Je l’prends ou pas dans mon groupe?

FacebookTwitterLinkedInPartager
Print Friendly

Céline Perreault, TES

Avril 2011

www.aveclenfant.com

Il est 16h25 au CPE les petites frisettes. Quatre-vingt enfants fréquentent ce CPE à chaque jour. À 16h30,  trois éducatrices quittent. Elles ont terminé leur journée de travail. C’est à ce moment que les enfants doivent être redirigés vers d’autres groupes où les éducatrices quitteront à leur tour progressivement. Théo est un enfant très turbulent. Il bouge rapidement dans le local et aime les jeux de course avec de gros camions. Il est actif. Quand Roxanne voit qu’il va lui être attribué pour la fin de la journée, elle s’exclame : ah non! Pas Théo dans mon groupe! Je n’ai pas le goût aujourd’hui!!!!

Vous êtes surpris… pas autant que Théo!

Qu’est-ce que l’on pourrait faire pour le mieux-être de Théo ou

Comment améliorer la répartition des enfants en fin de journée?

a)     Toujours rediriger les enfants vers la même éducatrice. De cette façon, il poursuit sa journée tout simplement sans s’adapter à nouveau à une éducatrice. La communication entre les deux éducatrices serait facilitée et la qualité des interventions améliorées. Régulièrement, les deux éducatrices pourraient échanger sur les interventions à faire auprès de Théo et en favoriser la cohérence.

 

b)      Faire voyager les enfants en groupe identique d’un soir à l’autre. S’il n’est pas possible d’envisager que la même éducatrice à chaque soir reçoive les mêmes enfants, il serait profitable d’envoyer les enfants en même sous-groupe d’un soir à l’autre. Une solidarité pourrait s’installer entre les enfants et un sentiment d’appartenance serait favorisé par des contacts réguliers et quotidiens. La plupart des enfants agités ont besoin de stabilité  affective. Se retrouver avec ses mêmes petits amis en fin de journée encouragera Théo à s’attacher à ses amis de fin de journée et permettra à certains d’entre eux à mieux le connaître et développer des jeux avec lui.

 

c)      Prolonger le départ des éducatrices en fin de journée : Bien sûr, il faudrait prolonger la journée de l’éducatrice… parfois il s’agit d’ajouter 30 minutes à la fin de la journée pour que la plupart des enfants de son groupe soient partis. Cette éventualité pourrait être étudiée et compte-tenu de la réalité de chaque groupe, des prolongations d’horaire seraient à instaurer. Imaginer si Théo part à 16h45 soit 15 minutes après son éducatrice et qu’à chaque soir il doit s’adapter  pour un court temps à un autre adulte avec ses règles et ses consignes particulières.

d)      Organiser des activités grands groupes pour les fins de journée/ contes, jeux d’exploration, jeux extérieurs etc. :Des jeux spéciaux sont organisés pour la fin de journée comme par exemple,  des jeux d’eau ou de sciences. Habituellement, un enfant agité est stimulé par les jouets nouveaux et renouvelés. C’est probablement ce qui arrivera à Théo. Il aimera les bacs de sciences et peut-être d’eau aussi.

e)      Conscientiser les parents sur l’importance de venir chercher l’enfant le plus tôt possible pour vivre de bons moments en famille. Les jeunes parents doivent être conscientisés à l’importance de jouer avec leur enfant et de vivre la routine des tâches. Par exemple, il serait pertinent d’aller faire son épicerie avec son enfant et lui apprendre les catégories  par exemple. Apprendre avec son parent, c’est gagnant! Théo aime ‘’fortement’’ ses parents. Il gagnerait à vivre de petits rituels avec ses parents comme faire l’épicerie ou aller mettre de l’essence avec un des deux parents. Il y ferait plusieurs apprentissages.

En fin de journée, l’enfant voit tous les parents des autres enfants venir les prendre. C’est un grand défi que de rester tranquille et serein quand l’enfant  voit tous ses amis partir un après l’autre. Les conditions environnementales et humaines doivent favoriser le calme surtout en fin de journée….

La stabilité dans la relation affective est gage de sérénité chez un enfant. Au service de garde, là où la majorité des enfants québécois vivent leur enfance, rappelons-nous que la qualité de nos interventions passe par la cohérence et la constance dans nos gestes auprès de l’enfant. Partant de cette affirmation nous pouvons aussi dire : ‘’Parce qu’elle le connaît mieux, l’éducatrice régulière et stable est plus sensible et répond plus adéquatement aux besoins de l’enfant’’[i].

Prenons le temps de réviser nos pratiques, les enfants s’en trouveront  plus sereins!

 


[i] Hébert, Ginette, Nathalie Hébert, Geneviève Issalys et Caroline Milhomme (2009) Gestion des horaires et de la fréquentation, Montréal, éd. AQCPE, coll. Petit guide pour prendre la route , Projet Odyssée.