Quand nos valeurs divergent

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Les valeurs sont des principes moraux qui guident notre façon de réfléchir et d’agir. Elles proviennent de la famille et de la société dans laquelle nous avons évolué, des amis que nous avons côtoyés, de la formation que nous avons étudiée, des emplois que nous avons exercés. Comme les valeurs sont souvent bien ancrées à l’intérieur de nous, il arrive qu’elles provoquent des conflits entre des personnes. Comment alors s’en sortir?

Les valeurs éducatives

La façon d’éduquer des enfants varient d’une famille à l’autre et d’une éducatrice à l’autre. Cependant, elles peuvent se regrouper selon 4 styles d’intervention : le style autoritaire, le style démocratique, le style bienveillant et le style permissif. Dans le style autoritaire, c’est l’obéissance qui est prioritaire. Les valeurs qu’on y retrouve sont principalement la discipline et le respect de l’autorité. Dans le style démocratique, c’est l’intégration de bons comportements et de bonnes attitudes via l’apprentissage qui est mis de l’avant. L’autonomie, le respect de soi et des autres ainsi que la discipline sont les valeurs privilégiées. Dans le style bienveillant, on met de l’avant le développement harmonieux de l’enfant, tant à l’intérieur de lui que dans ses relations interpersonnelles. Pour ce faire, l’adulte s’intéresse aux pensées et aux émotions de l’enfant et lui communique les limites sociales et sécuritaires sous forme d’explications et de discussion. Les valeurs mises de l’avant ici sont l’amour de soi et des autres, la confiance, l’entraide, la communication, le respect et l’autonomie. Finalement, le style permissif favorise le plaisir et le bien-être dans le développement de l’enfant. Il met l’emphase sur l’estime de soi et la confiance en soi chez les enfants, au détriment souvent de la connaissance et du respect des limites. Les valeurs privilégiées sont alors l’épanouissement personnel, le plaisir et le bien-être. De nombreuses études ont démontré les retombées plus positives du style démocratique et du style bienveillant par rapport aux styles autoritaire et permissif.

 

Des rôles compatibles

Le parent et l’éducatrice ont des rôles qui à première vue peuvent sembler différents mais qui se rejoignent. Par exemple, ils ont tous les deux à cœur le développement de l’enfant. Ils ont pour mandat de s’assurer de son bien-être, de son développement optimal et de ses attitudes interpersonnelles. En ce sens, ils devraient être partenaires. Leurs objectifs sont les mêmes mais ce qui cause parfois des conflits, est l’emphase mise sur la façon d’atteindre ces mêmes objectifs. Les valeurs, d’ailleurs, pavent la voie à la manière d’atteindre ces mêmes objectifs. Maintenant conscients que ce qui vous rassemble est plus important que ce qui vous divise, je vous suggère d’identifier, que vous soyez parent ou éducatrice, ce que vous priorisez dans l’éducation de l’enfant. Tâchez de reconnaître le style qui vous ressemble le plus et les valeurs qu’il sous-tend. Il est alors possible de prendre rendez-vous avec l’autre parti pour discuter de ce qui vous rejoint et des différences que vous avez. Il n’est pas facile d’avoir un échange de qualité dans le cadre de la porte alors qu’il y a des enfants et des parents autour. Insistez davantage sur ce que vous avez en commun et tentez de trouver un accord sur ce qui vous distingue.

Des rôles différents

Malgré tout, il n’en demeure pas moins que vos rôles sont aussi différents. Le parent a le dernier mot sur l’éducation qu’il souhaite donner à son enfant à la maison, en autant que le développement de son enfant ne soit pas compromis au sens de la loi (Loi de la Protection de la Jeunesse, LPJ). Par contre, dans le milieu de garde, c’est davantage l’éducatrice qui, en fonction de sa formation et de son expérience de travail, privilégie certaines lignes directrices d’intervention auprès de l’enfant. Les connaissances de chacun sont aussi différentes. Le parent connaît son enfant depuis son moment de conception. Il connaît son évolution, les difficultés qu’il a rencontrées, les personnes qui l’ont côtoyé, sa personnalité, ses forces et ses défis. L’éducatrice connaît l’enfant depuis moins longtemps et ne possède souvent pas les informations permettant de se faire un portrait global de l’enfant. Par contre, au quotidien, elle passe davantage de temps avec l’enfant que ses parents et elle le voit évoluer dans un milieu de socialisation. Cela lui permet d’avoir un point de vue différent sur l’enfant.

En conclusion, pour que tout se passe bien, il est essentiel de vous situer en tant que parent ou éducatrice quant à vos valeurs éducatives et le style d’intervention qui y correspond. Échangez dans un moment qui vous est dédié sur vos attentes respectives quant à l’enfant et quant à l’autre parti (le parent ou l’éducatrice). Gardez en tête que vous êtes une équipe pour le mieux-être de l’enfant. Soyez également respectueux des champs de compétences de chacun et partagez entre vous l’information. Si vous y mettez chacun du vôtre, c’est l’enfant qui, en bout de piste, s’en retrouvera gagnant!

 

Geneviève Parent M.A.

Sexologue, psychothérapeute et conseillère parentale

Comment faire la transition d’une éducatrice à l’autre pour le parent ? (Lettre d’une éducatrice à un parent)

Par Sylvie Garceau, enseignante TÉE

Objet: Bâtir un lien de confiance entre l’éducatrice et le parent.

Bonjour à toi cher parent et partenaire,

Au cours des derniers jours, j’ai appris que ton enfant aura bientôt une nouvelle éducatrice.  Rassure-toi, toute notre équipe a le désir d’établir un partenariat avec les familles dans le but de favoriser le bien-être de tous.  Continuer la lecture de Comment faire la transition d’une éducatrice à l’autre pour le parent ? (Lettre d’une éducatrice à un parent)

Portrait de la relation chaleureuse et significative entre l’enfant et l’éducatrice

Le programme éducatif Accueillir la petite enfance[1] stipule clairement qu’une des dimensions de qualité d’un milieu éducatif est « la qualité des interactions entre le personnel éducateur ou les RSG et les enfants ». Plusieurs recherches démontrent l’importance des relations positives de confiance entre l’enfant et son éducatrice. On observe en effet chez les enfants ayant bénéficié d’une relation sécurisante avec leur éducatrice un meilleur contrôle de soi, une plus grande autonomie, plus d’empathie, de meilleures habiletés dans la négociation lors des conflits interpersonnels. Ils explorent davantage et sont capables d’aller chercher de l’aide quand ils sont en détresse. Cet attachement est source de résilience.[2] La relation positive entre l’éducatrice et l’enfant est aussi reconnue comme un facteur favorisant la coopération, la motivation et le succès à l’école.[3] Nous savons toutes qu’une relation chaleureuse et significative est le préalable essentiel à toute intervention éducative auprès des enfants à défi. Nous connaissons les ingrédients de l’art de prendre soin. Il s’agit de l’accueillir tel qu’il est, de tenter de décoder ce qu’il nous exprime lorsqu’il éprouve de la difficulté et ce pour répondre le plus adéquatement possible à ses besoins. Plusieurs moyens de mise en relation contribuent à la création de la relation : la proximité, le langage adapté, le soutien face aux défis, l’encouragement, la disponibilité, la prédictivité.

Les caractéristiques de l’enfant, de l’adulte et le contexte de la relation pourront expliquer les variations dans les relations éducatrice-enfant. Les enfants affectueux et exigeants récoltent plus d’attention et de réponses à leurs questions que les enfants peu expressifs et retirés.[4] Les enfants qui ont passé plus de 12 mois avec la même éducatrice sont plus susceptibles de développer un attachement sécure avec elle et ce plus particulièrement avec les enfants de moins de 3 ans.4 Plus l’enfant de 4 ans a changé souvent d’éducatrice plus il se montre agressif.4 Le personnel formé répond mieux aux besoins des enfants.[5]

La représentation que se fait l’éducatrice de sa relation avec l’enfant peut aussi influencer cette relation. D’ailleurs, l’échelle d’évaluation ECERS en environnement préscolaire juge positivement le fait que la qualité du service de garde, « le personnel semble heureux en présence des enfants. »

Comment reconnaitre une relation éducative positive? Dunham et Burton2 (p. 45) énumèrent les signes d’un attachement éducatif positif :

  • L’enfant demande de l’aide
  • L’enfant fait référence à son éducatrice pour se sécuriser ou régler un conflit. « Je vais le dire à X » ou « X a dit Non! »
  • L’enfant se montre content lorsqu’il retrouve son éducatrice après une absence
  • L’enfant dessine des adultes en interaction avec lui
  • L’enfant démontre de l’affection
  • L’enfant éprouve du plaisir et recherche l’interaction avec l’adulte et les autres enfants.

Dans la relation positive, il y a d’abord la confiance. On constate au quotidien la confiance que l’enfant ressent pour son éducatrice. Il va vers elle pour se recharger émotivement lors des séparations du matin, des changements, des conflits. Elle est son refuge lorsqu’il est fatigué, triste, excité. Il s’abandonne dans ses bras. L’enfant ne craint pas de fragiliser le lien par ses maladresses sociales, ses gestes impulsifs. Il se sait compris et accompagné. Cette conviction dans la solidité du lien permet à l’éducatrice de rester constante dans ses attentes, de ne pas vivre de l’ambivalence face aux frustrations inévitables qu’elle peut lui faire vivre. La discipline est faite de bienveillance. L’éducatrice est capable de parler positivement de l’enfant, se montre enthousiaste devant les efforts, les découvertes de l’enfant. On peut évaluer objectivement une relation par la proportion d’interactions positives (encouragements, soutien, sourire …) par rapport à l’ensemble des interactions avec l’enfant. Si sur 10 échanges verbaux, 8 relèvent de la réprimande, il est difficile d’imaginer que l’enfant ressente du plaisir.

Les relations ont une histoire et sont tissées de souvenirs d’expériences et de moments partagés. Certains enfants continuent de s’informer de leur éducatrice après qu’ils aient quitté le groupe. D’autres parlent fièrement à leur nouvelle éducatrice des activités ou privilèges dont ils profitaient avec l’éducatrice de l’année précédente. Ils se souviennent. Comme vous, je me souviens de certains enfants turbulents ou inventifs qui ont contribué à développer mes compétences. Je vous en parle le cœur attendri et le sourire aux lèvres.

Sylvie Bourcier Intervenante en petite enfance

[1] Accueillir la petite enfance. Le programme éducatif des services de garde du Québec. Gouvernement du Québec. Ministère de la famille et des aînés. 2007. p. 7.

[2] Denham, S.A, Burton, R., 2003, Social and emotional prevention and intervention programming for preschoolers. Klumer Academic/Plenum Publishers, p. 41.

[3] Joseph, G.E., Strain, P.S. Building positive relationships with young children. University of Illinois. The center on the social and emotional foundations for early learning. csefel.uluc.edu.

[4] Elicker, N., Fortner-Wood, C. (1995) Adult-child relationship in early childhood program for young children.

[5] Enquête Grandir en qualité. Recension générale des écrits sur la qualité des services de garde. Juin 2003. Famille et enfance. Gouvernement du Québec.

Blâmer l’imitateur ou l’instigateur

Quand un enfant 3 ans fait une bêtise en imitant un autre de 5 ans dois-je le réprimander ou seulement punir l’instigateur du méfait?

Même si la bêtise a été imitée d’une action d’un plus grand, la mauvaise action demeure un geste à blâmer. Les deux enfants doivent donc être repris puisque, derrière chaque règle, il y a une valeur éducative que l’on veut transmettre aux enfants. L’éducation consiste non seulement à inculquer des valeurs mais aussi à développer chez l’enfant sa propre conscience. La règle d’or chaque enfant est unique s’applique aussi au niveau de la discipline; chaque enfant doit être jugé par rapport à lui-même. D’ailleurs, on ne peut développer le sens des responsabilités de nos enfants en excusant des gestes sous prétexte que ce sont des imitations.

Avant d’intervenir, vous pouvez vous questionnez à savoir si c’est-ce la première fois qu’il agit ainsi? A-t-il progressé dans sa capacité de se contrôler et ce n’est qu’une rechute? Est-ce là un moyen pour attirer l’attention de l’adulte ou encore pour être reconnu et apprécié de l’instigateur de la bêtise?

Quoiqu’il en soit, l’imitateur doit se faire rappeler que son comportement est fautif pour tel ou tel motif et surtout qu’il doit faire ses propres choix. Si cette attitude d’imitation est observée souvent, il devient impérieux de soutenir l’enfant à prendre des initiatives, à développer une confiance en lui, à reconnaître les bons choix à émettre des idées originales. Ainsi fort d’une bonne estime, il aura confiance en son propre jugement et il évitera ainsi d’être blâmé pour des gestes qui ne proviennent pas de ses propres initiatives.

Les aimer oui, vouloir jouer à la mère, non!

Dans notre travail, nous accueillons des enfants qui s’attachent à nous. Comment faire pour ne pas trop s’attacher aux enfants des autres ? C’est particulièrement difficile de me séparer d’un enfant surtout lorsque la mère me semble plus ou moins présente.

L’éducatrice a un rôle tutélaire et éducatif. Elle ne remplace pas la mère. Elle n’est que de passage dans la vie de cet enfant qui lui a été délégué par la mère. Il ne faut pas que les désirs maternels de l’éducatrice soient projetés sur les enfants dont elle s’occupe. Si l’éducatrice soigne l’enfant, l’accompagne en lui parlant de ses parents, en le situant au cœur de sa vraie réalité familiale, elle lui évite les déchirements de la séparation. « Non, je ne suis pas ta maman. Ta maman c’est Suzanne. C’est elle qui sait le mieux être ta maman. » Le détachement se fera sur le mode de la relation éducative et non dans la relation fortement investie de l’attachement parentale.

L’éducatrice qui aime l’enfant comme une mère peut avoir tendance à juger la mère de l’enfant. Elle se considère comme celle qui sait ce qui est le mieux pour l’enfant et considère peu à peu la mère comme incompétente.

Dites-vous que pour l’enfant c’est sa mère qui soigne mieux, qui fait le mieux, qui sait le mieux être SA maman quelque soit ses façons de faire. Cet enfant est l’enfant de cette femme et de cet homme, c’est sa réalité, c’est son identité. Il doit être accepté et aimé comme un être humain tel qu’il est et quelque soit son origine, sa famille.

L’enfant nous «nous éduque aussi»

Être un parent aujourd’hui est tout un défi. Les deux parents sont interpellés par les exigences du travail. Les pressions sont fortes et quelques fois l’enfant nous paraît comme une charge additionnelle ou une source de tension. Notre engagement parental invite à tant de sacrifices, de dévouement que l’on perd parfois de vue les moments de plaisir, de tendresse. Nous oublions que l’enfant grandit avec son parent qui grandit aussi avec lui. Non seulement, l’enfant suscite des remises en question mais il éveille en nous des forces et des qualités. Il nous permet de devenir une meilleure personne.

En nous prenant comme témoins de ses découvertes, il nous amène à reprendre contact avec la richesse du monde sensoriel. Le nez plissé du petit nous remet en contact avec l’odeur sucrée ou salée.

En nous imposant son rythme biologique, il exige de nous une restructuration de notre horaire du couple ou de la famille qui impose altruisme et discipline personnelle. Adieu les soirées qui s’éternisent entre adultes, les petits matins des enfants requièrent notre présence.

En explorant innocemment, il nous demande de partager notre espace en aires sécuritaires ou réservées. Les bibelots ne peuvent plus être exposés sur la table à café. L’intimité de la chambre à coucher n’est plus ce qu’elle était et attention aux petits curieux.

En faisant preuve d’autonomie, il nous fait vivre des inquiétudes et nous amène à gérer sur propres peurs. L’araignée ou le ver de terre, sources de dédain, deviennent des bibittes intéressantes.

En nous faisant subir ses colères et ses caprices, il développe notre patience et nous oblige à mettre en veilleuse notre besoin de contrôle ou à mobiliser notre volonté. Le grand défi du parent du terrible enfant de 2 ans se situe dans cet équilibre entre l’imposition de limites et la possibilité d’offrir des choix afin que l’enfant puisse s’affirmer.

En nous confrontant, il nous permet de nous pencher sur nos valeurs morales et de les affirmer. Les «pourquoi je ne peux pas?» ou «c’est pas juste!» nous amènent à justifier la règle et ainsi nous recentrer sur les valeurs que l’on veut léguer à notre enfant.

En nous sollicitant dans ses jeux, il réactive notre imagination et notre créativité. Nous devons nous dégager de la concrétude pour devenir tantôt le dragon, le pompier, la princesse, la sorcière ou le père Noël.

Par ses sourires, ses câlins, ses mots tendres, il nourrit ce que nous avons de plus beau en nous, l’amour.

Les bons coups dans les milieux en 2006

Pour commencer la nouvelle année, j’ai pensé vous faire connaitre les découvertes que j’ai faites en 2006 dans les milieux. J’ai vu et entendu beaucoup de belles et bonnes choses qui se font dans les CPE des régions de Laval et Lanaudière. Le travail d’éducatrice est trop souvent peu valorisé pour que je passe sous le silence ce que j’ai pu observer durant la dernière année. Malgré le vent de changement dans le monde de la petite enfance, plusieurs éducatrices ont réussi à garder quand même le cap sur les tout-petits. En se souciant de leur développement et leur stimulation, elles ont su mettre en place des outils pour mieux intervenir et rendre le milieu plus sécuritaire. Des moyens créatifs, ingénieux et peu couteux ont été mis en place pour répondre aux besoins des enfants. Les bons coups sont ceux dont j’ai eu l’occasion de voir lors de mes supervisions de stage, mes formations et de mes rencontres avec les éducatrices de différents milieux de garde. Il est certain, que bien d’autres belles choses se font dans nos milieux au Québec dont je n’ai pas eu l’occasion de visiter. Notre site est une belle façon de faire un clin d’œil sur vos bons coups. Je vous invite donc, à nous faire parvenir vos idées, vos moyens, vos projets pour en faire bénéficier d’autres éducatrices. L’ouverture à ce qui ce fait ailleurs repousse nos limites, valorise l’auteur dans ses idées et permet à l’enfant de se développer dans le plaisir. En voici donc des exemples.

1. J’ai eu l’occasion de voir dans un milieu de la région de Lanaudière une stagiaire qui avait développé un outil pour la résolution de problème avec un groupe de 4 ans. Elle avait accrochée après une ganse de son pantalon des petites cartes (un jeu de 4 petites images) qui suggéraient à l’enfant en conflit des solutions. De cette façon, elle permet à l’enfant de vivre de la réussite dans des situations plus difficiles, de faire des choix qui lui convient, de développer l’autonomie, d’utiliser la parole au lieu des coups. L’expérience a été un succès. Cet outil, peut être d’une grande utilité au parc ou dans la cour lorsqu’il a beaucoup d’enfants. Il n’est pas toujours facile de tout voir, ce trousseau de cartes permet à l’enfant d’aller vers l’adulte et trouver lui-même des solutions. Une idée d’Émilie Hallé stage 2 Cégep l’Assomption.

Les_bons_coups_dans_les_milieux1 Les_bons_coups_dans_les_milieux2

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2. Une belle faço n de rééquilibrer les énergie s avec ce jeu d’éponges. En effet, une éducatrice a développé une façon de recentrer l’enfant sur lui après une grande décharge énergétique. Le matériel est facile à trouver, un p lat de plastique transparent et des petits carrés d’éponges. Elle fait quelques trous sur le couvercle et place dans le contenant des petits carrés d’éponges. Le jeu consiste à vider le contenu, remettre le couvercle et incérer les petits morceaux d’éponges dans le contenant par les petits trous du couvercle. Un bel exercice de motricité fine qui demande beaucoup de dextérité manuelle et de concentration. Une idée du CPE Gamin Gamine à Terrebonne

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3. Une éducatrice qui remplace les pauses au CPE Gamin Gamine a trouvé une façon bien à elle d’être significative auprès des enfants. Elle arrive toujours avec sa boîte à chansons. La boîte contient plus d’une cinquantaine de petites cartes sur lesquelles on y retrouve un titre et un dessin qui représente la chanson. Même si elle est seulement 20 à 30 minutes avec le groupe elle en profite pour chanter. Cet outil lui permet de vivre des bons moments en peu de temps avec les enfants.

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4. Tout simple, mais plein de sens. Des couvercles de jus congelé transformés en couvercles sensoriels… C’est une éducatrice à la pouponnière au CPE G amin Gamine qui a eu cette merveilleuse idée pour stimuler la découverte et l’exploration du tout-petit.

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5. Un jeu d’association bien spécial. En effet, des formes de boutons reproduites sur un carton et un petit contenant avec les boutons. Le jeu consiste à replacer le bouton sur la bonne forme. Ce jeu peut faire patienter avant le repas ou permettre aux enfants qui ont terminé une activité de jouer à ce jeu en toute sécurité sans l’aide de l’adulte. Une ingéniosité du CPE Gamin Gamine à Terrebonne.

Les_bons_coups_dans_les_milieux76. Voilà un outil de langage très pertinent réalisé par le CPE Gamin Gamine à Terrebonne. À l’aide de couvercles de jus congelé, mettre des images différentes des deux côtés. Une canne à pêche jouet ou simplement un bâton avec corde et aimant pour facilité la prise. Le jeu consiste à pêcher un couvercle et de nommer l’image. Plusieurs variantes possibles peuvent rendre ce jeu stimulant. Par exemple, faire une histoire avec les couvercles, un jeu de loto avec deux images pareilles à attraper, mettre les photos des enfants sur les couvercles de jus et en faire une histoire rigolote.

7. Une éducatrice eLes_bons_coups_dans_les_milieux8n milieu familial a développé un coin grand avec très peu d’espace. Le groupe d’enfants était constitué de 4 bébés de 15, 17 et deux enfants 18 mois et un grand ami de 3 ans 1/2. Les journées pour le plus vieuxétaient de plus en plus difficiles pour lui. En effet, il n’arrivait pas à se concentrer sans qu’un petit explorateur s’improvise dans ses jeux. La réaction était automatique des
cris et des pleurs suivis même parfois par des coups portés sur le petit. Les interventions négatives se multipliaient. Devant une telle situation, l’éducatrice a eu la bonne idée de créer un coin grand en hauteur. Un simple comptoir de cuisine avec armoire intégrée sur le côté et une espace en dessous pour y mettre un caisson à trois tiroirs. Une chaise style bistro pour permettre à l’enfant d’être plus haut pour bricoler, faire des jeux de table, du dessin des lego et bien d’autres choses. À vous de faire l’expérience. Une idée de Julie Perreault dont le service de garde en milieu familial est situé à Mascouche.

Les_bons_coups_dans_les_milieux98.Le CPE La Marmaille de Laval a trouvé une façon bien à eux de gérer les arrivées et les départs. À l’aide d’une plaquette métallique et de petites bandes aimantées où le nom de l’enfant est inscrit l’éducatrice peut mieux assurer la sécurité des enfants. Chacune des bandes est placée à l’endos de la plaquette, lorsque le parent arrive au service de garde le matin il met le nom de son enfant sur le dessus de la plaquette pour signaler sa présence. Lorsqu’il quitte le soir, il replace la bande aimantée à l’endos de la plaquette pour aviser de son départ. Cette façon de fonctionner évite bien des soucis pour les éducatrices et implique le parent à la sécurité de son enfant.

 

En espérant vous avoir fait partager mes trouvailles et susciter chez vous de l’intérêt.
Notre objectif est de favoriser du temps de qualité et ce dans le plaisir.

L’enfant nous éduque aussi

Être un parent aujourd’hui est tout un défi. Les deux parents sont interpellés par les exigences du travail. Les pressions sont fortes et quelques fois l’enfant nous paraît comme une charge additionnelle ou une source de tension. Notre engagement parental invite à tant de sacrifices, de dévouement que l’on perd parfois de vue les moments de plaisir, de tendresse. Nous oublions que l’enfant grandit avec son parent qui grandit aussi avec lui. Non seulement, l’enfant suscite des remises en question mais il éveille en nous des forces et des qualités. Il nous permet de devenir une meilleure personne.

En nous prenant comme témoins de ses découvertes, il nous amène à reprendre contact avec la richesse du monde sensoriel. Le nez plissé du petit nous remet en contact avec l’odeur sucrée ou salée.

En nous imposant son rythme biologique, il exige de nous une restructuration de notre horaire du couple ou de la famille qui impose altruisme et discipline personnelle. Adieu les soirées qui s’éternisent entre adultes, les petits matins des enfants requièrent notre présence.

En explorant innocemment, il nous demande de partager notre espace en aires sécuritaires ou réservées. Les bibelots ne peuvent plus être exposés sur la table à café. L’intimité de la chambre à coucher n’est plus ce qu’elle était et attention aux petits curieux.

En faisant preuve d’autonomie, il nous fait vivre des inquiétudes et nous amène à gérer sur propres peurs. L’araignée ou le ver de terre, sources de dédain, deviennent des bibittes intéressantes.

En nous faisant subir ses colères et ses caprices, il développe notre patience et nous oblige à mettre en veilleuse notre besoin de contrôle ou à mobiliser notre volonté. Le grand défi du parent du terrible enfant de 2 ans se situe dans cet équilibre entre l’imposition de limites et la possibilité d’offrir des choix afin que l’enfant puisse s’affirmer.

En nous confrontant, il nous permet de nous pencher sur nos valeurs morales et de les affirmer. Les «pourquoi je ne peux pas?» ou «c’est pas juste!» nous amènent à justifier la règle et ainsi nous recentrer sur les valeurs que l’on veut léguer à notre enfant.

En nous sollicitant dans ses jeux, il réactive notre imagination et notre créativité. Nous devons nous dégager de la concrétude pour devenir tantôt le dragon, le pompier, la princesse, la sorcière ou le père Noël.

Par ses sourires, ses câlins, ses mots tendres, il nourrit ce que nous avons de plus beau en nous, l’amour.