Impacts des styles éducatifs chez les enfants

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Par Sylvie Garceau, enseignante TÉE

La qualité des services de garde éducatifs à l’enfance (SGEE) est au cœur des discussions de tout un chacun qui est en lien de près ou de loin avec le réseau de la petite enfance.  Ce sujet suscite bien entendu plusieurs échanges sur différents sujets et des remises en question concernant les différentes pratiques déjà en place et celles à modifier.  En effet, une des 4 dimensions de la qualité éducative (Ministère de la Famille) fait référence à la qualité de l’interaction entre le personnel éducateur et les enfants.  Par conséquent, il est important de considérer le style d’intervention adopté par le personnel des SGEE.  Il est évident de penser que l’établissement de la relation significative passe par le style éducatif.  En effet, il ne faut pas négliger le fait que l’approche utilisée par le personnel éducateur aura des impacts, qu’ils soient positifs ou négatifs, chez les enfants et ils influenceront leurs relations et les interactions entre eux.  Il est donc important de les mettre en lumière afin de bien saisir la portée de toutes interventions se rapportant à un style ou à un autre.

Quels sont les styles éducatifs ?

«Trois principaux styles d’intervention sont employés, tant par les parents que par le personnel éducateur et les RSG en interaction avec les jeunes enfants : le style démocratique, le style directif ou autoritaire et le style permissif ou laisser-faire.» (Accueillir la petite enfance, Programme éducatif, 2019)

Certains autres termes sont également associés à ces styles éducatifs.  « Les chercheurs contemporains classent typiquement les styles parentaux en quatre groupes : autocratique, caractérisé par des niveaux élevés de contrôle et de faibles niveaux de sensibilité ; indulgent et permissif, caractérisé par de faibles niveaux de contrôle et de hauts niveaux de sensibilité ; démocratique, caractérisé par des niveaux élevés de contrôle et de sensibilité ; et négligent, caractérisé par un manque de contrôle et de sensibilité. » (Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants, 2019)

Ainsi, deux variantes déterminent tout style d’intervention (contrôle et sensibilité).  Le tableau suivant permet de bien les illustrer et de mieux les comprendre:

Faible niveau de sensibilité (-)Haut niveau de sensibilité (+)
Haut niveau de contrôle (+)DIRECTIF OU AUTORITAIREDÉMOCRATIQUE
Faible niveau de contrôle (-)NÉGLIGENTPERMISSIF OU LAISSER-FAIRE

En observant ce tableau, on peut conclure que le défi du personnel éducateur est d’atteindre un équilibre adéquat entre la sensibilité et le contrôle en présence de l’enfant, et ce, dans les différentes situations vécues au quotidien. 

Qu’est-ce que le contrôle et la sensibilité ?

D’une part, le contrôle est lié directement aux exigences de l’adulte, à ses attentes envers l’enfant et à la discipline qu’il impose (règles, directives, limites, interventions).  Bref, c’est la supervision et l’encadrement offert à l’enfant.  En ce sens, l’adulte ayant un faible niveau de contrôle (style négligent et style permissif ou laisser-faire) ne dirigera pas l’enfant, évitera de donner des consignes, ne nommera pas ses attentes, n’imposera pas de limites claires et interviendra peu ou pas.  À l’opposé, un adulte ayant un haut niveau de contrôle (style directif ou autoritaire et style démocratique) n’hésitera pas à nommer des règles, à imposer des limites, à encadrer tous comportements et toutes situations entourant l’enfant, et ce, de manière rigoureuse.

D’autre part, la sensibilité est quant à elle liée à l’ouverture, à l’écoute et au soutien de l’adulte face aux différents besoins que l’enfant exprime.  En ce sens, l’adulte ayant un faible niveau de sensibilité (style négligent et style directif ou autoritaire) portera peu attention à l’enfant et sera plutôt centré sur lui-même, sera peu ou pas attentif aux expressions verbales et non verbales, ne tiendra pas compte des demandes de l’enfant et sera peu ou pas présent pour l’accompagner.  Donc la réponse aux besoins de l’enfant sera faible ou inexistante.  À l’opposé, un adulte ayant un haut niveau de sensibilité (style permissif ou laisser-faire et style démocratique) à l’enfant sera présent, attentionné à ses besoins exprimés ou non exprimés, démontrera beaucoup d’intérêt à l’enfant et répondra à ses demandes.  Bref, son attention sera centrée sur l’enfant.

Quels sont les comportements de l’adulte associés à chacun des styles et les impacts chez les enfants ?

Voici quelques exemples de pratiques utilisés par le personnel éducateur selon son style éducatif. ¹

DIRECTIF OU AUTORITAIRE

Dans ce style éducatif, l’adulte impose ses règles et son raisonnement, il est rigide dans sa façon de communiquer ses demandes, il est centré sur les punitions, il donne peu de marques d’attention positive et peut même humilier ou dénigrer l’enfant.  De plus, il est très exigeant et ne reconnaît pas les capacités de l’enfant à faire des choix.  Par ailleurs, « l’adulte contrôle la grande majorité des activités, l’horaire et l’organisation du local. Les activités de groupe qui sont privilégiées lui permettent de conserver le contrôle. C’est alors l’adulte qui montre aux enfants la marche à suivre en fonction d’objectifs qu’il a lui-même fixés. » (Accueillir la petite enfance, programme éducatif, 2019)

Face à ces comportements, l’enfant devient soit inhibé, retiré, conformiste par peur d’avoir une réprimande, il est donc soumis au contrôle exercé par l’adulte.  De plus, en présence de ce style éducatif, l’enfant peut également être moins respectueux des règles et faire de l’opposition.  Il cherche alors à confronter l’adulte, à provoquer des conflits avec lui, il est peu tolérant et il peut également adopter des comportements explosifs.  En fait, il réagit au contrôle de l’adulte en s’opposant, recherchant ainsi un certain contrôle, une certaine autonomie. Dans les deux cas, « l’enfant a peu d’occasions de prendre des initiatives, de faire des choix et de s’engager dans des jeux qui correspondent à ses propres champs d’intérêt. »  (Accueillir la petite enfance, programme éducatif, 2019)

PERMISSIF OU LAISSER-FAIRE

Ce style éducatif est caractérisé par l’adulte qui n’impose aucune limite et aucune restriction, qui s’attend à ce que l’enfant se responsabilise lui-même, qui lui remet l’ensemble de ses choix, qui demande la permission à l’enfant, qui le survalorise et qui peut même devenir dépendant de son amour.  Le personnel éducateur d’un SGEE adoptant ce style se retrouverait dans une situation où le «contrôle est plutôt entre les mains des enfants. L’adulte les laisse faire ce qu’ils veulent et l’horaire est souple. Il n’intervient que si les enfants le demandent ou pour rétablir l’ordre.» (Programme éducatif Accueillir la petite enfance, 2019)

Or, l’enfant en présence de ce contexte éducatif peut devenir ce que l’on appelle l’enfant-roi. Par ce manque de limite, il perd ses repères et est à la conquête de balises et d’encadrement.  N’en trouvant pas, il se pense alors omnipuissant et tente d’imposer sa volonté, il est impulsif et colérique puis peu sensible aux autres et à leurs besoins.  L’adulte ayant peu d’attente envers lui et ne l’accompagnant pas dans ses expériences et ses jeux, il n’apprend pas à se connaître et ne développe pas l’estime de soi, puisqu’il peut faire ce qu’il veut sans jouir du regard bienveillant de l’adulte.  Il est alors libre de tous ses choix, bons ou mauvais.

DÉMOCRATIQUE

Le style d’intervention démocratique est celui où l’adulte propose à l’enfant des alternatives et structure la réalité de l’enfant en tenant compte de ses besoins, intérêts et idées tout en offrant un encadrement incluant des consignes, des routines et un accompagnement qui favorisent le sentiment de sécurité.  L’adulte est à l’écoute de l’enfant et poursuit ses initiatives, valorise la socialisation et la curiosité, lui propose des activités amusantes et permet à l’enfant de faire des choix et d’exécuter des responsabilités adaptées à ses capacités.  De plus, l’adulte applaudit ses réussites et ses efforts puis lui démontre sa confiance tout en le soutenant pour résoudre des problèmes. 

Ainsi, l’enfant développe sa confiance en lui-même, a un sentiment de pouvoir influencer ce qui lui arrive, il s’investit dans les jeux, devient compétent socialement, est créateur et persévérant.  De plus, l’enfant développe une sécurité affective, il communique donc facilement son monde intérieur et ses émotions.  En effet, le personnel éducateur qui adopte ce style éducatif, «en instituant un climat positif dans le groupe, amène, d’une part, l’enfant à se sentir respecté et encadré, ce qui lui permet d’établir des relations affectives privilégiées avec les adultes qui l’accueillent au SGEE. Ce style d’intervention favorise, d’autre part, l’autonomie, l’apprentissage actif et la confiance en soi ainsi que la capacité de l’enfant à établir des relations harmonieuses avec ses pairs.» (Accueillir la petite enfance, programme éducatif, 2019) 

Quel est le défi du personnel éducateur ?

En terminant, il faut se rappeler qu’à travers les humeurs parfois changeantes du quotidien ou toutes autres circonstances vécues par le personnel éducateur au fil des journées et pouvant le faire passer d’un style d’intervention à un autre, il demeure primordial d’offrir une stabilité des pratiques éducatives auprès de l’enfant.  En effet, celles-ci lui procurent un encadrement sécurisant tout en lui proposant une atmosphère propice aux apprentissages.  En appliquant le style démocratique de façon constante, l’enfant constate rapidement que l’adulte l’accompagne au quotidien, qu’il s’investit dans une relation significative auprès de lui, qu’il est prévisible et par le fait même, il sait ce qui est attendu de lui. Donc, l’enfant évolue à travers un climat sain, favorable aux apprentissages et aux expériences.

¹ Tiré de la formation Laisser-faire ou contrôle entre les deux mon cœur balance, par Sylvie Bourcier.

Références:

Bourcier, Sylvie. Formation Laisser-faire ou contrôle entre les deux mon cœur balance.

Bornstein L, Bornstein MH. Pratiques parentales et développement social de l’enfant. Dans: Tremblay RE, Boivin M, Peters RDeV, eds. Tremblay RE, éd. thème. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants [en ligne]. http://www.enfant-encyclopedie.com/habiletes-parentales/selon-experts/pratiques-parentales-et-developpement-social-de-lenfant. Actualisé : Décembre 2014. Consulté le 11 octobre 2019.

Ministère de la famille. Accueillir la petite enfance: programme éducatif, Pour les services de garde du Québec. Les Publications du Québec. Version 2019.

L’observation, un plaisir d’éducatrice!

Pour rester et garder le plaisir d’être une éducatrice, je crois que la première qualité et le meilleur outil est l’observation.

Puisque l’enfant est unique, l’observer nous apprend à le connaître pour mieux l’apprivoiser et créer une relation affective significative avec lui.

En l’observant on peut comprendre leurs goûts et leurs habiletés, afin de mieux favoriser leurs expériences clés. On doit varier le matériel offert aux petits. À la pouponnière, le groupe d’âge des enfants varie. Les intérêts et les saisons changent, pourquoi ne pas planifier, selon les observations des enfants les coins de la pouponnière, pour stimuler leur curiosité puisque l’enfant est le propre agent de son développement.                                                          

On peut offrir à chaque poupon une activité qu’il aime répéter encore et encore. Planifier pour quelques semaines, car tous ses investissements demandent de l’énergie et du temps.

Pour régler une situation difficile ainsi que pour outiller la communication auprès de notre équipe de travail et auprès des parents, l’observation est précieuse. Les cahiers de communication sont beaucoup plus animés à lire pour les parents, car ils retrouvent avec objectivité des observations de leur trésor en action dans sa journée. Un parent m’a déjà dit que quand elle lisait le cahier de son petit Laurent elle ressentait l’amour.

L’observation peut aussi servir à tenter de régler une problématique.

En observant le petit avec une problématique, on peut répondre aux questions : Où? Comment? Pourquoi?

Le geste répréhensible se produit. De cette façon on peut tenter des pistes pour mieux intervenir avec lui avec constance, car une éducatrice se doit d’être Proactive!

Quand on observe, on sait quand intervenir ou attendre. Parfois intervenir avec des mots ou garder le silence avec un regard bienveillant est aussi précieux, et autant efficace.

Il suffit d’intervenir, tout en soutenant les enfants avec bienveillance.

En jeux libres où on a souvent l’impression de ne rien faire quand les petits explorent, quel bon moment pour l’observer et le comprendre. Un enfant dans ses jeux libres qu’on observe avec des qualités de leader, des jeux libres des enfants où on se revoit et où s’entend dire ce qu’on dit ou qu’on chante quel plaisir à observer!

Petit Léonard qui glisse tous les morceaux sous le calorifère un à un …ouf! Quand on range, on recherche les morceaux! Pour combler son envie: on lui a offert une boite de serviettes humides avec une fente et des couvercles de pot à jus et voilà notre petit est comblé d’insérer encore et encore des petits objets dans un petit espace… Quelle satisfaction de voir que notre intervention fonctionne. On voit et on comprend beaucoup de choses en observant les petits et les grands.

Lors de ma formation en T.E.E. (qui s’appelait différemment dans mon temps!). J’ai appris l’importance d’observer, mais c’est certain que j’en ai appris l’importance au cours de mes années auprès des petits.

Et j’en ai trouvé un grand plaisir que je garde et qui me passionne depuis 34 ans! J’ai la prétention de dire que les enfants m’ont appris beaucoup et j’adore partager ces expériences.

Par Lyne Archambault    Éducatrice-formatrice

Quand nos valeurs divergent

Les valeurs sont des principes moraux qui guident notre façon de réfléchir et d’agir. Elles proviennent de la famille et de la société dans laquelle nous avons évolué, des amis que nous avons côtoyés, de la formation que nous avons étudiée, des emplois que nous avons exercés. Comme les valeurs sont souvent bien ancrées à l’intérieur de nous, il arrive qu’elles provoquent des conflits entre des personnes. Comment alors s’en sortir?

Les valeurs éducatives

La façon d’éduquer des enfants varient d’une famille à l’autre et d’une éducatrice à l’autre. Cependant, elles peuvent se regrouper selon 4 styles d’intervention : le style autoritaire, le style démocratique, le style bienveillant et le style permissif. Dans le style autoritaire, c’est l’obéissance qui est prioritaire. Les valeurs qu’on y retrouve sont principalement la discipline et le respect de l’autorité. Dans le style démocratique, c’est l’intégration de bons comportements et de bonnes attitudes via l’apprentissage qui est mis de l’avant. L’autonomie, le respect de soi et des autres ainsi que la discipline sont les valeurs privilégiées. Dans le style bienveillant, on met de l’avant le développement harmonieux de l’enfant, tant à l’intérieur de lui que dans ses relations interpersonnelles. Pour ce faire, l’adulte s’intéresse aux pensées et aux émotions de l’enfant et lui communique les limites sociales et sécuritaires sous forme d’explications et de discussion. Les valeurs mises de l’avant ici sont l’amour de soi et des autres, la confiance, l’entraide, la communication, le respect et l’autonomie. Finalement, le style permissif favorise le plaisir et le bien-être dans le développement de l’enfant. Il met l’emphase sur l’estime de soi et la confiance en soi chez les enfants, au détriment souvent de la connaissance et du respect des limites. Les valeurs privilégiées sont alors l’épanouissement personnel, le plaisir et le bien-être. De nombreuses études ont démontré les retombées plus positives du style démocratique et du style bienveillant par rapport aux styles autoritaire et permissif.

 

Des rôles compatibles

Le parent et l’éducatrice ont des rôles qui à première vue peuvent sembler différents mais qui se rejoignent. Par exemple, ils ont tous les deux à cœur le développement de l’enfant. Ils ont pour mandat de s’assurer de son bien-être, de son développement optimal et de ses attitudes interpersonnelles. En ce sens, ils devraient être partenaires. Leurs objectifs sont les mêmes mais ce qui cause parfois des conflits, est l’emphase mise sur la façon d’atteindre ces mêmes objectifs. Les valeurs, d’ailleurs, pavent la voie à la manière d’atteindre ces mêmes objectifs. Maintenant conscients que ce qui vous rassemble est plus important que ce qui vous divise, je vous suggère d’identifier, que vous soyez parent ou éducatrice, ce que vous priorisez dans l’éducation de l’enfant. Tâchez de reconnaître le style qui vous ressemble le plus et les valeurs qu’il sous-tend. Il est alors possible de prendre rendez-vous avec l’autre parti pour discuter de ce qui vous rejoint et des différences que vous avez. Il n’est pas facile d’avoir un échange de qualité dans le cadre de la porte alors qu’il y a des enfants et des parents autour. Insistez davantage sur ce que vous avez en commun et tentez de trouver un accord sur ce qui vous distingue.

Des rôles différents

Malgré tout, il n’en demeure pas moins que vos rôles sont aussi différents. Le parent a le dernier mot sur l’éducation qu’il souhaite donner à son enfant à la maison, en autant que le développement de son enfant ne soit pas compromis au sens de la loi (Loi de la Protection de la Jeunesse, LPJ). Par contre, dans le milieu de garde, c’est davantage l’éducatrice qui, en fonction de sa formation et de son expérience de travail, privilégie certaines lignes directrices d’intervention auprès de l’enfant. Les connaissances de chacun sont aussi différentes. Le parent connaît son enfant depuis son moment de conception. Il connaît son évolution, les difficultés qu’il a rencontrées, les personnes qui l’ont côtoyé, sa personnalité, ses forces et ses défis. L’éducatrice connaît l’enfant depuis moins longtemps et ne possède souvent pas les informations permettant de se faire un portrait global de l’enfant. Par contre, au quotidien, elle passe davantage de temps avec l’enfant que ses parents et elle le voit évoluer dans un milieu de socialisation. Cela lui permet d’avoir un point de vue différent sur l’enfant.

En conclusion, pour que tout se passe bien, il est essentiel de vous situer en tant que parent ou éducatrice quant à vos valeurs éducatives et le style d’intervention qui y correspond. Échangez dans un moment qui vous est dédié sur vos attentes respectives quant à l’enfant et quant à l’autre parti (le parent ou l’éducatrice). Gardez en tête que vous êtes une équipe pour le mieux-être de l’enfant. Soyez également respectueux des champs de compétences de chacun et partagez entre vous l’information. Si vous y mettez chacun du vôtre, c’est l’enfant qui, en bout de piste, s’en retrouvera gagnant!

 

Geneviève Parent M.A.

Sexologue, psychothérapeute et conseillère parentale

Le ratio dans un service de garde, facteur de qualité…

Le ratio dans un service de garde, facteur de qualité…

 

Le CPE Des temps Sombres se questionne sur la capacité de garder les ressources qu’ils ont mises en place pour maintenir une qualité dans leur service de garde. En effet, la direction travaille à limiter les dégâts depuis l’annonce de différentes coupures dans les milieux. Le conseil d’administration reconnait que plusieurs caractéristiques sont importantes pour maintenir un service de garde de qualité dans les groupes tels que :

Un rapport adulte-enfants : Il est démontré que le respect des ratios dans les groupes en milieu garde favorise l’attachement plus étroit entre l’enfant et l’éducatrice, il est aussi observé que l’agressivité est moindre entre les enfants.

Des petits groupes : En petit groupe, les jeunes enfants parlent, collaborent et se comportent mieux qu’au sein d’un plus grand groupe.

Formation de l’éducatrice : Une éducatrice titulaire d’un diplôme collégial ou universitaire en petite enfance sait mieux répondre au réel besoin, sait animer des activités stimulantes en lien avec le développement de chacun des enfants. Elle reconnait aussi les défis rencontrés pour chaque tranche d’âge.

Une relation positive entre l’éducatrice et l’enfant : Le temps que passe l’éducatrice à répondre aux besoins des enfants assure une meilleure intégration dans le groupe. L’enfant est moins dans l’attente et développe davantage son langage et son intérêt pour le jeu.

Des espaces bien définis : Les enfants passent plus de temps à s’intéresser à leur environnement lorsque l’espace consacré au jeu est bien défini. Les relations entre eux sont plus positives et créatives. L’adulte peut encourager, stimuler et observer davantage son groupe.

Des programmes bien planifiés et structurés : Un programme adapté aux goûts et intérêts du groupe d’âge ne peut que permettre un développement cognitif, langagier et créatif. L’approche individuelle invite l’enfant à s’accomplir dans différentes tâches qui lui conviennent. Un programme qui n’est pas adapté au stade de développement ne fait qu’augmenter le niveau de stress chez l’enfant.

Engagement parent : Le temps que l’éducatrice prend à créer des liens de collaboration avec le parent dans le respect et la communication augmente le lien de confiance entre l’enfant et l’éducatrice.

À la lumière de ces caractéristiques, le rôle de l’éducatrice devient un soutien important pour enrichir les apprentissages de l’enfant. Accompagner, stimuler les expériences et les découvertes restent une priorité. Le ratio est la pierre angulaire de la qualité des services offerts. Comment peut-on y arriver avec les ratios présentement en vigueur au Québec et dans plusieurs autres provinces, soit une éducatrice pour huit enfants de 18 mois/4ans, une éducatrice pour dix enfants 4/5 ans et une éducatrice pour 5 poupons. Cette loi rend difficile l’implantation d’un programme basé sur l’apprentissage individualisé.

Plusieurs milieux respectent ce ratio, d’autres diminuent à sept le groupe18 mois. Ce qui permet à l’éducatrice d’être plus disponible et de mieux répondre aux besoins du tout-petit. La capacité d’attente du petit est très limitée, un ratio à sept dans le groupe des 18 mois augmente le temps de jeu du petit et réduit le niveau de frustration que peut générer l’attente. Il est aussi possible d’observer un lien d’attachement plus étroit et moins de stress avec un ratio réduit à quatre chez les poupons. Le ratio à dix avec les 4/5 ans n’est pas idéal, mais plus acceptable pour ce groupe d’âge. L’autonomie de l’enfant de cet âge permet à l’éducatrice de répondre à d’autres défis par exemple, la création de liens harmonieux entre les enfants. Il ne faut pas perdre de vue que la gestion des routines chez le jeune enfant demande à l’éducatrice du temps et de l’encadrement. La réduction des ratios dans les groupes plus jeunes aide dans ce sens.

Alors que d’autres milieux choisissent d’équilibrer les groupes selon le nombre d’enfants le matin. Par exemple, quatre enfants sont absents dans le groupe de 3 ans, les quatre enfants présents sont invités à rejoindre un autre groupe afin d’avoir un ratio respectable dans l’ensemble du service de garde. L’éducatrice titulaire de ce groupe est parfois invitée à retourner chez elle ou attitrée à d’autres tâches. Cette mesure limite les coûts, mais affecte grandement la qualité de la relation enfant/éducatrice qui est à la base du lien de sécurité.

Le CPE La Bottine Souriante avait déjà choisi de baisser à sept enfants le ratio des 18 mois et de respecter le ratio à 10 pour 4/5 ans. À l’annonce des coupures, le CPE doit augmenter à huit le groupe des 18 mois sachant très bien que le temps de qualité avec chacun des petits peut être affecté. Devant ce constat, l’éducatrice des petits propose des stratégies pour limiter le temps d’attente dans son groupe par exemple, accueillir une stagiaire, établir de l’entraide avec le groupe des 4/5 ans dans la routine de l’habillement, être aidé par la cuisinière à l’heure du dîner et des collations, disposer de la présence de la directrice dans certaines activités qui demandent plus de bras….

Il est toujours difficile d’apporter des changements dans une structure bien établie. Par contre, avec les changements proposés par ce nouveau gouvernement, il faut rester créatif et travailler à protéger nos enfants de ces décisions d’adultes. Conserver la qualité dans nos services est porteur pour le futur de nos tout-petits mais reste un défi de taille pour les gestionnaires….

 

Références :

Conseil canadien sur l’apprentissage CCA, Carnet du savoir. POURQUOI LES SERVICES DE GARDE DE HAUTE QUALITÉ SONT-ILS ESSENTIELS ?

Choix IRPP, LA QUALITÉ ÇA COMPTE, Résultat de l’étude longitudinale du développement des enfants du Québec concernant la qualité des services de garde. Christa Japel, Richard E. Tremblay, Sylvana Côté

 

Josée Lespérance Enseignante en TÉE

Créer un lien c’est d’abord accueillir l’enfant dans ce qu’il vit

 

On sait l’importance de créer d’abord un lien avec chaque enfant dans son milieu de garde. C’est « La » porte d’entrée pour l’accompagner, le soutenir dans les multiples expériences qu’il vivra avec nous et les autres enfants.

C’est par des soins adéquats et des réponses de façon sensible aux besoins de l’enfant, qu’on qualifiera ce lien. Et bien sûr l’attachement c’est l’histoire des interactions entre une personne significative et cet enfant.

Quel est le besoin d’un enfant lorsqu’il pleure, parfois très fort, au départ de ses parents ? On voudra rapidement le rassurer, le réconforter, lui changer les idées et le divertir mais prenons-nous le temps d’abord d’accueillir l’émotion qu’il ressent ? Lui nommer ce qu’on perçoit (les signaux de tristesse sur son visage, dans sa voix, dans son corps…) et surtout, lui dire qu’on comprend sa tristesse. L’enfant a besoin d’être entendu, accueilli dans ce qu’il vit et a besoin d’être rassuré. Parfois, nous souhaitons que certain comportement change rapidement. Accueillir le rythme de l’enfant, est tout aussi important et s’avère parfois un autre défi pour l’adulte.

« Samuel, je vois la grosse peine que tu vis : les larmes coulent de tes yeux, tu es triste et tu aimerais que maman reste ici avec toi. Je comprends ta peine. »

Très souvent, on cherche rapidement à calmer, à « contenir » l’émotion de l’enfant plutôt que d’accueillir l’émotion en la nommant et en se montrant sensible à ce que ressent l’enfant tout simplement. Bien sûr on pourra ensuite, offrir des moyens pour l’aider à s’apaiser (doudou, le prendre dans nos bras, chercher un objet…).

Cela vaut pour la tristesse, la joie, l’envie, la colère…

On n’a qu’à se rappeler une situation où on a été très en colère et qu’un ami, bien intentionné face à notre colère (peut-être veut-il nous aider à mettre en perspective…), nous ait dit : « Ben voyons, tu t’en fais pour rien ! … » et de sentir la colère, monter en nous d’un cran, en se disant : « Qui il est, lui, pour me dire que j’m’en fais pour rien ! »

A la même situation, si cet ami nous dit : « Ouais, je vois que ça vient vraiment te chercher… », on se sent alors compris, entendu et cela a pour effet de nous apaiser.

Joséphine tape du pied et crie : « Non ! »  Son ami Benjamin vient de prendre le casse-tête qu’elle voulait. On peut lui dire : « Oh Joséphine, je le vois et je l’entends que tu es fâchée : tu tapes du pied, ton visage est rouge et tu cries… Tu le voulais ce casse-tête et tu es vraiment déçue de ne pas l’avoir. C’est difficile d’attendre, je comprends que tu sois fâchée. » On peut ensuite lui proposer des moyens pour faire face à la colère.

Chaque fois qu’on saisit le moment pour accueillir l’enfant dans ce qu’il vit, on vient lui signifier qu’il est important, qu’on est sensible à ce qu’il vit, et que nous y portons un intérêt. L’enfant pourra développer ce sentiment de sécurité que l’éducatrice est là, tant dans les moments agréables que lorsque ça va moins bien…

Bien entendu, lorsqu’il y a agression, on arrête d’abord le comportement, on se préoccupe de l’agressé puis, on pourra nommer et légitimer l’émotion de la colère chez l’enfant qui a perdu contrôle, tout en affirmant ne pas accepter les coups et proposer des moyens pour faire face à la colère.

Nous avons maintes occasions quotidiennement d’arrêter le temps pour porter une attention à ce que l’enfant vit et fait : à lui manifester la joie d’être assis à ses côtés, à accueillir sa peine, sa colère, son envie ou son inquiétude. Ainsi nous tissons petit à petit le lien si précieux qui unit l’éducatrice et l’enfant.

Portrait de la relation chaleureuse et significative entre l’enfant et l’éducatrice

Le programme éducatif Accueillir la petite enfance[1] stipule clairement qu’une des dimensions de qualité d’un milieu éducatif est « la qualité des interactions entre le personnel éducateur ou les RSG et les enfants ». Plusieurs recherches démontrent l’importance des relations positives de confiance entre l’enfant et son éducatrice. On observe en effet chez les enfants ayant bénéficié d’une relation sécurisante avec leur éducatrice un meilleur contrôle de soi, une plus grande autonomie, plus d’empathie, de meilleures habiletés dans la négociation lors des conflits interpersonnels. Ils explorent davantage et sont capables d’aller chercher de l’aide quand ils sont en détresse. Cet attachement est source de résilience.[2] La relation positive entre l’éducatrice et l’enfant est aussi reconnue comme un facteur favorisant la coopération, la motivation et le succès à l’école.[3] Nous savons toutes qu’une relation chaleureuse et significative est le préalable essentiel à toute intervention éducative auprès des enfants à défi. Nous connaissons les ingrédients de l’art de prendre soin. Il s’agit de l’accueillir tel qu’il est, de tenter de décoder ce qu’il nous exprime lorsqu’il éprouve de la difficulté et ce pour répondre le plus adéquatement possible à ses besoins. Plusieurs moyens de mise en relation contribuent à la création de la relation : la proximité, le langage adapté, le soutien face aux défis, l’encouragement, la disponibilité, la prédictivité.

Les caractéristiques de l’enfant, de l’adulte et le contexte de la relation pourront expliquer les variations dans les relations éducatrice-enfant. Les enfants affectueux et exigeants récoltent plus d’attention et de réponses à leurs questions que les enfants peu expressifs et retirés.[4] Les enfants qui ont passé plus de 12 mois avec la même éducatrice sont plus susceptibles de développer un attachement sécure avec elle et ce plus particulièrement avec les enfants de moins de 3 ans.4 Plus l’enfant de 4 ans a changé souvent d’éducatrice plus il se montre agressif.4 Le personnel formé répond mieux aux besoins des enfants.[5]

La représentation que se fait l’éducatrice de sa relation avec l’enfant peut aussi influencer cette relation. D’ailleurs, l’échelle d’évaluation ECERS en environnement préscolaire juge positivement le fait que la qualité du service de garde, « le personnel semble heureux en présence des enfants. »

Comment reconnaitre une relation éducative positive? Dunham et Burton2 (p. 45) énumèrent les signes d’un attachement éducatif positif :

  • L’enfant demande de l’aide
  • L’enfant fait référence à son éducatrice pour se sécuriser ou régler un conflit. « Je vais le dire à X » ou « X a dit Non! »
  • L’enfant se montre content lorsqu’il retrouve son éducatrice après une absence
  • L’enfant dessine des adultes en interaction avec lui
  • L’enfant démontre de l’affection
  • L’enfant éprouve du plaisir et recherche l’interaction avec l’adulte et les autres enfants.

Dans la relation positive, il y a d’abord la confiance. On constate au quotidien la confiance que l’enfant ressent pour son éducatrice. Il va vers elle pour se recharger émotivement lors des séparations du matin, des changements, des conflits. Elle est son refuge lorsqu’il est fatigué, triste, excité. Il s’abandonne dans ses bras. L’enfant ne craint pas de fragiliser le lien par ses maladresses sociales, ses gestes impulsifs. Il se sait compris et accompagné. Cette conviction dans la solidité du lien permet à l’éducatrice de rester constante dans ses attentes, de ne pas vivre de l’ambivalence face aux frustrations inévitables qu’elle peut lui faire vivre. La discipline est faite de bienveillance. L’éducatrice est capable de parler positivement de l’enfant, se montre enthousiaste devant les efforts, les découvertes de l’enfant. On peut évaluer objectivement une relation par la proportion d’interactions positives (encouragements, soutien, sourire …) par rapport à l’ensemble des interactions avec l’enfant. Si sur 10 échanges verbaux, 8 relèvent de la réprimande, il est difficile d’imaginer que l’enfant ressente du plaisir.

Les relations ont une histoire et sont tissées de souvenirs d’expériences et de moments partagés. Certains enfants continuent de s’informer de leur éducatrice après qu’ils aient quitté le groupe. D’autres parlent fièrement à leur nouvelle éducatrice des activités ou privilèges dont ils profitaient avec l’éducatrice de l’année précédente. Ils se souviennent. Comme vous, je me souviens de certains enfants turbulents ou inventifs qui ont contribué à développer mes compétences. Je vous en parle le cœur attendri et le sourire aux lèvres.

Sylvie Bourcier Intervenante en petite enfance

[1] Accueillir la petite enfance. Le programme éducatif des services de garde du Québec. Gouvernement du Québec. Ministère de la famille et des aînés. 2007. p. 7.

[2] Denham, S.A, Burton, R., 2003, Social and emotional prevention and intervention programming for preschoolers. Klumer Academic/Plenum Publishers, p. 41.

[3] Joseph, G.E., Strain, P.S. Building positive relationships with young children. University of Illinois. The center on the social and emotional foundations for early learning. csefel.uluc.edu.

[4] Elicker, N., Fortner-Wood, C. (1995) Adult-child relationship in early childhood program for young children.

[5] Enquête Grandir en qualité. Recension générale des écrits sur la qualité des services de garde. Juin 2003. Famille et enfance. Gouvernement du Québec.

Comment intervenir ?

Avec les comportements inacceptables chez le tout-petit…

Par Lyne Archambault, éducatrice – formatrice

Comment intervenir quand un petit croque son ami? L’autre pince son voisin, et Marie tape la plus petite du groupe pas facile! Que faire ? Un défi pour une éducatrice à tous les jours afin de  créer dans son groupe une harmonie où le plaisir de découvrir et les apprentissages sont au rendez-vous.

L’agressivité est nécessaire et l’éducation ne vise pas à éliminer cette énergie, mais bien à la canaliser et à la rendre utile. Continuer la lecture de Comment intervenir ?

Considérer le bébé comme une personne et un partenaire…Il faut y mettre du temps!!!!!

Lyne Archambault, éducatrice – formatrice

Octobre 2013

www.aveclenfant.com

Être une éducatrice et travailler auprès des poupons, sans toutefois agir avec eux comme dans une manufacture, est souhaitable et devrait être notre leitmotiv. C’est vrai : s’occuper de 5, 10 ou 15 dans un même local, c’est tout un défi ! Avec notre équipe de travail ou seul pour cinq bébés, on doit prendre le temps de vivre avec les petits. En d’autres mots, le bébé est notre partenaire !

Voici le premier principe du livre Le Bébé en Services Éducatifs .C’est certain me direz-vous, mais dans les faits. Prenons-nous le temps qu’il faut pour considérer le bébé comme une personne et un partenaire ? Dans tous les horaires et les routines, est-ce que nous lui donnons le temps d’attendre sa réponse, par son regard : son approbation ? Le temps de réaction est plus lent chez le petit. Ainsi, la patience est souvent demandée comme qualité première pour être une éducatrice, surtout quand il vient le temps d’attendre la collaboration des petits.

Alors si le bébé est mon partenaire, je lui demande pour le prendre, et même si le temps me presse je ne le prends JAMAIS de dos… Je le préviens en lui disant ce que l’on va faire. Je fais équipe avec lui pour son habillement pour la sortie en lui donnant la chance de participer. En rentrant, profitez de ce temps, car le petit adore tirer son chapeau, ses mitaines et Bravo magie tout est enlevé et c’est lui qu’il l’a fait !! Valorisez notre ami, il se gonflera de fierté.

Je lui montre et lui dis ce qu’il va manger. On touche le plat, on regarde le repas, on sent l’odeur du poisson et on présente la soupe par exemple, voilà de belles façons d’éveiller nos cinq sens. De plus, je le fais patienter au repas en connaissant ses limites et je souligne ses progrès. Je lui parle en préparant son repas, je chante pour le faire patienter tout en préparant le repas. Je lui parle si je dois le rassurer, je nomme chaque enfant en distribuant les plats. Je lui souhaite bon appétit mon ami .Je suis assise avec lui à la table et non comme une serveuse qui s’exécute.

J’ai toujours le bébé que je nourris devant moi et mon regard est vers lui, si je dois m’éloigner je l’avertis. En lui laissant sa cuillère et moi la mienne pour lui donner des bouchées entre les siennes, le petit participe ainsi à son repas. Les petits comme dans un souper de famille sont capables d’attendre leur repas, nous formons une équipe nous nous respectons mutuellement.

Je ne fais rien à sa place sans lui donner la chance de le faire seul et attendre si il a besoin de moi, par une question je lui demande si il a besoin de mon aide. Pour le respecter, je ne dérange pas le petit qui est occupé à explorer. Je ne crée pas de besoin si il est occupé à explorer à sa façon. Son temps d’exploration est unique à lui et précieux. S.V.P. ne pas déranger bébé travaille !!!! Son environnement est sans visiteur non annoncé, la circulation est limitée pour éviter une ambiance de cirque. L’éducatrice est là pour lui, et non l’inverse !

Appeler le petit par son prénom, lui parler, respecter son rythme biologique, l’observer sans comparaison et surtout sans commenter devant les bébés sont des attitudes gagnantes. Le changement de couche est une occasion pour le faire participer, attendre son approbation du regard, lui demander de tenir sa couche, le regarder et échanger avec lui et juste avec lui !

Le lavage des mains au lavabo pour la collation et le repas est une routine. J’invite le petit qui n’est pas occupé à venir laver ses mains. Dès mon invitation lancée, il vient vers moi. Je préviens l’ordre des enfants qui attendent leur tour ! Les amis s’occupent et peu à peu tous les amis se retrouvent à la table pour manger.

Toutes les routines deviennent des moments privilégiés à partager avec eux à chacun leur tour. Il faut à la fin de ma journée d’éducatrice que chaque enfant ait reçu du temps seul avec moi et surtout du temps de qualité…Que ce soit pour être bercé pour le dodo, pour un jeu de coucou avec la débarbouillette ou pour un fou rire échangé ; il faut s’arrêter à observer tout ce petit monde. De plus, grâce à de belles observations auprès des enfants, les cahiers de communication seront plus intéressants et pertinents à lire pour leurs parents.

Dans le livre Le Bébé en Services Éducatifs, une liste de pratiques souhaitables pour chaque principe se retrouve. Voici donc un outil merveilleux pour évaluer notre pratique et se créer des objectifs seul ou en équipe, afin de revoir notre organisation et que nos actions reflètent nos pensées. On le sait que le bébé est une personne et un partenaire, mais dans l’action peut-être c’est facile d’oublier. Nous devons y penser….et surtout prendre du temps !!! Bonne réflexion !

 

Référence : Le Bébé en Services Éducatifs de Jocelyne Martin, Céline Poulin et Isabelle Falardeau éditions : presses de l’université du Québec.

Je t’aime, tu m’aimes, il m’aime

Comment exploiter des activités sur l’amour à la ST-VALENTIN ?

La ST-VALENTIN est une journée particulière pour souligner l’amour que nous ressentons pour les gens qui nous entourent. Nous pouvons exprimer notre amour à ceux que l’on aime par des mots, des gestes, des regards tendres, un cadeau, une attention particulière ou encore en se réservant du temps de plaisir. Nous témoignons notre amour au quotidien mais désirons l’exprimer de façon particulière à la St-Valentin.

Pour les enfants, cette fête n’a pas de sens sans la présence de l’adulte. Mais comment le faire lorsque nous avons des petits et des grands? Il est certain que pour le petit de 18 mois et le grand de 4 ans les attentes ne doivent pas être les mêmes. Le bébé découvre l’amour à travers les soins quotidiens, la réponse à ses besoins de base et la qualité de la relation que l’adulte établit avec lui. Quand à l’enfant de 2 ans à 6-7ans, l’amitié se construit à travers les intérêts de jeu et le plaisir partagé avec l’autre.

Pour le bébé, le trottineur ou le grand de 3-4 ans, l’essentiel demeure dans l’élan chaleureux et significatif que l’adulte à su bâtir avec les sourires, les câlins, les encouragements et la réconciliation. Il se sent aimé, il se sent aimable ce qui développe chez lui son estime de soi. Vos petits gestes quotidiens qui font grandir tous et chacun, pourquoi ne pas les mettre en valeur pour la St- Valentin !!!

Voici des suggestions pour dire à vos valentins et valentines combien vous vous aimez.

Les routines de la ST-VALENTIN :

  • Pendant cette semaine, aménagez vos lieux de repas et de collations avec des objets en lien avec la fête de l’amour : napperons avec des cœurs, verres décorés de cœurs, chandelles en cœur, de la musique sur l’amour, portez un tabler représentant la fête.
  • Offrez aux enfants des cartes de ST-Valentin pour faire patienter lors du dîner.
  • Disposez la nourriture dans une assiette en cœur pour le 14 février.
  • Demandez aux enfants de porter un vêtement rouge pour l’occasion.
  • Utilisez un savon en forme de cœur pour se laver les mains.
  • Permettez à chacun d’apporter un objet de la maison de couleur rouge pour combler le moment d’attente de l’habillage.
  • Offrez des aliments de couleur rouge, en forme de coeur ou une petite surprise pour la collation ou le dîner du 14 février. (Jello, fraises, gâteau en forme de cœur pour dessert, une fondue au chocolat. Etc)


Les activités ST-VALENTIN :

  • Favorisez les contacts entre enfants, les plus grands aident les plus petits pour réaliser une activité.
  • Le jeu de l’âme sœur : des cœurs de différentes couleurs sur petits cartons, coupez le cœur en deux. Distribuez une moitié à chaque enfant. Sur le rythme de la musique, les enfants échangent leur moitié avec les autres, lorsque la musique arrête, il faut trouver notre âme sœur pour reconstituer notre cœur.
  • Fabriquez un jeu de mémoire avec différentes formes de cœur dans des couvercles de jus congelé.
  • Jeu de mémoire avec les photos des enfants du groupe (mettre deux photos dans le jeu par enfant.)
  • Disposez des aimants sur le frigo ou dans une plaque de biscuits en lien avec la St-Valentin.
  • Faites un dé avec une boîte de carton, placer un cœur sur une face du dé Demandez aux enfants de tourner le dé, lorsque celui-ci tombe sur le cœur il faut développer un cadeau. À l’intérieur de la boîte il peut y avoir un petit cadeau pour tous les enfants.
  • Dressez un drap au mur avec un décor de la St-Valentin.( simplement avoir fait des cœurs en peinture) Profitez de cette toile de fond pour prendre les enfants en photos. La photo peut-être mise dans un cadre décoratif et donnée aux parents.
  • Faites un parcours de la St-Valentin, à l’intérieur du parcours les enfants doivent ramasser des cœurs pour ensuite faire un grand collectif.
  • Mettez du rouge à lèvre aux enfants et invitez-les à donner des becs sur une feuille ou dans un miroir.
  • Jouez au cœur à tout, un peu comme le petit cochon. Je dépose un objet symbolisant de la St-Valentin derrière un ami. il doit courir pour attraper l’enfant qui lui a déposé l’objet.
  • Faites des jeux de Kim avec des objets de la fête. Faites observer les objets par les enfants, recouvrez-les avec une couverture et enlevez un objet. Demandez quel est l’objet disparu. Vous pouvez demander à un enfant d’aller choisir l’objet à enlever.
  • Suspendez un drap au plafond dont vous avez découpés des formes de cœurs de différentes grosseurs. Les enfants peuvent jouer à lancer des balles en mousse dans les cœurs. Votre drap peut également servir de division psychologique.
  • Faites des biscuits en forme de coeurs avec les enfants qui pourront- être servis à la collation.
  • Faites des empreintes avec une pomme de terre enduite de peinture.

Les idées proposées favorisent chez les enfants la prise de contacts et elles permettent à chacun d’observer et d’utiliser des objets en lien avec l’amour. Mais aussi valorise des petits gestes souvent peu remarqués mais tellement importants pour le ¨grandir¨ de l’enfant. Profitez de cette fête dans le plaisir avec votre petite marmaille.

Bonne St-Valentin à toutes les valentines et tous les valentins !!!

Mon éducatrice est en vacances, mais pas moi

Comment pouvons-nous préparer le tout-petit au personnel de remplacement durant les vacances de son éducatrice ?

Les mois de l’été apportent souvent un vent de changement dans nos CPE. Les routines, les activités, les vacances des enfants ainsi que celles des éducatrices font partie des modifications durant la période estivale. Le fonctionnement habituel des moments de vie dans le milieu se voit donc transformé par des jeux et des routines à l’extérieur et accompagné par du personnel de remplacement. Le petit doit s’adapter à un nouvel horaire quelque peu bousculé et à une nouvelle éducatrice. Plus l’enfant est jeune plus il a besoin d’être préparé aux changements. Le tout-petit doit être capable d’anticiper les événements pour développer un sentiment de sécurité dans son milieu. Il va se sécuriser peu à peu par les mots qui annoncent ce qui se passe et ce qui va se passer après. Rétablir les rituels dans les routines, maintenir le maximum de stabilité dans son environnement physique et humain est donc capitale. L’équilibre des différents moments de la journée permettra au petit de liquider ses tensions dans les jeux moteurs. Lorsqu’il est sécurisé de ce qui est à l’extérieur de lui, il est alors plus facile de sécuriser son intérieur. Il peut mieux accepter les changements. Il est donc très important de le préparer à vivre un été chaud de plaisirs et de changements. Voici quelques trucs pour aider notre petit à mieux accepter les chambardements que les vacances procurent.

  • Impliquez la nouvelle personne dans vos activités de stimulation avec le petit. L’enfant développera plus facilement un lien avec la personne par le biais du jeu.
  • Invitez la personne de remplacement à vous accompagner dans l’exercices de vos tâches, pour permettre au petit de se familiariser et faciliter le maintien de vos routines par cette nouvelle personne.
  • Respectez le rythme de l’enfant qui désire créer un lien à distance. Parlez lui tout en gardant la distance acceptable pour le petit.
  • Parlez à l’enfant de cette personne lors de son absence en lui présentant des photos de celle-ci.
  • Avisez et présentez cette nouvelle personne aux parents. Ce qui permettra également au parent de l’enfant de s’adapter et de parler de la nouvelle éducatrice à son enfant.
  • Offrez des périodes de prises en charge graduelles sans votre présence à cette nouvelle personne.
  • Ayez des photos affichées qui représentent des activités faites avec l’enfant et son l’éducatrice. De cette façon l’enfant peut se repérer à une personne significative. L’éducatrice remplaçante peut-même jouer à nommer les actions de chacune des photos.
  • Vous pouvez jouer à enregistrer votre voix en chantant des chansons pour le dodo.
  • Facilitez l’adaptation de l’enfant en choisissant une personne qui fait soit la rotation ou les remplacements dans votre CPE. Pour le petit cette figure ne lui est pas étrangère, il acceptera plus facilement de créer des liens avec la personne.
  • Assurez vous que la remplaçante reconnaisse les besoins de chacun des enfants par exemple la façon de le coucher, les jeux qu’il aime. etc

L’été est une période bien agréable pour tous, même pour le petit !! Il n’est pas toujours nécessaire de s’astreindre à un programme d’activités fixes. Ayez en tête que le petit et la remplaçante le simple fait d’être plus à l’extérieur dans un environnement qu’ils maîtrisent et de s’adapter l’un à l’autre leur feront déjà vivre un été chaud en émotions et rempli de petits plaisirs estivals!!

Maintenant que tout est mis en place pour mon adaptation pour l’été, il me reste plus qu’à souhaiter bonnes vacances à mon éducatrice préférée!!!
Signé : un enfant de 2 ans.