Comment je peux stimuler le tout-petit à la marche ?

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Comment peut-on stimuler le développement de la marche dans un contexte de sécurité tout en favorisant son autonomie ?

Plusieurs guides sur la marche existent afin de stimuler le tout-petit à la marche. Certains offrent des exercices à faire avec l’enfant pour renforcir son tonus musculaire, d’autres proposent de faire marcher l’enfant à l’aide de l’adulte. Malgré ce déploiement d’exercices, le décideur reste toujours l’enfant. Des objets de stimulation pour la marche peuvent être tout aussi efficaces et respectent davantage l’enfant dans cette acquisition d’habileté motrice. L’enfant peut l’exploiter à son rythme et à sa façon sans nécessairement l’aide de l’adulte. En voici un exemple:
Matériel
Pôle de rideau en bois à bouts arrondis, fixé au mur à la hauteur des épaules de l’enfant en position assise. De préférence, mettre la pôle à rideau en dessous ou près d’une fenêtre pour encourager l’enfant à s’exercer soit par l’attrait de voir à l’extérieur.

Objectif

  • Amener l’enfant à se soulever à l’aide de la pôle.
  • Amener l’enfant à exercer des étirements à l’aide de la pôle.
  • S’exercer à se ternir debout et à s’asseoir.
  • S’exercer à rester des périodes plus ou moins longues debout à l’aide la pôle.
  • Se déplacer avec appui à l’aide de la pôle.
  • Se tenir avec une main et se pencher pour prendre des objets au sol.
  • Se balancer à l’aide de ses deux mains à l’aide de la pôle.
  • Exercer son équilibre.
  • Développer sa confiance en soi.
  • Partager la pôle à rideau avec un autre ami.

Utilisation

  • Suspendre des pochettes avec des objets à l’intérieur, pour permettre au petit de faire des découvertes.
  • Permettre aux plus petits de manipuler des objets suspendus sur la barre.
  • Profiter de ce que l’enfant peut voir à l’extérieur lorsqu’il se tient après la pôle pour lui nommer ce qu’il voit.

D’autres utilisations peuvent être faites avec cet objet, la personne la mieux placée pour nous le démontrer reste l’utilisateur… bien sûr l’enfant.
Bonne marche!

Je t’aime, tu m’aimes, il m’aime

Comment exploiter des activités sur l’amour à la ST-VALENTIN ?

La ST-VALENTIN est une journée particulière pour souligner l’amour que nous ressentons pour les gens qui nous entourent. Nous pouvons exprimer notre amour à ceux que l’on aime par des mots, des gestes, des regards tendres, un cadeau, une attention particulière ou encore en se réservant du temps de plaisir. Nous témoignons notre amour au quotidien mais désirons l’exprimer de façon particulière à la St-Valentin.

Pour les enfants, cette fête n’a pas de sens sans la présence de l’adulte. Mais comment le faire lorsque nous avons des petits et des grands? Il est certain que pour le petit de 18 mois et le grand de 4 ans les attentes ne doivent pas être les mêmes. Le bébé découvre l’amour à travers les soins quotidiens, la réponse à ses besoins de base et la qualité de la relation que l’adulte établit avec lui. Quand à l’enfant de 2 ans à 6-7ans, l’amitié se construit à travers les intérêts de jeu et le plaisir partagé avec l’autre.

Pour le bébé, le trottineur ou le grand de 3-4 ans, l’essentiel demeure dans l’élan chaleureux et significatif que l’adulte à su bâtir avec les sourires, les câlins, les encouragements et la réconciliation. Il se sent aimé, il se sent aimable ce qui développe chez lui son estime de soi. Vos petits gestes quotidiens qui font grandir tous et chacun, pourquoi ne pas les mettre en valeur pour la St- Valentin !!!

Voici des suggestions pour dire à vos valentins et valentines combien vous vous aimez.

Les routines de la ST-VALENTIN :

  • Pendant cette semaine, aménagez vos lieux de repas et de collations avec des objets en lien avec la fête de l’amour : napperons avec des cœurs, verres décorés de cœurs, chandelles en cœur, de la musique sur l’amour, portez un tabler représentant la fête.
  • Offrez aux enfants des cartes de ST-Valentin pour faire patienter lors du dîner.
  • Disposez la nourriture dans une assiette en cœur pour le 14 février.
  • Demandez aux enfants de porter un vêtement rouge pour l’occasion.
  • Utilisez un savon en forme de cœur pour se laver les mains.
  • Permettez à chacun d’apporter un objet de la maison de couleur rouge pour combler le moment d’attente de l’habillage.
  • Offrez des aliments de couleur rouge, en forme de coeur ou une petite surprise pour la collation ou le dîner du 14 février. (Jello, fraises, gâteau en forme de cœur pour dessert, une fondue au chocolat. Etc)


Les activités ST-VALENTIN :

  • Favorisez les contacts entre enfants, les plus grands aident les plus petits pour réaliser une activité.
  • Le jeu de l’âme sœur : des cœurs de différentes couleurs sur petits cartons, coupez le cœur en deux. Distribuez une moitié à chaque enfant. Sur le rythme de la musique, les enfants échangent leur moitié avec les autres, lorsque la musique arrête, il faut trouver notre âme sœur pour reconstituer notre cœur.
  • Fabriquez un jeu de mémoire avec différentes formes de cœur dans des couvercles de jus congelé.
  • Jeu de mémoire avec les photos des enfants du groupe (mettre deux photos dans le jeu par enfant.)
  • Disposez des aimants sur le frigo ou dans une plaque de biscuits en lien avec la St-Valentin.
  • Faites un dé avec une boîte de carton, placer un cœur sur une face du dé Demandez aux enfants de tourner le dé, lorsque celui-ci tombe sur le cœur il faut développer un cadeau. À l’intérieur de la boîte il peut y avoir un petit cadeau pour tous les enfants.
  • Dressez un drap au mur avec un décor de la St-Valentin.( simplement avoir fait des cœurs en peinture) Profitez de cette toile de fond pour prendre les enfants en photos. La photo peut-être mise dans un cadre décoratif et donnée aux parents.
  • Faites un parcours de la St-Valentin, à l’intérieur du parcours les enfants doivent ramasser des cœurs pour ensuite faire un grand collectif.
  • Mettez du rouge à lèvre aux enfants et invitez-les à donner des becs sur une feuille ou dans un miroir.
  • Jouez au cœur à tout, un peu comme le petit cochon. Je dépose un objet symbolisant de la St-Valentin derrière un ami. il doit courir pour attraper l’enfant qui lui a déposé l’objet.
  • Faites des jeux de Kim avec des objets de la fête. Faites observer les objets par les enfants, recouvrez-les avec une couverture et enlevez un objet. Demandez quel est l’objet disparu. Vous pouvez demander à un enfant d’aller choisir l’objet à enlever.
  • Suspendez un drap au plafond dont vous avez découpés des formes de cœurs de différentes grosseurs. Les enfants peuvent jouer à lancer des balles en mousse dans les cœurs. Votre drap peut également servir de division psychologique.
  • Faites des biscuits en forme de coeurs avec les enfants qui pourront- être servis à la collation.
  • Faites des empreintes avec une pomme de terre enduite de peinture.

Les idées proposées favorisent chez les enfants la prise de contacts et elles permettent à chacun d’observer et d’utiliser des objets en lien avec l’amour. Mais aussi valorise des petits gestes souvent peu remarqués mais tellement importants pour le ¨grandir¨ de l’enfant. Profitez de cette fête dans le plaisir avec votre petite marmaille.

Bonne St-Valentin à toutes les valentines et tous les valentins !!!

Un changement de couche investi… une relation qui grandit!

Trop souvent, j’observe des éducatrices exercer le changement de couche sans parler avec le bébé. Des gestes mécaniques et un regard peu orienté sur l’enfant ne permettent pas au petit de créer des liens avec l’adulte. Or, il est souhaitable que ce moment devienne privilégié pour approfondir la relation entre l’adulte et l’enfant. Non seulement le changement de couche répond-il à un besoin physiologique et assure hygiène, confort et sécurité à l’enfant mais il procure aussi des occasions d’apprentissages…

Cette tâche routinière est une belle occasion de prendre contact et de créer une relation d’intimité avec le tout-petit. La proximité du visage de l’adulte ainsi que la rencontre des regards transforment la routine en moment important dans le développement du lien d’attachement. Les habiletés sensorielles et perceptives du jeune enfant facilitent le contact dans ce sens. Il aime suivre les personnes des yeux, localiser les sons, découvrir la notion de distance. Il comprend peu à peu les intonations affectives. Le plaisir que l’éducatrice a d’être avec l’enfant favorise la relation. La sécurité que le petit ressent avec la personne, lui permet de s’abandonner et de se sentir en confiance. L’adulte qui prend soin de son corps lui montre par des gestes doux et chaleureux qu’il est assez important pour lui accorder du temps de qualité. Annoncer la routine en appelant l’enfant par son prénom témoigne qu’il est considéré comme une personne et un partenaire, lui apprend une partielle de son identité et lui permet d’anticiper ce qui lui arrivera. Il a besoin de comprendre les intentions de l’adulte pour être réceptif aux échanges. Ces gestes sont porteurs dans le développement du respect mutuel.

À travers les gestes et la parole de l’éducatrice, l’enfant apprend à être attentif à l’autre, à observer et écouter l’adulte qui lui parle. L’éducatrice peut commenter les réactions de l’enfant (ex: tu me fais des sourires, tu aimes ça avoir des becs sur ta bedaine, etc.).

La collaboration de l’enfant avec la personne qui lui prodigue cette routine est significative. Les gestes deviennent volontaires, sa confiance et son autonomie marquent de plus en plus sa personnalité. Par exemple, il peut tenir sa couche, lever ses fesses pour faciliter le changement de couche, échanger des regards, des sourires. Plus l’éducatrice prend le temps nécessaire pour permettre à l’enfant de participer à la routine, plus il coopère. Il ressent le plaisir sensoriel de la peau propre, le confort d’être lavé, soigné et investi. La patience et la tolérance aux délais font aussi partie des apprentissages. Lorsqu’il est capable d’anticiper ce moment d’intimité avec son éducatrice, il attendra son tour plus facilement. Les rituels favorisent la capacité de l’enfant à voir les séquences des actions.

Nommer les parties de corps de l’enfant est une belle façon de lui apprendre à les reconnaître et les situer dans l’espace. Sur demande, il pointera les parties de son visage et quelques parties de son corps. Le changement de couche offre la possibilité à l’éducatrice de favoriser cet apprentissage lié au développement psychomoteur de l’enfant.

Durant cette période, l’éducatrice doit éviter d’utiliser des objets pour stimuler l’enfant, elle doit davantage être en relation. Lui dire des mots doux, le regarder, lui chanter une petite comptine, nommer les parties de son corps ou lui faire des chatouilles. Voilà de bons moyens pour tisser des liens et susciter l’intérêt pour son monde environnant. Être en relation avec l’enfant plutôt que d’être dans l’action avec des objets est gage de succès dans une relation d’attachement Il existe beaucoup d’autres moments dans la journée ou l’enfant peut agir sur son environnement. Les soins rapprochent et ce tête-à-tête doit devenir un rendez-vous tendre avec le petit.

Dessine-moi… ( ou faire à la place de l’enfant !!!!)

Martin, est éducateur au CPE 3 PETITS TOURS. Depuis quelques semaines, il fait l’accueil du matin. Il console les gros chagrins, rassure le parent inquiet, il installe des coins de jeux qui répondent aux besoins du groupe multiâge. La table à dessin est l’espace très populaire du matin. D’ailleurs, Martin est souvent sollicité par plusieurs enfants pour toutes sortes de commandes. « Peux-tu me dessiner un chien, un bateau, une belle princesse ? « Même le petit Julien 18 mois arrive toujours avec la même demande un GROS…GROS CHIEN…..Martin, passe la période de l’accueil à faire la démonstration de ses talents en dessin. Certains enfants le regardent et disent à Martin : « dessine moi….. »

Cette situation est répandue, mais doit-on répondre à cette demande pour faire plaisir à l’enfant ? ou se faire plaisir ?

Plusieurs raisons motivent l’éducateur (trice) à s’exercer à cette activité. On retrouve par exemple, le plaisir de répondre au besoin de l’enfant, un intérêt personnel pour le dessin, le désir de faire de l’enseignement ou simplement une excuse pour se soustraire d’assurer une présence à tout le groupe d’enfants.

Certes, le rôle de l’éducateur (trice) est bien de répondre aux besoins, de susciter des apprentissages, d’assurer une présence avec le groupe et ce, dans un contexte adapté au développement du jeune enfant. Les talents en dessin de l’adulte peuvent être exploités dans d’autres lieux dans des rapports égalitaires.

Lorsque Martin répond à cette demande, il ne met pas à profit les talents et habilités de l’enfant. Par contre, si c’est l’enfant qui dessine, il exerce la précision de ses gestes par l’autocontrôle de son bras, avant-bras, main et doigts. Il raffine ses mouvements en passant pas la grande motricité vers des gestes plus fins. Ces apprentissages sont des pré-requis pour l’écriture.

Dans l’activité du dessin, je permets à l’enfant de mettre en valeur sa créativité, de lui faire vivre la différence dans sa façon de voir les choses qui l’entourent. Je valorise aussi son sentiment d’identité. Je lui fais prendre conscience de ses capacités. Je reconnais également que pour développer une compétence il faut d’abord la travailler, être encouragé, supporté et surtout trouver une façon de faire qui personnalise qui je suis.

J’ai pu observer que dans de telles situations certains enfants restent inactifs devant une feuille blanche et des crayons. Ils ont appris à attendre, à regarder, à ne faire rien par eux-mêmes. Ils ont atteint un sentiment d’incompétence en se comparant leur production avec celle de Martin. Devant un adulte expérimenté en dessin le défi est trop grand pour un petit apprenti.

Le rôle de Martin est d’amener l’enfant à se développer globalement, de lui faire vivre du succès à sa mesure, dans un contexte de plaisir où l’enfant est au centre de ses apprentissages. Mais comment ne pas décevoir un enfant qui insiste pour qu’on lui dessine un petit chien ??

Martin doit éviter de dessiner devant les enfants. Lorsque l’adulte est concentré à dessiner, il ne peut voir les intentions du petit créateur. Éviter de faire de l’enseignement, l’enfant doit sentir qu’il a le pouvoir de dessiner ce qu’il veut et comme il le veut. Martin doit susciter l’intérêt de l’enfant par des questions ouvertes qui incitent à verbaliser les connaissances qu’il possède. Par exemple, l’enfant demande « Peux-tu me dessiner un chien ? » L’adulte répond « Comment il est le chien? Comment est sa queue ? Les oreilles sont comment ? « L’adulte peut tracer sur une feuille ce que l’enfant lui dit mais avec beaucoup d’hésitation. Il peut alors demander à l’enfant de lui montrer comment il est sonpetit chien. De cette façon, l’adulte guide l’enfant dans son dessin et le petit met dans l’action sa pensée et fait un plus grand apprentissage. Dans un même contexte, il peut être aussi pertinent d’inviter l’enfant à demander à un ami(e) de dessiner pour lui le petit chien. Celui qui rend le service est valorisé dans ses compétences et l’ami(e) qui en fait la demande observe et découvre qu’il est aussi possible de le faire puisqu’un enfant du groupe le fait, le défi est réalisable.

Par contre, lorsque le défi reste difficile pour l’enfant. l’ adulte doit observer des forces dans d’autres domaines enfin de valoriser et encourager la pratique. La présence discrète et chaleureuse donne toute son sens à la relation.

Lorsque Martin prend du temps avec l’enfant, il lui démontre qu’il est assez important à ses yeux pour s’intéresser à lui.

Je l’prends ou pas dans mon groupe?

Céline Perreault, TES

Avril 2011

www.aveclenfant.com

Il est 16h25 au CPE les petites frisettes. Quatre-vingt enfants fréquentent ce CPE à chaque jour. À 16h30,  trois éducatrices quittent. Elles ont terminé leur journée de travail. C’est à ce moment que les enfants doivent être redirigés vers d’autres groupes où les éducatrices quitteront à leur tour progressivement. Théo est un enfant très turbulent. Il bouge rapidement dans le local et aime les jeux de course avec de gros camions. Il est actif. Quand Roxanne voit qu’il va lui être attribué pour la fin de la journée, elle s’exclame : ah non! Pas Théo dans mon groupe! Je n’ai pas le goût aujourd’hui!!!!

Vous êtes surpris… pas autant que Théo!

Qu’est-ce que l’on pourrait faire pour le mieux-être de Théo ou

Comment améliorer la répartition des enfants en fin de journée?

a)     Toujours rediriger les enfants vers la même éducatrice. De cette façon, il poursuit sa journée tout simplement sans s’adapter à nouveau à une éducatrice. La communication entre les deux éducatrices serait facilitée et la qualité des interventions améliorées. Régulièrement, les deux éducatrices pourraient échanger sur les interventions à faire auprès de Théo et en favoriser la cohérence.

 

b)      Faire voyager les enfants en groupe identique d’un soir à l’autre. S’il n’est pas possible d’envisager que la même éducatrice à chaque soir reçoive les mêmes enfants, il serait profitable d’envoyer les enfants en même sous-groupe d’un soir à l’autre. Une solidarité pourrait s’installer entre les enfants et un sentiment d’appartenance serait favorisé par des contacts réguliers et quotidiens. La plupart des enfants agités ont besoin de stabilité  affective. Se retrouver avec ses mêmes petits amis en fin de journée encouragera Théo à s’attacher à ses amis de fin de journée et permettra à certains d’entre eux à mieux le connaître et développer des jeux avec lui.

 

c)      Prolonger le départ des éducatrices en fin de journée : Bien sûr, il faudrait prolonger la journée de l’éducatrice… parfois il s’agit d’ajouter 30 minutes à la fin de la journée pour que la plupart des enfants de son groupe soient partis. Cette éventualité pourrait être étudiée et compte-tenu de la réalité de chaque groupe, des prolongations d’horaire seraient à instaurer. Imaginer si Théo part à 16h45 soit 15 minutes après son éducatrice et qu’à chaque soir il doit s’adapter  pour un court temps à un autre adulte avec ses règles et ses consignes particulières.

d)      Organiser des activités grands groupes pour les fins de journée/ contes, jeux d’exploration, jeux extérieurs etc. :Des jeux spéciaux sont organisés pour la fin de journée comme par exemple,  des jeux d’eau ou de sciences. Habituellement, un enfant agité est stimulé par les jouets nouveaux et renouvelés. C’est probablement ce qui arrivera à Théo. Il aimera les bacs de sciences et peut-être d’eau aussi.

e)      Conscientiser les parents sur l’importance de venir chercher l’enfant le plus tôt possible pour vivre de bons moments en famille. Les jeunes parents doivent être conscientisés à l’importance de jouer avec leur enfant et de vivre la routine des tâches. Par exemple, il serait pertinent d’aller faire son épicerie avec son enfant et lui apprendre les catégories  par exemple. Apprendre avec son parent, c’est gagnant! Théo aime ‘’fortement’’ ses parents. Il gagnerait à vivre de petits rituels avec ses parents comme faire l’épicerie ou aller mettre de l’essence avec un des deux parents. Il y ferait plusieurs apprentissages.

En fin de journée, l’enfant voit tous les parents des autres enfants venir les prendre. C’est un grand défi que de rester tranquille et serein quand l’enfant  voit tous ses amis partir un après l’autre. Les conditions environnementales et humaines doivent favoriser le calme surtout en fin de journée….

La stabilité dans la relation affective est gage de sérénité chez un enfant. Au service de garde, là où la majorité des enfants québécois vivent leur enfance, rappelons-nous que la qualité de nos interventions passe par la cohérence et la constance dans nos gestes auprès de l’enfant. Partant de cette affirmation nous pouvons aussi dire : ‘’Parce qu’elle le connaît mieux, l’éducatrice régulière et stable est plus sensible et répond plus adéquatement aux besoins de l’enfant’’[i].

Prenons le temps de réviser nos pratiques, les enfants s’en trouveront  plus sereins!

 


[i] Hébert, Ginette, Nathalie Hébert, Geneviève Issalys et Caroline Milhomme (2009) Gestion des horaires et de la fréquentation, Montréal, éd. AQCPE, coll. Petit guide pour prendre la route , Projet Odyssée.

Des encouragements descriptifs au lieu de simples félicitations!

Linda Gagnon, psychologue

Mars 2012

www.aveclenfant.com

Lorsqu’un enfant adopte un bon comportement, vit une réussite, réalise des progrès ou fait des efforts, prenons le temps de lui décrire ce que nous jugeons satisfaisant[1].  Ainsi, à un enfant qui vient nous chercher pour nous montrer sa construction de blocs, au lieu de simplement dire : « C’est très bien ou je suis fière de toi », nous pourrions lui mentionner, sur un ton interrogatif : « Je crois que tu es fier de toi d’avoir réussi à construire une si grande tour ».

Pour nourrir le discours intérieur de l’enfant et ainsi favoriser le développement de son estime de soi, il faut miser d’abord et avant tout sur des commentaires qui l’aident à s’évaluer et à se féliciter lui-même.  Ainsi, au lieu de toujours dire ce que nous pensons de ses réalisations, amenons-le peu à peu à identifier et à exprimer son propre sentiment de fierté ou de satisfaction.  En aidant l’enfant à porter des jugements sur ses actions, nous favorisons son autonomie.

En essayant de transformer nos « félicitations » en « encouragements descriptifs », nous acceptons de délaisser notre position d’évaluateur afin d’aider l’enfant à porter lui-même un jugement sur sa personne, ses actions et ses réalisations.

De plus, il faut également avoir l’humilité de reconnaître que nos intentions concernant l’utilisation des félicitations ne sont peut-être pas toujours aussi louables.   Ainsi, lorsque nous nous adressons aux enfants du groupe afin de féliciter Carolane d’avoir rangé ses jeux si rapidement et d’attendre si patiemment, ne leur transmettons-nous pas le message suivant : « Pourquoi, n’êtes-vous pas capable de faire aussi bien que Carolane? ».
Apprenons à nous méfier des félicitations utilisées comme récompenses dans le but de faire obéir les enfants.  Très souvent notre ton de voix, notre attitude trahissent nos intentions ou notre exaspération.  Les enfants ne sont pas dupes.Si notre intention est réellement d’encourager Carolane,  il est préférable de faire une telle déclaration en privé.  Un tête-à-tête avec l’enfant s’avère beaucoup plus bénéfique pour ce dernier.

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Situation : Myriam donne un morceau de pâte à modeler à un camarade.

Félicitation : « Tu es gentille. »

Encouragement :  L’éducatrice aide Myriam à prendre conscience de l’effet de son geste : « Tu as partagé la pâte à modeler avec Jeff.  As-tu vu son sourire?  Il était content. »

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Situation : Jason présente fièrement son bricolage à son éducatrice.

Félicitation : « Je suis fière de toi, c’est super beau! »

Encouragement :  L’éducatrice essaie de mettre des mots sur ses sentiments : « Tu as travaillé longtemps sur ton bricolage.   Je vois que tu as découpé et collé beaucoup de morceaux.  Tu as choisi différentes couleurs.  J’ai l’impression que tu es heureux et fier de toi? »

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Situation : Carolane attend calmement à la table pendant que l’éducatrice prépare le matériel, les autres enfants sont agités.

Félicitation : « J’apprécie beaucoup la patience de Carolane, est-ce qu’il y a d’autres amis  qui sont capables d’être patients?»

Encouragement :  L’éducatrice réalise une intervention auprès du groupe afin de le calmer. Elle mentionne en privé à Carolane : « Merci, Carolane de ta patience. »

 


[1] FIELDS V. Marjorie and Cindy BOESSER.  Constructive guidance and discipline: preschool and primary education.Columbia.  Merril Prentice Hall. 2002. p. 202-205.