Dessine-moi… ( ou faire à la place de l’enfant !!!!)

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Martin, est éducateur au CPE 3 PETITS TOURS. Depuis quelques semaines, il fait l’accueil du matin. Il console les gros chagrins, rassure le parent inquiet, il installe des coins de jeux qui répondent aux besoins du groupe multiâge. La table à dessin est l’espace très populaire du matin. D’ailleurs, Martin est souvent sollicité par plusieurs enfants pour toutes sortes de commandes. « Peux-tu me dessiner un chien, un bateau, une belle princesse ? « Même le petit Julien 18 mois arrive toujours avec la même demande un GROS…GROS CHIEN…..Martin, passe la période de l’accueil à faire la démonstration de ses talents en dessin. Certains enfants le regardent et disent à Martin : « dessine moi….. »

Cette situation est répandue, mais doit-on répondre à cette demande pour faire plaisir à l’enfant ? ou se faire plaisir ?

Plusieurs raisons motivent l’éducateur (trice) à s’exercer à cette activité. On retrouve par exemple, le plaisir de répondre au besoin de l’enfant, un intérêt personnel pour le dessin, le désir de faire de l’enseignement ou simplement une excuse pour se soustraire d’assurer une présence à tout le groupe d’enfants.

Certes, le rôle de l’éducateur (trice) est bien de répondre aux besoins, de susciter des apprentissages, d’assurer une présence avec le groupe et ce, dans un contexte adapté au développement du jeune enfant. Les talents en dessin de l’adulte peuvent être exploités dans d’autres lieux dans des rapports égalitaires.

Lorsque Martin répond à cette demande, il ne met pas à profit les talents et habilités de l’enfant. Par contre, si c’est l’enfant qui dessine, il exerce la précision de ses gestes par l’autocontrôle de son bras, avant-bras, main et doigts. Il raffine ses mouvements en passant pas la grande motricité vers des gestes plus fins. Ces apprentissages sont des pré-requis pour l’écriture.

Dans l’activité du dessin, je permets à l’enfant de mettre en valeur sa créativité, de lui faire vivre la différence dans sa façon de voir les choses qui l’entourent. Je valorise aussi son sentiment d’identité. Je lui fais prendre conscience de ses capacités. Je reconnais également que pour développer une compétence il faut d’abord la travailler, être encouragé, supporté et surtout trouver une façon de faire qui personnalise qui je suis.

J’ai pu observer que dans de telles situations certains enfants restent inactifs devant une feuille blanche et des crayons. Ils ont appris à attendre, à regarder, à ne faire rien par eux-mêmes. Ils ont atteint un sentiment d’incompétence en se comparant leur production avec celle de Martin. Devant un adulte expérimenté en dessin le défi est trop grand pour un petit apprenti.

Le rôle de Martin est d’amener l’enfant à se développer globalement, de lui faire vivre du succès à sa mesure, dans un contexte de plaisir où l’enfant est au centre de ses apprentissages. Mais comment ne pas décevoir un enfant qui insiste pour qu’on lui dessine un petit chien ??

Martin doit éviter de dessiner devant les enfants. Lorsque l’adulte est concentré à dessiner, il ne peut voir les intentions du petit créateur. Éviter de faire de l’enseignement, l’enfant doit sentir qu’il a le pouvoir de dessiner ce qu’il veut et comme il le veut. Martin doit susciter l’intérêt de l’enfant par des questions ouvertes qui incitent à verbaliser les connaissances qu’il possède. Par exemple, l’enfant demande « Peux-tu me dessiner un chien ? » L’adulte répond « Comment il est le chien? Comment est sa queue ? Les oreilles sont comment ? « L’adulte peut tracer sur une feuille ce que l’enfant lui dit mais avec beaucoup d’hésitation. Il peut alors demander à l’enfant de lui montrer comment il est sonpetit chien. De cette façon, l’adulte guide l’enfant dans son dessin et le petit met dans l’action sa pensée et fait un plus grand apprentissage. Dans un même contexte, il peut être aussi pertinent d’inviter l’enfant à demander à un ami(e) de dessiner pour lui le petit chien. Celui qui rend le service est valorisé dans ses compétences et l’ami(e) qui en fait la demande observe et découvre qu’il est aussi possible de le faire puisqu’un enfant du groupe le fait, le défi est réalisable.

Par contre, lorsque le défi reste difficile pour l’enfant. l’ adulte doit observer des forces dans d’autres domaines enfin de valoriser et encourager la pratique. La présence discrète et chaleureuse donne toute son sens à la relation.

Lorsque Martin prend du temps avec l’enfant, il lui démontre qu’il est assez important à ses yeux pour s’intéresser à lui.

Un coin pour les grands, pourquoi pas !

Vous arrive t-il d’observer un enfant de quatre ou cinq ans et même un enfant de trois ans de votre groupe multiâge se montrer impatient avec le plus petit. Juste à voir le plus petit s’approcher de son jeu, le plus grand crie, il le repousse et parfois même vous demande d’intervenir. Si vous vivez ce genre de situation, ce qui suit peut vous aider !

La solution n’est certainement pas de demander au plus grand d’être raisonnable avec le petit. Puisque le plus vieux n’a pas les mêmes intérêts et besoins de jeux, il est normal qu’il désire à certains moments de la journée se retrouver dans un contexte adapté à son âge. Il pourrait alors échanger, faire des découvertes, construire, inventer, bricoler et ce avec du matériel correspondant à ses intérêts.

Les plus vieux ont besoin de se retrouver entre eux pour développer leurs habiletés sociales, leur autonomie, pour leur permettre de trouver des solutions, d’être créatifs et de se faire valoir auprès des autres enfants par leurs qualités de cœur. C’est également un moment pour le plus vieux de mettre en application des règles et des consignes du milieu sans la présence de l’adulte.

L’enfant de quatre et cinq ans accorde une grande importance à ce qui est permis et ce qui ne l’est pas et il est davantage respectueux des règles lorsqu’il sent que vous lui faites confiance. Il cherche à vous prouver qu’il est vraiment GRAND. Ce qui ne veut pas dire que l’adulte ne doit jamais accompagner l’enfant de quatre-cinq ans dans ses jeux.

Le fait de permettre aux plus vieux de se retrouver entre eux est une façon de limiter les frustrations et de valoriser le grandir de l’enfant. Et encore plus intéressant, cette période lui permet de se préparer à son l’entrée à l’école. Vous avez sans doute pu observer un jeu de grand qui se termine à votre simple arrivée. Dommage d’interrompre une aussi grande imagination ! Le coin des grands est peut-être la solution pour vous!

Mise en place du coin des grands
Pour mettre en place un coin des grands, rien de plus simple. Il faut procéder par étape.

  • Dans un premier temps, identifiez les moments d’utilisation qui seront pertinents pour vos grands.
  • Ensuite, sélectionnez des jeux exclusifs à ce coin, par exemple, des jeux à petites pièces, des bricolages avec du matériel non adapté au petit.
  • Troisièmement, trouvez l’emplacement de ce coin, il doit être peu retiré des autres coins de votre salle de jeu, par exemple : pièce avec petite barrière qui limite l’accès aux petits, en dessous de l’escalier, un grand garde-robe avec paravent, une grosse boîte de carton, genre boîte de frigo.

N’oubliez pas de présenter votre idée aux grands dans un moment où les petits n’y sont pas, pendant la période du dodo, par exemple et demandez-leur leurs idées.
Conscientisez l’enfant au fait qu’être seul dans cet espace demande le respect de certaines règles de fonctionnement et de sécurité. Il se sentira tellement responsable et grand! Sensibilisez-le à la sécurité en lui permettant d’utiliser un cylindre pour tester les petites pièces, il pourra ainsi participer à la sécurité du petit. Faites lui connaître votre disponibilité et votre rôle durant l’utilisation du coin des grands.

Le petit a-t-il la permission d’aller avec le grand ? Non. La responsable profite de ce moment pour stimuler le petit et lui offrir du matériel nouveau. Elle pourra ainsi observer ses goûts et intérêts pour répondre à ses besoins. Pour le plus vieux, une supervision discrète sera nécessaire pour qu’il se sente en sécurité et compétent dans ses élans d’autonomie. Le coin des grands lui offre des occasions d’expérimenter le succès dans ses efforts d’être grand. De cette façon, vous vous assurez de répondre à son plein potentiel de croissance !

Le coin des grands, pourquoi pas pour moi aussi !

Chut! C’est pour son bien…Que faire avec les secrets de famille?

Marie-Pascale Deegan, Travailleuse sociale, M. Sc.

Mars 2015

www.aveclenfant.com

Pour protéger les enfants, les adultes choisissent souvent de leur cacher la vérité. Pourtant, les secrets, loin d’avoir l’effet désiré, causent du tort.

Secret de famille

Un secret est une information qu’une ou des personnes cachent délibérément à autrui.

Les secrets de famille touchent souvent la naissance, la mort, la sexualité, l’argent, la délinquance ou la maladie. Ils peuvent, par exemple, être liés à la naissance d’un enfant conçu à l’occasion d’une liaison ou à un avortement, à une mort violente ou par suicide, à l’homosexualité, à un abus sexuel, à un héritage, au chômage, à un crime, à un trouble psychologique ou à des émotions ou sentiments, comme un amour inavoué.

Le secret a habituellement pour origine la honte ou la culpabilité. Ceux qui le gardent vivent généralement dans la crainte que le secret soit dévoilé et que cela crée une atteinte à leur image ou à celle de leur famille.

Être inclus dans un secret, c’est-à-dire connaître l’information tenue secrète, tout comme en être tenu à l’écart peut générer de l’anxiété et de nombreuses autres souffrances chez un enfant.

L’enfant qui est tenu à l’écart d’un secret, perçoit son existence et interprète son contenu, plus ou moins consciemment. Il devine son existence, mais sans pouvoir le saisir ou le nommer.

En effet, le secret influence les comportements de ceux qui le portent: leurs mots, leurs silences et malaises, leurs intonations, comme leurs contradictions. Les actions posées ou évitées par ceux qui portent le secret paraissent souvent étranges aux yeux de celui qui en est tenu à l’écart et suscite chez lui des interrogations, plus ou moins conscientes ou verbalisées.

L’adulte qui porte un secret de famille peut avoir tendance à nier ce l’enfant perçoit:

« Pourquoi te fâches-tu quand je te parle d’adopter un petit frère, maman?»

«Où vas-tu chercher ça? Je ne me fâche pas! »

Dans une telle situation, l’enfant qui perçoit réellement une réaction qu’il n’arrive pas à s’expliquer chez sa mère lorsqu’il parle d’adoption peut en venir à remettre ses propres perceptions en question.

Quoi dire aux enfants? Quand leur parler?

Rachel devient enceinte à l’occasion d’une liaison d’un soir. Son mari, Marc, et elle sont encore amoureux. De plus, ils projetaient de faire un troisième enfant ensemble, au moment où Rachel a fait ce faux pas. Ils choisissent de passer l’éponge et d’élever l’enfant ensemble.

Doivent-ils révéler la vérité aux trois enfants? Oui.

De nombreux motifs peuvent être invoqués pour cacher la vérité aux enfants. Dans la situation de Rachel et Marc, les arguments suivants peuvent être invoqués : si l’enfant conçu hors mariage apprend la vérité, il doutera de l’amour que Marc lui porte, il se sentira dévalorisé, voire coupable, il risque aussi d’être rejeté par ses frères et sœurs si ceux-ci apprennent la vérité sur son origine, etc.

Cependant, les secrets de famille sont toujours nocifs et leurs conséquences dépassent généralement celles qu’engendre la divulgation de la vérité. L’enfant à qui on cache un secret de famille perçoit son mystère et subit des conséquences, plus ou moins graves, qui sont liées aux faits qui lui sont cachés, sans en comprendre l’origine. Il importe donc d’être transparent au quotidien, de répondre aux questions, de rompre les silences et de briser les secrets.

Répondre simplement aux questions des enfants – quelles qu’elles soient et quelle que soit la nature du secret – est la façon la plus simple d’y parvenir. Toute réponse honnête à une question authentique vaut la peine d’être donnée. Cependant, il est essentiel d’être sensible à son jeune interlocuteur et de tenir un discours qui lui est adapté.

L’enfant, confronté à un secret de famille, peut ne pas savoir quelle question poser. Il peut aussi avoir compris qu’un sujet est tabou (interdit) et ainsi éviter d’en parler. Il ne faut donc pas toujours attendre les questions des enfants pour leur révéler un secret de famille.

Les secrets des enfants

On utilise souvent l’expression « bons et mauvais secrets », dans les discours visant à sensibiliser les enfants à l’importance de révéler tout secret lourd à porter. En effet, il y a une distinction importante à faire entre éviter de révéler à papa sa surprise d’anniversaire et retenir un secret:

-Lourd à garder (qui le rend inquiet ou malheureux);

-Qui concerne une personne en danger;

-Qui se rapporte à l’enfant lui-même (chacun doit être libre de parler de chaque chose qu’il fait ou qui lui arrive);

-Qui est accompagné d’une menace (« si tu en parles… (un malheur surviendra) »).

Les enfants doivent être informés de l’existence de ces types de secrets et apprendre à distinguer les « bons secrets » des « mauvais ». Ils doivent aussi être rassurés, par un adulte de confiance, quant au fait qu’ils seront écoutés s’ils ont un secret à confier et qu’ils ne doivent pas se laisser intimider par les menaces.

Si un enfant vous rapporte un secret:

-Écoutez-le bien attentivement;

-À prime abord, prenez pour acquis qu’il dit la vérité – C’est très important;

-Évitez de mettre des mots dans sa bouche: laissez-le parler;

-Ne dramatisez pas;

-Protégez l’enfant;

-Soyez responsable et faites suite aux confidences de l’enfant en posant les gestes nécessaires, en fonction de la situation.

Pour poursuivre la réflexion:

Tisseron, Serge. Les secrets de famille, comment en parler? : http://www.youtube.com/watch?v=n1BBUuHrKhg

Tisseron, S. (2007). Secrets de famille – Mode d’emploi, Quand et comment faut-il en parler? Éditions Marabout.

Sources:

V.G.-Morval, M.  1985.  Psychologie de la famille, Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal, 150 pages.

Tisseron, Serge. Les secrets de famille, comment en parler? : http://www.youtube.com/watch?v=n1BBUuHrKhg

Supervisions cliniques en travail social avec Linda Roy, T.S. et Robert Thibodeau, TS. (entre 2004 et 2009).

Une rencontre de parents… pour bien démarrer l’année!

Comme à chaque année, Marguerite se prépare à rencontrer ses nouveaux et ses anciens parents de son groupe multiâge. Elle considère ce moment important pour tisser des liens avec les familles, pour faire connaître le déroulement d’une journée, les interventions qu’elle favorise, ses attentes et les valeurs qu’elle soutient dans son milieu. Les thèmes, les événements et les sorties sont également discutés. Elle en profite pour faire des petits rappels sur les règles du milieu et les choses que les parents doivent apporter. Cette année, la rentrée est un peu spéciale, elle a implanté avec l’aide de sa conseillère pédagogique le programme JOUER C’EST MAGIQUE. Elle voudrait faire participer les parents à des ateliers afin de les sensibiliser au vécu de leur enfant. Mais comment peut-elle demander aux parents de faire un choix d’ateliers, de vivre des échanges entre eux et de partager avec le groupe, et ce dans un contexte démocratique? Un grand défi attend Marguerite!

À bien y penser, Marguerite se dit que si les enfants apprennent en jouant pourquoi pas les parents? Elle organise donc une soirée qui met en valeur le programme pédagogique de son milieu en gardant en tête les informations qu’elle veut transmettre. Voici donc sa démarche…

L’invitation est lancée. Elle prend soin de confirmer leur présence la journée même de la soirée par un rappel verbal. Marguerite a vraiment tout prévu pour avoir la participation de tous; une gardienne sera même disponible sur place pour les parents qui en ont besoin. La rencontre se fait dans l’environnement de leur enfant.

Marguerite débute le rappel des règles de son service de garde. Elle poursuit avec la présentation des différents tableaux que le parent peut consulter. Par exemple, le tableau des menus, des messages importants et des activités de la journée. Elle présente les objectifs du programme JOUER C’EST MAGIQUE et termine avec des photos des enfants du milieu représentant les cinq principes éducatifs. Elle fait visiter les cinq ateliers mis en place, soit le coin blocs, déguisements, arts plastiques, livres et manipulation. Le matériel de récupération, les jeux et les équipements disponibles font aussi l’objet de sa présentation.

Les outils pour travailler la gestion de groupe dans le cadre du programme sont expliqués aux parents: le tableau des tâches des enfants, le tableau des choix d’ateliers, de température et de gestion de conflits. Tout est mis en place pour que les parents puissent expérimenter chacun des coins. Pour ce faire, 4 problématiques de discussions sont placées dans chacun des ateliers pour alimenter les échanges en équipe de deux. Voici les sujets traités:

  1. Coucher mon enfant, un vrai casse-tête!
    À chaque soir c’est la même histoire, après le bain, je mets ma fille au lit. Je l’embrasse, la couvre bien, mais elle me rappelle à plusieurs reprises. Je finis souvent par m’impatienter et par claquer la porte de sa chambre… et elle pleure.
  2. Je me sens coupable!
    J’aime l’ambiance de la garderie, mais mon enfant est si petit…Je me sens coupable. Je me demande si elle s’ennuie beaucoup, si elle restera perturbée, est-ce qu’elle va m’aimer autant?
    Deux enfants mais tellement différents!
    Mes enfants sont en bas âge. Autant un possède un tempérament actif autant l’autre est discret. Lorsque l’on est en public, c’est le plus jeune qui répond pour le plus vieux. Je désire que chacun prenne sa place. Mais comment faire?
  3. Il fait toujours le difficile à la table!
    Mon garçon ne veut rien manger, je sais pourtant qu’à la garderie il mange bien. Sans même goûter il me dit qu’il n’aime pas, qu’il en a trop, qu’il n’a pas faim. Il va même garder de la nourriture dans sa bouche sans l’avaler.

Les problématiques sont lues aux parents pour les aider à faire leur choix d’atelier. Avec la photo de leur enfant, ils se choisissent un atelier. OUF, tous ont réussi à faire un choix sans conflit! Marguerite en profite pour faire un peu d’observation. Voici ce qu’elle a pu observer:

  • Une maman a fait son choix d’atelier avec une amie, après un certain temps elle a voulu changer d’atelier avec quelqu’un d’autre… Dommage personne ne voulait céder sa place car les discussions allaient bon train.
  • Un papa déçu de ne pas pouvoir aller dans l’atelier qu’il avait identifié au départ, puisque deux personnes y étaient déjà!

Marguerite peut aussi observer certaines déceptions lorsque vient le temps de se retrouver au GRAND CERCLE pour partager nos expériences.

  • On a encore des choses à se dire.
  • Pas déjà, on commence à trouver des solutions.
  • Peux-tu nous laisser encore un peu de temps?

Marguerite explique que les enfants vivent les mêmes frustrations dans leur jeu, mais elle maintient quand même sa demande pour pouvoir échanger sur leur vécu en sous-groupe.

Les parents parlent de leurs échanges, des éléments de solutions, des expériences vécues, ils disent trouver important de constater les mêmes problèmes dans chaque famille, ils se sentent moins seuls et constatent qu’ils ont eu l’occasion de mettre au profit des autres leurs trucs. Mais comme les enfants, les parents demandent à Marguerite des solutions. Elle intervient de façon démocratique, elle demande au groupe s’ils ont des idées pour aider l’équipe! Elle fait des liens avec le vécu de leur enfant et elle met en valeur ce que cette courte expérience leur a permis de développer. Elle se sert de cette occasion pour expliquer les expériences-clés du programme JOUER, C’EST MAGIQUE.

Marguerite distribue aux parents le journal quotidien de leur enfant, il est maintenant plus facile d’en expliquer le contenu suite à l’expérience vécue. La rencontre se termine par une période de questions, accompagnée de rires et de plaisir, comme avec les enfants! Marguerite constate que cette rencontre a été MAGIQUE pour faire connaître le programme éducatif à ses parents.

Deux semaines se sont écoulées après la rencontre de parents. Marguerite entend dans le vestiaire la maman de Philippe lui dire: «Je vois que tu as été dans le coin blocs ce matin avec ton ami Vincent, tu as appris à faire un garage avec … des boîtes de souliers.

  • Mais oui maman, Marguerite avait mis seulement des boîtes de souliers à la place des blocs de bois. Mon ami Vincent m’a dit viens Philippe je vais te montrer à faire un garage. Au grand cercle du matin, Marguerite nous a demandé de montrer notre construction et d’expliquer aux amis comment nous avions fait notre garage. Elle trouvait que nous avions eu ensemble une Super idée.»

La maman peut aussi lire dans le journal quotidien de son enfant que cette expérience a permis à son enfant de 4 ans de faire des pré-mathématiques (classer les boîtes, les aligner, choisir les grosseurs, grandeurs pour un plus grand équilibre). Il a également travaillé sa confiance en l’autre (permettre à Vincent de lui faire connaître son idée), sa capacité d’anticiper les événements (comprendre l’idée de Vincent), développer sa capacité d’être bien avec l’autre (collaborer au projet de Vincent et présenter au groupe leur création). Ces expériences s’additionnent à celles déjà en place et lui permettront d’aller encore plus loin dans une prochaine expérimentation.

La maman de Philippe peut maintenant faire des liens avec les cinq principes du programme éducatif qui sont :

  1. L’enfant est unique.
  2. L’enfant apprend par le jeu.
  3. L’enfant est le premier agent de son développement.
  4. Le développement de l’enfant est un processus global et intégré.
  5. La collaboration entre le personnel éducateur et les parents favorise le développement de l’enfant.

Marguerite observe depuis cette rencontre :

  • Une plus grande sensibilité du parent au savoir-être de son enfant (être bien avec soi et les autres).
  • Une préoccupation moins présente pour le produit fini et les activités scolarisantes.
  • Une compréhension de l’apprentissage par le jeu.
  • Une appropriation du programme JOUER, C’EST MAGIQUE
    Un intérêt à la lecture du journal quotidien de son enfant.
  • Une collaboration pour apporter du matériel de récupération.
  • Une plus grande compréhension et respect des règles et du fonctionnement du service de garde.
  • Mais surtout une plus grande RECONNAISSANCE du travail de la responsable de garde de leur enfant….

En début d’année, démarrer du bon pied C’EST MAGIQUE POUR L’ANNÉE…

Bonne rencontre !