Jouer au parc, plus qu’une surveillance….

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Josée Lespérance, Enseignante en TÉE
Juin 2014
www.aveclenfant.com

Plusieurs milieux de garde choisissent le parc du quartier comme espace de jeu extérieur. Alors que d’autres font le choix de ne pas aller au parc. En effet, plusieurs parcs ne sont pas toujours adaptés aux tout-petits et peuvent être une source de danger importante. Pour que le parc devienne un lieu autre que de la surveillance afin d’éviter les accidents, je vous propose une TROUSSE À IDÉES. Cette trousse doit contenir du matériel polyvalent qui permet de s’amuser avec presque rien. Elle invite l’éducatrice à créer plusieurs jeux avec un seul objet et il peut être utilisé en tout temps pour le parc mais aussi pour toutes autres sorties. Cet outil permet de limiter les moments d’attente, donne la possibilité de faire bouger les enfants, développe de nouvelles idées de jeux et propose de s’amuser avec presque rien et bien plus encore.

Des foulards, un ballon de plage, des bâtons à café ou bâton pop sicle, sac recyclable, épingles à linge, carte d’échantillon de peinture, anneau de chansons sont des objets qui offrent plusieurs possibilités. Voici donc des idées que je vous propose pour votre trousse qui seront certainement alimenter vos sorties au parc cet été.

FOULARDS : Avoir un foulard pour chacun des enfants.

Courir avec les foulards, cacher certaines parties de son corps avec son foulard, lancer son foulard le plus haut possible et se rassoir avant qu’il ne retombe, faire une grande couverture avec tous les foulards, souffler sur son foulard pour le faire voler.

BALLON DE PLAGE : Un seul ballon suffit.

Se passer le ballon de différentes façons (entre les jambes, au-dessus de la tête, sur le côté, etc.) Suspendre le ballon pour le taper, faites rouler le ballon avec différentes parties du corps (avec le coude, le pouce, le nez, etc.) Lancer le ballon sans le faire tomber au sol, jouez au petit cochon avec un ballon, jouez au ballon en étant sur les genoux, assis et même couché….

BÂTON DE CAFÉ OU POP SICLE : avoir une grande quantité.

Faites des formes avec les bâtons, jouez à déplacer un seul bâton à la fois d’un endroit à l’autre, faites des dessins dans le sable, faites un labyrinthe avec les bâtons et se déplacer entre sans y toucher. Laissez tomber une grande quantité de bâton et retirer un à la fois sans faire bouger les autres.

SAC RECYCLABLE : Un sac est suffisant.

Prendre le sac comme cible pour lancer des cocottes, lancez les cocottes au sol une à la fois, les enfants doivent les remettre dans le sac avant que le sac se vide, remplir le sac d’objets de la nature, sans regarder l’enfant touche et identifie ce qu’il touche, placez les épingles à linge autour du sac, un enfant coure avec le sac et il faut le rattraper.

ÉPINGLES À LINGE : Avoir une grande quantité.

Classez par couleurs, attachez sur soi, les attachez l’une à la suite de l’autre, les cacher et les trouver, allez ramasser des feuilles avec des épingles et les déposer dans le sac recyclable.

CARTES D’ÉCHANTILLON DE PEINTURE : 5 à 8 cartes pour chacun des enfants sur anneau.

Trouvez dans l’espace des objets de la même couleur, identifiez une couleur de vêtement d’un ami, jouez à changer de couleurs de carte avec un ami, trouvez des cartes de la même couleur avec les autres, nommez une couleur et un mouvement.

ANNEAU DE CHANSONS : Avoir plusieurs anneaux selon les saisons, thèmes, événements.

Chansons sur carton avec dessins sur le dessus afin que l’enfant puisse identifier de quelle chanson il s’agit. Pour plus de résistance, les plastifier et les mettre sur anneaux. C’est une belle façon de penser à chanter même à l’extérieur.

Le temps que vous allez passer à supporter, proposer, enrichir, stimuler les actions de l’enfant avec ces outils influencera grandement le jeu extérieur. Car sachez que, l’interaction et la rétroaction de l’adulte auprès de l’enfant sont porteuses de modèles à suivre. Des recherches disent qu’il existe un lien direct entre la pratique précoce d’activités physiques, jouer dehors et les habitudes de vie du jeune adulte de demain. Jouer au parc, c’est donc plus que surveiller….

On arrive-tu ?

Qui n’a pas attendu son enfant dire de « on arrive-tu » bientôt? Comment pouvons-nous agrémenter nos déplacements en voiture avec notre enfant ?

Juin est souvent un moment de préparation pour les vacances. Certaines familles prévoient des vacances dans la région avec de courts déplacements chaque jour. Pour d’autres, un plus long séjour est prévu à l’extérieur de la maison, ce qui signifie parfois de longues heures de route avec la petite famille. Les déplacements en voiture avec des enfants demandent de l’organisation pour le parent qui veut se rendre à destination avec plaisir.

Pour l’enfant qui se déplace en voiture avec ses parents pour des vacances d’été signifie des moments différents, des découvertes et des expériences nouvelles en famille. Préparez votre enfant à l’avance cela lui permettra d’anticiper les événements et d’imaginer ses vacances en terme de plaisirs et d’activités. Même si nous avisons nos enfants de la durée du trajet nous pensons peu à animer les moments passés en voiture. Il n’est pas rare que après seulement 60 minutes de route notre enfant nous demande ON ARRIVE -TU ?

Pour le jeune enfant, la notion de temps est plus vécue en terme d’images Avant/Après. La durée du temps est influencée parce qu’il ressent comme par exemple la fatigue, la faim, l’inactivité etc. Alors que l’enfant de 7 ans peut plus évaluer le temps en terme de durée par différents outils, par exemple une montre ou un cadran. Il reconnaît l’heure, les minutes, les mois et les années. Il demeure soumis comme le petit à vivre le temps selon ses pulsions et ses humeurs ressenties durant la durée du trajet imposé. Plus les pulsions motrices ou verbales sont grandes, plus l’enfant ressent le temps comme étant long et frustrant. Il est donc difficile pour un jeune enfant d’être inactif en voiture. Afin d’éviter certaines tensions, il faut prévoir avec votre enfant des petits jeux, des échanges et des arrêts plus fréquents pour se délasser. Les déplacements en auto seront alors moins difficiles.

Lorsque nous pensons aux déplacements en voiture, nous pensons à des petits jeux à donner à différents moments du trajet. Il est aussi très important que l’enfant ressente votre investissement et le plaisir que vous avez à voyager avec lui. Donc l’achat d’objets à manipuler en auto est important mais votre implication l’est aussi. L’enfant doit être animé par son parent pour l’aider à patienter lors des déplacements. Voici des exemples :

  • Chantez en famille à l’aide d’un CD ou des chansons connues par l’enfant.
  • Faites rechercher certains éléments de l’environnement (ex. on cherche une vache, une voiture rouge, etc.)
  • Jouez à l’objet imaginaire, prendre un crayon dans ses mains et lui trouver un nouveau nom et fonction. Par exemple, le crayon devient un micro, un parapluie, une règle.
  • Jouez aux devinettes comme par exemple : qu’est ce qui est rond qui peut-être rouge, vert ou jaune et qui pousse dans les arbres (pomme).
  • Jouez au téléphone
  • Trouvez ou identifiez des mots sur les panneaux publicitaires.
  • Inventez une histoire que l’enfant doit poursuivre. Ex. : Je suis un petit lapin qui se nomme…
  • Dessinez dans le dos de votre enfant avec vos doigts et l’enfant doit deviner de quoi il s’agit.
  • Jouez à l’alphabet routier, il s’agit d’identifier dans l’ordre l’alphabet sur les panneaux publicitaires
  • Jouez à faire les plus drôles des grimaces.
  • Jouez à mon petit œil espion, dans l’auto il y a un objet qui est rond et qui peut tourner et faire du bruit (le bouton du radio)
  • Jouez au jeu de mémoire. Je fais ma valise et j’apporte mon pyjama. Votre enfant rajoute un objet dans la valise mais doit aussi nommer ce que vous avez dit. Et ainsi de suite.
  • Jouez aux rimes (ex. J’ai rencontré Sylvie qui allait à Paris en taxi…)

Plus vous lui proposez des idées de jeux dans les déplacements, plus il sera capable de le faire seul avec d’autres enfants.

Il est aussi important que votre enfant puisse manipuler des objets lors de votre déplacement. Vous pouvez prévoir un sac à dos remplis de surprises. Une carte routière pour trouver des symboles, des bout de corde pour jouer à faire des formes, crayons avec petit carnet pour dessiner, des petits casse-tête, ballon de plage dégonflé, balles pour les arrêts, marionnettes à doigts, lampe de poche, cartes d’échantillons de peinture avec images, CD usagés (fait le même effet qu’un miroir avec le soleil), Cartes de tous genres, cartes de fêtes, cartes postales, photos de d’autres voyages, images du séjour prévu, des petits bacs de différents objets ex. (coquillages, épingles à linge) offrent d’autres possiblités. Il est important d’apporter des choses que l’enfant n’a pas l’habitude de manipuler afin d’avoir un plus grand intérêt de jeu. Il n ‘est pas nécessaire de connaître ce que l’enfant peut faire avec l’objet. Le simple fait de le découvrir lui même, lui apporte du plaisir.

Votre investissement dans les déplacements en auto aura peut-être un effet sur son futur… qui sait! Les longs moments de route avec votre enfant permettent de tisser des liens privilégiés avec lui. À l’adolescence, l’auto peut devenir un lieu d’échanges important entre vous et votre ado, l’absence du contact visuel facilite les confidences. Il garde un bon souvenir du temps vécu en famille et peut le réinvestir d’une autre façon et selon ses besoins. Alors Vroum, Vroum …!!! Et bon voyage avec votre marmaille!!

Rendre son milieu stimulant

Tous me diront que le matériel mis à la disposition de l’enfant, l’aménagement de l’espace, les interactions entre les enfants, les interventions de l’adulte, les possibilités de l’enfant à expérimenter sont de belles occasions pour faire des apprentissages. Par contre, peu d’éducatrices pensent à exploiter les infrastructures de leur local pour stimuler les enfants. Et pourtant, rendre stimulant un dessous de table, un derrière de chaise, faire parler de façon originale les murs, les plafonds et les planchers du local; c’est aussi une façon de stimuler la découverte!

Trop souvent l’environnement n’est pas utilisé à son maximum. Nous demandons à l’enfant de s’asseoir pour jouer alors que la chaise peut limiter l’expérimentation, surtout chez les 18 à 24 mois. La même chaise peut être un objet de découvertes si on fixe au dossier des rouleaux d’essuie-tout pour faire descendre des petits objets. Apprendre en se déplaçant, tirer, regarder, faire balancer sont des gestes naturels qui sont permis dans les activités motrices. Que l’enfant puisse le faire en tout temps dans un environnement sécuritaire donne des occasions pour l’enfant plus moteur d’agir sur son environnement en toute liberté.

L’enfant nous donne souvent des pistes de découvertes mais l’adulte hésite parfois à répondre au choix d’un jeu non conventionnel. Par exemple, une chaise sert à s’asseoir, nous manipulons sur une table et non sur le mur. Il est certain, qu’il faut tenir compte de la sécurité des lieux et des exigences du milieu. Mais lorsque que les résistances ne viennent que de l’adulte, n’est-il pas important de se questionner sur les besoins et intérêts de l’enfant plutôt que d’interdire et d’exiger par principe?

L’environnement physique a un impact sur le développement et le comportement des enfants. Ils ont besoin d’expérimenter avec leur corps pour en connaître les possibilités afin de bien les maîtriser. Ce regard différent sur son environnement demande à l’éducatrice d’observer, d’avoir de l’ouverture mais aussi de la créativité. Cette façon de stimuler s’additionne à ce que l’éducatrice fait déjà.

Un environnement animé, des enfants enjoués!

Le CPE Caroline, situé à Laval, a travaillé beaucoup dans ce sens. Les espaces restreints des locaux permettaient peu de possibilités pour installer un coin de manipulation. Suzie Tremblay, une éducatrice a eu la brillante idée d’utiliser un mur comme coin de manipulation. Une murale sur le thème des insectes a été pensée, les enfants pouvaient manipuler les petits insectes, les cacher dans un feuillage en plastique fixé au mur, les regarder à l’aide de loupes suspendues à la murale, les mettre dans des petites boîtes de différentes formes. Un jeu d’associations aimanté permettait de placer l’insecte dans son habitat. Des images ont également été placées au mur pour observer. Un thème bien exploité, mis en permanence dans l’espace de l’enfant. L’idée a permis plusieurs apprentissages selon les goûts et intérêts de chacun.

Voici d’autres façons d’exploiter l’espace et l’ameublement dans votre local….

  • Utilisez le dessous de la table avec des objets aimantés;
  • Mettez votre coin livres dans un bas d’armoire dont vous pouvez refermer les portes pour limiter l’accès;
  • Fixez un tapis à autos au mur pour avoir plus de place dans le coin blocs;
  • Collez des bandes de velcro au mur pour mettre et enlever des pièces de casse-tête avec velcro;
  • Collez au mur des boîtes de différentes formes pour déposer des objets;
  • Faites un labyrinthe au mur avec des rouleaux d’essuie-tout;
  • Suspendez au mur des crayons et du papier pour dessiner;
  • Attachez au dos des chaises des pochettes à manipulation;
  • Collez sur un banc ou une chaise des casse-tête pour éviter les déplacements d’un coin à l’autre;
  • Mettez une table à l’envers pour faire un espace de jeu temporaire;
  • Dans le coin moteur, suspendez du plafond des ballons (les ballons sont utilisés sous une forme différente);
  • Suspendez un grand drap avec des trous pour lancer des éponges de bain;
  • Utilisez les rampes d’escaliers pour faire un jeu de tressage géant;
  • Reconstituez une histoire que vous collez sur les contre- marches de l’escalier;
  • Installez un tissu de feutrine au mur pour lancer des rouleaux à cheveux (style velcro).

Le rôle de l’éducatrice est de créer un environnement stimulant pour le développement de l’enfant. N’est- il pas tout aussi stimulant pour l’adulte de découvrir de nouvelles façons d’animer autrement son environnement.