Activités spéciales et sorties, comment bien planifier?

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Sophie veut planifier pour l’année des activités spéciales et des sorties avec son groupe multiâge. Elle cherche des idées originales, des activités spéciales à faire dans son service de garde, des endroits nouveaux à visiter, des lieux sécuritaires pour accueillir un groupe. Mais comment Sophie peut-elle faire une planification qui répond aux intérêts et aux besoins des grands et des petits de son groupe?

La planification d’un calendrier d’activités ou de sorties pour l’année doit être pensée en terme de suggestions. Septembre est la période pour remettre en place des routines stables, des consignes claires et concrètes afin de rétablir la sécurité et la stabilité dans le groupe. L’horaire de la journée laisse peu de place pour planifier des activités spéciales et des sorties à l’extérieur. La rentrée au service de garde demande à l’enfant de s’adapter aux routines, aux amis ainsi qu’à l’éducatrice. Il faut une stabilité avant que l’enfant puisse retirer du plaisir dans des situations de changement.

Pour pouvoir planifier et organiser un calendrier d’activités ou de sorties, Sophie doit avant tout connaître son groupe et les intérêts qui l’anime. Il est important de retenir les idées et les goûts des enfants pour organiser des moments particuliers dans l’année. Autant pour les sorties que pour des activités spéciales, Sophie doit avant tout observer les enfants pour mieux les connaître dans des situations nouvelles. Observer veut dire, prendre le temps de regarder les réactions de l’enfant face à la nouveauté, connaître ses intérêts de jeu, les sujets d’échange, la sécurité qui l’habite devant un changement de routine, sa capacité de respecter les consignes, sa tolérance aux délais, le lien d’attachement qu’il a avec le groupe. Les informations recueillies vont permettre à Sophie de planifier des activités et des sorties mieux adaptées au groupe.

Une activité spéciale permet autant de plaisir qu’une sortie même si souvent elle se déroule dans le milieu de vie de l’enfant. D’ailleurs, en début d’année, il est préférable pour Sophie de prévoir des activités spéciales davantage que des sorties. Graduellement, l’enfant apprendra à gérer des petits changements dans un cadre et avec des repères visuels connus. Ces événements peuvent prendre plusieurs formes en voici quelques exemples.

  • Vous faites un pique-nique sur une couverture dans votre salon.
  • Vous invitez une personne à passer la journée avec vous et les enfants (grand frère ou grande sour d’un des enfants).
  • Vous avez un animal de compagnie qui appartient à un des enfants du groupe qui passe la journée dans votre maison. Assurez-vous qu’aucun des enfants n’est allergique.
  • Vous changez la routine de l’habillement, elle se fait à l’intérieur sous forme d’un parcours.
  • Vous planifiez la sieste dans une tente que vous avez faite avec les enfants à l’aide de couvertures. Assurez-vous que les enfants ont bien intégré la routine de la sieste avant d’y apporter des changements.
  • Vous permettez aux enfants d’apporter un jeu de la maison.
  • Vous invitez une troupe de marionnettes chez vous.
  • Vous faites une activité piscine dans la maison.

Il se peut que les activités spéciales soient plus présentes que les sorties dans votre service de garde. Il est nécessaire de respecter le rythme et le besoin de sécurité du groupe pour vivre du plaisir avec les enfants. Le portrait que Sophie dresse de son groupe ainsi que les différents âges des enfants sont des facteurs à considérer. Il est aussi important pour Sophie d’être à l’aise avec la planification et l’organisation de ses activités spéciales et sorties. Elle doit commencer avec des choses simples et qui lui demandent peu de planification et d’organisation afin de sécuriser et de gérer adéquatement son groupe. Certaines sorties peuvent être faites en famille, par exemple la cabane à sucre, les pommes, le père Noël au centre d’achats, la ferme de Pâques etc. sont des endroits que l’enfant pourra explorer avec son parent. Sophie doit choisir des sorties qui apportent de la nouveauté dans la vie de l’enfant et réalisable dans un contexte de groupe multiâge. En voici quelques suggestions.

  • Vous visitez un nouveau parc avec les enfants.
  • Vous allez visiter des personnes âgées dans un centre d’accueil.
  • Vous allez à l’épicerie pour acheter des fruits dans le but de faire une salade de fruits avec les enfants.
  • Vous allez visiter un autre service de garde.
  • Vous allez pique-niquer chez un enfant du groupe.
  • Vous rendez visite aux pompiers.
  • Vous aller acheter des fleurs à la pépinière pour les mettre en terre avec les enfants.
  • Vous visiter le dentiste de votre quartier.
  • Vous allez visiter la classe maternelle de l’école du quartier.
  • Vous faites une excursion en tricycle dans les rues avoisinantes.
  • Vous allez à la bibliothèque, joujouthèque, bureau de poste, etc. avec votre groupe.

Lorsque Sophie pense à une sortie, elle doit prévoir avec son groupe une période de préparation. Prévenir les enfants de l’événement, leur parler de l’endroit, ce qu’ils vont voir, ce qu’ils vont faire, les personnes qui vont les accompagner etc. Le déroulement de chacune des étapes peut être même fait sous forme de simulation dans son milieu de garde. Certains enfants ont besoin d’être plus rassurés que d’autres lors d’une sortie. Ces petits moyens vous permettront d’observer les réactions de l’enfant et ainsi de mieux répondre à son besoin de sécurité. La préparation doit se faire dans des délais raisonnables pour que l’enfant puisse voir les possibilités de sa réalisation. Lorsque Sophie prépare l’enfant à une sortie, elle lui permet de porter un désir qui l’aide à se créer des images dans sa tête (comment il voit les lieux, ce qu’il va faire, avec quoi il va jouer, avec qui il va rentrer en contact) etc. C’est une belle façon de développer la créativité de l’enfant ainsi que son sentiment d’identité, car sa façon d’imaginer et de faire des liens avec son vécu est bien différente d’un enfant à l’autre.

La réalisation d’une sortie peut varier d’une année à l’autre selon votre groupe d’enfants. Sophie doit retenir le plaisir que les enfants ont eu à réaliser certaines sorties. Le temps qu’elle prendra à observer son nouveau groupe lui permettra de mieux les connaître et peut-être de répéter des événements qui ont eu le plus de succès.
Pour plusieurs responsables de garde en milieu familial, comme Sophie, le plaisir est de voir l’émerveillement des enfants et d’entendre les enfants reparler de la sortie entre eux. Après avoir déployé autant d’énergie pour l’amour de notre marmaille.c’est une belle récompense!

Le parent apprécie davantage l’organisation d’activités spéciales dans le milieu de garde qu’une sortie à l’extérieur. Il y voit un aspect plus sécuritaire, assure une stabilité à son enfant surtout s’il est en bas âge, apporte une nouvelle stimulation. De plus, vous faites la démonstration aux parents qu’il est possible d’apporter de la diversité dans le quotidien tout en étant sensible aux besoins et intérêts de son petit. Il réalise également qu’il peut faire des choses toutes simples avec son enfant qui lui demandent moins de temps d’organisation mais beaucoup de plaisir à être avec son enfant. «N’est-ce pas une bonne façon de garder le feu sacré» du monde des petits!

Faire bouger le tout-petit à sa mesure… Comment adapter nos activités physiques à nos tout-petits.

Josée Lespérance, enseignante TÉE

Janvier 2013

www.aveclenfant.com

 

Comme tous les matins, j’écoute l’émission Salut  bonjour! en me préparant pour aller au travail. Mais ce matin-là, j’ai vraiment été surprise de voir la vidéo que Gino Chouinard présentait.  Nous voyons un enfant au bas de la piste de ski, tellement vidé de ses énergies qu’il dort debout  sur ses deux skis et finit par tomber à la renverse. La scène qui se veut humoristique m’a fait réfléchir sur les attentes  élevées que nous avons parfois envers nos enfants. Malheureusement, je trouve la situation bien triste, comment un jeune enfant peut se rendre au bout de toutes ses forces sans que personne  l’arrête? Voir Vidéo (www.nokenny.com/un-gamin-dort-debout…).

Peut-être me diriez-vous que c’est l’enfant qui désire faire du ski !!!! Je pratique moi-même ce sport depuis plusieurs années, et je n’ai jamais vu un enfant de 3 ans faire une crise à son parent pour faire du ski.

Un enfant de 3 ans a peu d’expérience physique pour exercer un sport qui demande une technique aussi précise. Des pré-requis sont nécessaires pour bien maîtriser la glisse sur la neige. Par exemple, avoir marché sur différents sols puisse qu’il va devoir s’adapter aux différentes surfaces de neige. (glacée, granulée, collante) etc. L’immaturité du système nerveux  central  ne permet pas au jeune enfant de vivre avec plaisir et succès la pratique du ski alpin. Il est nécessaire que  le mouvement volontaire devienne un automatisme. Pour y arriver, l’enfant a besoin d’expérimenter plusieurs situations  motrices qui lui permettront de connaitre son corps et ses limites. Les moyens qu’il va développer pour se déplacer, garder l’équilibre, avoir le contrôle de son corps et ajuster son pas serviront à rendre ses gestes matures et fluides pour  ce type de sport en particulier.

Le jeune enfant n’est apte à faire l’évaluation des distances de freinages à la pratique sécuritaire du ski alpin.  Ce qui explique l’usage de différentes techniques qui relient l’enfant à l’adulte que nous pouvons voir parfois sur les pistes. Il faut également observer que pour certains enfants, il est difficile de se contrôler et s’arrêter lorsqu’ils ressentent l’excitation de la descente. Que dire de la concentration exigée pour l’exécution de l’ensemble de  ces habiletés. C’est pourquoi  il est facile de comprendre  la  fatigue extrême de l’enfant sur la vidéo.

Par contre, encourager la descente du grand frère ou de sa grande sœur, laisser l’enfant marcher avec des bottes de ski, manipuler l’équipement, se promener en traineau au bas des pistes, dîner en famille dans le chalet de ski, etc. sont des actions qui influencent positivement l’enfant dans l’exercice de ce sport. Son implication dans l’environnement souhaitée devient une source importante de motivation pour plus tard.

Sachez que prendre le temps d’observer les réactions et les signes de fatigues manifestés chez son l’enfant, c’est lui permettre d’anticiper des habitudes de vie comme adulte de demain.

Contrairement à ce que nous pouvons penser, la participation à un sport structuré comme par exemple être dans une école de ski demande beaucoup moins physiquement que le jeu libre. En effet, le sport structuré fait appel à plus de périodes d’inactions, car l’enfant doit suivre le rythme du groupe, écouter les consignes et respecter les temps d’arrêt. Alors que, le jeu libre permet à l’enfant de réagir davantage aux imprévus et par le fait même avoir une dépense énergétique beaucoup plus grande.

Je vois de plus en plus dans les milieux de garde de l’intérêt à faire bouger les enfants ainsi que leurs familles. Le défi Pierre Lavoie propose des moments de bougeottes aussi simples que de faire courir les plus vieux sous les yeux observateurs des plus petits, aller prendre une marche en famille après le souper. Les enfants amassent au CPE et à la maison des cubes d’énergies. Ces cubes peuvent le prétexte  à la fin du défi pour organiser une fête en famille au CPE. Une belle façon d’influencer le goût de bouger de tous.

Comme parent, nous avons à servir de modèle en adaptant nos sorties sportives aux limites de nos petits.

Voilà une belle façon pour que notre enfant dorme dans son lit le soir venu plutôt que sur ses skis….

Je vous recommande fortement  le livre de François Cardinal, Perdu sans la nature qui fait l’éloge des activités familiales en plein air.

Préparer l’enfant à l’école, sans faire l’école!

Josée Lespérance, TÉE

Janvier 2014

www.aveclenfant.com

Mon travail de formatrice me permet de travailler avec plusieurs équipes d’éducatrices. Je constate une préoccupation constante dans les milieux concernant la préparation des enfants à l’école et ce surtout pour les groupes de 4-5 ans. Certains milieux répondent aux désirs des parents en  offrant des cours d’anglais, danse, gymnastique. D’autres, vont jusqu’à placer dans l’horaire des groupes de 4 ans, des périodes de pré-maternelles. L’apprentissage de lettres, chiffres, petits cahiers d’exercices à compléter. Les demandes des parents viennent parfois bousculer les valeurs profondes des éducatrices. L’enfant doit rester le centre de nos préoccupations. Lorsque nos observations nous permettent de croire que l’enfant ne vit pas de plaisir et de succès dans ce qu’il lui est demandé et même parfois imposé sous prétexte de le préparer à l’école, c’est que les exigences proposées, sont des contraintes et des défis trop élevés. L’éducatrice doit se centrer sur les réels besoins des enfants et sensibiliser le parent aux apprentissages de son enfant par le jeu. Les expériences clés sont des outils  qui mettent en valeurs les actions de l’enfant qui seront utiles pour l’école.

Voir les expériences clés, ACCUEILLIR LA PETITE ENFANCE, le programme éducatif des services de garde du Québec. (Mise à jour 2007)

En voici quelques exemples :

  • -Lorsque que l’enfant enfile des boules sur un cordon, range des petits objets dans un contenant, empile des bouchons, ces actions permettront à l’enfant de tenir un crayon avec précision afin de se situer entre deux lignes pour écrire.
  • -Lorsque le milieu met en place un système d’étiquetage  (images/mots) pour identifier le matériel mis à la disposition de l’enfant, il favorise la pré-lecture chez le petit.

-Lorsque l’enfant s’amuse à faire un parcours (sauter, marcher sur une corde, passer en dessous d’une table) ces actions lui permettent de reconnaitre les possibilités de son corps tout en se situant dans l’espace. C’est un pré-requis important pour l’écriture.

  • -Lorsque l’enfant regarde un livre et suit de gauche à droite avec son index le texte écrit, il se prépare à la lecture.
  • -Lorsque l’enfant fait des gâteaux dans le sable et compte le nombre de chandelles représentées par des bouts de bois, il fait des pré-mathématiques.
  • -Lorsque l’enfant joue dans le sable et qu’il transporte des chaudières avec ou sans sable. Ces actions font appels aux poids et mesures.

 

Ces exemples sont peu nombreux mais démontrent que c’est dans le jeu que l’enfant fait ses apprentissages préparatoires à l’école. Pour le parent, il est parfois difficile de voir par de simples gestes tous ce que son enfant  développe. C’est à l’éducatrice de mettre en valeur dans sa planification de ses activités les actions qui seront des  pré-requis  utiles à ses apprentissages scolaires (Les expériences clés).

Le programme éducatif des centres de la petite enfance du Québec nous dit que pour faciliter l’entrée de l’enfant à l’école, le milieu de garde doit lui offrir la possibilité d’acquérir plusieurs attitudes et habiletés qui lui seront utiles pour une rentrée réussie. Voici de quoi il s’agit….

  • -Confiance en soi.
  • -Le goût d’expérimenter.
  • -Exprimer son point de vue.
  • -Une bonne capacité d’attention et de concentration.
  • -La capacité de résoudre des problèmes.
  • -Une bonne motricité globale et fine.
  • -Un langage clair et un vocabulaire étendu.
  • -Une capacité à apprendre de vivre en groupe.
  • -Une possibilité de suivre des routines.
  • -Une capacité de respecter des consignes

Réf: ACCUEILLIR LA PETITE ENFANCE, le programme éducatif des services de garde du Québec. (Mise à jour 2007,  Page 9)

Plusieurs recherches démontrent qu’un milieu de garde de qualité est l’endroit par excellence pour préparer l’enfant à la maternelle. Lorsque celui-ci offre un environnement chaleureux, sécuritaire, où les expériences sont variées.

Dans un contexte scolarisant où l’enfant est exposé à donner une bonne ou une mauvaise  réponse, certains enfants vivront un niveau de stress dont ils peuvent  difficilement contrôler. « L’imposition d’attentes irréalistes au niveau du développement cognitif freine ou ralentit le temps de jeu par des apprentissages prématurés et exige de l’attention au-delà de des capacités du jeune enfant » (Tiré de la formation Attention! Enfants sous tension! Sylvie Bourcier). Les exigences ont un seul but, préparer l’enfant à l’école….

 

Le jeu libre est une source indéfinie d’apprentissage préparatoire à l’école. Il développe les habiletés sociales et langagières, stimule les découvertes, les initiatives, la résolution de problèmes, la capacité de faire des choix. Il laisse place à l’expression de la créativité, la manipulation et  l’exploration. Observer, soutenir, encourager, guider l’enfant et mettre en place du matériel stimulant c’est reconnaitre le jeu comme la voie royale des apprentissages. C’est aussi, respecter le réel besoin de l’enfant en lui donnant  le sentiment d’être capable  de vivre du succès. Est-ce cela, préparer l’enfant à l’école sans faire l’école ????

Voir en annexe : Ce qui est important d’observer chez l’enfant avant l’entrée à la maternelle…

Annexe :

Ce qui est important d’observer chez l’enfant avant l’entrée à la maternelle…

  1. L’enfant est capable de se séparer de ses parents sans angoisse ou d’inhibition.
  2. L’enfant est capable de faire le choix de jeux ou d’activités.
  3. L’enfant est capable d’exprimer ses besoins ou de faire ses demandes.
  4. L’enfant est capable d’exprimer ce qu’il ressent.
  5. L’enfant est capable de prendre soin de ses effets personnels (retrouver ses souliers, son sac à dodo).
  6. L’enfant est capable de s’habiller et de se déshabiller.
  7. L’enfant est capable d’utiliser les toilettes et se laver les mains.
  8. L’enfant est capable de participer à des activités en petit-groupe.
  9. L’enfant est capable d’avoir du lien social avec les autres enfants.
  10. L’enfant est capable d’entrer en contact avec les adultes.
  11. L’enfant est capable d’apporter son aide à un autre enfant.
  12. L’enfant est capable de participer à une conversation (tour de parole, écoute).
  13. L’enfant est capable de contrôler ses élans moteurs (marcher à l’intérieur, s’asseoir pour manger, parler à voix basse lorsque demandé).
  14. L’enfant est capable d’attendre son tour pour obtenir quelque chose (délai raisonnable).
  15. L’enfant fait preuve de coordination visuo-motrice. Par exemple, enfiler des boules sur un cordon, ranger des petits objets dans un contenant, empiler des sous.
  16. L’enfant maîtrise bien le langage oral tant au niveau de la compréhension que l’expression. Il fait des phrases complètes, utilise des mots de liaisons.
  17. L’enfant est capable de reconnaitre des sons identiques (amour, tambour).
  18. L’enfant est capable de s’amuser seul pendant 20 /25minutes.
  19. L’enfant est capable de continuer son jeu, sa tâche malgré les distractions.
  20. L’enfant est capable est capable de suivre une consigne verbale ayant trois éléments ou une série de trois mouvements. Il saura quoi faire en premier, en deuxième et en dernier.
  21. L’enfant est capable de s’orienter dans l’espace. Il saura se diriger  près, loin, à côté, sur, au-dessus, en dessus d’un élément.
  22. L’enfant sait reconnaitre un ensemble d’éléments ayant l’une ou l’autre des caractéristiques suivantes: pareil, différent, plus que, moins que, autant que.
  23. L’enfant est capable de repérer un élément spécifique disposé dans un ensemble d’éléments. Il saura par exemple reconnaitre la maison bleue sur une carte postale illustrant un petit village de maisons colorées en campagne.
  24. L’enfant pose des questions sur divers sujets.
  25. L’enfant est capable d’identifier les effets ou les conséquences d’un geste posé, par exemple un dégât de lait parce qu’il en a trop versé.

À la maternelle, l’enfant  aura l’occasion de développer davantage ses compétences. Il sera dans l’action, faisant des activités ou en réalisant des projets.

Référence: Sylvie, Bourcier, Le grand monde des petits de 0-5ans, mon enfant est-il prêt pour la maternelle. Pages 151, 152,153. Ed du CHU sainte Justine.

Petits trucs pour limiter l’attente aux repas et aux collations

Comment alimenter la routine du repas et des collations pour réduire l’attente ?

Il est midi au service de garde chez Émilie, l’avant-midi a été remplie de petits plaisirs: un sourire de Maryse pour faire une demande à Juliette, Pierre-Luc qui offre à habiller Julie pour aller jouer dehors, des courses, des jeux de ballons, des château de sable et des chansons ont fait partie du matin des enfants. L’heure du repas se présente tout aussi enjouée. Mais: malheur! Les enfants sont fatigués, ils ont faim, ils sont moins réceptifs aux consignes de l’éducatrice, ils ont partagé, échangé, joué, fait des compromis avec les amis… Ils ont besoin d’un peu de tranquillité pour prendre un bon dîner. Émilie doit à plusieurs reprises intervenir pour calmer Maryse qui ne cesse de dire des gros mots à Juliette qui pleure. Le service se fait attendre puisque elle doit replacer les enfants sur leur chaise et remettre à certains leur bavette.

Les moments passés à la table totalisent tout près de 2 heures par jour. En effet, deux collations d’une demi-heure chacune et le repas du midi qui peut totaliser 45 minutes. Le temps passé à la table varie selon le nombre d’enfants, l’âge, l’organisation du milieu éducatif et également les événements vécus dans journée. Plus cette routine engendre des moments d’attente, plus les repas et les collations sont difficiles à la fois pour l’enfant et l’éducatrice. L’attente est parfois inévitable. Par exemple, il faut attendre que tous soient servis avant de manger, attendre que l’éducatrice ou l’enfant donne le dessert, le lait ou les débarbouillettes. Ce sont des situations d’attente qui permettent à l’enfant d’échanger avec les autres, de développer des mécanismes d’adaptation pour faire face à la vie, d’anticiper les événements, d’augmenter sa capacité à tolérer les délais, l’amener à respecter et à être sensible aux autres. Ces moments d’attente structurent l’enfant dans le temps et le sécurisent.

Comment pouvons-nous intervenir, durant ces moments d’attente inutile. quelles sont ces attentes? En voici des exemples:

  • Faire attendre l’enfant dans l’inactivité lorsque le repas n’est pas prêt.
  • À tour de rôle les enfants vont s’asseoir à la table et attendre que tous arrivent.
  • Ne pas permettre de se lever avant que le plus petit ait terminé, les autres doivent attendre
  • Aller au-delà de 45 minutes pour le dîner et de 30 minutes pour les collations en laissant les enfants inactifs.
  • Intervenir auprès de certains enfants en laissant les autres dans l’attente.
  • Avoir des exigences trop grandes pour le groupe d’enfants (l’éducatrice doit s’exercer à la place de l’enfant en faisant attendre les autres).
  • Accepter mal les imperfections de l’enfant (être bien assis, avoir les mains propres et bien essuyées avant que tous commencent).
  • Avoir trop de consignes pour le repas, ce qui fait attendre les enfants qui ne sont pas au même niveau.

Ces exemples relèvent de beaucoup de l’organisation et des attitudes de l’éducatrice qui teintent les périodes de collations et de repas. La façon de préparer l’enfant aux repas et aux collations va avoir également une influence sur les périodes d’attentes inutiles.
Voici quelques stratégies utiles:

  • Toujours aviser l’enfant du repas et des collations pour qu’il puisse anticiper les événements.
  • Créer une atmosphère agréable (musique douce, lumières tamisées, mettre des fleurs au centre de la table, choisir nappes ou napperons intéressants pour l’enfant, utilisation des chandelles pour certaines fêtes, avoir de la vaisselle de belles couleurs et surtout incassable
  • Parler à voix base pour insister les enfant à faire la même chose, il est important de réduire au minimum le bruit pour ce moment.
  • Avoir de l’ameublement adapté à l’enfant (chaise d’appoint pour le plus petit)
  • Les tables en forme circulaire favorisent les échanges car les enfants peuvent se voir.
  • Favoriser la rotation des places.
  • Inviter les enfants à l’occasion de prendre le repas ou les collations à d’autres endroits (manger sur le sol, dans la salle de jeu, à l’extérieur, au parc, dans des escaliers, etc.) Toujours aviser que cette façon de faire est spéciale aujourd’hui parce que c’est la fête.

Voici quelques trucs utiles pour éviter l’attente inutile:

  • Avoir des affiches sur l’alimentation aux murs pour échanger avec les enfants durant le service.
  • Rendre accessibles des circulaires publicitaires distribuées par les marchés d’alimentation que l’enfant peut regarder en patientant.
  • Mettre sur la table une nappe de plastique transparente. Vous pouvez insérer en dessous des images, photos, des photos copies couleurs sur des objets à trouver. ( un peu comme Ou est Charlie)
  • Avoir des napperons de différents sujets, thèmes, saisons. L’enfant peut s’amuser à regarder et nommer ce qu’il voit.
  • Faire bricoler son propre napperon avec des photos de sa famille.
  • Avoir des mobiles qui bougent que l’enfant peut regarder pour un court temps.
  • Jouer aux devinettes avec les sens. (qu’est ce que tu entends, vois et sens dans la cuisine)
  • Jouer au restaurant, passer des feuilles aux enfants pour dessiner avant de prendre la commande de chacun.
  • Utiliser la fin du repas ou de la collation pour distribuer aux enfants les débarbouillettes pour s’amuser à lui donner plusieurs formes.
  • Avoir à la disposition des enfants des bacs à manipulation pour gérer l’attente.
  • Avoir des séries différentes sortes de cartes (fête, Noël, mariage nouveau bébé, carte drôle, cartes musicales)
  • Regarder des cartes postales (pays, villes, musées, etc.)
  • Mettre à la disposition une série de vieux calendriers.
  • Faire des albums photos pour chaque enfant de sa famille
  • Dessiner sur la table avec les doigts.
  • Faire des montagnes de mains au centre de la table d’exercice de respiration, je gonfle le ballon et je dégonfle (mains jointes devant soi j’inspire tout en éloignant les mains. On garde l’inspiration puis on revient en expirant et je laisse dégonfler mon ballon)

Les trucs sont utiles pour éviter l’attente inutile mais rien est aussi important que de respecter le rythme de chacun dans des délais raisonnables. Ces suggestions ne peuvent qu’alimenter ce que vous faites déjà et du même coup diminuer l’attente inutile. Bonne expérimentation.
Émilie se rappelle… elle éparpille sur la table des cartes de fête musicales. Les enfants s’y intéressent spontanément. Dans le local le calme s’installe. Cet atmosphère amène les enfants au dîner sur un air «C’est à ton tour Émilie de te laisser parler d’amour» Voilà une autre belle façon aujourd’hui pour Émilie de faire patienter les enfants agréablement…

Référence: Malenfant, Nicole: Les activités de routines et de transitions. Les éditions Les presses de l’Université de Laval

La bougeotte dans mon groupe

Cette année, j’ai un groupe qui éprouve le besoin de bouger, de se déplacer, de faire des jeux de grande motricité. J’entends souvent les enfants dire pousse-toi, je me surprends également à répeter « arrête de bouger, reste assis… ».
Comment puis-je je peux répondre à leur besoin moteur dans un local de jeu adapté pour jouer en atelier ?

Lorsque nous parlons d’espace de jeux, il faut envisager d’autres endroits dans votre maison qui peuvent être utilisés comme des espaces polyvalents. Car une salle de jeu ne permet pas toujours de répondre à ce besoin puisqu’il y a des objets et des coins installés en permanence. Un espace comme un corridor peut offrir à vos petits mousses des aménagements variés pour mieux répondre à leurs besoins. Cet espace est riche d’expérience puisque l’étroitesse des lieux permet des jeux structurés tout en exerçant leur motricité globale.

En voici des exemples :

L’utilisation du plafond

  • Suspendez des tissus et faire passer les enfants en dessous.
  • Suspendez sur bandes élastiques, des ballons dans des sacs en tissus.
  • Remettez aux enfants de se cacher derrière les panneaux de tissus suspendus.
  • Suspendez des plumes (pour souffler, les faire glisser dans leur visage, les toucher en s’étirant).

L’utilisation des deux côtés du corridor
(Les propositions qui suivent peuvent être installés sur du carton ou sur du coroplasme pour permettre la polyvalence de ses idées).

  • Mettez des images aux murs qui représentent des exercices.
  • Fixez des jeux aimantés.
  • Faites un labyrinthe en rouleaux d’essuie-tout pour faire descendre des objets.
  • Installer des grandes feuilles avec crayons suspendus.
  • Installez un mandala géant.
  • Mettez à la hauteur des enfants des images de type « où suis-je ? »
  • Jouez au tic tac toc au mur « tic tac toc géant).

L’utilisation du sol

  • Mettez des images pieds/main au sol.
  • Installez des longs serpents en laine dont il faut éviter.
  • Mettez des objets au sol dont l’enfant doit contourner.
  • Utiliser des balles de laine pour faire des formes au sol.

L’utilisation de l’espace pour jeu de grands

  • Organisez un coin grand dans le corridor.
  • Jouez aux élastiques.
  • Jouez au hockey en installant des buts (coussins) à chaque extrémité.
  • Tirez un enfant sur une couverture.
  • Vous déplacez en roulade au sol.
  • Faites rouler un ballon à chaque extrémité entre les jambes des enfants.
  • Jouez aux quilles.
  • Sautez dans une taie oreille.
  • Utilisez des boîtes comme auto pour se déplacer d’une extrémité à l’autre.
  • Faites rouler des voitures.

L’utilisation des corridors chez vous n’est peut-être pas courante mais l’expérimentation en vaut les déplacements et le plaisir qu’il procure.

Bonne bougeotte !

Planifier ou non? Comment bien démarrer l’année?

La planification d’activité en début d’année demeure toujours une préoccupation pour Sylvie. Doit-elle profiter de ce moment pour observer? Doit-elle faire des activités structurées avec les enfants? Doit-elle les laisser vivre des expériences entre eux? Doit-elle planifier oui ou non?

Dans un premier temps, il important pour Sylvie de se centrer sur les besoins de chacun des enfants. L’observation l’aidera à découvrir les intérêts, les goûts et le tempérament de chacun. Elle doit développer une relation significative avant de penser proposer et organiser des activités. Pour que Sylvie puisse planifier dans l’intérêt de son groupe, elle doit être significative pour l’enfant. Ses interventions individuelles auprès de chacun vont lui permettre créer un lien unique avec l’enfant.

S’impliquer dans le jeu spontané, stimuler les échanges avec l’enfant, encourager ses idées, valoriser les contacts entre eux, sont des gestes qui encouragent le développement du sentiment d’identité. Un pré-requis essentiel à un mieux-être personnel et relationnel de l’enfant. Des situations qui demandent peu de planification à Sylvie mais beaucoup de sensibilité et d’ouverture à accueillir chacun des enfants dans leur différence.

La planification de Sylvie doit être davantage dans les routines. La stabilité qu’apportent les routines représente pour l’enfant un moment sécurisant et un lieu d’apprentissage important. Chez le petit par exemple, la maîtrise de certaines habiletés motrices demande d’être soutenue et encouragée. L’utilisation d’objets stimulants, des exercices psychomoteurs peuvent aider dans ce sens. Alors que le petit de 3 ans doit développer sa concentration dans les étapes à suivre pour l’exercice de la routine, des jeux de photos, comptines qui rappellent les étapes sont des moyens à prévoir. Pour le plus grand, concilier son temps de jeu et la pratique des routines soulèvent parfois des frustrations, l’utilisation d’outils sonores, des références visuelles peuvent aider l’enfant à anticiper ce moment.

Afin de permettre à l’enfant de se familiariser avec sa nouvelle éducatrice, le nouveau groupe et pour certain un nouveau milieu, Sylvie doit planifier dans son horaire, du temps individuel et ce chaque jour avec chacun. Certains enfants sont plus demandants, d’autres cherchent plus notre attention ou attirent plus notre regard de par leur tempérament, leur attitude et parfois même par leur apparence physique. Ce temps précieux que vous prenez avec lui, démontre à l’enfant qu’il est important pour vous. Le reste du groupe observe votre geste et anticipe ce doux moment avec vous.

Je compare souvent la planification d’activités à une relation amoureuse, il faut se connaître et se faire reconnaître dans les goûts et intérêts de chacun avant de planifier des projets. En début d’année, il faut tisser des liens avec l’enfant dans des situations spontanées, offrir une stabilité dans les routines et avoir des moments en tête à tête avec chacun. Voilà une planification orientée sur l’être plutôt que sur le faire!

Préparez une rencontre de parents

Clémence est une maman soucieuse du bien-être de sa fille. Elle demande à Fernande, l’éducatrice, toutes sortes de petites attentions individuelles pour son enfant: faire dormir son enfant moins tard à la sieste pour faciliter le dodo du soir, s’abstenir de sorties dans la cour à tels degrés de température, changer les bas de son enfant en après-midi pour une meilleure hygiène, etc. Avec la rentrée, Fernande voudrait préparer une rencontre pour les parents afin de mieux les informer du déroulement d’une journée au CPE dans la vie de leur enfant et des contraintes auxquelles elle doit faire face.

Quelle bonne idée! Les demandes du parent ne permettent pas toujours d’y répondre; ceci fait que Fernande ressent du stress, des frustrations, en plus de se sentir mal comprise et parfois même incompétente dans son rôle auprès des enfants. Afin d’éviter ces malentendus, Fernande se propose d’organiser une rencontre en début d’année qui s’intitule Vient voir mon milieu de vie. La rencontre parent permettra, en effet, de démystifier certaines pratiques qui s’exercent dans un contexte de groupe. Le parent qui arrive dans un milieu de garde a besoin de comprendre le fonctionnement pour accepter les différences entre la maison et le milieu de garde.

Il est important que l’invitation soit dynamique et invitante pour le parent. Fernande prévoit faire parvenir une lettre aux familles de son groupe indiquant le but et les objectifs de la rencontre. Elle veut également y glisser l’ordre du jour afin que le parent puisse s’y préparer. Elle devra prévoir trois étapes à cette rencontre.

  1. Les éléments d’informations pratiques: casiers, mémos importants, cahier de communication, horaire de travail de l’éducatrice, présentation de l’éducatrice volante, déroulement de la journée de l’enfant, les menus affichés, coin parents pour de la documentation, etc.
  2. Programme pédagogique: présentation du programme éducatif incluant les objectifs, votre rôle face à l’apprentissage de l’enfant, votre approche pédagogique et l’encadrement des activités. C’est aussi une belle occasion de faire une demande de matériel de récupération en proposant une liste. Donnez le calendrier des sorties prévues, s’il est prêt, pour permettre aux parents désireux d’accompagner son enfant de le prévoir.
  3. L’intervention pédagogique dans chacun des moments de vie: exposez le déroulement de chacune des routines et les interventions qui s’y rattachent. Par exemple, le dodo, parlez de l’horaire, des objectifs, de l’importance du sommeil ainsi que vos interventions. Il est pertinent de revenir sur les situations qui ont été préoccupantes l’année précédente. Rattachez suffisamment d’informations pour que le parent y voie les bienfaits et les raisons de votre pratique. Le même exercice peut être fait pour la routine du repas, de l’habillage, l’entraînement à la propreté, etc.
    D’une année à l’autre, et selon le groupe d’âge, on développera des sujets différents. Par exemple, il est peut-être plus pertinent de parler de l’importance de la sieste dans un groupe de 4 ans, alors que plusieurs parents font des demandes en ce sens que pour un groupe de la pouponnière. Derrière vos interventions, il est bien de parler des valeurs, le respect, l’autonomie, le partage sont souvent l’identité propre de chacune des familles.

Cette rencontre se veut agréable, sympathique mais aussi une façon de créer des liens avec chacune des familles. Votre préparation, les sujets discutés, votre accueil et ouverture démontreront votre professionnalisme. Une belle façon de sécuriser le parent dans son nouveau rôle.

Cette rencontre doit se faire dans le local de leur enfant. Fernande doit permettre des échanges entre parents, prévoir une pause café et un temps limite afin de garder l’intérêt de tous. Une heure trente à deux heures sont suffisantes; si certains sujets concernent un ou deux parents, il est préférable de les rencontrer dans un autre temps.

Sachez qu’un parent bien informé sur le déroulement d’une journée en CPE permettra plus d’échanges sur les progrès de son enfant.

Bonne préparation pour votre rentrée!

Une rencontre de parents… pour bien démarrer l’année!

Comme à chaque année, Marguerite se prépare à rencontrer ses nouveaux et ses anciens parents de son groupe multiâge. Elle considère ce moment important pour tisser des liens avec les familles, pour faire connaître le déroulement d’une journée, les interventions qu’elle favorise, ses attentes et les valeurs qu’elle soutient dans son milieu. Les thèmes, les événements et les sorties sont également discutés. Elle en profite pour faire des petits rappels sur les règles du milieu et les choses que les parents doivent apporter. Cette année, la rentrée est un peu spéciale, elle a implanté avec l’aide de sa conseillère pédagogique le programme JOUER C’EST MAGIQUE. Elle voudrait faire participer les parents à des ateliers afin de les sensibiliser au vécu de leur enfant. Mais comment peut-elle demander aux parents de faire un choix d’ateliers, de vivre des échanges entre eux et de partager avec le groupe, et ce dans un contexte démocratique? Un grand défi attend Marguerite!

À bien y penser, Marguerite se dit que si les enfants apprennent en jouant pourquoi pas les parents? Elle organise donc une soirée qui met en valeur le programme pédagogique de son milieu en gardant en tête les informations qu’elle veut transmettre. Voici donc sa démarche…

L’invitation est lancée. Elle prend soin de confirmer leur présence la journée même de la soirée par un rappel verbal. Marguerite a vraiment tout prévu pour avoir la participation de tous; une gardienne sera même disponible sur place pour les parents qui en ont besoin. La rencontre se fait dans l’environnement de leur enfant.

Marguerite débute le rappel des règles de son service de garde. Elle poursuit avec la présentation des différents tableaux que le parent peut consulter. Par exemple, le tableau des menus, des messages importants et des activités de la journée. Elle présente les objectifs du programme JOUER C’EST MAGIQUE et termine avec des photos des enfants du milieu représentant les cinq principes éducatifs. Elle fait visiter les cinq ateliers mis en place, soit le coin blocs, déguisements, arts plastiques, livres et manipulation. Le matériel de récupération, les jeux et les équipements disponibles font aussi l’objet de sa présentation.

Les outils pour travailler la gestion de groupe dans le cadre du programme sont expliqués aux parents: le tableau des tâches des enfants, le tableau des choix d’ateliers, de température et de gestion de conflits. Tout est mis en place pour que les parents puissent expérimenter chacun des coins. Pour ce faire, 4 problématiques de discussions sont placées dans chacun des ateliers pour alimenter les échanges en équipe de deux. Voici les sujets traités:

  1. Coucher mon enfant, un vrai casse-tête!
    À chaque soir c’est la même histoire, après le bain, je mets ma fille au lit. Je l’embrasse, la couvre bien, mais elle me rappelle à plusieurs reprises. Je finis souvent par m’impatienter et par claquer la porte de sa chambre… et elle pleure.
  2. Je me sens coupable!
    J’aime l’ambiance de la garderie, mais mon enfant est si petit…Je me sens coupable. Je me demande si elle s’ennuie beaucoup, si elle restera perturbée, est-ce qu’elle va m’aimer autant?
    Deux enfants mais tellement différents!
    Mes enfants sont en bas âge. Autant un possède un tempérament actif autant l’autre est discret. Lorsque l’on est en public, c’est le plus jeune qui répond pour le plus vieux. Je désire que chacun prenne sa place. Mais comment faire?
  3. Il fait toujours le difficile à la table!
    Mon garçon ne veut rien manger, je sais pourtant qu’à la garderie il mange bien. Sans même goûter il me dit qu’il n’aime pas, qu’il en a trop, qu’il n’a pas faim. Il va même garder de la nourriture dans sa bouche sans l’avaler.

Les problématiques sont lues aux parents pour les aider à faire leur choix d’atelier. Avec la photo de leur enfant, ils se choisissent un atelier. OUF, tous ont réussi à faire un choix sans conflit! Marguerite en profite pour faire un peu d’observation. Voici ce qu’elle a pu observer:

  • Une maman a fait son choix d’atelier avec une amie, après un certain temps elle a voulu changer d’atelier avec quelqu’un d’autre… Dommage personne ne voulait céder sa place car les discussions allaient bon train.
  • Un papa déçu de ne pas pouvoir aller dans l’atelier qu’il avait identifié au départ, puisque deux personnes y étaient déjà!

Marguerite peut aussi observer certaines déceptions lorsque vient le temps de se retrouver au GRAND CERCLE pour partager nos expériences.

  • On a encore des choses à se dire.
  • Pas déjà, on commence à trouver des solutions.
  • Peux-tu nous laisser encore un peu de temps?

Marguerite explique que les enfants vivent les mêmes frustrations dans leur jeu, mais elle maintient quand même sa demande pour pouvoir échanger sur leur vécu en sous-groupe.

Les parents parlent de leurs échanges, des éléments de solutions, des expériences vécues, ils disent trouver important de constater les mêmes problèmes dans chaque famille, ils se sentent moins seuls et constatent qu’ils ont eu l’occasion de mettre au profit des autres leurs trucs. Mais comme les enfants, les parents demandent à Marguerite des solutions. Elle intervient de façon démocratique, elle demande au groupe s’ils ont des idées pour aider l’équipe! Elle fait des liens avec le vécu de leur enfant et elle met en valeur ce que cette courte expérience leur a permis de développer. Elle se sert de cette occasion pour expliquer les expériences-clés du programme JOUER, C’EST MAGIQUE.

Marguerite distribue aux parents le journal quotidien de leur enfant, il est maintenant plus facile d’en expliquer le contenu suite à l’expérience vécue. La rencontre se termine par une période de questions, accompagnée de rires et de plaisir, comme avec les enfants! Marguerite constate que cette rencontre a été MAGIQUE pour faire connaître le programme éducatif à ses parents.

Deux semaines se sont écoulées après la rencontre de parents. Marguerite entend dans le vestiaire la maman de Philippe lui dire: «Je vois que tu as été dans le coin blocs ce matin avec ton ami Vincent, tu as appris à faire un garage avec … des boîtes de souliers.

  • Mais oui maman, Marguerite avait mis seulement des boîtes de souliers à la place des blocs de bois. Mon ami Vincent m’a dit viens Philippe je vais te montrer à faire un garage. Au grand cercle du matin, Marguerite nous a demandé de montrer notre construction et d’expliquer aux amis comment nous avions fait notre garage. Elle trouvait que nous avions eu ensemble une Super idée.»

La maman peut aussi lire dans le journal quotidien de son enfant que cette expérience a permis à son enfant de 4 ans de faire des pré-mathématiques (classer les boîtes, les aligner, choisir les grosseurs, grandeurs pour un plus grand équilibre). Il a également travaillé sa confiance en l’autre (permettre à Vincent de lui faire connaître son idée), sa capacité d’anticiper les événements (comprendre l’idée de Vincent), développer sa capacité d’être bien avec l’autre (collaborer au projet de Vincent et présenter au groupe leur création). Ces expériences s’additionnent à celles déjà en place et lui permettront d’aller encore plus loin dans une prochaine expérimentation.

La maman de Philippe peut maintenant faire des liens avec les cinq principes du programme éducatif qui sont :

  1. L’enfant est unique.
  2. L’enfant apprend par le jeu.
  3. L’enfant est le premier agent de son développement.
  4. Le développement de l’enfant est un processus global et intégré.
  5. La collaboration entre le personnel éducateur et les parents favorise le développement de l’enfant.

Marguerite observe depuis cette rencontre :

  • Une plus grande sensibilité du parent au savoir-être de son enfant (être bien avec soi et les autres).
  • Une préoccupation moins présente pour le produit fini et les activités scolarisantes.
  • Une compréhension de l’apprentissage par le jeu.
  • Une appropriation du programme JOUER, C’EST MAGIQUE
    Un intérêt à la lecture du journal quotidien de son enfant.
  • Une collaboration pour apporter du matériel de récupération.
  • Une plus grande compréhension et respect des règles et du fonctionnement du service de garde.
  • Mais surtout une plus grande RECONNAISSANCE du travail de la responsable de garde de leur enfant….

En début d’année, démarrer du bon pied C’EST MAGIQUE POUR L’ANNÉE…

Bonne rencontre !

Attrait visuel

Le bébé aime regarder des choses qui bougent, qu’est-ce que je peux mettre à sa vue qui peut répondre à cet intérêt ?

Bien sûr beaucoup de choses, mais il est important de sélectionner des objets qui peuvent éveiller le regard de l’enfant tout en lui permettant de se concentrer et de suivre des yeux l’objet attrayant. Pour ce faire, il est important de considérer différents aspects telles que la couleur, la forme, le déplacement de l’objet, sa brillance et sa grosseur. Un jeu bien connu tel que le mobile apporte différentes stimulations dans ce sens mais après quelques mois d’utilisation (0-6 mois) le mobile reste toujours le même objet; il offre peu de polyvalence… Alors que des objets de la maison peuvent avoir la même utilité que le mobile et avoir beaucoup plus de polyvalence. En voici un exemple.

Matériel

  • Prenez un support à bas de forme ronde avec attache en plastron (souvent retrouvé au Dollarama) qui ressemble un peu à un carrousel et suspendez-y des rubans de Noël brillants à chacune des épingles (faire descendre des longueurs jusqu’à 3-4 pieds du sol).

Objectif

  • Développez l’attrait de l’enfant par la couleur, mouvement et le déplacement des rubans.
  • Suivrez des yeux le mouvement des rubans.
  • Exercez des mouvements pour attraper les rubans (exercer ce mouvement du balai avec ses mains).
  • Déplacer des rubans sur le corps de l’enfant (développer le sens du toucher).
  • Exercez son attention et sa concentration sur les rubans qui bougent.

Utilisation

  • Ce genre de petit carrousel en rubans de Noël peut servir aux marcheurs d’exercice motrice en passant en dessous tout en flattant son visage par les rubans.
  • D’autres objets peuvent également être suspendus à l’aide de petits fils élastiques (ex: toutous, tissus, papier de soie, petites balles, choux de cadeau, plumes, etc.).
  • Placé au centre d’une pièce, ce petit carrousel peut servir de décoration en plus d’être un objet de stimulation pour les 0-18 mois.

Si vous constatez que le tout-petit cherche plus à tirer sur les rubans ou les autres objets installés sur le carrousel, mettez les objets un peu plus haut. Même de cette façon l’objet reste un attrait visuel autant pour le poupon que pour le marcheur.

Bonne découverte !

Un coin pour les grands, pourquoi pas !

Vous arrive t-il d’observer un enfant de quatre ou cinq ans et même un enfant de trois ans de votre groupe multi-âge se montrer impatient avec le plus petit. Juste à voir le plus petit s’approcher de son jeu, le plus grand crie, il le repousse et parfois même vous demande d’intervenir. Si vous vivez ce genre de situation, ce qui suit peut vous aider !

La solution n’est certainement pas de demander au plus grand d’être raisonnable avec le petit. Puisque le plus vieux n’a pas les mêmes intérêts et besoins de jeux, il est normal qu’il désire à certains moments de la journée se retrouver dans un contexte adapté à son âge. Il pourrait alors échanger, faire des découvertes, construire, inventer, bricoler et ce avec du matériel correspondant à ses intérêts.

Les plus vieux ont besoin de se retrouver entre eux pour développer leurs habiletés sociales, leur autonomie, pour leur permettre de trouver des solutions, d’être créatifs et de se faire valoir auprès des autres enfants par leurs qualités de cœur. C’est également un moment pour le plus vieux de mettre en application des règles et des consignes du milieu sans la présence de l’adulte.

L’enfant de quatre et cinq ans accorde une grande importance à ce qui est permis et ce qui ne l’est pas et il est davantage respectueux des règles lorsqu’il sent que vous lui faites confiance. Il cherche à vous prouver qu’il est vraiment GRAND. Ce qui ne veut pas dire que l’adulte ne doit jamais accompagner l’enfant de quatre-cinq ans dans ses jeux.

Le fait de permettre aux plus vieux de se retrouver entre eux est une façon de limiter les frustrations et de valoriser le grandir de l’enfant. Et encore plus intéressant, cette période lui permet de se préparer à son l’entrée à l’école. Vous avez sans doute pu observer un jeu de grand qui se termine à votre simple arrivée. Dommage d’interrompre une aussi grande imagination ! Le coin des grands est peut-être la solution pour vous!

Mise en place du coin des grands
Pour mettre en place un coin des grands, rien de plus simple. Il faut procéder par étape.

  • Dans un premier temps, identifiez les moments d’utilisation qui seront pertinents pour vos grands.
  • Ensuite, sélectionnez des jeux exclusifs à ce coin, par exemple, des jeux à petites pièces, des bricolages avec du matériel non adapté au petit.
  • Troisièmement, trouvez l’emplacement de ce coin, il doit être peu retiré des autres coins de votre salle de jeu, par exemple : pièce avec petite barrière qui limite l’accès aux petits, en dessous de l’escalier, un grand garde-robe avec paravent, une grosse boîte de carton, genre boîte de frigo.

N’oubliez pas de présenter votre idée aux grands dans un moment où les petits n’y sont pas, pendant la période du dodo, par exemple et demandez-leur leurs idées.
Conscientisez l’enfant au fait qu’être seul dans cet espace demande le respect de certaines règles de fonctionnement et de sécurité. Il se sentira tellement responsable et grand! Sensibilisez-le à la sécurité en lui permettant d’utiliser un cylindre pour tester les petites pièces, il pourra ainsi participer à la sécurité du petit. Faites lui connaître votre disponibilité et votre rôle durant l’utilisation du coin des grands.

Le petit a-t-il la permission d’aller avec le grand ? Non. La responsable profite de ce moment pour stimuler le petit et lui offrir du matériel nouveau. Elle pourra ainsi observer ses goûts et intérêts pour répondre à ses besoins. Pour le plus vieux, une supervision discrète sera nécessaire pour qu’il se sente en sécurité et compétent dans ses élans d’autonomie. Le coin des grands lui offre des occasions d’expérimenter le succès dans ses efforts d’être grand. De cette façon, vous vous assurez de répondre à son plein potentiel de croissance !

Le coin des grands, pourquoi pas pour moi aussi !