Les peurs du petit explorateur

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Les éducatrices de mon CPE organiseront bientôt la fête de l’Halloween. Je me demande comment je peux participer à cette fête sans trop perturber mon groupe de 18 mois à 2 ans?

Pour l’enfant de 18 mois à 2 ans, l’Halloween a peu de sens. La construction du sentiment de sécurité se développe chez le petit par la stabilité de son milieu de vie. La stabilité du personnel du CPE, les repères visuels de son environnement, les routines prévisibles sont des facteurs importants qui lui permettront de mieux s’adapter aux changements éventuels. L’enfant doit apprivoiser ces facteurs pour mieux les connaître et réagir adéquatement. La gestion de la nouveauté lui demande du temps, de l’énergie et exige beaucoup de patience de l’éducatrice.

La fête de l’Halloween arrive en période d’adaptation du petit. L’enfant ne maîtrise pas suffisamment tout son environnement physique et humain pour profiter de l’événement avec plaisir. De plus, son expérience d’explorateur l’amène à sentir, bouger, manipuler pour faire ses découvertes. L’Halloween fait plus appel au monde imaginaire de l’enfant du 3 ans. Il se doit de vivre l’étape précédente pour mieux apprécier l’ampleur de cette fête.

Participer à la fabrication d’une potion magique pour le 18 mois à 2 ans ne peut avoir le même résultat qu’un enfant de 3 ans. Pourquoi me direz-vous ? Parce que le tout-petit ne possède pas suffisamment d’images mentales pour pouvoir transformer, par exemple, les raisins en petites crottes de lapin ou le jus de pomme en jus de grenouille dans le plaisir. Le tout-petit peut avoir différentes réactions à l’idée de boire la potion magique, et ce, parfois au grand désespoir de son éducatrice. Il est dans l’intérêt de l’éducatrice de respecter les besoins du tout-petit pour bien profiter de cette journée. Décorer, goûter, observer la citrouille amène de l’enthousiasme chez les petits, un bac de déguisement avec des vêtements et des accessoires qui représentent un chat, une sorcière, une citrouille. L’enfant peut manipuler, mettre et enlever, apprendre le nom, découvrir les textures. Ces manipulations deviennent de belles expériences sensori-motrices en lien avec cette fête. Des fantômes, des enfants et des éducatrices déguisés, un grand rassemblement pour faire la fête augmentent l’anxiété chez le petit. Il lui est difficile de retrouver ses repères visuels, il ne reconnaît plus personne dans son environnement en plus de manger des choses qui ressemblent à rien de ce qu’il connaît. Ouf! Trop c’est trop… Pourquoi ne pas organiser un moment où le petit peut se déguiser avec vous, de cette façon il peut voir les transformations. Se mettre un drôle de chapeau ou simplement avoir de drôles de souliers peut-être suffisant pour apprécier ce moment. Invitez les autres groupes à visiter les petits en sous-groupes, 2 à 3 amis à la fois. Sensibilisez le grand aux réactions du petit, cela développera chez le plus vieux une belle sensibilité à l’autre. Il est peut-être bien stimulant pour l’éducatrice de se retrouver avec tous les enfants et le personnel du CPE pour faire la fête mais bien peu pertinent pour l’explorateur en peur!

Bonne fête d’Halloween avec vos tout-petits.

Bye, bye la suce!

Je suis éducatrice d’un groupe d’enfants âgés de 2 et 3 ans. Certains ont encore une suce vissée à leur bouche. Comment faire pour qu’ils se débarrassent de cette habitude?

Dès le 6e mois de grossesse, l’enfant tète dans le ventre de sa mère. Pour le bébé, téter est un besoin physiologique, un réflexe instinctif. D’ailleurs, certains adultes ont eux-mêmes recours à des compensations orales, cigarettes, verres, grignotages pour canaliser leurs tensions. Pour le petit, téter la suce libère le trop-plein de tensions accumulées durant la journée.

La suce calme, console et ramène l’enfant à la tétée chaude et rassurante offerte par maman. D’ailleurs, il y a des moments générateurs de stress où la suce abandonnée par le grand redevient l’amie indispensable: l’arrivée d’un bébé dans la famille, un déménagement, la fatigue, la maladie ou l’intégration d’un milieu de garde, par exemple.

C’est nous, parents, qui avons glissé cet objet en bouche pour faire du bien au bébé, pour l’apaiser. Puis, nous voulons le lui retirer à un moment que nous jugeons pratique. Le sevrage répressif a des répercussions psychologiques. La séparation de cet objet de plaisir doit se faire au rythme de l’enfant. Lorsque l’enfant de 3 ans se passionne à un jeu, y met toute son énergie et sa dextérité, il abandonne peu à peu la suce pour s’investir totalement dans le monde extérieur. Dans la mesure où il se sent en sécurité dans l’exploration et soutenu dans ses découvertes, la suce sera délaissée naturellement. La plupart des enfants passent de la suce à l’objet transitionnel aisément. Le toutou ou la doudou devient l’ami rassurant dans les moments d’insécurité. Peu à peu, le champ d’utilisation de la suce se rétrécira de lui-même. Finie la suce dehors, le sable et les saletés la privent de son petit goût, puis finie la suce dans les jeux intérieurs. Enfin, ce sera le nounours qui héritera de la suce à la sieste.

Les critiques du genre «tu es un bébé» ou «ton cousin lui n’a plus sa suce» nuisent au sevrage puisque le message insécurise l’enfant. Il est difficile pour certains enfants de se séparer de leur suce et encore plus si cette séparation est imposée par l’éducatrice. Ces passages vers l’autonomie se font mieux guidés par les parents. Ils félicitent leur enfant lorsqu’il se montre capable de laisser la sucette à la maison ou encore lorsqu’il a réussi à dormir sans sa suce. Loin de moi, l’idée de visser la suce à la bouche de l’enfant dès qu’il pleure ou qu’il crie. La suce ne remplacera jamais la parole du parent qui console ou encore les câlins qui apaisent. La suce pour avoir le silence empêche l’enfant de babiller, de s’exprimer. On lui coupe systématiquement la possibilité de manifester son malaise. La tétine bouchon joue le même rôle que la télévision gardienne, elle apporte de la tranquillité aux adultes et coupe l’enfant des relations familiales.

Plutôt que d’avoirs recours à la suce systématiquement, il faudrait se faire assez confiance comme parents ou éducatrices pour retrouver comment consoler l’enfant. Si malgré les paroles, les câlins amoureux, le petit reste tendu, la suce peut l’apaiser.

Cependant, le port permanent de la tétine chez l’enfant passif est un indicateur qu’il ne faut pas négliger. L’entourage est-il suffisamment stimulant et aimant? Pourquoi cet enfant ne s’investit-il pas dans les jeux? Il nous exprime un besoin particulier qu’il faut décoder. Ce n’est pas en lui enlevant sa suce que nous répondrons à son besoin, bien au contraire nous le fragiliserons davantage.

Comme éducatrice d’enfants de 2 et 3 ans, soyez sensible aux périodes où l’enfant demande sa suce et cherchez à le sécuriser. Laissez la suce à l’enfant et proposez-lui une activité intéressante dans un contexte sécurisant. Il abandonnera sa suce de lui-même peu à peu et vous serez témoin de scène telle que celle-ci: le petit Étienne qui dépose sa suce doucement au fond de la poubelle en disant «Bye, bye suce».

Attrait visuel

Le bébé aime regarder des choses qui bougent, qu’est-ce que je peux mettre à sa vue qui peut répondre à cet intérêt ?

Bien sûr beaucoup de choses, mais il est important de sélectionner des objets qui peuvent éveiller le regard de l’enfant tout en lui permettant de se concentrer et de suivre des yeux l’objet attrayant. Pour ce faire, il est important de considérer différents aspects telles que la couleur, la forme, le déplacement de l’objet, sa brillance et sa grosseur. Un jeu bien connu tel que le mobile apporte différentes stimulations dans ce sens mais après quelques mois d’utilisation (0-6 mois) le mobile reste toujours le même objet; il offre peu de polyvalence… Alors que des objets de la maison peuvent avoir la même utilité que le mobile et avoir beaucoup plus de polyvalence. En voici un exemple.

Matériel

  • Prenez un support à bas de forme ronde avec attache en plastron (souvent retrouvé au Dollarama) qui ressemble un peu à un carrousel et suspendez-y des rubans de Noël brillants à chacune des épingles (faire descendre des longueurs jusqu’à 3-4 pieds du sol).

Objectif

  • Développez l’attrait de l’enfant par la couleur, mouvement et le déplacement des rubans.
  • Suivrez des yeux le mouvement des rubans.
  • Exercez des mouvements pour attraper les rubans (exercer ce mouvement du balai avec ses mains).
  • Déplacer des rubans sur le corps de l’enfant (développer le sens du toucher).
  • Exercez son attention et sa concentration sur les rubans qui bougent.

Utilisation

  • Ce genre de petit carrousel en rubans de Noël peut servir aux marcheurs d’exercice motrice en passant en dessous tout en flattant son visage par les rubans.
  • D’autres objets peuvent également être suspendus à l’aide de petits fils élastiques (ex: toutous, tissus, papier de soie, petites balles, choux de cadeau, plumes, etc.).
  • Placé au centre d’une pièce, ce petit carrousel peut servir de décoration en plus d’être un objet de stimulation pour les 0-18 mois.

Si vous constatez que le tout-petit cherche plus à tirer sur les rubans ou les autres objets installés sur le carrousel, mettez les objets un peu plus haut. Même de cette façon l’objet reste un attrait visuel autant pour le poupon que pour le marcheur.

Bonne découverte !