Activités spéciales et sorties, comment bien planifier?

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Sophie veut planifier pour l’année des activités spéciales et des sorties avec son groupe multiâge. Elle cherche des idées originales, des activités spéciales à faire dans son service de garde, des endroits nouveaux à visiter, des lieux sécuritaires pour accueillir un groupe. Mais comment Sophie peut-elle faire une planification qui répond aux intérêts et aux besoins des grands et des petits de son groupe?

La planification d’un calendrier d’activités ou de sorties pour l’année doit être pensée en terme de suggestions. Septembre est la période pour remettre en place des routines stables, des consignes claires et concrètes afin de rétablir la sécurité et la stabilité dans le groupe. L’horaire de la journée laisse peu de place pour planifier des activités spéciales et des sorties à l’extérieur. La rentrée au service de garde demande à l’enfant de s’adapter aux routines, aux amis ainsi qu’à l’éducatrice. Il faut une stabilité avant que l’enfant puisse retirer du plaisir dans des situations de changement.

Pour pouvoir planifier et organiser un calendrier d’activités ou de sorties, Sophie doit avant tout connaître son groupe et les intérêts qui l’anime. Il est important de retenir les idées et les goûts des enfants pour organiser des moments particuliers dans l’année. Autant pour les sorties que pour des activités spéciales, Sophie doit avant tout observer les enfants pour mieux les connaître dans des situations nouvelles. Observer veut dire, prendre le temps de regarder les réactions de l’enfant face à la nouveauté, connaître ses intérêts de jeu, les sujets d’échange, la sécurité qui l’habite devant un changement de routine, sa capacité de respecter les consignes, sa tolérance aux délais, le lien d’attachement qu’il a avec le groupe. Les informations recueillies vont permettre à Sophie de planifier des activités et des sorties mieux adaptées au groupe.

Une activité spéciale permet autant de plaisir qu’une sortie même si souvent elle se déroule dans le milieu de vie de l’enfant. D’ailleurs, en début d’année, il est préférable pour Sophie de prévoir des activités spéciales davantage que des sorties. Graduellement, l’enfant apprendra à gérer des petits changements dans un cadre et avec des repères visuels connus. Ces événements peuvent prendre plusieurs formes en voici quelques exemples.

  • Vous faites un pique-nique sur une couverture dans votre salon.
  • Vous invitez une personne à passer la journée avec vous et les enfants (grand frère ou grande sour d’un des enfants).
  • Vous avez un animal de compagnie qui appartient à un des enfants du groupe qui passe la journée dans votre maison. Assurez-vous qu’aucun des enfants n’est allergique.
  • Vous changez la routine de l’habillement, elle se fait à l’intérieur sous forme d’un parcours.
  • Vous planifiez la sieste dans une tente que vous avez faite avec les enfants à l’aide de couvertures. Assurez-vous que les enfants ont bien intégré la routine de la sieste avant d’y apporter des changements.
  • Vous permettez aux enfants d’apporter un jeu de la maison.
  • Vous invitez une troupe de marionnettes chez vous.
  • Vous faites une activité piscine dans la maison.

Il se peut que les activités spéciales soient plus présentes que les sorties dans votre service de garde. Il est nécessaire de respecter le rythme et le besoin de sécurité du groupe pour vivre du plaisir avec les enfants. Le portrait que Sophie dresse de son groupe ainsi que les différents âges des enfants sont des facteurs à considérer. Il est aussi important pour Sophie d’être à l’aise avec la planification et l’organisation de ses activités spéciales et sorties. Elle doit commencer avec des choses simples et qui lui demandent peu de planification et d’organisation afin de sécuriser et de gérer adéquatement son groupe. Certaines sorties peuvent être faites en famille, par exemple la cabane à sucre, les pommes, le père Noël au centre d’achats, la ferme de Pâques etc. sont des endroits que l’enfant pourra explorer avec son parent. Sophie doit choisir des sorties qui apportent de la nouveauté dans la vie de l’enfant et réalisable dans un contexte de groupe multiâge. En voici quelques suggestions.

  • Vous visitez un nouveau parc avec les enfants.
  • Vous allez visiter des personnes âgées dans un centre d’accueil.
  • Vous allez à l’épicerie pour acheter des fruits dans le but de faire une salade de fruits avec les enfants.
  • Vous allez visiter un autre service de garde.
  • Vous allez pique-niquer chez un enfant du groupe.
  • Vous rendez visite aux pompiers.
  • Vous aller acheter des fleurs à la pépinière pour les mettre en terre avec les enfants.
  • Vous visiter le dentiste de votre quartier.
  • Vous allez visiter la classe maternelle de l’école du quartier.
  • Vous faites une excursion en tricycle dans les rues avoisinantes.
  • Vous allez à la bibliothèque, joujouthèque, bureau de poste, etc. avec votre groupe.

Lorsque Sophie pense à une sortie, elle doit prévoir avec son groupe une période de préparation. Prévenir les enfants de l’événement, leur parler de l’endroit, ce qu’ils vont voir, ce qu’ils vont faire, les personnes qui vont les accompagner etc. Le déroulement de chacune des étapes peut être même fait sous forme de simulation dans son milieu de garde. Certains enfants ont besoin d’être plus rassurés que d’autres lors d’une sortie. Ces petits moyens vous permettront d’observer les réactions de l’enfant et ainsi de mieux répondre à son besoin de sécurité. La préparation doit se faire dans des délais raisonnables pour que l’enfant puisse voir les possibilités de sa réalisation. Lorsque Sophie prépare l’enfant à une sortie, elle lui permet de porter un désir qui l’aide à se créer des images dans sa tête (comment il voit les lieux, ce qu’il va faire, avec quoi il va jouer, avec qui il va rentrer en contact) etc. C’est une belle façon de développer la créativité de l’enfant ainsi que son sentiment d’identité, car sa façon d’imaginer et de faire des liens avec son vécu est bien différente d’un enfant à l’autre.

La réalisation d’une sortie peut varier d’une année à l’autre selon votre groupe d’enfants. Sophie doit retenir le plaisir que les enfants ont eu à réaliser certaines sorties. Le temps qu’elle prendra à observer son nouveau groupe lui permettra de mieux les connaître et peut-être de répéter des événements qui ont eu le plus de succès.
Pour plusieurs responsables de garde en milieu familial, comme Sophie, le plaisir est de voir l’émerveillement des enfants et d’entendre les enfants reparler de la sortie entre eux. Après avoir déployé autant d’énergie pour l’amour de notre marmaille.c’est une belle récompense!

Le parent apprécie davantage l’organisation d’activités spéciales dans le milieu de garde qu’une sortie à l’extérieur. Il y voit un aspect plus sécuritaire, assure une stabilité à son enfant surtout s’il est en bas âge, apporte une nouvelle stimulation. De plus, vous faites la démonstration aux parents qu’il est possible d’apporter de la diversité dans le quotidien tout en étant sensible aux besoins et intérêts de son petit. Il réalise également qu’il peut faire des choses toutes simples avec son enfant qui lui demandent moins de temps d’organisation mais beaucoup de plaisir à être avec son enfant. «N’est-ce pas une bonne façon de garder le feu sacré» du monde des petits!

Jouer dehors avec le tout-petit: corvée ou plaisir?

Josée Lespérance, Enseignante en TÉE

Janvier 2012

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Tout le monde s’entend pour dire que le grand air c’est la santé et ce même chez les petits en pouponnière.

François Cardinal auteur du livre PERDU SANS LA NATURE traite de ce sujet et constate que le jeu libre en plein air est une richesse oubliée dans le quotidien de nos petits. La vie de famille trépidante limite parfois les parents à aller jouer dehors librement sans but précis mais simplement pour flâner et respirer le grand air avec son enfant.

Le milieu de garde est le lieu par excellence pour pratiquer cette activité à reconquérir.

À notre CPE, allons-nous suffisamment dehors avec nos tout-petits ? Certaines éducatrices diront que oui chaque jour lorsque la température s’y prête et d’autres diront que non, ils pourraient sortir plus souvent.

Qu’est-ce qui limite nos sorties, la température bien sûr mais également l’organisation dans l’horaire de la journée qui peut parfois être compliquée avec les besoins du poupon.

Oui aller dehors hiver comme été avec le groupe de poupons c’est possible pour Lyne Archambault éducatrice d’expérience du CPE Caroline. Tout est dans la façon de s’organiser.

Chez le petit, le jeu extérieur stimule le développement de l’enfant, il découvre de nouvelles sensations, il développe ses sens et acquiert de nouvelles habiletés. Mais les bienfaits du plein air ne se limitent pas seulement lorsque nous sommes dehors. En effet, Line y voie des apprentissages également dans la préparation pour aller à l’extérieur. Voici quelques idées gagnantes qu’elle propose :

Lors de l’habillage, se mettre au niveau des enfants pour être plus accessible et disponible à eux. Exercez cette activité d’habillage en petit groupe afin de limiter l’attente. Acceptez les capacités de chacun, le tout-petit est plus habille à enlever que de mettre les vêtements. Trop souvent nos exigences limitent le plaisir. Il se peut qu’un enfant ait besoin de faire une sieste le matin; on pourrait lui faire faire dans un carrosse à l’extérieur et cela vous permettrait d’être avec tout le groupe. Nommez les vêtements des enfants en leur attribuant une qualité. Par exemple, c’est le chapeau de Cléo, il est très très doux. De cette façon, il lui sera plus facile de le reconnaitre et de faire des tentatives pour le mettre sur sa tête puisqu’il est doux…..

Nul besoin de vous dire que le temps consacré pour l’habillage est porteur d’un beau moment avec les petits dans la cour.

L’aménagement à l’extérieur doit être sécuritaire pour permettre la découverte et laisser libre court au jeu. Line a comme principe, lorsque tu dois interdire et redire la même consigne aux enfants pour leur sécurité, c’est donc que l’aménagement n’est pas adapté aux besoins des poupons. L’éducatrice doit traiter l’aménagement extérieur au rythme du développement de son groupe.

La cour des petits doit être à l’écart du reste du CPE, le matériel doit être pensé comme de petites mises en scène selon les saisons, goûts, intérêts et besoins des petits. Il ne faut jamais oublier, que le petit doit avoir du temps libre pour apprendre.

Voici quelques exemples de mises en scène que Line expérimente :

  • -Marcher dans les feuilles, faire remarquer les textures, odeurs, couleurs.
  • -Accrocher des instruments de musique à la clôture à explorer.
  • -Suivre des traces dans la neige.
  • -Marcher simplement avec des bottes à eau dans la cour des grands.

-La mise en place du programme éducatif dans la cour demande à l’éducatrice d’observer son groupe pour lui faire vivre des expériences positives, planifier et concevoir des expériences en fonction de ses observations, aménager l’environnement et intervenir en soutenant, valorisant tout en étant disponible aux petits. Voilà un beau défi réalisable que Line exerce depuis maintenant 20 ans!!!

Savez vous…. qu’il existe un lien direct entre la pratique précoce d’activités physiques, jouer dehors, de se dépenser physiquement et les habitudes de vie du jeune adulte. Seriez-vous de ces adultes ????

Ce texte est tiré de la formation Jouer dehors avec le tout-petit, corvée ou plaisir ?

Josée Lespérance enseignante et Lyne Archambault éducatrice chez les poupons ont mis en commun leurs expériences et vous proposent un moment plein-air qui suscite la réflexion sur nos pratiques mais aussi une façon de se ressourcer par des idées simples mais d’une richesse inestimable pour le tout-petit. Pour en savoir plus sur la formation nous écrire à l’adresse  courriel suivante dleblanc @b2b2c.ca

Faut-il s’oublier pour répondre aux besoins des enfants ?

Mathilde 4 ans et Émile 2 ans vivent dans une famille nucléaire. Les deux parents sont dans la trentaine et travaillent à l’extérieur. Les enfants vont au CPE 4 jours semaine et sont à la maison avec maman le vendredi. Comme toute jeune famille, il est parfois difficile de concilier les obligations et la vie de famille. Les parents de Mathilde et Émile se questionnent sur la façon de répondre aux besoins de leurs enfants ? Doivent-ils s’oublier comme adulte ? Comment bien répondre aux besoins de leurs enfants ?

Faire le choix d’avoir des enfants est dans un premier temps d’accepter d’aborder la vie au quotidien d’une autre façon. Les changements qu’impose la venue d’un enfant sont parfois difficiles à assumer pour le parent. En effet, ce petit être à peine d’une semaine bouleverse de nombreuses habitudes qui déstabilisent la vie des deux adultes. Les nuits de sommeil écourtées, les inquiétudes face à des situations inconnues, les remises en question dans leur nouveau rôle et les multiples conseils de l’entourage sont des préoccupations pour le parent en apprentissage. L’enfant devient alors leur meilleur guide à condition que l’adulte soit capable de reconnaitre les besoins de son tout-petit.

Se questionner, se préoccuper, s’inquiéter est une preuve d’amour envers son enfant. Je t’aime assez pour répondre du mieux que je peux à ce qui est bien pour toi. Chacun le fait avec son bagage d’expérience et son héritage familial. Parfois, notre enfant nous demandent plus, ce PLUS est la capacité comme adulte de saisir les propres besoins de son enfant et faire abstraction aux siens.
Avoir du cœur et du gros bon sens prend alors beaucoup d’importance, mais quel défi pour le parent à devenir. Notre enfant nous fait souvent revivre notre enfance, partir de nous, de nos valeurs, de ce que nous sommes. Supporter, confronter et éduquer à la fois notre tout-petit demande beaucoup à l’adulte. Pour y arriver, il faut mettre du temps, de l’énergie et parfois même s’oublier pour mieux encadrer et sécuriser notre petit. S’oublier dans le sens de prioriser l’enfant avant nos propres besoins d’adulte, de garder la priorité sur l’enfant malgré la vie tumultueuse; ce qui veut dire, faire des choix en fonction de notre famille (papa, maman, Mathilde et Émile). Être attentif aux changements d’attitudes ou comportements qui nuisent au développement de nos enfants et apporter les changements nécessaires au quotidien. Être capable de mettre nos limites pour le bien-être de nos petits. Nous refusons les soupers à l’extérieur le dimanche soir pour coucher les enfants plus tôt. Apporter des changements dans nos activités (sorties, cercle d’amis, voyage, visites des familles). En visite par exemple, nous arrivons et partons plus tôt maintenant que nous avons des enfants. Lorsqu’il y a une fête, nous prévoyons le nécessaire pour coucher nos enfants et profiter de la fête entre adultes.

Les parents de Mathilde et Émile sont des parents aimants et veulent le bien de leur progéniture. L’environnement de leurs enfants est très familial, des visites chez mamie, des soupers entre amis(es), fêtes et des activités sont fréquentes dans la vie de Mathilde et de Émile. Lors de ces rencontres, les parents peuvent observer que les enfants sont animés par des adultes qui répondent aux idées les plus farfelus des deux petits. L’intérêt des rencontres est orienté en grande partie sur les deux enfants. Malgré les airs de fêtes autour d’eux, les parents de Mathilde et Émile reconnaissent leurs besoins. Ils sont sensibles aux signes de fatigue, s’assurent que les enfants mangent bien même avec la présence de Mamie, voient à la sécurité et à l’hygiène de leurs petits et prennent en charge l’heure du dodo avant que les enfants soient trop fatigués et manifestent des comportements pour le démontrer (cris, pleurs, jeux dangereux, se roule sur le plancher pour démontrer sa fatigue). En agissant ainsi, Mathilde et Émile reconnaissent qu’ils sont importants aux yeux de leurs parents. En répondant aux besoins de bases, le parent sensibilise l’enfant à ses propres besoins. Ainsi, plus vieux l’enfant sait ce qui est bon pour lui et a les moyens d’y répondre. En exerçant la routine du dodo même pendant une rencontre en famille ou entre amis (es), l’enfant apprend à vivre la séparation et développe ainsi son autonomie affective. De plus, Mathilde et Émile comprennent la place qu’il occupe dans la famille auprès d’adultes. Après avoir pris du temps à jouer avec Mamie, Dady, Tante Lyne et oncle Daniel il est l’heure pour les adultes maintenant. Il est certain, que le dodo peut-être un peu plus tard afin de laisser les enfants profiter de la visite de Mamie tout en expliquant que ce soir c’est spécial. L’important est que l’enfant prenne conscience qu’il est au cœur des préoccupations de son parent même en situation particulière.

Répondre aux besoins des ses enfants s’est aussi s’obliger comme parent à prendre du temps pour soi sans la présence des enfants. C’est un défi pour toute jeune famille !!!

Faire bouger le tout-petit à sa mesure… Comment adapter nos activités physiques à nos tout-petits.

Josée Lespérance, enseignante TÉE

Janvier 2013

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Comme tous les matins, j’écoute l’émission Salut  bonjour! en me préparant pour aller au travail. Mais ce matin-là, j’ai vraiment été surprise de voir la vidéo que Gino Chouinard présentait.  Nous voyons un enfant au bas de la piste de ski, tellement vidé de ses énergies qu’il dort debout  sur ses deux skis et finit par tomber à la renverse. La scène qui se veut humoristique m’a fait réfléchir sur les attentes  élevées que nous avons parfois envers nos enfants. Malheureusement, je trouve la situation bien triste, comment un jeune enfant peut se rendre au bout de toutes ses forces sans que personne  l’arrête? Voir Vidéo (www.nokenny.com/un-gamin-dort-debout…).

Peut-être me diriez-vous que c’est l’enfant qui désire faire du ski !!!! Je pratique moi-même ce sport depuis plusieurs années, et je n’ai jamais vu un enfant de 3 ans faire une crise à son parent pour faire du ski.

Un enfant de 3 ans a peu d’expérience physique pour exercer un sport qui demande une technique aussi précise. Des pré-requis sont nécessaires pour bien maîtriser la glisse sur la neige. Par exemple, avoir marché sur différents sols puisse qu’il va devoir s’adapter aux différentes surfaces de neige. (glacée, granulée, collante) etc. L’immaturité du système nerveux  central  ne permet pas au jeune enfant de vivre avec plaisir et succès la pratique du ski alpin. Il est nécessaire que  le mouvement volontaire devienne un automatisme. Pour y arriver, l’enfant a besoin d’expérimenter plusieurs situations  motrices qui lui permettront de connaitre son corps et ses limites. Les moyens qu’il va développer pour se déplacer, garder l’équilibre, avoir le contrôle de son corps et ajuster son pas serviront à rendre ses gestes matures et fluides pour  ce type de sport en particulier.

Le jeune enfant n’est apte à faire l’évaluation des distances de freinages à la pratique sécuritaire du ski alpin.  Ce qui explique l’usage de différentes techniques qui relient l’enfant à l’adulte que nous pouvons voir parfois sur les pistes. Il faut également observer que pour certains enfants, il est difficile de se contrôler et s’arrêter lorsqu’ils ressentent l’excitation de la descente. Que dire de la concentration exigée pour l’exécution de l’ensemble de  ces habiletés. C’est pourquoi  il est facile de comprendre  la  fatigue extrême de l’enfant sur la vidéo.

Par contre, encourager la descente du grand frère ou de sa grande sœur, laisser l’enfant marcher avec des bottes de ski, manipuler l’équipement, se promener en traineau au bas des pistes, dîner en famille dans le chalet de ski, etc. sont des actions qui influencent positivement l’enfant dans l’exercice de ce sport. Son implication dans l’environnement souhaitée devient une source importante de motivation pour plus tard.

Sachez que prendre le temps d’observer les réactions et les signes de fatigues manifestés chez son l’enfant, c’est lui permettre d’anticiper des habitudes de vie comme adulte de demain.

Contrairement à ce que nous pouvons penser, la participation à un sport structuré comme par exemple être dans une école de ski demande beaucoup moins physiquement que le jeu libre. En effet, le sport structuré fait appel à plus de périodes d’inactions, car l’enfant doit suivre le rythme du groupe, écouter les consignes et respecter les temps d’arrêt. Alors que, le jeu libre permet à l’enfant de réagir davantage aux imprévus et par le fait même avoir une dépense énergétique beaucoup plus grande.

Je vois de plus en plus dans les milieux de garde de l’intérêt à faire bouger les enfants ainsi que leurs familles. Le défi Pierre Lavoie propose des moments de bougeottes aussi simples que de faire courir les plus vieux sous les yeux observateurs des plus petits, aller prendre une marche en famille après le souper. Les enfants amassent au CPE et à la maison des cubes d’énergies. Ces cubes peuvent le prétexte  à la fin du défi pour organiser une fête en famille au CPE. Une belle façon d’influencer le goût de bouger de tous.

Comme parent, nous avons à servir de modèle en adaptant nos sorties sportives aux limites de nos petits.

Voilà une belle façon pour que notre enfant dorme dans son lit le soir venu plutôt que sur ses skis….

Je vous recommande fortement  le livre de François Cardinal, Perdu sans la nature qui fait l’éloge des activités familiales en plein air.

Préparer l’enfant à l’école, sans faire l’école!

Josée Lespérance, TÉE

Janvier 2014

www.aveclenfant.com

Mon travail de formatrice me permet de travailler avec plusieurs équipes d’éducatrices. Je constate une préoccupation constante dans les milieux concernant la préparation des enfants à l’école et ce surtout pour les groupes de 4-5 ans. Certains milieux répondent aux désirs des parents en  offrant des cours d’anglais, danse, gymnastique. D’autres, vont jusqu’à placer dans l’horaire des groupes de 4 ans, des périodes de pré-maternelles. L’apprentissage de lettres, chiffres, petits cahiers d’exercices à compléter. Les demandes des parents viennent parfois bousculer les valeurs profondes des éducatrices. L’enfant doit rester le centre de nos préoccupations. Lorsque nos observations nous permettent de croire que l’enfant ne vit pas de plaisir et de succès dans ce qu’il lui est demandé et même parfois imposé sous prétexte de le préparer à l’école, c’est que les exigences proposées, sont des contraintes et des défis trop élevés. L’éducatrice doit se centrer sur les réels besoins des enfants et sensibiliser le parent aux apprentissages de son enfant par le jeu. Les expériences clés sont des outils  qui mettent en valeurs les actions de l’enfant qui seront utiles pour l’école.

Voir les expériences clés, ACCUEILLIR LA PETITE ENFANCE, le programme éducatif des services de garde du Québec. (Mise à jour 2007)

En voici quelques exemples :

  • -Lorsque que l’enfant enfile des boules sur un cordon, range des petits objets dans un contenant, empile des bouchons, ces actions permettront à l’enfant de tenir un crayon avec précision afin de se situer entre deux lignes pour écrire.
  • -Lorsque le milieu met en place un système d’étiquetage  (images/mots) pour identifier le matériel mis à la disposition de l’enfant, il favorise la pré-lecture chez le petit.

-Lorsque l’enfant s’amuse à faire un parcours (sauter, marcher sur une corde, passer en dessous d’une table) ces actions lui permettent de reconnaitre les possibilités de son corps tout en se situant dans l’espace. C’est un pré-requis important pour l’écriture.

  • -Lorsque l’enfant regarde un livre et suit de gauche à droite avec son index le texte écrit, il se prépare à la lecture.
  • -Lorsque l’enfant fait des gâteaux dans le sable et compte le nombre de chandelles représentées par des bouts de bois, il fait des pré-mathématiques.
  • -Lorsque l’enfant joue dans le sable et qu’il transporte des chaudières avec ou sans sable. Ces actions font appels aux poids et mesures.

 

Ces exemples sont peu nombreux mais démontrent que c’est dans le jeu que l’enfant fait ses apprentissages préparatoires à l’école. Pour le parent, il est parfois difficile de voir par de simples gestes tous ce que son enfant  développe. C’est à l’éducatrice de mettre en valeur dans sa planification de ses activités les actions qui seront des  pré-requis  utiles à ses apprentissages scolaires (Les expériences clés).

Le programme éducatif des centres de la petite enfance du Québec nous dit que pour faciliter l’entrée de l’enfant à l’école, le milieu de garde doit lui offrir la possibilité d’acquérir plusieurs attitudes et habiletés qui lui seront utiles pour une rentrée réussie. Voici de quoi il s’agit….

  • -Confiance en soi.
  • -Le goût d’expérimenter.
  • -Exprimer son point de vue.
  • -Une bonne capacité d’attention et de concentration.
  • -La capacité de résoudre des problèmes.
  • -Une bonne motricité globale et fine.
  • -Un langage clair et un vocabulaire étendu.
  • -Une capacité à apprendre de vivre en groupe.
  • -Une possibilité de suivre des routines.
  • -Une capacité de respecter des consignes

Réf: ACCUEILLIR LA PETITE ENFANCE, le programme éducatif des services de garde du Québec. (Mise à jour 2007,  Page 9)

Plusieurs recherches démontrent qu’un milieu de garde de qualité est l’endroit par excellence pour préparer l’enfant à la maternelle. Lorsque celui-ci offre un environnement chaleureux, sécuritaire, où les expériences sont variées.

Dans un contexte scolarisant où l’enfant est exposé à donner une bonne ou une mauvaise  réponse, certains enfants vivront un niveau de stress dont ils peuvent  difficilement contrôler. « L’imposition d’attentes irréalistes au niveau du développement cognitif freine ou ralentit le temps de jeu par des apprentissages prématurés et exige de l’attention au-delà de des capacités du jeune enfant » (Tiré de la formation Attention! Enfants sous tension! Sylvie Bourcier). Les exigences ont un seul but, préparer l’enfant à l’école….

 

Le jeu libre est une source indéfinie d’apprentissage préparatoire à l’école. Il développe les habiletés sociales et langagières, stimule les découvertes, les initiatives, la résolution de problèmes, la capacité de faire des choix. Il laisse place à l’expression de la créativité, la manipulation et  l’exploration. Observer, soutenir, encourager, guider l’enfant et mettre en place du matériel stimulant c’est reconnaitre le jeu comme la voie royale des apprentissages. C’est aussi, respecter le réel besoin de l’enfant en lui donnant  le sentiment d’être capable  de vivre du succès. Est-ce cela, préparer l’enfant à l’école sans faire l’école ????

Voir en annexe : Ce qui est important d’observer chez l’enfant avant l’entrée à la maternelle…

Annexe :

Ce qui est important d’observer chez l’enfant avant l’entrée à la maternelle…

  1. L’enfant est capable de se séparer de ses parents sans angoisse ou d’inhibition.
  2. L’enfant est capable de faire le choix de jeux ou d’activités.
  3. L’enfant est capable d’exprimer ses besoins ou de faire ses demandes.
  4. L’enfant est capable d’exprimer ce qu’il ressent.
  5. L’enfant est capable de prendre soin de ses effets personnels (retrouver ses souliers, son sac à dodo).
  6. L’enfant est capable de s’habiller et de se déshabiller.
  7. L’enfant est capable d’utiliser les toilettes et se laver les mains.
  8. L’enfant est capable de participer à des activités en petit-groupe.
  9. L’enfant est capable d’avoir du lien social avec les autres enfants.
  10. L’enfant est capable d’entrer en contact avec les adultes.
  11. L’enfant est capable d’apporter son aide à un autre enfant.
  12. L’enfant est capable de participer à une conversation (tour de parole, écoute).
  13. L’enfant est capable de contrôler ses élans moteurs (marcher à l’intérieur, s’asseoir pour manger, parler à voix basse lorsque demandé).
  14. L’enfant est capable d’attendre son tour pour obtenir quelque chose (délai raisonnable).
  15. L’enfant fait preuve de coordination visuo-motrice. Par exemple, enfiler des boules sur un cordon, ranger des petits objets dans un contenant, empiler des sous.
  16. L’enfant maîtrise bien le langage oral tant au niveau de la compréhension que l’expression. Il fait des phrases complètes, utilise des mots de liaisons.
  17. L’enfant est capable de reconnaitre des sons identiques (amour, tambour).
  18. L’enfant est capable de s’amuser seul pendant 20 /25minutes.
  19. L’enfant est capable de continuer son jeu, sa tâche malgré les distractions.
  20. L’enfant est capable est capable de suivre une consigne verbale ayant trois éléments ou une série de trois mouvements. Il saura quoi faire en premier, en deuxième et en dernier.
  21. L’enfant est capable de s’orienter dans l’espace. Il saura se diriger  près, loin, à côté, sur, au-dessus, en dessus d’un élément.
  22. L’enfant sait reconnaitre un ensemble d’éléments ayant l’une ou l’autre des caractéristiques suivantes: pareil, différent, plus que, moins que, autant que.
  23. L’enfant est capable de repérer un élément spécifique disposé dans un ensemble d’éléments. Il saura par exemple reconnaitre la maison bleue sur une carte postale illustrant un petit village de maisons colorées en campagne.
  24. L’enfant pose des questions sur divers sujets.
  25. L’enfant est capable d’identifier les effets ou les conséquences d’un geste posé, par exemple un dégât de lait parce qu’il en a trop versé.

À la maternelle, l’enfant  aura l’occasion de développer davantage ses compétences. Il sera dans l’action, faisant des activités ou en réalisant des projets.

Référence: Sylvie, Bourcier, Le grand monde des petits de 0-5ans, mon enfant est-il prêt pour la maternelle. Pages 151, 152,153. Ed du CHU sainte Justine.

Planifiez l’intégration d’un poupon

Émile a dix mois. Pour faciliter son intégration au CPE, il est venu trois jours par semaine pendant deux semaines. Depuis un mois, il vient cinq jours par semaine. Dès qu’il arrive, Émile pleure et hurle. Il est complètement désespéré lorsqu’il voit ses parents franchir la porte du local. Il ne s’intéresse pas aux jouets, il ne cherche que les bras des éducatrices. Les éducatrices ne savent plus quoi faire. La vie est difficile à la pouponnière. Lorsqu’Émile pleure, les autres enfants sont tendus, plus inquiets et se mettent à pleurer à leur tour. Le soir, les parents d’Émile partent en coup de vent sachant bien ce que les éducatrices vont dire sur la journée de leur petit.

Dans un texte précédent, j’ai parlé des étapes d’adaptation du petit et du parent dans un processus d’intégration. Voyons maintenant l’organisation de la pouponnière, les attitudes et rôles des éducatrices ainsi que les outils à mettre en place pour faciliter l’adaptation de toute une famille.

Le parent qui choisit de mettre son jeune enfant en pouponnière doit accepter la perte de l’exclusivité avec son enfant, les différences du milieu, les réalisations de son enfant en dehors du regard maternel. En plus des inquiétudes que ce changement apporte, il doit concilier famille/travail et s’entraîner à un nouvel horaire. Ouf! Beaucoup de choses pour le cœur d’un parent.

De son côté, l’éducatrice doit soutenir, informer le parent de ses observations, accepter les différences des familles et chercher à connaître l’enfant pour son mieux-être. Voilà le défi que les éducatrices doivent rencontrer dans un contexte d’un service de garde.

Il est certain que la période d’adaptation demande du temps et de l’acceptation autant du côté de l’enfant et de son parent. Afin que la nouvelle famille développe un lien de confiance, la pouponnière doit mettre en place une organisation physique et humaine pour s’assurer d’une intégration gagnante. Les éléments incontournables sont:

  1. Créer un environnement accueillant
    Créer un lieu où le parent peut s’asseoir confortablement avec son enfant à l’arrivée du matin et au départ le soir. Cet endroit peut servir aussi pour échanger avec d’autres parents du groupe. Une causeuse ou sofa recouvert d’une housse lavable peut être utile, soit dans le local ou à l’extérieur.
  2. Développer une méthode de jumelage
    Jumeler des anciens parents à de nouveaux parents sur une base volontaire. Les échanges peuvent aider à démystifier ses inquiétudes comme parent.
  3. Établir un processus d’intégration centré sur les besoins des familles
    Des études démontrent que 75% des enfants s’adaptent à leur éducatrice; les moyens mis en place pour aider le petit à s’adapter vont aider dans ce sens. Voici un exemple qui peut être modifié selon le besoin des familles. Proposez au parent un plan d’intégration qui s’échelonne sur une semaine.

    • Dans un premier temps, il est important de rencontrer le parent seul sans son enfant pour prendre contact et l’informer du fonctionnement de la pouponnière. Profitez de ce moment pour faire visiter les lieux.
    • Dans un deuxième temps, visite du parent avec son petit, prenez contact avec l’enfant et observez le parent avec son enfant. Placez cette visite dans un moment de routine, soit durant une collation, les jeux libres pour permettre à la famille de vous voir en action avec les autres enfants. Le parent peut en profiter pour prendre des distances progressives dans le local tout en étant disponible à son petit.
    • Dans un troisième temps, établissez avec le parent un rituel d’arrivée qu’il pourra mettre en application les jours suivants. Le parent prend des distances progressives et permet à l’éducatrice d’intervenir auprès de son enfant dans les routines (collation, repas, jeux libres). Le parent peut en profiter pour observer les façons de faire de l’éducatrice. Il est important que l’enfant puisse faire une sieste au CPE afin qu’il connaisse le déroulement de cette routine avant le grand jour. Le parent peut en profiter pour quitter le CPE et revenir après la sieste de son enfant.
    • Dans un quatrième temps, l’enfant est laissé une courte journée au CPE, le parent peut venir le chercher après la sieste.
    • Dans un cinquième temps, le parent laisse son enfant pour une journée complète en appliquant le rituel du matin et informe l’éducatrice de l’heure de son retour.
  4. Visiter le milieu familial de l’enfant
    Une pratique qui se fait peu au Québec, mais qui peut faire toute la différence pour la transition foyer/service de garde. Cette visite permet de voir l’enfant dans son milieu naturel, d’échanger dans un contexte de famille et parfois de mieux comprendre la dynamique familiale et les comportements de l’enfant. La visite doit être courte tout en servant d’informations à l’éducatrice.
  5. Établir une politique visant la promotion dans la continuité des soins
    Offrir à l’enfant une éducatrice attitrée, ce qui lui permet d’avoir une stabilité dans les liens affectifs. Une condition de base pour qu’il s’intègre à la vie de groupe et développe son sentiment de sécurité. La continuité dans les liens permet à l’éducatrice d’avoir des relations plus chaleureuses et une plus grande connaissance de l’enfant. Une éducatrice auxiliaire peut être aussi présente dans la vie de l’enfant pour supporter l’éducatrice attitrée. Il est conseillé d’avoir une éducatrice attitrée jusqu’à l’âge de deux ans car le manque de stabilité dans les liens ne permet pas toujours à l’enfant de développer une confiance en l’adulte.
  6. Revoir le fonctionnement organisationnel et humain de la pouponnière
    Pour répondre aux besoins de stabilité du petit, l’équipe de travail de la pouponnière doit analyser le fonctionnement organisationnel et humain qui peut nuire à la sécurité affective des enfants. Voici quelques pistes de réflexions qui peuvent être améliorées pour favoriser l’adaptation du petit; si plusieurs questions sont affirmatives, il peut être pertinent comme équipe de travail à revoir ses priorités…

    • Est ce que l’enfant est en contact avec des remplaçantes qu’il ne connaît pas ou très peu?
    • Est-ce que le CPE me demande de relocaliser les petits dans d’autres groupes par manque de personnel ou par souci d’équilibrer les groupes?
    • Est-ce que je prends des stagiaires en début d’année lorsque le groupe est nouveau?
    • Est-ce que j’accepte que les éducatrices prennent leur pause à la pouponnière pour cajoler les bébés les plus attirants?
    • Est-ce que je participe aux sorties grands groupes en début d’année? (les pommes, cabane à sucre)
    • Est-ce que les ouvertures et fermetures se font en multiâge avec les bébés de la pouponnière?
    • Est-ce que je laisse circuler inutilement le personnel dans mon local?
    • Est-ce que je participe aux activités spéciales du CPE avec les bébés? (fête de l’halloween, fête de Noël)
    • Est-ce que le poste de la pouponnière est aussi de 4 jours et d’un horaire varié pour l’éducatrice?

Ces éléments ci-haut mentionnés peuvent être améliorés pour mieux répondre aux besoins des 0-2 ans. Le changement dans le fonctionnement organisationnel et humain est possible lorsque l’équipe y voit toute l’importance pour le développement et l’épanouissement du petit.

Les éducatrices d’Émile constate qu’ils peuvent revoir leur horaire de travail pour assurer une stabilité dans le groupe, avoir des enfants attitrés pour chacune des éducatrices pour mieux connaître les enfants, rencontrer le parent pour établir un rituel d’arrivé et de départ qui servira de sécurité pour la famille, informer le parent sur la période d’adaptation de son enfant, être disponible aux demandes affectives du petit pour qu’il se sente en sécurité dans son nouveau milieu. Voilà de bien petits changements qui feront toute la différence dans la vie d’Émile!

L’éducatrice doit-elle jouer avec les enfants ?

Stagiaire de deuxième année dans le groupe des 3 ans. Claudine se questionne sur son implication avec les enfants en situation de jeux. Doit-elle s’impliquer dans les jeux des enfants ? Doit-elle s’investir dans les bricolages avec son groupe en bricolant avec eux ? Jouer avec l’enfant dans le coin imitation… Mais jusqu’où peut-elle aller dans le jeu ?

Elle se propose de parler avec son éducatrice-guide afin de connaitre son opinion.

Manon, son éducatrice-guide a bien des choses à dire sur le sujet. En effet, elle a pu observer Claudine à plusieurs reprises jouer avec les enfants dans le coin imitation mais sans porte peu attention aux autres enfants. Dès son arrivée au CPE, elle est sollicitée pour jouer avec un petit groupe et souvent  les mêmes enfants. Son éducatrice–guide a pu remarquer que Claudine supporte peu les enfants en situation de conflits. Manon doit souvent intervenir pour aider à la résolution de problèmes alors que Claudine s’amuse avec Zoé, Catherine et Pierre-Luc. Face à ces observations Manon expose son point de vue à Claudine…

Être éducatrice est avant tout de créer des liens significatifs en passant par le jeu et ce dans le plaisir d’être ensemble. Lorsque Claudine se prête au jeu au même titre qu’un enfant, le groupe ne peut la voir comme un adulte en qui il peut avoir confiance. Son rôle n’est pas de jouer mais de faire jouer l’enfant par sa présence. Son implication dans les jeux  ne lui permet pas d’observer pour mieux connaître le groupe, elle est en contact seulement avec 2 à 3 enfants à la fois. Le groupe ne peut voir Claudine comme une adulte mais plus comme une coéquipière. Dans ces conditions, il est plus difficile pour Claudine de se faire respecter dans ses demandes. Lorsqu’elle prend des attitudes de fermeté, elle n’est pas écouté, les enfants ne lui portent pas attention, elle est peu significative pour eux dans un rôle d’éducatrice.

Manon explique à Claudine que lorsqu’elle prend le temps d’observer les enfants par exemple dans une activité de bricolage elle peut :

  • Soutenir l’évolution du groupe.
  • Aider les enfants plus en difficulté.
  • Développer des stratégies pour stimuler la découverte et l’intérêt des enfants.
  • Intervenir pour les encourager à poursuivre.
  • Reconnaitre les forces de chacun.

Le fait de participer au même titre qu’un enfant, il est difficile de voir le découragement du petit qui prend conscience d’être bien loin de faire aussi bien que l’adulte.

Après cette discussion, Claudine se propose de changer certaines attitudes qui nuisent à sa relation avec les enfants. Par exemple, en jeux libres elle veut s’impliquer d’une toute autre façon. Prendre le temps d’observer les enfants et relancer le jeu en proposant par exemple à Jonathan qui a fait une super tour avec les blocs de lui montrer comment faire. Cette approche valorise l’enfant qui est l’auteur de la tour et apporte des idées nouvelles aux enfants qui s’y intéressent. Claudine suscite alors l’intérêt des enfants et le jeu peut se poursuivre. Ce qui lui permet d’aller voir les autres coins de jeux et de stimuler par exemple la bonne idée de Juliette dans le coin imitation, qui a pris deux boîtes de papier mouchoir vides dans le matériel de récupération pour se faire des souliers. Elle remarque aussi une nouvelle amitié entre Marie-Pier et Arienne qu’elle trouve bien pertinente. Elle prend alors le temps d’aller les voir et de leur dire qu’ensemble elles s’amusent très bien.

Maintenant, lorsqu’un enfant lui demande de jouer, Claudine laisse l’enfant prendre le contrôle du jeu, elle tente de susciter l’intérêt par des questions l’incitant à la découverte, son enthousiasme permet de laisser l’initiative qui revient au petit explorateur.

Claudine reconnait que jouer avec les amis(es) de son groupe c’est avant tout avoir du plaisir et partager un moment privilégié avec eux !!!