Comment je peux stimuler le tout-petit à la marche ?

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Comment peut-on stimuler le développement de la marche dans un contexte de sécurité tout en favorisant son autonomie ?

Plusieurs guides sur la marche existent afin de stimuler le tout-petit à la marche. Certains offrent des exercices à faire avec l’enfant pour renforcir son tonus musculaire, d’autres proposent de faire marcher l’enfant à l’aide de l’adulte. Malgré ce déploiement d’exercices, le décideur reste toujours l’enfant. Des objets de stimulation pour la marche peuvent être tout aussi efficaces et respectent davantage l’enfant dans cette acquisition d’habileté motrice. L’enfant peut l’exploiter à son rythme et à sa façon sans nécessairement l’aide de l’adulte. En voici un exemple:
Matériel
Pôle de rideau en bois à bouts arrondis, fixé au mur à la hauteur des épaules de l’enfant en position assise. De préférence, mettre la pôle à rideau en dessous ou près d’une fenêtre pour encourager l’enfant à s’exercer soit par l’attrait de voir à l’extérieur.

Objectif

  • Amener l’enfant à se soulever à l’aide de la pôle.
  • Amener l’enfant à exercer des étirements à l’aide de la pôle.
  • S’exercer à se ternir debout et à s’asseoir.
  • S’exercer à rester des périodes plus ou moins longues debout à l’aide la pôle.
  • Se déplacer avec appui à l’aide de la pôle.
  • Se tenir avec une main et se pencher pour prendre des objets au sol.
  • Se balancer à l’aide de ses deux mains à l’aide de la pôle.
  • Exercer son équilibre.
  • Développer sa confiance en soi.
  • Partager la pôle à rideau avec un autre ami.

Utilisation

  • Suspendre des pochettes avec des objets à l’intérieur, pour permettre au petit de faire des découvertes.
  • Permettre aux plus petits de manipuler des objets suspendus sur la barre.
  • Profiter de ce que l’enfant peut voir à l’extérieur lorsqu’il se tient après la pôle pour lui nommer ce qu’il voit.

D’autres utilisations peuvent être faites avec cet objet, la personne la mieux placée pour nous le démontrer reste l’utilisateur… bien sûr l’enfant.
Bonne marche!

Le plaisir de lancer !

Quel enfant n’aime pas lancer tout ce qui se trouve dans ses mains? Geste souvent encouragé et valorisé par l’adulte qui stimule l’enfant dans son autonomie corporelle. Jusqu’au jour où le geste dérange….

Alexis, 18 mois, retire beaucoup de plaisir à laisser tomber ses petits jouets en bas de sa chaise haute. Son jeu se transforme à mesure qu’il expérimente différentes façons de lancer. En effet, il lance sa nourriture, ses vêtements et même ses souliers sur la tête d’un ami au service de garde.

Malgré les interdits de Julie, son éducatrice, les «vas-tu arrêter» du papa et du «non, non, je ne veux pas que tu lances tes choses à maman», Alexis ne peut s’empêcher de répéter ses gestes qui lui procurent du plaisir et surtout beaucoup de réactions de l’adulte autour de lui.

Dans les deux premières années de vie de l’enfant, il est toujours étonnant d’observer l’évolution de sa motricité. L’acquisition de ses habiletés motrices consiste à la coordination de plusieurs mouvements en fonction d’un résultat ou d’une intention. Pour se développer sur le plan moteur, l’enfant doit faire des essais et des erreurs. Ses gestes répétés, sans but précis, avec peu d’intention lui permettront de mémoriser des actions afin que les mouvements deviennent automatiques. Lorsqu’Alexis fait et refait les mêmes gestes, il apprend le mouvement, ou un ensemble de mouvements, qui lui permettront une plus grande coordination et précision dans ses gestes. Ce mouvement, dit automatique, s’exerce dans un minimum de temps et avec un maximum d’efficacité. Le premier geste qui prédispose l’enfant à lancer est manifesté par le plaisir de prendre les objets et de les relâcher. L’enfant de neuf ou dix mois en retire une grande satisfaction. Ce mouvement de préhension pousse l’enfant sur d’autres pistes d’expérimentation pour rendre ce geste automatique; par exemple: lancer dans un espace, lancer sur quelque chose, lancer dans quelque chose.

Pour tous les enfants du monde, l’acquisition des habiletés motrices se fait dans le même ordre mais le rythme varie d’un enfant à l’autre; le tempérament ainsi que l’environnement de l’enfant influence certains types d’expérimentation.

Alexis présente des goûts et intérêts marqués pour la grande motricité. Plus son milieu lui offre des occasions pour pratiquer ce geste plus le geste devient acquis et intentionnel. L’addition de ses gestes répétés lui permettra de développer d’autres aspects de sa motricité. Alexis a besoin de passer par une motricité complète pour raffiner ses mouvements. À travers le mouvement de lancer, il apprend à contrôler son bras, son avant-bras, sa main et ses doigts. Ces compétences motrices lui seront utiles pour boutonner son manteau, attacher ses souliers mais aussi tenir son crayon; des habiletés simples mais essentielles aux apprentissages scolaires.

Certains besoins d’expérimentation nous demandent d’identifier des objets qui permettront une libre expérimentation. Il faut se rappeler que les interdits ne font qu’augmenter le désir en pleine maturité.

Voici donc, des objets à lancer qui susciteront, en toute sécurité, la curiosité des tout-petits.

  • Boules de papier de soie;
  • Éponges de couleurs recouvertes d’un bas de nylon (le bas de nylon évite que l’enfant mordille et avale des bouts d’éponge);
  • Foulards;
  • Éponges en luffa de différentes couleurs;
  • Spaghettis de piscine coupés en rondelles;
  • Pompons de couleurs;
  • Plumes;
  • Choux à cadeaux;
  • Papier déchiqueté.

Une autre idée est de suspendre un drap avec des formes découpées à l’intérieur. Invitez ensuite l’enfant à lancer dans les formes des balles de tissu. Servez-vous aussi du parachute; le mouvement proposé par celui-ci sollicite le mouvement de lancer.

Alors, 1, 2, 3… attrapez!

Bouger à l’intérieur : partie 2

Céline Perreault, enseignante TEE

Décembre 2012

www.aveclenfant.com

Habiletés à stimuler chez les enfants :

De 0 à 5 ans, l’enfant aime attraper une balle et la frapper, sautiller, sauter à pieds joints et sur un pied, se placer en petit bonhomme et faire des roulades avant et un peu plus tard par en arrière, marcher sur des surfaces différentes et marcher en équilibre. La feuille en annexe vous guidera quant aux habiletés à viser pour l’enfant. Après observation, on pourra encourager l’enfant à relever de nouveaux défis moteurs.

Le programme éducatif parle d’espace ou aire de jeu nommée musique et mouvement. Comme les espaces dans un local sont restreints, organiser des jeux sur la musique permet de faire bouger les enfants tout en s’amusant  et voici quelques idées :

  1. 1. Jeu de groupe : le tambour musical

À l’aide d’un tambour et selon le même principe que la chaise musicale. Lorsque la musique arrête, l’enfant qui a le tambour doit jouer de celui-ci.

  1. 2. Jeu de la danse musicale

Faites danser les enfants en leur disant de bouger les hanches de gauche à droite. Ensuite, à l’aide d’une baguette du chef d’orchestre, dirigez les enfants vers la droite ou la gauche.

  1. 3. Le jeu des clés :

Bandez les yeux des enfants et après avoir laissé tomber un trousseau de clés sur le sol, demandez-leur à quel endroit il est tombé.

  1. 4. Danse tête à tête

On a besoin d’une feuille pliée en quatre pour un couple d’enfants. Les deux enfants vont danser ensemble en tenant la feuille front contre front. On a alors une danse qui provoquera des fous rires garantis. Puis à l’arrêt de la musique, un des enfants déplie la feuille totalement et s’assoit dessus, l’autre enfant s’assoit à son tour sur son camarade en délicatesse. Dernier couple assis arrêtera la musique.

  1. 5. Danse des sous : avec les enfants, nous collons des pièces de monnaie de 1 sous en dessous de nos souliers. Par la suite, nous danserons la claquette avec nos souliers.
  1. 6. Roméo et Juliette : les enfants ayant les yeux bandés doivent se diriger vers l’enfant qui chante.
  1. 7. La danse des cerceaux : Mettre des cerceaux un peu partout. Les enfants doivent sauter, danser, courir sur de la musique proche des cerceaux et quand la musique s’arrête, les enfants doivent sauter dans le cerceau le plus proche et s’il y a un enfant qui n’a pas trouvé de cerceau à temps, il devra faire la statue jusqu’à ce que la musique recommence.
  1. 8. Cachette musicale : les enfants se cachent et pour que l’ami les trouve, ils doivent faire du bruit avec un instrument.
  1. 9. Dessins musicaux : les enfants dessinent sur de la musique et quand la musique s’arrête, ils doivent échanger leur dessin avec la personne à côté et quand la musique recommence, les enfants continuent le dessin et ainsi de suite.

10. La fureur : L’éducatrice fait jouer des comptines que les enfants sont capables de chanter, et à un moment donné, durant la comptine, elle éteint le volume quelques secondes et le remonte, puis les enfants doivent essayer de chanter les paroles sans musique.

Il est primordial d’inculquer une saine hygiène de vie aux jeunes enfants et ça passe par les faire bouger même à l’intérieur. Il est suggéré que le jeune enfant joue activement et de moyenne à haute intensité pour permettre l’essoufflement  au moins 60 minutes par jour. On compilera les jeux intérieurs, les jeux extérieurs, les jeux libres dans le but de totaliser 60 minutes. Alors amusons-nous!!!

Trois  ressources pour vous aider à faire  bouger les enfants :

  • La trousse : La mini Gigote, trousse de jeux actifs.
  • Le site internet : http://123geant.telequebec.tv/
  • Cartes à motricité globale par Martin Liberio : Cet ensemble propose 100 activités physiques à pratiquer à l’extérieur comme à l’intérieur, avec peu ou pas de matériel. ( voir le site Martin Liberio)

 

(Pour écrire ce texte, je me suis inspirée de la feuille-ressource ‘’Tirer le maximum de l’espace intérieur en fonction de l’activité physique’’ de Fédération canadienne des services de garde à l’enfance.)

Fiche tirée du document : l’activité physique en milieu de garde : qualité des lieux et meilleures pratiques

Jeux de défoulement… Jeux oubliés !!!!

Est-il permis dans votre milieu de garde de jouer à la guerre, à l’épée et même de faire semblant d’être un voleur imaginaire. Plusieurs éducatrices se questionnent sur le sujet. Est-ce que je peux laisser les enfants jouer à de tels jeux et penser que leur jeu est éducatif? Est-ce que je dois orienter le jeu vers autre chose? Est-il nécessaire que l’enfant s’amuse à ce type de jeu pour se développer normalement?

Dois-je penser que si l’enfant de 3 ans s’amuse à des jeux de défoulement, il en éprouve un réel besoin. Une éducatrice d’un CPE à Laval a su bien répondre à mes questions. Étant dans le milieu depuis 25 ans, elle observe que les enfants n’ont pas assez d’occasion pour les jeux de grande motricité. Le jeu de défoulement n’est pas toujours vu comme lieu d’apprentissage par l’éducatrice. L’application du programme « Jouer c’est magique » dans les services de garde amène l’éducatrice à travailler en atelier mais elle oublie que l’activité grand jeu en fait partie aussi. Ce type de jeu amène l’enfant à exploiter le jeu moteur sous une toute autre forme. Le défoulement sous forme de jeu permet à l’enfant de confronter ses peurs, d’équilibrer ses énergies, de contrôler son corps dans ses élans moteurs, de travailler son imaginaire lorsqu’il se transforme en personnage, de respecter différentes consignes, d’être en relation avec les autres, de trouver des stratégies pour déjouer l’autre. Mais aussi c’est une façon de libérer l’enfant d’un trop-plein de frustration. Il est souvent mal vu dans le milieu de garde de laisser les enfants jouer à l’épée, sous prétexte de jeu violent. Alors qu’il en n’est rien pour l’enfant; il ne fait que reproduire ce qu’il peut voir lors d’un programme de télévision ou simplement avoir entendu ses parents parler d’un évènement tragique connu de l’actualité. L’enfant a parfois besoin pour mieux comprendre de le vivre avec son corps.

Est-ce normal direz-vous ???? Mais oui, ses gestes répétés l’aident à exprimer ce qu’il ressent. L’éducatrice rencontrée raconte que durant plusieurs années elle interdisait ce jeu afin d’éviter les conflits dans son groupe de 3 ans. Erreur dit-elle…. En effet le besoin était devenu tellement grand puisqu’il était interdit, les enfants se cachaient dans le vestiaire pour s’adonner au jeu défendu. Elle rapporte également que les fusils étaient interdits au CPE même ceux fabriqués par les enfants. Un jour, Jonathan un enfant de son groupe s’amusait avec un rouleau d’essuie- tout, il s’imaginait que l’objet était son fusil pour tirer sur les monstres. Elle rappelle à Jonathan que les fusils sont interdits à la garderie, l’enfant lui répond sans hésiter mais ce n’est pas un fusil c’est une fleur…