Les plaisirs d’Élaine – Observation des habiletés et des attitudes de l’enfant dans différents moments de vie

FacebookTwitterLinkedInPartager

Fiche d’observation type (Fiche 1)

Date :
Nom de l’enfant :
Âge :
Milieu de garde :
Éducatrice :

Observation des habiletés et des attitudes de l’enfant dans différents moments de vie

L’accueil :
Fin de journée :
Ateliers :
Jeux libres :
Jeux extérieurs :
Déplacements :
L’habillement :
La sieste :
Repas :
Élimination :

Les plaisirs d’Élaine – Informations pertinentes à certains comportements de l’enfant

Fiche d’observation type (Fiche 2)

Date :
Nom de l’enfant :
Âge :
Milieu de garde :
Éducatrice :

Informations pertinentes à certains comportements de l’enfant

ANTÉCÉDENT, qu’est ce qui se produit avant le comportement :
COMPORTEMENT, description du comportement de façon claire et précise :
CONSÉQUENCES, la description de ce qui arrive après la manifestation du comportement :

 

Comment réagir au mensonge enfantin?

Sylvie Bourcier, consultante en petite enfance

Octobre 2014

www.aveclenfant.com

D’abord, ne pas dramatiser

Avant l’âge dit « de raison », 7-8 ans l’enfant confond la réalité et ses désirs, l’imaginaire et la réalité. Il est normal qu’il altère la réalité selon ses désirs. On parle davantage d’affabulations que de vrais mensonges qui sont dits dans le but conscient de tromper l’autre. Il faut d’abord écouter pour comprendre ce qui se cache derrière la fable puis exprimer votre doute ou ce que vous ressentez face à la situation. « Je suis déçue de … et je pense pas que ce soit le chat qui … ».

L’enfant peut trafiquer la vérité pour préserver une bonne image de lui. Il exagère un exploit pour impressionner ou invente une histoire dans laquelle il a réussi lorsqu’il est confronté à une difficulté. L’adulte doit donc au quotidien souligner les petites réussites et exprimer sa confiance envers l’enfant. « Je sais que tu travailles fort, tu vas réussir … » « Tu aimerais être fort comme papa. En grandissant, tu deviendras toi aussi un homme. » …

Attention aux punitions

L’enfant qui sait que tel ou tel comportement entraînera une punition peut nier afin d’éviter de se faire gronder. Il n’a pas l’intention de tromper, ni de blesser l’autre. Il ne pense qu’à lui. L’attitude de l’adulte est déterminante. S’il se fâche, blâme l’enfant ou le traite de maladroit, il encourage le petit à réutiliser ce réflexe à l’avenir.

L’humour et l’imagination demeurent des atouts de taille pour régler la situation. Nadine, toute barbouillée de chocolat tente de convaincre sa mère qu’elle n’a pas manger de biscuit. « J’ai rien mangé maman ». « Ce rien devait goûter le chocolat, regarde ta bouche » réplique la mère.

Il est aussi important d’aider le petit Pinocchio à prendre conscience des conséquences de sa bévue et de la réparer lorsque c’est possible. « Je n’ai pas brisé la construction en legos d’Émile. C’est Gros Gorille qui a lancé le ballon dessus. » On fait remarque qu’Emile est fâché, déçu et qu’il doit avec son ami Gros Gorille ramasser et rendre les blocs. Il aura à refaire la tour si Émile le souhaite.

Sanctionner l’enfant de façon excessive, le traiter de menteur ne ferait qu’aggraver la situation. Féliciter le courage de celui qui dit la vérité et lui dire que reconnaître que l’on a fait une bêtise est la meilleure façon d’éviter de la recommencer.

Trafiquer la vérité est aussi pour l’enfant une occasion d’expérimenter son lien avec l’adulte. Vers 4-5 ans, l’enfant prend conscience qu’il a ses propres pensées si elles sont connues de ses parents.

Il fait l’exploration des conséquences de son mensonge. Mes parents seront-ils incrédules ? Me trouveront-ils rigolo ? Se fâcheront-ils ? La fantaisie du petit se heurte alors à la réalité des conséquences. Peu importe la gravité du mensonge, selon le sens moral de l’adulte, la réaction des adultes ne doit en aucun cas fragiliser ce qui est le plus important pour l’enfant, son lien d’amour avec ses parents. C’est pourquoi pardonner, oublier, laisser-aller sans confronter sont de mise avec le petit en plein apprentissage de la réalité et du sens moral.

Pour en savoir plus :

Les vérités de Pinocchio dans Comprendre et guider le jeune enfant à la maison, à la garderie. Sylvie Bourcier, Éditions CHU Sainte-Justine, 2004, p. 44 à 50.

Dolloz, Danielle (2006) Le mensonge. Éditions Bayard.

Sarah parle à la maison avec ses parents…mais jamais à la garderie. Elle souffre de mutisme sélectif.

Linda Gagnon, psychologue et consultante en petite enfance

Janvier 2015

www.aveclenfant.com

Différentes manifestations du mutisme sélectif

Les parents de Sarah, 4 ans, expliquent qu’à la maison, elle parle comme une pie mais que dès qu’elle entre à la garderie, elle devient muette comme une carpe.  Elle se tient à l’écart des autres enfants, elle ne semble pas avoir autant de plaisir que ses camarades et répond non-verbalement aux questions de son éducatrice.  Sarah privilégie les jeux solitaires, elle évite le regard et lorsqu’elle se déplace, elle semble particulièrement tendue.

Loïc a 4 ans ½, il souffre également de mutisme sélectif mais cela se manifeste différemment de Sarah.  Ainsi, il parle à deux camarades de son groupe s’il est à l’écart du regard des autres.  En fait, il chuchote.  Dès que l’éducatrice lui parle, plus un mot ne sort.

Janie a 6 ans.  Elle est à la maternelle.  Elle participe aux activités activement mais de façon non-verbale.  Elle s’amuse tout en ne disant jamais un mot. Elle sourit à ses amis. Lorsque sa mère vient la chercher au Service de garde, dès qu’elle met les pieds hors de l’école, elle se met à parler, les mots se bousculent tellement il y a d’idées.

Isabella a 7 ans.  Elle commence sa 2e année.  Elle relate à sa psychologue qu’elle a souri 3 fois l’année dernière dans la cour de récréation.   Elle n’a pas joué une seule fois avec des camarades.  Elle demeurait observatrice à toutes les récréations.  En classe, son enseignante insistait fortement afin qu’elle parle plus fort et s’impatientait lorsqu’elle n’y arrivait pas.

Ces quatre enfants semblent timides mais en fait cest bien plus que cela. Ils sont atteints de mutisme sélectif et il est primordial que les adultes qui les entourent puissent dépister ce trouble et demandent du soutien professionnel pour aider ces enfants anxieux socialement à faire sortir les mots.  Les adultes doivent éviter d’improviser des interventions qui pourraient ancrer davantage les difficultés chez l’enfant comme donner des conséquences/retraits de privilège; faire miroiter une récompense; insister pour que l’enfant parle devant les autres; mentionner qu’ils font de la manipulation ou tout autre actions/réactions reposant sur des hypothèses improvisées, et ce même si l’intention de départ est bonne… La première étape et la meilleure, se documenter en lisant sur le mutisme sélectif.

« Un enfant atteint de mutisme sélectif ne peut effectivement pas passer du silence complet à la communication aisée, il a besoin de pouvoir s’entrainer à verbaliser dans les endroits anxiogènes (surtout à l’école ou en collectivité) de façon progressive […] »

[1]

Définitions du mutisme sélectif

L’association française « Ouvrir la voix » sur le mutisme sélectif définit le mutisme ainsi :

« Le mutisme sélectif est un trouble anxieux de l’enfance caractérisé par une incapacité régulière de l’enfant à parler dans des situations sociales spécifiques, notamment à [la garderie] ou à l’école. Toutefois, l’enfant est apte à parler tout à fait normalement dans d’autres situations où il se sent à l’aise. L’enfant devient souvent dénué d’expression et est souvent isolé socialement. La phobie sociale est associée à ce trouble dans plus de 90% des cas. » [2]

« Le mutisme sélectif est un trouble de l’enfance qui se définit par les caractéristiques suivantes (Association américaine de psychiatrie, 1994) :

A. L’enfant ne parle pas dans certaines situations sociales (par exemple à l’école) alors qu’il parle dans d’autres situations (par exemple à la maison).
B. Le problème a un impact sur la vie scolaire ou sociale.
C. La durée du problème est de plus d’un mois.
D. Le fait de ne pas parler n’est pas dû à une maîtrise insuffisante de la langue.
E. On peut exclure d’autres causes comme des troubles de la communication, la schizophrénie, etc.

Selon les études les plus récentes, le mutisme sélectif est un trouble anxieux de l’enfance qui se caractérise par l’incapacité de l’enfant à parler dans certains endroits comme à l’école alors qu’il peut parler tout à fait normalement dans les endroits où il se sent à l’aise comme à la maison. Dans plus de 95% des cas, ce trouble est associé à l’anxiété sociale, ce qui explique que l’environnement scolaire représente un des endroits les plus anxiogènes pour l’enfant mutique et que c’est lors de l’entrée en collectivité qu’il devient le plus souvent manifeste.

Plus difficiles à détecter à cause de son jeune âge, les signes d’alerte sont néanmoins souvent déjà présents chez l’enfant [à la pouponnière] (ne parle  pas, ne pleure pas, visage impassible, regard fuyant). »[3]

Où trouver des informations fiables sur le mutisme sélectif

Le site Web suivant regorge d’informations rigoureuses qui s’appuient sur la recherche scientifique : www.ouvrirlavoix .  Vous y trouverez des articles vulgarisées, des outils, des cas vécus, des vidéos.  Vous pouvez même communiquer sans frais avec leur équipe via courriels.

Un tableau de dépistage

Ce précieux outil vous permettra de situer l’enfant au niveau du mutisme et est une invitation à noter vos observations qui seront nécessaires afin que le professionnel qui interviendra auprès de l’enfant puisse compléter le diagnostic et établir le plan d’intervention avec vous.

DÉPISTAGE DU MUTISME SELECTIF : ÉCHELLE CONVERSATIONNELLE

Note: les termes « milieu de garde » et « garderie » ont été ajoutés pour améliorer la compréhension du lecteur.

(Helping your child with Selective Mutism, Angela Mcholm, Ph.D, Newharbinger publications). ©Association

1-Mutisme complet au milieu de garde ou à l’école.

L’enfant parle à la maison mais reste muet à la garderie ou à l’école. Il semble anxieux à la garderie/ l’école et peut avoir des difficultés à aller à la garderie/l’école.

2-Participation non verbale décontractée.

L’enfant parle à la maison mais pas à la garderie/l’école. Il commence à se détendre et à participer non verbalement aux activités à la garderie/l’école. Parle de la garderie/l’école d’une manière positive.

3-L’enfant parle à un de ses parents au milieu de garde ou à l’école.

L’enfant parle à la garderie/l’école lorsqu’il se trouve tout seul avec un de ses parents dans un lieu où les autres enfants et les éducatrices/enseignants ne peuvent ni l’entendre ni le voir, souvent en chuchotant.

4-Il parle et ses pairs peuvent l’observer en train de parler.

L’enfant parle à la garderie/l’école, généralement avec un de ses parents. Ses pairs peuvent l’observer mais ne l’entendent pas puisqu’il chuchote assez doucement pour rester inaudible.

5-Il parle et ses pairs peuvent l’entendre.

L’enfant parle de façon audible à la garderie/l’école normalement avec un de ses parents. Les autres enfants observent et l’entendent. L’enfant ne parle pas directement aux autres enfants ni aux éducatrices/enseignants.

6-L’enfant parle à ses pairs via un de ses parents.

L’enfant parle à sa mère ou à son père, qui transmet le message à un camarade se trouvant à proximité. Le camarade de classe peut éventuellement entendre et répondre directement à l’’enfant mutique.

7-L’enfant parle à un ou deux de ses camarades.

L’enfant parle à la garderie/l’école, avec un autre enfant, souvent dans la cours de récréation. L’enfant ne parle pas aux éducatrices/enseignants.

8-L’enfant parle à plusieurs de ses camarades de classe.

L’enfant parle avec plusieurs enfants de la garderie/l’école. L’enfant ne parle pas aux éducatrices/enseignants.

9-L’enfant parle avec l’éducatrice/l’enseignant .

L’enfant commence à parler avec l’éducatrice/l’enseignant et il parle avec plusieurs camarades.

10-Parole normale.

L’enfant parle avec la plupart des adultes et de ses camarades sur le ton de la conversation normale.

À quoi peut ressembler une intervention pour sortir l’enfant du mutisme

Comme le mutisme est associé à l’anxiété sociale, on misera sur un processus d’exposition progressive s’appuyant sur la thérapie cognitivo-comportementale.  L’enfant est exposée de façon progressive à l’objet de sa peur.  Une stratégie élaborée par Maggie Johnson et Alison Wintgens et traduite par Valérie Marshall  de l’association Ouvrir la voix s’avère particulièrement efficace.  Elle s’intitule : « Programme d’introduction progressive d’un enseignant (éducatrice) »[4]. Cette technique peut être utilisée par toute personne désireuse d’aider un enfant mutique.  Toutefois, un soutien professionnel sera requis.

Par une démarche structurée et planifiée conjointement par un intervenant qualifié et l’éducatrice/l’enseignant et le parent, l’enfant s’entraînera de façon progressive, à son rythme, à « sortir les mots ».

Pour terminer, n’oublions pas que les enfants anxieux ont besoin de notre aide tout autant que les turbulents. Nous devons demeurer vigilants et proactifs afin que leur développement demeure en constante évolution.


[1] Qu’est-ce que le Mutisme Sélectif (MS)? Source : www.ouvrirlavoix.sitego.fr

[2] Kit révisé PDF, version 2011, p. 3 : Association Ouvrir la voix www.ouvrirlavoix.sitego.fr

[3] Qu’est-ce que le Mutisme Sélectif (MS)? Source : www.ouvrirlavoix.sitego.fr

[4] Maggie Johnson et Alison Wintgens, The Selective Mutism Resource Manual. Edition Speechmark, p 141- 144.

L’enfant qui ne veut pas manger au service de garde

Sylvie Garceau, TEE

Février 2015

www.avecl’enfant.com

Vous êtes éducatrice d’un groupe d’enfants âgés d’environ 3 ans, depuis septembre dernier.  Vous remarquez qu’un d’entre eux, Thomas, refuse de manger les repas qui lui sont présentés.  Sans vous inquiéter, vous lui avez laissé le temps de s’intégrer au groupe.  Toutefois, la situation perdure et vous commencez à vous préoccuper de son alimentation. Vous ne savez pas comment réagir, mais vous aimeriez bien pouvoir dire à ses parents le soir venu, que Thomas a mangé aujourd’hui.

Pistes de réflexion:

-Le goût se développe selon le rythme de l’enfant et selon des étapes. (Observer, sentir, toucher, goûter, manger et finalement manger l’aliment avec plaisir).

-Le goût se développera à travers des expériences positives vécues par l’enfant.

-La  néophobie alimentaire: étape normale du développement que l’enfant traverse entre 2 et 10 ans.  Période caractérisée par la réticence ou la peur envers les aliments qu’il ne connait pas.  L’enfant va trier les aliments de son assiette ou refuser de les manger.

-L’enfant peut être exposé à un nouvel aliment entre 15 et 20 fois avant de le goûter.

-Le repas doit comporter environ 3 aliments, ainsi l’enfant peut faire un choix.

-Le dessert fait partie du repas et il doit être composé d’éléments nutritifs.

-La faim et l’appétit peuvent varier selon les moments de la journée, les jours ou les semaines.  Ils sont influencés par différents facteurs.

-L’enfant peut affirmer son autonomie par le refus de la nourriture.

Comportements éducatifs à adopter:

-Vérifier auprès du parent l’appétit de l’enfant à la maison.

-On ne doit pas insister pour que l’enfant mange ou goûte un aliment. Présenter le repas et proposer d’y goûter.

-Présenter plusieurs fois le nouvel aliment à l’enfant au fil des jours et des semaines.

-Offrir à l’enfant une ambiance positive lors des repas favorisant les interactions.

-Être un modèle pour l’enfant quant à l’appréciation des aliments.  Votre plaisir à manger pourra l’inciter à goûter.

-Laisser l’enfant faire le choix de ce qu’il désire manger dans son assiette.

-Laisser de 20 à 30 minutes à l’enfant pour manger.

-Éviter la présence des écrans lors des repas.

-Offrir à l’enfant des accessoires adaptés et porter une attention à la grandeur de l’assiette.  Une trop grande assiette pourrait décourager l’enfant.

-Vous pouvez couper en petits morceaux l’aliment nouveau dans l’assiette de l’enfant, ainsi il pourra l’apprivoiser à son rythme.

-Féliciter seulement les efforts de l’enfant.

-Si l’enfant ne mange pas, retirer l’assiette sans ajouter de mots ou d’expressions du visage.

-Servir de petites portions à l’enfant et lui permettre d’en reprendre.

-Servir à boire à l’enfant qui a un petit appétit, seulement après le repas.

-Ne pas priver l’enfant de dessert ou ne pas utiliser celui-ci comme récompense. (L’adulte pourrait ainsi proposer une mauvaise compréhension de l’alimentation: repas principal=négatif, dessert= positif.)

-Proposer la même portion (1 portion) de dessert peu importe la quantité qu’il a mangé au repas principal.

-Proposer de réaliser des activités culinaires avec les enfants.  Ils participeront à la découverte culinaire avec plaisir.

-Respecter le goût, la faim et la satiété des enfants.

-L’adulte détermine des règles claires à la période des repas (ex: demeurer assis à la table pour le repas).

-Avant de servir l’enfant, vous pouvez lui demander s’il a une grosse, une moyenne ou une petite faim.  Ainsi, on évite le gaspillage et on permet à l’enfant de prendre conscience de sa faim.

-Nommer les aliments et discuter avec les enfants des caractéristiques et de la provenance de ceux-ci.

Toutefois, vous devez toujours garder en tête que chaque enfant est unique et il se développe à son rythme.  Donc, il va s’alimenter selon cette même règle.

Également, il est important de retenir que si la santé générale de l’enfant vous inquiète, vous devez en parler avec le parent, il se pourrait que la consultation d’un professionnel soit nécessaire.

Bon appétit à tous!!!

Texte inspiré des références suivantes: www.nospetitsmangeurs.org, www.enfant-encyclopedie.com,

www.extenso.org, Cadre de référence du programme: Gazelle et Potiron.

Les goûts et caprices alimentaires des tout-petits

Je suis responsable en milieu familial la période de dîner est devenue un moment de tension et de réprimandes. Je leur demande de rester assis et de tout manger. Suis-je trop exigeante ?

Le petit fouineur de 18 mois

Le petit trottineur fouine, explore, s’active à découvrir son environnement fort de son habilité à marcher. Il est beaucoup plus intéressé à se lever pour constater ce qui se passe autour de lui que de demeurer assis à déguster ce que l’adulte lui propose. L’adulte s’inquiète de la quantité de nourriture ingérée par le fouineur. Il faut faire confiance à l’enfant et lui offrir des aliments dotés d’une grande richesse nutritionnelle sans exercer de pression ou faire de chantage. Il a tendance à imiter ses petits amis. Il est donc astucieux de placer un petit mangeur près d’un bon mangeur. Cette stratégie agit comme un incitatif et préserve le caractère agréable du moment du repas.

Le décideur de 2 ans

Il veut tout décider même le menu des repas. Il change d’idées rapidement, se montre autoritaire et très capricieux. Il réclame le même aliment jour après jour, il adore les rituels qui le sécurisent. Il peut même perdre l’appétit si on change le décor, les rites. Voici les attitudes éducatives à adopter auprès du petit décideur:

  1. Évitez le chantage ou les menaces. Des recherches ont démontré que menacer l’enfant d’enlever le dessert pour qu’il mange, diminue peu à peu l’envie de manger.
  2. La période du repas ne doit pas être un moment de disputes et de batailles. On offre une variété d’aliments à l’enfant et on invite l’enfant à y goûter. Après quelques minutes, si rien ne se produit on ne dispute pas. On félicitera les enfants qui goûtent. La collation nourrissante en après-midi saura combler les besoins nutritionnels de l’enfant.
  3. Organisez la période du repas avec des rituels sécurisants: même place à table, mêmes couverts, heures fixes, napperons personnalisés.
  4. Installez une atmosphère détendue: musique douce, causerie, temps nécessaire.
  5. Redonnez les aliments aimés par les enfants si les aliments les nourrissent bien.
  6. Évitez de forcer l’enfant de finir l’assiette, offrez de petites quantités.

Le sociable de 3-4 ans

Heureusement, la période des caprices et des crises est transitoire. À 3-4 ans, l’enfant refuse encore certains aliments mais ses préférences sont moins marquées. Il aime la nouveauté, les jours de fête, les mises en scènes fantastiques où l’imaginaire lui fait oublier son manque de goût pour certains légumes. Il est de plus en plus autonome, manipule la fourchette et prend moins de temps à manger. Il tente de négocier les portions. Les mots-clés pour garantir des échanges constructifs et une atmosphère détendue: participation, imagination et nouveautés. Voici quelques attitudes susceptibles de favoriser la bonne alimentation chez le petit sociable:

  1. Faites participer l’enfant: laver la table, mettre les couverts.
  2. Faites des activités culinaires.
  3. Profiter de cette période où le goût de la nouveauté est présent pour introduire de nouveaux aliments.
  4. Proposez des aliments variés mais simples. Évitez les ragoûts, les repas en sauce ou en casserole qui peuvent être visuellement moins attirants.

Et bon appétit dans le plaisir!

Mensonge ou vérité déguisée : pourquoi l’enfant trafique-t-il la vérité ?

Mon enfant de 4 ans raconte des histoires invraisemblables. Je me demande pourquoi il dit ces mensonges et quoi faire pour lui apprendre à dire la vérité.

Le petit trafique la vérité, il invente. Il est en train d’apprendre la distinction entre le réel et le faux. Ce n’est qu’avec la pensée opératoire concrète vers 7 ans qu’il sera capable de reconnaître la fantaisie, la fiction et de la distinguer de la réalité. L’enfant raconte des histoires invraisemblables pour jouer avec les mots, pour attirer l’attention, pour cultiver une image positive (pensons aux prises extraordinaires des pêcheurs …) ou pour éviter d’être puni. Il faut éviter de porter un jugement moral sévère envers le petit. L’adulte doit décoder la vérité derrière le mensonge. Lorsqu’il dit à son ami qu’il possède lui aussi un chien alors qu’il n’en est rien, l’adulte répond: tu voudrais bien avoir un chien. Lorsqu’il prétend être tel ou tel personnage fort, tout-puissant, l’adulte peut utiliser la théâtralité, «tu joues à être …et moi je joue à être … aide-moi mon héros». On évite de ridiculiser l’imaginaire de l’enfant qui évolue à travers les jeux symboliques. Le parent qui félicite le courage de celui qui avoue son mensonge encourage son enfant à dire la vérité. L’enfant aura à réparer son geste. L’enfant embellit ses exploits ou prétend avoir réussi ou fait quelque chose avec laquelle il est moins habile, il parle de son besoin d’être encouragé et reconnu dans ses forces.

Comme parent délivrons des paroles justes, ayons le courage de la vérité, nous enseignons ainsi à nos enfants l’authenticité.
( texte les vérités de Pinocchio, Magazine Enfants Québec)

Le collé-collé de Chloé

Chloé 4 ans fréquente mon milieu de garde depuis plus de quatre mois. Elle me suit constamment, s’assoit sur moi dès que je m’arrête, me prend la main. Elle me répète qu’elle m’aime, qu’elle me trouve belle. Cet amour envahissant m’épuise et m’inquiète. En effet, elle ne prend pas contact avec les autres enfants. Elle tolère leur présence mais ne joue pas avec eux. Que puis-je faire ? Elle a pourtant des parents très affectueux et présents.

Trois objectifs d’intervention s’imposent : développer un sentiment de sécurité, faire une mise à distance progressive et enfin stimuler la création de liens avec les pairs.

1. Développer un sentiment de sécurité

  • Assurez-vous que les parents se sentent en confiance avec les services de garde offerts à leur enfant. Ont-ils des inquiétudes ? Les parents peuvent aussi exprimer à leur enfant la confiance qu’ils ont face à l’éducatrice « Je sais que tu vas bien t’amuser avec Julie et qu’elle saura bien prendre soin de toi ».
  • Sécurisez l’enfant lors des transitions, des déplacements et des remplacements de personnel à la garderie.
  • Parlez du sentiment d’amour qui existe au-delà du contact physique étroit. L’amour continue malgré les distances. On peut demander à l’enfant de nous dire quelles sont les personnes qu’il aime. On inscrit le nom sur un petit cœur découpé. Tous les petits cœurs sont par la suite collés sur un grand cœur qui représente le cœur de l’enfant. On lui fait remarquer qu’elle continue d’aimer maman, papa, frérot même s’ils ne sont pas à côté d’elle. On lui fait aussi remarquer qu’il y a beaucoup de places dans un cœur pour aimer beaucoup de gens. Ainsi, l’éducatrice aime les membres de sa famille, ses amies et tous les enfants de son groupe. Elle pense à eux même la fin de semaine à l’extérieur du CPE. L’amour est « élastique » et les sentiments continuent d’exister même à distance.

2. Mise à distance progressive

  • Évitez de repousser l’enfant. Vous pouvez l’inviter à s’asseoir à côté de vous plutôt que sur vous ou encore l’inviter à jouer avec vous auprès des autres enfants. Une mise à distance brusque provoquera de l’insécurité et l’enfant manifestera son besoin de rapprochement encore plus intensément.
  • Invitez l’enfant à accomplir une petite tâche, un jeu, soutenez-le puis retirez vous quelques minutes. Par exemple : « fais une tour de 3 blocs avec moi » puis « fais une autre tour de 5 blocs et je reviens te voir ». Augmentez progressivement le délai du retour à l’enfant.
  • Soutenez l’enfant en maintenant le lien à distance par un sourire, un baiser soufflé, un clin d’œil ou autre marque d’affection. Faites remarquer à l’enfant votre façon d’entretenir la relation.
  • N’oubliez pas il faut s’attacher pour devenir capable de se détacher. La complicité que vous établissez avec l’enfant deviendra une source de sécurité intérieure et lui donnera l’élan pour aller vers les autres.

3. Intégration au groupe d’enfants

  • Jouez en parallèle avec l’enfant en soulignant votre intérêt pour son choix de jeu. Imitez l’enfant dans sa façon de jouer. Vous lui indiquez ainsi que vous trouvez intéressant ce qu’il fait. Valorisez-le.
  • Lorsqu’un autre enfant se joint à vous, nommez de nouveau votre intérêt pour l’enfant et son jeu. Vous projetez ainsi au pair une image positive de l’enfant isolé. Faites remarquer à l’enfant isolé l’intérêt de l’autre enfant pour son jeu.
  • Agissez en tant qu’agent de liaison « Regarde Chloé, Julien aussi veut dessiner comme toi. Vous êtes capable d’échanger vos crayons de couleur ». Lorsque vous observez qu’un lien s’établit entre les deux enfants, retirez vous. Revenez au bout de quelques minutes de jeu et soulignez votre joie de constater qu’ils jouent bien ensemble.
  • Soutenez l’enfant dans la prise de contact avec les petits groupes de pairs. « Chloé, tu veux jouer avec Julien et Alice. Viens on va leur demander ensemble. »

Les enfants ont besoin de soutien et d’encouragement pour développer leur autonomie affective et parvenir à s’intégrer à un groupe d’enfants.

Chaque enfant se construit à son propre rythme et le temps nécessaire à l’apprivoisement d’un nouveau contexte social varie de l’un à l’autre. Faites comme le petit prince qui sut prendre le temps pour apprivoiser le renard et ainsi ensoleiller sa vie.

Laissez-lui sa doudou!

Margaux 15 mois fréquente mon milieu de garde familial depuis 2 mois. Elle arrive le matin avec sa « fonfonnette », une poupée en tissu dans ses bras. Elle ne veut pas la quitter. J’ai essayé de la lui enlever, ce qui a provoqué un drame. Je veux savoir comment faire pour inciter la petite à délaisser sa « fonfonnette »

Fonfonnette est l’objet fidèle de Margaux, celui qui représente son lien avec sa maman et sa maison. Donald W. Winnicott parle d’objet transitionnel. Certains enfants choisissent une peluche, une couverture, un chandail ou un foulard appartenant à la mère. D’autres enfants préfèrent la poupée ou même une couche de coton. Les petits l’appellent souvent la doudou ou la dodo. C’est un objet doux aux odeurs familières, parfum de maman, odeur du lit, odeur de la maison.

Cet objet sert de transition entre le connu et l’inconnu, entre le monde intime de la maison de l’enfant et le monde extérieur du service de garde. Il a un effet apaisant et magique. Il aide l’enfant à se consoler des chagrins, à faire face aux nouveautés. Il rassure dans les moments d’attente ou d’incertitude lorsque l’enfant se sent seul et loin de sa mère. Il est indispensable lorsque l’enfant souffre des absences ou perçoit une menace de séparation d’avec sa mère.

D’ailleurs, c’est à 8-9 mois que le bébé commence à traîner et à demander sa doudou puisque c’est à cet âge qu’il vit les premières difficultés à se séparer. Il abandonnera progressivement sa doudou en l’oubliant dans son lit ou dans l’auto et en s’intéressant de plus en plus aux autres enfants. Mais c’est l’enfant qui sait à quel moment les adieux auront lieu. Entre 3 et 5 ans, l’objet perd peu à peu de l’attrait au bénéfice des amis. Il servira seulement à l’endormissement.

Votre petite Margaux a besoin de sa fonfonnette pour s’adapter au nouvel environnement, pour se sécuriser. L’accueil, les périodes de transition et de sieste sont des moments qui génèrent des sentiments d’insécurité. L’enfant doit donc pouvoir accéder à sa bouée de sécurité : sa doudou.

Quant aux autres périodes de la journée, on peut suggérer à Margaux de déposer « fonfonnette » sur la tablette, sur la chaise près d’elle. L’enfant a un accès visuel à sa poupée douce et sait qu’elle pourra la retrouver après le dîner, par exemple, ou après la sortie dans la cour. Vous devez préparer l’enfant aux changements, aux transitions afin qu’elle puisse progressivement anticiper les moments de vie à la garderie.
Créez un lien chaleureux avec l’enfant, une belle complicité; elle sentira qu’en l’absence de sa maman, son éducatrice est là pour elle. Ce sentiment de sécurité est un préalable au passage de la doudou aux amis. Ne vous inquiétez pas, un jour Margaux dira d’elle-même « dodo la doudou » et ira placer sa fonfonnette dans un coin pour aller s’amuser avec ses amis.

Il s’habille en princesse !

Mon fils de quatre ans se déguise en princesse. Je le vois parfois affublé d’une robe rose trimbalant un sac à main. Il s’amuse à la dînette avec les filles. Ces attitudes exaspèrent son père qui se demande pourquoi son fils se travestit. Devons-nous nous inquiéter de ces jeux de filles?

En jouant à la dînette, à la coiffure ou au pompier, le petit garçon explore les deux mondes, celui de son sexe et celui du sexe opposé. On peut parfois observer chez les filles le même phénomène. Ainsi, la fillette qui tente d’uriner debout expérimente la différence.

Le processus de construction de l’identité se fait progressivement. Les petits prennent conscience de la différence des sexes vers l’âge de 20 mois. L’enfant s’identifie d’abord à la personne la plus proche de lui; souvent la mère. Le petit garçon et la petite fille diront tous les deux qu’ils veulent devenir une maman plus tard ou encore qu’ils portent un bébé dans leur ventre. Le garçon a donc à repousser cette identité féminine pour édifier son identité masculine. On retrouve d’ailleurs quatre fois plus de travestisme infantile dans les jeux de garçons que dans ceux des filles.

Certains se déguisent en princesse ou en fée et veulent se maquiller comme maman. Il faut accepter les jeux. Peu à peu, le garçon comprend qu’il s’agit de jeux de «faire-semblant». «Tu t’amuses à te déguiser. C’est amusant de faire semblant d’être une fée, une sorcière ou un docteur. On sait tous les deux que ce n’est pas pour vrai.» En réagissant hostilement, le parent apporte une attention particulière. L’enfant peut poursuivre son voyage dans le monde des filles pour susciter l’attention, pour faire réagir, pour s’opposer.

Si, par contre, la confusion sexuelle perdure, que le garçon paraît malheureux de son sexe, dit souhaiter être une fille, nie être un garçon, ne développe pas les intérêts en lien avec son propre sexe et démontre un inconfort à un tel point qu’il veut être débarrassé de son pénis ou le cache, il est conseillé de consulter un spécialiste.