Il faut une stabilité avant que l’enfant puisse retirer du plaisir dans des situations de changement.

Pour pouvoir planifier et organiser un calendrier d’activités ou de sorties, Sophie doit avant tout connaître son groupe et les intérêts qui l’anime. Il est important de retenir les idées et les goûts des enfants pour organiser des moments particuliers dans l’année. Autant pour les sorties que pour des activités spéciales, Sophie doit avant tout observer les enfants pour mieux les connaître dans des situations nouvelles. Observer veut dire, prendre le temps de regarder les réactions de l’enfant face à la nouveauté, connaître ses intérêts de jeu, les sujets d’échange, la sécurité qui l’habite devant un changement de routine, sa capacité de respecter les consignes, sa tolérance aux délais, le lien d’attachement qu’il a avec le groupe. Les informations recueillies vont permettre à Sophie de planifier des activités et des sorties mieux adaptées au groupe.

Une activité spéciale permet autant de plaisir qu’une sortie même si souvent elle se déroule dans le milieu de vie de l’enfant. D’ailleurs, en début d’année, il est préférable pour Sophie de prévoir des activités spéciales davantage que des sorties. Graduellement, l’enfant apprendra à gérer des petits changements dans un cadre et avec des repères visuels connus. Ces événements peuvent prendre plusieurs formes en voici quelques exemples.

  • Vous faites un pique-nique sur une couverture dans votre salon.
  • Vous invitez une personne à passer la journée avec vous et les enfants (grand frère ou grande sour d’un des enfants).
  • Vous avez un animal de compagnie qui appartient à un des enfants du groupe qui passe la journée dans votre maison. Assurez-vous qu’aucun des enfants n’est allergique.
  • Vous changez la routine de l’habillement, elle se fait à l’intérieur sous forme d’un parcours.
  • Vous planifiez la sieste dans une tente que vous avez faite avec les enfants à l’aide de couvertures. Assurez-vous que les enfants ont bien intégré la routine de la sieste avant d’y apporter des changements.
  • Vous permettez aux enfants d’apporter un jeu de la maison.
  • Vous invitez une troupe de marionnettes chez vous.
  • Vous faites une activité piscine dans la maison.

Il se peut que les activités spéciales soient plus présentes que les sorties dans votre service de garde. Il est nécessaire de respecter le rythme et le besoin de sécurité du groupe pour vivre du plaisir avec les enfants. Le portrait que Sophie dresse de son groupe ainsi que les différents âges des enfants sont des facteurs à considérer. Il est aussi important pour Sophie d’être à l’aise avec la planification et l’organisation de ses activités spéciales et sorties. Elle doit commencer avec des choses simples et qui lui demandent peu de planification et d’organisation afin de sécuriser et de gérer adéquatement son groupe. Certaines sorties peuvent être faites en famille, par exemple la cabane à sucre, les pommes, le père Noël au centre d’achats, la ferme de Pâques etc. sont des endroits que l’enfant pourra explorer avec son parent. Sophie doit choisir des sorties qui apportent de la nouveauté dans la vie de l’enfant et réalisable dans un contexte de groupe multiâge. En voici quelques suggestions.

  • Vous visitez un nouveau parc avec les enfants.
  • Vous allez visiter des personnes âgées dans un centre d’accueil.
  • Vous allez à l’épicerie pour acheter des fruits dans le but de faire une salade de fruits avec les enfants.
  • Vous allez visiter un autre service de garde.
  • Vous allez pique-niquer chez un enfant du groupe.
  • Vous rendez visite aux pompiers.
  • Vous aller acheter des fleurs à la pépinière pour les mettre en terre avec les enfants.
  • Vous visiter le dentiste de votre quartier.
  • Vous allez visiter la classe maternelle de l’école du quartier.
  • Vous faites une excursion en tricycle dans les rues avoisinantes.
  • Vous allez à la bibliothèque, joujouthèque, bureau de poste, etc. avec votre groupe.

Lorsque Sophie pense à une sortie, elle doit prévoir avec son groupe une période de préparation. Prévenir les enfants de l’événement, leur parler de l’endroit, ce qu’ils vont voir, ce qu’ils vont faire, les personnes qui vont les accompagner etc. Le déroulement de chacune des étapes peut être même fait sous forme de simulation dans son milieu de garde. Certains enfants ont besoin d’être plus rassurés que d’autres lors d’une sortie. Ces petits moyens vous permettront d’observer les réactions de l’enfant et ainsi de mieux répondre à son besoin de sécurité. La préparation doit se faire dans des délais raisonnables pour que l’enfant puisse voir les possibilités de sa réalisation. Lorsque Sophie prépare l’enfant à une sortie, elle lui permet de porter un désir qui l’aide à se créer des images dans sa tête (comment il voit les lieux, ce qu’il va faire, avec quoi il va jouer, avec qui il va rentrer en contact) etc. C’est une belle façon de développer la créativité de l’enfant ainsi que son sentiment d’identité, car sa façon d’imaginer et de faire des liens avec son vécu est bien différente d’un enfant à l’autre.

La réalisation d’une sortie peut varier d’une année à l’autre selon votre groupe d’enfants. Sophie doit retenir le plaisir que les enfants ont eu à réaliser certaines sorties. Le temps qu’elle prendra à observer son nouveau groupe lui permettra de mieux les connaître et peut-être de répéter des événements qui ont eu le plus de succès.
Pour plusieurs responsables de garde en milieu familial, comme Sophie, le plaisir est de voir l’émerveillement des enfants et d’entendre les enfants reparler de la sortie entre eux. Après avoir déployé autant d’énergie pour l’amour de notre marmaille.c’est une belle récompense!

Le parent apprécie davantage l’organisation d’activités spéciales dans le milieu de garde qu’une sortie à l’extérieur. Il y voit un aspect plus sécuritaire, assure une stabilité à son enfant surtout s’il est en bas âge, apporte une nouvelle stimulation. De plus, vous faites la démonstration aux parents qu’il est possible d’apporter de la diversité dans le quotidien tout en étant sensible aux besoins et intérêts de son petit. Il réalise également qu’il peut faire des choses toutes simples avec son enfant qui lui demandent moins de temps d’organisation mais beaucoup de plaisir à être avec son enfant. «N’est-ce pas une bonne façon de garder le feu sacré» du monde des petits!

Le plaisir de jouer… dehors !

Allez-vous suffisamment jouer dehors avec vos tout-petits? Si la température nous le permet, diront plusieurs alors que d’autres responsables choisiront d’y aller chaque jour comme le programme éducatif nous invite à le faire. Plusieurs raisons peuvent limiter nos escapades à l’extérieur: la température, le temps de l’habillage, le manque de matériel dans la cour, le peu d’activités à faire, etc.

La personnalité de la responsable de garde a aussi une influence considérable; il est difficile de motiver les enfants à aller jouer dehors lorsque comme adulte nous n’en retirons aucun plaisir…

L’étude Grandir En Qualité démontre que, même si les activités proposées sont plus présentes en milieu familial qu’en installation, le jeu extérieur demeure peu exploité dans nos milieux. En effet, le matériel mis à la disposition est pauvre, l’animation ainsi que les aménagements sont insatisfaisants et la sécurité n’est pas toujours considérée comme prioritaire.

Il est pourtant démontré que prendre l’air réduit le stress et donne de bonnes habitudes de vie. Pour les enfants de plus de 18 mois, on propose de 20 à 60 minutes d’activités extérieures quotidiennes. Il est certain que certaines saisons nous limitent plus dans nos sorties extérieures, par exemple en hiver à -20oC il peut être risqué de sortir avec les petits. Mais lorsqu’il fait moins froid, le jeu extérieur devrait être la priorité.

Même si le grand air fait place au jeu spontané, il est nécessaire, pour avoir de l’intérêt à aller jouer dehors, que ces périodes soient planifiées au même titre que le reste des activités prévues à votre programme. En plus de sensibiliser l’enfant au plaisir de jouer dehors, planifier vous permettra de faire des activités en lien avec le thème et par le fait même de rassurer le parent sur ce que son enfant fait à l’extérieur.

Jouer dehors donne la possibilité de crier, de se défouler, d’inventer… L’aménagement de la cour par coins donne aux enfants la possibilité de développer leurs habiletés sociales en jouant librement et ce, sans limiter le bruit.

Le contact direct avec l’environnement aidera aussi l’enfant à comprendre le cycle de la nature. Il prendra conscience des changements de température et apprendra comment ces changements affectent les plantes et les animaux. Profitez-en d’ailleurs pour faire des activités: la chasse aux insectes, l’observation des oiseaux avec l’installation des mangeoires faites par les enfants. Lors des promenades avec les enfants, invitez les enfants à ramasser des éléments de la nature et à mettre leurs trouvailles dans une boîte à l’entrée de votre service de garde. Vous pouvez même ensuite utiliser ces éléments pour faire un parcours ou jeu d’associations. Pourquoi ne pas développer une banque de jeux avec les éléments de la nature?

Dehors, on peut évidemment faire des jeux de grande motricité ou prévoir des activités distinctes mais rien n’empêche de reproduire des activités d’intérieure dehors: par exemple, faire de la peinture sur du coroplasme installées à la clôture; jouez à la chaise musicale avec des bouts de bois; faire des chemins de roches pour jouer avec les autos.

En fait, l’important c’est de s’amuser et d’y aller… jouer dehors c’est la santé!

Céline Perreault vous offre un atelier pour vous inviter à passer de bons moments avec les enfants à l’extérieur. Informations: 450-588-0272

Jouer au parc, plus qu’une surveillance….

Josée Lespérance, Enseignante en TÉE
Juin 2014
www.aveclenfant.com

Plusieurs milieux de garde choisissent le parc du quartier comme espace de jeu extérieur. Alors que d’autres font le choix de ne pas aller au parc. En effet, plusieurs parcs ne sont pas toujours adaptés aux tout-petits et peuvent être une source de danger importante. Pour que le parc devienne un lieu autre que de la surveillance afin d’éviter les accidents, je vous propose une TROUSSE À IDÉES. Cette trousse doit contenir du matériel polyvalent qui permet de s’amuser avec presque rien. Elle invite l’éducatrice à créer plusieurs jeux avec un seul objet et il peut être utilisé en tout temps pour le parc mais aussi pour toutes autres sorties. Cet outil permet de limiter les moments d’attente, donne la possibilité de faire bouger les enfants, développe de nouvelles idées de jeux et propose de s’amuser avec presque rien et bien plus encore.

Des foulards, un ballon de plage, des bâtons à café ou bâton pop sicle, sac recyclable, épingles à linge, carte d’échantillon de peinture, anneau de chansons sont des objets qui offrent plusieurs possibilités. Voici donc des idées que je vous propose pour votre trousse qui seront certainement alimenter vos sorties au parc cet été.

FOULARDS : Avoir un foulard pour chacun des enfants.

Courir avec les foulards, cacher certaines parties de son corps avec son foulard, lancer son foulard le plus haut possible et se rassoir avant qu’il ne retombe, faire une grande couverture avec tous les foulards, souffler sur son foulard pour le faire voler.

BALLON DE PLAGE : Un seul ballon suffit.

Se passer le ballon de différentes façons (entre les jambes, au-dessus de la tête, sur le côté, etc.) Suspendre le ballon pour le taper, faites rouler le ballon avec différentes parties du corps (avec le coude, le pouce, le nez, etc.) Lancer le ballon sans le faire tomber au sol, jouez au petit cochon avec un ballon, jouez au ballon en étant sur les genoux, assis et même couché….

BÂTON DE CAFÉ OU POP SICLE : avoir une grande quantité.

Faites des formes avec les bâtons, jouez à déplacer un seul bâton à la fois d’un endroit à l’autre, faites des dessins dans le sable, faites un labyrinthe avec les bâtons et se déplacer entre sans y toucher. Laissez tomber une grande quantité de bâton et retirer un à la fois sans faire bouger les autres.

SAC RECYCLABLE : Un sac est suffisant.

Prendre le sac comme cible pour lancer des cocottes, lancez les cocottes au sol une à la fois, les enfants doivent les remettre dans le sac avant que le sac se vide, remplir le sac d’objets de la nature, sans regarder l’enfant touche et identifie ce qu’il touche, placez les épingles à linge autour du sac, un enfant coure avec le sac et il faut le rattraper.

ÉPINGLES À LINGE : Avoir une grande quantité.

Classez par couleurs, attachez sur soi, les attachez l’une à la suite de l’autre, les cacher et les trouver, allez ramasser des feuilles avec des épingles et les déposer dans le sac recyclable.

CARTES D’ÉCHANTILLON DE PEINTURE : 5 à 8 cartes pour chacun des enfants sur anneau.

Trouvez dans l’espace des objets de la même couleur, identifiez une couleur de vêtement d’un ami, jouez à changer de couleurs de carte avec un ami, trouvez des cartes de la même couleur avec les autres, nommez une couleur et un mouvement.

ANNEAU DE CHANSONS : Avoir plusieurs anneaux selon les saisons, thèmes, événements.

Chansons sur carton avec dessins sur le dessus afin que l’enfant puisse identifier de quelle chanson il s’agit. Pour plus de résistance, les plastifier et les mettre sur anneaux. C’est une belle façon de penser à chanter même à l’extérieur.

Le temps que vous allez passer à supporter, proposer, enrichir, stimuler les actions de l’enfant avec ces outils influencera grandement le jeu extérieur. Car sachez que, l’interaction et la rétroaction de l’adulte auprès de l’enfant sont porteuses de modèles à suivre. Des recherches disent qu’il existe un lien direct entre la pratique précoce d’activités physiques, jouer dehors et les habitudes de vie du jeune adulte de demain. Jouer au parc, c’est donc plus que surveiller….

Considérer le bébé comme une personne et un partenaire…Il faut y mettre du temps!!!!!

Lyne Archambault, éducatrice – formatrice

Octobre 2013

www.aveclenfant.com

Être une éducatrice et travailler auprès des poupons, sans toutefois agir avec eux comme dans une manufacture, est souhaitable et devrait être notre leitmotiv. C’est vrai : s’occuper de 5, 10 ou 15 dans un même local, c’est tout un défi ! Avec notre équipe de travail ou seul pour cinq bébés, on doit prendre le temps de vivre avec les petits. En d’autres mots, le bébé est notre partenaire !

Voici le premier principe du livre Le Bébé en Services Éducatifs .C’est certain me direz-vous, mais dans les faits. Prenons-nous le temps qu’il faut pour considérer le bébé comme une personne et un partenaire ? Dans tous les horaires et les routines, est-ce que nous lui donnons le temps d’attendre sa réponse, par son regard : son approbation ? Le temps de réaction est plus lent chez le petit. Ainsi, la patience est souvent demandée comme qualité première pour être une éducatrice, surtout quand il vient le temps d’attendre la collaboration des petits.

Alors si le bébé est mon partenaire, je lui demande pour le prendre, et même si le temps me presse je ne le prends JAMAIS de dos… Je le préviens en lui disant ce que l’on va faire. Je fais équipe avec lui pour son habillement pour la sortie en lui donnant la chance de participer. En rentrant, profitez de ce temps, car le petit adore tirer son chapeau, ses mitaines et Bravo magie tout est enlevé et c’est lui qu’il l’a fait !! Valorisez notre ami, il se gonflera de fierté.

Je lui montre et lui dis ce qu’il va manger. On touche le plat, on regarde le repas, on sent l’odeur du poisson et on présente la soupe par exemple, voilà de belles façons d’éveiller nos cinq sens. De plus, je le fais patienter au repas en connaissant ses limites et je souligne ses progrès. Je lui parle en préparant son repas, je chante pour le faire patienter tout en préparant le repas. Je lui parle si je dois le rassurer, je nomme chaque enfant en distribuant les plats. Je lui souhaite bon appétit mon ami .Je suis assise avec lui à la table et non comme une serveuse qui s’exécute.

J’ai toujours le bébé que je nourris devant moi et mon regard est vers lui, si je dois m’éloigner je l’avertis. En lui laissant sa cuillère et moi la mienne pour lui donner des bouchées entre les siennes, le petit participe ainsi à son repas. Les petits comme dans un souper de famille sont capables d’attendre leur repas, nous formons une équipe nous nous respectons mutuellement.

Je ne fais rien à sa place sans lui donner la chance de le faire seul et attendre si il a besoin de moi, par une question je lui demande si il a besoin de mon aide. Pour le respecter, je ne dérange pas le petit qui est occupé à explorer. Je ne crée pas de besoin si il est occupé à explorer à sa façon. Son temps d’exploration est unique à lui et précieux. S.V.P. ne pas déranger bébé travaille !!!! Son environnement est sans visiteur non annoncé, la circulation est limitée pour éviter une ambiance de cirque. L’éducatrice est là pour lui, et non l’inverse !

Appeler le petit par son prénom, lui parler, respecter son rythme biologique, l’observer sans comparaison et surtout sans commenter devant les bébés sont des attitudes gagnantes. Le changement de couche est une occasion pour le faire participer, attendre son approbation du regard, lui demander de tenir sa couche, le regarder et échanger avec lui et juste avec lui !

Le lavage des mains au lavabo pour la collation et le repas est une routine. J’invite le petit qui n’est pas occupé à venir laver ses mains. Dès mon invitation lancée, il vient vers moi. Je préviens l’ordre des enfants qui attendent leur tour ! Les amis s’occupent et peu à peu tous les amis se retrouvent à la table pour manger.

Toutes les routines deviennent des moments privilégiés à partager avec eux à chacun leur tour. Il faut à la fin de ma journée d’éducatrice que chaque enfant ait reçu du temps seul avec moi et surtout du temps de qualité…Que ce soit pour être bercé pour le dodo, pour un jeu de coucou avec la débarbouillette ou pour un fou rire échangé ; il faut s’arrêter à observer tout ce petit monde. De plus, grâce à de belles observations auprès des enfants, les cahiers de communication seront plus intéressants et pertinents à lire pour leurs parents.

Dans le livre Le Bébé en Services Éducatifs, une liste de pratiques souhaitables pour chaque principe se retrouve. Voici donc un outil merveilleux pour évaluer notre pratique et se créer des objectifs seul ou en équipe, afin de revoir notre organisation et que nos actions reflètent nos pensées. On le sait que le bébé est une personne et un partenaire, mais dans l’action peut-être c’est facile d’oublier. Nous devons y penser….et surtout prendre du temps !!! Bonne réflexion !

 

Référence : Le Bébé en Services Éducatifs de Jocelyne Martin, Céline Poulin et Isabelle Falardeau éditions : presses de l’université du Québec.

Éloge de notre cuisinière dans notre CPE …Bon appétit mon ami ! Veux-tu manger avec moi ?

Lyne Archambault, éducatrice – formatrice

Mars 2013

www.aveclenfant.com

 

Comment rendre l’heure du repas agréable avec le tout-petit ?

En prenant le temps de profiter de ce moment précieux, soit la période du repas, nous favorisons les apprentissages: le langage, la découverte des nouvelles textures et des belles couleurs dans notre assiette. Ainsi, j’ai adopté une routine pour nous souhaiter bon appétit. Les petits se retrouvent dans ce moment. Ils appréhendent ce plaisir. Tout d’abord, je tape et ce à chacun notre tour une tambourine en chantant bon appétit ! Je sursaute quand les petits tapent de toute leur force: fou rire garantie. Ou parfois nous nous donnons tous la main pour chanter avant le repas. Par ailleurs, je présente toujours le repas en leur faisant toucher le plat de service chacun leurs tours, si c’est chaud nous soufflons. Pour faire sentir la différence entre le chaud et le froid, je répète le toucher à l’aide des plats plus froids comme un yogourt ou une compote lors du dessert. Je prends le temps de nommer les fruits. Pour varier, de temps à autre, je danse sur la comptine « salade de fruits jolie, jolie… » en servant leurs fruits. Bref, les amis participent à la présentation du repas tout en découvrant le menu. Ainsi, le bébé est une personne et mon partenaire.

Je nomme toujours ce que bébé mange. De plus, je mange en même temps que l’enfant et le même repas que celui-ci que ce soit du brocoli, du poisson, du tofu afin de stimuler l’appétit de l’enfant, donner l’exemple et former un esprit de famille. Il est prouvé que les enfants mangent davantage en bonnes compagnie et en jasant avec ses amis. Et oui un bébé, ça jase! Des tablettes que des petits tapent en s’imitant, c’est de la communication! Des sourires partagés entre eux, une complicité qui se développe ; par moment je sens qu’ils parlent dans mon dos!!! On jase comme à un souper de famille!

Les petits doivent apprendre à attendre leurs repas. Je suis seule avec mes cinq petits. Pendant que je coupe le tout en petits morceaux, je nomme mes actions pour les aider à patienter. Je prends le temps de souligner les efforts et les progrès de patience de chacun acquis en cours d’année. Je sers les assiettes tous en même temps pour que je puisse manger, moi aussi, en bonne compagnie! Et oui, je ne suis pas une serveuse je m’assois avec les amis… Je ne mange pas à mon rythme mais à celui de mes petits, tout en donnant un coup de main aux petits en apprentissage avec leurs cuillères et en attrapant à temps le verre qu’un ami me tend etc. C’est du sport! En équipe de plusieurs éducatrices pour le service, il est intéressant qu’une se presse à tout couper et que l’autre fasse des bulles pour chacun des enfants, un spectacle de marionnettes ou chante par exemple pour éviter les trop longs moments d’attente.

Il est intéressant dans toute bonne routine d’ajouter de la fantaisie : des comptines, des marionnettes, de la vaisselle colorée, des napperons spéciaux etc. Par exemple, une marionnette qui va chercher les bavoirs, laissez vous inspirer par des objets qui vous entourent. Tout d’abord afin d’aider à l’attente à la fin du repas, une balayeuse papier brun nettoie la tablette avant de passer au dessert. Je fais le son avec ma bouche de notre balayeuse, d’un chien affamé ou d’un lion qui rugit. Magie: tout est propre et les bébés sont patients et amusés! D’une autre part, la pince à salade fait un petit chien qui aboie en donnant le pain, les pâtes : succès et plaisir garanti. De plus, le balai qui sert à tout nettoyer a des grelots qui sonnent quand il s’agite. Pour conclure, nous devons vaincre la monotonie d’une routine quotidienne. En évitant les interventions négatives et en favorisant la nouveauté, on stimule la curiosité des enfants. Pensez à organiser, à planifier vos activités de routine…cela rendra vos dîners et collations plus agréables, c’est promis !

La cuisinière est ma complice et ma voisine de local. De ce fait, la pouponnière

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La visite de madame Cornet

a la chance de sentir toutes les odeurs du matin : que ce soient les galettes et les gâteaux qui cuisent ou les légumes qu’elle nous prépare avec tout son amour. Celui-ci est sans doute l’ingrédient principal de toutes ses recettes. Avec sa collaboration, elle prépare et se soucie des goûts particuliers des petits. Championne pour camoufler tous les légumes par magie, elle a comme défi et responsabilité, avecses menus, de faire suivre le guide alimentaire aux enfants petits et grands et d’appliquer la politiquealimentaire du C.P.E.

La cuisinière communique toujours avec moi. Ainsi, rien ne me presse, si les petits dorment, de précipiter le repas. Cela est fantastique, les enfants et leurs besoins sont vraiment au cœur de l’organisation. La cuisinière propose quelques moments précieux et activités culinaires à notre équipe. Par exemple, la visite de madame cornet est toujours appréciée, tout comme la confection de la galette pour l’attente du père noël en compagnie des plus grands et le magasin général qui offre l’opportunité à tous les enfants petits et grands de se choisir une collation. Tout le monde joue au magasin!!

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Le magasin général est ouvert!

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La décoration et l’attention réservées à chaque enfant pour son anniversaire sont des momentsmagiques.

En résumé, la cuisinière prend une grande place au sein de notre CPE, je l’aime beaucoup. Une complice comme elle, c’est précieux! Une cuisine chaleureuse rend un CPE, semblable à un chez soi …

Le stress de Noël

Si je vous disais qu’après une journée au centre de santé où vous auriez baigné dans un bain de chocolat, où des mains chaleureuses et enveloppantes vous auraient massé sur fond de clapotis, vous en sortiez encore plus stressée, vous me diriez y’a un gros problème là!

Pourtant durant le temps des fêtes, nous devrions atteindre le même bien-être et le même sentiment de paix intérieure. Mais que se passe-t-il en réalité? On se laisse convaincre de l’importance de mille détails qui sont en réalité qu’un course à relais au bout de laquelle on s’effondre les ‘’batteries’’ vidées et sans énergie pour l’essentiel : les nôtres, nos enfants, notre couple et nos familles.

En ces temps incertains, visons haut, visons grand, visons une petite révolution! Ayons comme objectif de regarder les nôtres dans les yeux le plus souvent possible et touchons-les. Quand on regarde l’autre, notre enfant, dans les yeux, on s’interpelle et on échange. La communion entre les êtres humains mais d’abord avec nos enfants est à la base de la vie, de la paix et du bien-être.

En se regardant, mettons de côté la course effrénée aux cadeaux, diminuons le temps donné au matériel pour renverser la vapeur :

  • Racontons à nouveau des contes de Noël.
  • Prenons une marche sous les flocons avec l’appareil numérique.
  • Écoutons un film de Noël en chaussons avec un bon chocolat chaud.
  • Accueillons les amis de nos petits pour une journée-pyjama.
  • Laissons grand-maman nous raconter ses Noël passés et cuisinons lui de bons petits gâteaux sucrés.

Deux attitudes sont indispensables pour atteindre notre objectif : Lâcher prise sur l’agenda et la disponibilité aux autres. Vous verrez les bons moments s’enchaineront et vous serez submergé non pas de cadeaux mais plutôt de tendresse et de douceur.

Si vous êtes une éducatrice en service de garde, rappelez-vous le deuxième fondement de notre nouveau programme éducatif (2007) : l’attachement. La qualité d’un milieu de garde s’évalue par les attitudes des éducatrices et du climat qu’elles mettent en place en situation de stress et de grande émotivité entre autres. En ce sens, assurer à votre groupe un climat serein, rester ‘’zen’’ refuser la course de Noël.
Plutôt, installer un environnement paisible, des activités où l’enfant aura tout le loisir de rêver, de créer et surtout de s’amuser :

  • Chanter simplement
  • Décorer joyeusement
  • Bricoler librement
  • Planifier conjointement
  • Sorter quotidiennement
  • Rêver avec les enfants souvent très souvent….

Ils vivent leur enfance et vous avez le privilège de le partager avec eux. Protégeons les enfants de la performance de Noël. Au lieu, offrons aux enfants des moyens qui les obligeront à entrer en contact avec leurs parents comme :

  • Une carte commencée au service de garde à compléter à la maison ou
  • Quelques mini gâteaux cuisinés au service de garde à décorer avec grand-maman ou
  • Une histoire de Noël dont la fin doit être inventée par un adulte de la maison

Notre rôle professionnel est d’encourager l’enfant à poursuivre ses liens avec sa famille. Rappelons-nous que cet enfant qui nous est confié est de passage dans notre vie d’éducatrice tandis que ses parents sont là pour toujours. Favorisons des relations enrichissantes entre l’enfant et ses parents.

Et quand vous fermerez la porte du service de garde pour rejoindre votre petite famille, dites-vous que vous avez fait un excellent boulot… c’est le plus beau métier du monde que celui d’accompagner un enfant dans sa croissance.

Joyeux Noël!!!

Céline Perreault est enseignante
en techniques d’Éducation à l’enfance