Jouer au parc, plus qu’une surveillance….

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Josée Lespérance, Enseignante en TÉE
Juin 2014
www.aveclenfant.com

Plusieurs milieux de garde choisissent le parc du quartier comme espace de jeu extérieur. Alors que d’autres font le choix de ne pas aller au parc. En effet, plusieurs parcs ne sont pas toujours adaptés aux tout-petits et peuvent être une source de danger importante. Pour que le parc devienne un lieu autre que de la surveillance afin d’éviter les accidents, je vous propose une TROUSSE À IDÉES. Cette trousse doit contenir du matériel polyvalent qui permet de s’amuser avec presque rien. Elle invite l’éducatrice à créer plusieurs jeux avec un seul objet et il peut être utilisé en tout temps pour le parc mais aussi pour toutes autres sorties. Cet outil permet de limiter les moments d’attente, donne la possibilité de faire bouger les enfants, développe de nouvelles idées de jeux et propose de s’amuser avec presque rien et bien plus encore.

Des foulards, un ballon de plage, des bâtons à café ou bâton pop sicle, sac recyclable, épingles à linge, carte d’échantillon de peinture, anneau de chansons sont des objets qui offrent plusieurs possibilités. Voici donc des idées que je vous propose pour votre trousse qui seront certainement alimenter vos sorties au parc cet été.

FOULARDS : Avoir un foulard pour chacun des enfants.

Courir avec les foulards, cacher certaines parties de son corps avec son foulard, lancer son foulard le plus haut possible et se rassoir avant qu’il ne retombe, faire une grande couverture avec tous les foulards, souffler sur son foulard pour le faire voler.

BALLON DE PLAGE : Un seul ballon suffit.

Se passer le ballon de différentes façons (entre les jambes, au-dessus de la tête, sur le côté, etc.) Suspendre le ballon pour le taper, faites rouler le ballon avec différentes parties du corps (avec le coude, le pouce, le nez, etc.) Lancer le ballon sans le faire tomber au sol, jouez au petit cochon avec un ballon, jouez au ballon en étant sur les genoux, assis et même couché….

BÂTON DE CAFÉ OU POP SICLE : avoir une grande quantité.

Faites des formes avec les bâtons, jouez à déplacer un seul bâton à la fois d’un endroit à l’autre, faites des dessins dans le sable, faites un labyrinthe avec les bâtons et se déplacer entre sans y toucher. Laissez tomber une grande quantité de bâton et retirer un à la fois sans faire bouger les autres.

SAC RECYCLABLE : Un sac est suffisant.

Prendre le sac comme cible pour lancer des cocottes, lancez les cocottes au sol une à la fois, les enfants doivent les remettre dans le sac avant que le sac se vide, remplir le sac d’objets de la nature, sans regarder l’enfant touche et identifie ce qu’il touche, placez les épingles à linge autour du sac, un enfant coure avec le sac et il faut le rattraper.

ÉPINGLES À LINGE : Avoir une grande quantité.

Classez par couleurs, attachez sur soi, les attachez l’une à la suite de l’autre, les cacher et les trouver, allez ramasser des feuilles avec des épingles et les déposer dans le sac recyclable.

CARTES D’ÉCHANTILLON DE PEINTURE : 5 à 8 cartes pour chacun des enfants sur anneau.

Trouvez dans l’espace des objets de la même couleur, identifiez une couleur de vêtement d’un ami, jouez à changer de couleurs de carte avec un ami, trouvez des cartes de la même couleur avec les autres, nommez une couleur et un mouvement.

ANNEAU DE CHANSONS : Avoir plusieurs anneaux selon les saisons, thèmes, événements.

Chansons sur carton avec dessins sur le dessus afin que l’enfant puisse identifier de quelle chanson il s’agit. Pour plus de résistance, les plastifier et les mettre sur anneaux. C’est une belle façon de penser à chanter même à l’extérieur.

Le temps que vous allez passer à supporter, proposer, enrichir, stimuler les actions de l’enfant avec ces outils influencera grandement le jeu extérieur. Car sachez que, l’interaction et la rétroaction de l’adulte auprès de l’enfant sont porteuses de modèles à suivre. Des recherches disent qu’il existe un lien direct entre la pratique précoce d’activités physiques, jouer dehors et les habitudes de vie du jeune adulte de demain. Jouer au parc, c’est donc plus que surveiller….

En vacances, on ne s’ennuie pas

Mon enfant fréquente la garderie tous les jours. Il s’y ai fait de nombreux amis et s’amuse beaucoup. Quelquefois, il ne veut pas revenir à la maison en fin de journée trop occupé à terminer son activité. Nous ne prévoyons pas de voyage cet été. Je me demande s’il ne va pas s’ennuyer en vacances avec nous. L’éducatrice me dit qu’il a besoin de vacances qu’en pensez-vous ?

Je partage totalement l’opinion de l’éducatrice de votre enfant. Pour l’enfant le jeu est un travail d’exploration, d’imagination, de manipulation. C’est un travail qu’il exerce passionnément près de 10 heures par jour en groupe. La vie de groupe génère du bruit, des cris, des pleurs, des demandes, de l’agitation : le fourmillement de tout ce petit monde crée un environnement sonore très irritant à la longue.

La fréquentation régulière d’un milieu de garde demande une gestion du temps très serrée. Les horaires familiaux bousculent parfois le rythme naturel de l’enfant. « Vite, vite, vite, on s’habille. Vite, vite, vite, on s’en va à la garderie. Zut, zut, zut, la circulation. » De plus, la vie de groupe représente de nombreux défis sociaux. L’enfant doit partager l’espace, la proximité des autres, les objets, la disponibilité de l’adulte. L’enfant vit des frustrations; il doit attendre son tour pour parler, pour avoir son verre de lait, pour obtenir un jouet, pour avoir le privilège d’être le premier de la file qui déambule. Les vacances lui permettront de ralentir le rythme, de réduire son stress, en prenant son temps sans être bousculé par les parents anxieux d’être à l’heure au travail ou par les amis de la garderie. Les vacances permettront surtout de se retrouver en famille dans un contexte de plaisirs, de détente. L’enfant a besoin de pauses-tendresses, d’activités partagées. Ces moments de rapprochements familiaux indiquent clairement à l’enfant qu’il est assez aimé pour être inclus dans les projets de ses parents.

Prendre du temps avec son enfant c’est l’aimer, c’est lui dire qu’on le choisit, qu’on le considère assez important pour partager avec lui ce temps privilégié des vacances. Je vois beaucoup plus dans ma pratique des enfants qui s’ennuient de leurs parents que de leurs amis. Redonnons à nos enfants la place qui leur revient, une place près du cœur.

On arrive-tu ?

Qui n’a pas attendu son enfant dire de « on arrive-tu » bientôt? Comment pouvons-nous agrémenter nos déplacements en voiture avec notre enfant ?

Juin est souvent un moment de préparation pour les vacances. Certaines familles prévoient des vacances dans la région avec de courts déplacements chaque jour. Pour d’autres, un plus long séjour est prévu à l’extérieur de la maison, ce qui signifie parfois de longues heures de route avec la petite famille. Les déplacements en voiture avec des enfants demandent de l’organisation pour le parent qui veut se rendre à destination avec plaisir.

Pour l’enfant qui se déplace en voiture avec ses parents pour des vacances d’été signifie des moments différents, des découvertes et des expériences nouvelles en famille. Préparez votre enfant à l’avance cela lui permettra d’anticiper les événements et d’imaginer ses vacances en terme de plaisirs et d’activités. Même si nous avisons nos enfants de la durée du trajet nous pensons peu à animer les moments passés en voiture. Il n’est pas rare que après seulement 60 minutes de route notre enfant nous demande ON ARRIVE -TU ?

Pour le jeune enfant, la notion de temps est plus vécue en terme d’images Avant/Après. La durée du temps est influencée parce qu’il ressent comme par exemple la fatigue, la faim, l’inactivité etc. Alors que l’enfant de 7 ans peut plus évaluer le temps en terme de durée par différents outils, par exemple une montre ou un cadran. Il reconnaît l’heure, les minutes, les mois et les années. Il demeure soumis comme le petit à vivre le temps selon ses pulsions et ses humeurs ressenties durant la durée du trajet imposé. Plus les pulsions motrices ou verbales sont grandes, plus l’enfant ressent le temps comme étant long et frustrant. Il est donc difficile pour un jeune enfant d’être inactif en voiture. Afin d’éviter certaines tensions, il faut prévoir avec votre enfant des petits jeux, des échanges et des arrêts plus fréquents pour se délasser. Les déplacements en auto seront alors moins difficiles.

Lorsque nous pensons aux déplacements en voiture, nous pensons à des petits jeux à donner à différents moments du trajet. Il est aussi très important que l’enfant ressente votre investissement et le plaisir que vous avez à voyager avec lui. Donc l’achat d’objets à manipuler en auto est important mais votre implication l’est aussi. L’enfant doit être animé par son parent pour l’aider à patienter lors des déplacements. Voici des exemples :

  • Chantez en famille à l’aide d’un CD ou des chansons connues par l’enfant.
  • Faites rechercher certains éléments de l’environnement (ex. on cherche une vache, une voiture rouge, etc.)
  • Jouez à l’objet imaginaire, prendre un crayon dans ses mains et lui trouver un nouveau nom et fonction. Par exemple, le crayon devient un micro, un parapluie, une règle.
  • Jouez aux devinettes comme par exemple : qu’est ce qui est rond qui peut-être rouge, vert ou jaune et qui pousse dans les arbres (pomme).
  • Jouez au téléphone
  • Trouvez ou identifiez des mots sur les panneaux publicitaires.
  • Inventez une histoire que l’enfant doit poursuivre. Ex. : Je suis un petit lapin qui se nomme…
  • Dessinez dans le dos de votre enfant avec vos doigts et l’enfant doit deviner de quoi il s’agit.
  • Jouez à l’alphabet routier, il s’agit d’identifier dans l’ordre l’alphabet sur les panneaux publicitaires
  • Jouez à faire les plus drôles des grimaces.
  • Jouez à mon petit œil espion, dans l’auto il y a un objet qui est rond et qui peut tourner et faire du bruit (le bouton du radio)
  • Jouez au jeu de mémoire. Je fais ma valise et j’apporte mon pyjama. Votre enfant rajoute un objet dans la valise mais doit aussi nommer ce que vous avez dit. Et ainsi de suite.
  • Jouez aux rimes (ex. J’ai rencontré Sylvie qui allait à Paris en taxi…)

Plus vous lui proposez des idées de jeux dans les déplacements, plus il sera capable de le faire seul avec d’autres enfants.

Il est aussi important que votre enfant puisse manipuler des objets lors de votre déplacement. Vous pouvez prévoir un sac à dos remplis de surprises. Une carte routière pour trouver des symboles, des bout de corde pour jouer à faire des formes, crayons avec petit carnet pour dessiner, des petits casse-tête, ballon de plage dégonflé, balles pour les arrêts, marionnettes à doigts, lampe de poche, cartes d’échantillons de peinture avec images, CD usagés (fait le même effet qu’un miroir avec le soleil), Cartes de tous genres, cartes de fêtes, cartes postales, photos de d’autres voyages, images du séjour prévu, des petits bacs de différents objets ex. (coquillages, épingles à linge) offrent d’autres possiblités. Il est important d’apporter des choses que l’enfant n’a pas l’habitude de manipuler afin d’avoir un plus grand intérêt de jeu. Il n ‘est pas nécessaire de connaître ce que l’enfant peut faire avec l’objet. Le simple fait de le découvrir lui même, lui apporte du plaisir.

Votre investissement dans les déplacements en auto aura peut-être un effet sur son futur… qui sait! Les longs moments de route avec votre enfant permettent de tisser des liens privilégiés avec lui. À l’adolescence, l’auto peut devenir un lieu d’échanges important entre vous et votre ado, l’absence du contact visuel facilite les confidences. Il garde un bon souvenir du temps vécu en famille et peut le réinvestir d’une autre façon et selon ses besoins. Alors Vroum, Vroum …!!! Et bon voyage avec votre marmaille!!

Rendre son milieu stimulant

Tous me diront que le matériel mis à la disposition de l’enfant, l’aménagement de l’espace, les interactions entre les enfants, les interventions de l’adulte, les possibilités de l’enfant à expérimenter sont de belles occasions pour faire des apprentissages. Par contre, peu d’éducatrices pensent à exploiter les infrastructures de leur local pour stimuler les enfants. Et pourtant, rendre stimulant un dessous de table, un derrière de chaise, faire parler de façon originale les murs, les plafonds et les planchers du local; c’est aussi une façon de stimuler la découverte!

Trop souvent l’environnement n’est pas utilisé à son maximum. Nous demandons à l’enfant de s’asseoir pour jouer alors que la chaise peut limiter l’expérimentation, surtout chez les 18 à 24 mois. La même chaise peut être un objet de découvertes si on fixe au dossier des rouleaux d’essuie-tout pour faire descendre des petits objets. Apprendre en se déplaçant, tirer, regarder, faire balancer sont des gestes naturels qui sont permis dans les activités motrices. Que l’enfant puisse le faire en tout temps dans un environnement sécuritaire donne des occasions pour l’enfant plus moteur d’agir sur son environnement en toute liberté.

L’enfant nous donne souvent des pistes de découvertes mais l’adulte hésite parfois à répondre au choix d’un jeu non conventionnel. Par exemple, une chaise sert à s’asseoir, nous manipulons sur une table et non sur le mur. Il est certain, qu’il faut tenir compte de la sécurité des lieux et des exigences du milieu. Mais lorsque que les résistances ne viennent que de l’adulte, n’est-il pas important de se questionner sur les besoins et intérêts de l’enfant plutôt que d’interdire et d’exiger par principe?

L’environnement physique a un impact sur le développement et le comportement des enfants. Ils ont besoin d’expérimenter avec leur corps pour en connaître les possibilités afin de bien les maîtriser. Ce regard différent sur son environnement demande à l’éducatrice d’observer, d’avoir de l’ouverture mais aussi de la créativité. Cette façon de stimuler s’additionne à ce que l’éducatrice fait déjà.

Un environnement animé, des enfants enjoués!

Le CPE Caroline, situé à Laval, a travaillé beaucoup dans ce sens. Les espaces restreints des locaux permettaient peu de possibilités pour installer un coin de manipulation. Suzie Tremblay, une éducatrice a eu la brillante idée d’utiliser un mur comme coin de manipulation. Une murale sur le thème des insectes a été pensée, les enfants pouvaient manipuler les petits insectes, les cacher dans un feuillage en plastique fixé au mur, les regarder à l’aide de loupes suspendues à la murale, les mettre dans des petites boîtes de différentes formes. Un jeu d’associations aimanté permettait de placer l’insecte dans son habitat. Des images ont également été placées au mur pour observer. Un thème bien exploité, mis en permanence dans l’espace de l’enfant. L’idée a permis plusieurs apprentissages selon les goûts et intérêts de chacun.

Voici d’autres façons d’exploiter l’espace et l’ameublement dans votre local….

  • Utilisez le dessous de la table avec des objets aimantés;
  • Mettez votre coin livres dans un bas d’armoire dont vous pouvez refermer les portes pour limiter l’accès;
  • Fixez un tapis à autos au mur pour avoir plus de place dans le coin blocs;
  • Collez des bandes de velcro au mur pour mettre et enlever des pièces de casse-tête avec velcro;
  • Collez au mur des boîtes de différentes formes pour déposer des objets;
  • Faites un labyrinthe au mur avec des rouleaux d’essuie-tout;
  • Suspendez au mur des crayons et du papier pour dessiner;
  • Attachez au dos des chaises des pochettes à manipulation;
  • Collez sur un banc ou une chaise des casse-tête pour éviter les déplacements d’un coin à l’autre;
  • Mettez une table à l’envers pour faire un espace de jeu temporaire;
  • Dans le coin moteur, suspendez du plafond des ballons (les ballons sont utilisés sous une forme différente);
  • Suspendez un grand drap avec des trous pour lancer des éponges de bain;
  • Utilisez les rampes d’escaliers pour faire un jeu de tressage géant;
  • Reconstituez une histoire que vous collez sur les contre- marches de l’escalier;
  • Installez un tissu de feutrine au mur pour lancer des rouleaux à cheveux (style velcro).

Le rôle de l’éducatrice est de créer un environnement stimulant pour le développement de l’enfant. N’est- il pas tout aussi stimulant pour l’adulte de découvrir de nouvelles façons d’animer autrement son environnement.

Comment célébrer la fête de l’halloween en multiâge

Comment célébrer la fête de l’halloween en multiâge dans le plaisir tout en évitant l’anxiété chez le tout-petit ?

L’Halloween est une fête de plus en plus célébrée au Québec. Nous n’avons qu’à regarder les décorations devant les maisons, les costumes et les accessoires vendus en magasin pour comprendre l’importance que le grand public accorde à cette fête. Une fête qui est animée bien avant le 31 octobre.

Dans vos services de garde, c’est également une fête bien attendue avec du plaisir assuré et ce surtout pour les 3-4 ans. Ils aiment sortir de leurs routines, porter des déguisements, créer des ambiances nouvelles qui les enchantent. Présenter un repas avec comme menu une soupe aux sorcières, du jus à la citrouille et des biscuits en forme de fantômes augmentent le plaisir

Mais qu’en est-il pour le 18 mois-2 ans? Le petit vit cette fête d’une toute autre façon. Il est encore bien loin de ce côté imaginaire qui lui procure plus de peur que de plaisir. Il a encore besoin de beaucoup de stabilité dans les routines pour accepter autant de changements que la fête peut engendrer. Son besoin de repère visuel pour se sécuriser ne peut que lui faire vivre de l’anxiété lors de cette journée. Si tout est transformé dans son environnement, il ne reconnaît plus son éducatrice dans son déguisement, les changements apportés au décor ne lui permettent plus de s’orienter dans son espace et en plus le repas se prend dans un autre endroit avec un menu peu commun… Des petits changements qui sont plus stressants qu’amusants pour notre tout-petit qui est en évolution. Bien sûr, cette fête est aussi une occasion de s’habiliter à tous ces changements me direz-vous! En effet, mais tout est dans le «comment faire». Voici donc des petits trucs pour vivre l’Halloween dans le plaisir.

Petits trucs

  • Pour les plus grands qui retirent du plaisir à avoir peur des sorcières, des fantômes et qui aiment inventer, pourquoi pas faire un coin avec du matériel correspondant à la fête (accessoires, déguisements, images sur les murs représentant la fête, livres sur le sujet, musique, citrouilles décorées par eux), etc.
  • Pour les plus petits avoir également du matériel mais qui est présenté graduellement et que l’éducatrice prend plaisir à manipuler avec le tout-petit. Elle peut même se déguiser en présence des enfants. De cette façon, l’enfant est davantage capable de prévoir et de constater les transformations. Ce qui fait réagir le tout-petit est son incapacité d’anticiper les événements lorsqu’ils arrivent subitement.
  • Les vêtements, les accessoires que vous jouez à enlever et à remettre avec les tout-petits feront bien sûr partie de votre déguisement du 31 octobre.
  • Évitez les masques qui recouvrent votre visage, si le petit ne peut repérer aucune ressemblance avec son lien d’attachement (éducatrice) il sera davantage dans l’anxiété. De plus, les masques ne sont pas sécuritaires dans l’exercice de vos tâches.
  • Si vous avez à mettre du maquillage dans votre visage, faites-le devant les enfants afin qu’ils voient les transformations et anticipent les changements.
  • Vous pouvez en profiter pour organiser une parade de mode. Demandez à tous les enfants d’apporter son déguisement pour le défilé. De cette façon, il le met sur place, il se maquille et tous peuvent voir les transformations.
  • Les costumes très élaborés ne sont pas à conseiller.
  • Il peut être pertinent d’avoir un menu un peu spécial mais le faire dans un endroit où le petit peut avoir des repères visuels, c’est-à-dire un endroit connu par l’enfant.
  • La journée peut avoir une allure de fête, mais il ne faut pas perdre de vue que les routines sont des repères dans le temps pour le petit.
  • Fredonnez des chansons sur le thème que vous allez chanter pour cette journée avec des bruits de fantômes et de sorcières.
  • Si malgré tout un petit éprouve des peurs lors de cette fête, il va de soi que pour le respect de l’enfant on n’insiste pas davantage. Car pour le petit, le simple fait d’observer les autres peut être déjà une source de plaisir.

L’Halloween est une fête d’enfants qui amuse les adultes, il ne faut pas la transformer en fête d’adultes qui amuse les enfants….

Bon 31 octobre 2002!

Un lapin pour mon petit lapin

Les services de garde sont sur le point de préparer la fête de Pâques avec les enfants. Chansons, bricolages, histoires, jeu du lapin, chasse aux trésors et bien plus encore. Pour le parent, Pâques est une belle occasion d’offrir à son petit lapin un vrai animal qui représente l’événement. Lapin, canard, chat et parfois même un petit chien.
Est-ce une bonne idée de donner à mon enfant un animal en cadeau ?

Il est toujours magique de voir notre enfant réagir devant un animal qu’il chérit, à qui il donne un nom qui parfois peut-être rigolo pour l’adulte. Nous lui offrons en échange de s’occuper de son petit animal. Le nourrir, le promener, le brosser et parfois même de ramasser les petits cadeaux de l’animal. Malheureusement, les attentes du parent sont bien grandes pour son petit lapin. Le jeune enfant préscolaire ne peut prendre soin de quelqu’un d’autre puisqu’il est lui-même dans l’apprentissage de prendre soin de soi. Son égocentrisme ne lui permet pas de comprendre et répondre au besoin de l’autre puisqu’il est centré sur ses propres besoins. Le désir est présent mais bien peu réaliste de penser qu’il peut s’engager aux besoins nécessaires à la survie de l’animal.

Lorsque le parent cède au désir de l’enfant et fait l’acquisition de l’animal, deux réalités peuvent se présenter. Le parent se retrouve avec les responsabilités que comportent l’animal et est déçu de constater la négligence de son enfant face à son désir. D’autre part, se voyant avec un surplus de tâches, le parent peut prendre la décision de laisser partir l’animal dans une autre famille. L’enfant se sent alors triste d’avoir perdu le cadeau qu’il désirait.

Par contre, la situation peut être bien différente si le parent décide de faire vivre des actions concrètes avant de faire l’acquisition de l’animal. Voici des exemples qui peuvent aider l’enfant à porter son désir :

  • Rencontrer une personne qui a le même animal désiré.
  • Aller à l’animalerie avec votre enfant pour lui faire signifier son choix.
  • Faire une recherche sur l’animal pour mieux le connaître au niveau du tempérament.
  • Rencontrer une personne qui pourrait informer l’enfant sur les soins particuliers à apporter à l’animal.
  • Offrir à l’enfant un animal en peluche représentant son désir. Mettre autour de l’animal en peluche une magie afin de construire l’imaginaire de l’enfant. Ce cadeau peut être accompagné d’accessoires comme un petit panier, couverture, plat de nourriture, etc.
  • Avoir l’occasion de vivre avec un animal une courte période, par exemple garder l’animal de quelqu’un d’autre.

Vous avez su faire porter le désir à votre petit lapin. Il est maintenant capable de réaliser son rêve avec succès …

Le jeu coopératif… une belle façon de jouer!

Marie-Claude est une éducatrice dans le groupe des 4-5 ans. Le groupe démontre de grandes habiletés pour la motricité globale, il déploie beaucoup d’énergie surtout lors des jeux extérieurs. Plusieurs enfants pratiquent, d’ailleurs, des activités sportives les fins de semaine. Par contre, Marie-Claude a constaté qu’il est difficile pour les enfants de son groupe d’accepter les erreurs, que les activités de motricité fine sont très peu populaires et qu’ils utilisent un langage de compétition (je suis le plus rapide, j’ai gagné, je suis le premier, je suis le plus, plus, plus…). Certains enfants cherchent à être constamment les premiers pour exercer une routine (le moment de l’habillage devient toujours une course). Marie-Claude veut amener son groupe à vivre le plaisir d’être ensemble et intégrer des activités où les éléments compétitifs sont limités.

Avant de vouloir tout changer, il est important que Marie-Claude se questionne sur ses propres attitudes avec les enfants. Les couleurs d’un groupe étant souvent le reflet de l’attitude de l’éducatrice. Voici les questions qu’elle doit se poser:

  • Est-ce que comme personne je pratique des sports compétitifs?
  • Est-ce que je favorise des activités où il y a un gagnant et un perdant, une bonne et une mauvaise réponse?
  • Est-ce que j’ai un langage qui favorise la compétition. Par exemple, le premier rendu au vestiaire, tu es le champion, le plus rapide c’est…
  • Est-ce que je valorise plus le produit fini que la participation et le plaisir de jouer ensemble?
  • Est-ce qu’avec le parent je souligne les réussites et les bons coups de son enfant dans un contexte de développement afin de recadrer ses attentes?
  • Est-ce que mes attentes sont réalistes et adaptées pour chacun des enfants?

L’enfant de 4-5 ans manifeste parfois le désir de jouer à des jeux un peu plus compétitifs. Ce désir est souvent influencé par le comportement du parent, d’un frère ou sœur, ou par l’attitude de l’éducatrice. À cet âge l’enfant ne saisit pas tous les enjeux du fait de perdre ou de gagner. Il peut être très déçu de ne pas arriver le premier et se mettre à pleurer ou vouloir pousser l’ami pour avoir la première place. Face à la compétition l’enfant peut développer de l’agressivité envers l’autre, changer les règles pour gagner, jouer avec des enfants plus jeunes pour être certain de réussir. Il peut vivre du découragement devant le défi, ne pas vouloir expérimenter la nouveauté de peur de ne pas être capable ou craindre de ne pas être à la hauteur des attentes de l’adulte. Dans un contexte de compétition, l’éducatrice se voit souvent contrainte d’intervenir dans le jeu pour limiter les frustrations, régler les conflits et parfois même séparer des enfants ayant des comportements agressifs entre eux.

Le jeu coopératif se veut sans gagnant ni perdant. Il permet de développer l’aspect moteur, affectif et surtout les habiletés sociales de l’enfant. Ce type de jeu ne demande pas beaucoup de pratique pour jouer, chacun peut le faire à sa façon et tous y sont gagnants. Il procure du plaisir, une plus grande liberté dans l’exécution des mouvements, détend l’atmosphère lors d’une journée tendue, améliore l’entraide dans le groupe. Il favorise le ici et maintenant au lieu du résultat final d’un jeu. Ce type de jeu élimine les pleurs et les frustrations de ne pas avoir gagné.

L’éducatrice joue un rôle important dans l’implantation du jeu coopératif. Elle doit initier et s’impliquer dans le jeu, être ouverte aux idées des enfants, offrir la possibilité de jouer de différentes façons pour maintenir la motivation et doser les défis selon le groupe d’âge. Usez de créativité lorsque le jeu demande de faire des équipes, évitez de choisir un chef d‘équipe mais allez-y plutôt d’une façon démocratique. Par exemple, distribuez des cartes avec des images différentes et chacun se regroupant avec ceux ayant les mêmes images. Faites des équipes de deux en regroupera tous les enfants au centre, le bras tendu vers l’avant, le pouce levé et les yeux fermés. Vous pincez deux pouces à la fois et ces deux amis feront le jeu ensemble.

Permettez-vous de transformer un jeu compétitif en jeu coopératif au lieu de le faire disparaître de votre programmation. Voici comment: sur du carton, construisez-vous deux jeux de marelle. Dans chacun des espaces, mettre les jeux préférés des enfants : par exemple, la chaise musicale, les trois petits cochons, la tague, etc. Sur l’autre marelle, mettre dans chaque espace, différentes positions du corps soit à genoux, soit à quatre pattes ou sur la pointe des pieds, etc. Dans un premier temps, on lance le dé sur la marelle de jeux et ensuite sur la marelle des positions du corps qui détermine notre façon de jouer. Vous pouvez aussi vous faire une marelle pour le matériel, par exemple pour le jeu de la chaise musicale mettre dans les espaces soit des coussins, des feuilles de papier couleur, du papier à bulles, etc. Ça pourrait donner par exemple, une chaise musicale où lorsque la musique arrête tous les enfants vont se mettre à genoux sur le grand papier à bulles et crèvent des bulles avant que la musique reprenne. Ainsi transformée, la chaise musicale apporte aux enfants d’autres possibilités de s’exercer avec leur corps et permet à chacun de faire à sa façon puisque que l’élément de GAGNER n’y est pas. « Super cool! » Marie-Claude en sait quelque chose; les enfants lui redemandent souvent pour jouer à la chaise musicale sans chaise. Loin d’être un défi pour elle, les jeux compétitifs devenus jeux coopératifs ont rapproché les enfants et les ont initiés à l’entraide.

Vous pouvez aussi présenter de nouveaux jeux à saveur coopérative en vous inspirant du livre LE PLAISIR DE JOUER, JEUX COOPÉRATIFS DE GROUPE. Édition IPAQ 1987 (un peu vieux mais encore très pertinent) de Robert Crevier et Dorothée Bérubé. ISBN 2-920442-16-3.