Les arts plastiques bien plus que du bricolage!

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Liette Parent, Bac. Enseignement des arts visuels
Novembre 2011

www.avecl’enfant.com

LietteParent

Saviez-vous quand faisant  vivre des expériences créatrices à l’enfant, vous développez chez lui bien plus que sa créativité.

Il est prouvé que les arts plastiques favorisent le développement global de l’enfant: cognitif, psychomoteur, affectif, langagier et social? En plus de stimuler ses facultés d’attention et de concentration. En faisant des activités créatrices avec l’enfant vous toucherez à plusieurs dimensions de son développement, en voici quelques exemples :

LA DIMENSION COGNITIVE

En manipulant plusieurs matériaux, en transformant la matière et en touchant à différentes textures lors de ses  activités en arts plastiques, l’enfant développe ses sens, acquiert  des connaissances et des habiletés nouvelles. C’est une façon pour lui de découvrir le monde qui l’entoure. C’est pour cette raison que le personnel éducateur qui œuvre auprès des enfants a le devoir de présenter des activités créatrices, diversifiées et enrichissantes. Les activités proposées doivent susciter des questionnements, des réflexions chez l’enfant et stimuler son imagination, afin de développer chez lui le sens de la découverte et de la débrouillardise.

LA DIMENSION PHYSIQUE ET MOTRICE

En manipulant divers outils : pinceaux, spatules, ciseaux etc., en laissant des traces dans la matière, en dessinant des formes fermées par exemple,  l’enfant apprend ainsi à contrôler ses gestes à développer sa motricité fine. Les arts plastiques favorisent également le développement des habiletés motrices tel que :  le rythme, la coordination. De plus, chez certains enfants, ces activités pourraient aller même jusqu’à libérer certaines tensions.

LA DIMENSION LANGAGIÈRE

Très souvent, les enfants accompagnent leur dessin de narration. Le dessin peut devenir un bon élément déclencheur, afin d’inciter l’enfant à s’exprimer davantage.  Encouragez le à raconter ce qu’il a dessiné, aidez-le à trouver les bons mots, car c’est aussi une belle occasion pour lui d’enrichir son vocabulaire.  Et  finalement, intéressez-vous à ce qu’il raconte, il se sentira compris et écouté, c’est bon pour pour son estime de soi.

LA DIMENSION AFFECTIVE

Saviez-vous que la pratique du dessin chez le jeune enfant est étroitement liée à cette dimension. Par exemple, chez l’enfant de 3-4 ans le choix des couleurs est purement émotif et reflète son affectivité. L’enfant spontanément aime les couleurs et il peut dessiner une vache rouge tout simplement parce qu’il affectionne cette couleur (C’est une couleur qui le fait vibrer). Et de plus, saviez-vous que chez l’enfant de 4 à 6 ans la représentation d’un objet ou d’un personnage est souvent en corrélation avec la valeur émotive que l’enfant lui donne. Il dessine en gros ce qui est important pour lui,  par exemple les gens qu’ils affectionnent : papa, maman etc. On dit souvent qu’une image vaut mille mots, soyez attentifs aux images que produisent votre enfant, cela peut vous donner de bons indices sur ce qu’ils ressent, mais attention aux interprétations un peu trop hâtives, car ce n’est pas parce qu’il fait un dessin tout en noir qu’il est automatiquement triste ou déprimé,  il faut mettre celui-ci dans un contexte, vérifier d’autres facteurs de son environnement avant d’en tirer conclusion.

LA DIMENSION SOCIALE ET MORALE
Les arts plastiques offrent aussi à l’enfant l’occasion d’apprendre à entrer en relation avec d’autres, à exprimer et à contrôler ses émotions. Dans les activités d’arts plastiques, il est souvent appelé à partager des matériaux, c’est une belle occasion pour lui d’apprendre :  les notions de partage et de respect. (Attendre son tour, sans trop s’impatienter…) L’enfant peut également  apprendre de ses pairs et échanger de bonnes idées avec les autres. Par exemple, lors d’une activité de sculpture, Jérémie se décourage, il se fâche parce qu’il n’arrive pas à faire tenir ses deux morceaux ensemble (Les activités en trois dimensions posent souvent ce type de défi) Encouragez-le à aller voir un ami qui a réussi son collage  «Allez va demander à Émile comment il a fait?» pour ce dernier c’est aussi l’estime de soi qui sera encouragé.

Je vous encourage, donc à faire des activités créatrices avec l’enfant dès son jeune âge et à promouvoir dans votre milieu de garde des activités stimulantes autre que de simple bricolage à partir d’un modèle ou de photocopie. Le but, pour vous, n’est pas de leur montrer que vous êtes capable de faire des chefs-d’œuvres, mais plutôt de leur transmettre le goût d’explorer, de transformer et d’apprendre. Dernier conseil, amusez-vous autant que l’enfant, prenez plaisir à faire ce type d’activité, ne vous mettez pas trop de pression. Et dites-vous que pour lui comme pour vous les habiletés techniques viendront avec l’expérience et la pratique.

 

Et finalement,  je vous laisse sur cette réflexion :  «Tous les enfants sont des artistes. Le problème, c’est de le rester une fois adulte.» (auteur inconnu)

 

Liette Parent (Bac. Enseignement des arts visuels)

Spécialiste en arts plastiques. Je possède de nombreuses années d’expérience dans ce domaine (De la petite enfance à l’âge adulte…). J’offre des formations/ateliers qui s’adressent aux éducateurs(trices) de la petite enfance et aux parents qui sont soucieux de proposer des activités créatrices de qualité qui stimuleront le développement de l’enfant, voici quelques une de mes formations :

  1. «Les arts plastiques un jeu d’enfant: transformer, explorer, découvrir… »
  2. « L’évolution des stades graphiques chez l’enfant»

Voici mes coordonnées :

www.petiteecoledesarts.com (Voir dans la section perfectionnement, pour la description complète de mes formations)

819-205-0654   liette@petiteeecoledesarts.com

Regard sur les enfants d’ailleurs

Holla, la visita, Holla la visita !!! Un accueil bien invitant que nous avons eux auprès de jeunes enfants de 3-5ans. En mai dernier, six étudiantes se sont envolées pour Cuba afin de terminer leur formation de trois ans en techniques d’éducation à l’enfance du Cégep Régional de Lanaudière à l’Assomption. Dans le cadre d’un stage final de deux semaines dans une garderie de la région de la Lisa à Havan ces étudiantes ont été baignées à l’éducation Cubaine.

Que nous soyons à différents endroits dans le monde, il est toujours étonnant de constater que les enfants restent tous les mêmes dans leurs besoins. Le besoin de jouer pour apprendre, de bouger, de se sentir aimé et apprécié par l’adulte qui en prend soins. C’est dans ce contexte, que nous croyons qu’il se développe et fait ses apprentissages. Notre expérience nous a permis d’observer que la façon de répondre aux besoins est bien différente d’un pays à l’autre.

Cuba est un pays avec aucune ressource naturelle. La valeur qu’il accorde à l’éducation est fondamentale, la richesse du pays est avant tout leur cerveau.

Très jeune à la garderie, les enfants sont exposés à des notions de mathématique, d’écriture, de diction, d’histoire du pays etc. Le programme éducatif est bien structuré et inspiré de la Russie dont le premier objectif est le développement cognitif de l’enfant.

Dans ce type de pédagogie plutôt fermée, nous constatons plusieurs différences dans les attitudes et comportements avec les enfants du Québec. Par exemple :

    • Peu de moyens pour résoudre leurs problèmes autres que les coups et les cris.
    • Manque de créativité dans leurs jeux.
    • Difficulté à prendre de l’initiative dans les activités de l’éducatrice.
    • Attente de solutions de l’adulte.
    • Éprouve des limitations dans des jeux simples (casse-tête, mémoire, encastrement) etc.
    • Confronte rarement l’adulte dans son autorité.
    • Incapable de faire des choix.
    • Expose peu leurs besoins à l’adulte.

Regard_sur_les_enfants_d_ailleur_1Il a été étonnant de voir les enfants inactifs lors d’une activité qui demandait d’explorer et manipuler des objets différents dans un sac. Instinctivement ils ont tous pris le sac et ils se sont assis en attente de directives de l’adulte. Après un certain temps, quelques enfants se sont cachés pour regarder le contenu de leur sac. Voyant l’adulte qui encourage ce geste et supporte les découvertes, l’ensemble du groupe a poursuivi dans le même sens.

 

Les éducatrices favorisent davantage :

    • Les apprentissages cognitifs.
    • Les locaux divisés par jeux de rôles
      (la coiffure, la pharmacie, l’hôpital) etc.
    • Les connaissances utiles à la vie courante (les couleurs, les chiffres, la poésie) etc.
    • La danse et le chant.
    • Les objectifs à atteindre selon l’âge.
    • Les activités fermées.
    • Les interventions directives en apportant des solutions dans les conflits que vivent les enfants.
    • Le travail conjoint avec le milieu scolaire.
    • Les interventions à distances.
    • L’horaire est fixe et orienté sur des activités d’apprentissages.
    • Le ratio est de 29 enfants pour un groupe de 3 ans avec deux éducatrices.
    • Les comparaisons pour motiver l’enfant à l’apprentissage.

regard_sur_les_enfants_d_ailleur_2Devant l’activité des sacs à surprises, il a été surprennent de réaliser comment les éducatrices Cubaines éprouvaient de la difficulté à suivre l’enfant dans ses actions tout en respectant la façon de jouer avec le matériel offert. Ils ont demandé quoi faire avec les objets dans le sac ? On donne le nombre de bâtons trouvés dans le sac ? Je demande les couleurs? Je leur dis de remettre dans le sac?

Non, non lui dit une stagiaire. Nous observons ce que les enfants font avec les objets. Ouf quel défi !!!! Nous sommes incapables d’être avec l’enfant et ne rien faire nous ont-elles dites….

Une telle réaction peut nous faire réagir. Mais, devant une aussi grande ouverture à notre pédagogie ouverte nous avons pu faire la démonstration de notre approche. Notre présence dans le milieu a permis au personnel en place d’observer les comportements des enfants dans un contexte plus ouvert, de mettre en application certaines attitudes plus démocratiques, de s’impliquer davantage dans les jeux des enfants tout en constatant le plaisir d’être avec eux.

Une expérience enrichissante pour tous!

Un merci bien spécial à deux stagiaires Roxane Sylvain et Marie-Éve Desrochers  pour leurs observations qui ont permis de faire la rédaction de ce texte ainsi que les photos de l’activité du sac magique.

 

Josée Lespérance

Enseignant

Les plaisirs d’Élaine

Dans l’article précédent, Maryse, une éducatrice avait statué sur différents moyens d’interventions pour aider la petite Élaine. Voyons maintenant, après un mois de mise en application du plan d’intervention, les changements que Maryse a pu observer dans les comportements d’Élaine.

Pour Maryse, et beaucoup d’éducatrices, l’observation est un acte spontané et naturel. Par un simple coup d’œil, elle croit obtenir les informations nécessaires pour bien intervenir auprès des enfants de son groupe. Malheureusement, il en est tout autrement en observation. En effet, l’expérience ne suffit pas pour avoir un portrait juste et global de l’enfant. Il est facile de se tromper en observation puisque nos perceptions font partie de nous et qu’il est donc difficile d’en faire abstraction. Par contre, l’éducatrice peut s’outiller pour recueillir des faits avec le plus d’objectivité possible et ainsi rendre justice à l’enfant qu’elle observe. C’est d’ailleurs grâce une grille d’observation que Maryse a pu constater des changements dans le comportement de la petite Élaine.

L’observation systématique qui consiste à observer l’enfant à l’aide d’une grille n’est pas suffisamment utilisée dans nos milieux de garde. Non pas par manque d’intérêt mais plus par manque de temps. Souvent les grilles proposées sont complexes pour observer globalement un comportement. Il peut être pertinent de travailler avec des outils plus précis pour analyser des problématiques plus difficiles. Par contre, pour mieux connaître le développement d’un enfant, identifier ses acquis et en apprendre plus sur l’enfant, certains outils plus simples à compléter peuvent être intéressants pour l’éducatrice.

L’observation est souvent perçue comme un outil d’intervention auprès de l’enfant plus difficile. Elle peut aussi servir à reconnaître les acquis de l’enfant afin de mieux le stimuler et le soutenir dans ses apprentissages. Dans un groupe, tous les enfants doivent être observés sans exception. Trop souvent l’éducatrice observe uniquement l’enfant qui la préoccupe ou qui dérange. Il est important de planifier et d’organiser une période d’observation dans le cadre de son horaire de travail. Les moments de vie de l’enfant propices à l’observation sont l’accueil, les jeux libres, les routines, etc.

Pour avoir un portait global et identifier l’évolution de l’enfant, il est nécessaire de compléter les grilles de 2 à 3 fois par année, soit de septembre en décembre et refaire le même exercice de janvier en mai. Par souci d’objectivité, il est conseillé de comparer nos données d’observations avec une collègue pour un enfant qui vous questionne davantage. Le but de cet exercice est de vous permettre d’avoir plus juste.

Pour Maryse, observer Élaine dans un contexte de planification lui a permis de voir les forces de l’enfant et de mieux comprendre ses réactions dans différents moments de vie. C’est à l’aide d’une fiche d’observation type que Maryse a pu découvrir que la petite Élaine vivait des difficultés dans les changements durant la journée.

Pour chacun des moments de vie tel qu’il est présenté sur la fiche d’observation, l’éducatrice peut noter des éléments sur le développement de l’enfant, sa relation avec les autres (parents, enfants, éducatrice), ses intérêts et goûts pour le jeu, ses réactions, ses attitudes, son tempérament, son autonomie et sa capacité d’adaptation.

Exemple de fiche d’observation(1)

Ce sont des pistes qui permettent à l’éducatrice d’orienter ses observations. Par exemple, il est possible de voir à l’accueil: l’attachement de l’enfant à son parent, la sécurité ou l’insécurité de l’enfant face au CPE, les attitudes éducatives parentales, l’opposition de l’enfant envers son parent, l’autonomie de l’enfant, sa capacité de rentrer en relation avec ses pairs, son adaptation, sa disponibilité affective. Cette fiche peut être complétée de 2 à 3 fois pour chacun des enfants pour obtenir un portrait plus complet de l’enfant. À la suite de l’exercice, si l’éducatrice remarque chez l’enfant une difficulté, elle peut poursuivre ses observations en complétant une fiche d’observation davantage ciblée sur certains comportements de l’enfant.

Exemple de fiche d’observation (2)
Avant de qualifier un comportement d’inadapté, il est nécessaire de se questionner sur l’intensité, la fréquence et la durée du comportement. Elle ajoutera ainsi des informations telles que: antécédent, qu’est-ce qui se produit avant le comportement, la description du comportement de façon claire et précise ainsi que la description de ce qui arrive après la manifestation du comportement.

L’utilisation de ces grilles permet à l’éducatrice de voir les choses plus objectivement en évitant de généraliser les faits et de porter des jugements; par exemple, elle ne joue jamais avec les autres, il pleure toute la journée, il fait toujours mal aux autres, etc. Ces interprétations viennent teinter nos attitudes avec l’enfant.

Maryse réalise qu’observer est bien plus que regarder. C’est voir, bien voir, entendre, bien entendre, mais surtout éviter les interprétations. Rendons justice à l’enfant dans nos observations, en lui permettant de se faire connaître tel qu’il est. Sachez qu’une grille d’observation vaut bien des interprétations….

Petite référence qui peut être utile dans votre démarche d’observation:
L’observation de l’enfant en milieu éducatif, Denise Berthiaume, Gaëtan Morin éditeur, 2004, 288 pages.