Mon éducatrice est en vacances, mais pas moi

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Comment pouvons-nous préparer le tout-petit au personnel de remplacement durant les vacances de son éducatrice ?

Les mois de l’été apportent souvent un vent de changement dans nos CPE. Les routines, les activités, les vacances des enfants ainsi que celles des éducatrices font partie des modifications durant la période estivale. Le fonctionnement habituel des moments de vie dans le milieu se voit donc transformé par des jeux et des routines à l’extérieur et accompagné par du personnel de remplacement. Le petit doit s’adapter à un nouvel horaire quelque peu bousculé et à une nouvelle éducatrice. Plus l’enfant est jeune plus il a besoin d’être préparé aux changements. Le tout-petit doit être capable d’anticiper les événements pour développer un sentiment de sécurité dans son milieu. Il va se sécuriser peu à peu par les mots qui annoncent ce qui se passe et ce qui va se passer après. Rétablir les rituels dans les routines, maintenir le maximum de stabilité dans son environnement physique et humain est donc capitale. L’équilibre des différents moments de la journée permettra au petit de liquider ses tensions dans les jeux moteurs. Lorsqu’il est sécurisé de ce qui est à l’extérieur de lui, il est alors plus facile de sécuriser son intérieur. Il peut mieux accepter les changements. Il est donc très important de le préparer à vivre un été chaud de plaisirs et de changements. Voici quelques trucs pour aider notre petit à mieux accepter les chambardements que les vacances procurent.

  • Impliquez la nouvelle personne dans vos activités de stimulation avec le petit. L’enfant développera plus facilement un lien avec la personne par le biais du jeu.
  • Invitez la personne de remplacement à vous accompagner dans l’exercices de vos tâches, pour permettre au petit de se familiariser et faciliter le maintien de vos routines par cette nouvelle personne.
  • Respectez le rythme de l’enfant qui désire créer un lien à distance. Parlez lui tout en gardant la distance acceptable pour le petit.
  • Parlez à l’enfant de cette personne lors de son absence en lui présentant des photos de celle-ci.
  • Avisez et présentez cette nouvelle personne aux parents. Ce qui permettra également au parent de l’enfant de s’adapter et de parler de la nouvelle éducatrice à son enfant.
  • Offrez des périodes de prises en charge graduelles sans votre présence à cette nouvelle personne.
  • Ayez des photos affichées qui représentent des activités faites avec l’enfant et son l’éducatrice. De cette façon l’enfant peut se repérer à une personne significative. L’éducatrice remplaçante peut-même jouer à nommer les actions de chacune des photos.
  • Vous pouvez jouer à enregistrer votre voix en chantant des chansons pour le dodo.
  • Facilitez l’adaptation de l’enfant en choisissant une personne qui fait soit la rotation ou les remplacements dans votre CPE. Pour le petit cette figure ne lui est pas étrangère, il acceptera plus facilement de créer des liens avec la personne.
  • Assurez vous que la remplaçante reconnaisse les besoins de chacun des enfants par exemple la façon de le coucher, les jeux qu’il aime. etc

L’été est une période bien agréable pour tous, même pour le petit !! Il n’est pas toujours nécessaire de s’astreindre à un programme d’activités fixes. Ayez en tête que le petit et la remplaçante le simple fait d’être plus à l’extérieur dans un environnement qu’ils maîtrisent et de s’adapter l’un à l’autre leur feront déjà vivre un été chaud en émotions et rempli de petits plaisirs estivals!!

Maintenant que tout est mis en place pour mon adaptation pour l’été, il me reste plus qu’à souhaiter bonnes vacances à mon éducatrice préférée!!!
Signé : un enfant de 2 ans.

Faut-il s’oublier pour répondre aux besoins des enfants ?

Mathilde 4 ans et Émile 2 ans vivent dans une famille nucléaire. Les deux parents sont dans la trentaine et travaillent à l’extérieur. Les enfants vont au CPE 4 jours semaine et sont à la maison avec maman le vendredi. Comme toute jeune famille, il est parfois difficile de concilier les obligations et la vie de famille. Les parents de Mathilde et Émile se questionnent sur la façon de répondre aux besoins de leurs enfants ? Doivent-ils s’oublier comme adulte ? Comment bien répondre aux besoins de leurs enfants ?

Faire le choix d’avoir des enfants est dans un premier temps d’accepter d’aborder la vie au quotidien d’une autre façon. Les changements qu’impose la venue d’un enfant sont parfois difficiles à assumer pour le parent. En effet, ce petit être à peine d’une semaine bouleverse de nombreuses habitudes qui déstabilisent la vie des deux adultes. Les nuits de sommeil écourtées, les inquiétudes face à des situations inconnues, les remises en question dans leur nouveau rôle et les multiples conseils de l’entourage sont des préoccupations pour le parent en apprentissage. L’enfant devient alors leur meilleur guide à condition que l’adulte soit capable de reconnaitre les besoins de son tout-petit.

Se questionner, se préoccuper, s’inquiéter est une preuve d’amour envers son enfant. Je t’aime assez pour répondre du mieux que je peux à ce qui est bien pour toi. Chacun le fait avec son bagage d’expérience et son héritage familial. Parfois, notre enfant nous demandent plus, ce PLUS est la capacité comme adulte de saisir les propres besoins de son enfant et faire abstraction aux siens.
Avoir du cœur et du gros bon sens prend alors beaucoup d’importance, mais quel défi pour le parent à devenir. Notre enfant nous fait souvent revivre notre enfance, partir de nous, de nos valeurs, de ce que nous sommes. Supporter, confronter et éduquer à la fois notre tout-petit demande beaucoup à l’adulte. Pour y arriver, il faut mettre du temps, de l’énergie et parfois même s’oublier pour mieux encadrer et sécuriser notre petit. S’oublier dans le sens de prioriser l’enfant avant nos propres besoins d’adulte, de garder la priorité sur l’enfant malgré la vie tumultueuse; ce qui veut dire, faire des choix en fonction de notre famille (papa, maman, Mathilde et Émile). Être attentif aux changements d’attitudes ou comportements qui nuisent au développement de nos enfants et apporter les changements nécessaires au quotidien. Être capable de mettre nos limites pour le bien-être de nos petits. Nous refusons les soupers à l’extérieur le dimanche soir pour coucher les enfants plus tôt. Apporter des changements dans nos activités (sorties, cercle d’amis, voyage, visites des familles). En visite par exemple, nous arrivons et partons plus tôt maintenant que nous avons des enfants. Lorsqu’il y a une fête, nous prévoyons le nécessaire pour coucher nos enfants et profiter de la fête entre adultes.

Les parents de Mathilde et Émile sont des parents aimants et veulent le bien de leur progéniture. L’environnement de leurs enfants est très familial, des visites chez mamie, des soupers entre amis(es), fêtes et des activités sont fréquentes dans la vie de Mathilde et de Émile. Lors de ces rencontres, les parents peuvent observer que les enfants sont animés par des adultes qui répondent aux idées les plus farfelus des deux petits. L’intérêt des rencontres est orienté en grande partie sur les deux enfants. Malgré les airs de fêtes autour d’eux, les parents de Mathilde et Émile reconnaissent leurs besoins. Ils sont sensibles aux signes de fatigue, s’assurent que les enfants mangent bien même avec la présence de Mamie, voient à la sécurité et à l’hygiène de leurs petits et prennent en charge l’heure du dodo avant que les enfants soient trop fatigués et manifestent des comportements pour le démontrer (cris, pleurs, jeux dangereux, se roule sur le plancher pour démontrer sa fatigue). En agissant ainsi, Mathilde et Émile reconnaissent qu’ils sont importants aux yeux de leurs parents. En répondant aux besoins de bases, le parent sensibilise l’enfant à ses propres besoins. Ainsi, plus vieux l’enfant sait ce qui est bon pour lui et a les moyens d’y répondre. En exerçant la routine du dodo même pendant une rencontre en famille ou entre amis (es), l’enfant apprend à vivre la séparation et développe ainsi son autonomie affective. De plus, Mathilde et Émile comprennent la place qu’il occupe dans la famille auprès d’adultes. Après avoir pris du temps à jouer avec Mamie, Dady, Tante Lyne et oncle Daniel il est l’heure pour les adultes maintenant. Il est certain, que le dodo peut-être un peu plus tard afin de laisser les enfants profiter de la visite de Mamie tout en expliquant que ce soir c’est spécial. L’important est que l’enfant prenne conscience qu’il est au cœur des préoccupations de son parent même en situation particulière.

Répondre aux besoins des ses enfants s’est aussi s’obliger comme parent à prendre du temps pour soi sans la présence des enfants. C’est un défi pour toute jeune famille !!!

Comment adhérer aux saines habitudes?

Josée Lespérance, enseignante TÉE

Octobre 2014

www.aveclenfant.com

Inspiré du cadre de référence GAZELLE ET POTIRON, je me suis penchée sur les 4 environnements favorables à la saine alimentation, au jeu actif et au développement moteur chez nos tout-petits pour proposer des pistes d’actions que le service de garde peut mettre en place pour adhérer à de saines habitudes.

Intervenir sur les environnements permettra une saine alimentation et des occasions fréquentes de bouger et de s’adonner au jeu actif. Voici donc comment…

1-Environnement Physique : L’environnement physique est de mettre en place un environnement et du mobilier adéquat pour répondre aux besoins de tous. Par exemple, pour les repas avoir du mobilier adéquat pour que l’enfant y soit confortable, avoir des espaces dans le local pour bouger, matériel polyvalent qui oblige l’enfant à explorer et manipuler de différentes façons.

2-Environnement Socioculturel : L’environnement socioculturel est de reconnaitre l’importance de bien s’alimenter pour bouger adéquatement. L’attitude de l’éducatrice est vitale, elle doit mettre en place des règles de sécurité, identifier le potentiel de chacun des enfants, aller chercher la collaboration des parents. Le milieu doit créer un mouvement d’équipe pour permettre de saines habitudes. La sensibilisation de chacun des acteurs assure la réussite de cet environnement. Par exemple, consommer avec enthousiasme le même repas que l’enfant, faire une banque d’activités qui bouge à faire à la maison. Inviter les parents/enfants à expérimenter les activités au service de garde lors d’une journée spéciale.

3-Environnement Politique : Cet environnement donne le ton du service de garde, avoir une politique connue de tous pour préciser l’importance d’une saine alimentation, du jeu actif et du développement moteur des enfants dans le service de garde. Présenter des alternatives dans votre politique. Par exemple, une journée de grand froid il est possible d’être actif à l’intérieur dans la salle multifonctionnelle, dans le local de l’enfant en déplaçant des meubles. Suivre la charte de température du ministère pour prendre une décision.

4-Environnement économique : Cet environnement fait appel à l’argent pour soutenir l’environnement physique et socioculturel. Le milieu doit penser à des moyens pour réduire certains coûts. Par exemple, faire des achats alimentaires regroupés, faire l’inventaire du matériel pouvant servir à des jeux actifs plutôt que d’acheter du nouveau matériel. Utiliser de la récupération pour inventer des jeux.

On sait tous que la petite enfance est la période cruciale pour créer de saines habitudes de vie. Le service de garde est le lieu par excellence pour sensibiliser l’enfant et sa famille dans ce sens.

Nous constatons que le tout-petit est de plus en plus sédentaire, selon l’enquête canadienne sur les mesures de santé en 2007 au Canada, 62% des enfants passent la majorité de leur temps d’éveil à des activités sédentaires, soit 8.6 heures par jour en moyenne.

D’après la société canadienne de pédiatrie en 2012, seulement 7% des enfants de 1 an à 4 ans répondent aux nouvelles directives canadiennes en matière d’activité physique. Les enfants devraient faire environ 90 minutes d’activités physiques d’intensité moyenne à élevée durant sa journée.

Sachant que 52% des enfants Québécois fréquentent un service de garde, nous sommes un acteur principal pour encadrer l’enfant à de saines habitudes de vie.

(Référence statistiques : Veilleaction.org)

Voici quelques pistes d’actions que le service de garde peut faire :

1-Mettre plus d’activités physiques au programme : Le service de garde mise beaucoup sur des activités cognitives et des activités de motricité fine. L’activité motrice est parfois oubliée  pour la réalisation de beaux bricolages. Intégrer aux routines quotidiennes des activités physiques est une avenue prometteuse pour augmenter le temps actif des enfants 2 à 5 ans. C’est une façon de faire acquérir des habiletés motrices pour en assurer un développement adéquat. : « Sans des habitudes motrices suffisamment développées l’enfant risque de vivre des difficultés d’apprentissage dès ses premières années scolaire ». (Référence : veilleaction.org)

2-Prévoir de l’espace pour l’activité physique : Il est observé que le mauvais temps et le froid limitent les occasions de bouger à l’extérieur. Il est donc important d’avoir un coin pour bouger à l’intérieur au même titre qu’un coin lecture. Offrir aux enfants la possibilité de bouger limite les conflits et réduit par le fait même les interventions négatives de l’éducatrice. Il est important que le milieu se dote d’une politique pour augmenter le temps passé à l’extérieur. « Des recherches démontrent que le milieu extérieur constitue un milieu riche et permet d’augmenter le niveau d’activités physiques d’intensité moyenne à élevée. » (Référence : Portrait du développement moteur et de l’activité physique au Québec chez les enfants 0-9 ans, Claude Dugas PH.D et Mathieu Point M.SC.

3-Le jeu libre au programme : L’enfant bouge plus en jeu libre qu’en jeu structuré car il va à son rythme avec moins de contraintes. Nous observons que le jeu libre n’est pas toujours utilisé comme il se doit. Or, plus nous organisons les enfants dans des jeux structurés moins ils prennent de l’initiative et moins ils sont actifs. Lorsque l’enfant est en attente pour poursuivre une activité, son temps de jeu est réduit. Des enfants inscrits à des cours de ballet, natation dépensent moins d’énergie qu’un enfant qui s’amuse en jeu libre dans la cour.

4-Le rôle de l’éducatrice : Il est prouvé que l’enfant est plus actif lorsque du matériel stimulent est à sa disposition. L’éducatrice doit davantage planifier des mises en scène pour créer de l’intérêt chez l’enfant que des activités dirigées. Prendre le temps d’observer ce qu’ils aiment faire permettra de mettre à la disposition de l’enfant des scènes qui susciteront la découverte et l’expérimentation. Par exemple, le groupe de 4 ans aiment jouer au ballon. Placer dans un coin du local différentes cibles pour lancer (drap suspendu avec des cercles découpés, des boîtes au sol de différentes grosseurs, des cerceaux suspendus, etc.). Ajouter des ballons afin de permettre à tous d’expérimenter. La mise en scène doit être planifiée et organisée au même titre que l’activité dirigée et peut-être transportée aussi à l’extérieur.

5-Le matériel : Contrairement à ce que nous pouvons penser, le matériel de grosse dimension comme un module de jeu place moins l’enfant dans l’action. Le matériel comme des ballons, des cerceaux, des foulards font bouger davantage les enfants. Il est donc important d’avoir un sac avec du matériel pour nos sorties au parc, des bacs thématiques pour des mises en scène dans la cours sont des outils qui peuvent faire la différence.

Adhérer à de saines habitudes de vie demande au milieu garde de la motivation à entreprendre des changements. Ces changements ne peuvent se faire tous en même temps ni se faire seul. Une étape à la fois pour réaliser les changements souhaités permettra à chacun des acteurs à s’adapter. « SAVEZ-VOUS QUE ??? Le changement se fait plus facilement s’il est décidé et soutenu par une équipe et des partenaires motivés que par des gestionnaires et administrateurs convaincus » (Cadre de référence GAZELLE ET POTIRON).

Comment célébrer la fête de l’halloween en multiâge

Comment célébrer la fête de l’halloween en multiâge dans le plaisir tout en évitant l’anxiété chez le tout-petit ?

L’Halloween est une fête de plus en plus célébrée au Québec. Nous n’avons qu’à regarder les décorations devant les maisons, les costumes et les accessoires vendus en magasin pour comprendre l’importance que le grand public accorde à cette fête. Une fête qui est animée bien avant le 31 octobre.

Dans vos services de garde, c’est également une fête bien attendue avec du plaisir assuré et ce surtout pour les 3-4 ans. Ils aiment sortir de leurs routines, porter des déguisements, créer des ambiances nouvelles qui les enchantent. Présenter un repas avec comme menu une soupe aux sorcières, du jus à la citrouille et des biscuits en forme de fantômes augmentent le plaisir

Mais qu’en est-il pour le 18 mois-2 ans? Le petit vit cette fête d’une toute autre façon. Il est encore bien loin de ce côté imaginaire qui lui procure plus de peur que de plaisir. Il a encore besoin de beaucoup de stabilité dans les routines pour accepter autant de changements que la fête peut engendrer. Son besoin de repère visuel pour se sécuriser ne peut que lui faire vivre de l’anxiété lors de cette journée. Si tout est transformé dans son environnement, il ne reconnaît plus son éducatrice dans son déguisement, les changements apportés au décor ne lui permettent plus de s’orienter dans son espace et en plus le repas se prend dans un autre endroit avec un menu peu commun… Des petits changements qui sont plus stressants qu’amusants pour notre tout-petit qui est en évolution. Bien sûr, cette fête est aussi une occasion de s’habiliter à tous ces changements me direz-vous! En effet, mais tout est dans le «comment faire». Voici donc des petits trucs pour vivre l’Halloween dans le plaisir.

Petits trucs

  • Pour les plus grands qui retirent du plaisir à avoir peur des sorcières, des fantômes et qui aiment inventer, pourquoi pas faire un coin avec du matériel correspondant à la fête (accessoires, déguisements, images sur les murs représentant la fête, livres sur le sujet, musique, citrouilles décorées par eux), etc.
  • Pour les plus petits avoir également du matériel mais qui est présenté graduellement et que l’éducatrice prend plaisir à manipuler avec le tout-petit. Elle peut même se déguiser en présence des enfants. De cette façon, l’enfant est davantage capable de prévoir et de constater les transformations. Ce qui fait réagir le tout-petit est son incapacité d’anticiper les événements lorsqu’ils arrivent subitement.
  • Les vêtements, les accessoires que vous jouez à enlever et à remettre avec les tout-petits feront bien sûr partie de votre déguisement du 31 octobre.
  • Évitez les masques qui recouvrent votre visage, si le petit ne peut repérer aucune ressemblance avec son lien d’attachement (éducatrice) il sera davantage dans l’anxiété. De plus, les masques ne sont pas sécuritaires dans l’exercice de vos tâches.
  • Si vous avez à mettre du maquillage dans votre visage, faites-le devant les enfants afin qu’ils voient les transformations et anticipent les changements.
  • Vous pouvez en profiter pour organiser une parade de mode. Demandez à tous les enfants d’apporter son déguisement pour le défilé. De cette façon, il le met sur place, il se maquille et tous peuvent voir les transformations.
  • Les costumes très élaborés ne sont pas à conseiller.
  • Il peut être pertinent d’avoir un menu un peu spécial mais le faire dans un endroit où le petit peut avoir des repères visuels, c’est-à-dire un endroit connu par l’enfant.
  • La journée peut avoir une allure de fête, mais il ne faut pas perdre de vue que les routines sont des repères dans le temps pour le petit.
  • Fredonnez des chansons sur le thème que vous allez chanter pour cette journée avec des bruits de fantômes et de sorcières.
  • Si malgré tout un petit éprouve des peurs lors de cette fête, il va de soi que pour le respect de l’enfant on n’insiste pas davantage. Car pour le petit, le simple fait d’observer les autres peut être déjà une source de plaisir.

L’Halloween est une fête d’enfants qui amuse les adultes, il ne faut pas la transformer en fête d’adultes qui amuse les enfants….

Bon 31 octobre 2002!

Les routines en milieu de garde

Martine est responsable de garde en milieu familial. Son groupe est composé de 6 enfants (7 mois, 18 mois, 2 ans, 3 ans et 2 de 4 ans). Les routines sont les moments qui lui demandent le plus d’énergie. L’hygiène en particulier lui semble la routine la plus difficile à gérer. Elle s’entend répéter jour après jour, «reste assis», «arrête de bouger», «tu vas avoir ton tour toi aussi», «attention, tu mets de l’eau partout», etc. Martine observe que les deux petits (18 mois et 2 ans) ont besoin d’expérimenter et d’explorer différentes façons de se laver les mains pour apprendre à le faire. Il est donc plus long pour eux d’exercer la routine. Leur besoin de bouger demande à Martine de redire et redire la consigne. Alors que pour les deux plus vieux, la routine de l’hygiène se fait avec rapidité et demande moins d’attention. Leur demander de rester assis et d’attendre que les petits se lavent les mains entraîne de la frustration auprès d’eux. L’intérêt de jouer avec les amis prend une grande place à cet âge. Pour Martine, il est important que l’enfant apprenne à attendre, et ce même étant jeune. Elle voit les moments de routine comme une belle façon de travailler la tolérance aux délais.

En fait, la question que Martine doit se poser est la suivante:
les enfants attendent-ils trop?
Le fait de devoir dire et redire les mêmes consignes, de faire les mêmes demandes jours après jours sont des indices que les enfants attendent peut-être trop. Les stratégies utilisées par Martine pour diminuer l’attente ne doivent pas uniquement être verbales. Les consignes verbales à répétition ont l’effet contraire chez les enfants: ils ne les entendent plus, elles limitent l’enfant dans son autonomie en plus de créer de la tension dans le groupe. Tout pour nuire au bon déroulement des routines, quoi! Il est important pour Martine de limiter ses consignes mais surtout de revoir son organisation dans l’espace et le temps. Il est possible pour un enfant d’attendre dans des délais raisonnables: attendre pour avoir son repas, attendre pour aller jouer dehors, attendre d’avoir son matériel pour son activité, etc. Ces attentes permettent à l’enfant d’échanger avec les autres, pour le plus vieux aider le plus jeune, prendre un moment pour observer son environnement. Après une minute où deux, la patience atteint ses limites et les comportements négatifs font surface (pleurs, bousculades, coups). La responsable se voit dans l’obligation d’utiliser des consignes disciplinaires pour faire respecter ses demandes.

À mon avis, il est irréaliste de demander d’attendre à un petit de 18-24 mois. Son grand besoin de bouger, voir, d’expérimenter, de manipuler le pousse dans l’action. La routine pour le petit devient une belle occasion de jeu dans lequel il fait des apprentissages. Alors que, pour les plus vieux, ce moment demande peu d’attention et de concentration; en peu de temps, il peut l’exercer et passer à autre chose. Sa préoccupation est d’agir avec l’autre alors que le petit a besoin d’agir sur son environnement. Pour le poupon, voilà une belle façon d’observer les enfants autour de lui dans l’action. Il met en mémoire des images, qu’il mettra en pratique avec la maîtrise de ses habiletés motrices.

Martine doit orienter ses demandes en fonction des enfants. Graduellement, faire arrêter le jeu des plus grands pour exercer la routine, et ce deux par deux. Terminer avec les petits, de sorte à créer moins d’attente pour l’activité suivante. Proposer des activités qui servent uniquement pour l’attente dans les routines. L’activité déversoir est un bon moyen pour faire patienter les enfants. Elle sert à respecter le rythme de chacun et permet de passer d’un moment à un autre en douceur tout en limitant les consignes de la responsable.

En voici un exemple concret:

  1. Routine: le lavage des mains avant le dîner
  2. J’avise les plus vieux que dans 2 minutes ils devront ranger pour aller se laver les mains avant le dîner.
  3. Les deux plus vieux se lavent les mains de façon autonome.
  4. Je les invite par la suite à la table avec une activité déversoir, par exemple, petits sacs avec différents objets dans chacun (cartes de fêtes, coquillages, choux de cadeaux, etc.).
  5. Je termine ma routine avec les petits en les accompagnant dans leur apprentissage.

L’attente pour le dîner est alors réduite pour le petit et également pour les plus vieux puisqu’ils ont été en action durant cette période.

Martine doit agir sur son environnement en proposant du matériel nouveau, polyvalent simple, sécuritaire et facile de rangement. Elle doit aussi donner aux plus vieux la possibilité de développer davantage leur autonomie, par exemple, aller se laver les mains seul, faire le choix de leur activité déversoir, faire participer l’enfant aux tâches du repas, permettre au plus vieux d’aider un plus petit.

Le contrôle qu’exerce Martine sur son groupe en voulant imposer son rythme, place l’enfant dans un état de dépendance nuisible au développement de son autonomie. Au quotidien, la responsable doit gérer les moments d’attente dans son groupe car quoi de plus exigeant pour l’enfant d’être en situation d’attente plusieurs fois par jour!