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Je tourne et retourne le sujet dans ma tête depuis un bon
bout de temps. Le sujet est délicat, il implique la responsabilité,
l’oubli de soi et la conscience professionnelle. Pourtant,
vous me direz, les enfants on les aime tellement au Québec.
Pourquoi écrire sur ce thème ? Toute petite je rêvais
d’aller aider les enfants dans le Tiers monde en me disant
qu’en me joignant à un organisme humanitaire je pourrais
faire ma petite part pour aider à nourrir ces enfants qui
ont faim. Ils ne demandent qu’un peu d’aide.
Le temps a passé. J’ai travaillé en service
de garde longtemps. J’enseigne maintenant aux futures éducatrices.
Mais je constate maintenant en 2007 que les enfants carencés
ne sont pas seulement sur le continent Africain. Ils sont à
côté de nous. Ils sont dans nos services de garde.
Ils sont perturbés dans leurs relations affectives. Ils souffrent.
Oh ils ne nous le disent pas. Comme j’ai toujours dis dans
mes formations, je n’ai jamais vu un enfant levé la
main et me dire : - aujourd’hui j’ai faim d’attention
et d’amour. L’enfant se nourrit de ce qu’on lui
donne, nous les adultes. Et je me demande si on les "nourrit"
assez?
Je vous avais dit dès le départ que le sujet était
délicat. On pourrait croire qu’il est tellement logique
et connu que l’enfant a besoin d’autant de la nourriture
solide que d’affection pour grandir, voyons tout le monde
sait ça!!! Pourtant à toutes les fois que j’en
parle avec les professionnelles de l’Éducation à
L’Enfance, elles ont souvent le même discours. "On
a les enfants dans nos services de garde de l’ouverture à
la fermeture." "Les enfants sont au service de garde cinquante-deux
(52) semaines par année." Et bien d’autres exemples
qui me démontrent que nous sommes négligents envers
nos petits.
Ils ont besoin de stabilité affective. Comment améliorer
leur condition?
Chères éducatrices :En service de garde,
par respect pour les enfants :
- Éviter d’avoir trop de remplaçantes et permettre
de les introduire doucement.
- Que la fille des pauses ne soit pas celle qui remplace lors
des maladies parce qu’à ce moment-là, il faut
la remplacer et on introduit un nouveau visage.
- Qu’on limite le nombre de remplaçantes par jour.
- Que les filles à la pouponnière travaillent cinq
jours /semaine en faisant des demi- journée. De cette façon,
une éducatrice arrive à l’ouverture et part
vers 13 heure et l’autre arrive à 11 heure et repart
à la fermeture.
- Préparer votre départ, en faisant venir la remplaçante
à l’avance pour qu’elle rencontre les enfants
et qu’elle connaisse leurs besoins uniques qui sont déjà
inscrits dans le cahier de bord du groupe. Durant vos vacances,
enregistrer de petits messages ou envoyer des photos pour les
rassurer de votre amour pour eux.
- Préparer et rassurer les enfants de vos nombreux départs
: départ pour la fin de journée, départ pour
sa pause, départ pour sa journée de congé,
départ pour vos vacances, départ pour un autre groupe
etc.
- Indiquer votre journée de congé aux parents et
aux enfants.
Chers parents : À la maison, par amour pour votre
enfant :
- Garder votre enfant le plus souvent possible avec vous. Vous
aurez bien le temps quand il aura plus de 5 ans, d’aller
vous entraîner. L’amener avec vous quand vous faites
l’épicerie.
§ Réduisez ses heures au service de garde. Même
s’il ne veut pas partir quand je vous allez le chercher,
il devrait connaître plus longtemps la douceur de ‘’flaner’’
à la maison. Ce n’est pas vrai de croire qu’il
est mieux au service de garde avec ses amis.
- Encourager votre enfant à participer aux tâches
ménagères avec vous.
- Fermer la télévision.
- Enlever la télé et l’ordinateur de sa chambre.
- Prendre des vacances avec votre enfant minimalement trois semaines
par année.
- Si vous ne pouvez pas le faire, lui permettre d’aller
chez grand-maman ou chez une tante qui garde ses enfants à
la maison durant l’été
- Impliquer davantage les grands-parents. Leur demander d’aller
chercher le petit plus tôt au service de garde et leur permettre
de prendre un temps de qualité avec leur petit enfant.
- Établir des rituels familiaux : un rituel avant le dodo,
un rituel au repas, un rituel pour l’organisation des vacances
etc. L’enfant anticipe ces bons moments.
- Soyez convaincus que vous êtes les meilleurs éducateurs
pour vos enfants. Ils s’attacheront à une éducatrice
qualifiée et aimante mais elle ne fera que passer dans
sa vie! Vous serez toujours le parent.
"Tout enfant a besoin d’un nid principal" La Presse
17 mars 2007. Éviter le "barouettage" qui insécurise
l’enfant. Il se demande sans cesse "qui viendra me chercher
ce soir? Je l’imagine avec sa petite affiche au cou où
y est inscrit cette question en permanence. C’est tout aussi
pire que de manquer de nourriture…! C’est mourir dans
l’instant présent… "à petits feux"!"
Si les parents aiment leur enfant, ils doivent agir en fonction
de ses besoins et non en fonction des leurs" parole de M. Marc
Beaudoin dans le journal la Presse -17 mars 2007.
Si on écoutait tous les récits d’horreur que
les éducatrices en Petite Enfance ont vus avec les enfants
du Québec… on rougirait et on interviendrait…
Mais voilà, l’enfant a peu de mots, il se contente
d’instants perdus, d’angoisses silencieuses.
Soignons nos enfants! Ils sont fragiles et uniques. Ils ont tout
autant besoin de stabilité affective que de leur biberon.
Parfois ils régurgiteront parce qu’ils ne reconnaissent
pas le regard d’une figure significative…
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