Faciliter l’intégration d’un poupon

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Marie-Lyne l’éducatrice de la pouponnière est toujours un peu préoccupée par la rentrée d’un nouveau poupon. Elle remarque que la capacité d’adaptation varie d’un enfant à l’autre. Elle voudrait bien mettre en place des moyens susceptibles d’aider l’enfant à s’intégrer au groupe.

Effectivement, plusieurs facteurs influencent l’adaptation du petit à son milieu de garde. L’âge ainsi que le tempérament sont des facteurs internes qui ont un impact. Dès la naissance, l’attachement du bébé se construit avec une personne significative (la mère). La totale dépendance du poupon permet à la mère de prendre contact avec son petit. Les soins prodigués, les paroles réconfortantes, son odeur et ses gestes de tendresse participent à l’établissement du lien d’attachement sécurisant. Durant les premiers six mois l’enfant manifeste son insécurité, lors de la séparation, quelquefois par des pleurs ou encore par un appétit moindre et parfois même par des problèmes de sommeil.

Après six mois, le duo amoureux est difficilement dissociable, la fibre de l’attachement est bien tissée. Le bébé peut vivre du stress lors de la séparation. Trois phases sont alors observables, la protestation, le désespoir et la création d’un lien d’attachement avec un autre adulte, son éducatrice. La protestation se caractérise par le refus d’avoir des contacts avec des adultes autres que ses parents. Le bébé réagit en s’accrochant à sa mère, en évitant le contact visuel avec son éducatrice et en raidissant son corps lorsqu’il est pris. Quant à la phase du désespoir, elle s’exprime par des pleurs intenses, isolement et absence de jeu. Enfin la création d’un nouveau lien d’attachement avec l’éducatrice indique que l’enfant s’adapte et fait confiance. Il est capable d’aller vers les autres, de jouer, de tendre les bras à son éducatrice, de se montrer détendu lorsqu’elle le prend, d’accepter les soins, d’échanger des regards et des sourires.

Pour certains enfants le passage d’une phase à l’autre est plus difficile. Le tempérament de l’enfant teinte sa capacité d’adaptation. Le tempérament intense manifestera fortement son désaccord aux changements alors que l’enfant au tempérament plus facile sera curieux pour découvrir son nouveau milieu de vie. Les réactions du parent, la fréquence de l’enfant dans le milieu ainsi que l’organisation du milieu à recevoir un nouvel enfant sont des facteurs externes qui influencent également l’adaptation du poupon.

C’est durant la période d’adaptation que le parent remet souvent son choix en question. Son insécurité, son questionnement et parfois même son manque de confiance envers l’éducatrice est ressentit par le petit et ça ne lui permet pas d’être en sécurité avec son éducatrice. Le rôle de l’éducatrice est alors très important pour sécuriser le parent et l’enfant dans son adaptation. Répondre aux questions du parent, l’informer sur les réactions possibles de son enfant lors de la période d’adaptation, le questionner sur ses inquiétudes aidera le parent à prendre contact avec l’éducatrice de son enfant. Une rencontre préalable sans la présence de l’enfant permettra d’amorcer la confiance du parent envers l’éducatrice de son enfant. La régularité de la fréquentation du petit dans son milieu l’aidera à anticiper les moments de vie, prévoir les changements et mieux accepter sa nouvelle vie à la pouponnière. Établir avec le parent, un horaire d’arriver et de départ stable afin de répondre adéquatement aux besoins physiologiques de son l’enfant. La stabilité du personnel dans l’organisation du milieu facilitera également l’adaptation du petit et du grand à la pouponnière.

Afin d’aider à l’adaptation des tout-petits, Marie-Lyne propose à l’équipe de la pouponnière de mettre en place un plan d’intégration comprenant 5 A.

  • ACCEPTATION: accepter la famille et l’enfant tel qu’il est.
  • ACCUEILLIR: mettre en place des stratégies qui répondent aux besoins de chacun des enfants.
  • AGIR: développer des outils, matériel et moyens pour favoriser l’intégration en douceur.
  • ADAPTER: revoir le fonctionnement du milieu pour faciliter l’intégration de chacun des enfants en ajustant et en apportant des changements.
  • AIDER: ajuster le milieu physique de façon à répondre aux besoins, goûts et intérêts de jeux des nouveaux enfants.

Voilà la proposition de Marie-Lyne pour mieux vivre l’intégration avec un nouvel enfant à la pouponnière. Il ne lui reste plus qu’à mettre en place son guide de survie… pour mieux vivre l’intégration avec ses petits.