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Oui ou non, les laisser croire au Père Noël?

 

 

 
 
Faut-il laisser nos enfants croire au Père Noël alors que ce n'est qu'une fable, qu'une illusion?  
 

Bruno Bettleheim[1] répond clairement à cette question: «Il faut laisser le petit enfant croire au Père Noël, aux œufs de Pâques et à la petite souris parce qu'ils lui permettent d'ajouter une ferveur émotionnelle à d'importants concepts qu'il développera plus tard. Nous savons tous par expérience que nos idées se rapportant à Noël sont passées du Père Noël et à sa hotte à l'esprit de générosité, du plaisir de recevoir des cadeaux à celui d'en offrir aux autres.»

Le Père Noël, les lutins et la fée des dents ne sont pas des mensonges. Ils relèvent de la fantaisie qui nourrit l'imaginaire du tout-petit. Le mythe du Père Noël répond à la pensée magique de l'enfant d'âge préscolaire. Regardez les enfants d'âge préscolaire jouer ensemble. Ils créent des histoires, s'inventent des scénarios qui alimentent leurs jeux de faire-semblant. Du dragon à la princesse, du pompier au bébé malade, les jeux s'organisent dans l'imaginaire.

Ce n'est que vers 7-8 ans que l'enfant fera le passage de l'imaginaire à la réalité grâce au développement de la pensée opératoire concrète qui donne accès à la logique. Lorsque le petit bricole un sapin de Noël, une décoration pour le sapin, lorsqu'il souhaite tel ou tel jouet et attend le jour de Noël, il apprend à anticiper, à se situer dans le temps, il stimule sa créativité, son imagination. Il prépare son cœur à la fête. Lorsqu'il dessine une carte de Noël, fabrique une couronne ou un napperon pour offrir en cadeau, il est sensibilisé à la générosité.

La crédulité de l'enfant nous attendrit, nous rassure en conformant son statut de petit enfant. Laissons donc les petits vaguer dans cet imaginaire où les désirs les plus fous sont encore possibles. Que la magie de Noël les berce de cette joie naïve et si contagieuse. Profitons donc de ces moments de poésie où être parent nous enveloppe de joies! Car un jour, vers 6-7 ans, le doute émergera d'abord par des questions fonctionnelles: «Comment le gros ventre du Père Noël passe-t-il dans la cheminée? Comment trouve-t-il le chemin, nous n'avons pas de cheminée ? Comment il fait pour aller dans toutes les maisons?» Puis il saura la vérité, mais voudra tout de même y croire encore.

Enfin les questions se multiplieront et deviendront insistantes. «Maman, papa dites-moi la vérité. Je sais qu'il n'existe pas pour vrai c'est un déguisement.» Montrez-vous alors fiers de lui « Tu es grand, tu sais que c'est comme une histoire. Mais tu vois, Noël c'est la fête des enfants et de leurs parents c'est pourquoi nous continuons à fêter ensemble et à se donner des cadeaux. Le vrai Père Noël est dans notre cœur. Les grandes personnes regrettent de ne plus être des enfants. C'est pour cela qu'elles continuent de parler du Père Noël à leurs enfants.»

[1] Bettleheim, B. (1998) Pour être des parents acceptables. Hachette Pluriel

 

 
 
 
Publiée le site   
le 01 décembre 2004
 

Sylvie Bourcier intervenante en petite enfance.


 

 

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