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Préparation de la rencontre
La première étape est de recueillir les renseignements
à l’aide d’observations concrètes afin
de dresser un portrait complet de l’enfant. L’observation
doit être faite dans tous les moments de vie et décrire
ce qui se passe avant l’émission du comportement, la
nature du comportement (fréquence, durée et intensité)
ainsi que ce qui survient après le comportement. L’objectif
est d’identifier les besoins de l’enfant. Nous pourrons
alors communiquer aux parents notre perception des besoins de son
enfant et échanger sur sa propre perception et sur les moyens
pour y répondre.
Par la suite, l’intervenante doit préparer la rencontre,
les étapes, prévoir la durée et le lieu (étapes
décrites de façon succincte dans un article déjà
affiché sur le site).
Mon enfant, le cœur de ma vie
Un parent n’est jamais indifférent aux messages qu’il
reçoit au sujet de son enfant. L’image projetée
par l’intervenant le touche profondément. Parfois,
cette image confirme celle que le parent possède déjà
au fond de lui et ce depuis même la gestation. Alors, la rencontre
entre l’enfant rêvé et l’enfant réel
est heureuse. Mais lorsque l’éducatrice dresse un portrait
de l’enfant différent de celui élaboré
par le parent, ce dernier réagit pour préserver l’image
de l’enfant rêvé. Cette confrontation est douloureuse
et bouleverse l’équilibre émotif du parent.
Si l’écart entre l’enfant rêvé et
l’enfant réel est grand, le parent passe par un processus
de deuil soit déni, colère, tristesse et reconnaissance
ou acceptation. La durée de ce processus est différente
d’une famille à l’autre et les parents se mobilisent
à la dernière étape. Certaines éducatrices
ressentent l’absence de mobilisation parentale comme un désaveu
quant à leurs compétences professionnelles. Il n’en
est rien. Bien que le parent réagisse parfois par la colère
ou la passivité il faut comprendre qu’il éprouve
de grandes difficultés à accepter que son enfant manifeste
des besoins particuliers. Le rôle de l’éducatrice
est de sensibiliser et non de convaincre.
Responsabiliser ou culpabiliser
L’éducatrice et le parent agissent tous deux comme
agents de socialisation de l’enfant et ont une responsabilité
d’accompagner l’enfant qui grandit. L’éducatrice
exerce son rôle de façon passagère, son implication
émotive ne se compare pas à celle du parent. Il est
contreproductif d’accabler le parent de reproches ou de s’acharner
sur lui. Le parent est un partenaire c’est-à-dire qu’il
possède des compétences éducatives et surtout
une connaissance intuitive profonde de son enfant.
Si nous reconnaissons et valorisons son apport, il sera motivé
et désireux de s’impliquer au plan de soutien au développement.
Si par contre nous agissons comme expert, il nous remettra le problème
puisque nous signifions que nous sommes les « connaisseurs
». L’approche « devin » est aussi à
bannir, évitez les prédictions. Bien que l’intervenante
connaisse les trajectoires à risque de certains comportements
manifestés à l’âge préscolaire,
il faut se centrer sur ce que vit présentement l’enfant.
Le parent sera sensible au fait que le comportement de son enfant
nuit à son bonheur dans le groupe.
Voici quelques attitudes à éviter et d’autres
à adopter :
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À faire |
À éviter |
| Utiliser le terme besoin
pour dresser le portrait de l’enfant |
Éviter l’emploi des mots : problème,
problématique |
| Utiliser les mots plan de soutien
au développement |
Éviter les mots plan d’intervention |
| Décrire les comportements
de façon concrète et objective |
Attribuer des étiquettes ou des vocables
sujets à interprétation |
| Dresser un portrait complet
de l’enfant incluant autant ses forces que les points
à développer |
Décrire seulement les comportements dérangeants
ou inquiétants |
| Se centrer sur ce qui est observable
maintenant |
Prédire l’avenir (il ne pourra
pas réussir à l’école) |
| Explorer ensemble
les perceptions des besoins de l’enfant |
Agir en expert en conseillant, en donnant des
ordres ou en posant un diagnostic |
| Exprimer votre intérêt
pour l’enfant et votre désir d’aider
l’enfant |
Dire au parent que le comportement de l’enfant
est inacceptable et qu’il devrait le punir |
| S’informer auprès du parent afin
de savoir s’il observe le même comportement à
la maison |
Culpabiliser le parent en prétendant
qu’il doit y avoir un événement familial
responsable du comportement de son enfant |
| Exprimer notre ferme conviction que le partenariat
permettra d’aider l’enfant |
Développer un plan de soutien en solitaire
ou laisser le parent tout régler à la maison |
| Exprimer votre confiance dans les
compétences parentales et cibler avec eux des attitudes
éducatives positives réalisables maintenant |
Identifier et revenir sur les gestes éducatifs
erronés que les parents ont faits dans le passé
culpabiliser |
| Prendre des notes après l’entretien
afin d’intégrer cette rencontre dans une démarche
continue |
Minimiser l’importance de l’apport
des parents |
| Tenter de sensibiliser |
Tenter de convaincre |
| Respecter le rythme
d’acceptation du parent |
Harceler le parent de demandes répétitives |
Informer
l’enfant de la rencontre avec l’accord
du parent ou préférablement demander au parent
de le faire
« Nous allons nous rencontrer pour trouver des moyens
pour que ça se passe bien à la garderie. Tes parents
te diront après ce qu’ils ont décidé
pour toi. » |
Travailler en solo sans chercher
à atteindre la cohérence éducative entre
les deux milieux de vie l’enfant |
Demandez-vous qu’est-ce qu’un bon parent pour vous.
Avez-vous idéalisé la parentalité? Le parent
exerce son rôle habité par sa propre histoire, confronté
à sa propre réalité quotidienne au même
titre que vous, éducatrice. Gaston Gauthier , un grand humaniste
a dit : « Le parent est un outil qui doit servir l’enfant
pour qu’il devienne plus autonome, plus créateur, plus
libre. Si quelqu’un rêve de bien pour un enfant, je
ne suis pas inquiet pour cet enfant. L’enfant grandit avec
quelqu’un qui grandit avec lui. »
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