Mme Marois n’écoutez pas Mme Malavois

FacebookTwitterLinkedInPartager

Imaginons un enfant de 4 ans en milieu défavorisé entouré de parents aimants mais « sans le sous ». Maman reste  à la maison pour prendre soin de ses enfants. À l’heure du diner William , après avoir passé son temps à la télé ou à jouer avec sa figurine super héros , s’approche de la table pour y manger encore un plat simple et sans nouveauté  car Maman doit faire beaucoup avec peu. Elle débarbouille  ses petits après le repas pour la sieste  mais pas notre grand William. Maman lui permet  de se rendre chez son petit voisin pour jouer à son jeu playstation. Puis au retour, il mangera le même repas du dîner car il ne faut pas faire de gaspillage. Vite au bain et après un peu de télé on met tout ce beau petit monde au lit.

Imaginons ce même enfant au service de garde. Il arrive et rencontre son groupe 4 ans. Il peut choisir d’aller au coin blocs ou au coin faire semblant ou vers un autre coin qui l’intéresse. Puis après s’être lavé les mains il va prendre sa collation de yogourt et fruits tout en parlant avec son éducatrice. Elle  leur annonce que ce matin, ils vont faire un projet sur le thème des chevaliers. Elle invite les enfants à créer un château pour  la princesse qui a perdu le sien. Et tout au long de l’activité, l’éducatrice insiste sur les mots entourant les princes et princesses et leur château. De pont levis à armure en passant par les armures « cotte maille », les enfants apprennent du nouveau vocabulaire en jouant.

Comme la journée est  ensoleillée et malgré le froid, les enfants s’habillent et vont jouer dehors avant le dîner. Une belle montagne de neige les attend. Cris, « poussaillages », courses, poursuites, balles de neige etc. les enfantsJOUENT.  Au dîner, oh surprise, du tofu aux légumes. Notre petit William aime ça et en redemande à deux reprises. Avant le dodo, l’éducatrice reprend son livre sur les châteaux et ramène les nouveaux mots présentés en matinée, dans le but de leur rappeler le nouveau vocabulaire. Le repos est pour tous les amis de 4 ans suivi d’un temps tranquille où l’on peut regarder un livre. L’après-midi se poursuit par une collation santé  et se termine par des jeux libres où William peut expérimenter de nouvelles compétences.

William revient chez lui content, heureux de revoir sa famille et satisfait d’avoir joué avec ses amis. Cette description d’événements je la connais car en tant qu’éducatrice je l’ai  vécue plusieurs années. Je suis certaine que l’enfant de 4 ans est mieux en service de garde qu’à la maternelle. Pensons-y rapidement. Imaginons William, 4 ans qui fréquente un groupe  maternelle  4 ans. D’abord, il va se retrouver dans un grand édifice avec plusieurs grands enfants autour de lui. L’enseignante qui va l’accueillir devra partager son attention entre vingt enfants soit deux fois plus qu’en service de garde.

Le jeu est le travail de l’enfant en petite enfance. Il aime découvrir son environnement en expérimentant  dans un contexte sécurisant.

Comme le programme éducatif des centres à la Petite Enfance le spécifie :

«En lui proposant toutes sortes de stimulations, les services de garde favorisent l’actualisation du potentiel de l’enfant et lui offrent la possibilité d’acquérir plusieurs attitudes ou habiletés qui lui seront utiles au moment de son entrée à l’école » [1]

La confiance en soi, le goût d’expérimenter, d’exprimer son point de vue, une bonne capacité d’attention et de concentration, la capacité de résoudre des problèmes, une bonne motricité globale et fine, un langage clair et un vocabulaire étendu constituent en effet autant d’atouts susceptibles d’assurer à l’enfant une entrée réussie à l’école. Le fait d’apprendre à vivre en groupe, à suivre une routine, un horaire et à respecter des consignes favorise aussi l’intégration ultérieure de l’enfant dans le milieu scolaire, de même que le fait de participer à des activités d’éveil à la lecture et à l’écriture.[2]

En reprenant la description des activités de William réalisées dans sa journée en Service de garde, on peut dire sans se tromper qu’en présentant sa création du matin, il travaille sa confiance en soi après avoir expérimenté la construction avec de nouveaux blocs et d’avoir résolu des problèmes de création. En plus d’exprimer son point de vue aux autres enfants et devant son éducatrice, il a manipulé et exercé sa motricité fine. Puisque son éducatrice avait pris bien soin de trouver un livre décrivant la vie au château, il a acquis du nouveau vocabulaire. Toutes ces compétences ont été favorisées à l’intérieur d’une routine quotidienne que William maîtrise bien et dans  laquelle il trouve sécurité et confiance.

Quoi demander de plus??? Pourquoi mettre en péril de développement de l’enfant en le plaçant dans un groupe  maternelle 4 ans parmi beaucoup, beaucoup d’enfants??? Avons-nous la preuve que l’enfant y trouvera des avantages ???

Avant de prendre une telle décision, pensons d’abord à l’enfant et non à l’aspect financier.  Un jour ces enfants devront prendre soin de nous. Qu’aurons-nous à expliquer????

 

 


[1] Accueillir la petite enfance, programme éducatif des services de garde du Québec, gouvernement du Québec, p. 9

[2] Idem, p. 9

Éloge de notre cuisinière dans notre CPE …Bon appétit mon ami ! Veux-tu manger avec moi ?

Lyne Archambault, éducatrice – formatrice

Mars 2013

www.aveclenfant.com

 

Comment rendre l’heure du repas agréable avec le tout-petit ?

En prenant le temps de profiter de ce moment précieux, soit la période du repas, nous favorisons les apprentissages: le langage, la découverte des nouvelles textures et des belles couleurs dans notre assiette. Ainsi, j’ai adopté une routine pour nous souhaiter bon appétit. Les petits se retrouvent dans ce moment. Ils appréhendent ce plaisir. Tout d’abord, je tape et ce à chacun notre tour une tambourine en chantant bon appétit ! Je sursaute quand les petits tapent de toute leur force: fou rire garantie. Ou parfois nous nous donnons tous la main pour chanter avant le repas. Par ailleurs, je présente toujours le repas en leur faisant toucher le plat de service chacun leurs tours, si c’est chaud nous soufflons. Pour faire sentir la différence entre le chaud et le froid, je répète le toucher à l’aide des plats plus froids comme un yogourt ou une compote lors du dessert. Je prends le temps de nommer les fruits. Pour varier, de temps à autre, je danse sur la comptine « salade de fruits jolie, jolie… » en servant leurs fruits. Bref, les amis participent à la présentation du repas tout en découvrant le menu. Ainsi, le bébé est une personne et mon partenaire.

Je nomme toujours ce que bébé mange. De plus, je mange en même temps que l’enfant et le même repas que celui-ci que ce soit du brocoli, du poisson, du tofu afin de stimuler l’appétit de l’enfant, donner l’exemple et former un esprit de famille. Il est prouvé que les enfants mangent davantage en bonnes compagnie et en jasant avec ses amis. Et oui un bébé, ça jase! Des tablettes que des petits tapent en s’imitant, c’est de la communication! Des sourires partagés entre eux, une complicité qui se développe ; par moment je sens qu’ils parlent dans mon dos!!! On jase comme à un souper de famille!

Les petits doivent apprendre à attendre leurs repas. Je suis seule avec mes cinq petits. Pendant que je coupe le tout en petits morceaux, je nomme mes actions pour les aider à patienter. Je prends le temps de souligner les efforts et les progrès de patience de chacun acquis en cours d’année. Je sers les assiettes tous en même temps pour que je puisse manger, moi aussi, en bonne compagnie! Et oui, je ne suis pas une serveuse je m’assois avec les amis… Je ne mange pas à mon rythme mais à celui de mes petits, tout en donnant un coup de main aux petits en apprentissage avec leurs cuillères et en attrapant à temps le verre qu’un ami me tend etc. C’est du sport! En équipe de plusieurs éducatrices pour le service, il est intéressant qu’une se presse à tout couper et que l’autre fasse des bulles pour chacun des enfants, un spectacle de marionnettes ou chante par exemple pour éviter les trop longs moments d’attente.

Il est intéressant dans toute bonne routine d’ajouter de la fantaisie : des comptines, des marionnettes, de la vaisselle colorée, des napperons spéciaux etc. Par exemple, une marionnette qui va chercher les bavoirs, laissez vous inspirer par des objets qui vous entourent. Tout d’abord afin d’aider à l’attente à la fin du repas, une balayeuse papier brun nettoie la tablette avant de passer au dessert. Je fais le son avec ma bouche de notre balayeuse, d’un chien affamé ou d’un lion qui rugit. Magie: tout est propre et les bébés sont patients et amusés! D’une autre part, la pince à salade fait un petit chien qui aboie en donnant le pain, les pâtes : succès et plaisir garanti. De plus, le balai qui sert à tout nettoyer a des grelots qui sonnent quand il s’agite. Pour conclure, nous devons vaincre la monotonie d’une routine quotidienne. En évitant les interventions négatives et en favorisant la nouveauté, on stimule la curiosité des enfants. Pensez à organiser, à planifier vos activités de routine…cela rendra vos dîners et collations plus agréables, c’est promis !

La cuisinière est ma complice et ma voisine de local. De ce fait, la pouponnière

madame_cornet

La visite de madame Cornet

a la chance de sentir toutes les odeurs du matin : que ce soient les galettes et les gâteaux qui cuisent ou les légumes qu’elle nous prépare avec tout son amour. Celui-ci est sans doute l’ingrédient principal de toutes ses recettes. Avec sa collaboration, elle prépare et se soucie des goûts particuliers des petits. Championne pour camoufler tous les légumes par magie, elle a comme défi et responsabilité, avecses menus, de faire suivre le guide alimentaire aux enfants petits et grands et d’appliquer la politiquealimentaire du C.P.E.

La cuisinière communique toujours avec moi. Ainsi, rien ne me presse, si les petits dorment, de précipiter le repas. Cela est fantastique, les enfants et leurs besoins sont vraiment au cœur de l’organisation. La cuisinière propose quelques moments précieux et activités culinaires à notre équipe. Par exemple, la visite de madame cornet est toujours appréciée, tout comme la confection de la galette pour l’attente du père noël en compagnie des plus grands et le magasin général qui offre l’opportunité à tous les enfants petits et grands de se choisir une collation. Tout le monde joue au magasin!!

100_2656 100_2657 100_2655

Le magasin général est ouvert!

100_2661

 

La décoration et l’attention réservées à chaque enfant pour son anniversaire sont des momentsmagiques.

En résumé, la cuisinière prend une grande place au sein de notre CPE, je l’aime beaucoup. Une complice comme elle, c’est précieux! Une cuisine chaleureuse rend un CPE, semblable à un chez soi …

Les arts plastiques bien plus que du bricolage!

Liette Parent, Bac. Enseignement des arts visuels
Novembre 2011

www.avecl’enfant.com

LietteParent

Saviez-vous quand faisant  vivre des expériences créatrices à l’enfant, vous développez chez lui bien plus que sa créativité.

Il est prouvé que les arts plastiques favorisent le développement global de l’enfant: cognitif, psychomoteur, affectif, langagier et social? En plus de stimuler ses facultés d’attention et de concentration. En faisant des activités créatrices avec l’enfant vous toucherez à plusieurs dimensions de son développement, en voici quelques exemples :

LA DIMENSION COGNITIVE

En manipulant plusieurs matériaux, en transformant la matière et en touchant à différentes textures lors de ses  activités en arts plastiques, l’enfant développe ses sens, acquiert  des connaissances et des habiletés nouvelles. C’est une façon pour lui de découvrir le monde qui l’entoure. C’est pour cette raison que le personnel éducateur qui œuvre auprès des enfants a le devoir de présenter des activités créatrices, diversifiées et enrichissantes. Les activités proposées doivent susciter des questionnements, des réflexions chez l’enfant et stimuler son imagination, afin de développer chez lui le sens de la découverte et de la débrouillardise.

LA DIMENSION PHYSIQUE ET MOTRICE

En manipulant divers outils : pinceaux, spatules, ciseaux etc., en laissant des traces dans la matière, en dessinant des formes fermées par exemple,  l’enfant apprend ainsi à contrôler ses gestes à développer sa motricité fine. Les arts plastiques favorisent également le développement des habiletés motrices tel que :  le rythme, la coordination. De plus, chez certains enfants, ces activités pourraient aller même jusqu’à libérer certaines tensions.

LA DIMENSION LANGAGIÈRE

Très souvent, les enfants accompagnent leur dessin de narration. Le dessin peut devenir un bon élément déclencheur, afin d’inciter l’enfant à s’exprimer davantage.  Encouragez le à raconter ce qu’il a dessiné, aidez-le à trouver les bons mots, car c’est aussi une belle occasion pour lui d’enrichir son vocabulaire.  Et  finalement, intéressez-vous à ce qu’il raconte, il se sentira compris et écouté, c’est bon pour pour son estime de soi.

LA DIMENSION AFFECTIVE

Saviez-vous que la pratique du dessin chez le jeune enfant est étroitement liée à cette dimension. Par exemple, chez l’enfant de 3-4 ans le choix des couleurs est purement émotif et reflète son affectivité. L’enfant spontanément aime les couleurs et il peut dessiner une vache rouge tout simplement parce qu’il affectionne cette couleur (C’est une couleur qui le fait vibrer). Et de plus, saviez-vous que chez l’enfant de 4 à 6 ans la représentation d’un objet ou d’un personnage est souvent en corrélation avec la valeur émotive que l’enfant lui donne. Il dessine en gros ce qui est important pour lui,  par exemple les gens qu’ils affectionnent : papa, maman etc. On dit souvent qu’une image vaut mille mots, soyez attentifs aux images que produisent votre enfant, cela peut vous donner de bons indices sur ce qu’ils ressent, mais attention aux interprétations un peu trop hâtives, car ce n’est pas parce qu’il fait un dessin tout en noir qu’il est automatiquement triste ou déprimé,  il faut mettre celui-ci dans un contexte, vérifier d’autres facteurs de son environnement avant d’en tirer conclusion.

LA DIMENSION SOCIALE ET MORALE
Les arts plastiques offrent aussi à l’enfant l’occasion d’apprendre à entrer en relation avec d’autres, à exprimer et à contrôler ses émotions. Dans les activités d’arts plastiques, il est souvent appelé à partager des matériaux, c’est une belle occasion pour lui d’apprendre :  les notions de partage et de respect. (Attendre son tour, sans trop s’impatienter…) L’enfant peut également  apprendre de ses pairs et échanger de bonnes idées avec les autres. Par exemple, lors d’une activité de sculpture, Jérémie se décourage, il se fâche parce qu’il n’arrive pas à faire tenir ses deux morceaux ensemble (Les activités en trois dimensions posent souvent ce type de défi) Encouragez-le à aller voir un ami qui a réussi son collage  «Allez va demander à Émile comment il a fait?» pour ce dernier c’est aussi l’estime de soi qui sera encouragé.

Je vous encourage, donc à faire des activités créatrices avec l’enfant dès son jeune âge et à promouvoir dans votre milieu de garde des activités stimulantes autre que de simple bricolage à partir d’un modèle ou de photocopie. Le but, pour vous, n’est pas de leur montrer que vous êtes capable de faire des chefs-d’œuvres, mais plutôt de leur transmettre le goût d’explorer, de transformer et d’apprendre. Dernier conseil, amusez-vous autant que l’enfant, prenez plaisir à faire ce type d’activité, ne vous mettez pas trop de pression. Et dites-vous que pour lui comme pour vous les habiletés techniques viendront avec l’expérience et la pratique.

 

Et finalement,  je vous laisse sur cette réflexion :  «Tous les enfants sont des artistes. Le problème, c’est de le rester une fois adulte.» (auteur inconnu)

 

Liette Parent (Bac. Enseignement des arts visuels)

Spécialiste en arts plastiques. Je possède de nombreuses années d’expérience dans ce domaine (De la petite enfance à l’âge adulte…). J’offre des formations/ateliers qui s’adressent aux éducateurs(trices) de la petite enfance et aux parents qui sont soucieux de proposer des activités créatrices de qualité qui stimuleront le développement de l’enfant, voici quelques une de mes formations :

  1. «Les arts plastiques un jeu d’enfant: transformer, explorer, découvrir… »
  2. « L’évolution des stades graphiques chez l’enfant»

Voici mes coordonnées :

www.petiteecoledesarts.com (Voir dans la section perfectionnement, pour la description complète de mes formations)

819-205-0654   liette@petiteeecoledesarts.com

Observer pour mieux planifier

Voilà déjà 5 ans que Marion est éducatrice du groupe des 4 ans. Elle constate que ses activités n’ont pas toujours le même succès. À chaque année, elle se voit obligé de revoir sa planification et doit même parfois réinvestir du temps à chercher d’autres activités. Trop souvent, elle s’est retrouvée devant un groupe peu enthousiasme à ses idées. Une activité super populaire peut ne pas être appréciée l’année suivante… mais pourquoi? Marion aime pourtant son travail et elle met toujours autant de rigueur à la préparation de ses activités. Elle a de la facilité avec ce groupe d’âge et elle connaît bien les goûts et intérêts des 4 ans. Marion se questionne sur sa planification; elle ne voudrait surtout pas revivre les mêmes difficultés. Doit-elle refaire la même planification sans rien changer? Doit-elle faire plus d’activités pour préparer son groupe à l’école? Travailler davantage la concentration, l’autonomie ou peut-être la motricité fine pour développer les habiletés nécessaires pour l’écriture? Son questionnement se poursuit jusqu’au jour où Lorraine, une stagiaire de 2 e année en techniques d’éducation à l’enfance l’oriente dans ses réflexions.

Pour bien des éducatrices, l’observation est une activité spontanée et naturelle. Elle est souvent utilisée en service de garde pour mieux connaître l’enfant sur le plan de son développement ou pour comprendre un comportement problématique. Les outils comme les grilles et les tableaux permettent de rapporter des faits objectifs et limitent les interprétations. Les données d’observation recueillies sur grille, permettent à l’éducatrice d’orienter ses interventions dans le but de mieux faire cheminer l’enfant. Rares sont les éducatrices qui observent le groupe pour planifier leur programme d’activités. Marion découvre, en discutant avec sa stagiaire que son premier objectif de stage est de faire de l’observation participative avant même de penser à développer des idées d’activités. Lorraine doit prendre le temps d’observer leurs goûts, intérêts et leurs limites comme groupe. Quelles sont les actions qu’ils répètent? Quels sont les jeux qu’ils aiment faire? Quels sont leurs échanges? Qu’est ce qui les fait rire? Comment gèrent-t-ils leurs conflits? Quel est le niveau de développement de l’ensemble du groupe sur le plan moteur, cognitif, social et affectif? Ces observations permettront à Lorraine de connaître les enfants afin de mieux saisir leurs besoins. Les données recueillies serviront à planifier, structurer et organiser des activités adaptées au groupe. Marion découvre en parlant avec sa stagiaire qu’il est bien difficile de planifier des activités sans connaître le groupe. Marion constate que ne pas utiliser l’observation pour planifier c’est comme bâtir une maison sans fondation.

En observant le groupe, elle découvre qu’Émilie est souvent dans le coin autos avec Pierre-Luc; ils organisent des circuits pour faire des routes avec les voitures. Elle constate que Luce, Claudie et Marie-Éve aiment beaucoup faire des jeux de table qui demandent des habiletés en motricité fine. Quant à Juliette et Alexis, ils sont dans le coin déguisements et se font différents scénarios et pour ce qui est de Charles, elle remarque qu’il est souvent seul (le fait de venir 3 jours semaine au CPE ne lui permet pas de faire «SA» place auprès du groupe). Plusieurs autres observations aident Marion à identifier les besoins de son groupe de 4 ans.

La mise en commun de ses observations avec celles de sa stagiaire confirme que le groupe a besoin davantage de place pour être autonome et prendre de l’initiative. Le fait de démontrer de l’intérêt pour des jeux de manipulation lui indique qu’il pourrait être intéressant de nourrir les coins par des objets qui demandent de la précision et de la minutie. Par exemple, avoir différents types de petits objets qu’ils peuvent classer, aligner, sérier et s’inventer des jeux. Offrir dans le coin autos du matériel de récupération, pour permettre d’organiser leurs jeux d’une toute autre façon. Par exemple, leur permettre de faire des chemins avec du papier collant coloré, mettre des boîtes à souliers pour faire des garages, installer le tapis de voitures au mur plutôt qu’au sol. Le coin déguisements est populaire pour certains enfants, ajouter du matériel qui stimule l’imagination, par exemple un clavier d’ordinateur, des sacs d’épicerie, des articles de coiffure, articles à mettre dans les sacs à mains (tablette de papier, crayon, porte monnaie, lunette de soleil) etc. Ajoutez dans le coin livres, des cartes postales, cartes de fête, des albums photos de chacun des coins avec les enfants en action, des circulaires, revues d’autos. Ce coin peut être l’occasion pour Marion d’échanger avec Charles.

Marion constate que ses observations sont riches d’informations. La planification de ses observations avec des objectifs plus précis lui permet de mieux voir les besoins. Elle remarque que cette nouvelle approche change de beaucoup sa façon de voir son travail d’éducatrice. En effet, elle n’est plus celle qui apporte, propose et même impose ses idées pour répondre à sa planification. Maintenant, elle regarde et cherche à voir les intérêts, goûts et besoins de son groupe actuel. Ce changement lui permet d’être attentive à chacun des enfants, sensible aux différences et même créative pour apporter de nouvelles stimulations. Elle considère avoir plus de temps avec chacun des enfants car son rôle n’est plus d’animer, de montrer et même d’enseigner mais plus de suivre et de supporter l’évolution de chacun des enfants. En fait, Marion n’est plus au centre des enfants mais les enfants au centre de ses préoccupations!

Lorraine est en stage depuis trois semaines, elle participe aux jeux des enfants, elle note ses observations, elle apprend à les connaître, elle identifie de plus en plus les intérêts des enfants. Lorraine découvre qu’ils aiment bien les insectes, qu’ils lui posent souvent des questions sur la vie de ces derniers, qu’ils cherchent dans la cour des vers de terre, araignées, des coccinelles. Elle profite de cette préoccupation du groupe pour alimenter leur intérêt. Elle apporte des livres et des revues sur le sujet. Elle cache des insectes en plastique dans des boîtes à souliers remplies de sable. Elle organise un safari d’insecte dans la cour, chacun cherche des insectes à mettre dans sa chaudière. Elle permet, aux enfants qui le désirent, d’étudier leurs trouvailles avec des loupes. Lorraine a eu beaucoup de plaisir à voir les enfants vivrent ces différentes expériences scientifiques qui découlent de ses observations et de sa grande sensibilité aux enfants.

Marion et Lorraine sont maintenant convaincues «qu’observer pour mieux planifier c’est l’affaire de tous!»

Ce texte m’a été inspiré par mon travail de superviseure de stage. Lorraine, étudiante de deuxième année en techniques d’éducation à l’enfance m’a permise de faire ses belles découvertes. Merci pour ta générosité!

Faire bouger le tout-petit à sa mesure… Comment adapter nos activités physiques à nos tout-petits.

Josée Lespérance, enseignante TÉE

Janvier 2013

www.aveclenfant.com

 

Comme tous les matins, j’écoute l’émission Salut  bonjour! en me préparant pour aller au travail. Mais ce matin-là, j’ai vraiment été surprise de voir la vidéo que Gino Chouinard présentait.  Nous voyons un enfant au bas de la piste de ski, tellement vidé de ses énergies qu’il dort debout  sur ses deux skis et finit par tomber à la renverse. La scène qui se veut humoristique m’a fait réfléchir sur les attentes  élevées que nous avons parfois envers nos enfants. Malheureusement, je trouve la situation bien triste, comment un jeune enfant peut se rendre au bout de toutes ses forces sans que personne  l’arrête? Voir Vidéo (www.nokenny.com/un-gamin-dort-debout…).

Peut-être me diriez-vous que c’est l’enfant qui désire faire du ski !!!! Je pratique moi-même ce sport depuis plusieurs années, et je n’ai jamais vu un enfant de 3 ans faire une crise à son parent pour faire du ski.

Un enfant de 3 ans a peu d’expérience physique pour exercer un sport qui demande une technique aussi précise. Des pré-requis sont nécessaires pour bien maîtriser la glisse sur la neige. Par exemple, avoir marché sur différents sols puisse qu’il va devoir s’adapter aux différentes surfaces de neige. (glacée, granulée, collante) etc. L’immaturité du système nerveux  central  ne permet pas au jeune enfant de vivre avec plaisir et succès la pratique du ski alpin. Il est nécessaire que  le mouvement volontaire devienne un automatisme. Pour y arriver, l’enfant a besoin d’expérimenter plusieurs situations  motrices qui lui permettront de connaitre son corps et ses limites. Les moyens qu’il va développer pour se déplacer, garder l’équilibre, avoir le contrôle de son corps et ajuster son pas serviront à rendre ses gestes matures et fluides pour  ce type de sport en particulier.

Le jeune enfant n’est apte à faire l’évaluation des distances de freinages à la pratique sécuritaire du ski alpin.  Ce qui explique l’usage de différentes techniques qui relient l’enfant à l’adulte que nous pouvons voir parfois sur les pistes. Il faut également observer que pour certains enfants, il est difficile de se contrôler et s’arrêter lorsqu’ils ressentent l’excitation de la descente. Que dire de la concentration exigée pour l’exécution de l’ensemble de  ces habiletés. C’est pourquoi  il est facile de comprendre  la  fatigue extrême de l’enfant sur la vidéo.

Par contre, encourager la descente du grand frère ou de sa grande sœur, laisser l’enfant marcher avec des bottes de ski, manipuler l’équipement, se promener en traineau au bas des pistes, dîner en famille dans le chalet de ski, etc. sont des actions qui influencent positivement l’enfant dans l’exercice de ce sport. Son implication dans l’environnement souhaitée devient une source importante de motivation pour plus tard.

Sachez que prendre le temps d’observer les réactions et les signes de fatigues manifestés chez son l’enfant, c’est lui permettre d’anticiper des habitudes de vie comme adulte de demain.

Contrairement à ce que nous pouvons penser, la participation à un sport structuré comme par exemple être dans une école de ski demande beaucoup moins physiquement que le jeu libre. En effet, le sport structuré fait appel à plus de périodes d’inactions, car l’enfant doit suivre le rythme du groupe, écouter les consignes et respecter les temps d’arrêt. Alors que, le jeu libre permet à l’enfant de réagir davantage aux imprévus et par le fait même avoir une dépense énergétique beaucoup plus grande.

Je vois de plus en plus dans les milieux de garde de l’intérêt à faire bouger les enfants ainsi que leurs familles. Le défi Pierre Lavoie propose des moments de bougeottes aussi simples que de faire courir les plus vieux sous les yeux observateurs des plus petits, aller prendre une marche en famille après le souper. Les enfants amassent au CPE et à la maison des cubes d’énergies. Ces cubes peuvent le prétexte  à la fin du défi pour organiser une fête en famille au CPE. Une belle façon d’influencer le goût de bouger de tous.

Comme parent, nous avons à servir de modèle en adaptant nos sorties sportives aux limites de nos petits.

Voilà une belle façon pour que notre enfant dorme dans son lit le soir venu plutôt que sur ses skis….

Je vous recommande fortement  le livre de François Cardinal, Perdu sans la nature qui fait l’éloge des activités familiales en plein air.

Préparer l’enfant à l’école, sans faire l’école!

Josée Lespérance, TÉE

Janvier 2014

www.aveclenfant.com

Mon travail de formatrice me permet de travailler avec plusieurs équipes d’éducatrices. Je constate une préoccupation constante dans les milieux concernant la préparation des enfants à l’école et ce surtout pour les groupes de 4-5 ans. Certains milieux répondent aux désirs des parents en  offrant des cours d’anglais, danse, gymnastique. D’autres, vont jusqu’à placer dans l’horaire des groupes de 4 ans, des périodes de pré-maternelles. L’apprentissage de lettres, chiffres, petits cahiers d’exercices à compléter. Les demandes des parents viennent parfois bousculer les valeurs profondes des éducatrices. L’enfant doit rester le centre de nos préoccupations. Lorsque nos observations nous permettent de croire que l’enfant ne vit pas de plaisir et de succès dans ce qu’il lui est demandé et même parfois imposé sous prétexte de le préparer à l’école, c’est que les exigences proposées, sont des contraintes et des défis trop élevés. L’éducatrice doit se centrer sur les réels besoins des enfants et sensibiliser le parent aux apprentissages de son enfant par le jeu. Les expériences clés sont des outils  qui mettent en valeurs les actions de l’enfant qui seront utiles pour l’école.

Voir les expériences clés, ACCUEILLIR LA PETITE ENFANCE, le programme éducatif des services de garde du Québec. (Mise à jour 2007)

En voici quelques exemples :

  • -Lorsque que l’enfant enfile des boules sur un cordon, range des petits objets dans un contenant, empile des bouchons, ces actions permettront à l’enfant de tenir un crayon avec précision afin de se situer entre deux lignes pour écrire.
  • -Lorsque le milieu met en place un système d’étiquetage  (images/mots) pour identifier le matériel mis à la disposition de l’enfant, il favorise la pré-lecture chez le petit.

-Lorsque l’enfant s’amuse à faire un parcours (sauter, marcher sur une corde, passer en dessous d’une table) ces actions lui permettent de reconnaitre les possibilités de son corps tout en se situant dans l’espace. C’est un pré-requis important pour l’écriture.

  • -Lorsque l’enfant regarde un livre et suit de gauche à droite avec son index le texte écrit, il se prépare à la lecture.
  • -Lorsque l’enfant fait des gâteaux dans le sable et compte le nombre de chandelles représentées par des bouts de bois, il fait des pré-mathématiques.
  • -Lorsque l’enfant joue dans le sable et qu’il transporte des chaudières avec ou sans sable. Ces actions font appels aux poids et mesures.

 

Ces exemples sont peu nombreux mais démontrent que c’est dans le jeu que l’enfant fait ses apprentissages préparatoires à l’école. Pour le parent, il est parfois difficile de voir par de simples gestes tous ce que son enfant  développe. C’est à l’éducatrice de mettre en valeur dans sa planification de ses activités les actions qui seront des  pré-requis  utiles à ses apprentissages scolaires (Les expériences clés).

Le programme éducatif des centres de la petite enfance du Québec nous dit que pour faciliter l’entrée de l’enfant à l’école, le milieu de garde doit lui offrir la possibilité d’acquérir plusieurs attitudes et habiletés qui lui seront utiles pour une rentrée réussie. Voici de quoi il s’agit….

  • -Confiance en soi.
  • -Le goût d’expérimenter.
  • -Exprimer son point de vue.
  • -Une bonne capacité d’attention et de concentration.
  • -La capacité de résoudre des problèmes.
  • -Une bonne motricité globale et fine.
  • -Un langage clair et un vocabulaire étendu.
  • -Une capacité à apprendre de vivre en groupe.
  • -Une possibilité de suivre des routines.
  • -Une capacité de respecter des consignes

Réf: ACCUEILLIR LA PETITE ENFANCE, le programme éducatif des services de garde du Québec. (Mise à jour 2007,  Page 9)

Plusieurs recherches démontrent qu’un milieu de garde de qualité est l’endroit par excellence pour préparer l’enfant à la maternelle. Lorsque celui-ci offre un environnement chaleureux, sécuritaire, où les expériences sont variées.

Dans un contexte scolarisant où l’enfant est exposé à donner une bonne ou une mauvaise  réponse, certains enfants vivront un niveau de stress dont ils peuvent  difficilement contrôler. « L’imposition d’attentes irréalistes au niveau du développement cognitif freine ou ralentit le temps de jeu par des apprentissages prématurés et exige de l’attention au-delà de des capacités du jeune enfant » (Tiré de la formation Attention! Enfants sous tension! Sylvie Bourcier). Les exigences ont un seul but, préparer l’enfant à l’école….

 

Le jeu libre est une source indéfinie d’apprentissage préparatoire à l’école. Il développe les habiletés sociales et langagières, stimule les découvertes, les initiatives, la résolution de problèmes, la capacité de faire des choix. Il laisse place à l’expression de la créativité, la manipulation et  l’exploration. Observer, soutenir, encourager, guider l’enfant et mettre en place du matériel stimulant c’est reconnaitre le jeu comme la voie royale des apprentissages. C’est aussi, respecter le réel besoin de l’enfant en lui donnant  le sentiment d’être capable  de vivre du succès. Est-ce cela, préparer l’enfant à l’école sans faire l’école ????

Voir en annexe : Ce qui est important d’observer chez l’enfant avant l’entrée à la maternelle…

Annexe :

Ce qui est important d’observer chez l’enfant avant l’entrée à la maternelle…

  1. L’enfant est capable de se séparer de ses parents sans angoisse ou d’inhibition.
  2. L’enfant est capable de faire le choix de jeux ou d’activités.
  3. L’enfant est capable d’exprimer ses besoins ou de faire ses demandes.
  4. L’enfant est capable d’exprimer ce qu’il ressent.
  5. L’enfant est capable de prendre soin de ses effets personnels (retrouver ses souliers, son sac à dodo).
  6. L’enfant est capable de s’habiller et de se déshabiller.
  7. L’enfant est capable d’utiliser les toilettes et se laver les mains.
  8. L’enfant est capable de participer à des activités en petit-groupe.
  9. L’enfant est capable d’avoir du lien social avec les autres enfants.
  10. L’enfant est capable d’entrer en contact avec les adultes.
  11. L’enfant est capable d’apporter son aide à un autre enfant.
  12. L’enfant est capable de participer à une conversation (tour de parole, écoute).
  13. L’enfant est capable de contrôler ses élans moteurs (marcher à l’intérieur, s’asseoir pour manger, parler à voix basse lorsque demandé).
  14. L’enfant est capable d’attendre son tour pour obtenir quelque chose (délai raisonnable).
  15. L’enfant fait preuve de coordination visuo-motrice. Par exemple, enfiler des boules sur un cordon, ranger des petits objets dans un contenant, empiler des sous.
  16. L’enfant maîtrise bien le langage oral tant au niveau de la compréhension que l’expression. Il fait des phrases complètes, utilise des mots de liaisons.
  17. L’enfant est capable de reconnaitre des sons identiques (amour, tambour).
  18. L’enfant est capable de s’amuser seul pendant 20 /25minutes.
  19. L’enfant est capable de continuer son jeu, sa tâche malgré les distractions.
  20. L’enfant est capable est capable de suivre une consigne verbale ayant trois éléments ou une série de trois mouvements. Il saura quoi faire en premier, en deuxième et en dernier.
  21. L’enfant est capable de s’orienter dans l’espace. Il saura se diriger  près, loin, à côté, sur, au-dessus, en dessus d’un élément.
  22. L’enfant sait reconnaitre un ensemble d’éléments ayant l’une ou l’autre des caractéristiques suivantes: pareil, différent, plus que, moins que, autant que.
  23. L’enfant est capable de repérer un élément spécifique disposé dans un ensemble d’éléments. Il saura par exemple reconnaitre la maison bleue sur une carte postale illustrant un petit village de maisons colorées en campagne.
  24. L’enfant pose des questions sur divers sujets.
  25. L’enfant est capable d’identifier les effets ou les conséquences d’un geste posé, par exemple un dégât de lait parce qu’il en a trop versé.

À la maternelle, l’enfant  aura l’occasion de développer davantage ses compétences. Il sera dans l’action, faisant des activités ou en réalisant des projets.

Référence: Sylvie, Bourcier, Le grand monde des petits de 0-5ans, mon enfant est-il prêt pour la maternelle. Pages 151, 152,153. Ed du CHU sainte Justine.

Comment adhérer aux saines habitudes?

Josée Lespérance, enseignante TÉE

Octobre 2014

www.aveclenfant.com

Inspiré du cadre de référence GAZELLE ET POTIRON, je me suis penchée sur les 4 environnements favorables à la saine alimentation, au jeu actif et au développement moteur chez nos tout-petits pour proposer des pistes d’actions que le service de garde peut mettre en place pour adhérer à de saines habitudes.

Intervenir sur les environnements permettra une saine alimentation et des occasions fréquentes de bouger et de s’adonner au jeu actif. Voici donc comment…

1-Environnement Physique : L’environnement physique est de mettre en place un environnement et du mobilier adéquat pour répondre aux besoins de tous. Par exemple, pour les repas avoir du mobilier adéquat pour que l’enfant y soit confortable, avoir des espaces dans le local pour bouger, matériel polyvalent qui oblige l’enfant à explorer et manipuler de différentes façons.

2-Environnement Socioculturel : L’environnement socioculturel est de reconnaitre l’importance de bien s’alimenter pour bouger adéquatement. L’attitude de l’éducatrice est vitale, elle doit mettre en place des règles de sécurité, identifier le potentiel de chacun des enfants, aller chercher la collaboration des parents. Le milieu doit créer un mouvement d’équipe pour permettre de saines habitudes. La sensibilisation de chacun des acteurs assure la réussite de cet environnement. Par exemple, consommer avec enthousiasme le même repas que l’enfant, faire une banque d’activités qui bouge à faire à la maison. Inviter les parents/enfants à expérimenter les activités au service de garde lors d’une journée spéciale.

3-Environnement Politique : Cet environnement donne le ton du service de garde, avoir une politique connue de tous pour préciser l’importance d’une saine alimentation, du jeu actif et du développement moteur des enfants dans le service de garde. Présenter des alternatives dans votre politique. Par exemple, une journée de grand froid il est possible d’être actif à l’intérieur dans la salle multifonctionnelle, dans le local de l’enfant en déplaçant des meubles. Suivre la charte de température du ministère pour prendre une décision.

4-Environnement économique : Cet environnement fait appel à l’argent pour soutenir l’environnement physique et socioculturel. Le milieu doit penser à des moyens pour réduire certains coûts. Par exemple, faire des achats alimentaires regroupés, faire l’inventaire du matériel pouvant servir à des jeux actifs plutôt que d’acheter du nouveau matériel. Utiliser de la récupération pour inventer des jeux.

On sait tous que la petite enfance est la période cruciale pour créer de saines habitudes de vie. Le service de garde est le lieu par excellence pour sensibiliser l’enfant et sa famille dans ce sens.

Nous constatons que le tout-petit est de plus en plus sédentaire, selon l’enquête canadienne sur les mesures de santé en 2007 au Canada, 62% des enfants passent la majorité de leur temps d’éveil à des activités sédentaires, soit 8.6 heures par jour en moyenne.

D’après la société canadienne de pédiatrie en 2012, seulement 7% des enfants de 1 an à 4 ans répondent aux nouvelles directives canadiennes en matière d’activité physique. Les enfants devraient faire environ 90 minutes d’activités physiques d’intensité moyenne à élevée durant sa journée.

Sachant que 52% des enfants Québécois fréquentent un service de garde, nous sommes un acteur principal pour encadrer l’enfant à de saines habitudes de vie.

(Référence statistiques : Veilleaction.org)

Voici quelques pistes d’actions que le service de garde peut faire :

1-Mettre plus d’activités physiques au programme : Le service de garde mise beaucoup sur des activités cognitives et des activités de motricité fine. L’activité motrice est parfois oubliée  pour la réalisation de beaux bricolages. Intégrer aux routines quotidiennes des activités physiques est une avenue prometteuse pour augmenter le temps actif des enfants 2 à 5 ans. C’est une façon de faire acquérir des habiletés motrices pour en assurer un développement adéquat. : « Sans des habitudes motrices suffisamment développées l’enfant risque de vivre des difficultés d’apprentissage dès ses premières années scolaire ». (Référence : veilleaction.org)

2-Prévoir de l’espace pour l’activité physique : Il est observé que le mauvais temps et le froid limitent les occasions de bouger à l’extérieur. Il est donc important d’avoir un coin pour bouger à l’intérieur au même titre qu’un coin lecture. Offrir aux enfants la possibilité de bouger limite les conflits et réduit par le fait même les interventions négatives de l’éducatrice. Il est important que le milieu se dote d’une politique pour augmenter le temps passé à l’extérieur. « Des recherches démontrent que le milieu extérieur constitue un milieu riche et permet d’augmenter le niveau d’activités physiques d’intensité moyenne à élevée. » (Référence : Portrait du développement moteur et de l’activité physique au Québec chez les enfants 0-9 ans, Claude Dugas PH.D et Mathieu Point M.SC.

3-Le jeu libre au programme : L’enfant bouge plus en jeu libre qu’en jeu structuré car il va à son rythme avec moins de contraintes. Nous observons que le jeu libre n’est pas toujours utilisé comme il se doit. Or, plus nous organisons les enfants dans des jeux structurés moins ils prennent de l’initiative et moins ils sont actifs. Lorsque l’enfant est en attente pour poursuivre une activité, son temps de jeu est réduit. Des enfants inscrits à des cours de ballet, natation dépensent moins d’énergie qu’un enfant qui s’amuse en jeu libre dans la cour.

4-Le rôle de l’éducatrice : Il est prouvé que l’enfant est plus actif lorsque du matériel stimulent est à sa disposition. L’éducatrice doit davantage planifier des mises en scène pour créer de l’intérêt chez l’enfant que des activités dirigées. Prendre le temps d’observer ce qu’ils aiment faire permettra de mettre à la disposition de l’enfant des scènes qui susciteront la découverte et l’expérimentation. Par exemple, le groupe de 4 ans aiment jouer au ballon. Placer dans un coin du local différentes cibles pour lancer (drap suspendu avec des cercles découpés, des boîtes au sol de différentes grosseurs, des cerceaux suspendus, etc.). Ajouter des ballons afin de permettre à tous d’expérimenter. La mise en scène doit être planifiée et organisée au même titre que l’activité dirigée et peut-être transportée aussi à l’extérieur.

5-Le matériel : Contrairement à ce que nous pouvons penser, le matériel de grosse dimension comme un module de jeu place moins l’enfant dans l’action. Le matériel comme des ballons, des cerceaux, des foulards font bouger davantage les enfants. Il est donc important d’avoir un sac avec du matériel pour nos sorties au parc, des bacs thématiques pour des mises en scène dans la cours sont des outils qui peuvent faire la différence.

Adhérer à de saines habitudes de vie demande au milieu garde de la motivation à entreprendre des changements. Ces changements ne peuvent se faire tous en même temps ni se faire seul. Une étape à la fois pour réaliser les changements souhaités permettra à chacun des acteurs à s’adapter. « SAVEZ-VOUS QUE ??? Le changement se fait plus facilement s’il est décidé et soutenu par une équipe et des partenaires motivés que par des gestionnaires et administrateurs convaincus » (Cadre de référence GAZELLE ET POTIRON).

L’impact des écrans sur le développement du langage chez le jeune enfant

Sylvie Bourcier, intervenante en petite enfance

Mai 2013

www.aveclenfant.com

 

L’impact des écrans sur le développement du langage chez le jeune enfant[1]

Pour apprendre, le petit a besoin d’échanges. Les activités de l’enfant doivent être associées au langage. Le langage dans l’action permet à l’enfant d’associer les situations, les gestes, les choses du quotidien aux mots.

L’écran donne de l’information si l’enfant écoute et si le niveau de langage utilisé est adapté, mais il ne répond pas. Comme il est triste de voir un petit qui appelle son personnage favori en s’adressant à l’écran indifférent !

La télévision peut aussi devenir une pollution sonore, car elle couvre les bruits familiers. Or, l’écoute attentive des sons émanant des activités domestiques et la discrimination des mots prononcés par les personnes de l’entourage sont des éléments essentiels pour le développement du langage du bébé. Lorsque son papa et sa maman identifient l’origine d’un bruit, les nomment, ils peuplent son monde de découvertes. Ses habiletés auditives peuvent alors se développer. Si l’environnement sonore est dépollué, il devient porteur de sens.

 

Et que penser des DVD d’éveil pour les bébés ?

 

 

Les bébés exposés à ce type de stimulations prononcent à 18 mois moins de mots que ceux qui n’y sont pas exposés. Christakis et Zimmerman, de l’Université de Seattle, concluent que les nourrissons qui ont été placés devant un DVD d’éveil cognitif voient leur capacité linguistique ralentir à raison de 8 à 16 mots de moins que ceux ne l’ayant pas regardé. Pour s’assurer qu’il s’agit de bonnes émissions, bien adaptées au bébé, les mêmes chercheurs ont comparé les effets de DVD et de vidéos dits spécialisés pour bébés, d’autres d’adressant aux adultes, des émissions de divertissement et, enfin, d’autres à vocation éducative. Ils ont découvert que les émissions dites adaptées n’avaient pas plus d’effets positifs sur le développement du langage que celles ne s’adressant pas spécifiquement aux tout-petits. En revanche, ils associent, comme bien des spécialistes, le fait de lire ou de raconter une histoire à une habileté linguistique importante.

Ce sont là des raisons qui expliquent les recommandations de Serge Tisseron, spécialiste des effets des écrans sur les enfants : pas d’écran avant l’âge de 3 ans. Quant à l’American Academy of Pediatrics, elle recommande d’éviter la télévision avant l’âge de 2 ans. Et la Société canadienne de pédiatrie ? Écoute d’une heure maximum pour les enfants d’âge préscolaire.

 


[1] Tiré de L’enfant et les écrans. Sylvie Bourcier, Éditions Chu Sainte-Justine, 2010.

Les bons coups dans les milieux en 2006

Pour commencer la nouvelle année, j’ai pensé vous faire connaitre les découvertes que j’ai faites en 2006 dans les milieux. J’ai vu et entendu beaucoup de belles et bonnes choses qui se font dans les CPE des régions de Laval et Lanaudière. Le travail d’éducatrice est trop souvent peu valorisé pour que je passe sous le silence ce que j’ai pu observer durant la dernière année. Malgré le vent de changement dans le monde de la petite enfance, plusieurs éducatrices ont réussi à garder quand même le cap sur les tout-petits. En se souciant de leur développement et leur stimulation, elles ont su mettre en place des outils pour mieux intervenir et rendre le milieu plus sécuritaire. Des moyens créatifs, ingénieux et peu couteux ont été mis en place pour répondre aux besoins des enfants. Les bons coups sont ceux dont j’ai eu l’occasion de voir lors de mes supervisions de stage, mes formations et de mes rencontres avec les éducatrices de différents milieux de garde. Il est certain, que bien d’autres belles choses se font dans nos milieux au Québec dont je n’ai pas eu l’occasion de visiter. Notre site est une belle façon de faire un clin d’œil sur vos bons coups. Je vous invite donc, à nous faire parvenir vos idées, vos moyens, vos projets pour en faire bénéficier d’autres éducatrices. L’ouverture à ce qui ce fait ailleurs repousse nos limites, valorise l’auteur dans ses idées et permet à l’enfant de se développer dans le plaisir. En voici donc des exemples.

1. J’ai eu l’occasion de voir dans un milieu de la région de Lanaudière une stagiaire qui avait développé un outil pour la résolution de problème avec un groupe de 4 ans. Elle avait accrochée après une ganse de son pantalon des petites cartes (un jeu de 4 petites images) qui suggéraient à l’enfant en conflit des solutions. De cette façon, elle permet à l’enfant de vivre de la réussite dans des situations plus difficiles, de faire des choix qui lui convient, de développer l’autonomie, d’utiliser la parole au lieu des coups. L’expérience a été un succès. Cet outil, peut être d’une grande utilité au parc ou dans la cour lorsqu’il a beaucoup d’enfants. Il n’est pas toujours facile de tout voir, ce trousseau de cartes permet à l’enfant d’aller vers l’adulte et trouver lui-même des solutions. Une idée d’Émilie Hallé stage 2 Cégep l’Assomption.

Les_bons_coups_dans_les_milieux1 Les_bons_coups_dans_les_milieux2

Les_bons_coups_dans_les_milieux3

2. Une belle faço n de rééquilibrer les énergie s avec ce jeu d’éponges. En effet, une éducatrice a développé une façon de recentrer l’enfant sur lui après une grande décharge énergétique. Le matériel est facile à trouver, un p lat de plastique transparent et des petits carrés d’éponges. Elle fait quelques trous sur le couvercle et place dans le contenant des petits carrés d’éponges. Le jeu consiste à vider le contenu, remettre le couvercle et incérer les petits morceaux d’éponges dans le contenant par les petits trous du couvercle. Un bel exercice de motricité fine qui demande beaucoup de dextérité manuelle et de concentration. Une idée du CPE Gamin Gamine à Terrebonne

Les_bons_coups_dans_les_milieux4

 

3. Une éducatrice qui remplace les pauses au CPE Gamin Gamine a trouvé une façon bien à elle d’être significative auprès des enfants. Elle arrive toujours avec sa boîte à chansons. La boîte contient plus d’une cinquantaine de petites cartes sur lesquelles on y retrouve un titre et un dessin qui représente la chanson. Même si elle est seulement 20 à 30 minutes avec le groupe elle en profite pour chanter. Cet outil lui permet de vivre des bons moments en peu de temps avec les enfants.

Les_bons_coups_dans_les_milieux5

4. Tout simple, mais plein de sens. Des couvercles de jus congelé transformés en couvercles sensoriels… C’est une éducatrice à la pouponnière au CPE G amin Gamine qui a eu cette merveilleuse idée pour stimuler la découverte et l’exploration du tout-petit.

Les_bons_coups_dans_les_milieux6

5. Un jeu d’association bien spécial. En effet, des formes de boutons reproduites sur un carton et un petit contenant avec les boutons. Le jeu consiste à replacer le bouton sur la bonne forme. Ce jeu peut faire patienter avant le repas ou permettre aux enfants qui ont terminé une activité de jouer à ce jeu en toute sécurité sans l’aide de l’adulte. Une ingéniosité du CPE Gamin Gamine à Terrebonne.

Les_bons_coups_dans_les_milieux76. Voilà un outil de langage très pertinent réalisé par le CPE Gamin Gamine à Terrebonne. À l’aide de couvercles de jus congelé, mettre des images différentes des deux côtés. Une canne à pêche jouet ou simplement un bâton avec corde et aimant pour facilité la prise. Le jeu consiste à pêcher un couvercle et de nommer l’image. Plusieurs variantes possibles peuvent rendre ce jeu stimulant. Par exemple, faire une histoire avec les couvercles, un jeu de loto avec deux images pareilles à attraper, mettre les photos des enfants sur les couvercles de jus et en faire une histoire rigolote.

7. Une éducatrice eLes_bons_coups_dans_les_milieux8n milieu familial a développé un coin grand avec très peu d’espace. Le groupe d’enfants était constitué de 4 bébés de 15, 17 et deux enfants 18 mois et un grand ami de 3 ans 1/2. Les journées pour le plus vieuxétaient de plus en plus difficiles pour lui. En effet, il n’arrivait pas à se concentrer sans qu’un petit explorateur s’improvise dans ses jeux. La réaction était automatique des
cris et des pleurs suivis même parfois par des coups portés sur le petit. Les interventions négatives se multipliaient. Devant une telle situation, l’éducatrice a eu la bonne idée de créer un coin grand en hauteur. Un simple comptoir de cuisine avec armoire intégrée sur le côté et une espace en dessous pour y mettre un caisson à trois tiroirs. Une chaise style bistro pour permettre à l’enfant d’être plus haut pour bricoler, faire des jeux de table, du dessin des lego et bien d’autres choses. À vous de faire l’expérience. Une idée de Julie Perreault dont le service de garde en milieu familial est situé à Mascouche.

Les_bons_coups_dans_les_milieux98.Le CPE La Marmaille de Laval a trouvé une façon bien à eux de gérer les arrivées et les départs. À l’aide d’une plaquette métallique et de petites bandes aimantées où le nom de l’enfant est inscrit l’éducatrice peut mieux assurer la sécurité des enfants. Chacune des bandes est placée à l’endos de la plaquette, lorsque le parent arrive au service de garde le matin il met le nom de son enfant sur le dessus de la plaquette pour signaler sa présence. Lorsqu’il quitte le soir, il replace la bande aimantée à l’endos de la plaquette pour aviser de son départ. Cette façon de fonctionner évite bien des soucis pour les éducatrices et implique le parent à la sécurité de son enfant.

 

En espérant vous avoir fait partager mes trouvailles et susciter chez vous de l’intérêt.
Notre objectif est de favoriser du temps de qualité et ce dans le plaisir.

Planifier ou non? Comment bien démarrer l’année?

La planification d’activité en début d’année demeure toujours une préoccupation pour Sylvie. Doit-elle profiter de ce moment pour observer? Doit-elle faire des activités structurées avec les enfants? Doit-elle les laisser vivre des expériences entre eux? Doit-elle planifier oui ou non?

Dans un premier temps, il important pour Sylvie de se centrer sur les besoins de chacun des enfants. L’observation l’aidera à découvrir les intérêts, les goûts et le tempérament de chacun. Elle doit développer une relation significative avant de penser proposer et organiser des activités. Pour que Sylvie puisse planifier dans l’intérêt de son groupe, elle doit être significative pour l’enfant. Ses interventions individuelles auprès de chacun vont lui permettre créer un lien unique avec l’enfant.

S’impliquer dans le jeu spontané, stimuler les échanges avec l’enfant, encourager ses idées, valoriser les contacts entre eux, sont des gestes qui encouragent le développement du sentiment d’identité. Un pré-requis essentiel à un mieux-être personnel et relationnel de l’enfant. Des situations qui demandent peu de planification à Sylvie mais beaucoup de sensibilité et d’ouverture à accueillir chacun des enfants dans leur différence.

La planification de Sylvie doit être davantage dans les routines. La stabilité qu’apportent les routines représente pour l’enfant un moment sécurisant et un lieu d’apprentissage important. Chez le petit par exemple, la maîtrise de certaines habiletés motrices demande d’être soutenue et encouragée. L’utilisation d’objets stimulants, des exercices psychomoteurs peuvent aider dans ce sens. Alors que le petit de 3 ans doit développer sa concentration dans les étapes à suivre pour l’exercice de la routine, des jeux de photos, comptines qui rappellent les étapes sont des moyens à prévoir. Pour le plus grand, concilier son temps de jeu et la pratique des routines soulèvent parfois des frustrations, l’utilisation d’outils sonores, des références visuelles peuvent aider l’enfant à anticiper ce moment.

Afin de permettre à l’enfant de se familiariser avec sa nouvelle éducatrice, le nouveau groupe et pour certain un nouveau milieu, Sylvie doit planifier dans son horaire, du temps individuel et ce chaque jour avec chacun. Certains enfants sont plus demandants, d’autres cherchent plus notre attention ou attirent plus notre regard de par leur tempérament, leur attitude et parfois même par leur apparence physique. Ce temps précieux que vous prenez avec lui, démontre à l’enfant qu’il est important pour vous. Le reste du groupe observe votre geste et anticipe ce doux moment avec vous.

Je compare souvent la planification d’activités à une relation amoureuse, il faut se connaître et se faire reconnaître dans les goûts et intérêts de chacun avant de planifier des projets. En début d’année, il faut tisser des liens avec l’enfant dans des situations spontanées, offrir une stabilité dans les routines et avoir des moments en tête à tête avec chacun. Voilà une planification orientée sur l’être plutôt que sur le faire!