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Que ce soit
à l’épicerie, chez le médecin, au salon
de coiffure ou au restaurant, les excès de nos enfants intimident
bien des parents. Le regard des autres, témoins de la scène,
induit tout un stress. Nous sommes sensibles au fait que le comportement
de notre enfant incommode d’autres personnes.
Les difficultés éprouvées par les parents
en public sont parfois le reflet d’une attitude éducative
laxiste à la maison. Dans ce cas, la sévérité
occasionnelle du parent lorsque son enfant se montre désagréable
en public ne réussit pas à modifier les comportements
dérangeants de l’enfant. L’enfant habitué
au laisser-faire s’attend à ce que ses désirs
soient satisfaits et considère le frein apposé dans
le contexte de la sortie comme une injustice, un accro à
ses habitudes. Il réagit fortement, se désorganise
davantage.
Mais nos petits diablotins en public ne sont pas tous des enfants-rois.
D’autres raisons peuvent expliquer les comportements perturbateurs
émis en public. Les adultes occupés à se parler
au restaurant ou concentrés à trouver des aliments
inscrits sur la liste d’épicerie ignorent parfois les
enfants sages mais soulignent rapidement les bêtises. Alors
l’enfant sage qui veut être reconnu, remarqué
comme un participant à l’activité se transforme
en petit diable pour obtenir l’attention.
D’autre part, on exige quelquefois aux enfants d’être
tranquilles et obéissants durant une à deux heures.
Cette attente est irréaliste pour un enfant de quatre ou
cinq ans. Surtout que dans un contexte nouveau, les sources de stimulation
et les tentations sont nombreuses pour nos petits explorateurs.
Il est donc normal que l’adulte ait à dire non plus
fréquemment en public puisque l’enfant est sollicité
de part et d’autres par de nouvelles odeurs, couleurs, sons,
des inconnus donc un nouvel environnement riche de potentielles
découvertes. Il a donc besoin d’apprendre que les limites
et les consignes émises à la maison font aussi force
de loi à l’extérieur.
N’oublions pas que ce novice de la vie n’a pas grande
expérience des us et coutumes de la vie mondaine. Il n’a
pas eu beaucoup l’occasion de pratiquer le comment faire et
le quoi dire en public dans sa courte vie. C’est pourquoi,
il est important de lui faire revivre une situation même si
la dernière expérience s’est avérée
désastreuse. Par exemple, si la dernière visite à
l’épicerie s’est soldée par une course
dans les allées, des étalages renversées, retournez
à l’épicerie pour une courte durée pour
acheter deux à trois items et mettez des conditions afin
de lui faire vivre du succès dans cette expérience.
Aidez-le à anticiper ses désirs et dites clairement
vos règles. «Tu vas avoir le goût de courir dans
les grandes allées et de secouer les différentes boîtes
de céréales pour savoir s’il y a des surprises
à l’intérieur. Je sais que tu es capable de
rester près de moi, les mains dans tes poches.»; ou
encore «on va aller au restaurant prendre un jus. Tu pourras
choisir la saveur que tu veux. Je veux que tu restes assis le temps
que nous buvions.» L’enfant a alors l’occasion
de pratiquer les bonnes manières et de vivre du succès.
Vous augmentez peu à peu la durée de la sortie. Vous
pouvez aussi jouer au restaurant à la maison en créant
un climat particulier (lumière tamisée, chandelles,
condiments sur la table, vêtements appropriés à
une sortie). Il est essentiel de féliciter l’enfant
lors des pratiques et même de lui manifester votre fierté
et votre joie en lui offrant une occasion de lui faire plaisir.
«J’ai été très heureuse de manger
au restaurant. Tu es resté assis, tu as mangé et parlé
avec nous. Je me suis reposée. Ça m’a fait très
plaisir. Je pense que tu aimerais qu’on aille faire un petit
tour au parc.» Les sorties se dérouleront mieux si
vous impliquez l’enfant dans l’activité. Par
exemple, vous apportez un petit sac à surprises au restaurant
que vous remettrez à l’enfant après avoir dit
ce que vous voulez manger. Petits casse-tête, crayons, papier,
petites figurines, livres sauront faire patienter votre enfant.
À l’épicerie, proposez à votre enfant
le petit panier pour futur client ou encore demandez-lui la boîte
de tomates, de tenir les boîtes de mouchoir ou encore de repérer
sa boîte de biscuits préférés.
Si malgré tout, votre enfant se métamorphose en tyran
durant une sortie en public, agissez rapidement dès les premiers
signes d’agitation. N’attendez pas l’escalade
des négociations qui aboutira à des cris. Retirez-vous
dans l’auto, à la salle de bains, à l’extérieur
du magasin et parlez-lui. S’il vous semble disponible et coopératif,
offrez-lui une chance de se reprendre. Indiquez-lui clairement quelle
est la prochaine étape. «Tu choisis, marcher près
de moi à côté du panier ou t’asseoir dedans»
ou encore «Tu t’assoies à la table et tu me laisses
terminer mon repas. Je me repose tranquillement maintenant ici ou
à la maison quand tu seras dans la chambre seul.» La
sortie ratée doit amener une conséquence afin que
l’enfant apprenne que ses écarts de conduites ne sont
pas acceptés même s’il a profité de l’impuissance
passagère de ses parents lors de la sortie.
La réclusion à la maison n’est pas la solution.
La solution repose sur l’apprentissage des règles de
vie par l’enfant et sur la sensibilité des parents
à la faible tolérance des petits à l’attente
inactive et à leur besoin d’attention.
Amusez-vous bien en famille puisqu’elle est le premier lieu
d’apprentissage aux règles de notre société.
Source :
Dumesnil, F. (2004) Questions de parents responsables. Les Éditions
de l’Homme, 247 p.
Webster-Stratton, C. (2001) The incredible years. A trouble-shooting
Guide for parents of children aged 3-8. An Umbrella Press Publication.
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