Le plaisir de jouer… dehors !

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Allez-vous suffisamment jouer dehors avec vos tout-petits? Si la température nous le permet, diront plusieurs alors que d’autres responsables choisiront d’y aller chaque jour comme le programme éducatif nous invite à le faire. Plusieurs raisons peuvent limiter nos escapades à l’extérieur: la température, le temps de l’habillage, le manque de matériel dans la cour, le peu d’activités à faire, etc.

La personnalité de la responsable de garde a aussi une influence considérable; il est difficile de motiver les enfants à aller jouer dehors lorsque comme adulte nous n’en retirons aucun plaisir…

L’étude Grandir En Qualité démontre que, même si les activités proposées sont plus présentes en milieu familial qu’en installation, le jeu extérieur demeure peu exploité dans nos milieux. En effet, le matériel mis à la disposition est pauvre, l’animation ainsi que les aménagements sont insatisfaisants et la sécurité n’est pas toujours considérée comme prioritaire.

Il est pourtant démontré que prendre l’air réduit le stress et donne de bonnes habitudes de vie. Pour les enfants de plus de 18 mois, on propose de 20 à 60 minutes d’activités extérieures quotidiennes. Il est certain que certaines saisons nous limitent plus dans nos sorties extérieures, par exemple en hiver à -20oC il peut être risqué de sortir avec les petits. Mais lorsqu’il fait moins froid, le jeu extérieur devrait être la priorité.

Même si le grand air fait place au jeu spontané, il est nécessaire, pour avoir de l’intérêt à aller jouer dehors, que ces périodes soient planifiées au même titre que le reste des activités prévues à votre programme. En plus de sensibiliser l’enfant au plaisir de jouer dehors, planifier vous permettra de faire des activités en lien avec le thème et par le fait même de rassurer le parent sur ce que son enfant fait à l’extérieur.

Jouer dehors donne la possibilité de crier, de se défouler, d’inventer… L’aménagement de la cour par coins donne aux enfants la possibilité de développer leurs habiletés sociales en jouant librement et ce, sans limiter le bruit.

Le contact direct avec l’environnement aidera aussi l’enfant à comprendre le cycle de la nature. Il prendra conscience des changements de température et apprendra comment ces changements affectent les plantes et les animaux. Profitez-en d’ailleurs pour faire des activités: la chasse aux insectes, l’observation des oiseaux avec l’installation des mangeoires faites par les enfants. Lors des promenades avec les enfants, invitez les enfants à ramasser des éléments de la nature et à mettre leurs trouvailles dans une boîte à l’entrée de votre service de garde. Vous pouvez même ensuite utiliser ces éléments pour faire un parcours ou jeu d’associations. Pourquoi ne pas développer une banque de jeux avec les éléments de la nature?

Dehors, on peut évidemment faire des jeux de grande motricité ou prévoir des activités distinctes mais rien n’empêche de reproduire des activités d’intérieure dehors: par exemple, faire de la peinture sur du coroplasme installées à la clôture; jouez à la chaise musicale avec des bouts de bois; faire des chemins de roches pour jouer avec les autos.

En fait, l’important c’est de s’amuser et d’y aller… jouer dehors c’est la santé!

Céline Perreault vous offre un atelier pour vous inviter à passer de bons moments avec les enfants à l’extérieur. Informations: 450-588-0272

Jouer dehors avec le tout-petit: corvée ou plaisir?

Josée Lespérance, Enseignante en TÉE

Janvier 2012

www.aveclenfant.com

Tout le monde s’entend pour dire que le grand air c’est la santé et ce même chez les petits en pouponnière.

François Cardinal auteur du livre PERDU SANS LA NATURE traite de ce sujet et constate que le jeu libre en plein air est une richesse oubliée dans le quotidien de nos petits. La vie de famille trépidante limite parfois les parents à aller jouer dehors librement sans but précis mais simplement pour flâner et respirer le grand air avec son enfant.

Le milieu de garde est le lieu par excellence pour pratiquer cette activité à reconquérir.

À notre CPE, allons-nous suffisamment dehors avec nos tout-petits ? Certaines éducatrices diront que oui chaque jour lorsque la température s’y prête et d’autres diront que non, ils pourraient sortir plus souvent.

Qu’est-ce qui limite nos sorties, la température bien sûr mais également l’organisation dans l’horaire de la journée qui peut parfois être compliquée avec les besoins du poupon.

Oui aller dehors hiver comme été avec le groupe de poupons c’est possible pour Lyne Archambault éducatrice d’expérience du CPE Caroline. Tout est dans la façon de s’organiser.

Chez le petit, le jeu extérieur stimule le développement de l’enfant, il découvre de nouvelles sensations, il développe ses sens et acquiert de nouvelles habiletés. Mais les bienfaits du plein air ne se limitent pas seulement lorsque nous sommes dehors. En effet, Line y voie des apprentissages également dans la préparation pour aller à l’extérieur. Voici quelques idées gagnantes qu’elle propose :

Lors de l’habillage, se mettre au niveau des enfants pour être plus accessible et disponible à eux. Exercez cette activité d’habillage en petit groupe afin de limiter l’attente. Acceptez les capacités de chacun, le tout-petit est plus habille à enlever que de mettre les vêtements. Trop souvent nos exigences limitent le plaisir. Il se peut qu’un enfant ait besoin de faire une sieste le matin; on pourrait lui faire faire dans un carrosse à l’extérieur et cela vous permettrait d’être avec tout le groupe. Nommez les vêtements des enfants en leur attribuant une qualité. Par exemple, c’est le chapeau de Cléo, il est très très doux. De cette façon, il lui sera plus facile de le reconnaitre et de faire des tentatives pour le mettre sur sa tête puisqu’il est doux…..

Nul besoin de vous dire que le temps consacré pour l’habillage est porteur d’un beau moment avec les petits dans la cour.

L’aménagement à l’extérieur doit être sécuritaire pour permettre la découverte et laisser libre court au jeu. Line a comme principe, lorsque tu dois interdire et redire la même consigne aux enfants pour leur sécurité, c’est donc que l’aménagement n’est pas adapté aux besoins des poupons. L’éducatrice doit traiter l’aménagement extérieur au rythme du développement de son groupe.

La cour des petits doit être à l’écart du reste du CPE, le matériel doit être pensé comme de petites mises en scène selon les saisons, goûts, intérêts et besoins des petits. Il ne faut jamais oublier, que le petit doit avoir du temps libre pour apprendre.

Voici quelques exemples de mises en scène que Line expérimente :

  • -Marcher dans les feuilles, faire remarquer les textures, odeurs, couleurs.
  • -Accrocher des instruments de musique à la clôture à explorer.
  • -Suivre des traces dans la neige.
  • -Marcher simplement avec des bottes à eau dans la cour des grands.

-La mise en place du programme éducatif dans la cour demande à l’éducatrice d’observer son groupe pour lui faire vivre des expériences positives, planifier et concevoir des expériences en fonction de ses observations, aménager l’environnement et intervenir en soutenant, valorisant tout en étant disponible aux petits. Voilà un beau défi réalisable que Line exerce depuis maintenant 20 ans!!!

Savez vous…. qu’il existe un lien direct entre la pratique précoce d’activités physiques, jouer dehors, de se dépenser physiquement et les habitudes de vie du jeune adulte. Seriez-vous de ces adultes ????

Ce texte est tiré de la formation Jouer dehors avec le tout-petit, corvée ou plaisir ?

Josée Lespérance enseignante et Lyne Archambault éducatrice chez les poupons ont mis en commun leurs expériences et vous proposent un moment plein-air qui suscite la réflexion sur nos pratiques mais aussi une façon de se ressourcer par des idées simples mais d’une richesse inestimable pour le tout-petit. Pour en savoir plus sur la formation nous écrire à l’adresse  courriel suivante dleblanc @b2b2c.ca

Comment transformer le jeu de la chaise musicale pour le multiâge ?

Des petits qui gigotent des grands qui se disputent une place des consignes répéter, qu’elle affaire ! Est-ce possible d’adapter ce jeu au besoin de tous ?

Il est bien connu, le jeu de la chaise musicale est composé d’éléments compétitifs puisque le jeu élimine des enfants à mesure qu’une chaise est enlevée. Ce qui ne permet pas à tous de participer du début à la fin du jeu. Lorsque nous sommes avec un groupe en multiâge, il est important de transformer des jeux compétitifs en jeux coopératifs. Pour amener une plus grande liberté dans l’exécution du mouvement selon l’âge de l’enfant, pour éliminer les pleurs d’un enfant qui ne gagne pas, pour améliorer la coopération entre les enfants, pour amener le plaisir entre eux et permettre la participation de tous malgré l’habileté de chacun. Le jeu coopératif c’est d’abord une façon et une attitude différente de voir le jeu, c’est une activité de plaisir où les éléments compétitifs sont limités. En voici un exemple.

Matériel

Il n’est pas souhaitable d’utiliser des chaises pour jouer à la chaise musicale car souvent les chaises sont une source d’accidents pour les plus petits qui ne sont pas encore en parfait équilibre. Utilisez des objets qui demandent beaucoup moins d’organisation tels que:

  • Feuilles de papier de couleur
  • Couverture
  • Feuilles d’automne
  • Papier à bulles
  • Petit tapis
  • Coussins
  • Dessins d’enfant

Objectifs

  • Développe l’aspect moteur, affectif et cognitif de l’enfant
  • Développe les habiletés sociales avec l’ensemble du groupe
  • Développe la tolérance à la proximité physique
  • Valorise l’enfant qui aide le plus petit
  • Limite l’attente
  • Fait participer le plus jeune malgré les différences au niveau des habiletés motrices

Utilisation

Le jeu ne consiste pas à éliminer les joueurs, mais bien de faire participer l’ensemble du groupe multiâge.

  • Fixez au sol autant de feuilles de papier de couleur, feuilles d’automne, petits tapis, coussins ou dessins que le nombre d’enfants (exemple: 6 enfants = 6 feuilles de papier de couleur). Au rythme de la musique, les enfants se déplacent librement dans la pièce. Lorsque la musique arrête, les enfants s’assoient sur une feuille de couleur. À chaque tour, une feuilles est enlevée, l’enfant doit partager sa feuille avec d’autres enfants. Pour terminer, lorsque tous sont assis sur une feuille de papier de couleur, ce qui fait en sorte qu’aucun enfant n’est éliminé du jeu même s’il n’a pas de feuille pour s’asseoir.
  • L’utilisation de la couverture, plus le jeu avance, moins il y a de place sur la couverture. À chaque arrêt de la musique, il y a un bout qui est plié pour limiter l’espace. À la fin, tous se retrouvent sur un petit bout de la couverture, tous bien collés les uns aux autres.
  • Le papier à bulles peut être utilisé comme une forme de défoulement. Lorsque la musique arrête, tous sautent sur le papier pour éliminer le plus de bulles possibles. Lorsque la musique reprend, les enfants se déplacent dans l’espace.

Bonne expérimentation!

On arrive-tu ?

Qui n’a pas attendu son enfant dire de « on arrive-tu » bientôt? Comment pouvons-nous agrémenter nos déplacements en voiture avec notre enfant ?

Juin est souvent un moment de préparation pour les vacances. Certaines familles prévoient des vacances dans la région avec de courts déplacements chaque jour. Pour d’autres, un plus long séjour est prévu à l’extérieur de la maison, ce qui signifie parfois de longues heures de route avec la petite famille. Les déplacements en voiture avec des enfants demandent de l’organisation pour le parent qui veut se rendre à destination avec plaisir.

Pour l’enfant qui se déplace en voiture avec ses parents pour des vacances d’été signifie des moments différents, des découvertes et des expériences nouvelles en famille. Préparez votre enfant à l’avance cela lui permettra d’anticiper les événements et d’imaginer ses vacances en terme de plaisirs et d’activités. Même si nous avisons nos enfants de la durée du trajet nous pensons peu à animer les moments passés en voiture. Il n’est pas rare que après seulement 60 minutes de route notre enfant nous demande ON ARRIVE -TU ?

Pour le jeune enfant, la notion de temps est plus vécue en terme d’images Avant/Après. La durée du temps est influencée parce qu’il ressent comme par exemple la fatigue, la faim, l’inactivité etc. Alors que l’enfant de 7 ans peut plus évaluer le temps en terme de durée par différents outils, par exemple une montre ou un cadran. Il reconnaît l’heure, les minutes, les mois et les années. Il demeure soumis comme le petit à vivre le temps selon ses pulsions et ses humeurs ressenties durant la durée du trajet imposé. Plus les pulsions motrices ou verbales sont grandes, plus l’enfant ressent le temps comme étant long et frustrant. Il est donc difficile pour un jeune enfant d’être inactif en voiture. Afin d’éviter certaines tensions, il faut prévoir avec votre enfant des petits jeux, des échanges et des arrêts plus fréquents pour se délasser. Les déplacements en auto seront alors moins difficiles.

Lorsque nous pensons aux déplacements en voiture, nous pensons à des petits jeux à donner à différents moments du trajet. Il est aussi très important que l’enfant ressente votre investissement et le plaisir que vous avez à voyager avec lui. Donc l’achat d’objets à manipuler en auto est important mais votre implication l’est aussi. L’enfant doit être animé par son parent pour l’aider à patienter lors des déplacements. Voici des exemples :

  • Chantez en famille à l’aide d’un CD ou des chansons connues par l’enfant.
  • Faites rechercher certains éléments de l’environnement (ex. on cherche une vache, une voiture rouge, etc.)
  • Jouez à l’objet imaginaire, prendre un crayon dans ses mains et lui trouver un nouveau nom et fonction. Par exemple, le crayon devient un micro, un parapluie, une règle.
  • Jouez aux devinettes comme par exemple : qu’est ce qui est rond qui peut-être rouge, vert ou jaune et qui pousse dans les arbres (pomme).
  • Jouez au téléphone
  • Trouvez ou identifiez des mots sur les panneaux publicitaires.
  • Inventez une histoire que l’enfant doit poursuivre. Ex. : Je suis un petit lapin qui se nomme…
  • Dessinez dans le dos de votre enfant avec vos doigts et l’enfant doit deviner de quoi il s’agit.
  • Jouez à l’alphabet routier, il s’agit d’identifier dans l’ordre l’alphabet sur les panneaux publicitaires
  • Jouez à faire les plus drôles des grimaces.
  • Jouez à mon petit œil espion, dans l’auto il y a un objet qui est rond et qui peut tourner et faire du bruit (le bouton du radio)
  • Jouez au jeu de mémoire. Je fais ma valise et j’apporte mon pyjama. Votre enfant rajoute un objet dans la valise mais doit aussi nommer ce que vous avez dit. Et ainsi de suite.
  • Jouez aux rimes (ex. J’ai rencontré Sylvie qui allait à Paris en taxi…)

Plus vous lui proposez des idées de jeux dans les déplacements, plus il sera capable de le faire seul avec d’autres enfants.

Il est aussi important que votre enfant puisse manipuler des objets lors de votre déplacement. Vous pouvez prévoir un sac à dos remplis de surprises. Une carte routière pour trouver des symboles, des bout de corde pour jouer à faire des formes, crayons avec petit carnet pour dessiner, des petits casse-tête, ballon de plage dégonflé, balles pour les arrêts, marionnettes à doigts, lampe de poche, cartes d’échantillons de peinture avec images, CD usagés (fait le même effet qu’un miroir avec le soleil), Cartes de tous genres, cartes de fêtes, cartes postales, photos de d’autres voyages, images du séjour prévu, des petits bacs de différents objets ex. (coquillages, épingles à linge) offrent d’autres possiblités. Il est important d’apporter des choses que l’enfant n’a pas l’habitude de manipuler afin d’avoir un plus grand intérêt de jeu. Il n ‘est pas nécessaire de connaître ce que l’enfant peut faire avec l’objet. Le simple fait de le découvrir lui même, lui apporte du plaisir.

Votre investissement dans les déplacements en auto aura peut-être un effet sur son futur… qui sait! Les longs moments de route avec votre enfant permettent de tisser des liens privilégiés avec lui. À l’adolescence, l’auto peut devenir un lieu d’échanges important entre vous et votre ado, l’absence du contact visuel facilite les confidences. Il garde un bon souvenir du temps vécu en famille et peut le réinvestir d’une autre façon et selon ses besoins. Alors Vroum, Vroum …!!! Et bon voyage avec votre marmaille!!

Où est la salopette de Juliette?

Spécial vestiaire – La gestion des moments d’attente au vestiaire
Peut-on limiter l’attente au vestiaire ?

Comme à tous les matins Carole éducatrice des 3 ans amène son groupe au vestiaire pour s’habiller. Ce moment est souvent accompagné de bousculades, de cris, de je ne suis pas capable, de je ne trouve pas ma salopette, etc. Carole tente de répondre aux besoins et demandes des enfants. Les plus rapides à l’habillage doivent attendre les autres.

La routine de l’habillement est souvent une source de stress pour l’éducatrice qui se trouve à gérer plusieurs demandes à la fois. Les limites physiques du vestiaire, le nombre d’enfants à s’habiller en même temps, le soutien requis à ceux dont les habiletés motrices sont limitées sont des facteurs importants pour l’organisation de ce moment. Plus l’enfant est jeune plus il dépend de l’adulte pour exercer cette routine.

L’enfant de 18 mois – 2 ans a besoin de manipuler ses vêtements, de les sentir, de les lancer, d’essayer de les mettre. Par exemple, il va mettre les mitaines ou le chapeau dans ses pieds. C’est un explorateur, il a besoin de faire les choses de différentes façons. Ses expériences lui permettront de raffiner ses gestes. Le petit doit apprendre à reconnaître ses vêtements avant de commencer à s’habiller. Il est plus pertinent que l’habillage soit fait dans le local. De cette façon, l’éducatrice risque moins de le retrouver dans les toilettes ou à vider des bacs. L’encadrement dans un espace connu facilitera la concentration à la tâche.

Pour les 2-3 ans, la motricité fine est un peu plus présente dans les gestes routiniers. Par exemple, il est capable de mettre sa tuque l’ayant déjà expérimenté dans le passé. Par contre, son manque d’organisation temporelle (l’ordre des choses) va faire en sorte qu’il peut mettre ses bottes avant sa salopette. Il a besoin de faire des essais et erreurs pour apprendre. Il enfile avec plus de facilité son manteau, son chapeau puisque cet exercice demande moins de précision. Alors qu’il éprouve plus de difficulté à boutonner et à relever sa fermeture éclair, son niveau de motricité fine et de la coordination est en apprentissage.

L’enfant de 3-4 ans démontre de plus en plus d’habiletés motrices pour s’habiller. Il est plus capable de finaliser ses attaches, ses boucles. Sa motricité fine est beaucoup plus développée. À cet âge l’entraide est une belle façon de valoriser ses compétences. Il est parfois difficile de concilier deux choses en même temps, soit parler et s’habiller. Malgré ses acquis en motricité, la période de l’habillage peut parfois être longue. Les besoins différents de chacun demandent à l’éducatrice de faire preuve de créativité pour répondre au développement de l’enfant. L’utilisation de livres ou l’entraide sont des moyens souvent exploités par l’éducatrice. Le matériel nouveau et pertinent peut davantage permettre à l’enfant d’être plus respectueux des consignes. Le peu d’espace qu’offre le vestiaire oblige d’avoir du matériel adapté à ce moment. De plus, l’éducatrice occupée à la tâche doit mettre en place des jeux sécuritaires, qui demandent peu de rangement et apporte du plaisir dans l’attente. Voilà une belle forme de respect ! Les idées proposées vous demanderont d’utiliser les murs à proximité du vestiaire et des bacs en permanence sur les lieux. Ils permettront de dégager l’espace, de donner la chance aux enfants un peu moins rapides de faire des apprentissages à leur rythme.

  • Fixez une grande feuille au mur et accrochez des crayons sur corde élastique pour dessiner.
  • Appliquez au mur un mandala géant (dessiné sur une feuille) avec des crayons sur corde élastique.
  • Utilisez l’objet de stimulation les pochettes cachettes pour y insérer des objets de manipulation. (Vous trouverez sur mon site à la rubrique objets de stimulation une photo des pochettes cachettes).
  • Placez à proximité du vestiaire le tableau d’activités le bâton magique (Vous trouverez sur mon site à la rubrique objets de stimulation une photo du Bâton Magique).
  • Photocopiez et agrandissez des pages de livres de types où suis-je? Mettez les copies au mur avec une feuille de plexiglas par-dessus pour les protéger.
  • Mettez dans un grand encadrement une feuille polystyrène(styrofoam), placez autour des cordes élastiques avec des petits marteaux en plastique, mettez sur la feuille des tee de golf ( ce jeu sert de planchette pour enfoncer les tee de golf un peu comme des clous).
  • Installez au mur des petites boîtes avec couvercles (boîtes à serviettes humides)de différentes hauteurs et mettez-y des objets de manipulation pour les petits.
  • Préparez-vous un bac d’objets inusités à faire découvrir aux plus grands. Ce bac reste au vestiaire et ne peut-être utilisé qu’a cette période pour garder l’intérêt de l’enfant. Bac à coquillages, bac à mini-pièces de casse tête disparates (comme un bac à riz mais moins exigeant pour le rangement).
  • Prenez en photos les enfants dans des poses rigolotes, faites agrandir et affichez les photos. Les enfants peuvent jouer à reprendre les mêmes poses durant l’attente.
  • Fixez au mur une grande pièce de tissu en feutrine, installez des rouleaux à cheveux de différentes grosseurs. Les enfants peuvent les lancer dessus sans bruit et surtout sans danger. (idée développée par le CPE Caroline à Laval).

Ces idées pourront certainement faire patienter les enfants au vestiaire. Le principe n’est pas de mettre toujours en action l’enfant sans jamais lui faire vivre de l’attente, mais plutôt d’alimenter ces moments. Pour ce qui est de l’attente dans les délais, attendre son dîner, attendre pour jouer, attendre son tour, attendre dans l’auto, attendre…la vie s’en charge bien !

Bonne préparation en attendant l’hiver!

Les routines en milieu de garde

Martine est responsable de garde en milieu familial. Son groupe est composé de 6 enfants (7 mois, 18 mois, 2 ans, 3 ans et 2 de 4 ans). Les routines sont les moments qui lui demandent le plus d’énergie. L’hygiène en particulier lui semble la routine la plus difficile à gérer. Elle s’entend répéter jour après jour, «reste assis», «arrête de bouger», «tu vas avoir ton tour toi aussi», «attention, tu mets de l’eau partout», etc. Martine observe que les deux petits (18 mois et 2 ans) ont besoin d’expérimenter et d’explorer différentes façons de se laver les mains pour apprendre à le faire. Il est donc plus long pour eux d’exercer la routine. Leur besoin de bouger demande à Martine de redire et redire la consigne. Alors que pour les deux plus vieux, la routine de l’hygiène se fait avec rapidité et demande moins d’attention. Leur demander de rester assis et d’attendre que les petits se lavent les mains entraîne de la frustration auprès d’eux. L’intérêt de jouer avec les amis prend une grande place à cet âge. Pour Martine, il est important que l’enfant apprenne à attendre, et ce même étant jeune. Elle voit les moments de routine comme une belle façon de travailler la tolérance aux délais.

En fait, la question que Martine doit se poser est la suivante:
les enfants attendent-ils trop?
Le fait de devoir dire et redire les mêmes consignes, de faire les mêmes demandes jours après jours sont des indices que les enfants attendent peut-être trop. Les stratégies utilisées par Martine pour diminuer l’attente ne doivent pas uniquement être verbales. Les consignes verbales à répétition ont l’effet contraire chez les enfants: ils ne les entendent plus, elles limitent l’enfant dans son autonomie en plus de créer de la tension dans le groupe. Tout pour nuire au bon déroulement des routines, quoi! Il est important pour Martine de limiter ses consignes mais surtout de revoir son organisation dans l’espace et le temps. Il est possible pour un enfant d’attendre dans des délais raisonnables: attendre pour avoir son repas, attendre pour aller jouer dehors, attendre d’avoir son matériel pour son activité, etc. Ces attentes permettent à l’enfant d’échanger avec les autres, pour le plus vieux aider le plus jeune, prendre un moment pour observer son environnement. Après une minute où deux, la patience atteint ses limites et les comportements négatifs font surface (pleurs, bousculades, coups). La responsable se voit dans l’obligation d’utiliser des consignes disciplinaires pour faire respecter ses demandes.

À mon avis, il est irréaliste de demander d’attendre à un petit de 18-24 mois. Son grand besoin de bouger, voir, d’expérimenter, de manipuler le pousse dans l’action. La routine pour le petit devient une belle occasion de jeu dans lequel il fait des apprentissages. Alors que, pour les plus vieux, ce moment demande peu d’attention et de concentration; en peu de temps, il peut l’exercer et passer à autre chose. Sa préoccupation est d’agir avec l’autre alors que le petit a besoin d’agir sur son environnement. Pour le poupon, voilà une belle façon d’observer les enfants autour de lui dans l’action. Il met en mémoire des images, qu’il mettra en pratique avec la maîtrise de ses habiletés motrices.

Martine doit orienter ses demandes en fonction des enfants. Graduellement, faire arrêter le jeu des plus grands pour exercer la routine, et ce deux par deux. Terminer avec les petits, de sorte à créer moins d’attente pour l’activité suivante. Proposer des activités qui servent uniquement pour l’attente dans les routines. L’activité déversoir est un bon moyen pour faire patienter les enfants. Elle sert à respecter le rythme de chacun et permet de passer d’un moment à un autre en douceur tout en limitant les consignes de la responsable.

En voici un exemple concret:

  1. Routine: le lavage des mains avant le dîner
  2. J’avise les plus vieux que dans 2 minutes ils devront ranger pour aller se laver les mains avant le dîner.
  3. Les deux plus vieux se lavent les mains de façon autonome.
  4. Je les invite par la suite à la table avec une activité déversoir, par exemple, petits sacs avec différents objets dans chacun (cartes de fêtes, coquillages, choux de cadeaux, etc.).
  5. Je termine ma routine avec les petits en les accompagnant dans leur apprentissage.

L’attente pour le dîner est alors réduite pour le petit et également pour les plus vieux puisqu’ils ont été en action durant cette période.

Martine doit agir sur son environnement en proposant du matériel nouveau, polyvalent simple, sécuritaire et facile de rangement. Elle doit aussi donner aux plus vieux la possibilité de développer davantage leur autonomie, par exemple, aller se laver les mains seul, faire le choix de leur activité déversoir, faire participer l’enfant aux tâches du repas, permettre au plus vieux d’aider un plus petit.

Le contrôle qu’exerce Martine sur son groupe en voulant imposer son rythme, place l’enfant dans un état de dépendance nuisible au développement de son autonomie. Au quotidien, la responsable doit gérer les moments d’attente dans son groupe car quoi de plus exigeant pour l’enfant d’être en situation d’attente plusieurs fois par jour!

Aménagement de la cour extérieure par ateliers

Les jeux extérieurs deviennent parfois pour les enfants du déjà vu. Après un été bien rempli à explorer manipuler et expérimenter les équipements mis à la disposition des enfants, les enfants semblent saturés.

Comment peut-on apporter de la nouveauté à nos jeux extérieurs pour garder le plaisir de jouer dehors?

Les équipements aménagés dans la cour favorisent l’exercice de la grande motricité. Le module de jeux, le carré de sable, les chemins pour les tricycles, les balançoires sont des espaces de jeux standard pour les enfants de tout âge, chacun y retrouve du plaisir à exercer leurs habiletés motrices. La permanence de ce matériel peut-être à la fin de l’été un peu moins pertinente son utilisation fréquente durant la période estivale enlève l’excitation de la nouveauté. Afin de garder l’intérêt et le plaisir de jouer à l’extérieur, pourquoi ne pas reproduire des espaces de jeu sous forme d’ateliers ? De plus en plus, les services de garde aménagent l’espace à l’intérieur par des coins bien structurés et divisés. Les ateliers placés à l’extérieur peuvent également limiter le nombre d’enfants par espace de jeu et aussi réduire les conflits. Cet aménagement favorise les contacts avec des enfants ayant les mêmes intérêts de jeu, amène l’enfant à développer de nouvelles relations avec un ou deux amis à la fois. Mais à la différence des ateliers à l’intérieur… le bruit est permis.
Les ateliers à l’extérieur peuvent offrir des alternatives, si par exemple je veux limiter l’accès au module de jeu, je peux utiliser ce même module en fixant des paniers avec des ballons pour permettre à l’enfant d’exercer sa motricité mais d’une toute autre façon. Les infrastructures du milieu comme la clôture, le dessous de la galerie, la corde à linge, les fondations sont des endroits peu exploités, mais combien intéressants pour favoriser la créativité et la découverte chez l’enfant. En voici des exemples

Coin arts plastiques

Accrochez des panneaux de coroplaste sur vos clôtures, les panneaux sont lavables si vous utilisez de la peinture. En fixant du papier blanc sur le coroplaste vous pouvez alors utiliser des crayons de cire, feutre et bois. Ces panneaux peuvent être aussi exploités pour le collage.

Coin manipulation

Installez des paniers à la clôture avec des autos, animaux, bonhommes. Les paniers ajourés permetent à l’eau de s’écouler en cas de pluie. Il peut-être intéressant d’ajouter une table sans chaise pour manipuler et se déplacer avec aisance. Fixez sur les fondations un coroplaste sur lequel des images, des pièces de casse- tête avec velcro peuvent être placées. Une plaque de biscuits peut être fixée également sur la clôture pour y manipuler des objets aimantés. Vous pouvez aussi dans ce coin fixer à la clôture des tuyaux transparents pour faire descendre des objets.

Coin Imitation

Utilisez le dessous de la galerie pour jouer avec la cuisinière et accrocher des paniers pour les accessoires.

Coin lecture

Installez une piscine vide pour y mettre des revues, circulaires, livres etc. Les enfants peuvent s’isoler dans la piscine sans eau bien sûr… pour lire.

Coin eau et sable

Exploitez ce coin en utilisant des bouteilles remplies de sable avec des objets à l’intérieur. (Insectes en plastique, brillants, des pierres de couleur) et des bouteilles remplies d’eau (colorant, poissons en plastique) Pour permettre au petit de limiter ses frustrations au partage, donnez- lui une grande quantité de bouteilles. Vous pouvez augmenter le plaisir en accrochant à la clôture des sacs et sacoches. L’enfant s’amusera à mettre ou enlever les bouteilles du sac. Offrez la possibilité de manipuler du sable et de l’eau dans des petits bacs individuels, c’est une façon d’être plus en contact avec la matière.

Coin de grande motricité

Accrochez à votre corde à linge un drap avec des ronds découpés (peut-être présenté comme un jeu de poches géant) L’enfant peut s’amuser à lancer des ballons dans les ronds. Suspendre des ballons sur des fils élastiques de différentes hauteurs. L’enfant peut jouer à frapper les ballons. Le boyau d’arrosage peut servir à faire des chemins (comme un parcours. Mettez une échelle au sol, l’enfant pourra se déplacer entre les barreaux. L’enfant travaillera ainsi son équilibre et son organisation spatiale (un peu comme le jeu de l’élastique). Accrochez des paniers à la clôture pour y lancer des ballons et des balles.

Le choix des coins doit se faire selon les intérêts de l’enfant. Il n’est pas recommandé d’utiliser un tableau pour les choix des ateliers. Le jeu extérieur doit contenir un minimum de consignes pour assurer la sécurité et favoriser le plaisir de jouer à l’extérieur. Le but est de mettre en place des alternatives lorsque certains jeux amènent de l’intervention négative plutôt qu’une source de plaisirs.

L’été tire à sa fin mais le beau temps persiste. Il est encore temps de jouer dehors pour un certain temps. Je vous souhaite donc de passer du bon temps dans vos nouveaux aménagements !!!

Certaines idées d’aménagement de la cour ont été pensées et mises en place par le centre de la petite enfance Caroline de Laval

Dessine-moi… ( ou faire à la place de l’enfant !!!!)

Martin, est éducateur au CPE 3 PETITS TOURS. Depuis quelques semaines, il fait l’accueil du matin. Il console les gros chagrins, rassure le parent inquiet, il installe des coins de jeux qui répondent aux besoins du groupe multiâge. La table à dessin est l’espace très populaire du matin. D’ailleurs, Martin est souvent sollicité par plusieurs enfants pour toutes sortes de commandes. « Peux-tu me dessiner un chien, un bateau, une belle princesse ? « Même le petit Julien 18 mois arrive toujours avec la même demande un GROS…GROS CHIEN…..Martin, passe la période de l’accueil à faire la démonstration de ses talents en dessin. Certains enfants le regardent et disent à Martin : « dessine moi….. »

Cette situation est répandue, mais doit-on répondre à cette demande pour faire plaisir à l’enfant ? ou se faire plaisir ?

Plusieurs raisons motivent l’éducateur (trice) à s’exercer à cette activité. On retrouve par exemple, le plaisir de répondre au besoin de l’enfant, un intérêt personnel pour le dessin, le désir de faire de l’enseignement ou simplement une excuse pour se soustraire d’assurer une présence à tout le groupe d’enfants.

Certes, le rôle de l’éducateur (trice) est bien de répondre aux besoins, de susciter des apprentissages, d’assurer une présence avec le groupe et ce, dans un contexte adapté au développement du jeune enfant. Les talents en dessin de l’adulte peuvent être exploités dans d’autres lieux dans des rapports égalitaires.

Lorsque Martin répond à cette demande, il ne met pas à profit les talents et habilités de l’enfant. Par contre, si c’est l’enfant qui dessine, il exerce la précision de ses gestes par l’autocontrôle de son bras, avant-bras, main et doigts. Il raffine ses mouvements en passant pas la grande motricité vers des gestes plus fins. Ces apprentissages sont des pré-requis pour l’écriture.

Dans l’activité du dessin, je permets à l’enfant de mettre en valeur sa créativité, de lui faire vivre la différence dans sa façon de voir les choses qui l’entourent. Je valorise aussi son sentiment d’identité. Je lui fais prendre conscience de ses capacités. Je reconnais également que pour développer une compétence il faut d’abord la travailler, être encouragé, supporté et surtout trouver une façon de faire qui personnalise qui je suis.

J’ai pu observer que dans de telles situations certains enfants restent inactifs devant une feuille blanche et des crayons. Ils ont appris à attendre, à regarder, à ne faire rien par eux-mêmes. Ils ont atteint un sentiment d’incompétence en se comparant leur production avec celle de Martin. Devant un adulte expérimenté en dessin le défi est trop grand pour un petit apprenti.

Le rôle de Martin est d’amener l’enfant à se développer globalement, de lui faire vivre du succès à sa mesure, dans un contexte de plaisir où l’enfant est au centre de ses apprentissages. Mais comment ne pas décevoir un enfant qui insiste pour qu’on lui dessine un petit chien ??

Martin doit éviter de dessiner devant les enfants. Lorsque l’adulte est concentré à dessiner, il ne peut voir les intentions du petit créateur. Éviter de faire de l’enseignement, l’enfant doit sentir qu’il a le pouvoir de dessiner ce qu’il veut et comme il le veut. Martin doit susciter l’intérêt de l’enfant par des questions ouvertes qui incitent à verbaliser les connaissances qu’il possède. Par exemple, l’enfant demande « Peux-tu me dessiner un chien ? » L’adulte répond « Comment il est le chien? Comment est sa queue ? Les oreilles sont comment ? « L’adulte peut tracer sur une feuille ce que l’enfant lui dit mais avec beaucoup d’hésitation. Il peut alors demander à l’enfant de lui montrer comment il est sonpetit chien. De cette façon, l’adulte guide l’enfant dans son dessin et le petit met dans l’action sa pensée et fait un plus grand apprentissage. Dans un même contexte, il peut être aussi pertinent d’inviter l’enfant à demander à un ami(e) de dessiner pour lui le petit chien. Celui qui rend le service est valorisé dans ses compétences et l’ami(e) qui en fait la demande observe et découvre qu’il est aussi possible de le faire puisqu’un enfant du groupe le fait, le défi est réalisable.

Par contre, lorsque le défi reste difficile pour l’enfant. l’ adulte doit observer des forces dans d’autres domaines enfin de valoriser et encourager la pratique. La présence discrète et chaleureuse donne toute son sens à la relation.

Lorsque Martin prend du temps avec l’enfant, il lui démontre qu’il est assez important à ses yeux pour s’intéresser à lui.