Les demandes incessantes des enfants

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Ma petite fille Léa m’essouffle à un point tel que j’en arrive parfois à regretter ma décision de rester à la maison pour elle. Trente fois, cent fois par jour, elle crie: «Maman, maman, viens voir. Maman, maman donne-moi ceci, fais cela». Elle me suit partout et m’épuise.

Vous vous sentez harcelée par les demandes variées et combien nombreuses de votre petite qui ne semble jamais satisfaite et en veut toujours plus. Vous tentez de combler ses désirs en répondant à ses appels et, épuisée par les réclamations qui n’en finissent plus, vous en venez à faire la sourde oreille. L’ignorance déclenche cependant une recrudescence des demandes puisque pour l’enfant tout est mieux que l’indifférence.

Comment alors se sortir du cycle des demandes répétitives qui génèrent l’impatience du parent et l’inquiétude de l’enfant qui s’accroche davantage?

  1. Reconnaissez vos limites
    Trop souvent, nous mettons en veilleuse nos besoins personnels pour s’investir totalement dans la parentalité. Nous oublions alors qu’au-delà du parent, nous sommes, avant tout, un être unique avec des besoins qui lui sont propres. L’éducation de nos enfants peut occasionner de la fatigue, de l’inconfort et parfois de l’irritation. Prenez conscience de vos limites et reconnaissez votre besoin de souffler sans culpabiliser. Renoncer, année après année, à ce qu’il y a d’important pour nous amène de la frustration et l’impression d’un sacrifice dont les enfants nous sont redevables. «Quels ingrats, avec tout ce que j’ai fait pour eux!» L’essoufflement du parent indique un besoin, celui d’exprimer ses limites. Lorsque vous sentez l’irritation vous gagner, exprimez clairement à votre enfant votre limite. «Non, je ne joue pas avec toi maintenant, tu attends. J’ai besoin de faire une activité de grande personne; après j’irai te voir.» Peu à peu, les enfants apprendront à tolérer les délais et à reconnaître que, dans la vie, on ne peut avoir tout ce que l’on veut.
  2. L’autonomie, ça se développe!
    Aidez votre enfant à développer son autonomie. Donnez-vous des objectifs simples à réaliser avec votre enfant. Dix minutes de dessin ou autre activité choisie par l’enfant pendant que vous vous permettez un peu de lecture, un bon café, un bain moussant. Félicitez-le: «Tu as trouvé toute seule les couleurs pour ton dessin.» ou «Tu as été capable de réaliser telle ou telle chose toute seule. Je suis fière de ma grande fille.» Augmentez progressivement le temps à jouer seule.
  3. L’importance des câlins
    Passez du temps avec votre enfant juste pour le plaisir d’être ensemble à ne rien faire sauf se bercer, se câliner. Cette dose quotidienne de tendresse est soulignée à l’enfant. «Tu vois, on est si bien ensemble à se dire combien l’on s’aime. C’est notre pause tendresse à nous deux.» En milieu de garde, nous observons des résultats positifs de cette injection d’amour. Derrière les demandes incessantes de l’enfant, il y a un besoin d’attention. La disponibilité complète de l’adulte durant cette pause tendresse rassure l’enfant et répond à son besoin d’attention et d’amour.

Osez déléguer et exprimez votre besoin de souffler et de vous accorder du plaisir, vous le méritez!

Petit malade… imaginaire ou comment décoder le vrai bobo

Nadine, 4 ans, fréquente mon milieu de garde depuis plus de six mois. C’est une enfant qui se développe bien. Elle s’exprime avec aisance et est appréciée du groupe d’enfants. Régulièrement,  elle sollicite mon attention en disant qu’elle s’est fait mal mais les bobos sont invisibles! Je la retourne donc au jeu prestement. Cette comédie dure et je ne sais plus quoi faire pour que son manège s’arrête.

Derrière ce comportement, vous avez su décoder le besoin d’attention soit celui d’être reconnu comme unique et aimé pour ce qu’il est.. Ce comportement parle d’un mal-à-dit (1)

À travers ses bobos invisibles, l’enfant nous dit qu’il a mal à son être, qu’il ne se sent pas reconnu et aimé. Ce malaise ressenti par l’enfant est légitime; peut-être trouve-t-il son origine dans sa difficulté de prendre sa place au sein d’un groupe puisque à la maison, comme enfant unique, il est le centre. Ce besoin d’attention peut aussi trouver sa source dans sa difficulté à se situer dans la cellule familiale depuis l’arrivée d’un nouveau-né ou dans le contexte d’un parent malade ou moins disponible. L’enfant a remarqué que les bobos suscitent l’attention, des soins et du réconfort; en simulant un malaise, bobo ou mal de ventre par exemple, il cherche donc à en obtenir

Les plaintes continuelles inquiètent les parents qui consultent. «Il me fait une otite.» «Il me couvre une gastro.» Ce discours ramène le malaise de l’enfant à l’adulte. L’enfant émet un message: «Remarque-moi, prends soin de moi, je suis inquiet de la place que j’occupe maintenant dans ton cœur.» Le constat de bonne santé émis par le médecin et le temps perdu à attendre à la clinique suscitent de l’impatience. «Va jouer, tu n’as rien. C’est assez le pleurnichage!» L’enfant en quête d’attention cherchera à nouveau à transmettre son message.

Il faut donc décrypter le message et donner à l’enfant une réponse à son besoin exprimé maladroitement. «Je ne vois pas ton bobo. J’ai l’impression que tu me parles de bobo pour que je prenne soin de toi. Tu sais, il n’est pas nécessaire d’être malade pour être aimé. Tu peux dire prends-moi, berce-moi, viens jouer avec moi, remarque ce que j’ai accompli, console-moi ou rassure-moi.»

D’autres enfants ont observé de la fierté chez leurs parents, lorsqu’ils se blessent à cause de leurs prouesses. Agacement du parent qui doit se rendre à la clinique pour des points de suture mais aussi fierté face au petit casse-cou qui se montre intrépide, aventureux et imaginatif. Ces blessés légers de l’exploration se distinguent bien de ceux qui se mettent en danger à répétition pour qu’on soit obligé d’agir. Ces blessés graves du manque d’amour ont besoin d’une aide psychologique qui se penchera sur le fonctionnement de la famille.

Derrière les petits bobos, il y a les petits bisous et surtout la nécessité d’une reconnaissance du besoin d’être reconnu et d’un apprentissage à exprimer clairement le besoin d’être sécurisé face à l’amour.

(1) Expression utilisée par Salomé.

Un petit clown

Jean-Luc, quatre ans et demi, tire la langue, fait rire les enfants avec des mots rigolos, cache des objets ou les ustensiles au repas en prétextant qu’il en manque. Ses pitreries dérangent parfois le fonctionnement du repas ou des transitions. Il aime bien jouer des tours. Je le réprimande sans résultat. Il continue à faire le clown devant les autres.

Jean-Luc se montre espiègle et joue la comédie pour attirer l’attention des pairs et de l’adulte. Le petit clown devient le centre d’attraction, on rit ou on le gronde mais on le regarde. Le regard des autres l’aide à se sentir apprécié. Il se distingue des autres, on le remarque, il sent qu’il a une place à part entière dans le groupe. Le bouffon est en quête d’attention, il a besoin de s’assurer de l’amour que les autres lui portent. D’ailleurs, certains comiques se montrent particulièrement amusants lorsqu’ils se retrouvent dans une situation gênante. Ils sauvent la face en faisant rire les témoins de leur bêtise.

Les bouffons sont très sensibles aux autres. Ils observent les interactions autour d’eux, remarquent les détails et décodent bien les autres. Ils sont très sensibles à ce que les autres pensent d’eux. Ils ont un grand besoin de reconnaissance. Il est donc essentiel de préserver leur dignité lors des interventions. On doit l’inviter à nous rejoindre en privé et lui expliquer que ses petites folies ont amusé les amis mais les ont aussi empêchés de faire tel ou telle chose. On lui exprime ainsi notre affection et l’amène peu à peu à prendre conscience de l’impact négatif des pitreries à telle occasion.

Il faut mettre en place des situations où l’enfant peut divertir les autres sans provoquer un effet de contagion pouvant nuire à la sécurité ou au fonctionnement du groupe. Le bouffon appréciera les jeux de théâtre, de rimes, de marionnettes où il pourra laisser libre cours à sa comédie. Les causeries en groupe, les échanges avec l’éducatrice amusée par ses propos seront aussi des occasions où le petit clown pourra faire rigoler et se sentir aimé.

Les réprimandes publiques, les punitions devant le groupe ne feront qu’amplifier son besoin d’être apprécié par les autres. Plus il se sentira aimé, reconnu moins il cherchera à être le point de mire. N’oubliez pas qu’il tient avant tout à maintenir le lien privilégié qu’il entretient avec vous.

D’ailleurs, un peu de folie collective détend et dédramatise. Alors rions un bon coup lorsque la sécurité est préservée. L’éducatrice qui rit avec les enfants lorsque la situation s’y prête accorde l’attention positive et soustrait le clown de l’attention négative des réprimandes qu’il recherche parfois dans sa quête d’être le point de mire.

Enfant étiqueté, enfant rejeté. Décoller l’étiquette (partie 2)

Il y a de ces mots qui me gèlent lorsque je les entends. De ces mots qui cristallisent une réalité en la figeant immuablement. Ils tombent comme le couperet d’une guillotine sur le cou du condamné.

« Ah! il ne changera jamais celui-là. Il mordait chez les trottineurs. Maintenant, il frappe. C’est un agressif. » « Ça doit être Jonathan encore. »

Cet étiquetage avance à contre-courant du mouvement progressif de l’enfant qui par définition est un être en développement.

Cet étiquetage laisse des cicatrices ouvertes puisqu’il nuit à l’estime de soi de l’enfant. Non seulement les mots répétés parfois tout bonnement portent atteinte à la dignité de l’enfant mais ils s’inscrivent peu à peu dans ce qu’il fait partie de lui. Il s’identifiera progressivement à ce Jonathan le tannant, et se forgera une identité négative.

L’enfant étiqueté est avant tout un enfant à défi particulier qui exprime un besoin. Ce décodage requiert de l’observation, de la sensibilité et surtout de l’empathie.

Esther a observé la difficulté que Jonathan éprouve à exprimer son mécontentement. Il utilise les cris, les poussées pour exprimer une frustration. Il a besoin d’apprendre à reconnaître sa colère et à trouver les mots pour l’exprimer. Esther souhaite soutenir Jonathan dans cet apprentissage. Cette démarche requiert du temps, de la patience, du suivi et peut-être du soutien de la part de son équipe de travail. Ce travail de soutien au développement repose sur la conviction profonde qu’être éducatrice c’est assumer un rôle de guide auprès de l’enfant. John Bradshaw(1) parle « des maîtres pleins d’âme qui intuitivement amènent l’enfant vers un monde de connaissance élargi ».

Lorsqu’une éducatrice dit à un enfant : « Il ne change pas celui-là, c’est un agressif » c’est de son impuissance qu’elle parle.

Voici quelques stratégies pour sortir du cercle pernicieux de l’étiquetage :

  1. Soyez honnête avec vous-même et reconnaissez que tel enfant vous irrite. L’enfant a un tempérament bien à lui au même titre que l’éducatrice. L’adaptation au tempérament de l’autre représente tout un défi. Un enfant ayant des besoins très différents de l’éducatrice peut générer chez celle-ci un sentiment d’impuissance. Il lui est en effet difficile de décoder, de comprendre l’enfant qui fonctionne sur un mode opposé au sien. Il est aussi possible de vivre certains heurts relationnels lorsque l’enfant devant nous possède une caractéristique spécifique qui s’apparente à l’une des nôtres que l’on n’apprécie guère. L’impatience de l’un se bute à l’impatience de l’autre ou la lenteur d’exécution de l’enfant ralentit davantage l’éducatrice qui fonctionne mieux elle-même lorsqu’elle n’est pas bousculée. L’enfant n’a pas développé à son jeune âge des capacités adaptatives et une empathie pouvant l’aider à faire face au tempérament particulier de l’adulte, il est donc de la responsabilité de l’adulte de s’ajuster avec sensibilité aux différences individuelles des enfants.
  2. Identifiez clairement ce qui vous impatiente en terme de comportements observables (fréquence, déclencheur, durée, intensité).
  3. Cherchez à décoder le besoin de l’enfant. Que cherche-t-il à exprimer? Besoin de sécurité, d’attention, d’apprendre une façon prosociale d’agir, etc.
  4. Identifiez les forces de l’enfant.
  5. Si ces deux dernières étapes vous semblent irréalisables, demandez de l’aide. Vous avez besoin d’un regard objectif pour vous mettre sous le mode « empathie ».
  6. Mettez en place un plan de soutien au développement et persistez. Il faut 4 à 6 semaines pour évaluer les impacts d’un plan de soutien au développement.

Au quotidien

  • Évitez d’intervenir à distance. Les « Jonathan » criés à haute voix et à répétitions invitent les autres enfants à le cibler comme le « coupable » de tout acte répréhensible survenu dans le groupe.
  • Échangez avec les parents afin de mieux comprendre l’enfant.
    · Remarquez ses tentatives d’entrer en lien avec vous, ses bons coups.
  • Cherchez à modifier la perception des enfants du groupe à son égard en le valorisant à voix haute.
  • Soulignez le plaisir que vous éprouvez ou qu’un copain a éprouvé à jouer avec lui.
  • Évitez de statuer sur l’avenir de l’enfant. Nul ne peut prédire la trajectoire qu’il prendra à l’école ou à l’adolescence. Il existe certes des comportements qui placent l’enfant dans des trajectoires à risque. Mais n’oubliez pas que l’intervention précoce est un antidote puissant. Laissez les prédictions aux horoscopes.

Honorez le principe même de vie celui de l’élan naturel et progressif de l’enfant. Croire au potentiel de croissance de l’enfant c’est lui insuffler la confiance en soi et surtout enraciner l’attachement essentiel à la relation éducative.

À lire aussi Un enfant étiqueté, enfant rejeté (partie 1)
Par Josée Lespérance

(1) Bradshaw, John (1995) Le défi de l’amour. Aimer de toute son âme. Le Jour Éditeur.

Quand les coups et les cris sont plus rapides que les mots: l’agressivité chez les trottineurs.

Sylvie Bourcier, Intervenante en petite enfance

Lyne Archambault, Éducatrice et formatrice

Novembre 2013

www.aveclenfant.com


L’agressivité chez les trottineurs[1]

C’est entre 12 et 24 mois que l’on retrouve le plus haut taux d’agressions physiques. Le petit fonctionne d’abord par essai et erreur. C’est une boule d’énergie qui jouit de sa récente mobilité et découvre l’autonomie qu’elle lui procure. Il répète ses gestes pour voir comment son entourage réagit à ses actions. Il observe ces réactions avant de faire des déductions, des liens de cause à effet, pour comprendre par exemple que quand il frappe, se parents sont mécontents. Quant les conséquences demeurent stables, l’enfant âgé de 18 mois à 2 ans intègre l’information grâce à la maturation cognitive.

La stabilité et l’expressivité des réactions lui permettent peu à peu de découvrir que tel comportement provoque le mécontentement de l’adulte, et même la colère. Pourtant, ce décodage n’assure pas l’obéissance.

Les enfants, dans leur deuxième année de vie, obéissent aux règles 45% du temps. La rencontre avec l’interdit caractérise cette étape. Le désir d’autonomie, exacerbé par les habiletés motrices grandissantes, se heurte au contrôle exercé par les adultes qui détectent les dangers. Souvent, cela commence lors des aventures du petit fouineur, qui réagit aux interdits en se jetant par terre, en tapant des pieds, en lançant des objets. Il veut prendre sa place et tout décider, mais il craint aussi, une fois la rage passée, de perdre l’amour de ses parents ou éducateurs.

Bien qu’il soit capable vers 18 mois, d’intérioriser quelques interdits, il éprouve souvent des difficultés à maitriser ses envies. Ses mécanismes d’autocontrôle sont immatures et se développent tout au long de la petite enfance. On observe donc à cet âge, des petits qui disent « non » en faisant précisément ce qui est interdit. Il ne faut pas interpréter cette attitude comme de la confrontation mais bien l’expression du besoin qu’il éprouve à se faire aider pour freiner son geste face à la tentation.

Le nombre élevé d’agressions physiques s’expliquent donc en partie par l’immaturité des mécanismes d’autocontrôle, le nombre grandissant de frustrations reliés aux interdits face au fouineur intrépide.

De 12 à 18 mois, l’enfant commence à déchiffrer le langage. Il utilise quelques mots puis peu à peu des phrases de deux mots apparaissent. Il pourra alors si on lui enseigne utiliser les mots pour exprimer sa colère ou ce qu’il veut. L’utilisation du langage contribue à la baisse des agressions physiques. Mais tant qu’il n’a pas accès au langage il utilise son corps pour s’exprimer. Il lance ou court pour dire qu’il est excité, il lance ou trépigne pour dire qu’il est fâché, il tire ou pousse pour prendre, il mord pour faire fuir « l’ennemi ». Les conflits de possession et de territoire se concluent souvent par des cris et des larmes. Il a besoin de l’adulte pour reconnaître et identifier ce qu’il ressent, y apposer un mot et surtout le soutenir à travers ce grand flot d’émotions qui le submergent. Plusieurs stratégies peuvent aider le petit à faire face à  ce qu’il ressent et l’aider à petits pas à intégrer les normes sociales. Lyne Archambault, éducatrice en pouponnière vous en propose :

Sylvie Bourcier

Intervenante en petite enfance

 

1-Interdire clairement avec constance les gestes répréhensibles et rediriger l’enfant vers  une station de défoulement positif toujours à sa disposition.

2-Observer pour comprendre OÙ ? COMMENT ? POURQUOI ? VERS QUI ?et QUAND? L’enfant manifeste l’agressivité.

3-Éviter la proximité entre les petits.  L’encourager quand elle se produit avec notre supervision mais ne pas la prendre pour acquise.

4- Avec un cerceau ou une boîte pour chaque enfant identifié avec  sa photo créer sa bulle pour qu’il se retrouve…Parfait pour l’habillement pour nos sorties, pour les transitions (après le dîner quand les petits sont fatigués et moins patients par exemple).

5-Sur une table réservée à cet effet : coller des jeux en formant 4 stations que vous changerez en cours d’année afin d éveiller et stimuler la curiosité et la nouveauté chez les petits. (Avec du papier collant pour les livres de couleurs les jeux collent à merveille et des antidérapants sous les pattes de table pour éviter que la table se déplace).

6-Travailler les possessions avec les petits À TOI ! et À MOI! Les soutenir dans l’attente du jeu désiré et en posséder plusieurs identiques. Son temps de jeu est souvent court alors on peut vite le proposer à l’ami qui attend.

7-Pour l’ami qui tape : Lui offrir avec constance un coussin à taper, un fantôme suspendu au temps de l’halloween  par exemple , créer une station d’objet à taper dans votre environnement avec plaisir et défoulement positif.

8-Pour l’ami qui tire les cheveux : Lui faire une station de coiffure et de touche-doux,   valorisez ses talents de coiffeur.

9-Pour l’ami qui mord : Lui offrir sa suce,  un anneau de dentition suspendu avec son attache à suce juste pour lui. Avoir en main plusieurs anneaux pour chaque ami. Valoriser son défoulement  positif sur son anneau refroidi. Portez en un pour vous aussi!  Prenez vite ce problème en main pour ne pas que ce geste devienne une épidémie dans le groupe.

10-Voici quelques-uns de mes trucs que j’ai partagés avec vous. Soyons créatives  et     proactives, faites-vous confiance pour demander de l’aide et du support à votre équipe si nécessaire. Expérimentez et observez les petits afin de mieux les comprendre et visez juste afin d’améliorer les comportements sociaux chez  les 18 mois.

 

Lyne Archambault
Éducatrice, formatrice

 

 

 


[1] Extraits de L’agressivité chez l’enfant de 0 à 5 ans. Sylvie Bourcier. Éditions du Chu Sainte-Justine, 2008 et inédit.

Discuter d’une difficulté de Zoé avec son parent…le cadre de porte: une stratégie à éviter! Stratégies à privilégier.

Linda Gagnon, psychologue et consultante petite enfance

Octobre 2012

www.aveclenfant.com

Source : Traduction libre. Center on the social foundations for early learning, www.csefel.uiuc.edu, Module 1.

Prenons-nous le temps de planifier nos propos avant d’aborder une difficulté vécue par un enfant auprès de ses parents?  En choisissant de le faire, nous pourrions limiter bon nombre d’écueils relationnels liés à des interprétations erronées et à des réactions de défenses.  N’hésitons pas inscrire nos idées avant de les présenter aux parents, il y a des moments où l’organisation de nos idées s’avère nettement plus efficace que l’improvisation!

 

1- Dès les premières minutes, être claire en ce qui a trait à l’habileté que vous souhaitez que l’enfant développe.

2- Exprimer les avantages que l’enfant retirera de l’acquisition de cette habileté. Identifier vos inquiétudes envers l’enfant.

3- Demander aux parents s’ils vivent une situation similaire.

4- Indiquer aux parents que vous souhaitez travailler en équipe pour développer l’habileté de l’enfant.

5- Décrire aux parents les incidents, seulement lorsqu’ils est clair que l’objectif est d’aider l’enfant et non de les blâmer.

6- Proposer aux parents d’identifier ensemble des stratégies pour aider l’enfant, tant à la maison qu’à la garderie.

7- Mentionner aux parents que pour développer des habiletés, l’enfant a besoin :

 

Voici concrètement à ce que ces sept stratégies en action peuvent ressembler.

1- Dès les premières minutes, être claire en ce qui a trait à l’habileté que vous souhaitez que l’enfant développe.

« Joshua doit se pratiquer à faire des belles demandes : «  les mains sur ses jambes », lorsqu’il veut obtenir quelque chose. »

ÉVITER d’amorcer la discussion en exprimant votre sentiment d’exaspération.

« J’ai tout essayé!  C’est trop difficile!  Vous devez faire quelque chose! »

 

2- Exprimer les avantages que l’enfant retirera de l’acquisition de cette habileté. Identifier vos inquiétudes envers l’enfant.

« Le fait qu’il soit difficile pour lui de faire de belles demandes me préoccupe beaucoup parce qu’il vit beaucoup de conflits.  En devenant plus habile, les autres enfants exprimeront moins souvent  de colère envers lui  et l’accepteront plus facilement dans leurs jeux.  De plus, il recevra moins des réprimandes de ma part. Je suis convaincue qu’il passera de plus belles journées. »

ÉVITER d’amorcer la discussion, en disant que le comportement est intolérable.

« Ça n’a plus de bon sens.  Ça ne peut plus continuer comme ça, il arrache toujours les jouets ». Cela suscite de l’inquiétude quant à l’amour et à l’affection que l’éducatrice porte à l’enfant.

 

3- Demander aux parents s’ils vivent une situation similaire.

« À la maison, est que Joshua vit des difficultés en ce qui a trait aux demandes? »

ÉVITER de demander aux parents pourquoi d’après eux l’enfant agit de cette façon.

« Est-ce qu’il s’est passé quelque chose à la maison? »  Le parent se dit alors : « Elle pense que c’est notre faute ».Cela suscite une attitude de défensive.

 

4- Indiquer aux parents que vous souhaitez travailler en équipe pour développer l’habileté de l’enfant.

« Afin de mieux aider Joshua à faire des belles demandes, j’ai pensé que nous pourrions travailler ensemble.Nous pourrions l’observer au cours des prochains jours et la semaine prochaine, échanger nos idées sur les meilleurs moyens à expérimenter pour le soutenir et l’encourager »

ÉVITER d’indiquer aux parents qu’ils doivent prendre action.

« Je crois qu’il serait important d’être plus ferme avec Joshua lorsqu’il arrache des jouets ou des objets. »

5- Décrire aux parents les incidents, seulement lorsqu’ils est clair que l’objectif est d’aider l’enfant et non de les blâmer.

« Aujourd’hui, il voulait le verre bleu et il a tiré sur le verre plutôt que le demander.  Hier, il voulait un des wagons du train de Jasmine.  Il a oublié de faire sa demande.  Un conflit a éclaté.  Lorsque Jasmine a compris qu’il avait besoin d’un seul wagon, elle a accepté.  Ce comportement se répète au cours de la semaine. »

ÉVITER d’initier la conversation en listant les comportements dérangeants.

« Aujourd’hui, Joshua a fait pleurer deux de ses amis.  Il a encore arraché les jouets.  Il m’a arraché un verre, j’ai presque renversé le jus. Hier, il a tiré sur le livre que je lisais aux amis, il a arraché un casse-tête à un enfant de 18 mois, celui-ci est tombé par terre. Il crée beaucoup de conflits.  À tous les jours, il arrive quelque chose.  C’est épuisant »

6- Proposer aux parents d’identifier ensemble des stratégies pour aider l’enfant, tant à la maison qu’à la garderie.

« J’ai pensé que nous pourrions encourager Joshua à acquérir cette habileté en s’amusant avec lui.  Par exemple, disposer des objets devant lui comme s’il était au magasin.  L’adulte  joue le rôle du commerçant.  Joshua doit faire une belle demande en conservant ses mains sur ses jambes et en me regardant.  Lorsqu’il réussi, il gagne un jeton. Lorsque le jeu est terminé, il me remet les jetons pour un autre jeu. J’inscrirai ses réussites sur une feuille. »

ÉVITER de laisser entendre aux parents que c’est à eux qu’incombe la responsabilité de modifier le comportement ciblé.

« Moi, j’ai tout essayé.  Je ne sais plus quoi faire…Soupir! (sous-entendu : vous devez faire quelque chose) »

 

7- Mentionner aux parents que pour développer des habiletés, l’enfant a besoin :

-de support

-de pratique

-d’encouragements

« Pour qu’il soit habile à faire des belles demandes, il est important de lui offrir du soutien, de le pratiquer et surtout d’encourager ses progrès. »

ÉVITER de mentionner aux parents que pour modifier un comportement inacceptable, l’enfant a besoin :

-d’encadrement

-de discipline

-de conséquences

« Sans encadrement et sans constance au niveau des conséquences, Joshua va continuer à arracher les jouets. »

Bien sûr cela exige de prendre le temps de se préparer, toutefois que de minutes d’économiser à ne pas être stressée ou préoccupée lorsque nous travaillons en collaboration grâce à une communication professionnelle.

Sarah change de groupe, le partenariat avec le parent a-t-il été planifié dans tout cela ?

Linda Gagnon, psychologue et consultante en petite enfance

Septembre 2013

www.aveclenfant.com

Imaginez un instant que vous êtes un parent, que votre enfant fréquente une garderie et qu’à la fin de l’été, il change de groupe. Une nouvelle éducatrice, de nouveaux camarades, de nouvelles attentes et façons de faire. Avec de la chance, votre garderie, vous a annoncé à l’avance le moment du changement, cela vous a permis d’en discuter avec votre enfant et de vous introduire auprès de son éducatrice. Toutefois, tant votre horaire que celle de votre éducatrice font que vous avez peu de temps de véritables échanges avec elle. Ce qui est étrange, car cette éducatrice s’occupera de votre enfant pendant près 300 jours, ce n’est pas rien tout de même !

Qu’auriez-vous aimé lui dire concernant votre enfant qui représente votre amour et votre trésor le plus cher? Bien sûr, l’éducatrice a planifié une rencontre de parents pour se présenter et discuter des objectifs poursuivis au cours de l’année, mais cet échange est plutôt unidirectionnel car ce n’est pas le bon moment pour vous de parler des détails concernant votre enfant. Même constat pour la fin de la rencontre. Comme il se fait tard, à la sauvette, vous tenterez peut-être de transmettre quelques informations sur votre enfant en attendant votre tour…

Quel soulagement d’apprendre que votre éducatrice a préparé une fiche d’accueil avec différentes questions qui vous permet de parler de votre enfant. Le plus intéressant est qu’elle a planifié un entretien téléphonique avec chacun des parents au cours des premières semaines.

Cette journée-là au lieu de compléter les agendas, elle communique avec un ou deux parents. La collègue de votre éducatrice, quant à elle, planifie un temps d’échange avec les parents, en fin de journée, car son horaire le permet. Vous ressentez une profonde satisfaction envers l’attitude professionnelle de votre éducatrice tout en vous sentant sécurisé. L’année s’annonce très belle.

Pour développer un partenariat solide avec les parents, il vous faut miser sur leurs compétences et leurs expertises. Pour ce faire, invitez-les à compléter la fiche d’accueil de leur enfant. Une telle démarche envoie un message clair aux parents : « Je souhaite travailler en équipe avec vous et je suis intéressée à recevoir et à transmettre de l’information.» Mentionnez que les informations qu’ils vous transmettront vous seront précieuses et vous aideront à favoriser l’intégration de leurs enfants. La très grande majorité des parents sont heureux et fiers de partager leurs connaissances au sujet de leur enfant. Ils représentent de véritables mines d’informations pour vous aider dans votre tâche, à vous d’expérimenter!

Création d’une fiche d’accueil

Voici une liste de questions, dans laquelle vous pouvez puiser pour construire votre fiche d’accueil. Choisissez celles qui vous inspirent et ajoutez-en de nouvelles!

Sources :

Programme de formation en garde familiale, niveau1, module 10, Fédération canadienne des services de garde à l’enfance, p.5-6

Martin, Jocelyne, Poulin, Céline, Falardeau, Isabelle. Le bébé en garderie, Presses de l’Université du Québec, 1999, p. 59.

Activités, intérêts, routine

-Les activités qu’il aime, ses jeux et jouets favoris.

-Ses personnages et ses émissions préférés, ses livres d’histoire préférés.

-Chanson qu’il aime.

-Est-il attaché à des objets : couverture, toutou, suce.

Tempérament, réactions

-Décrivez son tempérament

-Ses qualités

-Ce qui le fait rire.

-Quels sont les activités que vous aimez faire ensemble?

-Ce qui le fait pleurer. Comment apaisez-vous ses peurs?

-Ce qui le rend triste. Comment le consolez-vous consoler?

-Ce qui l’impatiente, le met en colère. Comment le calmez-vous lorsqu’il est en colère?

-Ce qu’il déteste

-A-t-il un surnom?

-Ses goûts et ses besoins alimentaires

-Ses habitudes de sommeil, son rituel de dodo;

-Est-ce qu’il prononce des mots, aime-t-il parler?

Apprentissages : succès et défis

-Est-ce que l’enfant est dans une période d’apprentissage particulière (ex. : apprentissage à la propreté; utilisation des ustensiles)?

-Ses réussites (nouvelles habiletés maîtrisées) au cours des dernières semaines.

-Les défis à relever au cours des dernières semaines, (ex. : il doit se pratiquer à faire des belles demandes, à enfiler ses vêtements seuls, etc.)

-Quelles sont les choses dangereuses qu’il est porté à faire?

-Quel est son état de santé (dents qui percent, otites, etc.)

Ma vie avant la garderie

-Comment se déroule une journée à la maison?

-Ses expériences de garde passées.

-A-t-il l’habitude de jouer seul ou avec d’autres enfants?

-Présentation de sa famille (parent, frère sœur)

-Les personnes importantes pour lui et les activités qu’il réalise avec elles (grands-parents, voisins, ami(e)s)

-Photos de sa famille, des personnes qu’il aime, de son animal domestique.

-Est-ce que des changements majeurs sont survenus dans sa vie ou dans celle de sa famille ces derniers temps?

Poupons

-Dans quelles positions le portez-vous?

-Si l’enfant est allaité, boit-il également au biberon? À quel moment souhaitez vous introduire le biberon?

-Sa réaction face aux étrangers?

-Comment réagit-il dans un environnement nouveau en votre présence?

Changements

-Quels sont les évènements qui ont influencé ou peuvent influencer l’humeur ou le comportement de votre enfant? (naissance, séparation, décès, départ ou absence d’une personne significative, etc.)

Un lapin pour mon petit lapin

Les services de garde sont sur le point de préparer la fête de Pâques avec les enfants. Chansons, bricolages, histoires, jeu du lapin, chasse aux trésors et bien plus encore. Pour le parent, Pâques est une belle occasion d’offrir à son petit lapin un vrai animal qui représente l’événement. Lapin, canard, chat et parfois même un petit chien.
Est-ce une bonne idée de donner à mon enfant un animal en cadeau ?

Il est toujours magique de voir notre enfant réagir devant un animal qu’il chérit, à qui il donne un nom qui parfois peut-être rigolo pour l’adulte. Nous lui offrons en échange de s’occuper de son petit animal. Le nourrir, le promener, le brosser et parfois même de ramasser les petits cadeaux de l’animal. Malheureusement, les attentes du parent sont bien grandes pour son petit lapin. Le jeune enfant préscolaire ne peut prendre soin de quelqu’un d’autre puisqu’il est lui-même dans l’apprentissage de prendre soin de soi. Son égocentrisme ne lui permet pas de comprendre et répondre au besoin de l’autre puisqu’il est centré sur ses propres besoins. Le désir est présent mais bien peu réaliste de penser qu’il peut s’engager aux besoins nécessaires à la survie de l’animal.

Lorsque le parent cède au désir de l’enfant et fait l’acquisition de l’animal, deux réalités peuvent se présenter. Le parent se retrouve avec les responsabilités que comportent l’animal et est déçu de constater la négligence de son enfant face à son désir. D’autre part, se voyant avec un surplus de tâches, le parent peut prendre la décision de laisser partir l’animal dans une autre famille. L’enfant se sent alors triste d’avoir perdu le cadeau qu’il désirait.

Par contre, la situation peut être bien différente si le parent décide de faire vivre des actions concrètes avant de faire l’acquisition de l’animal. Voici des exemples qui peuvent aider l’enfant à porter son désir :

  • Rencontrer une personne qui a le même animal désiré.
  • Aller à l’animalerie avec votre enfant pour lui faire signifier son choix.
  • Faire une recherche sur l’animal pour mieux le connaître au niveau du tempérament.
  • Rencontrer une personne qui pourrait informer l’enfant sur les soins particuliers à apporter à l’animal.
  • Offrir à l’enfant un animal en peluche représentant son désir. Mettre autour de l’animal en peluche une magie afin de construire l’imaginaire de l’enfant. Ce cadeau peut être accompagné d’accessoires comme un petit panier, couverture, plat de nourriture, etc.
  • Avoir l’occasion de vivre avec un animal une courte période, par exemple garder l’animal de quelqu’un d’autre.

Vous avez su faire porter le désir à votre petit lapin. Il est maintenant capable de réaliser son rêve avec succès …