Faut-il s’oublier pour répondre aux besoins des enfants ?

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Mathilde 4 ans et Émile 2 ans vivent dans une famille nucléaire. Les deux parents sont dans la trentaine et travaillent à l’extérieur. Les enfants vont au CPE 4 jours semaine et sont à la maison avec maman le vendredi. Comme toute jeune famille, il est parfois difficile de concilier les obligations et la vie de famille. Les parents de Mathilde et Émile se questionnent sur la façon de répondre aux besoins de leurs enfants ? Doivent-ils s’oublier comme adulte ? Comment bien répondre aux besoins de leurs enfants ?

Faire le choix d’avoir des enfants est dans un premier temps d’accepter d’aborder la vie au quotidien d’une autre façon. Les changements qu’impose la venue d’un enfant sont parfois difficiles à assumer pour le parent. En effet, ce petit être à peine d’une semaine bouleverse de nombreuses habitudes qui déstabilisent la vie des deux adultes. Les nuits de sommeil écourtées, les inquiétudes face à des situations inconnues, les remises en question dans leur nouveau rôle et les multiples conseils de l’entourage sont des préoccupations pour le parent en apprentissage. L’enfant devient alors leur meilleur guide à condition que l’adulte soit capable de reconnaitre les besoins de son tout-petit.

Se questionner, se préoccuper, s’inquiéter est une preuve d’amour envers son enfant. Je t’aime assez pour répondre du mieux que je peux à ce qui est bien pour toi. Chacun le fait avec son bagage d’expérience et son héritage familial. Parfois, notre enfant nous demandent plus, ce PLUS est la capacité comme adulte de saisir les propres besoins de son enfant et faire abstraction aux siens.
Avoir du cœur et du gros bon sens prend alors beaucoup d’importance, mais quel défi pour le parent à devenir. Notre enfant nous fait souvent revivre notre enfance, partir de nous, de nos valeurs, de ce que nous sommes. Supporter, confronter et éduquer à la fois notre tout-petit demande beaucoup à l’adulte. Pour y arriver, il faut mettre du temps, de l’énergie et parfois même s’oublier pour mieux encadrer et sécuriser notre petit. S’oublier dans le sens de prioriser l’enfant avant nos propres besoins d’adulte, de garder la priorité sur l’enfant malgré la vie tumultueuse; ce qui veut dire, faire des choix en fonction de notre famille (papa, maman, Mathilde et Émile). Être attentif aux changements d’attitudes ou comportements qui nuisent au développement de nos enfants et apporter les changements nécessaires au quotidien. Être capable de mettre nos limites pour le bien-être de nos petits. Nous refusons les soupers à l’extérieur le dimanche soir pour coucher les enfants plus tôt. Apporter des changements dans nos activités (sorties, cercle d’amis, voyage, visites des familles). En visite par exemple, nous arrivons et partons plus tôt maintenant que nous avons des enfants. Lorsqu’il y a une fête, nous prévoyons le nécessaire pour coucher nos enfants et profiter de la fête entre adultes.

Les parents de Mathilde et Émile sont des parents aimants et veulent le bien de leur progéniture. L’environnement de leurs enfants est très familial, des visites chez mamie, des soupers entre amis(es), fêtes et des activités sont fréquentes dans la vie de Mathilde et de Émile. Lors de ces rencontres, les parents peuvent observer que les enfants sont animés par des adultes qui répondent aux idées les plus farfelus des deux petits. L’intérêt des rencontres est orienté en grande partie sur les deux enfants. Malgré les airs de fêtes autour d’eux, les parents de Mathilde et Émile reconnaissent leurs besoins. Ils sont sensibles aux signes de fatigue, s’assurent que les enfants mangent bien même avec la présence de Mamie, voient à la sécurité et à l’hygiène de leurs petits et prennent en charge l’heure du dodo avant que les enfants soient trop fatigués et manifestent des comportements pour le démontrer (cris, pleurs, jeux dangereux, se roule sur le plancher pour démontrer sa fatigue). En agissant ainsi, Mathilde et Émile reconnaissent qu’ils sont importants aux yeux de leurs parents. En répondant aux besoins de bases, le parent sensibilise l’enfant à ses propres besoins. Ainsi, plus vieux l’enfant sait ce qui est bon pour lui et a les moyens d’y répondre. En exerçant la routine du dodo même pendant une rencontre en famille ou entre amis (es), l’enfant apprend à vivre la séparation et développe ainsi son autonomie affective. De plus, Mathilde et Émile comprennent la place qu’il occupe dans la famille auprès d’adultes. Après avoir pris du temps à jouer avec Mamie, Dady, Tante Lyne et oncle Daniel il est l’heure pour les adultes maintenant. Il est certain, que le dodo peut-être un peu plus tard afin de laisser les enfants profiter de la visite de Mamie tout en expliquant que ce soir c’est spécial. L’important est que l’enfant prenne conscience qu’il est au cœur des préoccupations de son parent même en situation particulière.

Répondre aux besoins des ses enfants s’est aussi s’obliger comme parent à prendre du temps pour soi sans la présence des enfants. C’est un défi pour toute jeune famille !!!

Observer pour mieux planifier

Voilà déjà 5 ans que Marion est éducatrice du groupe des 4 ans. Elle constate que ses activités n’ont pas toujours le même succès. À chaque année, elle se voit obligé de revoir sa planification et doit même parfois réinvestir du temps à chercher d’autres activités. Trop souvent, elle s’est retrouvée devant un groupe peu enthousiasme à ses idées. Une activité super populaire peut ne pas être appréciée l’année suivante… mais pourquoi? Marion aime pourtant son travail et elle met toujours autant de rigueur à la préparation de ses activités. Elle a de la facilité avec ce groupe d’âge et elle connaît bien les goûts et intérêts des 4 ans. Marion se questionne sur sa planification; elle ne voudrait surtout pas revivre les mêmes difficultés. Doit-elle refaire la même planification sans rien changer? Doit-elle faire plus d’activités pour préparer son groupe à l’école? Travailler davantage la concentration, l’autonomie ou peut-être la motricité fine pour développer les habiletés nécessaires pour l’écriture? Son questionnement se poursuit jusqu’au jour où Lorraine, une stagiaire de 2 e année en techniques d’éducation à l’enfance l’oriente dans ses réflexions.

Pour bien des éducatrices, l’observation est une activité spontanée et naturelle. Elle est souvent utilisée en service de garde pour mieux connaître l’enfant sur le plan de son développement ou pour comprendre un comportement problématique. Les outils comme les grilles et les tableaux permettent de rapporter des faits objectifs et limitent les interprétations. Les données d’observation recueillies sur grille, permettent à l’éducatrice d’orienter ses interventions dans le but de mieux faire cheminer l’enfant. Rares sont les éducatrices qui observent le groupe pour planifier leur programme d’activités. Marion découvre, en discutant avec sa stagiaire que son premier objectif de stage est de faire de l’observation participative avant même de penser à développer des idées d’activités. Lorraine doit prendre le temps d’observer leurs goûts, intérêts et leurs limites comme groupe. Quelles sont les actions qu’ils répètent? Quels sont les jeux qu’ils aiment faire? Quels sont leurs échanges? Qu’est ce qui les fait rire? Comment gèrent-t-ils leurs conflits? Quel est le niveau de développement de l’ensemble du groupe sur le plan moteur, cognitif, social et affectif? Ces observations permettront à Lorraine de connaître les enfants afin de mieux saisir leurs besoins. Les données recueillies serviront à planifier, structurer et organiser des activités adaptées au groupe. Marion découvre en parlant avec sa stagiaire qu’il est bien difficile de planifier des activités sans connaître le groupe. Marion constate que ne pas utiliser l’observation pour planifier c’est comme bâtir une maison sans fondation.

En observant le groupe, elle découvre qu’Émilie est souvent dans le coin autos avec Pierre-Luc; ils organisent des circuits pour faire des routes avec les voitures. Elle constate que Luce, Claudie et Marie-Éve aiment beaucoup faire des jeux de table qui demandent des habiletés en motricité fine. Quant à Juliette et Alexis, ils sont dans le coin déguisements et se font différents scénarios et pour ce qui est de Charles, elle remarque qu’il est souvent seul (le fait de venir 3 jours semaine au CPE ne lui permet pas de faire «SA» place auprès du groupe). Plusieurs autres observations aident Marion à identifier les besoins de son groupe de 4 ans.

La mise en commun de ses observations avec celles de sa stagiaire confirme que le groupe a besoin davantage de place pour être autonome et prendre de l’initiative. Le fait de démontrer de l’intérêt pour des jeux de manipulation lui indique qu’il pourrait être intéressant de nourrir les coins par des objets qui demandent de la précision et de la minutie. Par exemple, avoir différents types de petits objets qu’ils peuvent classer, aligner, sérier et s’inventer des jeux. Offrir dans le coin autos du matériel de récupération, pour permettre d’organiser leurs jeux d’une toute autre façon. Par exemple, leur permettre de faire des chemins avec du papier collant coloré, mettre des boîtes à souliers pour faire des garages, installer le tapis de voitures au mur plutôt qu’au sol. Le coin déguisements est populaire pour certains enfants, ajouter du matériel qui stimule l’imagination, par exemple un clavier d’ordinateur, des sacs d’épicerie, des articles de coiffure, articles à mettre dans les sacs à mains (tablette de papier, crayon, porte monnaie, lunette de soleil) etc. Ajoutez dans le coin livres, des cartes postales, cartes de fête, des albums photos de chacun des coins avec les enfants en action, des circulaires, revues d’autos. Ce coin peut être l’occasion pour Marion d’échanger avec Charles.

Marion constate que ses observations sont riches d’informations. La planification de ses observations avec des objectifs plus précis lui permet de mieux voir les besoins. Elle remarque que cette nouvelle approche change de beaucoup sa façon de voir son travail d’éducatrice. En effet, elle n’est plus celle qui apporte, propose et même impose ses idées pour répondre à sa planification. Maintenant, elle regarde et cherche à voir les intérêts, goûts et besoins de son groupe actuel. Ce changement lui permet d’être attentive à chacun des enfants, sensible aux différences et même créative pour apporter de nouvelles stimulations. Elle considère avoir plus de temps avec chacun des enfants car son rôle n’est plus d’animer, de montrer et même d’enseigner mais plus de suivre et de supporter l’évolution de chacun des enfants. En fait, Marion n’est plus au centre des enfants mais les enfants au centre de ses préoccupations!

Lorraine est en stage depuis trois semaines, elle participe aux jeux des enfants, elle note ses observations, elle apprend à les connaître, elle identifie de plus en plus les intérêts des enfants. Lorraine découvre qu’ils aiment bien les insectes, qu’ils lui posent souvent des questions sur la vie de ces derniers, qu’ils cherchent dans la cour des vers de terre, araignées, des coccinelles. Elle profite de cette préoccupation du groupe pour alimenter leur intérêt. Elle apporte des livres et des revues sur le sujet. Elle cache des insectes en plastique dans des boîtes à souliers remplies de sable. Elle organise un safari d’insecte dans la cour, chacun cherche des insectes à mettre dans sa chaudière. Elle permet, aux enfants qui le désirent, d’étudier leurs trouvailles avec des loupes. Lorraine a eu beaucoup de plaisir à voir les enfants vivrent ces différentes expériences scientifiques qui découlent de ses observations et de sa grande sensibilité aux enfants.

Marion et Lorraine sont maintenant convaincues «qu’observer pour mieux planifier c’est l’affaire de tous!»

Ce texte m’a été inspiré par mon travail de superviseure de stage. Lorraine, étudiante de deuxième année en techniques d’éducation à l’enfance m’a permise de faire ses belles découvertes. Merci pour ta générosité!

Les bons coups dans les milieux en 2006

Pour commencer la nouvelle année, j’ai pensé vous faire connaitre les découvertes que j’ai faites en 2006 dans les milieux. J’ai vu et entendu beaucoup de belles et bonnes choses qui se font dans les CPE des régions de Laval et Lanaudière. Le travail d’éducatrice est trop souvent peu valorisé pour que je passe sous le silence ce que j’ai pu observer durant la dernière année. Malgré le vent de changement dans le monde de la petite enfance, plusieurs éducatrices ont réussi à garder quand même le cap sur les tout-petits. En se souciant de leur développement et leur stimulation, elles ont su mettre en place des outils pour mieux intervenir et rendre le milieu plus sécuritaire. Des moyens créatifs, ingénieux et peu couteux ont été mis en place pour répondre aux besoins des enfants. Les bons coups sont ceux dont j’ai eu l’occasion de voir lors de mes supervisions de stage, mes formations et de mes rencontres avec les éducatrices de différents milieux de garde. Il est certain, que bien d’autres belles choses se font dans nos milieux au Québec dont je n’ai pas eu l’occasion de visiter. Notre site est une belle façon de faire un clin d’œil sur vos bons coups. Je vous invite donc, à nous faire parvenir vos idées, vos moyens, vos projets pour en faire bénéficier d’autres éducatrices. L’ouverture à ce qui ce fait ailleurs repousse nos limites, valorise l’auteur dans ses idées et permet à l’enfant de se développer dans le plaisir. En voici donc des exemples.

1. J’ai eu l’occasion de voir dans un milieu de la région de Lanaudière une stagiaire qui avait développé un outil pour la résolution de problème avec un groupe de 4 ans. Elle avait accrochée après une ganse de son pantalon des petites cartes (un jeu de 4 petites images) qui suggéraient à l’enfant en conflit des solutions. De cette façon, elle permet à l’enfant de vivre de la réussite dans des situations plus difficiles, de faire des choix qui lui convient, de développer l’autonomie, d’utiliser la parole au lieu des coups. L’expérience a été un succès. Cet outil, peut être d’une grande utilité au parc ou dans la cour lorsqu’il a beaucoup d’enfants. Il n’est pas toujours facile de tout voir, ce trousseau de cartes permet à l’enfant d’aller vers l’adulte et trouver lui-même des solutions. Une idée d’Émilie Hallé stage 2 Cégep l’Assomption.

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2. Une belle faço n de rééquilibrer les énergie s avec ce jeu d’éponges. En effet, une éducatrice a développé une façon de recentrer l’enfant sur lui après une grande décharge énergétique. Le matériel est facile à trouver, un p lat de plastique transparent et des petits carrés d’éponges. Elle fait quelques trous sur le couvercle et place dans le contenant des petits carrés d’éponges. Le jeu consiste à vider le contenu, remettre le couvercle et incérer les petits morceaux d’éponges dans le contenant par les petits trous du couvercle. Un bel exercice de motricité fine qui demande beaucoup de dextérité manuelle et de concentration. Une idée du CPE Gamin Gamine à Terrebonne

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3. Une éducatrice qui remplace les pauses au CPE Gamin Gamine a trouvé une façon bien à elle d’être significative auprès des enfants. Elle arrive toujours avec sa boîte à chansons. La boîte contient plus d’une cinquantaine de petites cartes sur lesquelles on y retrouve un titre et un dessin qui représente la chanson. Même si elle est seulement 20 à 30 minutes avec le groupe elle en profite pour chanter. Cet outil lui permet de vivre des bons moments en peu de temps avec les enfants.

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4. Tout simple, mais plein de sens. Des couvercles de jus congelé transformés en couvercles sensoriels… C’est une éducatrice à la pouponnière au CPE G amin Gamine qui a eu cette merveilleuse idée pour stimuler la découverte et l’exploration du tout-petit.

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5. Un jeu d’association bien spécial. En effet, des formes de boutons reproduites sur un carton et un petit contenant avec les boutons. Le jeu consiste à replacer le bouton sur la bonne forme. Ce jeu peut faire patienter avant le repas ou permettre aux enfants qui ont terminé une activité de jouer à ce jeu en toute sécurité sans l’aide de l’adulte. Une ingéniosité du CPE Gamin Gamine à Terrebonne.

Les_bons_coups_dans_les_milieux76. Voilà un outil de langage très pertinent réalisé par le CPE Gamin Gamine à Terrebonne. À l’aide de couvercles de jus congelé, mettre des images différentes des deux côtés. Une canne à pêche jouet ou simplement un bâton avec corde et aimant pour facilité la prise. Le jeu consiste à pêcher un couvercle et de nommer l’image. Plusieurs variantes possibles peuvent rendre ce jeu stimulant. Par exemple, faire une histoire avec les couvercles, un jeu de loto avec deux images pareilles à attraper, mettre les photos des enfants sur les couvercles de jus et en faire une histoire rigolote.

7. Une éducatrice eLes_bons_coups_dans_les_milieux8n milieu familial a développé un coin grand avec très peu d’espace. Le groupe d’enfants était constitué de 4 bébés de 15, 17 et deux enfants 18 mois et un grand ami de 3 ans 1/2. Les journées pour le plus vieuxétaient de plus en plus difficiles pour lui. En effet, il n’arrivait pas à se concentrer sans qu’un petit explorateur s’improvise dans ses jeux. La réaction était automatique des
cris et des pleurs suivis même parfois par des coups portés sur le petit. Les interventions négatives se multipliaient. Devant une telle situation, l’éducatrice a eu la bonne idée de créer un coin grand en hauteur. Un simple comptoir de cuisine avec armoire intégrée sur le côté et une espace en dessous pour y mettre un caisson à trois tiroirs. Une chaise style bistro pour permettre à l’enfant d’être plus haut pour bricoler, faire des jeux de table, du dessin des lego et bien d’autres choses. À vous de faire l’expérience. Une idée de Julie Perreault dont le service de garde en milieu familial est situé à Mascouche.

Les_bons_coups_dans_les_milieux98.Le CPE La Marmaille de Laval a trouvé une façon bien à eux de gérer les arrivées et les départs. À l’aide d’une plaquette métallique et de petites bandes aimantées où le nom de l’enfant est inscrit l’éducatrice peut mieux assurer la sécurité des enfants. Chacune des bandes est placée à l’endos de la plaquette, lorsque le parent arrive au service de garde le matin il met le nom de son enfant sur le dessus de la plaquette pour signaler sa présence. Lorsqu’il quitte le soir, il replace la bande aimantée à l’endos de la plaquette pour aviser de son départ. Cette façon de fonctionner évite bien des soucis pour les éducatrices et implique le parent à la sécurité de son enfant.

 

En espérant vous avoir fait partager mes trouvailles et susciter chez vous de l’intérêt.
Notre objectif est de favoriser du temps de qualité et ce dans le plaisir.

Aménagement de la cour extérieure par ateliers

Les jeux extérieurs deviennent parfois pour les enfants du déjà vu. Après un été bien rempli à explorer manipuler et expérimenter les équipements mis à la disposition des enfants, les enfants semblent saturés.

Comment peut-on apporter de la nouveauté à nos jeux extérieurs pour garder le plaisir de jouer dehors?

Les équipements aménagés dans la cour favorisent l’exercice de la grande motricité. Le module de jeux, le carré de sable, les chemins pour les tricycles, les balançoires sont des espaces de jeux standard pour les enfants de tout âge, chacun y retrouve du plaisir à exercer leurs habiletés motrices. La permanence de ce matériel peut-être à la fin de l’été un peu moins pertinente son utilisation fréquente durant la période estivale enlève l’excitation de la nouveauté. Afin de garder l’intérêt et le plaisir de jouer à l’extérieur, pourquoi ne pas reproduire des espaces de jeu sous forme d’ateliers ? De plus en plus, les services de garde aménagent l’espace à l’intérieur par des coins bien structurés et divisés. Les ateliers placés à l’extérieur peuvent également limiter le nombre d’enfants par espace de jeu et aussi réduire les conflits. Cet aménagement favorise les contacts avec des enfants ayant les mêmes intérêts de jeu, amène l’enfant à développer de nouvelles relations avec un ou deux amis à la fois. Mais à la différence des ateliers à l’intérieur… le bruit est permis.
Les ateliers à l’extérieur peuvent offrir des alternatives, si par exemple je veux limiter l’accès au module de jeu, je peux utiliser ce même module en fixant des paniers avec des ballons pour permettre à l’enfant d’exercer sa motricité mais d’une toute autre façon. Les infrastructures du milieu comme la clôture, le dessous de la galerie, la corde à linge, les fondations sont des endroits peu exploités, mais combien intéressants pour favoriser la créativité et la découverte chez l’enfant. En voici des exemples

Coin arts plastiques

Accrochez des panneaux de coroplaste sur vos clôtures, les panneaux sont lavables si vous utilisez de la peinture. En fixant du papier blanc sur le coroplaste vous pouvez alors utiliser des crayons de cire, feutre et bois. Ces panneaux peuvent être aussi exploités pour le collage.

Coin manipulation

Installez des paniers à la clôture avec des autos, animaux, bonhommes. Les paniers ajourés permetent à l’eau de s’écouler en cas de pluie. Il peut-être intéressant d’ajouter une table sans chaise pour manipuler et se déplacer avec aisance. Fixez sur les fondations un coroplaste sur lequel des images, des pièces de casse- tête avec velcro peuvent être placées. Une plaque de biscuits peut être fixée également sur la clôture pour y manipuler des objets aimantés. Vous pouvez aussi dans ce coin fixer à la clôture des tuyaux transparents pour faire descendre des objets.

Coin Imitation

Utilisez le dessous de la galerie pour jouer avec la cuisinière et accrocher des paniers pour les accessoires.

Coin lecture

Installez une piscine vide pour y mettre des revues, circulaires, livres etc. Les enfants peuvent s’isoler dans la piscine sans eau bien sûr… pour lire.

Coin eau et sable

Exploitez ce coin en utilisant des bouteilles remplies de sable avec des objets à l’intérieur. (Insectes en plastique, brillants, des pierres de couleur) et des bouteilles remplies d’eau (colorant, poissons en plastique) Pour permettre au petit de limiter ses frustrations au partage, donnez- lui une grande quantité de bouteilles. Vous pouvez augmenter le plaisir en accrochant à la clôture des sacs et sacoches. L’enfant s’amusera à mettre ou enlever les bouteilles du sac. Offrez la possibilité de manipuler du sable et de l’eau dans des petits bacs individuels, c’est une façon d’être plus en contact avec la matière.

Coin de grande motricité

Accrochez à votre corde à linge un drap avec des ronds découpés (peut-être présenté comme un jeu de poches géant) L’enfant peut s’amuser à lancer des ballons dans les ronds. Suspendre des ballons sur des fils élastiques de différentes hauteurs. L’enfant peut jouer à frapper les ballons. Le boyau d’arrosage peut servir à faire des chemins (comme un parcours. Mettez une échelle au sol, l’enfant pourra se déplacer entre les barreaux. L’enfant travaillera ainsi son équilibre et son organisation spatiale (un peu comme le jeu de l’élastique). Accrochez des paniers à la clôture pour y lancer des ballons et des balles.

Le choix des coins doit se faire selon les intérêts de l’enfant. Il n’est pas recommandé d’utiliser un tableau pour les choix des ateliers. Le jeu extérieur doit contenir un minimum de consignes pour assurer la sécurité et favoriser le plaisir de jouer à l’extérieur. Le but est de mettre en place des alternatives lorsque certains jeux amènent de l’intervention négative plutôt qu’une source de plaisirs.

L’été tire à sa fin mais le beau temps persiste. Il est encore temps de jouer dehors pour un certain temps. Je vous souhaite donc de passer du bon temps dans vos nouveaux aménagements !!!

Certaines idées d’aménagement de la cour ont été pensées et mises en place par le centre de la petite enfance Caroline de Laval