Comment célébrer la fête de l’halloween en multiâge

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Comment célébrer la fête de l’halloween en multiâge dans le plaisir tout en évitant l’anxiété chez le tout-petit ?

L’Halloween est une fête de plus en plus célébrée au Québec. Nous n’avons qu’à regarder les décorations devant les maisons, les costumes et les accessoires vendus en magasin pour comprendre l’importance que le grand public accorde à cette fête. Une fête qui est animée bien avant le 31 octobre.

Dans vos services de garde, c’est également une fête bien attendue avec du plaisir assuré et ce surtout pour les 3-4 ans. Ils aiment sortir de leurs routines, porter des déguisements, créer des ambiances nouvelles qui les enchantent. Présenter un repas avec comme menu une soupe aux sorcières, du jus à la citrouille et des biscuits en forme de fantômes augmentent le plaisir

Mais qu’en est-il pour le 18 mois-2 ans? Le petit vit cette fête d’une toute autre façon. Il est encore bien loin de ce côté imaginaire qui lui procure plus de peur que de plaisir. Il a encore besoin de beaucoup de stabilité dans les routines pour accepter autant de changements que la fête peut engendrer. Son besoin de repère visuel pour se sécuriser ne peut que lui faire vivre de l’anxiété lors de cette journée. Si tout est transformé dans son environnement, il ne reconnaît plus son éducatrice dans son déguisement, les changements apportés au décor ne lui permettent plus de s’orienter dans son espace et en plus le repas se prend dans un autre endroit avec un menu peu commun… Des petits changements qui sont plus stressants qu’amusants pour notre tout-petit qui est en évolution. Bien sûr, cette fête est aussi une occasion de s’habiliter à tous ces changements me direz-vous! En effet, mais tout est dans le «comment faire». Voici donc des petits trucs pour vivre l’Halloween dans le plaisir.

Petits trucs

  • Pour les plus grands qui retirent du plaisir à avoir peur des sorcières, des fantômes et qui aiment inventer, pourquoi pas faire un coin avec du matériel correspondant à la fête (accessoires, déguisements, images sur les murs représentant la fête, livres sur le sujet, musique, citrouilles décorées par eux), etc.
  • Pour les plus petits avoir également du matériel mais qui est présenté graduellement et que l’éducatrice prend plaisir à manipuler avec le tout-petit. Elle peut même se déguiser en présence des enfants. De cette façon, l’enfant est davantage capable de prévoir et de constater les transformations. Ce qui fait réagir le tout-petit est son incapacité d’anticiper les événements lorsqu’ils arrivent subitement.
  • Les vêtements, les accessoires que vous jouez à enlever et à remettre avec les tout-petits feront bien sûr partie de votre déguisement du 31 octobre.
  • Évitez les masques qui recouvrent votre visage, si le petit ne peut repérer aucune ressemblance avec son lien d’attachement (éducatrice) il sera davantage dans l’anxiété. De plus, les masques ne sont pas sécuritaires dans l’exercice de vos tâches.
  • Si vous avez à mettre du maquillage dans votre visage, faites-le devant les enfants afin qu’ils voient les transformations et anticipent les changements.
  • Vous pouvez en profiter pour organiser une parade de mode. Demandez à tous les enfants d’apporter son déguisement pour le défilé. De cette façon, il le met sur place, il se maquille et tous peuvent voir les transformations.
  • Les costumes très élaborés ne sont pas à conseiller.
  • Il peut être pertinent d’avoir un menu un peu spécial mais le faire dans un endroit où le petit peut avoir des repères visuels, c’est-à-dire un endroit connu par l’enfant.
  • La journée peut avoir une allure de fête, mais il ne faut pas perdre de vue que les routines sont des repères dans le temps pour le petit.
  • Fredonnez des chansons sur le thème que vous allez chanter pour cette journée avec des bruits de fantômes et de sorcières.
  • Si malgré tout un petit éprouve des peurs lors de cette fête, il va de soi que pour le respect de l’enfant on n’insiste pas davantage. Car pour le petit, le simple fait d’observer les autres peut être déjà une source de plaisir.

L’Halloween est une fête d’enfants qui amuse les adultes, il ne faut pas la transformer en fête d’adultes qui amuse les enfants….

Bon 31 octobre 2002!

J’ai peur du monstre ! Surmonter les peurs provoquées par les images violentes

Sylvie Bourcier, intervenante en petite enfance

Mai 2012

www.aveclenfant.com

Contrairement au conte où il peut imaginer la scène à sa façon en y imposant ses propres limites et dans lequel l’adulte conteur peut moduler sa voix en fonction des réactions de l’enfant, la télévision propulse l’enfant dans des scènes soudaines, inattendues et parfois bouleversantes.

La peur est ressentie selon l’âge et le sexe du téléspectateur. Les enfants d’âge préscolaire ne distinguent pas toujours la réalité de la fiction. C’est pourquoi les créatures et les monstres les effraient tant. Mais les enfants en redemandent parce qu’ils éprouvent une réelle satisfaction lorsqu’ils arrivent à affronter la peur. Il ne s’agit donc pas d’épargner la peur aux enfants mais bien de les aider à la surmonter, à l’apprivoiser. Si les peurs sont trop grandes, l’enfant sera incapable d’y faire face et pourra ressentir une insécurité et se percevoir faible et fragile.

C’est la connaissance de leur enfant qui permet aux parents de juger du niveau acceptable d’une émission ou d’un film. Cette connaissance repose sur l’écoute des commentaires, des questions, des champs d’intérêt et sur l’observation de ses réactions. On observe plusieurs manifestations d’anxiété chez les enfants affectés par certaines images : agitation, sidération, accélération de la respiration, transpiration, tension musculaire. Les petits cherchent à se protéger. Ils se ferment les yeux, se rapprochent de leurs parents, se cachent les yeux sous un coussin.

 

Le rôle des parents est important. D’abord, les parents apprennent aux enfants à identifier et exprimer leurs émotions. La disponibilité, durant et après le visionnement, ainsi qu’une écoute objective et sans jugement permettent aux parents d’en constater les effets, de rassurer l’enfant d’un geste réconfortant, de favoriser l’expression des émotions ressenties et de recadrer la situation. Ainsi, on évite de laisser l’enfant seul avec sa peur alors qu’il ne comprend pas sa réaction. Comment alors y faire face quand on ne sait même pas à quoi on a affaire et que l’on ne peut évaluer la situation à sa juste mesure ? Les activités de défoulement ludiques ou créatives peuvent aider les petits à canaliser l’agitation à la suite d’images d’action troublantes. Beaucoup d’enfants reconnaissent qu’il y a des émissions qui font peur et préfèrent les éviter.

L’implication des parents est donc essentielle puisqu’ils peuvent aider leur enfant à rationaliser, à distinguer ce qui relève de la réalité et de la fiction, et surtout à exprimer les sentiments qui sont difficiles à identifier.


[1] Tiré de L’enfant et les écrans. Chapitre 4. L’influence des images violentes. Sylvie Bourcier 2010. Éditions Chu Sainte-Justine.