On arrive-tu ?

FacebookTwitterLinkedInPartager

Qui n’a pas attendu son enfant dire de « on arrive-tu » bientôt? Comment pouvons-nous agrémenter nos déplacements en voiture avec notre enfant ?

Juin est souvent un moment de préparation pour les vacances. Certaines familles prévoient des vacances dans la région avec de courts déplacements chaque jour. Pour d’autres, un plus long séjour est prévu à l’extérieur de la maison, ce qui signifie parfois de longues heures de route avec la petite famille. Les déplacements en voiture avec des enfants demandent de l’organisation pour le parent qui veut se rendre à destination avec plaisir.

Pour l’enfant qui se déplace en voiture avec ses parents pour des vacances d’été signifie des moments différents, des découvertes et des expériences nouvelles en famille. Préparez votre enfant à l’avance cela lui permettra d’anticiper les événements et d’imaginer ses vacances en terme de plaisirs et d’activités. Même si nous avisons nos enfants de la durée du trajet nous pensons peu à animer les moments passés en voiture. Il n’est pas rare que après seulement 60 minutes de route notre enfant nous demande ON ARRIVE -TU ?

Pour le jeune enfant, la notion de temps est plus vécue en terme d’images Avant/Après. La durée du temps est influencée parce qu’il ressent comme par exemple la fatigue, la faim, l’inactivité etc. Alors que l’enfant de 7 ans peut plus évaluer le temps en terme de durée par différents outils, par exemple une montre ou un cadran. Il reconnaît l’heure, les minutes, les mois et les années. Il demeure soumis comme le petit à vivre le temps selon ses pulsions et ses humeurs ressenties durant la durée du trajet imposé. Plus les pulsions motrices ou verbales sont grandes, plus l’enfant ressent le temps comme étant long et frustrant. Il est donc difficile pour un jeune enfant d’être inactif en voiture. Afin d’éviter certaines tensions, il faut prévoir avec votre enfant des petits jeux, des échanges et des arrêts plus fréquents pour se délasser. Les déplacements en auto seront alors moins difficiles.

Lorsque nous pensons aux déplacements en voiture, nous pensons à des petits jeux à donner à différents moments du trajet. Il est aussi très important que l’enfant ressente votre investissement et le plaisir que vous avez à voyager avec lui. Donc l’achat d’objets à manipuler en auto est important mais votre implication l’est aussi. L’enfant doit être animé par son parent pour l’aider à patienter lors des déplacements. Voici des exemples :

  • Chantez en famille à l’aide d’un CD ou des chansons connues par l’enfant.
  • Faites rechercher certains éléments de l’environnement (ex. on cherche une vache, une voiture rouge, etc.)
  • Jouez à l’objet imaginaire, prendre un crayon dans ses mains et lui trouver un nouveau nom et fonction. Par exemple, le crayon devient un micro, un parapluie, une règle.
  • Jouez aux devinettes comme par exemple : qu’est ce qui est rond qui peut-être rouge, vert ou jaune et qui pousse dans les arbres (pomme).
  • Jouez au téléphone
  • Trouvez ou identifiez des mots sur les panneaux publicitaires.
  • Inventez une histoire que l’enfant doit poursuivre. Ex. : Je suis un petit lapin qui se nomme…
  • Dessinez dans le dos de votre enfant avec vos doigts et l’enfant doit deviner de quoi il s’agit.
  • Jouez à l’alphabet routier, il s’agit d’identifier dans l’ordre l’alphabet sur les panneaux publicitaires
  • Jouez à faire les plus drôles des grimaces.
  • Jouez à mon petit œil espion, dans l’auto il y a un objet qui est rond et qui peut tourner et faire du bruit (le bouton du radio)
  • Jouez au jeu de mémoire. Je fais ma valise et j’apporte mon pyjama. Votre enfant rajoute un objet dans la valise mais doit aussi nommer ce que vous avez dit. Et ainsi de suite.
  • Jouez aux rimes (ex. J’ai rencontré Sylvie qui allait à Paris en taxi…)

Plus vous lui proposez des idées de jeux dans les déplacements, plus il sera capable de le faire seul avec d’autres enfants.

Il est aussi important que votre enfant puisse manipuler des objets lors de votre déplacement. Vous pouvez prévoir un sac à dos remplis de surprises. Une carte routière pour trouver des symboles, des bout de corde pour jouer à faire des formes, crayons avec petit carnet pour dessiner, des petits casse-tête, ballon de plage dégonflé, balles pour les arrêts, marionnettes à doigts, lampe de poche, cartes d’échantillons de peinture avec images, CD usagés (fait le même effet qu’un miroir avec le soleil), Cartes de tous genres, cartes de fêtes, cartes postales, photos de d’autres voyages, images du séjour prévu, des petits bacs de différents objets ex. (coquillages, épingles à linge) offrent d’autres possiblités. Il est important d’apporter des choses que l’enfant n’a pas l’habitude de manipuler afin d’avoir un plus grand intérêt de jeu. Il n ‘est pas nécessaire de connaître ce que l’enfant peut faire avec l’objet. Le simple fait de le découvrir lui même, lui apporte du plaisir.

Votre investissement dans les déplacements en auto aura peut-être un effet sur son futur… qui sait! Les longs moments de route avec votre enfant permettent de tisser des liens privilégiés avec lui. À l’adolescence, l’auto peut devenir un lieu d’échanges important entre vous et votre ado, l’absence du contact visuel facilite les confidences. Il garde un bon souvenir du temps vécu en famille et peut le réinvestir d’une autre façon et selon ses besoins. Alors Vroum, Vroum …!!! Et bon voyage avec votre marmaille!!

Comment modérer la compétitivité?

France, éducatrice des 4 ans, se préoccupe de certains comportements dans le groupe. Par exemple, elle a observé que Didier ne veut jamais faire autre chose que le coin blocs. Lorsqu’il se retrouve dans un autre coin, comme le bricolage, il manifeste des «pas capables». Juliette désire toujours être la première dans le train, au lavage de mains, à l’habillage, etc. Elle laisse son jeu entrepris lorsqu’elle voit France se préparer pour un changement de routine. Les jeux moteurs finissent souvent par des pleurs, des bousculades et des déceptions quand certains enfants se voient être le dernier ou perdant dans le jeu. Bref, France voudrait bien réussir à contrer les comportements compétitifs au sein de son groupe.

L’enfant de 4 ans manifeste parfois des comportements compétitifs influencés par son environnement (famille / milieu garde) et son tempérament. À cet âge, l’enfant est à la construction de son identité. Il a une fausse connaissance de ses capacités et ses limites et il est difficile pour lui d’analyser de façon critique les causes et effets de ses actions. Il a besoin d’être reconnu des autres par des expériences qui lui permettront de se découvrir et de se définir dans ses forces. Dans cette quête d’identité, l’adulte devient une personne significative pour aider l’enfant à se réaliser. Le langage, le regard, les images que l’adulte renvoient à Didier, Juliette, Pierre-Luc … prennent toute leur importance dans le développement de son identité.

Selon le contexte familial, le rang qu’il occupe et son tempérament, l’enfant peut ressentir de son parent des attentes. Par exemple, Mathis comprend qu’il est valorisé dans ses prouesses motrices où le jeu compétitif prend toute son importance. D’ailleurs, son père parle de lui comme le meilleur coureur au soccer et veut l’inscrire dans le hockey l’hiver prochain. Il est certain qu’il se fera une place dans l’élite en peu de temps. Afin d’être vu et reconnu de son père, Mathis devra performer dans ce que son parent attend de lui. Le milieu familial de Mathis oriente donc ses choix dans ses jeux et comportements avec les autres enfants du groupe.

L’approche de l’éducatrice teinte également les comportements de l’enfant. En effet, les attitudes et les interventions de France peuvent augmenter la compétition au sein du groupe. Voici quelques pistes de réflexion accompagnées d’exemples qui pourront aider France dans l’analyse de ses attitudes.

  • Est-ce que mon vocabulaire est compétitif? Par exemple, le premier rendu au vestiaire, le plus vite, le meilleur, etc.
  • Est-ce que je valorise les idées des enfants dans les jeux libres? Par exemple, Olivier, je trouve que c’est une bonne idée de faire un garage avec une boîte de souliers.
  • Est-ce que je rassure l’enfant dans ses capacités? Par exemple, tu as des petits doigts agiles pour attacher tes souliers.
  • Est-ce que je lui parle de ses expériences ultérieures? Par exemple, moi je me souviens, que tu avais réussi ce casse-tête nouveau.
  • Est-ce que je lui nomme ses qualités de cœur avec des exemples concrets? Par exemple, c’est généreux Laurence d’aller cherche Julie pour jouer avec toi.
  • Est-ce que je favorise le plaisir du jeu coopératif? Par exemple, le jeu de la chaise musicale de façon coopérative, sans gagnant ni perdant.
  • Est-ce que j’évite les activités où l’enfant doit donner une bonne ou mauvaise réponse? Par exemple, j’évite de faire des exercices de scolarisation.
  • Est-ce que je permets à l’enfant d’avoir des moments d’inaction, de repos? Par exemple, avoir un coin pour relaxer, se reposer, rêvasser, etc.
  • Est-ce que je dédramatise l’erreur en parlant de mes propres erreurs? Par exemple, regarde je viens de jeter mes lunettes dans la poubelle; je me suis trompée, je voulais mettre mon crayon brisé…
  • Est-ce que j’ai, dans mon local, des photos qui démontrent les enfants en action? Par exemple, Marie-Luce qui joue à construire une tour. C’est une belle façon de démontrer à l’enfant ses bons coups.
  • Est-ce que je termine une activité graduellement et procède à l’activité suivante par petit groupe? Par exemple, j’invite Sophie et Sébastien à ranger pour aller s’habiller.
  • Est-ce que j’évite de faire attendre les enfants en ligne? Par exemple, lorsque je fais le train pour les déplacements, les enfants sont placés deux par deux. Il y a donc deux premiers et deux derniers…
  • Est-ce que j’accepte les imperfections des enfants? Par exemple, lors du lavage de mains, j’accepte qu’un enfant ait une manche un peu mouillée, si cela n’est pas une contrainte à ses activités.
  • Est-ce que je souligne aux parents les réussites, les bons coups ainsi que les qualités de cœur de son enfant? Par exemple, je te dis que Sébastien est sensible aux petits, ce matin lors des jeux libres, Sébastien a été consoler Francis qui pleurait.

Les interventions de France auprès de l’enfant peuvent aider le parent dans ses compétences parentales. Son rôle n’est pas d’imposer mais de situer les actions de l’enfant dans un contexte développemental afin de recadrer les attentes du parent et le besoin de l’enfant.

Une belle façon pour France de réaliser que la coopération a bien meilleur goût!