Les parents sont les premiers inspecteurs du service de garde pour leurs enfants.

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Lyne Archambault, Éducatrice-Formatrice

Septembre 2017

Vous recherchez un service de garde qui rejoint vos valeurs pour prendre soin de ce que vous avez de plus précieux soit vos enfants et bien faites confiance à votre petite voix et à votre instinct! Que ce soit en milieu familial, en centre de la petite enfance ou en garderie privée, il est primordial que vous ayez des réponses à vos questions et que les réponses soient satisfaisantes et concordent avec vos attentes.

Je vous propose des questions à poser ainsi que des choses et des attitudes à observer lors de la visite du milieu de garde que vous convoitez.

  1. Le ratio enfant – éducatrice selon le groupe d’âge
  • 5 poupons pour une éducatrice à la pouponnière.
  • 7 ou 8 chez les 18 mois.
  • 8 pour les groupes de 2-3-ans.
  • 9-10 pour les groupes de 4-5 ans.

Il est important que le ratio soit observé pour la qualité du service de garde.

Le local des enfants contient combien d’enfants? Soyez attentifs aux sons ambiants.

  1. La cour et l’environnement extérieur

Est-ce que les enfants petits et grands vont dehors tous les jours? Hiver comme été? Est-ce que les éducatrices ont une charte pour guider leurs sorties l’hiver pour le froid et l’été pour la chaleur? Posez des questions sur l’organisation pour sortir les poupons et les petits trottineurs au quotidien. Les petits ont-ils une cour adaptée pour eux? Comment se passent les sorties? Est-ce que votre autorisation est nécessaire pour aller au parc?, etc.

  1. L’éducatrice

Son expérience et sa scolarité en petite enfance sont pertinentes.

Quand elle interagit avec les enfants qui lui sont confiés, est ce qu’elle se penche vers eux?

Est-ce qu’elle leur sourit et semble bienveillante avec eux? Est-elle attentive aux besoins de sécurité des petits, de leur confort et des sentiments de chaque enfant?

Est-ce que sa façon d’intervenir avec votre enfant et celui des autres vous convient?

Entendez- vous chanter? Le climat et l’ambiance sont-ils favorables?

Ressentez- vous les enfants en sécurité et prêts à explorer?

Quels sont les moyens de communication avec l’éducatrice de mon enfant?

Est-ce que l’éducatrice signale ses intentions pédagogiques sur un tableau? Note-t-elle le thème du mois? Le thème choisi part-il des intérêts des enfants de son groupe?

Est-ce que les enfants sont observés quand ils explorent?

Est-ce qu’elle se montre disponible pour tous les enfants de son groupe?

Est-elle prête à nous rencontrer pour échanger sur notre enfant?

Fait-elle signe de discrétion? Si elle discute avec vous de la situation d’un autre enfant, elle pourra sans doute raconter votre histoire aux autres aussi.

  1. L’environnement

Le local où votre trésor évoluera est-il stimulant avec des jouets à la hauteur des enfants pour faciliter son autonomie et stimuler sa curiosité? Des œuvres et des images décorent-ils le local pour le rendre chaleureux? Est-ce que le matériel est en bon état et varie selon les goûts et les intérêts des enfants?

La cuisinière est-elle disponible pour répondre à vos questions sur l’alimentation et à vos besoins particuliers d’allergies?

Comment se passe le repas? Le poupon sera-t-il pris pour son boire? Et aider pour s’alimenter?

Est-ce nous aurons une rencontre pour partager les différents besoins de notre petit afin de poursuivre la conciliation milieu de garde et maison ainsi que de planifier son intégration?

Comment ça se passe quand mon enfant fait de la fièvre? Est-ce qu’il y a un protocole pour les enfants malades?

Le service de garde est-il ouvert à vos visites impromptues ? L’ouverture et la transparence du milieu sont des bons signes. Posez vos questions et n’hésitez pas à faire rassurer vos inquiétudes. Vous êtes les mieux placés pour savoir ce qui convient le mieux à vos petits.

L’éducatrice passera beaucoup de temps auprès de votre petit, soit 50 heures environ par semaine. Elle doit gagner votre confiance et gagner le cœur de votre trésor. Ensemble, vous formerez une équipe gagnante pour le bonheur de vos enfants. Quand votre petit est heureux les parents vont au travail le cœur léger, ce qui est souhaitable pour tous!

                   Bonne visite, bonne recherche et bonne chance!

Le ratio dans un service de garde, facteur de qualité…

Le ratio dans un service de garde, facteur de qualité…

 

Le CPE Des temps Sombres se questionne sur la capacité de garder les ressources qu’ils ont mises en place pour maintenir une qualité dans leur service de garde. En effet, la direction travaille à limiter les dégâts depuis l’annonce de différentes coupures dans les milieux. Le conseil d’administration reconnait que plusieurs caractéristiques sont importantes pour maintenir un service de garde de qualité dans les groupes tels que :

Un rapport adulte-enfants : Il est démontré que le respect des ratios dans les groupes en milieu garde favorise l’attachement plus étroit entre l’enfant et l’éducatrice, il est aussi observé que l’agressivité est moindre entre les enfants.

Des petits groupes : En petit groupe, les jeunes enfants parlent, collaborent et se comportent mieux qu’au sein d’un plus grand groupe.

Formation de l’éducatrice : Une éducatrice titulaire d’un diplôme collégial ou universitaire en petite enfance sait mieux répondre au réel besoin, sait animer des activités stimulantes en lien avec le développement de chacun des enfants. Elle reconnait aussi les défis rencontrés pour chaque tranche d’âge.

Une relation positive entre l’éducatrice et l’enfant : Le temps que passe l’éducatrice à répondre aux besoins des enfants assure une meilleure intégration dans le groupe. L’enfant est moins dans l’attente et développe davantage son langage et son intérêt pour le jeu.

Des espaces bien définis : Les enfants passent plus de temps à s’intéresser à leur environnement lorsque l’espace consacré au jeu est bien défini. Les relations entre eux sont plus positives et créatives. L’adulte peut encourager, stimuler et observer davantage son groupe.

Des programmes bien planifiés et structurés : Un programme adapté aux goûts et intérêts du groupe d’âge ne peut que permettre un développement cognitif, langagier et créatif. L’approche individuelle invite l’enfant à s’accomplir dans différentes tâches qui lui conviennent. Un programme qui n’est pas adapté au stade de développement ne fait qu’augmenter le niveau de stress chez l’enfant.

Engagement parent : Le temps que l’éducatrice prend à créer des liens de collaboration avec le parent dans le respect et la communication augmente le lien de confiance entre l’enfant et l’éducatrice.

À la lumière de ces caractéristiques, le rôle de l’éducatrice devient un soutien important pour enrichir les apprentissages de l’enfant. Accompagner, stimuler les expériences et les découvertes restent une priorité. Le ratio est la pierre angulaire de la qualité des services offerts. Comment peut-on y arriver avec les ratios présentement en vigueur au Québec et dans plusieurs autres provinces, soit une éducatrice pour huit enfants de 18 mois/4ans, une éducatrice pour dix enfants 4/5 ans et une éducatrice pour 5 poupons. Cette loi rend difficile l’implantation d’un programme basé sur l’apprentissage individualisé.

Plusieurs milieux respectent ce ratio, d’autres diminuent à sept le groupe18 mois. Ce qui permet à l’éducatrice d’être plus disponible et de mieux répondre aux besoins du tout-petit. La capacité d’attente du petit est très limitée, un ratio à sept dans le groupe des 18 mois augmente le temps de jeu du petit et réduit le niveau de frustration que peut générer l’attente. Il est aussi possible d’observer un lien d’attachement plus étroit et moins de stress avec un ratio réduit à quatre chez les poupons. Le ratio à dix avec les 4/5 ans n’est pas idéal, mais plus acceptable pour ce groupe d’âge. L’autonomie de l’enfant de cet âge permet à l’éducatrice de répondre à d’autres défis par exemple, la création de liens harmonieux entre les enfants. Il ne faut pas perdre de vue que la gestion des routines chez le jeune enfant demande à l’éducatrice du temps et de l’encadrement. La réduction des ratios dans les groupes plus jeunes aide dans ce sens.

Alors que d’autres milieux choisissent d’équilibrer les groupes selon le nombre d’enfants le matin. Par exemple, quatre enfants sont absents dans le groupe de 3 ans, les quatre enfants présents sont invités à rejoindre un autre groupe afin d’avoir un ratio respectable dans l’ensemble du service de garde. L’éducatrice titulaire de ce groupe est parfois invitée à retourner chez elle ou attitrée à d’autres tâches. Cette mesure limite les coûts, mais affecte grandement la qualité de la relation enfant/éducatrice qui est à la base du lien de sécurité.

Le CPE La Bottine Souriante avait déjà choisi de baisser à sept enfants le ratio des 18 mois et de respecter le ratio à 10 pour 4/5 ans. À l’annonce des coupures, le CPE doit augmenter à huit le groupe des 18 mois sachant très bien que le temps de qualité avec chacun des petits peut être affecté. Devant ce constat, l’éducatrice des petits propose des stratégies pour limiter le temps d’attente dans son groupe par exemple, accueillir une stagiaire, établir de l’entraide avec le groupe des 4/5 ans dans la routine de l’habillement, être aidé par la cuisinière à l’heure du dîner et des collations, disposer de la présence de la directrice dans certaines activités qui demandent plus de bras….

Il est toujours difficile d’apporter des changements dans une structure bien établie. Par contre, avec les changements proposés par ce nouveau gouvernement, il faut rester créatif et travailler à protéger nos enfants de ces décisions d’adultes. Conserver la qualité dans nos services est porteur pour le futur de nos tout-petits mais reste un défi de taille pour les gestionnaires….

 

Références :

Conseil canadien sur l’apprentissage CCA, Carnet du savoir. POURQUOI LES SERVICES DE GARDE DE HAUTE QUALITÉ SONT-ILS ESSENTIELS ?

Choix IRPP, LA QUALITÉ ÇA COMPTE, Résultat de l’étude longitudinale du développement des enfants du Québec concernant la qualité des services de garde. Christa Japel, Richard E. Tremblay, Sylvana Côté

 

Josée Lespérance Enseignante en TÉE

De la formation continue des éducatrices dans un contexte de coupes budgétaires

Julie surprend Simon, 19 mois, en train de pousser Alexis. Elle lui dit « Non! » et l’assoit en retrait. Elle lui demande « Est-ce que tu penses que qu’Alexis aime ça se faire pousser? » Il répond naïvement « Oui! ». Elle hausse le ton, lui demande de réfléchir. Reprenons cette même situation en y introduisant une éducatrice formée. Cette dernière reconnait la difficile tâche de retenue de son impulsivité chez un trottineur. Elle sait en outre qu’il lui est difficile d’envisager le point de vue de l’autre enfant sans soutien concret d’un adulte. Elle s’engage dans l’enseignement du décodage des signaux de détresse émis par Alexis et lui propose une façon adéquate d’exprimer ce qu’il veut.

Les éducatrices détentrices de diplômes collégiaux ou universitaires savent mieux décoder et répondre aux besoins des petits[1] qui évoluent auprès d’elles. Elles proposent des activités adaptées, stimulantes et appropriées au niveau du développement des enfants.1 De plus, les études démontrent qu’il y a un lien entre les compétences professionnelles et la qualité de la relation entre les éducatrices et les enfants.[2] Les spécialistes s’entendent aussi pour affirmer que les la formation postsecondaire en services éducatifs et de garde à l’enfance est fortement associée à la qualité d’un milieu de garde ainsi qu’au développement cognitif et social des enfants.2

Des travaux confirment aussi que la formation continue des éducatrices en milieu familial contribue à améliorer la qualité des relations avec les enfants. Elles démontrent plus de comportements positifs chaleureux envers les enfants, répondent mieux aux besoins des enfants que celles qui ne participent pas aux ateliers de ressourcement professionnel proposés.[3] La formation en petite enfance contribue aussi à développer chez l’éducatrice une attitude plus ouverte, plus sensible aux attentes des enfants. Les éducatrices peu formées sont moins enclines à développer une approche partenariale[4] avec les familles.

La formation de base et continue est au cœur de la qualité des services éducatifs. L’éducatrice par sa capacité de se remettre en question, son désir d’apprendre pour mieux comprendre et intervenir peut contribuer à l’amélioration de la qualité du milieu éducatif. Elle a un rôle à jouer dans le travail d’élaboration des programmes de formation. Bien que certains thèmes demeurent incontournables, le développement de l’enfant, la gestion des comportements et les relations parents-enfants3, les éducatrices doivent partager leur vision de la compétence, analyser leur expérience, leur fonctionnement et «  s’engager dans un processus dynamique de réalisation professionnelle ». [5]

Cette formation contribue au bienêtre des enfants mais aussi à celui des éducatrices. Certains auteurs parlent d’une meilleure estime de soi[6] et d’un sentiment de compétence accru chez les éducatrices en milieu familial qui suivent des activités de formation en continu. J’ai observé depuis plus de 20 ans que le seul fait de se faire confirmer positivement un choix pédagogique ou une approche en intervention par une formatrice contribue à soutenir la motivation, les efforts engagés auprès du développement d’un ou de plusieurs enfants. La grande majorité des professionnelles en petite enfance que j’ai côtoyées lors des activités de formation font preuve d’ouverture et désirent s’améliorer. Elles expriment une réelle satisfaction à observer des changements, une évolution chez l’enfant qui au départ représentait un défi pour elles. La formation doit inciter à la pratique réflexive, allier théorie et pratique et favoriser les échanges cliniques respectueux de l’enfant, de l’intervenante et de sa famille.

Ma pratique professionnelle autant comme intervenante que formatrice m’a appris que les éducatrices, les enseignantes en préscolaire ont besoin d’un « lieu de parole.» exempt de jugements ou d’objectifs à atteindre. On oublie que l’éducatrice se met à l’écoute de l’autre plusieurs heures par jour, reçoit des confidences des enfants, des parents, observe parfois des signes de détresse, de négligence. Cette attention à l’autre peut la fragiliser. C’est pourquoi, il est essentiel qu’elle puisse témoigner, échanger, chercher des alliés pour du soutien. Elle doit être accueillie et reconnue dans son engagement à l’autre. La formation, la supervision professionnelle sont des outils susceptibles de répondre à ces besoins.

Je déplore toutes les coupes faites dans notre réseau qui affecteront les sommes allouées à la formation continue dans plusieurs milieux. On peut s’inquiéter des « choix obligés » en matière de sélection du personnel. Sachant que la masse salariale représente le poste budgétaire le plus important d’un budget d’un milieu de garde, que les salaires horaires les plus élevés sont attribués aux éducatrices formées et ayant le plus d’années d’expérience, on peut se demander s’il ne sera pas plus économique d’engager moins d’éducatrices formées en respectant le ratio de personnel qualifié exigé au Québec. Plusieurs milieux se verront peut-être dans l’obligation de sabrer dans le temps libéré pour la pédagogie, le temps de travail d’équipe permettant de discuter des enfants à besoins particuliers ou celui alloué aux rencontres avec les parents, nos partenaires.

Il est reconnu que la formation de base et continue est un facteur important de qualité des services éducatifs. Il est démontré que des services de garde de qualité sont associés à un meilleur développement cognitif, du langage, des relations positives entre les pairs, à l’obéissance aux adultes, moins de problèmes de comportements et une meilleure relation mère-enfants. Les services de qualité « peuvent accroitre la persévérance scolaire ». [7]

Ces coupes auront donc non seulement un impact sur la qualité de vie des petits dès maintenant mais auront des répercussions à long terme sur la réussite scolaire des élèves de demain.

Sylvie Bourcier

Intervenante en petite enfance

[1] Carnet du Savoir. Apprentissage chez les jeunes enfants. Conseil Canadien sur l’apprentissage (CAA), Pourquoi les services de garde de haute qualité sont-ils essentiels? www.ccl-cca.ca, p. 3.

[2] La qualité, ça compte. Christa Japel, Richard E. Tremblay et Sylvana Côté. Résultats de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec concernant la qualité des services de garde. Choix IRPP, vol. 11, no. 4, oct. 2005, p. 35.

[3] Les services de garde en milieu familial : un lieu de prévention à découvrir. Sylvain Coutu, Suzanne Lavigueur, Diane Dugeau et Claude Harvey dans Revue canadienne de Psycho-Éducation, vol. 28, numéro 2, 1999, p. 187-198.

[4] Services de garde éducatifs et soutien à la parentalité. La coéducation est-elle possible? Gilles Cantin, Nathalie Bigras et Liesette Brunson. 2010, PV 9, p. 87.

[5] C. Lavoie et al cité dans l’Éducation à l’enfant. Une voie professionnelle à découvrir. Diane Berger, Louise Héroux et Danielle Sheridon. 2007. Gaétan Morin Édition, p. 272.

[6] Galinsky, Homes et Kontos cités dans Les services de garde en milieu familial, un lieu de prévention à découvrir.

[7] Carnet du Savoir. Apprentissage chez les jeunes enfants. Conseil Canadien sur l’apprentissage (CAA), Pourquoi les services de garde de haute qualité sont-ils essentiels? www.ccl-cca.ca, p. 3.

Les heures de préparation pédagogique: un luxe ou une nécessité ?

Par Sylvie Garceau, décembre 2015

Depuis plusieurs années, le réseau des services de garde au Québec est touché par des coupures dans les budgets.  Ce manque à gagner touche de différentes façons le quotidien des travailleurs en petite enfance.  Les gestionnaires du réseau tentent par tous les moyens d’éviter les répercussions pouvant réduire la qualité des services offerts aux enfants et à leur famille.  Toutefois, ce défi est de plus en plus grand et les ressources financières sont de plus en plus petites.  Continuer la lecture de Les heures de préparation pédagogique: un luxe ou une nécessité ?

Écrans pour bébés surdoués

Sylvie Bourcier, Intervenante en petite enfance

Décembre 2013

www.aveclenfant.com

 

Extraits de L’enfant et les écrans. S. Bourcier, Éditions Chu Sainte-Justine, 2010, p. 97.

Les chaines de télévision pour bébés sont très à la mode auprès des parents, car elles prétendent favoriser le développement des petits. Durant la petite enfance, l’apprentissage doit être actif et exploratoire, ce que Piaget appelle la conquête active.  Les bébés traversent une période dite sensorimotrice. Pour se développer, ils ont besoin d’interagir de façon multisensorielle, avec leur corps tout entier. Bouger, toucher, sentir, gouter, manipuler, empiler, faire dégringoler, lancer et ainsi se rendre compte qu’il faut agir sur l’environnement et que tout ce qui les entoure a des caractéristiques distinctes. Lorsqu’ils manipulent un objet, leurs sens en éveil s’imprègnent de la texture et du poids de cet objet, ils découvrent la facilité ou la difficulté de l’empoigner. Ils goutent les choses, ils les lancent parfois et ils en viennent à les reconnaitre au plan sensoriel. En se déplaçant avec les objets, ils mobilisent leurs grands muscles, ils placent les choses les unes sur les autres, dessous, dessus, dedans, ils pratiquent ainsi la préhension et la coordination. Ils comparent par expérimentation. Ils apprennent le monde par le jeu.

Trop de télé peut les priver de toutes ces sources de stimulations. L’écoute télévisuelle nuit au développement si elle remplace le jeu avec des jouets. D’ailleurs, l’image télévisuelle est à deux dimensions, la réalité s’orchestre à trois dimensions. Le jeu permet l’accumulation des expériences et favorise l’intégration des connaissances acquises par les sens et le mouvement. Le jeu peut même être interrompu par un téléviseur dans la pièce où se trouve le petit, qu’il s’agisse d’une émission adaptée à son niveau de compréhension ou non. L’enfant perd alors une occasion de faire des liens entre ses gestes, ses signaux sensoriels et son activité.

D’ailleurs, son intérêt pour les choses repose d’abord et avant tout sur les échanges avec des personnes qui comptent pour lui. Le bébé a besoin qu’on lui montre les choses pour qu’elles deviennent intéressantes. En empiétant sur le temps de jeu, le petit écran nuit à l’activité exploratrice du milieu, si essentielle au développement et cela peut perturber le langage à ses débuts. Pour apprendre, le petit a besoin d’échanges. L’écran donne de l’information si l’enfant écoute et si le niveau de langage utilisé est adapté, mais il ne répond pas. Comme il est triste de voir un petit qui appelle son personnage favori en s’adressant à l’écran indifférent! D’ailleurs, la Société canadienne de pédiatrie recommande une écoute d’une heure maximum pour les enfants d’âge préscolaire.

Programme éducatif dans la cour Été et automne

Question no 1: Avec les groupes multiâges et les remplaçantes d’été, devons-nous appliquer un programme éducatif à nos jeux extérieurs?

Vous connaissez déjà la réponse. Bien sûr qu’il faut appliquer le programme éducatif à chaque moment de la journée et pour toutes les activités autant de routine que celles initiées par l’éducatrice. Mais comment s’y prendre? Déjà en avril-mai, nous choisissons nos vacances et savons très bien que les enfants de notre groupe se retrouveront avec une éducatrice remplaçante et qu’ils seront en groupe multiâges.

Et bien justement, puisque vous ne serez pas là tout l’été et que les enfants de votre groupe eux y seront, l’équipe d’éducatrices régulières devraient s’y prendre à l’avance pour programmer un calendrier des activités extérieures. Les éducatrices remplaçantes en auront déjà assez de gérer les relations avec des groupes dont la composition change souvent et avec des parents qui ne prêtent pas autant de crédibilité à leur travail parce qu’elles sont des remplaçantes. Bien sûr, les parents ne sont pas tous comme ça. Donc pour supporter les éducatrices d’été, je propose que dès le mois de mai l’équipe des éducatrices régulières et les éducatrices d’été se rencontrent et planifient ensemble la programmation d’été.
D’abord, avant de se présenter à la réunion, chacune a pris soin de réfléchir à des thèmes et des activités à faire à l’extérieur avec les différents groupes d’âges. Après un remue-méninges, on retient les idées innovatrices et qui plaisent à l’ensemble. Il faut se rappeler que les enfants seront souvent en grand groupe et en multiâges. Puis on nomme une responsable pour chaque thème. Non pas pour qu’elle prépare toutes les activités mais pour qu’elle supervise la participation active de chacune. Je vous proposerai un exemple de programmation un peu plus loin. Les activités sont ensuite écrites sur un grand tableau dans la salle du personnel pour que toute l’équipe puisse la consulter et se l’approprier. En plus, elle sera prête pour la mettre au vestiaire au moment venu. Les parents apprécieront grandement pouvoir la consulter mais les plus heureux seront les enfants qui ne seront pas laissés à eux-mêmes tout l’été.

Question no 2 : Mais comment convaincre les parents que nos jeux extérieurs sont éducatifs?

À chaque été, les jeux extérieurs comme la pataugeuse, les jeux dans le carré de sable, les pique-nique font parti de nos activités d’été. Mais tout comme moi, est-ce que vous avez déjà entendu la remarque : qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui? T’as encore jouer dans le carré de sable… laissant sous-entendre qu’il n’a rien fait, rien appris. Nous, comme éducatrice, savons très bien que l’enfant fait tout plein d’apprentissages mais le parent qui nous voit le matin un p’tit 5 minutes et 10 le soir , n’a pas vu tout ce vous faites avec leur enfant. Pour remédier à la situation, je propose d’afficher au vestiaire sur un grand carton, tous les apprentissages que l’enfant réalisent quand il joue dans le sable. Par exemple : http://starkessays.com/

Quand mon enfant joue dans le sable, il :

  • Il s’exprime, il fait des choix de matériel (château, maison etc.)
  • Il reconnaît un problème (je veux que mon château monte jusqu’au ciel) il essaie de le résoudre.
  • Il doit partager les objets de jeux (pelles, chaudières,etc)
  • Il crée des liens avec les autres amis qui jouent auprès de lui.
  • Il peut faire des jeux, des constructions avec eux.
  • Il discute.
  • Il chante des chansons tout en jouant (des chansons que je lui apprend ou d’autres).
  • Il trace des formes dans le sable.
  • Il essaie d’identifier les dessins des autres dans le sable.
  • Il fait semblant qu’il est le chauffeur de camion ou le cuisinier.
  • Il crée des bâtiments.
  • Il compare son château avec celui d’un autre.
  • Il développe son vocabulaire (pont-tour-donjon etc.)
  • Il peut compter.
  • Il remplit et vide sa chaudière, celle de l’éducatrice.
  • Il observe l’espace, est-il trop petit ou trop grand.
  • Il se déplace dans le sable, marche de différentes façons.
  • Il touche, découvre et expérimente.
    (Texte de Ginette Hébert)

Etc.

Après avoir planifier la programmation d’été, il nous faut organiser l’espace extérieur qui soutiendra les éducatrices dans leur animation. Dans chaque espace, on a fait installer un bac de rangement sous clé. D’abord revoir les types d’espace comme :
L’espace gazonnée : s’assurer qu’il y a un point d’eau pour y installer les pataugeuses. Comme cet espace doit être polyvalent, il ne faut rien y installer en permanence.

L’espace sous les arbres : y placer des grandes couvertures et des valises avec des livres, revues, cartes postales, écouteurs et musique. Tout est en place pour y relaxer.

L’espace asphalté : circuit de tricycle, lave-tricycle, jeux d’eau.

La clôture : Jeux de cylindres accrochés à la clôture en permanence, panneaux de plexiglass où l’enfant peut dessiner et peinturer, plusieurs grandeurs de paniers accrochés et troués pour laisser s’égoutter l’eau de pluie avec des objets de jeux variés.

Carré de sable couvert : avec tables ou tabourets de différentes hauteurs pour que l’enfant puissent y installer ses jeux.


Type d’activités :

À partir de thèmes estivaux comme par exemple, la plage en folie, la place ensoleillé, le sentier des œuvres d’art, l’aquaCPE etc. , on bâtit une planification d’activités. On doit décider du nombre de semaines pour le thème, on place les journées de sortie, les activités-projets, les ateliers et les jeux grands groupes. La première qualité de toute cette programmation s’est sa flexibilité. Prenons un exemple, pour le mois de juin le thème sera « le sentier des œuvres d’art » :

lundi mardi mercredi jeudi vendredi
Atelier selon JCM à l’extérieur
Sortie à la galeries d’art de la région.
Atelier de poterie Jeux d’eau
Exposition d’images installée à la clôture et atelier libre de dessin. Atelier de peinture. Atelier selon JCM à l’extérieur Activité projet:
les œuvre d’art
Planification avec les enfants du projet.
Création et remise des invitations pour les parents. Jeux d’eau Atelier peinture collective.
Organisation de l’exposition Jeux d’eau Exposition pour les parents.

Question no 3. Avec une planification d’activités comme celle-là est-ce que le programme éducatif est respecté?

Le premier principe est que chaque enfant est unique et que pour y répondre on doit offrir des activités variées et initiées parfois par l’enfant parfois par l’éducatrice. Le 2e principe est l’enfant apprend par le jeu donc les activités sont à la fois stimulantes et amusantes pour l’intéresser d’abord et il fera des apprentissages ensuite. Le 3e principe est que l’enfant est le premier agent de son développement pour y répondre on doit observer l’enfant au jeu et déduire les apprentissages que l’on doit lui présenter selon ses goûts et ses stades de développement. Le 4e principe est que le développement de l’enfant est un processus global et intégré donc que le thème se vivra autant dans les routines que durant les activités choisies et que par une même activité les enfants n’intègrent pas tous les mêmes apprentissages. Enfin il est très important de mettre les parents dans le coup. Renseigner, écrire, parler individuellement à chaque parent, les inviter etc. Autant de façon de collaborer avec eux et de favoriser le développement de leur enfant.

Je vous souhaite à vous et aux enfants une belle fin d’été.
Céline Perreault
Enseignante en TEE

Rédiger une plate-forme pédagogique : luxe ou nécessité?

La question semble singulière mais comporte plusieurs éléments. D’abord pour avoir envie de rédiger une plate-forme, il faut savoir qu’est-ce qu’une plate-forme, quel en est le contenu, les utilités possibles et enfin les étapes de rédaction.

En tant que coordonnatrice, j’ai fait cet exercice avec mon équipe d’éducatrices et de parents. Franchement, c’est loin d’être un exercice que l’on fait rapidement. C’est plutôt plusieurs étapes à réaliser sur une longue période. À la question pourquoi rédiger une plate-forme compte tenu que nous avons un très beau programme éducatif des centres à la Petite Enfance qui vient tout juste d’être révisé, il faut savoir qu’une plate-forme pédagogique c’est l’ensemble des positions que les membres d’un service de garde adoptent pour mettre de l’avant une pédagogie commune concernant les  valeurs fondamentales, les ressources humaines et matérielles. Donc notre plate-forme nous distingue , elle est unique.
Plus simplement la plate-forme pédagogue permet au service de garde de préciser son identité comme milieu de vie pour les enfants. Le mot le dit bien, une plate-forme c’est du solide, on peut s’y appuyer pour prendre toutes sortes de décisions. Elle servira donc autant à la direction qu’à l’équipe et aux parents. Voyons-y plus clair.

  1. Elle supportera le parent dans le choix d’un service de garde plutôt qu’un autre.
  2. Elle supportera la direction pour la sélection de son personnel.
  3. Elle favorisera la cohérence des interventions entre les individus qui travaillent de près ou de loin auprès des  enfants.
  4. Elle sera une base d’entente entre les divers intervenants, un outil de concertation autour des valeurs et de leurs applications dans le service de garde.

Quelles sont les étapes de rédaction :

Il faut envisager qu’un individu  soit le porteur du projet de rédaction. Il aura comme rôle d’annoncer les réunions, de les préparer et de les animer, de consulter les différents partenaires dont le CA, la direction, les parents utilisateurs et les éducatrices. Finalement, il se chargera de la rédaction. Il donnera donc le rythme  il est en tête du projet. Par contre, il ne s’agit pas de la plate-forme d’une personne mais bien de toute l’équipe, donc tout le monde doit être motivé à réaliser cet outil indispendable.

  1. choix de la personne porteuse du projet de rédaction.
    Il faudra envisager du temps de libération hebdomadairement. Vérification de la motivation de tous les partenaires à la réalisation de ce projet qui devrait s’échelonner sur 2 ans.
  2. concertation autour d’une mission éducative particulière.
    Par exemple, un milieu peut mettre l’emphase sur la santé, un autre mettra en  valeur la créativité comme outil essentiel au développement de tout individu.
  3. Définir vos cinq valeurs éducatives.
    Il s’agit  par la consultation des différents partenaires, de faire consensus et de placer par ordre d’importance vos cinq valeurs les plus importantes. En définissant les moyens pour les atteindre vous rendrez concrètes vos valeurs éducatives.
  4. La mise en application dans votre service des cinq (5) principes de base du programme éducatif.
    Par exemple, il s’agira d’expliquer comment chez vous, on respecte le 1e principe que chaque enfant est unique, quels sont les gestes et les interventions qui sont posés en ce sens.
  5. Sous forme de texte ou de tableau, élaborer les étapes du développement de l’enfant de 0-5 ans  sous tous les aspects dont langagier, moteur, social, affectif et moral.
  6. Faire une description des ressources humaines et matériel de notre service de garde.
    Il serait donc important de faire un inventaire des jouets et de l’équipement. Entre vous et moi, cet exercice est fastidieux mais très étonnant ! En effet on ‘’redécouvre’’ des jouets depuis longtemps oubliés.
  7. Préciser l’horaire-type. En ce sens, plusieurs services de garde rédigent deux plate-forme, une pour les poupons -trottineurs et une autre pour les 21/2ans-5 ans.
  8. Expliquer l’organisation de l’environnement et des activités.
    Définition des différents coins et présentation des types d’activités avec des exemples.
  9. Finalement, insérer un exemple de programme d’activités.

Malgré l’ampleur de la tâche, soyez assuré que l’exercice en vaut grandement la peine. D’ailleurs lorsque vous aurez commencé  vous ne pourrez plus vous arrêter!

En guise de référence, vous pouvez consulter la plate-forme pédagogique du CPE du complexe Guy-Favreau à l’adresse :
www.cpeguyfavreau.com ou vous procurer le programme éducatif des poupons et des trottineurs du cpe Sainte-Justine à $8/unité à l’adresse suivante :

Centre de la petite Enfance Ste-Justine
3180, rue Ellendale,
Montréal.
P. Q.
H3S 1W3

Bonne rédaction!
Céline Perreault

Programme éducatif dans la cour Été et automne

Question no 1: Avec les groupes multiâges et les remplaçantes d’été, devons-nous appliquer un programme éducatif à nos jeux extérieurs?

Vous connaissez déjà la réponse. Bien sûr qu’il faut appliquer le programme éducatif à chaque moment de la journée et pour toutes les activités autant de routine que celles initiées par l’éducatrice. Mais comment s’y prendre? Déjà en avril-mai, nous choisissons nos vacances et savons très bien que les enfants de notre groupe se retrouveront avec une éducatrice remplaçante et qu’ils seront en groupe multiâges.

Et bien justement, puisque vous ne serez pas là tout l’été et que les enfants de votre groupe eux y seront, l’équipe d’éducatrices régulières devraient s’y prendre à l’avance pour programmer un calendrier des activités extérieures. Les éducatrices remplaçantes en auront déjà assez de gérer les relations avec des groupes dont la composition change souvent et avec des parents qui ne prêtent pas autant de crédibilité à leur travail parce qu’elles sont des remplaçantes. Bien sûr, les parents ne sont pas tous comme ça. Donc pour supporter les éducatrices d’été, je propose que dès le mois de mai l’équipe des éducatrices régulières et les éducatrices d’été se rencontrent et planifient ensemble la programmation d’été.
D’abord, avant de se présenter à la réunion, chacune a pris soin de réfléchir à des thèmes et des activités à faire à l’extérieur avec les différents groupes d’âges. Après un remue-méninges, on retient les idées innovatrices et qui plaisent à l’ensemble. Il faut se rappeler que les enfants seront souvent en grand groupe et en multiâges. Puis on nomme une responsable pour chaque thème. Non pas pour qu’elle prépare toutes les activités mais pour qu’elle supervise la participation active de chacune. Je vous proposerai un exemple de programmation un peu plus loin. Les activités sont ensuite écrites sur un grand tableau dans la salle du personnel pour que toute l’équipe puisse la consulter et se l’approprier. En plus, elle sera prête pour la mettre au vestiaire au moment venu. Les parents apprécieront grandement pouvoir la consulter mais les plus heureux seront les enfants qui ne seront pas laissés à eux-mêmes tout l’été.

Question no 2 : Mais comment convaincre les parents que nos jeux extérieurs sont éducatifs?

À chaque été, les jeux extérieurs comme la pataugeuse, les jeux dans le carré de sable, les pique-nique font parti de nos activités d’été. Mais tout comme moi, est-ce que vous avez déjà entendu la remarque : qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui? T’as encore jouer dans le carré de sable… laissant sous-entendre qu’il n’a rien fait, rien appris. Nous, comme éducatrice, savons très bien que l’enfant fait tout plein d’apprentissages mais le parent qui nous voit le matin un p’tit 5 minutes et 10 le soir , n’a pas vu tout ce vous faites avec leur enfant. Pour remédier à la situation, je propose d’afficher au vestiaire sur un grand carton, tous les apprentissages que l’enfant réalisent quand il joue dans le sable. Par exemple :

Quand mon enfant joue dans le sable, il :

  • Il s’exprime, il fait des choix de matériel (château, maison etc.)
  • Il reconnaît un problème (je veux que mon château monte jusqu’au ciel) il essaie de le résoudre.
  • Il doit partager les objets de jeux (pelles, chaudières,etc)
  • Il crée des liens avec les autres amis qui jouent auprès de lui.
  • Il peut faire des jeux, des constructions avec eux.
  • Il discute.
  • Il chante des chansons tout en jouant (des chansons que je lui apprend ou d’autres).
  • Il trace des formes dans le sable.
  • Il essaie d’identifier les dessins des autres dans le sable.
  • Il fait semblant qu’il est le chauffeur de camion ou le cuisinier.
  • Il crée des bâtiments.
  • Il compare son château avec celui d’un autre.
  • Il développe son vocabulaire (pont-tour-donjon etc.)
  • Il peut compter.
  • Il remplit et vide sa chaudière, celle de l’éducatrice.
  • Il observe l’espace, est-il trop petit ou trop grand.
  • Il se déplace dans le sable, marche de différentes façons.
  • Il touche, découvre et expérimente.
    (Texte de Ginette Hébert)

Etc.

Après avoir planifier la programmation d’été, il nous faut organiser l’espace extérieur qui soutiendra les éducatrices dans leur animation. Dans chaque espace, on a fait installer un bac de rangement sous clé. D’abord revoir les types d’espace comme :
L’espace gazonnée : s’assurer qu’il y a un point d’eau pour y installer les pataugeuses. Comme cet espace doit être polyvalent, il ne faut rien y installer en permanence.

L’espace sous les arbres : y placer des grandes couvertures et des valises avec des livres, revues, cartes postales, écouteurs et musique. Tout est en place pour y relaxer.

L’espace asphalté : circuit de tricycle, lave-tricycle, jeux d’eau.

La clôture : Jeux de cylindres accrochés à la clôture en permanence, panneaux de plexiglass où l’enfant peut dessiner et peinturer, plusieurs grandeurs de paniers accrochés et troués pour laisser s’égoutter l’eau de pluie avec des objets de jeux variés.

Carré de sable couvert : avec tables ou tabourets de différentes hauteurs pour que l’enfant puissent y installer ses jeux.


Type d’activités :

À partir de thèmes estivaux comme par exemple, la plage en folie, la place ensoleillé, le sentier des œuvres d’art, l’aquaCPE etc. , on bâtit une planification d’activités. On doit décider du nombre de semaines pour le thème, on place les journées de sortie, les activités-projets, les ateliers et les jeux grands groupes. La première qualité de toute cette programmation s’est sa flexibilité. Prenons un exemple, pour le mois de juin le thème sera « le sentier des œuvres d’art » :

lundi mardi mercredi jeudi vendredi
Atelier selon JCM à l’extérieur
Sortie à la galeries d’art de la région.
Atelier de poterie Jeux d’eau
Exposition d’images installée à la clôture et atelier libre de dessin. Atelier de peinture. Atelier selon JCM à l’extérieur Activité projet:
les œuvre d’art
Planification avec les enfants du projet.
Création et remise des invitations pour les parents. Jeux d’eau Atelier peinture collective.
Organisation de l’exposition Jeux d’eau Exposition pour les parents.

Question no 3. Avec une planification d’activités comme celle-là est-ce que le programme éducatif est respecté?

Le premier principe est que chaque enfant est unique et que pour y répondre on doit offrir des activités variées et initiées parfois par l’enfant parfois par l’éducatrice. Le 2e principe est l’enfant apprend par le jeu donc les activités sont à la fois stimulantes et amusantes pour l’intéresser d’abord et il fera des apprentissages ensuite. Le 3e principe est que l’enfant est le premier agent de son développement pour y répondre on doit observer l’enfant au jeu et déduire les apprentissages que l’on doit lui présenter selon ses goûts et ses stades de développement. Le 4e principe est que le développement de l’enfant est un processus global et intégré donc que le thème se vivra autant dans les routines que durant les activités choisies et que par une même activité les enfants n’intègrent pas tous les mêmes apprentissages. Enfin il est très important de mettre les parents dans le coup. Renseigner, écrire, parler individuellement à chaque parent, les inviter etc. Autant de façon de collaborer avec eux et de favoriser le développement de leur enfant.

Je vous souhaite à vous et aux enfants une belle fin d’été.
Céline Perreault
Enseignante en TEE

Bouger à l’intérieur: partie 1

Céline Perreault, enseignante TEE

Novembre 2012

www.aveclenfant.com

 

On le sait, les enfants apprennent en bougeant et en expérimentant. Bouger c’est la vie, danser et sauter c’est la joie pour l’enfant.  Compte-tenu de toutes ces statistiques alarmistes  ( 12 % des jeunes enfants font 90 minutes d’activité physique par jour/ moins de la moitié des jeunes de moins de 5 ans sont soumis à une routine quotidienne comprenant une part d’activité physique régulière / 15,2% des enfants de 2 à 5 ans ont un surpoids, tandis que 6,3% des enfants québécois sont obèses )  le milieu de garde doivent offrir aux enfants la possibilité de bouger à l’intérieur. Les possibilités sont multiples. D’abord il est important de connaître  tous les aspects du développement moteur soient le schéma corporel, la latéralité,  l’organisation temporelle et rythme,  motricité fine, la motricité globale, l’organisation spatiale et l’organisation perceptive. Les jeux moteurs  favoriseront aussi le développement cardio-vasculaire, la justesse du mouvement et la musculation.

Mais comment s’y prendre? La première étape c’est d’ organiser l’environnement physique c’est-à-dire mettre les meubles sur roulettes question de les déplacer facilement pour offrir quotidiennement un espace dégagé pour les jeux et les exercices moteurs. On peut  laisser deux autres coins ouverts permettant ainsi aux enfants la possibilité de choisir. Deuxièmement mettre à la disposition de l’enfant du matériel de jeu (cônes, barre d’équilibre, des cerceaux, des bacs pour lancer etc) qui l’amènera à exercer  ses habiletés motrices. Ainsi n’hésitez pas à installer des velcros forts au sol et sur le matériel de jeu assurant stabilité et sécurité aux enfants.

 

Matériel de jeux :

  1. Balles de tennis en airfoam, balles de plastique de couleurs variées et des balles de différents poids
  2. Des bâtons : en guise de bâton, des spaghettis de piscine recouverts de tapedock , des 1 litre et deux litres de lait rembourrés avec du papier journal, des tuyaux de plomberie ondulés en plastique noir et souple. L’objectif est d’offrir des objets qui comportent des défis tels ajuster la précision et la puissance de son  geste.
  3. Des cercles et/ou des carrés de foam caoutchoutés (comme des gros morceaux de casse-tête ). Ils seront fixés au sol avec du velcro et encourageront  les enfants à sauter à pieds joints ou sur une jambe. L’objectif est d’ajuster  la force de leur saut et sa hauteur.
  4. Des cordes à danser seront fixées au sol à l’aide de velcro très solides pour pratiquer leur équilibre avec des objets dans leurs mains ou  coincés dans les angles de leur corps comme entre la tête et le cou, sous le bras, entre les cuisses etc.
  5. En guise de cône, des 2 litres de liqueur et remplis de sable fin avec un bouchon bien scellé à la colle chaude. Des 2 litres de lait pourront aussi être bien scellés avec du tapedock et être installés au sol pour faire des obstacles à contourner ou à abattre.
  6. Pour compléter ce matériel de jeu, ajoutons des anneaux de cacoutchouc, des cerceaux et des matelas.

Voici quelques jeux amusants :

  1. 1) Jeu ‘’Où est ma niche?’’

Source : 365 jeux pour tous

Matériel : cerceaux

Description : Dans ce jeu, les joueurs sont des chiens. Chaque chien est assis dans une niche (un cerceau). Les niches sont dispersées dans le local. Un chien n’a pas de niche. Lorsqu’il demande ‘’où est ma niche?’’, tous les chiens crient ‘’ici!’’. Le chien sans niche essaie rapidement de sauter  dans une niche vide. Il y a alors un autre chien qui se retrouve sans niche. Et le jeu continue  ainsi de suite jusqu’à ce que tous les chiens soient fatigués….

  1. 2) Jeu : Avez-vous vu mon écureuil?

Source : www.geocities.com/Athens/Pantheon/6838/jeux. htlm

Matériel : nil

Description : Les enfants sont placés en cercle assis par terre. Un joueur se promène autour du  cercle et demande : ‘’Avez-vous vu mon écureuil?’’. Le joueur décrit un enfant assis, par sa couleur de cheveux, yeux, vêtements etc. Quand l’enfant se reconnaît, il doit courir après le joueur qui l’a décrit jusqu’à ce que celui-ci s’assoie à la place de celui qui lui court après. Si le joueur décrit réussit à toucher  l’autre joueur alors, celui-ci va s’asseoir au centre du cercle.

  1. 3) Jeu: Le gardien de but.

Source : 365 jeux pour tous

Matériel : Une chaise, un balle

Description : les joueurs se tiennent debout en cercle. Au milieu  se trouve une chaise avec son gardien. Les joueurs en cercle doivent se passer la balle en essayant de la faire rouler entre les pieds de la chaise. S’ils réussissent, c’est alors une autre personne qui devient le gardien.

 

  1. 4) Jeu : Suivez le chef!

Source : 365 jeux pour tous

Matériel : une baguette

Description : les joueurs se placent en cercle. Quelques pas plus loin, des carrés d’airfoam fixés au sol faisant office d’espace de sécurité. Un chef d’orchestre se trouve au centre des joueurs. Tous les mouvements qu’il ordonne avec la baguette doivent être  faits par tous les joueurs du cercle : s’il pointe sa baguette en  l’air, alors chacun doit sauter en l’air; s’il indique la gauche avec sa baguette alors chacun doit faire quelques pas à gauche. Mais que se passe-t-il  lorsque le chef d’orchestre laisse tomber tout à coup sa baguette? Alors chacun doit courir le plus rapidement possible vers le cercle de sécurité, car le chef va courir pour toucher le plus possible de joueurs. Ceux  qui sont touchés sont éliminés. Les autres vont se remettre en cercle avec le chef au milieu. Le dernier joueur restant est le gagnant.

  1. 5) Jeu : La poule et le renard.

Source : 365 jeux pour tous

Matériel : Ballon

Description : Les poules se tiennent en cercle, le renard tourne dans le cercle. Il essaie d’éviter le ballon que les poules se jettent pour tenter de le toucher. Celle qui touche le renard prend sa place.

 

(Ces jeux et bien d’autres seront expliqués et pratiqués lors de la formation ‘’Allons jouer dehors’’ en version 3 ou 6 hres )

Bouger à l’intérieur : partie 2

Céline Perreault, enseignante TEE

Décembre 2012

www.aveclenfant.com

Habiletés à stimuler chez les enfants :

De 0 à 5 ans, l’enfant aime attraper une balle et la frapper, sautiller, sauter à pieds joints et sur un pied, se placer en petit bonhomme et faire des roulades avant et un peu plus tard par en arrière, marcher sur des surfaces différentes et marcher en équilibre. La feuille en annexe vous guidera quant aux habiletés à viser pour l’enfant. Après observation, on pourra encourager l’enfant à relever de nouveaux défis moteurs.

Le programme éducatif parle d’espace ou aire de jeu nommée musique et mouvement. Comme les espaces dans un local sont restreints, organiser des jeux sur la musique permet de faire bouger les enfants tout en s’amusant  et voici quelques idées :

  1. 1. Jeu de groupe : le tambour musical

À l’aide d’un tambour et selon le même principe que la chaise musicale. Lorsque la musique arrête, l’enfant qui a le tambour doit jouer de celui-ci.

  1. 2. Jeu de la danse musicale

Faites danser les enfants en leur disant de bouger les hanches de gauche à droite. Ensuite, à l’aide d’une baguette du chef d’orchestre, dirigez les enfants vers la droite ou la gauche.

  1. 3. Le jeu des clés :

Bandez les yeux des enfants et après avoir laissé tomber un trousseau de clés sur le sol, demandez-leur à quel endroit il est tombé.

  1. 4. Danse tête à tête

On a besoin d’une feuille pliée en quatre pour un couple d’enfants. Les deux enfants vont danser ensemble en tenant la feuille front contre front. On a alors une danse qui provoquera des fous rires garantis. Puis à l’arrêt de la musique, un des enfants déplie la feuille totalement et s’assoit dessus, l’autre enfant s’assoit à son tour sur son camarade en délicatesse. Dernier couple assis arrêtera la musique.

  1. 5. Danse des sous : avec les enfants, nous collons des pièces de monnaie de 1 sous en dessous de nos souliers. Par la suite, nous danserons la claquette avec nos souliers.
  1. 6. Roméo et Juliette : les enfants ayant les yeux bandés doivent se diriger vers l’enfant qui chante.
  1. 7. La danse des cerceaux : Mettre des cerceaux un peu partout. Les enfants doivent sauter, danser, courir sur de la musique proche des cerceaux et quand la musique s’arrête, les enfants doivent sauter dans le cerceau le plus proche et s’il y a un enfant qui n’a pas trouvé de cerceau à temps, il devra faire la statue jusqu’à ce que la musique recommence.
  1. 8. Cachette musicale : les enfants se cachent et pour que l’ami les trouve, ils doivent faire du bruit avec un instrument.
  1. 9. Dessins musicaux : les enfants dessinent sur de la musique et quand la musique s’arrête, ils doivent échanger leur dessin avec la personne à côté et quand la musique recommence, les enfants continuent le dessin et ainsi de suite.

10. La fureur : L’éducatrice fait jouer des comptines que les enfants sont capables de chanter, et à un moment donné, durant la comptine, elle éteint le volume quelques secondes et le remonte, puis les enfants doivent essayer de chanter les paroles sans musique.

Il est primordial d’inculquer une saine hygiène de vie aux jeunes enfants et ça passe par les faire bouger même à l’intérieur. Il est suggéré que le jeune enfant joue activement et de moyenne à haute intensité pour permettre l’essoufflement  au moins 60 minutes par jour. On compilera les jeux intérieurs, les jeux extérieurs, les jeux libres dans le but de totaliser 60 minutes. Alors amusons-nous!!!

Trois  ressources pour vous aider à faire  bouger les enfants :

  • La trousse : La mini Gigote, trousse de jeux actifs.
  • Le site internet : http://123geant.telequebec.tv/
  • Cartes à motricité globale par Martin Liberio : Cet ensemble propose 100 activités physiques à pratiquer à l’extérieur comme à l’intérieur, avec peu ou pas de matériel. ( voir le site Martin Liberio)

 

(Pour écrire ce texte, je me suis inspirée de la feuille-ressource ‘’Tirer le maximum de l’espace intérieur en fonction de l’activité physique’’ de Fédération canadienne des services de garde à l’enfance.)

Fiche tirée du document : l’activité physique en milieu de garde : qualité des lieux et meilleures pratiques