Le bricolage est-il pertinent au développement de l’enfant de 18-24 mois ?

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La plupart des parents s’attendent à apporter à la maison des produits finis. Alimenter ce besoin ne fait qu’augmenter les attentes du parent et diminuer le plaisir de jouer du tout-petit. En effet, le stade de développement des 18-24 mois ne correspond pas à nos attentes car à cet âge, il faut prévoir davantage des activités d’expérimentation et de manipulation que des activités de bricolage.

L’exploration permettra à l’enfant de vivre des expériences variées et de travailler sa motricité fine qui l’amènera éventuellement à la réalisation d’un produit fini. Le temps qu’il prendra à découvrir favorisera son attention et sa concentration. Il est bien important avant de planifier des activités de connaître les intérêts et le développement du groupe d’enfants. Les observations de l’éducatrice permettront de saisir la curiosité qui inspire le jeu des petits.

Le parent croit à tort que lorsque l’enfant rapporte des produits finis du service de garde, il a appris quelque chose. Comme éducatrice, notre défi est donc de satisfaire les besoins du parent mais via des actions qui respectent davantage l’enfant dans son développement.

Comment, me direz-vous?

Informez le parent des apprentissages actifs de son enfant lorsqu’il s’amuse à explorer et manipuler. Pour chacune des activités prévues, faites la description des habiletés travaillées.

Voici un exemple:

Maman, Papa, l’exploration que j’ai faite en jouant dans du pouding aujourd’hui m’a permis de:

  • Observer mes amis (es) durant l’activité pour trouver de nouvelles façons d’explorer le pouding. Ce qui favorise mon développement socio-affectif, je suis capable d’apprendre des autres.
  • Initier mon jeu avec Alexis. Ce qui favorise mon développement socio-affectif, je suis capable de créer des liens avec un ami.
  • Tracer des routes avec mon doigt dans le pouding. Ce qui favorise mon développement créatif et intellectuel, je suis capable de représentation mentale.
  • Utiliser mes sens (le toucher, le goûter, la vue et l’odorat). Ce qui favorise mon développement sensori-moteur, je suis capable de représentation mentale à l’aide de mes sens.
  • Remplir et vider des bols de pouding. Ce qui favorise mon développement sur la notion de l’espace, je suis capable de reconnaître la quantité de pouding à mettre dans chacun des bols.
  • Respecter la consigne de garder le pouding sur la table. Ce qui favorise mon développement intellectuel et affectif, je suis capable de comprendre et respecter la consigne de mon éducatrice.
  • Explorer le pouding en me déplaçant autour de la table. Ce qui favorise mon développement sur la notion de l’espace, je suis capable de contrôler mes mouvements et mes déplacements dans un espace donné.
  • Exercer de grands mouvements de bras. Ce qui favorise mon développement moteur, je suis capable de contrôler mes mouvements de bras, avant bras, mains et doigts.

En décrivant les apprentissages clés de l’enfant pour chacune des activités, l’éducatrice met en valeur son travail et sensibilise le parent à l’importance des gestes simples à des gestes plus complexes.

D’autres moyens peuvent s’ajouter pour renseigner le parent au plaisir d’apprendre de son enfant tels que:

  • Personnalisez des photos pour chaque enfant et les remettre aux parents lors d’une activité spéciale dans le milieu.
  • Confectionnez un calendrier à l’aide des photos prises durant l’année.
  • Faites un album photos sur les activités de son enfant.
    Prévoyez une réunion en début d’année pour parler de vos attentes face au produit fini.
  • Échangez avec le parent sur les jeux de son enfant et les apprentissages qu’il fait.
  • Invitez le parent à participer à une activité d’exploration.
  • Proposez à un nouveau parent de se jumeler à un ancien parent afin de le sécuriser dans ses attentes.

Dans notre travail d’éducatrice, nous avons parfois à être un agent de changement dans les attentes des parents. Pour y arriver, il est essentiel de soutenir le parent dans ses inquiétudes, de l’informer sur les apprentissages de son enfant, de reconnaître ses forces et d’accepter qu’il soit différent….

Voilà des ingrédients qui réduisent les attentes et augmentent la collaboration!

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Référence: Jouer c’est magique, Programme favorisant le développement global des enfants. Les publications du Québec.

Dessine-moi… ( ou faire à la place de l’enfant !!!!)

Martin, est éducateur au CPE 3 PETITS TOURS. Depuis quelques semaines, il fait l’accueil du matin. Il console les gros chagrins, rassure le parent inquiet, il installe des coins de jeux qui répondent aux besoins du groupe multiâge. La table à dessin est l’espace très populaire du matin. D’ailleurs, Martin est souvent sollicité par plusieurs enfants pour toutes sortes de commandes. « Peux-tu me dessiner un chien, un bateau, une belle princesse ? « Même le petit Julien 18 mois arrive toujours avec la même demande un GROS…GROS CHIEN…..Martin, passe la période de l’accueil à faire la démonstration de ses talents en dessin. Certains enfants le regardent et disent à Martin : « dessine moi….. »

Cette situation est répandue, mais doit-on répondre à cette demande pour faire plaisir à l’enfant ? ou se faire plaisir ?

Plusieurs raisons motivent l’éducateur (trice) à s’exercer à cette activité. On retrouve par exemple, le plaisir de répondre au besoin de l’enfant, un intérêt personnel pour le dessin, le désir de faire de l’enseignement ou simplement une excuse pour se soustraire d’assurer une présence à tout le groupe d’enfants.

Certes, le rôle de l’éducateur (trice) est bien de répondre aux besoins, de susciter des apprentissages, d’assurer une présence avec le groupe et ce, dans un contexte adapté au développement du jeune enfant. Les talents en dessin de l’adulte peuvent être exploités dans d’autres lieux dans des rapports égalitaires.

Lorsque Martin répond à cette demande, il ne met pas à profit les talents et habilités de l’enfant. Par contre, si c’est l’enfant qui dessine, il exerce la précision de ses gestes par l’autocontrôle de son bras, avant-bras, main et doigts. Il raffine ses mouvements en passant pas la grande motricité vers des gestes plus fins. Ces apprentissages sont des pré-requis pour l’écriture.

Dans l’activité du dessin, je permets à l’enfant de mettre en valeur sa créativité, de lui faire vivre la différence dans sa façon de voir les choses qui l’entourent. Je valorise aussi son sentiment d’identité. Je lui fais prendre conscience de ses capacités. Je reconnais également que pour développer une compétence il faut d’abord la travailler, être encouragé, supporté et surtout trouver une façon de faire qui personnalise qui je suis.

J’ai pu observer que dans de telles situations certains enfants restent inactifs devant une feuille blanche et des crayons. Ils ont appris à attendre, à regarder, à ne faire rien par eux-mêmes. Ils ont atteint un sentiment d’incompétence en se comparant leur production avec celle de Martin. Devant un adulte expérimenté en dessin le défi est trop grand pour un petit apprenti.

Le rôle de Martin est d’amener l’enfant à se développer globalement, de lui faire vivre du succès à sa mesure, dans un contexte de plaisir où l’enfant est au centre de ses apprentissages. Mais comment ne pas décevoir un enfant qui insiste pour qu’on lui dessine un petit chien ??

Martin doit éviter de dessiner devant les enfants. Lorsque l’adulte est concentré à dessiner, il ne peut voir les intentions du petit créateur. Éviter de faire de l’enseignement, l’enfant doit sentir qu’il a le pouvoir de dessiner ce qu’il veut et comme il le veut. Martin doit susciter l’intérêt de l’enfant par des questions ouvertes qui incitent à verbaliser les connaissances qu’il possède. Par exemple, l’enfant demande « Peux-tu me dessiner un chien ? » L’adulte répond « Comment il est le chien? Comment est sa queue ? Les oreilles sont comment ? « L’adulte peut tracer sur une feuille ce que l’enfant lui dit mais avec beaucoup d’hésitation. Il peut alors demander à l’enfant de lui montrer comment il est sonpetit chien. De cette façon, l’adulte guide l’enfant dans son dessin et le petit met dans l’action sa pensée et fait un plus grand apprentissage. Dans un même contexte, il peut être aussi pertinent d’inviter l’enfant à demander à un ami(e) de dessiner pour lui le petit chien. Celui qui rend le service est valorisé dans ses compétences et l’ami(e) qui en fait la demande observe et découvre qu’il est aussi possible de le faire puisqu’un enfant du groupe le fait, le défi est réalisable.

Par contre, lorsque le défi reste difficile pour l’enfant. l’ adulte doit observer des forces dans d’autres domaines enfin de valoriser et encourager la pratique. La présence discrète et chaleureuse donne toute son sens à la relation.

Lorsque Martin prend du temps avec l’enfant, il lui démontre qu’il est assez important à ses yeux pour s’intéresser à lui.

Comment expérimenter la peinture avec le tout-petit en multiâge?

Il est parfois difficile pour une responsable en milieu de garde familial de concilier les besoins de grande motricité du petit et la pratique de la motricité fine du plus grand.

Lorsque nous travaillons en multiâge, notre plus grand défi est de répondre aux besoins des enfants de différents âges qui constituent notre groupe. Pour y arriver, il faut éviter de faire des activités dirigées dont une seule catégorie d’enfants peut vivre du succès. Les attentes de la responsable doivent être différentes ainsi que les objectifs d’apprentissage. Le petit a besoin d’espace pour exercer des mouvements qui ne sont pas toujours contrôlés. Plus il s’exerce à faire des grands mouvements avec ses bras, plus il pourra maîtriser des gestes raffinés. Il est donc moins intéressant pour le 18 mois-2 ans de faire de la peinture sur une feuille 8X10. De même que d’utiliser de la peinture et des pinceaux, il faut avant tout lui permettre d’expérimenter avec du matériel qui lui offre une variété de manipulation et d’exploration.

Le matériel que je vous propose pour faire de la peinture peut être également utilisé par le plus vieux qui, lui, peut en retirer tout autant de plaisir et vivre d’autres apprentissages. En voici des exemples:

Matériel

  • Rouleau de peinture
  • Pinceau de peintre
  • Éponge recouverte d’un bas de nylon
  • Eau avec colorant
  • Jello, pouding

Objectif

Développer:
  • la découverte et l’expérimentation
  • l’organisation spatiale
  • la relation avec les pairs
  • la motricité fine
  • la proximité physique
  • la coopération

Utilisation

  • L’utilisation du rouleau, pinceau et éponge peut se faire avec de l’eau ou du colorant alimentaire et un peu d’eau à l’extérieur, soit sur la clôture, l’entrée du garage, la fondation de la maison ou les tuiles de patio. L’enfant peut utiliser de grands espaces variés.
  • La peinture au jello et pouding peut se faire avec les mains pour le petit pour lui permettre d’expérimenter la texture et de goûter. La surface peut être un grand papier brun collé au sol. Pour le plus vieux, vous pouvez ajouter des pinceaux ou tout autre objet de récupération pour faire la découverte des textures.
  • Dans les deux types d’utilisation, l’atelier de peinture est présentée plus comme une activité collective qu’individuelle dont chaque âge y trouve du plaisir.

Bonne expérimentation!

Les bons coups dans les milieux en 2006

Pour commencer la nouvelle année, j’ai pensé vous faire connaitre les découvertes que j’ai faites en 2006 dans les milieux. J’ai vu et entendu beaucoup de belles et bonnes choses qui se font dans les CPE des régions de Laval et Lanaudière. Le travail d’éducatrice est trop souvent peu valorisé pour que je passe sous le silence ce que j’ai pu observer durant la dernière année. Malgré le vent de changement dans le monde de la petite enfance, plusieurs éducatrices ont réussi à garder quand même le cap sur les tout-petits. En se souciant de leur développement et leur stimulation, elles ont su mettre en place des outils pour mieux intervenir et rendre le milieu plus sécuritaire. Des moyens créatifs, ingénieux et peu couteux ont été mis en place pour répondre aux besoins des enfants. Les bons coups sont ceux dont j’ai eu l’occasion de voir lors de mes supervisions de stage, mes formations et de mes rencontres avec les éducatrices de différents milieux de garde. Il est certain, que bien d’autres belles choses se font dans nos milieux au Québec dont je n’ai pas eu l’occasion de visiter. Notre site est une belle façon de faire un clin d’œil sur vos bons coups. Je vous invite donc, à nous faire parvenir vos idées, vos moyens, vos projets pour en faire bénéficier d’autres éducatrices. L’ouverture à ce qui ce fait ailleurs repousse nos limites, valorise l’auteur dans ses idées et permet à l’enfant de se développer dans le plaisir. En voici donc des exemples.

1. J’ai eu l’occasion de voir dans un milieu de la région de Lanaudière une stagiaire qui avait développé un outil pour la résolution de problème avec un groupe de 4 ans. Elle avait accrochée après une ganse de son pantalon des petites cartes (un jeu de 4 petites images) qui suggéraient à l’enfant en conflit des solutions. De cette façon, elle permet à l’enfant de vivre de la réussite dans des situations plus difficiles, de faire des choix qui lui convient, de développer l’autonomie, d’utiliser la parole au lieu des coups. L’expérience a été un succès. Cet outil, peut être d’une grande utilité au parc ou dans la cour lorsqu’il a beaucoup d’enfants. Il n’est pas toujours facile de tout voir, ce trousseau de cartes permet à l’enfant d’aller vers l’adulte et trouver lui-même des solutions. Une idée d’Émilie Hallé stage 2 Cégep l’Assomption.

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2. Une belle faço n de rééquilibrer les énergie s avec ce jeu d’éponges. En effet, une éducatrice a développé une façon de recentrer l’enfant sur lui après une grande décharge énergétique. Le matériel est facile à trouver, un p lat de plastique transparent et des petits carrés d’éponges. Elle fait quelques trous sur le couvercle et place dans le contenant des petits carrés d’éponges. Le jeu consiste à vider le contenu, remettre le couvercle et incérer les petits morceaux d’éponges dans le contenant par les petits trous du couvercle. Un bel exercice de motricité fine qui demande beaucoup de dextérité manuelle et de concentration. Une idée du CPE Gamin Gamine à Terrebonne

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3. Une éducatrice qui remplace les pauses au CPE Gamin Gamine a trouvé une façon bien à elle d’être significative auprès des enfants. Elle arrive toujours avec sa boîte à chansons. La boîte contient plus d’une cinquantaine de petites cartes sur lesquelles on y retrouve un titre et un dessin qui représente la chanson. Même si elle est seulement 20 à 30 minutes avec le groupe elle en profite pour chanter. Cet outil lui permet de vivre des bons moments en peu de temps avec les enfants.

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4. Tout simple, mais plein de sens. Des couvercles de jus congelé transformés en couvercles sensoriels… C’est une éducatrice à la pouponnière au CPE G amin Gamine qui a eu cette merveilleuse idée pour stimuler la découverte et l’exploration du tout-petit.

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5. Un jeu d’association bien spécial. En effet, des formes de boutons reproduites sur un carton et un petit contenant avec les boutons. Le jeu consiste à replacer le bouton sur la bonne forme. Ce jeu peut faire patienter avant le repas ou permettre aux enfants qui ont terminé une activité de jouer à ce jeu en toute sécurité sans l’aide de l’adulte. Une ingéniosité du CPE Gamin Gamine à Terrebonne.

Les_bons_coups_dans_les_milieux76. Voilà un outil de langage très pertinent réalisé par le CPE Gamin Gamine à Terrebonne. À l’aide de couvercles de jus congelé, mettre des images différentes des deux côtés. Une canne à pêche jouet ou simplement un bâton avec corde et aimant pour facilité la prise. Le jeu consiste à pêcher un couvercle et de nommer l’image. Plusieurs variantes possibles peuvent rendre ce jeu stimulant. Par exemple, faire une histoire avec les couvercles, un jeu de loto avec deux images pareilles à attraper, mettre les photos des enfants sur les couvercles de jus et en faire une histoire rigolote.

7. Une éducatrice eLes_bons_coups_dans_les_milieux8n milieu familial a développé un coin grand avec très peu d’espace. Le groupe d’enfants était constitué de 4 bébés de 15, 17 et deux enfants 18 mois et un grand ami de 3 ans 1/2. Les journées pour le plus vieuxétaient de plus en plus difficiles pour lui. En effet, il n’arrivait pas à se concentrer sans qu’un petit explorateur s’improvise dans ses jeux. La réaction était automatique des
cris et des pleurs suivis même parfois par des coups portés sur le petit. Les interventions négatives se multipliaient. Devant une telle situation, l’éducatrice a eu la bonne idée de créer un coin grand en hauteur. Un simple comptoir de cuisine avec armoire intégrée sur le côté et une espace en dessous pour y mettre un caisson à trois tiroirs. Une chaise style bistro pour permettre à l’enfant d’être plus haut pour bricoler, faire des jeux de table, du dessin des lego et bien d’autres choses. À vous de faire l’expérience. Une idée de Julie Perreault dont le service de garde en milieu familial est situé à Mascouche.

Les_bons_coups_dans_les_milieux98.Le CPE La Marmaille de Laval a trouvé une façon bien à eux de gérer les arrivées et les départs. À l’aide d’une plaquette métallique et de petites bandes aimantées où le nom de l’enfant est inscrit l’éducatrice peut mieux assurer la sécurité des enfants. Chacune des bandes est placée à l’endos de la plaquette, lorsque le parent arrive au service de garde le matin il met le nom de son enfant sur le dessus de la plaquette pour signaler sa présence. Lorsqu’il quitte le soir, il replace la bande aimantée à l’endos de la plaquette pour aviser de son départ. Cette façon de fonctionner évite bien des soucis pour les éducatrices et implique le parent à la sécurité de son enfant.

 

En espérant vous avoir fait partager mes trouvailles et susciter chez vous de l’intérêt.
Notre objectif est de favoriser du temps de qualité et ce dans le plaisir.

Je découvre la nature avec mon éducatrice

Propositions d’activités d’éveil à la nature ?

La première question à se poser avant tout est : quelle est ma sensibilité à la nature? Suis-je encore émerveillée par le chant des oiseaux, par l’évolution d’un arbre, par de l’eau qui coule, par des fleurs qui poussent…, et bien d’autres choses que peut nous apporter la nature. Pour éveiller l’enfant à son environnement, il faut d’abord comme responsable que nous soyons touchés par ce qui nous entoure. Notre premier outil lorsque nous travaillons avec les enfants est nous-même. De simples gestes peuvent sensibiliser l’enfant à ce qu’il voit, entend, sent et touche. Par exemple prendre une marche avec son groupe, faire écouter les bruits de l’environnement développe chez l’enfant son intérêt pour la nature. Cette balade lui permet aussi de se concentrer, de travailler son sens de l’imaginaire. L’enfant va personnaliser ce qu’il entend et par le fait même il développera son sentiment d’identité. Ce simple geste lui permet aussi d’être attentif à une consigne. Voilà beaucoup d’apprentissages pour une simple promenade dans votre quartier. Il n’est pas nécessaire d’avoir du matériel stimulant pour sensibiliser notre tout-petit à son environnement au contraire tout est dans la nature. Je vous propose donc des petits trucs qui se trouvent à deux pas de votre maison et qui amusent autant les petits que les grands.

Les roches

  • Ramassez, triez, classez par couleurs, formes, grosseurs.
  • Faites mettre les roches dans des contenants ou simplement dans les poches des enfants.
  • Faites des chemins avec les roches.
  • Peindre les roches.
  • Faites le contour d’un autre enfant.
  • Faites rouler la roche et sauter plus loin que la roche.
  • Jouer à la marelle.

Les branches

  • Mettez en ligne les branches et faites marcher les enfants dessus.
  • Faites des dessins avec les branches dans le sable.
  • Faites observer les différences d’une branche à une autre.
  • Faites sauter les enfants par dessus/ par dessous une branche.
  • Faites danser la branche par l’enfant.
  • Faites un parcours de branches.
  • Faites reconnaître les branches d’un sapin, érable etc

L’arbre

  • Faites reconnaître les sortes d’arbres par les différences (feuille, tronc couleur).
  • Faites manipuler et sentir les écorces.
  • Faites prendre les positions des arbres avec leur corps. Exemple (faites des grandes branches avec les bras, etc.).
  • Les yeux bandés faites toucher un arbre parmi trois, enlevez le bandeau et l’enfant doit reconnaître de quel arbre il s’agit.
  • Faites coucher les enfants en dessous des arbres et faites observer les mouvements.
  • Jouez à se cacher derrière les arbres.
  • Jouez à cherche et trouve, trouvez le plus petit arbre, le plus gros, le plus haut.

Méli Mélo en nature

  • Prenez différents objets de la nature et construisez un parcours (roches, branches, gazons, arbres, arbustes, buttes de terre, flaques d’eau)
  • Donnez au plus vieux des indices pour identifier des objets de la nature.
  • Partez à la chasse aux vers de terre, aux moustiques (pelles et chaudières sont nécessaires).
  • Jouez aux éboueurs, chaque enfant ramasse les rebuts de l’hiver. (peut être utile de mettre des gants aux enfants pour faire ce type d’activité)
  • Jouez à l’inspecteur, identifiez des objets qui polluent la nature. (excréments d’animaux, canettes de liqueur, cigarettes) etc.
  • Marchez et identifiez ce qu’on sent.
  • Observez des oiseaux dans les mangeoires, imitez leurs cris, nommez les couleurs et peut être avec les plus vieux faites identifier dans un livre de quel sorte d’oiseau il s’agit.

Après un hiver aussi froid, il est toujours agréable de profiter du beau temps pour aller jouer dehors avec nos petits explorateurs. Leurs découvertes nous permettent parfois de trouver de nouvelles idées d’activités. Prenez le temps de les observer dans leurs jeux pour mieux connaître leurs goûts et leur intérêt pour l’environnement. Voilà une belle façon de découvrir la nature avec ses petits.

Un beau bricolage pour le sac à dos…

Un beau bricolage pour le sac à dos…
(les attentes des parents face au produit fini de leur enfant)

En fin d’après- midi, la maman de Jade vient la chercher chez Carole. Comme à chaque jour la maman s’intéresse à ce que sa petite fille de 3 ans a fait durant la journée. La responsable de garde explique à la mère que l’atelier d’aujourd’hui consistait à reproduire un bonhomme de neige en plaçant les yeux, le nez et la bouche dans le premier rond du bonhomme . Par la suite, elle devait mettre trois boutons un en dessous de l’autre dans le deuxième rond. Comme Jade a bien suivi les consignes, elle a eu le temps de compléter son bonhomme de neige avec de la ouate. Carole informe la maman qu’elle a dû aider Jade pour mettre les yeux, le nez et la bouche à la bonne place. La maman de Jade regarde les bonhommes de neige que Carole a affichés au mur. Elle demande à sa fille d’apporter à la maison son beau bricolage pour le montrer à son papa. Jade répond «je veux pas l’apporter, c’est même pas moi qui l’a fait»!!!! Un peu déçue de la réaction de sa fille, la maman décroche le bricolage et le dépose dans le sac à dos ….
Trop souvent dans ma pratique, j’ai vu ce genre de situation où le parent négocie avec son enfant le désir d’apporter le produit fini à la maison. La responsable s’oblige à ce que l’enfant apporte des bricolages à la maison pour signifier aux parents ce que son enfant fait au service de garde durant son absence. Ce qui donne souvent lieu à un bricolage tellement bien «fini» qu’il est presque impossible de croire que c’est un enfant de 3 ans qui en est l’auteur. Ou encore, les bricolages sont tous pareils, il est difficile pour l’enfant de reconnaître le sien.

Pourquoi attacher autant d’importance à ce que son enfant fait en terme de produit fini? J’ai posé la question à quelques parents, voici le résumé des réponses.

  • Cela me rassure de constater que malgré mon absence mon enfant apprend. Mon retour au travail ne le pénalise pas.
  • Il est sécurisant de voir son enfant capable de tenir un crayon, découper, écrire son nom. Ce sont des pré-requis essentiels pour l’école.
  • Je suis capable de voir les capacités de mon enfant par ce qu’il fait dans son milieu de garde.
  • Comme mon enfant ne me dit pas tout ce qui a fait durant la journée, le produit fini me permet de voir concrètement ses actions.
  • Voir ce que mon enfant fait avec son éducatrice me permet de poursuivre à la maison. Parfois même de lui montrer des choses différentes, afin de lui faire faire des apprentissages.

Il est certain qu’ être parent amène un lot d’inquiétudes, nous voulons tous lui éviter des difficultés dans ses apprentissages, nous avons le souci qu’il soit capable d’apprendre comme tous les autres enfants. Quoi de plus sécurisant de voir son enfant aimer faire du bricolage, découper, écrire son nom sur son dessin. Pour répondre à son inquiétude, le parent peut demander ou même exiger de la responsable de faire avec son enfant des activités un peu plus scolarisantes afin qu’il soit prêt pour l’école.

L’éducatrice a la responsabilité de stimuler, développer, faire vivre des expériences nouvelles à l’enfant. Entre 0-5 ans l’enfant n’a pas acquis les habiletés nécessaires pour faire des apprentissages scolaires. Le service de garde doit développer ces acquis par le jeu. Par exemple lorsque la responsable demande aux enfants de ranger, il doit classer, associer et différencier des objets, elle fournit à l’enfant l’occasion de faire des pré –mathématiques. Au même titre que lorsque le matériel est identifié sur les bacs par un dessin suivi du mot, elle permet à l’enfant de faire de la pré-lecture. Ces pré-requis sont nécessaires pour faire des apprentissages scolaires. L’enfant doit avoir atteint une maturité au niveau neurologique, c’est ce qui va lui permettre d’être dans sa période critique pour apprendre à marcher, découper, dessiner etc. Avant cette période, l’énergie déployée pour faire faire des apprentissages scolarisants est peu efficace et peut s’avérer inutile. Lorsque que l’enfant est dans sa période critique il s’exerce par lui même, il va demander par exemple,«c’est la lettre comme dans mon nom»?, «peux-tu m’écrire mon nom», il va compter combien il a d’amis dans le groupe, l’enfant va se pratiquer à découper etc. C’est alors que l’apprentissage se fait dans un minimum de temps et d’efficacité. Le rôle de l’éducatrice est d’offrir à l’enfant de vivre différentes expériences, mettre à sa disposition du matériel riche d’exploration, organiser le milieu physique pour stimuler l’intérêt de l’enfant à différents apprentissages et observer chacun des enfants dans leur développement afin de leur offrir du support plus individualisé. Le respect du rythme de l’enfant permettra de faire des apprentissages mieux adaptés à ses besoins.

Le parent doit être informé des apprentissages de son enfant dans chacune des expériences qu’il vit au service de garde. Dans ce sens, la responsable peut parler des expériences-clés que l’enfant développe dans ses jeux ou activités prévues. Par exemple, lorsque l’enfant joue dans le sable il apprend :

  • À explorer une matière.
  • À comparer des quantités en manipulant des chaudières vides et pleines.
  • À remplir et vider des contenants de différentes grosseurs. Il intègre les notions de léger/lourd, vide/plein, humide/sec, égal/différent, petit/grand, plus/moins, à côté/dedans/dessous/dessus.
  • À utiliser des objets pour en imiter d’autres, la chaudière remplie de sable peut servir de gâteau de fête pour une éducatrice.
  • À faire le choix des objets qu’il lui sont nécessaires pour jouer dans le sable.
  • À organiser son espace de jeu.
  • À exprimer ses idées avec d’autres enfants.

Il a développé en jouant dans le sable des habiletés mathématiques, sociales, spatiales et affectives. Ses expériences s’additionnent à celles déjà en place et développent chez l’enfant des bases nécessaires pour son entrée à l’école.

Devant les exigences des parents il parfois important de mettre en place des outils qui leurs permettront de mieux comprendre les acquis de leur enfant. Pour ce faire la responsable de garde peut développer des expériences- clés que l’enfant vit au quotidien, c’est- à – dire dans les routines, jeux libres et ateliers. Elle peut également prévoir de nouvelles expériences clés dans le cadre de ses activités prévues.

En après midi la maman de Jade vient chercher sa fille. Elle s’arrête devant le tableau des expériences- clés pour connaître ce que Jade a vécu aujourd’hui . Elle constate des apprentissages en terme d’autonomie, de motricité fine, de socialisation, d’exploration de différentes formes, grandeurs, couleurs et textures.

La maman trouve que sa fille apprend beaucoup chez Carole. Elle comprend qu’un sac à dos rempli d’expériences- clés représente tout un bagage pour l’avenir…. Elle en est maintenant certaine et fait confiance à son enfant. La curiosité intellectuelle mariée au plaisir développé chez Jade restera toujours un fondement de la motivation d’apprendre.
Dans le but de supporter les responsables de garde dans l’appropriation des expériences-clés, Céline Perreault enseignante en techniques d’éducation en service de garde au Cégep Régional de Lanaudière à L’Assomption donne des formations pour l’utilisation des expériences-clés auprès de groupe multiâge.
Pour la contacter pierreetceline@videotron.ca
Vous pouvez trouver la nomenclature des expériences-clés dans le tome 1 Jouer c’est magique, programme favorisant le développement global des enfants, Publication du Québec, gouvernement du Québec, 1998, 158 pages.

Des idées avec presque rien !

Des idées avec presque rien !
Des objets de maison qui développent la créativité de l’enfant

 

Solange se questionne sur la pertinence des apprentissages avec des objets usuels. Elle se demande si elle doit laisser l’enfant expérimenter un objet sans valeur éducative pour l’adulte et si oui, comment peut-elle amener l’enfant à faire des découvertes avec un simple rouleau de papier de toilette ? De plus, elle voit mal comment elle peut assurer la sécurité dans son groupe avec ce type matériel.

Quoi de plus intéressant pour l’enfant de découvrir et d’expérimenter un objet qui n’est pas un jouet et de le rendre stimulant en le manipulant. Qui n’a pas observé un enfant jouer avec du papier d’emballage, des rubans et des choux dans un dépouillement d’arbre de Noël.

L’adulte trouve parfois étrange de voir un enfant s’amuser avec si peu. L’utilisation du matériel usuel permet de multiples apprentissages et ce pour tous les âges. Les raisons sont simples : le matériel que l’enfant retrouve dans son quotidien ne lui impose pas de modèle de jeu, il s’amuse à sa façon, selon ses goûts et intérêts et avec peu de consignes.

À l’opposé, avec un casse-tête, par exemple, l’enfant doit suivre des consignes pour vivre du succès. Il doit mettre chacune des pièces dans le bon encastrement. Pour réussir le casse- tête l’enfant doit avoir de la motricité fine, de l’attention et de la concentration.

Ces acquis peuvent aussi se développer dans des jeux dont lui seul sera l’initiateur. Si vous observez deux enfants du même âge s’exercer à jouer avec des boîtes, l’un peut avoir de l’intérêt à monter et descendre de la boîte et l’autre peut simplement mettre et enlever des objets de la même boîte.

Le plus vieux peut prendre la boîte pour en faire un garage pour ses voitures. Sans modèle de jeu, chacun exploite à sa façon l’objet avec plaisir. L’objet usuel permet à l’enfant de développer sa motricité fine, son attention et sa concentration tout autant qu’un casse -tête. Par son utilisation unique, l’enfant exploite sa créativité et fait des apprentissages à son rythme.

Le jeu ou le jouet acheté a aussi une valeur importante dans le développement de l’enfant. Il lui permet de suivre des règles et consignes pour vivre du succès, il lui propose un modèle qui lui permet de développer des attitudes d’imitation. Mais le fait d’intégrer des objets usuels à votre matériel de jeu déjà en place permettra de faire évoluer le jeu de l’enfant.

Par exemple, enlever les différents jeux de construction dans votre coin bloc et ajouter une quantité importante de boîtes de souliers avec les camions et les voitures. Ce changement apportera une tout autre dimension dans le jeu de l’enfant.

Travailler avec des objets usuels demande à l’éducatrice de faire confiance aux idées d’exploration de l’enfant. Elle doit également prendre le temps d’observer l’enfant et alimenter ses jeux par du matériel peu exploité par le milieu. Prenez le temps de vous demander avant de mettre un objet à la poubelle: comment l’enfant pourrait réinvestir cet objet dans son jeu ? Le simple fait de mettre l’objet interdit à la disposition des enfants vous permettra de voir comment ils ont des idées plein la tête avec presque rien. Vous apprendrez de vos petits. Osez mettre votre créativité au service des enfants, ils y gagneront en stimulation !

Mais attention, la sécurité est de rigueur. Puisque les objets usuels ne sont pas testés par le consommateur, il est parfois difficile d’anticiper la façon dont l’enfant jouera avec le matériel. La présence de l’éducatrice est essentielle pour la sécurité de l’enfant.

Permettez-vous d’expliquer aux parents l’utilisation des objets usuels dans votre espace de jeu. Pour un parent, voir son enfant s’amuser avec des couvercles de pots de bébé, lui confirmera qu’un objet de jeu usuel peut tout aussi bien être éducatif qu’un jouet acheté en autant que son enfant y trouve une utilité bien à LUI avec un adulte pour l’accompagner dans ses découvertes juste pour LUI.