Faire bouger le tout-petit à sa mesure… Comment adapter nos activités physiques à nos tout-petits.

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Josée Lespérance, enseignante TÉE

Janvier 2013

www.aveclenfant.com

 

Comme tous les matins, j’écoute l’émission Salut  bonjour! en me préparant pour aller au travail. Mais ce matin-là, j’ai vraiment été surprise de voir la vidéo que Gino Chouinard présentait.  Nous voyons un enfant au bas de la piste de ski, tellement vidé de ses énergies qu’il dort debout  sur ses deux skis et finit par tomber à la renverse. La scène qui se veut humoristique m’a fait réfléchir sur les attentes  élevées que nous avons parfois envers nos enfants. Malheureusement, je trouve la situation bien triste, comment un jeune enfant peut se rendre au bout de toutes ses forces sans que personne  l’arrête? Voir Vidéo (www.nokenny.com/un-gamin-dort-debout…).

Peut-être me diriez-vous que c’est l’enfant qui désire faire du ski !!!! Je pratique moi-même ce sport depuis plusieurs années, et je n’ai jamais vu un enfant de 3 ans faire une crise à son parent pour faire du ski.

Un enfant de 3 ans a peu d’expérience physique pour exercer un sport qui demande une technique aussi précise. Des pré-requis sont nécessaires pour bien maîtriser la glisse sur la neige. Par exemple, avoir marché sur différents sols puisse qu’il va devoir s’adapter aux différentes surfaces de neige. (glacée, granulée, collante) etc. L’immaturité du système nerveux  central  ne permet pas au jeune enfant de vivre avec plaisir et succès la pratique du ski alpin. Il est nécessaire que  le mouvement volontaire devienne un automatisme. Pour y arriver, l’enfant a besoin d’expérimenter plusieurs situations  motrices qui lui permettront de connaitre son corps et ses limites. Les moyens qu’il va développer pour se déplacer, garder l’équilibre, avoir le contrôle de son corps et ajuster son pas serviront à rendre ses gestes matures et fluides pour  ce type de sport en particulier.

Le jeune enfant n’est apte à faire l’évaluation des distances de freinages à la pratique sécuritaire du ski alpin.  Ce qui explique l’usage de différentes techniques qui relient l’enfant à l’adulte que nous pouvons voir parfois sur les pistes. Il faut également observer que pour certains enfants, il est difficile de se contrôler et s’arrêter lorsqu’ils ressentent l’excitation de la descente. Que dire de la concentration exigée pour l’exécution de l’ensemble de  ces habiletés. C’est pourquoi  il est facile de comprendre  la  fatigue extrême de l’enfant sur la vidéo.

Par contre, encourager la descente du grand frère ou de sa grande sœur, laisser l’enfant marcher avec des bottes de ski, manipuler l’équipement, se promener en traineau au bas des pistes, dîner en famille dans le chalet de ski, etc. sont des actions qui influencent positivement l’enfant dans l’exercice de ce sport. Son implication dans l’environnement souhaitée devient une source importante de motivation pour plus tard.

Sachez que prendre le temps d’observer les réactions et les signes de fatigues manifestés chez son l’enfant, c’est lui permettre d’anticiper des habitudes de vie comme adulte de demain.

Contrairement à ce que nous pouvons penser, la participation à un sport structuré comme par exemple être dans une école de ski demande beaucoup moins physiquement que le jeu libre. En effet, le sport structuré fait appel à plus de périodes d’inactions, car l’enfant doit suivre le rythme du groupe, écouter les consignes et respecter les temps d’arrêt. Alors que, le jeu libre permet à l’enfant de réagir davantage aux imprévus et par le fait même avoir une dépense énergétique beaucoup plus grande.

Je vois de plus en plus dans les milieux de garde de l’intérêt à faire bouger les enfants ainsi que leurs familles. Le défi Pierre Lavoie propose des moments de bougeottes aussi simples que de faire courir les plus vieux sous les yeux observateurs des plus petits, aller prendre une marche en famille après le souper. Les enfants amassent au CPE et à la maison des cubes d’énergies. Ces cubes peuvent le prétexte  à la fin du défi pour organiser une fête en famille au CPE. Une belle façon d’influencer le goût de bouger de tous.

Comme parent, nous avons à servir de modèle en adaptant nos sorties sportives aux limites de nos petits.

Voilà une belle façon pour que notre enfant dorme dans son lit le soir venu plutôt que sur ses skis….

Je vous recommande fortement  le livre de François Cardinal, Perdu sans la nature qui fait l’éloge des activités familiales en plein air.

La bougeotte dans mon groupe

Cette année, j’ai un groupe qui éprouve le besoin de bouger, de se déplacer, de faire des jeux de grande motricité. J’entends souvent les enfants dire pousse-toi, je me surprends également à répeter « arrête de bouger, reste assis… ».
Comment puis-je je peux répondre à leur besoin moteur dans un local de jeu adapté pour jouer en atelier ?

Lorsque nous parlons d’espace de jeux, il faut envisager d’autres endroits dans votre maison qui peuvent être utilisés comme des espaces polyvalents. Car une salle de jeu ne permet pas toujours de répondre à ce besoin puisqu’il y a des objets et des coins installés en permanence. Un espace comme un corridor peut offrir à vos petits mousses des aménagements variés pour mieux répondre à leurs besoins. Cet espace est riche d’expérience puisque l’étroitesse des lieux permet des jeux structurés tout en exerçant leur motricité globale.

En voici des exemples :

L’utilisation du plafond

  • Suspendez des tissus et faire passer les enfants en dessous.
  • Suspendez sur bandes élastiques, des ballons dans des sacs en tissus.
  • Remettez aux enfants de se cacher derrière les panneaux de tissus suspendus.
  • Suspendez des plumes (pour souffler, les faire glisser dans leur visage, les toucher en s’étirant).

L’utilisation des deux côtés du corridor
(Les propositions qui suivent peuvent être installés sur du carton ou sur du coroplasme pour permettre la polyvalence de ses idées).

  • Mettez des images aux murs qui représentent des exercices.
  • Fixez des jeux aimantés.
  • Faites un labyrinthe en rouleaux d’essuie-tout pour faire descendre des objets.
  • Installer des grandes feuilles avec crayons suspendus.
  • Installez un mandala géant.
  • Mettez à la hauteur des enfants des images de type « où suis-je ? »
  • Jouez au tic tac toc au mur « tic tac toc géant).

L’utilisation du sol

  • Mettez des images pieds/main au sol.
  • Installez des longs serpents en laine dont il faut éviter.
  • Mettez des objets au sol dont l’enfant doit contourner.
  • Utiliser des balles de laine pour faire des formes au sol.

L’utilisation de l’espace pour jeu de grands

  • Organisez un coin grand dans le corridor.
  • Jouez aux élastiques.
  • Jouez au hockey en installant des buts (coussins) à chaque extrémité.
  • Tirez un enfant sur une couverture.
  • Vous déplacez en roulade au sol.
  • Faites rouler un ballon à chaque extrémité entre les jambes des enfants.
  • Jouez aux quilles.
  • Sautez dans une taie oreille.
  • Utilisez des boîtes comme auto pour se déplacer d’une extrémité à l’autre.
  • Faites rouler des voitures.

L’utilisation des corridors chez vous n’est peut-être pas courante mais l’expérimentation en vaut les déplacements et le plaisir qu’il procure.

Bonne bougeotte !