Le stress de Noël

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Si je vous disais qu’après une journée au centre de santé où vous auriez baigné dans un bain de chocolat, où des mains chaleureuses et enveloppantes vous auraient massé sur fond de clapotis, vous en sortiez encore plus stressée, vous me diriez y’a un gros problème là!

Pourtant durant le temps des fêtes, nous devrions atteindre le même bien-être et le même sentiment de paix intérieure. Mais que se passe-t-il en réalité? On se laisse convaincre de l’importance de mille détails qui sont en réalité qu’un course à relais au bout de laquelle on s’effondre les ‘’batteries’’ vidées et sans énergie pour l’essentiel : les nôtres, nos enfants, notre couple et nos familles.

En ces temps incertains, visons haut, visons grand, visons une petite révolution! Ayons comme objectif de regarder les nôtres dans les yeux le plus souvent possible et touchons-les. Quand on regarde l’autre, notre enfant, dans les yeux, on s’interpelle et on échange. La communion entre les êtres humains mais d’abord avec nos enfants est à la base de la vie, de la paix et du bien-être.

En se regardant, mettons de côté la course effrénée aux cadeaux, diminuons le temps donné au matériel pour renverser la vapeur :

  • Racontons à nouveau des contes de Noël.
  • Prenons une marche sous les flocons avec l’appareil numérique.
  • Écoutons un film de Noël en chaussons avec un bon chocolat chaud.
  • Accueillons les amis de nos petits pour une journée-pyjama.
  • Laissons grand-maman nous raconter ses Noël passés et cuisinons lui de bons petits gâteaux sucrés.

Deux attitudes sont indispensables pour atteindre notre objectif : Lâcher prise sur l’agenda et la disponibilité aux autres. Vous verrez les bons moments s’enchaineront et vous serez submergé non pas de cadeaux mais plutôt de tendresse et de douceur.

Si vous êtes une éducatrice en service de garde, rappelez-vous le deuxième fondement de notre nouveau programme éducatif (2007) : l’attachement. La qualité d’un milieu de garde s’évalue par les attitudes des éducatrices et du climat qu’elles mettent en place en situation de stress et de grande émotivité entre autres. En ce sens, assurer à votre groupe un climat serein, rester ‘’zen’’ refuser la course de Noël.
Plutôt, installer un environnement paisible, des activités où l’enfant aura tout le loisir de rêver, de créer et surtout de s’amuser :

  • Chanter simplement
  • Décorer joyeusement
  • Bricoler librement
  • Planifier conjointement
  • Sorter quotidiennement
  • Rêver avec les enfants souvent très souvent….

Ils vivent leur enfance et vous avez le privilège de le partager avec eux. Protégeons les enfants de la performance de Noël. Au lieu, offrons aux enfants des moyens qui les obligeront à entrer en contact avec leurs parents comme :

  • Une carte commencée au service de garde à compléter à la maison ou
  • Quelques mini gâteaux cuisinés au service de garde à décorer avec grand-maman ou
  • Une histoire de Noël dont la fin doit être inventée par un adulte de la maison

Notre rôle professionnel est d’encourager l’enfant à poursuivre ses liens avec sa famille. Rappelons-nous que cet enfant qui nous est confié est de passage dans notre vie d’éducatrice tandis que ses parents sont là pour toujours. Favorisons des relations enrichissantes entre l’enfant et ses parents.

Et quand vous fermerez la porte du service de garde pour rejoindre votre petite famille, dites-vous que vous avez fait un excellent boulot… c’est le plus beau métier du monde que celui d’accompagner un enfant dans sa croissance.

Joyeux Noël!!!

Céline Perreault est enseignante
en techniques d’Éducation à l’enfance

L’intégration du bébé en pouponnière… Attention bébé fragile!!!

Lyne Archambault, éducatrice –  formatrice
 

Août 2012

ww.aveclenfant.com

Le mois d’août signifie, pour toutes éducatrices, les vacances d’une part et de l’autre l’amorce d’une nouvelle année au C.P.E. En pouponnière, à mon sens, il existe une façon de faire afin que les enfants et les parents soient accueillis avec empathie et qu’un lien de confiance s’installe jour après jour. Voici mes actions et interventions gagnantes qui m’aident à réussir, année après année, ma rentrée à la pouponnière.

TOUT D’ABORD, LE PARENT EST ACCUELLI

Pour initier  un climat de confiance, je rencontre les parents afin de les connaître et découvrir leur bébé. Je leur consacre une heure individuellement avec un questionnaire qui m’informe sur la santé, les habitudes et les comportements de leur poupon. Sans la présence du petit, il est plus facile d’échanger entre nous. De plus, je  réponds  à toutes les questions des parents. Ensemble, nous élaborons un plan d’intégration parfois plus court ou plus long selon les possibilités de chacun des parents.  La pouponnière reste ouverte aux parents utilisateurs : ils sont toujours les bienvenus. Cet environnement appartient à leurs enfants, à moi et à eux !!

La façon de quitter la pouponnière est toujours expliquée aux parents. Lors de l’arrivée de l’enfant à la pouponnière, on ne quitte jamais en cachette que le petit chou soit occupé ou non.  On  doit établir ensemble un rituel de départ pour l’enfant avec ses parents.

 

Quand le parent est prêt à quitter après avoir joué ou non dans le local, assis par terre avec son enfant, il me prévient. Je prends alors le bébé, le parent traverse la clôture. Après un dernier bisou à maman ou papa, je dis : « (Le prénom du bébé), ton papa, ta maman reviennent  tantôt» et la porte se ferme. Que le bébé pleure ou non la porte reste fermée. Les parents peuvent toujours jeter un œil par le trou du passe plat chez la cuisinière ou m’appeler en tout temps pour du réconfort. Parallèlement, les visiteurs sont limités en période  d’intégration.  Une affiche collée sur la porte  indique à tout le monde que les visiteurs sont limités. La porte du local  reste fermée en tout temps. Un lien d’attachement est en train de se construire et c’est précieux.

 

JE M’ORGANISE

Avec les informations  recueillies  lors de notre rencontre, j’organise mon local en notant sur mes tableaux les habitudes alimentaires, de sommeil et d’hygiène de chaque bébé pour  m’organiser et établir une routine afin de respecter le rythme biologique de chacun.  Je sors les jeux préférés et le matériel nécessaire, car en période de séduction on apprend à se connaître.  Répondre au plus vite aux besoins des enfants et communiquer avec lui renforcent son lien de confiance et établissent un lien d’attachement.

Les premiers jours l’observation est primordiale. On s’apprivoise dans notre local : je tente d’avoir des sourires et retiens pour les prochains jours les jeux favoris pour les obtenir de nouveau. De plus, je parle aux enfants, je surveille les signes d’insécurité. Je suis toujours là, en parole. Si je ne suis pas dans leur champ visuel, je nomme ce que je fais.

Il est de notre responsabilité de prendre en main l’adaptation de chaque enfant, de chercher des solutions  adaptées et de se baser sur nos observations. Il ne faut oublier de souligner aux parents ce que l’enfant a aimé et les moments plus difficiles que vit son bébé. Bref, la communication est toujours importante. Acceptez toujours l’aide et les commentaires des parents, ils peuvent nous mettre sur une bonne piste !

 

MA TECHNIQUE POUR QUE L’ENFANT DÉLAISSE MES BRAS :

1 – Je prends le bébé quelques instants, je tente de l’intéresser ;

2 – Je m’assois par terre avec lui dans mes bras ;

3 – J’assois le petit entre mes jambes sur le plancher pour qu’il se retrouve à côté de moi.

Il faut de la patience et beaucoup de concentration. Le temps d’adaptation est différent pour chacun. L’enfant est unique. La constance et la  répétition  aident  à  rassurer les bébés.

Je laisse aux petits ses objets de transition pour assurer son réconfort : sa suce, sa doudou, son toutou avec les odeurs de sa maison. Des petits sièges, des carrosses et des boîtes de carton le sécurisent, car il se sent entouré et bien assis. Ces outils m’aident  pour aller dehors ou lorsque mes bras et mes mains sont occupés. En laissant ma main sur lui, en tenant sa main, je suis près de lui sans nécessairement l’avoir dans mes bras. Je dois partager équitablement mes bras et donner de l’attention à  chacun.

Pour cette période, les parents fournissent la nourriture en purée, les biberons préparés, les collations préférées de leurs trésors qu’ils laissent dans des paniers identifiés à leurs noms dans notre frigo pour que l’enfant retrouve ses goûts et le réconforte lors de cette routine. Un coin de photos de famille est installé sous la table à langer pour l’année. Chaque bébé découvre sa famille dans une porte cachette qu’il soulève. Coucou !!! J’utilise les couvercles de serviettes humides pour bricoler les cachettes.

L’organisation et les choix de l’équipe de travail sont au cœur de la réussite d’adaptation avec un groupe de poupon.  Je travaille tous les jours soit 5 matins de 7h00 à 13h30, tandis que ma collègue travaille tous les jours, les après-midis, de 13h00 à 18h00  (horaire particulier pour notre groupe). J’accueille tous les matins les petits. Les poupons apprivoisent donc mon visage et celui de ma collègue. Cette période n’est pas  recommandée  pour intégrer une stagiaire.

Courage mes chères consoeurs  lors de cette période ! Avec du temps, de la patience, des petites attentions, de la générosité et sans doute en  s’oubliant un peu, on offre notre meilleur aux bébés en  intégration.  Les petits demandent tout notre temps. À force de travail répété, comme par magie, la constance dans la routine et la confiance seront bientôt acquises. Un lien d’attachement sera créé et l’année se poursuivra dans le plaisir et la sécurité. Quand le bébé se sent en  sécurité,  il est prêt à conquérir le monde. BONNE RENTRÉE !

Petits trucs pour limiter l’attente aux repas et aux collations

Comment alimenter la routine du repas et des collations pour réduire l’attente ?

Il est midi au service de garde chez Émilie, l’avant-midi a été remplie de petits plaisirs: un sourire de Maryse pour faire une demande à Juliette, Pierre-Luc qui offre à habiller Julie pour aller jouer dehors, des courses, des jeux de ballons, des château de sable et des chansons ont fait partie du matin des enfants. L’heure du repas se présente tout aussi enjouée. Mais: malheur! Les enfants sont fatigués, ils ont faim, ils sont moins réceptifs aux consignes de l’éducatrice, ils ont partagé, échangé, joué, fait des compromis avec les amis… Ils ont besoin d’un peu de tranquillité pour prendre un bon dîner. Émilie doit à plusieurs reprises intervenir pour calmer Maryse qui ne cesse de dire des gros mots à Juliette qui pleure. Le service se fait attendre puisque elle doit replacer les enfants sur leur chaise et remettre à certains leur bavette.

Les moments passés à la table totalisent tout près de 2 heures par jour. En effet, deux collations d’une demi-heure chacune et le repas du midi qui peut totaliser 45 minutes. Le temps passé à la table varie selon le nombre d’enfants, l’âge, l’organisation du milieu éducatif et également les événements vécus dans journée. Plus cette routine engendre des moments d’attente, plus les repas et les collations sont difficiles à la fois pour l’enfant et l’éducatrice. L’attente est parfois inévitable. Par exemple, il faut attendre que tous soient servis avant de manger, attendre que l’éducatrice ou l’enfant donne le dessert, le lait ou les débarbouillettes. Ce sont des situations d’attente qui permettent à l’enfant d’échanger avec les autres, de développer des mécanismes d’adaptation pour faire face à la vie, d’anticiper les événements, d’augmenter sa capacité à tolérer les délais, l’amener à respecter et à être sensible aux autres. Ces moments d’attente structurent l’enfant dans le temps et le sécurisent.

Comment pouvons-nous intervenir, durant ces moments d’attente inutile. quelles sont ces attentes? En voici des exemples:

  • Faire attendre l’enfant dans l’inactivité lorsque le repas n’est pas prêt.
  • À tour de rôle les enfants vont s’asseoir à la table et attendre que tous arrivent.
  • Ne pas permettre de se lever avant que le plus petit ait terminé, les autres doivent attendre
  • Aller au-delà de 45 minutes pour le dîner et de 30 minutes pour les collations en laissant les enfants inactifs.
  • Intervenir auprès de certains enfants en laissant les autres dans l’attente.
  • Avoir des exigences trop grandes pour le groupe d’enfants (l’éducatrice doit s’exercer à la place de l’enfant en faisant attendre les autres).
  • Accepter mal les imperfections de l’enfant (être bien assis, avoir les mains propres et bien essuyées avant que tous commencent).
  • Avoir trop de consignes pour le repas, ce qui fait attendre les enfants qui ne sont pas au même niveau.

Ces exemples relèvent de beaucoup de l’organisation et des attitudes de l’éducatrice qui teintent les périodes de collations et de repas. La façon de préparer l’enfant aux repas et aux collations va avoir également une influence sur les périodes d’attentes inutiles.
Voici quelques stratégies utiles:

  • Toujours aviser l’enfant du repas et des collations pour qu’il puisse anticiper les événements.
  • Créer une atmosphère agréable (musique douce, lumières tamisées, mettre des fleurs au centre de la table, choisir nappes ou napperons intéressants pour l’enfant, utilisation des chandelles pour certaines fêtes, avoir de la vaisselle de belles couleurs et surtout incassable
  • Parler à voix base pour insister les enfant à faire la même chose, il est important de réduire au minimum le bruit pour ce moment.
  • Avoir de l’ameublement adapté à l’enfant (chaise d’appoint pour le plus petit)
  • Les tables en forme circulaire favorisent les échanges car les enfants peuvent se voir.
  • Favoriser la rotation des places.
  • Inviter les enfants à l’occasion de prendre le repas ou les collations à d’autres endroits (manger sur le sol, dans la salle de jeu, à l’extérieur, au parc, dans des escaliers, etc.) Toujours aviser que cette façon de faire est spéciale aujourd’hui parce que c’est la fête.

Voici quelques trucs utiles pour éviter l’attente inutile:

  • Avoir des affiches sur l’alimentation aux murs pour échanger avec les enfants durant le service.
  • Rendre accessibles des circulaires publicitaires distribuées par les marchés d’alimentation que l’enfant peut regarder en patientant.
  • Mettre sur la table une nappe de plastique transparente. Vous pouvez insérer en dessous des images, photos, des photos copies couleurs sur des objets à trouver. ( un peu comme Ou est Charlie)
  • Avoir des napperons de différents sujets, thèmes, saisons. L’enfant peut s’amuser à regarder et nommer ce qu’il voit.
  • Faire bricoler son propre napperon avec des photos de sa famille.
  • Avoir des mobiles qui bougent que l’enfant peut regarder pour un court temps.
  • Jouer aux devinettes avec les sens. (qu’est ce que tu entends, vois et sens dans la cuisine)
  • Jouer au restaurant, passer des feuilles aux enfants pour dessiner avant de prendre la commande de chacun.
  • Utiliser la fin du repas ou de la collation pour distribuer aux enfants les débarbouillettes pour s’amuser à lui donner plusieurs formes.
  • Avoir à la disposition des enfants des bacs à manipulation pour gérer l’attente.
  • Avoir des séries différentes sortes de cartes (fête, Noël, mariage nouveau bébé, carte drôle, cartes musicales)
  • Regarder des cartes postales (pays, villes, musées, etc.)
  • Mettre à la disposition une série de vieux calendriers.
  • Faire des albums photos pour chaque enfant de sa famille
  • Dessiner sur la table avec les doigts.
  • Faire des montagnes de mains au centre de la table d’exercice de respiration, je gonfle le ballon et je dégonfle (mains jointes devant soi j’inspire tout en éloignant les mains. On garde l’inspiration puis on revient en expirant et je laisse dégonfler mon ballon)

Les trucs sont utiles pour éviter l’attente inutile mais rien est aussi important que de respecter le rythme de chacun dans des délais raisonnables. Ces suggestions ne peuvent qu’alimenter ce que vous faites déjà et du même coup diminuer l’attente inutile. Bonne expérimentation.
Émilie se rappelle… elle éparpille sur la table des cartes de fête musicales. Les enfants s’y intéressent spontanément. Dans le local le calme s’installe. Cet atmosphère amène les enfants au dîner sur un air «C’est à ton tour Émilie de te laisser parler d’amour» Voilà une autre belle façon aujourd’hui pour Émilie de faire patienter les enfants agréablement…

Référence: Malenfant, Nicole: Les activités de routines et de transitions. Les éditions Les presses de l’Université de Laval

La bougeotte dans mon groupe

Cette année, j’ai un groupe qui éprouve le besoin de bouger, de se déplacer, de faire des jeux de grande motricité. J’entends souvent les enfants dire pousse-toi, je me surprends également à répeter « arrête de bouger, reste assis… ».
Comment puis-je je peux répondre à leur besoin moteur dans un local de jeu adapté pour jouer en atelier ?

Lorsque nous parlons d’espace de jeux, il faut envisager d’autres endroits dans votre maison qui peuvent être utilisés comme des espaces polyvalents. Car une salle de jeu ne permet pas toujours de répondre à ce besoin puisqu’il y a des objets et des coins installés en permanence. Un espace comme un corridor peut offrir à vos petits mousses des aménagements variés pour mieux répondre à leurs besoins. Cet espace est riche d’expérience puisque l’étroitesse des lieux permet des jeux structurés tout en exerçant leur motricité globale.

En voici des exemples :

L’utilisation du plafond

  • Suspendez des tissus et faire passer les enfants en dessous.
  • Suspendez sur bandes élastiques, des ballons dans des sacs en tissus.
  • Remettez aux enfants de se cacher derrière les panneaux de tissus suspendus.
  • Suspendez des plumes (pour souffler, les faire glisser dans leur visage, les toucher en s’étirant).

L’utilisation des deux côtés du corridor
(Les propositions qui suivent peuvent être installés sur du carton ou sur du coroplasme pour permettre la polyvalence de ses idées).

  • Mettez des images aux murs qui représentent des exercices.
  • Fixez des jeux aimantés.
  • Faites un labyrinthe en rouleaux d’essuie-tout pour faire descendre des objets.
  • Installer des grandes feuilles avec crayons suspendus.
  • Installez un mandala géant.
  • Mettez à la hauteur des enfants des images de type « où suis-je ? »
  • Jouez au tic tac toc au mur « tic tac toc géant).

L’utilisation du sol

  • Mettez des images pieds/main au sol.
  • Installez des longs serpents en laine dont il faut éviter.
  • Mettez des objets au sol dont l’enfant doit contourner.
  • Utiliser des balles de laine pour faire des formes au sol.

L’utilisation de l’espace pour jeu de grands

  • Organisez un coin grand dans le corridor.
  • Jouez aux élastiques.
  • Jouez au hockey en installant des buts (coussins) à chaque extrémité.
  • Tirez un enfant sur une couverture.
  • Vous déplacez en roulade au sol.
  • Faites rouler un ballon à chaque extrémité entre les jambes des enfants.
  • Jouez aux quilles.
  • Sautez dans une taie oreille.
  • Utilisez des boîtes comme auto pour se déplacer d’une extrémité à l’autre.
  • Faites rouler des voitures.

L’utilisation des corridors chez vous n’est peut-être pas courante mais l’expérimentation en vaut les déplacements et le plaisir qu’il procure.

Bonne bougeotte !

On arrive-tu ?

Qui n’a pas attendu son enfant dire de « on arrive-tu » bientôt? Comment pouvons-nous agrémenter nos déplacements en voiture avec notre enfant ?

Juin est souvent un moment de préparation pour les vacances. Certaines familles prévoient des vacances dans la région avec de courts déplacements chaque jour. Pour d’autres, un plus long séjour est prévu à l’extérieur de la maison, ce qui signifie parfois de longues heures de route avec la petite famille. Les déplacements en voiture avec des enfants demandent de l’organisation pour le parent qui veut se rendre à destination avec plaisir.

Pour l’enfant qui se déplace en voiture avec ses parents pour des vacances d’été signifie des moments différents, des découvertes et des expériences nouvelles en famille. Préparez votre enfant à l’avance cela lui permettra d’anticiper les événements et d’imaginer ses vacances en terme de plaisirs et d’activités. Même si nous avisons nos enfants de la durée du trajet nous pensons peu à animer les moments passés en voiture. Il n’est pas rare que après seulement 60 minutes de route notre enfant nous demande ON ARRIVE -TU ?

Pour le jeune enfant, la notion de temps est plus vécue en terme d’images Avant/Après. La durée du temps est influencée parce qu’il ressent comme par exemple la fatigue, la faim, l’inactivité etc. Alors que l’enfant de 7 ans peut plus évaluer le temps en terme de durée par différents outils, par exemple une montre ou un cadran. Il reconnaît l’heure, les minutes, les mois et les années. Il demeure soumis comme le petit à vivre le temps selon ses pulsions et ses humeurs ressenties durant la durée du trajet imposé. Plus les pulsions motrices ou verbales sont grandes, plus l’enfant ressent le temps comme étant long et frustrant. Il est donc difficile pour un jeune enfant d’être inactif en voiture. Afin d’éviter certaines tensions, il faut prévoir avec votre enfant des petits jeux, des échanges et des arrêts plus fréquents pour se délasser. Les déplacements en auto seront alors moins difficiles.

Lorsque nous pensons aux déplacements en voiture, nous pensons à des petits jeux à donner à différents moments du trajet. Il est aussi très important que l’enfant ressente votre investissement et le plaisir que vous avez à voyager avec lui. Donc l’achat d’objets à manipuler en auto est important mais votre implication l’est aussi. L’enfant doit être animé par son parent pour l’aider à patienter lors des déplacements. Voici des exemples :

  • Chantez en famille à l’aide d’un CD ou des chansons connues par l’enfant.
  • Faites rechercher certains éléments de l’environnement (ex. on cherche une vache, une voiture rouge, etc.)
  • Jouez à l’objet imaginaire, prendre un crayon dans ses mains et lui trouver un nouveau nom et fonction. Par exemple, le crayon devient un micro, un parapluie, une règle.
  • Jouez aux devinettes comme par exemple : qu’est ce qui est rond qui peut-être rouge, vert ou jaune et qui pousse dans les arbres (pomme).
  • Jouez au téléphone
  • Trouvez ou identifiez des mots sur les panneaux publicitaires.
  • Inventez une histoire que l’enfant doit poursuivre. Ex. : Je suis un petit lapin qui se nomme…
  • Dessinez dans le dos de votre enfant avec vos doigts et l’enfant doit deviner de quoi il s’agit.
  • Jouez à l’alphabet routier, il s’agit d’identifier dans l’ordre l’alphabet sur les panneaux publicitaires
  • Jouez à faire les plus drôles des grimaces.
  • Jouez à mon petit œil espion, dans l’auto il y a un objet qui est rond et qui peut tourner et faire du bruit (le bouton du radio)
  • Jouez au jeu de mémoire. Je fais ma valise et j’apporte mon pyjama. Votre enfant rajoute un objet dans la valise mais doit aussi nommer ce que vous avez dit. Et ainsi de suite.
  • Jouez aux rimes (ex. J’ai rencontré Sylvie qui allait à Paris en taxi…)

Plus vous lui proposez des idées de jeux dans les déplacements, plus il sera capable de le faire seul avec d’autres enfants.

Il est aussi important que votre enfant puisse manipuler des objets lors de votre déplacement. Vous pouvez prévoir un sac à dos remplis de surprises. Une carte routière pour trouver des symboles, des bout de corde pour jouer à faire des formes, crayons avec petit carnet pour dessiner, des petits casse-tête, ballon de plage dégonflé, balles pour les arrêts, marionnettes à doigts, lampe de poche, cartes d’échantillons de peinture avec images, CD usagés (fait le même effet qu’un miroir avec le soleil), Cartes de tous genres, cartes de fêtes, cartes postales, photos de d’autres voyages, images du séjour prévu, des petits bacs de différents objets ex. (coquillages, épingles à linge) offrent d’autres possiblités. Il est important d’apporter des choses que l’enfant n’a pas l’habitude de manipuler afin d’avoir un plus grand intérêt de jeu. Il n ‘est pas nécessaire de connaître ce que l’enfant peut faire avec l’objet. Le simple fait de le découvrir lui même, lui apporte du plaisir.

Votre investissement dans les déplacements en auto aura peut-être un effet sur son futur… qui sait! Les longs moments de route avec votre enfant permettent de tisser des liens privilégiés avec lui. À l’adolescence, l’auto peut devenir un lieu d’échanges important entre vous et votre ado, l’absence du contact visuel facilite les confidences. Il garde un bon souvenir du temps vécu en famille et peut le réinvestir d’une autre façon et selon ses besoins. Alors Vroum, Vroum …!!! Et bon voyage avec votre marmaille!!

Où est la salopette de Juliette?

Spécial vestiaire – La gestion des moments d’attente au vestiaire
Peut-on limiter l’attente au vestiaire ?

Comme à tous les matins Carole éducatrice des 3 ans amène son groupe au vestiaire pour s’habiller. Ce moment est souvent accompagné de bousculades, de cris, de je ne suis pas capable, de je ne trouve pas ma salopette, etc. Carole tente de répondre aux besoins et demandes des enfants. Les plus rapides à l’habillage doivent attendre les autres.

La routine de l’habillement est souvent une source de stress pour l’éducatrice qui se trouve à gérer plusieurs demandes à la fois. Les limites physiques du vestiaire, le nombre d’enfants à s’habiller en même temps, le soutien requis à ceux dont les habiletés motrices sont limitées sont des facteurs importants pour l’organisation de ce moment. Plus l’enfant est jeune plus il dépend de l’adulte pour exercer cette routine.

L’enfant de 18 mois – 2 ans a besoin de manipuler ses vêtements, de les sentir, de les lancer, d’essayer de les mettre. Par exemple, il va mettre les mitaines ou le chapeau dans ses pieds. C’est un explorateur, il a besoin de faire les choses de différentes façons. Ses expériences lui permettront de raffiner ses gestes. Le petit doit apprendre à reconnaître ses vêtements avant de commencer à s’habiller. Il est plus pertinent que l’habillage soit fait dans le local. De cette façon, l’éducatrice risque moins de le retrouver dans les toilettes ou à vider des bacs. L’encadrement dans un espace connu facilitera la concentration à la tâche.

Pour les 2-3 ans, la motricité fine est un peu plus présente dans les gestes routiniers. Par exemple, il est capable de mettre sa tuque l’ayant déjà expérimenté dans le passé. Par contre, son manque d’organisation temporelle (l’ordre des choses) va faire en sorte qu’il peut mettre ses bottes avant sa salopette. Il a besoin de faire des essais et erreurs pour apprendre. Il enfile avec plus de facilité son manteau, son chapeau puisque cet exercice demande moins de précision. Alors qu’il éprouve plus de difficulté à boutonner et à relever sa fermeture éclair, son niveau de motricité fine et de la coordination est en apprentissage.

L’enfant de 3-4 ans démontre de plus en plus d’habiletés motrices pour s’habiller. Il est plus capable de finaliser ses attaches, ses boucles. Sa motricité fine est beaucoup plus développée. À cet âge l’entraide est une belle façon de valoriser ses compétences. Il est parfois difficile de concilier deux choses en même temps, soit parler et s’habiller. Malgré ses acquis en motricité, la période de l’habillage peut parfois être longue. Les besoins différents de chacun demandent à l’éducatrice de faire preuve de créativité pour répondre au développement de l’enfant. L’utilisation de livres ou l’entraide sont des moyens souvent exploités par l’éducatrice. Le matériel nouveau et pertinent peut davantage permettre à l’enfant d’être plus respectueux des consignes. Le peu d’espace qu’offre le vestiaire oblige d’avoir du matériel adapté à ce moment. De plus, l’éducatrice occupée à la tâche doit mettre en place des jeux sécuritaires, qui demandent peu de rangement et apporte du plaisir dans l’attente. Voilà une belle forme de respect ! Les idées proposées vous demanderont d’utiliser les murs à proximité du vestiaire et des bacs en permanence sur les lieux. Ils permettront de dégager l’espace, de donner la chance aux enfants un peu moins rapides de faire des apprentissages à leur rythme.

  • Fixez une grande feuille au mur et accrochez des crayons sur corde élastique pour dessiner.
  • Appliquez au mur un mandala géant (dessiné sur une feuille) avec des crayons sur corde élastique.
  • Utilisez l’objet de stimulation les pochettes cachettes pour y insérer des objets de manipulation. (Vous trouverez sur mon site à la rubrique objets de stimulation une photo des pochettes cachettes).
  • Placez à proximité du vestiaire le tableau d’activités le bâton magique (Vous trouverez sur mon site à la rubrique objets de stimulation une photo du Bâton Magique).
  • Photocopiez et agrandissez des pages de livres de types où suis-je? Mettez les copies au mur avec une feuille de plexiglas par-dessus pour les protéger.
  • Mettez dans un grand encadrement une feuille polystyrène(styrofoam), placez autour des cordes élastiques avec des petits marteaux en plastique, mettez sur la feuille des tee de golf ( ce jeu sert de planchette pour enfoncer les tee de golf un peu comme des clous).
  • Installez au mur des petites boîtes avec couvercles (boîtes à serviettes humides)de différentes hauteurs et mettez-y des objets de manipulation pour les petits.
  • Préparez-vous un bac d’objets inusités à faire découvrir aux plus grands. Ce bac reste au vestiaire et ne peut-être utilisé qu’a cette période pour garder l’intérêt de l’enfant. Bac à coquillages, bac à mini-pièces de casse tête disparates (comme un bac à riz mais moins exigeant pour le rangement).
  • Prenez en photos les enfants dans des poses rigolotes, faites agrandir et affichez les photos. Les enfants peuvent jouer à reprendre les mêmes poses durant l’attente.
  • Fixez au mur une grande pièce de tissu en feutrine, installez des rouleaux à cheveux de différentes grosseurs. Les enfants peuvent les lancer dessus sans bruit et surtout sans danger. (idée développée par le CPE Caroline à Laval).

Ces idées pourront certainement faire patienter les enfants au vestiaire. Le principe n’est pas de mettre toujours en action l’enfant sans jamais lui faire vivre de l’attente, mais plutôt d’alimenter ces moments. Pour ce qui est de l’attente dans les délais, attendre son dîner, attendre pour jouer, attendre son tour, attendre dans l’auto, attendre…la vie s’en charge bien !

Bonne préparation en attendant l’hiver!

Je découvre la nature avec mon éducatrice

Propositions d’activités d’éveil à la nature ?

La première question à se poser avant tout est : quelle est ma sensibilité à la nature? Suis-je encore émerveillée par le chant des oiseaux, par l’évolution d’un arbre, par de l’eau qui coule, par des fleurs qui poussent…, et bien d’autres choses que peut nous apporter la nature. Pour éveiller l’enfant à son environnement, il faut d’abord comme responsable que nous soyons touchés par ce qui nous entoure. Notre premier outil lorsque nous travaillons avec les enfants est nous-même. De simples gestes peuvent sensibiliser l’enfant à ce qu’il voit, entend, sent et touche. Par exemple prendre une marche avec son groupe, faire écouter les bruits de l’environnement développe chez l’enfant son intérêt pour la nature. Cette balade lui permet aussi de se concentrer, de travailler son sens de l’imaginaire. L’enfant va personnaliser ce qu’il entend et par le fait même il développera son sentiment d’identité. Ce simple geste lui permet aussi d’être attentif à une consigne. Voilà beaucoup d’apprentissages pour une simple promenade dans votre quartier. Il n’est pas nécessaire d’avoir du matériel stimulant pour sensibiliser notre tout-petit à son environnement au contraire tout est dans la nature. Je vous propose donc des petits trucs qui se trouvent à deux pas de votre maison et qui amusent autant les petits que les grands.

Les roches

  • Ramassez, triez, classez par couleurs, formes, grosseurs.
  • Faites mettre les roches dans des contenants ou simplement dans les poches des enfants.
  • Faites des chemins avec les roches.
  • Peindre les roches.
  • Faites le contour d’un autre enfant.
  • Faites rouler la roche et sauter plus loin que la roche.
  • Jouer à la marelle.

Les branches

  • Mettez en ligne les branches et faites marcher les enfants dessus.
  • Faites des dessins avec les branches dans le sable.
  • Faites observer les différences d’une branche à une autre.
  • Faites sauter les enfants par dessus/ par dessous une branche.
  • Faites danser la branche par l’enfant.
  • Faites un parcours de branches.
  • Faites reconnaître les branches d’un sapin, érable etc

L’arbre

  • Faites reconnaître les sortes d’arbres par les différences (feuille, tronc couleur).
  • Faites manipuler et sentir les écorces.
  • Faites prendre les positions des arbres avec leur corps. Exemple (faites des grandes branches avec les bras, etc.).
  • Les yeux bandés faites toucher un arbre parmi trois, enlevez le bandeau et l’enfant doit reconnaître de quel arbre il s’agit.
  • Faites coucher les enfants en dessous des arbres et faites observer les mouvements.
  • Jouez à se cacher derrière les arbres.
  • Jouez à cherche et trouve, trouvez le plus petit arbre, le plus gros, le plus haut.

Méli Mélo en nature

  • Prenez différents objets de la nature et construisez un parcours (roches, branches, gazons, arbres, arbustes, buttes de terre, flaques d’eau)
  • Donnez au plus vieux des indices pour identifier des objets de la nature.
  • Partez à la chasse aux vers de terre, aux moustiques (pelles et chaudières sont nécessaires).
  • Jouez aux éboueurs, chaque enfant ramasse les rebuts de l’hiver. (peut être utile de mettre des gants aux enfants pour faire ce type d’activité)
  • Jouez à l’inspecteur, identifiez des objets qui polluent la nature. (excréments d’animaux, canettes de liqueur, cigarettes) etc.
  • Marchez et identifiez ce qu’on sent.
  • Observez des oiseaux dans les mangeoires, imitez leurs cris, nommez les couleurs et peut être avec les plus vieux faites identifier dans un livre de quel sorte d’oiseau il s’agit.

Après un hiver aussi froid, il est toujours agréable de profiter du beau temps pour aller jouer dehors avec nos petits explorateurs. Leurs découvertes nous permettent parfois de trouver de nouvelles idées d’activités. Prenez le temps de les observer dans leurs jeux pour mieux connaître leurs goûts et leur intérêt pour l’environnement. Voilà une belle façon de découvrir la nature avec ses petits.

Un beau bricolage pour le sac à dos…

Un beau bricolage pour le sac à dos…
(les attentes des parents face au produit fini de leur enfant)

En fin d’après- midi, la maman de Jade vient la chercher chez Carole. Comme à chaque jour la maman s’intéresse à ce que sa petite fille de 3 ans a fait durant la journée. La responsable de garde explique à la mère que l’atelier d’aujourd’hui consistait à reproduire un bonhomme de neige en plaçant les yeux, le nez et la bouche dans le premier rond du bonhomme . Par la suite, elle devait mettre trois boutons un en dessous de l’autre dans le deuxième rond. Comme Jade a bien suivi les consignes, elle a eu le temps de compléter son bonhomme de neige avec de la ouate. Carole informe la maman qu’elle a dû aider Jade pour mettre les yeux, le nez et la bouche à la bonne place. La maman de Jade regarde les bonhommes de neige que Carole a affichés au mur. Elle demande à sa fille d’apporter à la maison son beau bricolage pour le montrer à son papa. Jade répond «je veux pas l’apporter, c’est même pas moi qui l’a fait»!!!! Un peu déçue de la réaction de sa fille, la maman décroche le bricolage et le dépose dans le sac à dos ….
Trop souvent dans ma pratique, j’ai vu ce genre de situation où le parent négocie avec son enfant le désir d’apporter le produit fini à la maison. La responsable s’oblige à ce que l’enfant apporte des bricolages à la maison pour signifier aux parents ce que son enfant fait au service de garde durant son absence. Ce qui donne souvent lieu à un bricolage tellement bien «fini» qu’il est presque impossible de croire que c’est un enfant de 3 ans qui en est l’auteur. Ou encore, les bricolages sont tous pareils, il est difficile pour l’enfant de reconnaître le sien.

Pourquoi attacher autant d’importance à ce que son enfant fait en terme de produit fini? J’ai posé la question à quelques parents, voici le résumé des réponses.

  • Cela me rassure de constater que malgré mon absence mon enfant apprend. Mon retour au travail ne le pénalise pas.
  • Il est sécurisant de voir son enfant capable de tenir un crayon, découper, écrire son nom. Ce sont des pré-requis essentiels pour l’école.
  • Je suis capable de voir les capacités de mon enfant par ce qu’il fait dans son milieu de garde.
  • Comme mon enfant ne me dit pas tout ce qui a fait durant la journée, le produit fini me permet de voir concrètement ses actions.
  • Voir ce que mon enfant fait avec son éducatrice me permet de poursuivre à la maison. Parfois même de lui montrer des choses différentes, afin de lui faire faire des apprentissages.

Il est certain qu’ être parent amène un lot d’inquiétudes, nous voulons tous lui éviter des difficultés dans ses apprentissages, nous avons le souci qu’il soit capable d’apprendre comme tous les autres enfants. Quoi de plus sécurisant de voir son enfant aimer faire du bricolage, découper, écrire son nom sur son dessin. Pour répondre à son inquiétude, le parent peut demander ou même exiger de la responsable de faire avec son enfant des activités un peu plus scolarisantes afin qu’il soit prêt pour l’école.

L’éducatrice a la responsabilité de stimuler, développer, faire vivre des expériences nouvelles à l’enfant. Entre 0-5 ans l’enfant n’a pas acquis les habiletés nécessaires pour faire des apprentissages scolaires. Le service de garde doit développer ces acquis par le jeu. Par exemple lorsque la responsable demande aux enfants de ranger, il doit classer, associer et différencier des objets, elle fournit à l’enfant l’occasion de faire des pré –mathématiques. Au même titre que lorsque le matériel est identifié sur les bacs par un dessin suivi du mot, elle permet à l’enfant de faire de la pré-lecture. Ces pré-requis sont nécessaires pour faire des apprentissages scolaires. L’enfant doit avoir atteint une maturité au niveau neurologique, c’est ce qui va lui permettre d’être dans sa période critique pour apprendre à marcher, découper, dessiner etc. Avant cette période, l’énergie déployée pour faire faire des apprentissages scolarisants est peu efficace et peut s’avérer inutile. Lorsque que l’enfant est dans sa période critique il s’exerce par lui même, il va demander par exemple,«c’est la lettre comme dans mon nom»?, «peux-tu m’écrire mon nom», il va compter combien il a d’amis dans le groupe, l’enfant va se pratiquer à découper etc. C’est alors que l’apprentissage se fait dans un minimum de temps et d’efficacité. Le rôle de l’éducatrice est d’offrir à l’enfant de vivre différentes expériences, mettre à sa disposition du matériel riche d’exploration, organiser le milieu physique pour stimuler l’intérêt de l’enfant à différents apprentissages et observer chacun des enfants dans leur développement afin de leur offrir du support plus individualisé. Le respect du rythme de l’enfant permettra de faire des apprentissages mieux adaptés à ses besoins.

Le parent doit être informé des apprentissages de son enfant dans chacune des expériences qu’il vit au service de garde. Dans ce sens, la responsable peut parler des expériences-clés que l’enfant développe dans ses jeux ou activités prévues. Par exemple, lorsque l’enfant joue dans le sable il apprend :

  • À explorer une matière.
  • À comparer des quantités en manipulant des chaudières vides et pleines.
  • À remplir et vider des contenants de différentes grosseurs. Il intègre les notions de léger/lourd, vide/plein, humide/sec, égal/différent, petit/grand, plus/moins, à côté/dedans/dessous/dessus.
  • À utiliser des objets pour en imiter d’autres, la chaudière remplie de sable peut servir de gâteau de fête pour une éducatrice.
  • À faire le choix des objets qu’il lui sont nécessaires pour jouer dans le sable.
  • À organiser son espace de jeu.
  • À exprimer ses idées avec d’autres enfants.

Il a développé en jouant dans le sable des habiletés mathématiques, sociales, spatiales et affectives. Ses expériences s’additionnent à celles déjà en place et développent chez l’enfant des bases nécessaires pour son entrée à l’école.

Devant les exigences des parents il parfois important de mettre en place des outils qui leurs permettront de mieux comprendre les acquis de leur enfant. Pour ce faire la responsable de garde peut développer des expériences- clés que l’enfant vit au quotidien, c’est- à – dire dans les routines, jeux libres et ateliers. Elle peut également prévoir de nouvelles expériences clés dans le cadre de ses activités prévues.

En après midi la maman de Jade vient chercher sa fille. Elle s’arrête devant le tableau des expériences- clés pour connaître ce que Jade a vécu aujourd’hui . Elle constate des apprentissages en terme d’autonomie, de motricité fine, de socialisation, d’exploration de différentes formes, grandeurs, couleurs et textures.

La maman trouve que sa fille apprend beaucoup chez Carole. Elle comprend qu’un sac à dos rempli d’expériences- clés représente tout un bagage pour l’avenir…. Elle en est maintenant certaine et fait confiance à son enfant. La curiosité intellectuelle mariée au plaisir développé chez Jade restera toujours un fondement de la motivation d’apprendre.
Dans le but de supporter les responsables de garde dans l’appropriation des expériences-clés, Céline Perreault enseignante en techniques d’éducation en service de garde au Cégep Régional de Lanaudière à L’Assomption donne des formations pour l’utilisation des expériences-clés auprès de groupe multiâge.
Pour la contacter pierreetceline@videotron.ca
Vous pouvez trouver la nomenclature des expériences-clés dans le tome 1 Jouer c’est magique, programme favorisant le développement global des enfants, Publication du Québec, gouvernement du Québec, 1998, 158 pages.

Des idées avec presque rien !

Des idées avec presque rien !
Des objets de maison qui développent la créativité de l’enfant

 

Solange se questionne sur la pertinence des apprentissages avec des objets usuels. Elle se demande si elle doit laisser l’enfant expérimenter un objet sans valeur éducative pour l’adulte et si oui, comment peut-elle amener l’enfant à faire des découvertes avec un simple rouleau de papier de toilette ? De plus, elle voit mal comment elle peut assurer la sécurité dans son groupe avec ce type matériel.

Quoi de plus intéressant pour l’enfant de découvrir et d’expérimenter un objet qui n’est pas un jouet et de le rendre stimulant en le manipulant. Qui n’a pas observé un enfant jouer avec du papier d’emballage, des rubans et des choux dans un dépouillement d’arbre de Noël.

L’adulte trouve parfois étrange de voir un enfant s’amuser avec si peu. L’utilisation du matériel usuel permet de multiples apprentissages et ce pour tous les âges. Les raisons sont simples : le matériel que l’enfant retrouve dans son quotidien ne lui impose pas de modèle de jeu, il s’amuse à sa façon, selon ses goûts et intérêts et avec peu de consignes.

À l’opposé, avec un casse-tête, par exemple, l’enfant doit suivre des consignes pour vivre du succès. Il doit mettre chacune des pièces dans le bon encastrement. Pour réussir le casse- tête l’enfant doit avoir de la motricité fine, de l’attention et de la concentration.

Ces acquis peuvent aussi se développer dans des jeux dont lui seul sera l’initiateur. Si vous observez deux enfants du même âge s’exercer à jouer avec des boîtes, l’un peut avoir de l’intérêt à monter et descendre de la boîte et l’autre peut simplement mettre et enlever des objets de la même boîte.

Le plus vieux peut prendre la boîte pour en faire un garage pour ses voitures. Sans modèle de jeu, chacun exploite à sa façon l’objet avec plaisir. L’objet usuel permet à l’enfant de développer sa motricité fine, son attention et sa concentration tout autant qu’un casse -tête. Par son utilisation unique, l’enfant exploite sa créativité et fait des apprentissages à son rythme.

Le jeu ou le jouet acheté a aussi une valeur importante dans le développement de l’enfant. Il lui permet de suivre des règles et consignes pour vivre du succès, il lui propose un modèle qui lui permet de développer des attitudes d’imitation. Mais le fait d’intégrer des objets usuels à votre matériel de jeu déjà en place permettra de faire évoluer le jeu de l’enfant.

Par exemple, enlever les différents jeux de construction dans votre coin bloc et ajouter une quantité importante de boîtes de souliers avec les camions et les voitures. Ce changement apportera une tout autre dimension dans le jeu de l’enfant.

Travailler avec des objets usuels demande à l’éducatrice de faire confiance aux idées d’exploration de l’enfant. Elle doit également prendre le temps d’observer l’enfant et alimenter ses jeux par du matériel peu exploité par le milieu. Prenez le temps de vous demander avant de mettre un objet à la poubelle: comment l’enfant pourrait réinvestir cet objet dans son jeu ? Le simple fait de mettre l’objet interdit à la disposition des enfants vous permettra de voir comment ils ont des idées plein la tête avec presque rien. Vous apprendrez de vos petits. Osez mettre votre créativité au service des enfants, ils y gagneront en stimulation !

Mais attention, la sécurité est de rigueur. Puisque les objets usuels ne sont pas testés par le consommateur, il est parfois difficile d’anticiper la façon dont l’enfant jouera avec le matériel. La présence de l’éducatrice est essentielle pour la sécurité de l’enfant.

Permettez-vous d’expliquer aux parents l’utilisation des objets usuels dans votre espace de jeu. Pour un parent, voir son enfant s’amuser avec des couvercles de pots de bébé, lui confirmera qu’un objet de jeu usuel peut tout aussi bien être éducatif qu’un jouet acheté en autant que son enfant y trouve une utilité bien à LUI avec un adulte pour l’accompagner dans ses découvertes juste pour LUI.

Le jeu coopératif… une belle façon de jouer!

Marie-Claude est une éducatrice dans le groupe des 4-5 ans. Le groupe démontre de grandes habiletés pour la motricité globale, il déploie beaucoup d’énergie surtout lors des jeux extérieurs. Plusieurs enfants pratiquent, d’ailleurs, des activités sportives les fins de semaine. Par contre, Marie-Claude a constaté qu’il est difficile pour les enfants de son groupe d’accepter les erreurs, que les activités de motricité fine sont très peu populaires et qu’ils utilisent un langage de compétition (je suis le plus rapide, j’ai gagné, je suis le premier, je suis le plus, plus, plus…). Certains enfants cherchent à être constamment les premiers pour exercer une routine (le moment de l’habillage devient toujours une course). Marie-Claude veut amener son groupe à vivre le plaisir d’être ensemble et intégrer des activités où les éléments compétitifs sont limités.

Avant de vouloir tout changer, il est important que Marie-Claude se questionne sur ses propres attitudes avec les enfants. Les couleurs d’un groupe étant souvent le reflet de l’attitude de l’éducatrice. Voici les questions qu’elle doit se poser:

  • Est-ce que comme personne je pratique des sports compétitifs?
  • Est-ce que je favorise des activités où il y a un gagnant et un perdant, une bonne et une mauvaise réponse?
  • Est-ce que j’ai un langage qui favorise la compétition. Par exemple, le premier rendu au vestiaire, tu es le champion, le plus rapide c’est…
  • Est-ce que je valorise plus le produit fini que la participation et le plaisir de jouer ensemble?
  • Est-ce qu’avec le parent je souligne les réussites et les bons coups de son enfant dans un contexte de développement afin de recadrer ses attentes?
  • Est-ce que mes attentes sont réalistes et adaptées pour chacun des enfants?

L’enfant de 4-5 ans manifeste parfois le désir de jouer à des jeux un peu plus compétitifs. Ce désir est souvent influencé par le comportement du parent, d’un frère ou sœur, ou par l’attitude de l’éducatrice. À cet âge l’enfant ne saisit pas tous les enjeux du fait de perdre ou de gagner. Il peut être très déçu de ne pas arriver le premier et se mettre à pleurer ou vouloir pousser l’ami pour avoir la première place. Face à la compétition l’enfant peut développer de l’agressivité envers l’autre, changer les règles pour gagner, jouer avec des enfants plus jeunes pour être certain de réussir. Il peut vivre du découragement devant le défi, ne pas vouloir expérimenter la nouveauté de peur de ne pas être capable ou craindre de ne pas être à la hauteur des attentes de l’adulte. Dans un contexte de compétition, l’éducatrice se voit souvent contrainte d’intervenir dans le jeu pour limiter les frustrations, régler les conflits et parfois même séparer des enfants ayant des comportements agressifs entre eux.

Le jeu coopératif se veut sans gagnant ni perdant. Il permet de développer l’aspect moteur, affectif et surtout les habiletés sociales de l’enfant. Ce type de jeu ne demande pas beaucoup de pratique pour jouer, chacun peut le faire à sa façon et tous y sont gagnants. Il procure du plaisir, une plus grande liberté dans l’exécution des mouvements, détend l’atmosphère lors d’une journée tendue, améliore l’entraide dans le groupe. Il favorise le ici et maintenant au lieu du résultat final d’un jeu. Ce type de jeu élimine les pleurs et les frustrations de ne pas avoir gagné.

L’éducatrice joue un rôle important dans l’implantation du jeu coopératif. Elle doit initier et s’impliquer dans le jeu, être ouverte aux idées des enfants, offrir la possibilité de jouer de différentes façons pour maintenir la motivation et doser les défis selon le groupe d’âge. Usez de créativité lorsque le jeu demande de faire des équipes, évitez de choisir un chef d‘équipe mais allez-y plutôt d’une façon démocratique. Par exemple, distribuez des cartes avec des images différentes et chacun se regroupant avec ceux ayant les mêmes images. Faites des équipes de deux en regroupera tous les enfants au centre, le bras tendu vers l’avant, le pouce levé et les yeux fermés. Vous pincez deux pouces à la fois et ces deux amis feront le jeu ensemble.

Permettez-vous de transformer un jeu compétitif en jeu coopératif au lieu de le faire disparaître de votre programmation. Voici comment: sur du carton, construisez-vous deux jeux de marelle. Dans chacun des espaces, mettre les jeux préférés des enfants : par exemple, la chaise musicale, les trois petits cochons, la tague, etc. Sur l’autre marelle, mettre dans chaque espace, différentes positions du corps soit à genoux, soit à quatre pattes ou sur la pointe des pieds, etc. Dans un premier temps, on lance le dé sur la marelle de jeux et ensuite sur la marelle des positions du corps qui détermine notre façon de jouer. Vous pouvez aussi vous faire une marelle pour le matériel, par exemple pour le jeu de la chaise musicale mettre dans les espaces soit des coussins, des feuilles de papier couleur, du papier à bulles, etc. Ça pourrait donner par exemple, une chaise musicale où lorsque la musique arrête tous les enfants vont se mettre à genoux sur le grand papier à bulles et crèvent des bulles avant que la musique reprenne. Ainsi transformée, la chaise musicale apporte aux enfants d’autres possibilités de s’exercer avec leur corps et permet à chacun de faire à sa façon puisque que l’élément de GAGNER n’y est pas. « Super cool! » Marie-Claude en sait quelque chose; les enfants lui redemandent souvent pour jouer à la chaise musicale sans chaise. Loin d’être un défi pour elle, les jeux compétitifs devenus jeux coopératifs ont rapproché les enfants et les ont initiés à l’entraide.

Vous pouvez aussi présenter de nouveaux jeux à saveur coopérative en vous inspirant du livre LE PLAISIR DE JOUER, JEUX COOPÉRATIFS DE GROUPE. Édition IPAQ 1987 (un peu vieux mais encore très pertinent) de Robert Crevier et Dorothée Bérubé. ISBN 2-920442-16-3.