L’observation, un plaisir d’éducatrice!

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Pour rester et garder le plaisir d’être une éducatrice, je crois que la première qualité et le meilleur outil est l’observation.

Puisque l’enfant est unique, l’observer nous apprend à le connaître pour mieux l’apprivoiser et créer une relation affective significative avec lui.

En l’observant on peut comprendre leurs goûts et leurs habiletés, afin de mieux favoriser leurs expériences clés. On doit varier le matériel offert aux petits. À la pouponnière, le groupe d’âge des enfants varie. Les intérêts et les saisons changent, pourquoi ne pas planifier, selon les observations des enfants les coins de la pouponnière, pour stimuler leur curiosité puisque l’enfant est le propre agent de son développement.                                                          

On peut offrir à chaque poupon une activité qu’il aime répéter encore et encore. Planifier pour quelques semaines, car tous ses investissements demandent de l’énergie et du temps.

Pour régler une situation difficile ainsi que pour outiller la communication auprès de notre équipe de travail et auprès des parents, l’observation est précieuse. Les cahiers de communication sont beaucoup plus animés à lire pour les parents, car ils retrouvent avec objectivité des observations de leur trésor en action dans sa journée. Un parent m’a déjà dit que quand elle lisait le cahier de son petit Laurent elle ressentait l’amour.

L’observation peut aussi servir à tenter de régler une problématique.

En observant le petit avec une problématique, on peut répondre aux questions : Où? Comment? Pourquoi?

Le geste répréhensible se produit. De cette façon on peut tenter des pistes pour mieux intervenir avec lui avec constance, car une éducatrice se doit d’être Proactive!

Quand on observe, on sait quand intervenir ou attendre. Parfois intervenir avec des mots ou garder le silence avec un regard bienveillant est aussi précieux, et autant efficace.

Il suffit d’intervenir, tout en soutenant les enfants avec bienveillance.

En jeux libres où on a souvent l’impression de ne rien faire quand les petits explorent, quel bon moment pour l’observer et le comprendre. Un enfant dans ses jeux libres qu’on observe avec des qualités de leader, des jeux libres des enfants où on se revoit et où s’entend dire ce qu’on dit ou qu’on chante quel plaisir à observer!

Petit Léonard qui glisse tous les morceaux sous le calorifère un à un …ouf! Quand on range, on recherche les morceaux! Pour combler son envie: on lui a offert une boite de serviettes humides avec une fente et des couvercles de pot à jus et voilà notre petit est comblé d’insérer encore et encore des petits objets dans un petit espace… Quelle satisfaction de voir que notre intervention fonctionne. On voit et on comprend beaucoup de choses en observant les petits et les grands.

Lors de ma formation en T.E.E. (qui s’appelait différemment dans mon temps!). J’ai appris l’importance d’observer, mais c’est certain que j’en ai appris l’importance au cours de mes années auprès des petits.

Et j’en ai trouvé un grand plaisir que je garde et qui me passionne depuis 34 ans! J’ai la prétention de dire que les enfants m’ont appris beaucoup et j’adore partager ces expériences.

Par Lyne Archambault    Éducatrice-formatrice

Comment intervenir ?

Avec les comportements inacceptables chez le tout-petit…

Par Lyne Archambault, éducatrice – formatrice

Comment intervenir quand un petit croque son ami? L’autre pince son voisin, et Marie tape la plus petite du groupe pas facile! Que faire ? Un défi pour une éducatrice à tous les jours afin de  créer dans son groupe une harmonie où le plaisir de découvrir et les apprentissages sont au rendez-vous.

L’agressivité est nécessaire et l’éducation ne vise pas à éliminer cette énergie, mais bien à la canaliser et à la rendre utile. Continuer la lecture de Comment intervenir ?

Modifier un comportement difficile: Huit stratégies d’enseignement possibles

Linda Gagnon, psychologue et consultante

Février 2016

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Il faut toujours se rappeler que les jeunes enfants n’ont que parfois 24, 36 ou 48 mois d’expérience sur la terre….c’est si peu pour maîtriser les différentes habiletés leur permettant de vivre en groupe et de gérer leurs différentes émotions.  Notre travail comme éducatrice est de contrer leur manque d’entraînement ou de connaissances des comportements à adopter.

8 STRATÉGIES À PRIVILÉGIER pour enseigner

Les stratégies, qui seront présentées, ont été tirées du document « intervenir avant de réagir : une approche positive intégrée face au comportement de l’enfant en services de garde éducatifs » du Service d’intégration pour jeunes enfants de la ville d’Ottawa[1].

1-Le renforcement positif                                                                                                       2-Enseignement formel                                                                                                           3-Modelage                                                                                                                                 4-Façonnement                                                                                                                         5-Enchaînement rétrograde                                                                                                   6-Incitation/assistance                                                                                                             7-Effacement graduel                                                                                                               8-Redirection

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Les comportements sexuels chez l’enfant… quand s’inquiéter?

Le développement de l’enfant se fait dans toutes les sphères et la sexualité ne fait pas exception. Les enfants sont de nature curieuse. Leurs nombreuses questions et leurs explorations sont des manifestations de cette curiosité. Ils veulent comprendre le monde qui les entoure. Alors que le développement de la sexualité se fait naturellement et de manière plus subtile pour beaucoup d’enfants, certains enfants inquiètent leur entourage. A quoi s’attendre, donc?

Il pose des questions

            Cela peut gêner bien des adultes mais n’oubliez pas que pour l’enfant, c’est bien souvent une question comme une autre. Ses questions seront influencées par ce qu’il voit, entend ou perçoit autour de lui. Ainsi, un petit garçon qui voit des petites filles à la garderie aller à la toilette comprend qu’il y a des différences anatomiques. Il peut alors poser des questions à ce sujet à ses parents et chercher à les voir nus pour confirmer ce qu’il est en train d’apprendre. C’est un bon moment pour apprendre à l’enfant l’intimité et le côté privé du corps. Vous pouvez lui dire par exemple : « Ton corps est à toi et tu ne le montres pas, c’est privé. C’est la même chose pour moi. » Souvent, les parents ont peur de transmettre le message que la sexualité c’est mal s’ils ont un message de pudeur. La pudeur permet plutôt d’enseigner la valeur du respect de soi, de son corps, de celui des autres et même, une prévention des abus sexuels. Vous êtes en train de le prémunir contre les adultes qui voudraient toucher son corps ou montrer le leur. Retenez donc que même si les questions de l’enfant vous gênent, elles méritent une réponse appropriée à son âge, comme n’importe quelle autre question. S’il la pose, c’est qu’il est prêt, dans une certaine mesure, à en apprendre davantage à ce sujet. Vous pouvez également vous procurer des livres expliquant la sexualité aux enfants pour vous aider.

Il connaît beaucoup de choses

            L’enfant pose des questions pour comprendre mais certains enfants inquiètent car ils en connaissent beaucoup sur la sexualité. La première question à se poser est : que savent-ils exactement? Vous pourrez alors juger si ces connaissances sont appropriées pour un enfant de son âge. Par exemple, une petite fille de 4 ans peut savoir qu’un papa et une maman qui s’aiment fort et se collent peuvent avoir un enfant ensemble mais il serait étonnant qu’elle sache ce qu’est une fellation. Si les connaissances de l’enfant vous semblent au-delà de son âge, vous pouvez lui demander comment il a su cela. Même si cela peut faire penser que l’enfant est victime d’abus sexuels, il peut aussi avoir vu de la pornographie, avoir surpris ses parents, en avoir entendu parler par des enfants plus vieux, etc. Par contre, des verbalisations spécifiques où l’enfant dit avoir vécu quelque chose de sexuel avec un adulte ou un enfant plus âgé doivent toujours être prises au sérieux.

Il se touche souvent

            L’enfant découvre le monde qui l’entoure mais il découvre son corps également. Souvent par hasard au début, il est ensuite intrigué par les nouvelles sensations qu’il expérimente. Il peut donc se toucher par plaisir mais aussi pour s’apaiser lorsqu’il vit du stress ou pour s’endormir. Si se toucher lui apporte des bienfaits, il aura tendance à continuer. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter mais il est important de lui signifier que ses caresses doivent se faire dans l’intimité car c’est son corps et que c’est personnel. Il faut par contre surveiller s’il a des rougeurs, indice que ses attouchements sont trop fréquents ou trop intenses, et que ses nouveaux plaisirs ne l’empêchent pas de vaquer à d’autres occupations, comme jouer par exemple.

Il touche d’autres enfants

Saviez-vous que c’est entre 2 et 5 ans que l’enfant a le plus de comportements sexuels? Lorsqu’il s’agit de jeux sexuels, les enfants sont à peu près du même âge, ils sont tous consentants, ces jeux sont agréables et motivés par la curiosité (par exemple baisser son pantalon et se montrer nu tour à tour) et enfin, ils n’impliquent pas de comportements sexuels « avancés », tels que le sexe oral ou la pénétration. Il faut aussi se rappeler que, comme dans le cas de la masturbation, les jeux sexuels avec des enfants ne doivent pas empêcher l’enfant de s’adonner à d’autres activités. Si vous êtes inquiets par la fréquence ou le type de jeux sexuels auxquels s’adonnent votre enfant, dites-lui qu’il pourra avoir ce type de comportements sexuels quand il sera plus grand avec son amoureux, son amoureuse mais que pour l’instant, il vaut mieux qu’il s’adonne à d’autres jeux. Cela devrait suffire. Si les jeux perdurent ou s’intensifient après que vous ayez mis des limites, il vaut mieux consulter.

Inquiets?

En résumé, la sexualité est une sphère de développement de l’enfant comme n’importe quelle autre. Certains éléments peuvent par contre inquiéter. 1) L’enfant raconte avoir vécu des choses sexuelles avec un adulte ou un enfant plus âgé; 2) Il a des comportements sexuels fréquents; 3) Il a perdu de l’intérêt pour d’autres activités que la sexualité; 4) Il continue des comportements sexuels inappropriés malgré les limites que vous lui imposez; 5) Il a des connaissances sexuelles qui vont au-delà de son âge; 6) Il a des comportements sexuels « avancés » et / ou coercitifs.

La curiosité sexuelle est normale chez un enfant mais les adultes doivent demeurer attentifs à ce que cette curiosité s’exprime sainement, dans le respect de chacun et selon le développement de l’enfant.

 Geneviève Parent M.A., Sexologue, psychothérapeute et conseillère parentale

Le parent, le premier éducateur de son enfant. Se faire confiance pour aider son enfant.

parents-holding-baby-871294937167Xx4Julie est une nouvelle maman d’une petite fille de 6 mois, Sophie. Depuis sa grossesse, les conseils fusent de toutes parts. « Tu vas l’allaiter? T’es certaine? Parce que si tu lui donnes le biberon, ton conjoint pourra davantage s’impliquer! » Et Julie a remis en doute son choix d’allaiter. Elle ne veut surtout pas qu’Étienne, le papa, se sente à l’écart! « Tu te lèves encore la nuit? Moi mes enfants faisaient tous leurs nuits à 3 mois! Essaie la méthode du 5-10-15, tu vas voir, ça fonctionne! » Et Julie a écouté sa petite Sophie pleurer, adossée contre le dos de la porte, en pleurant, car elle aurait tellement voulu la prendre dans ses bras et la bercer! Mais elle se faisait tellement dire par sa belle-sœur qu’elle allait en faire un « bébé à bras », qu’elle n’osait plus la prendre et la serrer contre elle. A bout de nerfs, Julie a téléphoné au centre périnatal de sa région pour avoir des conseils et ce que l’intervenante en périnatalité lui a dit l’a complètement déboussolée : « Qu’est-ce qui est le mieux pour Sophie selon toi, Julie? » Elle s’attendait à tout, sauf à cela. Elle venait chercher des conseils car on lui en donnait constamment depuis qu’elle avait annoncé sa grossesse. C’est là qu’elle a réalisé qu’elle n’arrivait plus à penser par elle-même. Cette conversation avec l’intervenante périnatale a été le début d’une belle aventure.

Les conseils non sollicités

Ils sont nombreux et souvent contradictoires. Ils viennent de l’entourage et de personnes souvent plus expérimentées. Il est alors facile de se laisser influencer et de se remettre en question, particulièrement quand il s’agit de notre premier enfant. Rappelez-vous tout d’abord que la plupart des personnes qui donnent des conseils sont bien intentionnées. Elles veulent vous aider. Ces conseils sont teintés de valeurs et de croyances que vous partagez ou ne partagez peut-être pas. C’est pourquoi certains conseils vous semblent bienvenus alors que d’autres vous apparaissent carrément déplacés. Il y a aussi la personne qui donne ces conseils. Si vous l’appréciez et vous sentez proche d’elle, ces conseils vous paraîtront plus justes mais au contraire, si vous n’appréciez pas cette personne, ces conseils vous sembleront inadéquats. Voici quelques suggestions pour vous aider à survivre aux conseils non sollicités :

  1. Questionnez-vous à savoir les valeurs et principes qui guident vos actions envers vos enfants. Il est important de les connaître car ils vous aideront à accueillir favorablement certains conseils et à en rejeter d’autres. Par exemple, si vous valorisez la sécurité affective de votre enfant, vous serez contente d’avoir des conseils pour aider bébé à s’endormir sans pleurer et rejetterez du revers de la main la technique du 5-10-15.
  2. Lisez des avis professionnels sur les sujets qui vous intéressent. Les forums regorgent de techniques pas toujours très adéquates pour le développement de nos tout-petits. Si vous vous informez auprès de ressources compétentes, vous serez à même de faire le tri parmi les conseils de l’entourage. Par exemple, vous vous questionnez sur l’âge auquel vous devriez cesser l’allaitement. Vous lisez dans des sources fiables qu’il est recommandé jusqu’à l’âge de 18 mois à 2 ans. Vous pourrez alors faire la sourde oreille à votre mère qui vous suggère fortement d’arrêter d’allaiter votre bébé de 12 mois car c’est « malsain », selon elle.
  3. Apprenez à vous affirmer face aux conseils des autres. Vous avez le droit d’être en désaccord et soyez confiante dans vos propos. Ce n’est pas parce que tante Christine a eu 4 enfants qu’elle sait mieux que vous si votre enfant a un retard de langage, par exemple.
  4. Gardez en tête que les temps ont changé, les méthodes éducatives aussi. Il est révolu le temps où la peur devait régner pour qu’un enfant écoute. De nos jours, les professionnels s’entendent pour dire que la discipline est avant tout une affaire de cœur et de relation. Laissez donc dire belle-maman qui vous trouve trop laxiste dans l’éducation de vos enfants.
  5. Entourez-vous de personnes qui partagent vos valeurs éducatives. Il est plus facile de se sentir écoutée et accueillie lorsqu’on échange avec des personnes qui peuvent nous comprendre au lieu de nous juger.

L’avis des professionnels

Je suis moi-même une professionnelle auprès des enfants et des parents, je ne dirai donc pas que notre rôle est inutile, bien au contraire. Par contre, les avis de professionnels ne devraient pas remplacer votre intuition de parent. Vous êtes la personne qui connaissez le mieux votre enfant. Vous vivez avec lui depuis sa naissance, vous le voyez évoluer, vous êtes à même de vous inquiéter ou non de certains comportements. Il est certes souhaitable de connaître le développement moyen d’un enfant mais rappelez-vous qu’il s’agit de moyennes et que chaque enfant est différent. Certains marcheront plus tôt, d’autres plus tard. Certains parlent beaucoup, d’autres moins.

Ce qui sème la confusion chez beaucoup de parents est la diversité des conseils donnés par des professionnels. Ces conseils que l’on peut retrouver dans les livres ou dans les différents médias sont parfois contradictoires. Comment alors s’y retrouver? Il existe différents courants théoriques dans le développement de l’enfant et c’est pourquoi les avis peuvent différer. Par exemple, certains professionnels croient qu’il faut avant tout modeler les comportements des enfants et vont donc donner des stratégies de comportements, telles que le retrait ou les récompenses pour obtenir le comportement souhaité. D’autres privilégient la compréhension du comportement de l’enfant dans son développement. Ainsi, un enfant de 2 ans qui fait une crise ne serait pas puni mais plutôt soutenu afin de trouver une façon plus adéquate d’exprimer sa colère. On lui enseignerait la gestion des émotions, fort utile tant pour les enfants que les adultes.

L’équilibre entre la confiance en ses moyens et la recherche de soutien

Cet équilibre n’est pas facile à trouver. Gardez en tête que vous êtes la personne qui connaissez le mieux votre enfant. Cela ne signifie pas pour autant que vous n’aurez pas besoin d’un avis professionnel. Choisissez cependant avec précaution le professionnel que vous consulterez afin que son approche soit bienveillante à l’égard de votre enfant, qui est votre trésor. De même, les conseils d’autres parents peuvent être aidants, sans pour autant miner votre confiance en vos moyens. Rien ne vous empêche de les écouter, sans pour autant les appliquer. La voie du cœur est celle qui ne trompe pas, dans l’éducation de votre enfant. Laissez-vous guider par l’amour que vous ressentez pour lui et apprenez à le connaître et l’aimer, tel qu’il est, avec ses forces et ses lacunes. Si la voie du cœur vous paraît parfois incertaine, voici trois repères objectifs à utiliser pour tous les conseils que vous recevrez :

  1. Ce conseil respecte-t-il le rythme de développement de mon enfant? Autrement dit, est-ce que les attentes que nous avons envers notre enfant sont légitimes considérant son âge et sa personnalité?
  2. L’application de ce conseil cause-t-elle une souffrance physique, psychologique ou affective à mon enfant? Toute intervention qui cause une détresse à mon enfant ne devrait pas être appliquée.
  3. Le conseil en question me facilite-t-il la vie ou celle de mon enfant, ou les deux? Parfois, les conseils rendent la vie plus facile au parent tout en causant du tort aux enfants, en provoquant de la détresse chez-eux par exemple.

La parentalité est la plus belle aventure qui soit. Des enfants heureux font des parents heureux. Et le bonheur de votre famille, vous en êtes le gardien.

Geneviève Parent, M.A. Sexologue, psychothérapeute et conseillère parentale

Taper, mordre et tirer …. Des gestes qui parlent !!!

Lyne Archambault, éducatrice – formatrice

Février 2012

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Idées d’activités pour réussir à adopter des interventions positives chez les trottineurs.

Les petits entendent trop souvent le mot «NON» dans leurs découvertes. Comme éducatrice, notre travail consiste à observer les enfants afin de mieux comprendre leurs comportements et de rediriger de façon positive leurs découvertes. Il est primordial de garder pour une urgence le mot «NON» afin que celui-ci ne devienne pas banal à l’oreille du petit. Ainsi, les enfants s’aperçoivent de la gravité de l’avertissement. La constance et la fermeté sont de mises pour mettre un terme au geste jugé inacceptable. Parallèlement, il faut réfléchir à ce qui est inacceptable pour vous et échanger avec vos collègues, afin de s’assurer de la constance des interventions auprès des petits de votre groupe.

Bébé lance

lanceComme éducatrice, nous nous devons mettre À LA DISPOSITION des enfantsdes activités de défoulement telles que des balles, des éponges de bain, des foulards, des choux à cadeaux etc. Afin de rendre positif le geste de lancer et de démontrer le plaisir dans ce mouvement. C’est certain, qu’il est toujours interdit de lancer des blocs et des autos par exemple. Rediriger alors l’enfant vers les bacs de balles quand il oublie la consigne. N’oubliez pas la constance est toujours nécessaire.

 

Bébé tire les cheveux

Le trottineur est attiré par les cheveux de ses amis, voici le temps des activités des TOUCHE DOUX. Offrez des textures douces à toucher aux enfants. Par exemple, différents tissus, des cheveux sur des poupées, des plumes. Ces objets lui feront, entres autres, vivre des expériences sensori-motrices positives. On doit toujours encourager les touche doux entre les enfants. Votre devoir comme éducatrice est d’observer et intervenir de façon rapide par la parole et le geste face au geste négatif. Le contact doit être recréé entre les enfants afin d’apprivoiser les touche doux entres eux.

Voici une station de défoulement que j’ai créé pour m’aider dans mes interventions avec mon trottineur qui aime tirer les cheveux.

tirelescheveuxJ’ai redirigé la pulsion de mon ami et valorisé ses gestes en lui permettant de se défouler de manière positive sur cette poupée aux cheveux longs. J’ai utilisé différentes sortes de brosses, des rouleaux velcro, un petit séchoir qui laisse un filet de vent, un petit sac avec toutes sortes d’élastiques en tissus de différentes couleurs et textures, des bouteilles vides de shampoing parfumées et un livre de coiffeuse avec des mèches de cheveux. Laissez aller votre créativité, car la nouveauté stimule la curiosité de l’enfant. Par ailleurs, on se doit d’encourager les tentatives de l’apprenti coiffeur.

 

 

Bébé vide tout

videLes petits aiment faire tomber des objets, vider et remplir des bacs, regarder les objets tombés. Pour sa sécurité, je me dois de ranger et replacer le matériel de jeu. Sans doute, mon trottineur me suivra et recommencera son jeu. Donc, il est utile de faire des petits bacs avec quelques objets à l’intérieur en les changeant souvent pour minimiser le rangement. J’aime quand il explore à son rythme et de façon autonome : un vrai spectacle pour une éducatrice! En le regardant, vous observez ses intérêts et ses goûts ce qui vous permet de lui offrir des jeux adaptés. De plus, pensez à faire des mises en scène afin d’encourager sa curiosité pour découvrir de nouvelles façons d’utiliser le matériel.

 

arrachetout 2arrachetout 1Bébé arrache

Les petits aiment entendre des bruits et regarder des images. Les affiches au

 

mur, sont une source de stimulation dans ce sens. Afin de protéger vos affiches, une vitrine de plexi est utile pour que bébé regarde sans tout arracher. La variété et les détails des images à regarder stimulent son langage et son observation. Quand j’affiche des nouveautés, je prends du temps pour montrer les détails de l’affiche. Inventez des histoires pour stimuler sa curiosité en regardant l’image, par exemple, voici une auto comme papa. Pour arracher et entendre un super beau «Crac», le velcro est parfait. Voici des macarons fabriqués avec des couvercles de jus et de pots masson.TOUJOURS DISPONIBLES POUR SE DÉFOULER.

Bébé tape

Le trottineur aime exercer des mouvements de balais avec ses mains. Avec un toutou (souffre douleur) suspendu à un élastique tout le monde peut s’exercer en tapant, en le faisant voler et en étirant l’élastique. Notre ami prêt à recevoir tous les coups changera selon le thème, par exemple, une chauve-souris pour l’automne, un ours polaire pour l’hiver.TOUJOURS DISPONIBLE, il sera là pour tous les coups. Les enfants trouvent bien drôle, quand à mon tour, je me défoule sur ce toutou souffre douleur.

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Bébé mord

Vous avez un ami crocodile : pas facile ! Vous devez prendre en main cette situation en rassurant les parents. Vous pouvez toujours leur offrir des textes qui expliquent cette étape difficile. Plusieurs activités peuvent rendre positive cette pulsion quand les dents de bébés poussent ou quand la rage arrive. Tout d’abord, j’offre aux enfants des anneaux refroidis. De ce fait, chaque ami a son anneau accroché sur lui avec une attache à suce et même moi j’en porte une! L’usage de sa suce peut aussi aider en cas de pulsions. Je souligne à plusieurs reprises que l’on peut MORDRE des pommes, MORDRE sa suce, MORDRE des anneaux, mais il est INTERDIT de croquer son ami. Même les adultes doivent penser d’éviter les jeux du loup qui croque même par amour ! Par ailleurs, j’offre à l’enfant assis dans la chaise haute une brosse à dent avec un petit verre d’eau, une débarbouillette gelée à mordiller (activités super en attendant le repas). N’hésitez pas à organiser vos routines pour protéger votre victime et votre mordeur. Quand vous avez observé qui, quand, comment, pourquoi et où le geste se produit, il faut faire preuve de créativité afin que ce geste indésirable cesse rapidement et offrir aux enfants une situation de rechange positive.

Bébé grimpegrimpe

Vos amis aiment se retrouver en hauteur ? Offrez-leur des modules en mousse à escalader ou des jeux plus élevés à atteindre. Je fais semblant d’avoir peur de leurs exploits. Quel plaisir pour nos petits grimpeurs !

Bébé crie

Si bébé exerce sa voix, parlez lui doucement pour qu’il baisse sa voix, mais offrez lui la chance de se défouler en plein air, de chanter, de jouer des instruments de musique. Donnez-lui un environnement sans bruit inutile, par exemple une musique en sourdine dans le local. Quand vous offrez de la musique, soulignez que vous allez mettre de la musique pour danser, écouter des sons etc.

De façon générale, quand nous intervenons avec un petit, il faut traduire, vérifier son intention et nommer son désir. Observez sa réaction à ce que vous nommez, pour vous assurez de l’avoir bien compris. L’enfant explore son environnement pour apprendre comme adulte avoir un regard positif sur lui donne la chance de bien grandir…

Pour conclure, soyez créative face aux situations plus difficiles avec vos trésors et ce par vos observations et votre constance dans vos interventions. On arrive à vaincre toutes les difficultés en remplacent les interdits par des activités de rechange.

Accueillir un nouvel enfant : l’entrée progressive pour réduire son stress

Dans les prochaines lignes, je vous invite à réfléchir à l’importance d’une entrée progressive en présence des parents afin de faciliter l’adaptation de l’enfant à son nouveau milieu de garde. Pour ce faire, nous nous référerons au témoignage de Nancy qui accueille des enfants à sa garderie depuis 8 ans.  La collaboration avec les parents, elle y croit.  Voici, ses réflexions.

Je mise sur la collaboration avec les parents dès les premières minutes.

Lors de la première visite des enfants à notre milieu de garde, n’avons-nous pas remarqué qu’en présence de leurs parents ils se sentaient plus confortables dans leur exploration.  Leurs parents étant leur « base de sécurité », c’est avec une certaine assurance qu’ils observent les coins de jeux, qu’ils s’y aventurent et  qu’ils entrent en relation avec nous.  Certains appuyés à leurs parents nous observent, nous esquissent de timides sourires, d’autres plus dégourdis nous questionnent, nous touchent.   D’autres, enfin, acceptent nos bras tendus, tout en gardant un œil sur leurs parents.

Si nous pouvions accéder à leurs pensées à ce moment-là, nous y découvririons le message suivant : « En présence de mes parents, j’ai le goût d’aller vers toi, de te connaître, d’écouter ta voix, d’expérimenter les jeux que tu me proposes.  C’est facile puisque je ne suis pas envahi par les inquiétudes et la peine.  Je me sens également à l’aise de m’approcher des autres enfants, de m’introduire dans leurs jeux comme lorsque je vais au parc en compagnie de ma mère.  Enfin, je trouve ta salle de jeux fabuleuse, j’ai déjà la tête qui déborde de projets.  Laisse-moi venir avec mes parents à quelques reprises et je t’accorderai alors une bonne part de ma confiance. »

Je me souviens de l’arrivée de Samuel qui a tourné au cauchemar.

Le souvenir de la première journée de Samuel à ma garderie restera gravé en ma mémoire à jamais.  Quelques semaines précédant son arrivée, il était venu visiter mon milieu de garde avec ses parents.   Âgé de 4 ans, il était enjoué et curieux.  Pendant que nous discutions, il explorait chaque coin de la salle de jeux avec entrain et entrait en relation avec les autres enfants.   Ma garderie représenterait la première expérience de vie de groupe de Samuel.

Puis arriva sa première journée.  Enthousiasme, il s’est dirigé vers le bac de déguisements.   Constatant que Samuel était totalement absorbé, sa mère décida de s’éclipser en douceur.  Lorsque ce dernier réalisa que sa mère avait quitté les lieux, il ressentit une vive panique.   Il se mit à sangloter et à trembler.  Sa respiration était saccadé et son regard désespéré.  Incapable de le rassurer, j’ai téléphoné à sa mère pour qu’elle vienne le réconforter.

Une fois Samuel consolé et sécurisé, j’ai proposé à sa mère de réaliser une entrée progressive.  Ce que je n’avais jamais osé offrir auparavant,  car la crainte du jugement d’autrui étant trop intense.   Je l’ai convié à rester dans la salle de jeu à un endroit où elle pouvait l’observer discrètement.   Samuel est resté près d’elle au cours de la première heure.  Visiblement, il était encore secoué par les événements.  L’heure qui a suivi fut plus fructueuse du point de vue des explorations.  Peu à peu, il repris confiance et s’intéressa à mon bateau de pirates.  Mère et fils ont quitté ensemble juste avant le dîner.

Puisque la mère était disponible, elle a accompagné son fils pendant quelques jours.  Munie d’un bouquin, elle s’assoyait en retrait.  Nous avons alors planifié, de courtes séparations.   Samuel a participé seul aux activités pour une période d’environ 2 heures, puis 4 heures, et finalement 1 journée.  À chaque départ, sa mère l’embrassait et lui mentionnait qu’elle reviendrait le chercher lorsque l’aiguille de l’horloge toucherait le chiffre désigné.

Personnellement, je me suis promise de ne plus jamais faire vivre un tel stress à un enfant.  Parfois, lors de l’accueil d’un nouvel enfant, en présence des parents, ma vieille crainte du jugement ressurgit.   Je focalise alors mes pensées sur le bien-être de l’enfant et sur les nombreuses retombées positives d’une entrée en douceur pour lui, pour les autres enfants et pour moi-même.  Lorsque le parent n’est pas disponible, j’invite une autre personne significative, telle la grand-mère.

Je me réfère aux étapes du processus d’adaptation.

Les enfants confrontés à la réalité de l’intégration à un nouveau milieu de garde sont amenés à  traverser différentes étapes d’un processus d’adaptation.  En tant qu’éducatrice, j’estime qu’il est essentiel de s’y référer.   Je dispose ainsi de repères pour jauger l’adaptation de l’enfant.  Martin et al. (1992) citent 4 étapes auxquelles correspondent des durées approximatives1 , j’y ai ajouté quelques exemples vécus :

1- La découverte de la nouveauté (3-5 jours)
-Mathis, 3 ans, était très excité lors de ses deux premières journées, l’ennuie l’a gagné à la fin de la semaine.

2- Le choc de la réalité (5-10 jours);
-Jérémie, 11 mois, était étrangement tranquille au cours de sa première journée.  Il explorait très peu.  À sa deuxième journée, il a pleuré toutes les larmes de son corps.  Alexia, 3 ans, refusait de me parler.  Elle était fâchée envers moi.  À ses yeux, c’est moi qui l’éloignais de ses parents.

3- La peur de l’abandon (5-15 jours);
-Juliette, 2 ans, s’assoyait près de l’escalier.  Elle espérait y voir sa mère apparaître.  Julien sanglotait de soulagement au moment où sa mère venait le chercher.  Il semblait lui dire : « Mais, où étais-tu maman? ».

4- L’acceptation (vers la 15e journée).
-Tristan, 2 ans et demi, ne pleurait plus qu’au moment du départ de ses parents lors de sa quatrième semaine à garderie.

Évidemment, les processus d’adaptation sont différents, et ce à l’image des individus.  Il faut donc s’attendre à beaucoup de disparités entre les enfants.  En revanche, j’estime qu’à travers les pleurs et les colères des premières semaines, je possède un repère précieux pour percevoir, chez l’ensemble des enfants, les balbutiements de la création du lien d’attachement.  Je sais, notamment, que ce lien s’enracine lorsque l’enfant se laisse réconforter par mes paroles ou mes gestes d’affection.  Ses pleurs ou sa colère cessent ou diminuent.  Évidemment, dès que je m’éloigne ou  que je le dépose, les émotions l’envahissent et s’expriment à nouveau, haut et fort.  Je ressens alors une grande fierté et je me dis que la partie est presque gagnée car dans mes bras, il a confiance.  Je sais que la patience du jardinier a été récompensée…

Une amie exaspérée m’a dit un jour : « Je suis découragée, si je ne prends pas Olivier dans mes bras, il pleure.  Cet enfant ne s’adapte pas. ».  Elle fut à la fois surprise et soulagée lorsque je lui ai mentionné qu’au contraire, l’enfant s’adaptait très bien et que l’étape la plus importante était franchie.  Il était tout à fait normal qu’Olivier pleure lorsqu’elle s’éloignait de lui.  Le processus d’adaptation suivait son cour.  Elle avait réussit à établir un lien de confiance avec Olivier.  Pour preuve, celui-ci acceptait son réconfort.  Mon amie devait continuer son excellent travail et être patiente.

Linda Gagnon
M.A.  Psychologie
Formatrice et consultante en petite enfance

1 J. MARTIN et al., op.cit., p. 32.

Linda Gagnon
intervenante en petite enfance, consultante et formatrice

J’anime mes activités de façon à réduire le stress

Cet article se veut une réflexion sur le stress que nous pouvons faire subir aux enfants, en tant qu’éducatrice, lorsque nos stratégies éducatives s’éloignent de l’application du programme éducatif. Nous comparerons les stratégies utilisées par Sylviane qui sont source de stress pour l’enfant à celles employées par Mylène qui favorisent l’acquisition de nouvelles habiletés sous le signe du plaisir. Ces deux éducatrices, bien intentionnées, sont préoccupées par un défi éducatif similaire : un enfant de 4 ans qui n’apprécie ni le découpage, ni la lecture. Du moins, à première vue…

Sylviane est très préoccupée par la faible motivation de Brandon à l’égard des activités de bricolage et de lecture. Que fera-t-il à la maternelle? Elle rappelle aux parents l’importance de travailler ces habiletés à la maison. Aussitôt, les parents s’inquiètent, leur petit choux ne sera pas prêt pour l’école. Sans compter qu’à la maison, il fuit ciseaux et crayons comme la peste. Ils promettent de redoubler d’efforts. Ils mentionnent à Brandon que s’il veut être prêt pour l’école, il doit se pratiquer. Brandon soupire, il ne sait pas ce que cela veut dire « être prêt pour l’école », mais chose certaine, ses parents et son éducatrice sont inquiets. Comme l’inquiétude est une maladie vivement contagieuse, lui aussi l’attrape.

Lors des activités de bricolage, même si Brandon se rebute, Sylvia insiste et l’encourage. Elle se dit que : « Trois coups de ciseaux, c’est mieux que rien ». Elle mise également sur le modelage en asseyant Brandon près de Mérédith et Justin : deux « accrocs du brico ». Ils finiront peut-être par lui donner la piqûre. Fidèle à lui-même, Brandon cabotine, joue avec la colle et les matériaux tout en dérangeant ses camarades qui s’insurgent de sa présence. Il se mérite à chaque fois des réprimandes ou des conséquences comme des retraits ou des séances de bricolage en solitaire.

Vraiment, le bricolage, il déteste. Il fait d’ailleurs la moue lorsque Sylviane en fait l’annonce. Ne sachant plus trop quoi faire, son éducatrice pense à instaurer un tableau de renforcement afin de l’encourager. Malheureusement, au fil des jours, son tableau ressemble à une bouche édentée. Au lieu d’être motivant, il est décourageant. Au cours des 5 jours ciblées, Brandon n’a accumulé qu’une seule étoile, et ce par la peau des dents… Son tableau n’est pas très reluisant!

Pour la lecture, c’est presque le même scénario qui se répète! Il est le premier à déranger le groupe. Malgré les responsabilités confiées par Sylviane, il se désintéresse rapidement de l’activité. Il cherche à saisir des jouets sur les étagères, il se laisse choir sur ses camarades et il pose des questions hors sujet. Sylviane est exaspérée d’être interrompue sans cesse. Entre les réprimandes et les conséquences, les autres enfants perdent le fil et en moins de deux tous se retrouvent dans un brouhaha indescriptible. Sylviane est inquiète de la faible concentration de Brandon et exacerbée de ses répercussions. Elle en fait part aux parents. Ceux-ci s’inquiètent de nouveau pour leur petit choux et vivement la contagion recommence.

Dans le groupe de Mylène, c’est Antoine qui a la bougeotte lorsqu’elle raconte une histoire. C’est tant mieux puisqu’elle adore raconter des histoires en mouvement où chacun des enfants est invité à imiter les gestes et réactions des personnages. Comme Mylène raconte fréquemment son histoire de mémoire, il lui est plus facile de garder un contact visuel avec les enfants et de garder leur intérêt. Vive l’improvisation!

Il lui arrive également de raconter des histoires dans un style traditionnel. Elle choisit alors un coin du local où il y a peu de distractions visuelles. Pas facile lorsque l’on est entouré d’étagères de jouets attrayants. Quelle est son astuce? À l’heure du conte, elle demande aux enfants de l’aider à retourner l’étagère de jouets sur roulettes. Sa collègue, elle, déroule un petit rideau afin de cacher ces jouets qui interpellent « ses coccinelles ». Selon le niveau d’agitation des enfants, que Mylène jauge à l’œil et à l’oreille, elle les invite à s’asseoir sur des tapis distancés ou sur leur chaise afin d’éviter qu’ils tombent les uns sur les autres comme des pièces de domino. Est-ce les seuls facteurs qui influencent le bon fonctionnement de son groupe? Non! Il y en a de plus importants.

Sa carte maîtresse : son style d’intervention démocratique. En fait, Antoine, comme tous les autres enfants, n’est pas obligé d’assister au conte. Il peut choisir entre différents jeux mis à sa disposition ou faire ses propres propositions. L’important, c’est que le jeu invite au calme. De plus, Mylène mise principalement sur l’identification des intérêts des enfants. Surtout, lorsqu’ils semblent récalcitrants à un type d’activités. Ainsi, comme Antoine raffole des tracteurs et autres machineries, elle essaie de lui dénicher des livres portant sur ces sujets. Histoire de lui ouvrir l’appétit . Avec Antoine, elle expérimente également les histoires en « tête-à-tête ». C’est si agréable d’être assis « collé-collé », comme il le dit! Inévitablement, il y a des petits curieux qui s’ajoutent. Et là, elle a toute son attention et peut répondre à ses questions. C’est que les neurones sont très actives dans cette petite tête.

À l’heure du bricolage, elle recourt à la même stratégie. Personne n’est obligé de participer. Mylène ne s’inquiète pas du tout du faible intérêt manifesté par Antoine pour ce type d’activités. Toutefois, elle ne perd pas de vue l’objectif visé qui consiste à favoriser la motricité fine, en d’autres mots la coordination œil-main. Elle puise dans la banque d’activités sur la motricité fine élaborée par son milieu de garde. Ce ne sont pas les idées qui manquent. L’autre jour, Mylène a créé un jeu pour Antoine où il doit attraper des vis avec une véritable pince. Wow quelle concentration! Il n’est pas le seul à avoir apprécié.

La semaine dernière en observant Antoine jouer avec les camions, elle a eu une idée « géniale», comme elle le dit. Dans le coin des voitures, elle a disposé quelques boîtes à chaussures, des bandes de cartons, de la colle, du papier collant, des crayons de couleurs et des ciseaux. Assise à côté d’Antoine, elle a initié la fabrication d’un garage et l’assemblage d’une route à l’aide de bandes de carton. Antoine a mordu à l’hameçon. Il est le meilleur constructeur de garage du groupe. Est-il enthousiaste à l’heure du bricolage maintenant? Pas de miracle à l’horizon et personne ne s’en inquiète.

Et les parents dans tout cela? Mylène communique également avec eux. Elle préfère toutefois parler de l’habileté qu’elle enseigne à l’enfant, ainsi que des avantages qu’il en retirera. Elle prend soin de présenter plusieurs stratégies qui permettront de pratiquer l’habileté ciblée. Elle est toujours prête à discuter avec les parents des intérêts qu’ils ont perçus chez leurs enfants. D’ailleurs, ce sont les parents d’Antoine qui lui ont mentionné qu’il passait des heures à feuilleter des revues de tracteurs, son oncle étant agriculteur. Les échanges avec les parents sont une grande source d’inspiration lorsque Mylène planifie ses stratégies éducatives.

Quelques repères éducatifs de Mylène.

Le plaisir. Lorsque Mylène constate que le jeu proposé n’est pas source de plaisir pour l’enfant, elle cherche alors un autre chemin pour atteindre son « objectif » (p. ex., favoriser la motricité fine).
Chacun est unique. Mylène, tout comme ses collègues, aimerait bien que tous les enfants réalisent la même activité au même moment. La tâche serait plus simple. Toutefois, en observant bien les enfants, elle constate que pour répondre à cette attente de nature irréaliste, elle doit réaliser des interventions qui vont à l’encontre d’une maxime très chère à ses yeux : « le jeu est source de plaisir ».

Intégration à la garderie: être compris, tout un défi pour l’enfant nouvellement accueilli.

Je me présente, mon nom est Nancy.  Ma garderie a ouvert ses portes il y a 8 ans déjà.  Dans les prochaines lignes, je partagerai avec vous  mon expérience quant à ma compréhension du vécu de l’enfant lors de son adaptation au milieu de garde, un moment fréquemment redouté par les parents et les éducatrices.

Tout d’abord, lorsque je planifie l’arrivée d’un nouvel enfant au sein de mon groupe, je me remémore une activité de visualisation qui m’a aidé à effectuer un parallèle entre les émotions et réactions vécues par un enfant et celles qu’un adulte pourrait expérimenter s’il était confronté à une expérience similaire.   Cette visualisation fut réalisée dans le cadre d’une formation portant sur l’adaptation de l’enfant à son milieu de garde.  Puisque cet exercice m’a aidée à adopter un nouveau regard sur la réalité de l’enfant et de ses parents, je vous invite à vous y livrer à votre tour.

Imaginez qu’une supposément « grande amie » vous ait inscrite à un concours loufoque s’intitulant « Voici tes bagages, tu pars en voyage ».  Du jour au lendemain, toutes vos tâches sont prises en charge et en moins de deux vous vous retrouvez accueillie en Italie par un sympathique couple d’Italiens tout souriant accompagné de deux de leur tout aussi sympathique couples d’amis.  Le hic, c’est que vous ne parlez pas plus italien qu’eux parlent français.  Après une brève présentation, l’équipe de ce fabuleux concours s’éclipse en vous mentionnant qu’elle reviendra vous visiter « bientôt ».  Vous tenez dans vos bras, votre bagage, c’est-à-dire un sac que vous n’avez pas préparé vous-même.  Debout dans le portique, vous vous remémorez que vous ne disposez d’aucun moyen pour rejoindre les gens que vous aimez.  Vous devez patienter jusqu’à qu’ils communiquent avec vous.

1- Comment vous sentiriez-vous dans une telle situation?(Prenez le temps d’y répondre)

2- Quelles seraient vos réactions?

3- Les organisateurs de ce concours décident d’en modifier les paramètres.  Ils souhaitent rendre le séjour des participants des plus agréables. À votre avis, quelles actions la famille italienne devrait-elle poser avant votre arrivée et au cours de votre séjour?

Le processus d’adaptation : des émotions et des réactions variées
Cet exercice réalisé entre collègues a suscité des discussions animées.  Certaines ont souligné qu’elles seraient terrorisées, fâchées, anxieuses, énervées, gênée, etc., tandis que d’autres ont mentionné qu’elles ressentiraient de l’excitation, de la curiosité, du plaisir, de l’enthousiasme, etc.  Des participantes ont précisé que cela dépendrait de la longueur du séjour.  Après quelques jours, l’excitation reliée à la nouveauté céderait à l’inquiétude et à l’ennuie.

De cette réflexion a découlé certains constats.  Premièrement, puisque chacune de nous est différente, en raison de notre tempérament et de nos expériences passées, notre façon de nous adapter le sera tout autant.  Deuxièmement, les défis d’adaptation de ce concours saugrenu ressemblaient drôlement à ceux vécus par les tout-petits…   Plusieurs d’entre nous se sont exclamées : « C’est vrai que ce n’est pas facile. », « Pauvres petits chatons. », « L’enfant ne comprend pas ce qui lui arrive. », etc.   Pour ma part, nouvellement arrivée dans le métier, m’adaptant à mes nouvelles tâches, j’ai réalisé, au cours de l’intégration d’un enfant, que j’étais davantage préoccupée par mon propre stress que celui de l’enfant.

Une panoplie de stratégies pour réduire le stress
Par ailleurs, à la question portant sur les actions que la famille italienne devrait poser afin de réduire le stress du participant et faciliter son adaptation, les réponses ont été multiples.  Les unes ont parlé de l’importance de nous faire connaître à l’avance la destination et la famille d’accueil par le biais de photos, de films, d’appels téléphoniques, etc. Les autres ont mentionné l’importance : d’énoncer nos intérêts, de nous spécifier la longueur du séjour et de nous offrir des moyens pour rejoindre nos familles.  Puis, une des participantes s’est esclaffée : « Moi qui n’aime même pas les pâtes! ».  Imaginons que l’on nous serve, au cours des premières journées de notre arrivée, des plats que nous détestons…  Ainsi, il y a fort à parier que nous nous retrouverions à vivre cette aventure, non seulement avec un estomac noué, mais avec un estomac vide.  Rien pour faciliter la situation.

Être sensible aux défis à relever et aux deuils à vivre
Cette visualisation a permis à chacune des participantes d’identifier des éléments auxquels un adulte pourrait être amené à s’adapter ainsi que des pertes ou des deuils qu’il pourrait devoir surmonter.   La similitude avec la réalité des enfants s’avère frappante.  Parmi les défis à relever, nous retrouvons : s’acclimater à de nouvelles habitudes de vie, apprivoiser un nouveau langage, suivre de nouvelles routines, obtenir réponse à ses besoins, se familiariser à un nouvel environnement physique intérieur et extérieur et, non le moindre, créer de nouveaux liens avec différentes personnes.  Parmi les deuils, nous identifions apprendre à vivre sans les êtres chers : accepter d’attendre qu’ils se manifestent… Bref, nous comprenons que chacun des défis cités peut être abordé sous l’angle du deuil.

Dresser une liste des pertes ressenties
En ce qui a trait aux pertes vécues par l’enfant, je prends soin d’en dresser la liste afin de personnaliser mes interventions.  Ainsi, Florence s’ennuyait de son ancienne éducatrice, de ses anciens camarades et d’une petite amie avec qui elle s’amusait au parc, et ce presque tous les jours.  Par contre, Mathieu, qui venait tout juste d’aménager dans notre ville, s’ennuyait tout particulièrement de son frère aîné, qui avait débuté la maternelle, et de son grand-père, qui avait pour rôle de les ramener à la maison.  Je me souviens également que Mathieu me questionnait souvent au sujet de l’absence d’une cabane dans mon arbre, une cabane avec une cachette secrète.  Ce jeu,  présent à son ancien milieu de garde, lui manquait beaucoup.

Communiquer, c’est décodé
Au cours de la formation, je me souviens qu’une participante, se référant au voyage en Italie, s’est écriée : « Oui, mais au moins, habituellement, nous parlons la même langue que l’enfant. »  La formatrice avait insisté sur le fait que la langue ne représente qu’un des aspects de la communication.  En fait, dans notre rôle d’éducatrice, nous devons investir de façon, plus ou moins consciente, beaucoup de temps pour décoder les besoins, les réactions, les émotions et les comportements des enfants nouvellement accueillis.

Pourtant, pour l’enfant, il lui suffit d’adresser un regard ou une mimique à sa mère pour être compris, pour que celle-ci réponde à ses besoins.  Avec sa nouvelle éducatrice, tout est à recommencer.  Sans compter qu’il doit lui aussi se prêter au même exercice.  En effet, il lui faut apprendre à décoder les messages verbaux et non-verbaux de son éducatrice.  L’expressivité émotionnelle différant d’un adulte à l’autre, un enfant pourrait être amené à constater que sa mère parle fort lorsqu’elle est fâchée, tandis que son éducatrice parle fort lorsqu’elle est enjouée.

Pour terminer
Depuis que je m’efforce d’endosser le point de vue de chaque nouvel enfant que j’accueille, je ne suis plus à court de stratégies pour favoriser l’intégration.  Cette sensibilité accrue au vécu de l’enfant m’a amenée à tirer profit au maximum des stratégies telles que la fiche d’accueil, la rencontre avec les parents et l’élaboration d’un plan d’intégration personnalisé en présence des parents.  Je vous parlerai de ces stratégies en détail très bientôt.

Linda Gagnon
intervenante en petite enfance, consultante et formatrice

La mixité des religions : les accommodements raisonnables à l’ordre du jour

On tombe amoureux d’une personne et de ses forces. On aime ses convictions et surtout ses actions. Ces valeurs nous inspirent. Si on s’accommode d’abord de l’amour et de l’intérêt de l’autre pour nous, l’arrivée d’un enfant peut nous confronter ou pire encore nous séparer.

Si papa est chrétien et maman est musulmane, l’amour a déjà triomphé de leurs grandes différences. Il faut donc poursuivre en ce sens par des ententes heureuses et respectueuses.

Ainsi avant l’arrivée de l’enfant, il est primordial de prendre des décisions quand aux rituels : rituels pour les fêtes, la nourriture à adopter ou autre. Par exemple, papa chrétien, fêtera Noël et Pâques et maman se joindra simplement à l’évènement. Jusqu’à 4 ans, l’enfant a surtout besoin de deux parents aimants et qui l’investissent. À cet âge, il commencera à voir les différences mais sans trop se formaliser pourvu qu’il n’y ait pas de conflits ouverts entre les parents.

L’autre option est de faire vivre à l’enfant une religion plutôt que l’autre. Dans cet optique, un des deux parents renoncent temporairement à sa religion en donnant à l’autre la priorité.

Vers 7-8 ans, l’enfant cherche à comprendre un autre point de vue. Sans prétention, l’autre parent peut expliquer ses points de vue différents et faire confiance à l’enfant. Il faut se rappeler l’adage suivant : ce que tu fais parle plus fort que ce que tu dis. L’objectif n’est pas d’enseigner une religion mais d’atteindre la conscience de l’enfant qui devra un jour ou l’autre faire ses choix. Il est certain qu’une de ses valeurs sera l’ouverture d’esprit puisque ses parents auront bâti leur union grâce à cette optique de la vie.

L’important est d’établir un climat ouvert à la différence et accommodant. D’ailleurs il y aura des sujets à discuter au fur et à mesure du développement de l’enfant en gardant à l’esprit que même si l’enfant ‘ »pratique » une religion chrétienne par exemple à l’adolescence, il peut tout remettre en question et choisir la religion musulmane ou même l’athéisme.

On ne peut pas obliger un enfant à adhérer à la foi.

La conscience de l’enfant se nourrit de l’expérience de l’enfant, des actions de ses parents et des gens qui l’entourent, de ses lectures et de ses contacts avec ses amis.

Le plus grand de soi n’est pas une information à enregistrer mais plutôt une croyance à acquérir. Laissons le plus grand que soi agir pour le bien-être de notre enfant.