Professionnelles de l’enfance : attention à l’étiquetage

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J’ai observé dernièrement dans mon milieu de garde une situation qui m’inquiète. Il y a un petit garçon qui est la cible des blâmes des autres enfants. Ils le déclarent coupable de méfaits à la garderie alors qu’il est malade et absent du milieu de garde. Il est vrai qu’il frappe les pairs et que je dois le reprendre régulièrement et le punir. J’avise la mère tous les soirs de ce qui se passe. Qu’est ce que je peux faire pour que les enfants cessent de le traiter ainsi et de lui attribuer tous les torts ?

Vos inquiétudes sont légitimes. Ces critiques formulées à répétition nuisent à l’estime de soi de cet enfant et témoignent d’une perception négative des autres à son égard. Il est nécessaire de transformer cette image négative afin que les enfants redécouvrent cet enfant dans ses forces, ses qualités. De plus, l’édification de l’identité négative de cet enfant nuit à son épanouissement. Plus il recevra des messages négatifs des autres, lui confirmant qu’il est « tannant, méchant » plus il défendra farouchement cette identité au détriment de ses qualités personnelles.

Voici quelques stratégies qui favorisent la construction d’une image positive de l’enfant et modifieront les perceptions négatives des autres enfants à son égard.

Stratégies éducatives

  1. Faites vos interventions à proximité de l’enfant. Évitez de nommer à voix haute audible par les autres enfants les réprimandes que vous lui adressez sauf dans les cas où l’intervention à distance est nécessaire par mesure de sécurité.
  2. Valorisez les efforts, les forces, les bonnes idées de l’enfant afin de lui faire reconnaître que le bon garçon existe. Même si l’enfant contrevient à une consigne immédiatement après que vous l’ayez félicité. Dites-lui : « Je viens de te dire bravo et tu lances les jouets en me regardant. Je continuerai à te dire bravo à chaque fois que tu fais bien les choses parce que je crois au bon garçon qui est en toi. »
  3. Lorsque vous êtes disponible, joignez-vous à cet enfant et nommez le plaisir que vous éprouvez à jouer avec lui. Les autres enfants verront votre intérêt à l’enfant et changeront peu à peu leur perception.
  4. Rectifiez la situation lorsque les enfants blâment injustement l’enfant.
  5. Modifiez votre de mode de communication avec le parent. Nommez à tous les jours ce qu’il a fait de bien. « Il a été capable de demander à son ami le jouet. Il a été capable d’attendre au dîner. » Vous informez les parents des difficultés et des progrès une fois par semaine. Par exemple, vous soulignez les progrès face à la capacité de l’enfant à demander un jouet d’un ami mais nommez sa difficulté à attendre encore observée lors des crises. Le parent est donc au courant de ce qui se passe mais ne peut punir l’enfant à nouveau. (Article : Une journée d’enfer à la garderie, Magazine Enfants Québec, Octobre 2000).
  6. Sollicitez la collaboration du parent afin qu’il valorise les bons coups de l’enfant; qu’il nomme ce qu’il fait de bon afin que l’enfant voit que ses efforts sont reconnus.
  7. Dites à l’enfant devant son parent qu’à partir de maintenant vous direz à sa maman ce qu’il fait de bien et que ses parents le féliciteront. L’enfant prend conscience que l’attention sera portée aux comportements positifs du quotidien et ne tentera plus de se faire remarquer par des comportements dérangeants. Il a donc avantage à faire des efforts et puisqu’il n’a plus un gain d’attention lorsqu’il contrevient aux consignes.