Petits trucs pour limiter l’attente aux repas et aux collations

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Comment alimenter la routine du repas et des collations pour réduire l’attente ?

Il est midi au service de garde chez Émilie, l’avant-midi a été remplie de petits plaisirs: un sourire de Maryse pour faire une demande à Juliette, Pierre-Luc qui offre à habiller Julie pour aller jouer dehors, des courses, des jeux de ballons, des château de sable et des chansons ont fait partie du matin des enfants. L’heure du repas se présente tout aussi enjouée. Mais: malheur! Les enfants sont fatigués, ils ont faim, ils sont moins réceptifs aux consignes de l’éducatrice, ils ont partagé, échangé, joué, fait des compromis avec les amis… Ils ont besoin d’un peu de tranquillité pour prendre un bon dîner. Émilie doit à plusieurs reprises intervenir pour calmer Maryse qui ne cesse de dire des gros mots à Juliette qui pleure. Le service se fait attendre puisque elle doit replacer les enfants sur leur chaise et remettre à certains leur bavette.

Les moments passés à la table totalisent tout près de 2 heures par jour. En effet, deux collations d’une demi-heure chacune et le repas du midi qui peut totaliser 45 minutes. Le temps passé à la table varie selon le nombre d’enfants, l’âge, l’organisation du milieu éducatif et également les événements vécus dans journée. Plus cette routine engendre des moments d’attente, plus les repas et les collations sont difficiles à la fois pour l’enfant et l’éducatrice. L’attente est parfois inévitable. Par exemple, il faut attendre que tous soient servis avant de manger, attendre que l’éducatrice ou l’enfant donne le dessert, le lait ou les débarbouillettes. Ce sont des situations d’attente qui permettent à l’enfant d’échanger avec les autres, de développer des mécanismes d’adaptation pour faire face à la vie, d’anticiper les événements, d’augmenter sa capacité à tolérer les délais, l’amener à respecter et à être sensible aux autres. Ces moments d’attente structurent l’enfant dans le temps et le sécurisent.

Comment pouvons-nous intervenir, durant ces moments d’attente inutile. quelles sont ces attentes? En voici des exemples:

  • Faire attendre l’enfant dans l’inactivité lorsque le repas n’est pas prêt.
  • À tour de rôle les enfants vont s’asseoir à la table et attendre que tous arrivent.
  • Ne pas permettre de se lever avant que le plus petit ait terminé, les autres doivent attendre
  • Aller au-delà de 45 minutes pour le dîner et de 30 minutes pour les collations en laissant les enfants inactifs.
  • Intervenir auprès de certains enfants en laissant les autres dans l’attente.
  • Avoir des exigences trop grandes pour le groupe d’enfants (l’éducatrice doit s’exercer à la place de l’enfant en faisant attendre les autres).
  • Accepter mal les imperfections de l’enfant (être bien assis, avoir les mains propres et bien essuyées avant que tous commencent).
  • Avoir trop de consignes pour le repas, ce qui fait attendre les enfants qui ne sont pas au même niveau.

Ces exemples relèvent de beaucoup de l’organisation et des attitudes de l’éducatrice qui teintent les périodes de collations et de repas. La façon de préparer l’enfant aux repas et aux collations va avoir également une influence sur les périodes d’attentes inutiles.
Voici quelques stratégies utiles:

  • Toujours aviser l’enfant du repas et des collations pour qu’il puisse anticiper les événements.
  • Créer une atmosphère agréable (musique douce, lumières tamisées, mettre des fleurs au centre de la table, choisir nappes ou napperons intéressants pour l’enfant, utilisation des chandelles pour certaines fêtes, avoir de la vaisselle de belles couleurs et surtout incassable
  • Parler à voix base pour insister les enfant à faire la même chose, il est important de réduire au minimum le bruit pour ce moment.
  • Avoir de l’ameublement adapté à l’enfant (chaise d’appoint pour le plus petit)
  • Les tables en forme circulaire favorisent les échanges car les enfants peuvent se voir.
  • Favoriser la rotation des places.
  • Inviter les enfants à l’occasion de prendre le repas ou les collations à d’autres endroits (manger sur le sol, dans la salle de jeu, à l’extérieur, au parc, dans des escaliers, etc.) Toujours aviser que cette façon de faire est spéciale aujourd’hui parce que c’est la fête.

Voici quelques trucs utiles pour éviter l’attente inutile:

  • Avoir des affiches sur l’alimentation aux murs pour échanger avec les enfants durant le service.
  • Rendre accessibles des circulaires publicitaires distribuées par les marchés d’alimentation que l’enfant peut regarder en patientant.
  • Mettre sur la table une nappe de plastique transparente. Vous pouvez insérer en dessous des images, photos, des photos copies couleurs sur des objets à trouver. ( un peu comme Ou est Charlie)
  • Avoir des napperons de différents sujets, thèmes, saisons. L’enfant peut s’amuser à regarder et nommer ce qu’il voit.
  • Faire bricoler son propre napperon avec des photos de sa famille.
  • Avoir des mobiles qui bougent que l’enfant peut regarder pour un court temps.
  • Jouer aux devinettes avec les sens. (qu’est ce que tu entends, vois et sens dans la cuisine)
  • Jouer au restaurant, passer des feuilles aux enfants pour dessiner avant de prendre la commande de chacun.
  • Utiliser la fin du repas ou de la collation pour distribuer aux enfants les débarbouillettes pour s’amuser à lui donner plusieurs formes.
  • Avoir à la disposition des enfants des bacs à manipulation pour gérer l’attente.
  • Avoir des séries différentes sortes de cartes (fête, Noël, mariage nouveau bébé, carte drôle, cartes musicales)
  • Regarder des cartes postales (pays, villes, musées, etc.)
  • Mettre à la disposition une série de vieux calendriers.
  • Faire des albums photos pour chaque enfant de sa famille
  • Dessiner sur la table avec les doigts.
  • Faire des montagnes de mains au centre de la table d’exercice de respiration, je gonfle le ballon et je dégonfle (mains jointes devant soi j’inspire tout en éloignant les mains. On garde l’inspiration puis on revient en expirant et je laisse dégonfler mon ballon)

Les trucs sont utiles pour éviter l’attente inutile mais rien est aussi important que de respecter le rythme de chacun dans des délais raisonnables. Ces suggestions ne peuvent qu’alimenter ce que vous faites déjà et du même coup diminuer l’attente inutile. Bonne expérimentation.
Émilie se rappelle… elle éparpille sur la table des cartes de fête musicales. Les enfants s’y intéressent spontanément. Dans le local le calme s’installe. Cet atmosphère amène les enfants au dîner sur un air «C’est à ton tour Émilie de te laisser parler d’amour» Voilà une autre belle façon aujourd’hui pour Émilie de faire patienter les enfants agréablement…

Référence: Malenfant, Nicole: Les activités de routines et de transitions. Les éditions Les presses de l’Université de Laval