Comment intervenir ?

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Avec les comportements inacceptables chez le tout-petit…

Par Lyne Archambault, éducatrice – formatrice

Comment intervenir quand un petit croque son ami? L’autre pince son voisin, et Marie tape la plus petite du groupe pas facile! Que faire ? Un défi pour une éducatrice à tous les jours afin de  créer dans son groupe une harmonie où le plaisir de découvrir et les apprentissages sont au rendez-vous.

L’agressivité est nécessaire et l’éducation ne vise pas à éliminer cette énergie, mais bien à la canaliser et à la rendre utile. Continuer la lecture de Comment intervenir ?

Comment je peux stimuler le tout-petit à la marche ?

Comment peut-on stimuler le développement de la marche dans un contexte de sécurité tout en favorisant son autonomie ?

Plusieurs guides sur la marche existent afin de stimuler le tout-petit à la marche. Certains offrent des exercices à faire avec l’enfant pour renforcir son tonus musculaire, d’autres proposent de faire marcher l’enfant à l’aide de l’adulte. Malgré ce déploiement d’exercices, le décideur reste toujours l’enfant. Des objets de stimulation pour la marche peuvent être tout aussi efficaces et respectent davantage l’enfant dans cette acquisition d’habileté motrice. L’enfant peut l’exploiter à son rythme et à sa façon sans nécessairement l’aide de l’adulte. En voici un exemple:
Matériel
Pôle de rideau en bois à bouts arrondis, fixé au mur à la hauteur des épaules de l’enfant en position assise. De préférence, mettre la pôle à rideau en dessous ou près d’une fenêtre pour encourager l’enfant à s’exercer soit par l’attrait de voir à l’extérieur.

Objectif

  • Amener l’enfant à se soulever à l’aide de la pôle.
  • Amener l’enfant à exercer des étirements à l’aide de la pôle.
  • S’exercer à se ternir debout et à s’asseoir.
  • S’exercer à rester des périodes plus ou moins longues debout à l’aide la pôle.
  • Se déplacer avec appui à l’aide de la pôle.
  • Se tenir avec une main et se pencher pour prendre des objets au sol.
  • Se balancer à l’aide de ses deux mains à l’aide de la pôle.
  • Exercer son équilibre.
  • Développer sa confiance en soi.
  • Partager la pôle à rideau avec un autre ami.

Utilisation

  • Suspendre des pochettes avec des objets à l’intérieur, pour permettre au petit de faire des découvertes.
  • Permettre aux plus petits de manipuler des objets suspendus sur la barre.
  • Profiter de ce que l’enfant peut voir à l’extérieur lorsqu’il se tient après la pôle pour lui nommer ce qu’il voit.

D’autres utilisations peuvent être faites avec cet objet, la personne la mieux placée pour nous le démontrer reste l’utilisateur… bien sûr l’enfant.
Bonne marche!

Apprendre avec du matériel stimulant

Josée se questionne sur le choix de son matériel mis à la disposition de l’enfant. Que dois-je mettre dans le coin manipulation pour stimuler le développement cognitif et la motricité fine de mes amis (es) de 4 ans ? J’observe que parfois les enfants ont moins d’intérêt pour certains coins de jeux ? Comment puis-je teinter chacun des coins par un thème précis. Josée, échange avec Claudette éducatrice à la pouponnière. Celle-ci constate qu’il est parfois difficile d’appliquer le programme éducatif avec les petits. Elle se demande si elle doit faire aussi des coins de jeux comme avec les plus vieux ? Elle se voit régulièrement demander aux petits de laisser les jeux dans les espaces respectifs, ce qui la questionne sur sa façon de faire ? Est-ce que j’ai suffisamment de matériel pour mon groupe dont l’intérêt est de prendre le jouet de l’autre ?

L’apprentissage que l’enfant réalise avec l’objet de jeu est en lien direct avec sa personnalité et sa motivation face à la découverte. L’éducatrice doit dans un premier temps reconnaître les intérêts de son groupe afin d’aménager des lieux où l’enfant fera ses propres choix. Le programme éducatif propose des coins de base qui évoluent selon l’âge de l’enfant. Pour les 0- 18 mois, deux coins sont proposés. Un coin doudou, où l’on peut retrouver des tissus de différentes textures, des coussins, des livres en tissu, une chaise berçante, etc. Ce coin devrait permettre au petit de prendre une pause, de s’isoler, d’observer les autres et même de se défouler. Je suggère que cet endroit soit recouvert d’un tissu suspendu du plafond pour permettre à l’enfant d’avoir le sentiment qu’il est seul. Un coin moteur, un grand espace pour que le petit puisse se retrouver avec d’autres et puisse bouger en sécurité avec des objets roulants, à tirer, à pousser et même à grimper. Il est aussi proposé de faire jouer l’enfant de 0-18 mois de une à deux fois semaine dans l’eau. Cette activité permet à l’enfant de vider, transvider, de se concentrer sur le bruit et permet de réduire le stress du petit. Facilitez l’accès à ce jeu en utilisant des bacs. Disposez le bac sur une table et mettez à la disposition des enfants différents contenants dans des étagères à proximité afin qu’ils puissent eux-mêmes faire des choix. Évitez de mettre des chaises, le petit aime circuler autour des meubles pour expérimenter.

À partir de 2 ans 1/2 les coins recommandés sont, le coin livres, livres sur différents thèmes, albums photos, catalogues, images, cartes postales, cartes de fêtes, cartes routières. Le coin manipulation, casse-tête, jeux de loto fait maison, crayons, jeux pour enfiler, différents jeux d’association faits maison ex. (trouver l’autre partie de la photo qui a été coupée, classer des bouchons, des boutons, couvercles). Introduisez des bacs à glace et à muffin pour faire le classement. Alimentez le coin faire semblant en y déposant de vrais objets de cuisine par exemple, un plat pour laver la salade, mitaines à four, plat pour égoutter le spaghetti. Mais aussi des vêtements avec des accessoires comme des bijoux, sacs à main, gants, etc. Quant au coin blocs, boîtes à souliers, légo (en avoir suffisamment pour ne pas frustrer les enfants dans leur construction), voitures, animaux, petites maisons, jeux de construction de tous genres sauront le rendre attrayant. Pour ce groupe d’âge, il est pertinent de faire un coin eau/sable non permanent. Pour les 3-5 ans, nous proposons 5 coins dont 4 comme le groupe d’âge précédent. Le cinquième coin, ajoutez un espace pour les arts plastiques avec du matériel varié (colle, brillant, papier de différentes sortes, pâte à modeler). Ce groupe d’âge a suffisamment développé sa motricité fine pour être à l’aise avec ce matériel d’arts. C’est vraiment à cet âge que l’enfant est capable de faire des choix d’atelier, de maintenir ce choix et de respecter chacun des coins en laissant le matériel de jeu dans l’espace proposé. Il est donc réaliste de soutenir cet apprentissage.

Le programme éducatif offre 9 coins, 5 sont installés en permanence et 4 sont en rotation comme les sciences, la motricité, eau/sable et la musique. Un coin est souvent oublié soit, le coin bric à brac avec uniquement du matériel de récupération. Ce coin permet à l’enfant de jouer sans modèle de jeu précis. Une belle façon de favoriser la créativité et de faire vivre des situations adaptées au développement de l’enfant. Nous pouvons mettre dans ce coin des boîtes de différentes grosseurs, des bouteilles de savon de toutes sortes, des tissus, des contenants en plastique, des bobines de fil. Ces objets doivent être sur des tablettes à la disposition de l’enfant. Ce coin est très utile lors des activités déversoirs (activités qui permettent de respecter le rythme de chacun, l’enfant qui a fini de dîner par exemple avant les autres peut aller dans le coin bric à brac pour attendre le reste du groupe).

Dans chacun des coins, Josée et Claudette doivent y mettre des objets qui permettent le développement global. Afin que chacun y trouve son compte lorsque que vient le choix des ateliers. Par exemple, Simon voulait aller dans le coin bloc mais il n’a plus de place pour lui pour le moment, il lui reste le coin imitation et manipulation. Il fait le choix du coin imitation avec Geneviève, dans ce coin Josée a placé une quantité importante d’étuis à savon et brosses à dent. Simon peut empiler, aligner et associer ces objets avec plaisir, un peu comme il est possible de le faire dans le coin blocs. Pour garder la motivation du jeu dans chacun des coins, il est important d’ajouter à l’occasion des objets ou des jeux différents qui viennent relancer l’intérêt chez l’enfant. Les observations de Josée et Claudette permettront de répondre à ce besoin. Il n’est pas conseillé de changer l’ensemble du matériel dans le coin de jeu mais simplement d’y ajouter des éléments qui augmentent le défi. Pour ce qui est des thèmes, des objets ou des jeux, des affiches, de la musique sont suffisants pour teinter les espaces du thème traité.

Avec les petits de Claudette, il est important d’exploiter l’espace au maximum, de fixer des choses au mur, sur le plancher, de suspendre des objets à tirer au plafond et aux meubles. Ainsi, le petit aura l’occasion de travailler sa motricité dans différentes postures. Soyez ouvert aux usages non conventionnels des objets. Par exemple, un bac peut devenir une cachette, un chapeau, une chaise. Il est certain, que le petit aime transporter des objets d’un endroit à l’autre. Ayant seulement deux espaces de jeu dans les groupes de 0-18 mois, il est plus facile pour le petit de situer les choses dans les bons coins. Jouez à lui faire transporter les jeux dans les endroits respectifs. Faites-lui rapporter les choses dans les bacs bien identifiés. Il est inutile d’interdire de ne pas transporter les jouets d’un coin à l’autre. Mais plutôt de lui demander d’aller porter les balles dans le panier à linge par exemple a plus de succès chez le petit. Progressivement Claudette peut ajouter un coin imitation de façon temporaire pour les plus vieux du groupe. La cuisinière, un bac à vaisselle, des bébés, des couvertures. Ces objets stimulent le petit au jeu symbolique. Il fait la représentation de ce qu’il connaît et ce pourquoi il a de l’intérêt. (Mettre une couverture sur le bébé, donner une tasse à l’éducatrice et lui dire que c’est du jus) etc. Il est certain avec le petit il faut beaucoup de matériel identique afin d’éviter les conflits de possessions.

Plus le matériel et le local offre de la polyvalence, plus l’enfant pourra par lui-même décider ce qu’il en fera, ce qu’il choisira et l’utilité qu’il lui donnera. La qualité la plus importante pour le local et le matériel est sa polyvalence. De cette façon, l’enfant peut faire des choix et réorganiser son environnement. L’éducatrice peut dans ce cas être disponible, à l’écoute, observer et comprendre les besoins de son groupe.

Référence, PARTAGER LE PLAISIR D’APPRENDRE, Guide d’intervention éducative au préscolaire. Mary Hohmann, David P. Weikart, Louise Bourgon et Michel Proulx. Éditions de la Chenelière Éducation, 2007

Jouer dehors avec le tout-petit: corvée ou plaisir?

Josée Lespérance, Enseignante en TÉE

Janvier 2012

www.aveclenfant.com

Tout le monde s’entend pour dire que le grand air c’est la santé et ce même chez les petits en pouponnière.

François Cardinal auteur du livre PERDU SANS LA NATURE traite de ce sujet et constate que le jeu libre en plein air est une richesse oubliée dans le quotidien de nos petits. La vie de famille trépidante limite parfois les parents à aller jouer dehors librement sans but précis mais simplement pour flâner et respirer le grand air avec son enfant.

Le milieu de garde est le lieu par excellence pour pratiquer cette activité à reconquérir.

À notre CPE, allons-nous suffisamment dehors avec nos tout-petits ? Certaines éducatrices diront que oui chaque jour lorsque la température s’y prête et d’autres diront que non, ils pourraient sortir plus souvent.

Qu’est-ce qui limite nos sorties, la température bien sûr mais également l’organisation dans l’horaire de la journée qui peut parfois être compliquée avec les besoins du poupon.

Oui aller dehors hiver comme été avec le groupe de poupons c’est possible pour Lyne Archambault éducatrice d’expérience du CPE Caroline. Tout est dans la façon de s’organiser.

Chez le petit, le jeu extérieur stimule le développement de l’enfant, il découvre de nouvelles sensations, il développe ses sens et acquiert de nouvelles habiletés. Mais les bienfaits du plein air ne se limitent pas seulement lorsque nous sommes dehors. En effet, Line y voie des apprentissages également dans la préparation pour aller à l’extérieur. Voici quelques idées gagnantes qu’elle propose :

Lors de l’habillage, se mettre au niveau des enfants pour être plus accessible et disponible à eux. Exercez cette activité d’habillage en petit groupe afin de limiter l’attente. Acceptez les capacités de chacun, le tout-petit est plus habille à enlever que de mettre les vêtements. Trop souvent nos exigences limitent le plaisir. Il se peut qu’un enfant ait besoin de faire une sieste le matin; on pourrait lui faire faire dans un carrosse à l’extérieur et cela vous permettrait d’être avec tout le groupe. Nommez les vêtements des enfants en leur attribuant une qualité. Par exemple, c’est le chapeau de Cléo, il est très très doux. De cette façon, il lui sera plus facile de le reconnaitre et de faire des tentatives pour le mettre sur sa tête puisqu’il est doux…..

Nul besoin de vous dire que le temps consacré pour l’habillage est porteur d’un beau moment avec les petits dans la cour.

L’aménagement à l’extérieur doit être sécuritaire pour permettre la découverte et laisser libre court au jeu. Line a comme principe, lorsque tu dois interdire et redire la même consigne aux enfants pour leur sécurité, c’est donc que l’aménagement n’est pas adapté aux besoins des poupons. L’éducatrice doit traiter l’aménagement extérieur au rythme du développement de son groupe.

La cour des petits doit être à l’écart du reste du CPE, le matériel doit être pensé comme de petites mises en scène selon les saisons, goûts, intérêts et besoins des petits. Il ne faut jamais oublier, que le petit doit avoir du temps libre pour apprendre.

Voici quelques exemples de mises en scène que Line expérimente :

  • -Marcher dans les feuilles, faire remarquer les textures, odeurs, couleurs.
  • -Accrocher des instruments de musique à la clôture à explorer.
  • -Suivre des traces dans la neige.
  • -Marcher simplement avec des bottes à eau dans la cour des grands.

-La mise en place du programme éducatif dans la cour demande à l’éducatrice d’observer son groupe pour lui faire vivre des expériences positives, planifier et concevoir des expériences en fonction de ses observations, aménager l’environnement et intervenir en soutenant, valorisant tout en étant disponible aux petits. Voilà un beau défi réalisable que Line exerce depuis maintenant 20 ans!!!

Savez vous…. qu’il existe un lien direct entre la pratique précoce d’activités physiques, jouer dehors, de se dépenser physiquement et les habitudes de vie du jeune adulte. Seriez-vous de ces adultes ????

Ce texte est tiré de la formation Jouer dehors avec le tout-petit, corvée ou plaisir ?

Josée Lespérance enseignante et Lyne Archambault éducatrice chez les poupons ont mis en commun leurs expériences et vous proposent un moment plein-air qui suscite la réflexion sur nos pratiques mais aussi une façon de se ressourcer par des idées simples mais d’une richesse inestimable pour le tout-petit. Pour en savoir plus sur la formation nous écrire à l’adresse  courriel suivante dleblanc @b2b2c.ca

Considérer le bébé comme une personne et un partenaire…Il faut y mettre du temps!!!!!

Lyne Archambault, éducatrice – formatrice

Octobre 2013

www.aveclenfant.com

Être une éducatrice et travailler auprès des poupons, sans toutefois agir avec eux comme dans une manufacture, est souhaitable et devrait être notre leitmotiv. C’est vrai : s’occuper de 5, 10 ou 15 dans un même local, c’est tout un défi ! Avec notre équipe de travail ou seul pour cinq bébés, on doit prendre le temps de vivre avec les petits. En d’autres mots, le bébé est notre partenaire !

Voici le premier principe du livre Le Bébé en Services Éducatifs .C’est certain me direz-vous, mais dans les faits. Prenons-nous le temps qu’il faut pour considérer le bébé comme une personne et un partenaire ? Dans tous les horaires et les routines, est-ce que nous lui donnons le temps d’attendre sa réponse, par son regard : son approbation ? Le temps de réaction est plus lent chez le petit. Ainsi, la patience est souvent demandée comme qualité première pour être une éducatrice, surtout quand il vient le temps d’attendre la collaboration des petits.

Alors si le bébé est mon partenaire, je lui demande pour le prendre, et même si le temps me presse je ne le prends JAMAIS de dos… Je le préviens en lui disant ce que l’on va faire. Je fais équipe avec lui pour son habillement pour la sortie en lui donnant la chance de participer. En rentrant, profitez de ce temps, car le petit adore tirer son chapeau, ses mitaines et Bravo magie tout est enlevé et c’est lui qu’il l’a fait !! Valorisez notre ami, il se gonflera de fierté.

Je lui montre et lui dis ce qu’il va manger. On touche le plat, on regarde le repas, on sent l’odeur du poisson et on présente la soupe par exemple, voilà de belles façons d’éveiller nos cinq sens. De plus, je le fais patienter au repas en connaissant ses limites et je souligne ses progrès. Je lui parle en préparant son repas, je chante pour le faire patienter tout en préparant le repas. Je lui parle si je dois le rassurer, je nomme chaque enfant en distribuant les plats. Je lui souhaite bon appétit mon ami .Je suis assise avec lui à la table et non comme une serveuse qui s’exécute.

J’ai toujours le bébé que je nourris devant moi et mon regard est vers lui, si je dois m’éloigner je l’avertis. En lui laissant sa cuillère et moi la mienne pour lui donner des bouchées entre les siennes, le petit participe ainsi à son repas. Les petits comme dans un souper de famille sont capables d’attendre leur repas, nous formons une équipe nous nous respectons mutuellement.

Je ne fais rien à sa place sans lui donner la chance de le faire seul et attendre si il a besoin de moi, par une question je lui demande si il a besoin de mon aide. Pour le respecter, je ne dérange pas le petit qui est occupé à explorer. Je ne crée pas de besoin si il est occupé à explorer à sa façon. Son temps d’exploration est unique à lui et précieux. S.V.P. ne pas déranger bébé travaille !!!! Son environnement est sans visiteur non annoncé, la circulation est limitée pour éviter une ambiance de cirque. L’éducatrice est là pour lui, et non l’inverse !

Appeler le petit par son prénom, lui parler, respecter son rythme biologique, l’observer sans comparaison et surtout sans commenter devant les bébés sont des attitudes gagnantes. Le changement de couche est une occasion pour le faire participer, attendre son approbation du regard, lui demander de tenir sa couche, le regarder et échanger avec lui et juste avec lui !

Le lavage des mains au lavabo pour la collation et le repas est une routine. J’invite le petit qui n’est pas occupé à venir laver ses mains. Dès mon invitation lancée, il vient vers moi. Je préviens l’ordre des enfants qui attendent leur tour ! Les amis s’occupent et peu à peu tous les amis se retrouvent à la table pour manger.

Toutes les routines deviennent des moments privilégiés à partager avec eux à chacun leur tour. Il faut à la fin de ma journée d’éducatrice que chaque enfant ait reçu du temps seul avec moi et surtout du temps de qualité…Que ce soit pour être bercé pour le dodo, pour un jeu de coucou avec la débarbouillette ou pour un fou rire échangé ; il faut s’arrêter à observer tout ce petit monde. De plus, grâce à de belles observations auprès des enfants, les cahiers de communication seront plus intéressants et pertinents à lire pour leurs parents.

Dans le livre Le Bébé en Services Éducatifs, une liste de pratiques souhaitables pour chaque principe se retrouve. Voici donc un outil merveilleux pour évaluer notre pratique et se créer des objectifs seul ou en équipe, afin de revoir notre organisation et que nos actions reflètent nos pensées. On le sait que le bébé est une personne et un partenaire, mais dans l’action peut-être c’est facile d’oublier. Nous devons y penser….et surtout prendre du temps !!! Bonne réflexion !

 

Référence : Le Bébé en Services Éducatifs de Jocelyne Martin, Céline Poulin et Isabelle Falardeau éditions : presses de l’université du Québec.

L’intégration du bébé en pouponnière… Attention bébé fragile!!!

Lyne Archambault, éducatrice –  formatrice
 

Août 2012

ww.aveclenfant.com

Le mois d’août signifie, pour toutes éducatrices, les vacances d’une part et de l’autre l’amorce d’une nouvelle année au C.P.E. En pouponnière, à mon sens, il existe une façon de faire afin que les enfants et les parents soient accueillis avec empathie et qu’un lien de confiance s’installe jour après jour. Voici mes actions et interventions gagnantes qui m’aident à réussir, année après année, ma rentrée à la pouponnière.

TOUT D’ABORD, LE PARENT EST ACCUELLI

Pour initier  un climat de confiance, je rencontre les parents afin de les connaître et découvrir leur bébé. Je leur consacre une heure individuellement avec un questionnaire qui m’informe sur la santé, les habitudes et les comportements de leur poupon. Sans la présence du petit, il est plus facile d’échanger entre nous. De plus, je  réponds  à toutes les questions des parents. Ensemble, nous élaborons un plan d’intégration parfois plus court ou plus long selon les possibilités de chacun des parents.  La pouponnière reste ouverte aux parents utilisateurs : ils sont toujours les bienvenus. Cet environnement appartient à leurs enfants, à moi et à eux !!

La façon de quitter la pouponnière est toujours expliquée aux parents. Lors de l’arrivée de l’enfant à la pouponnière, on ne quitte jamais en cachette que le petit chou soit occupé ou non.  On  doit établir ensemble un rituel de départ pour l’enfant avec ses parents.

 

Quand le parent est prêt à quitter après avoir joué ou non dans le local, assis par terre avec son enfant, il me prévient. Je prends alors le bébé, le parent traverse la clôture. Après un dernier bisou à maman ou papa, je dis : « (Le prénom du bébé), ton papa, ta maman reviennent  tantôt» et la porte se ferme. Que le bébé pleure ou non la porte reste fermée. Les parents peuvent toujours jeter un œil par le trou du passe plat chez la cuisinière ou m’appeler en tout temps pour du réconfort. Parallèlement, les visiteurs sont limités en période  d’intégration.  Une affiche collée sur la porte  indique à tout le monde que les visiteurs sont limités. La porte du local  reste fermée en tout temps. Un lien d’attachement est en train de se construire et c’est précieux.

 

JE M’ORGANISE

Avec les informations  recueillies  lors de notre rencontre, j’organise mon local en notant sur mes tableaux les habitudes alimentaires, de sommeil et d’hygiène de chaque bébé pour  m’organiser et établir une routine afin de respecter le rythme biologique de chacun.  Je sors les jeux préférés et le matériel nécessaire, car en période de séduction on apprend à se connaître.  Répondre au plus vite aux besoins des enfants et communiquer avec lui renforcent son lien de confiance et établissent un lien d’attachement.

Les premiers jours l’observation est primordiale. On s’apprivoise dans notre local : je tente d’avoir des sourires et retiens pour les prochains jours les jeux favoris pour les obtenir de nouveau. De plus, je parle aux enfants, je surveille les signes d’insécurité. Je suis toujours là, en parole. Si je ne suis pas dans leur champ visuel, je nomme ce que je fais.

Il est de notre responsabilité de prendre en main l’adaptation de chaque enfant, de chercher des solutions  adaptées et de se baser sur nos observations. Il ne faut oublier de souligner aux parents ce que l’enfant a aimé et les moments plus difficiles que vit son bébé. Bref, la communication est toujours importante. Acceptez toujours l’aide et les commentaires des parents, ils peuvent nous mettre sur une bonne piste !

 

MA TECHNIQUE POUR QUE L’ENFANT DÉLAISSE MES BRAS :

1 – Je prends le bébé quelques instants, je tente de l’intéresser ;

2 – Je m’assois par terre avec lui dans mes bras ;

3 – J’assois le petit entre mes jambes sur le plancher pour qu’il se retrouve à côté de moi.

Il faut de la patience et beaucoup de concentration. Le temps d’adaptation est différent pour chacun. L’enfant est unique. La constance et la  répétition  aident  à  rassurer les bébés.

Je laisse aux petits ses objets de transition pour assurer son réconfort : sa suce, sa doudou, son toutou avec les odeurs de sa maison. Des petits sièges, des carrosses et des boîtes de carton le sécurisent, car il se sent entouré et bien assis. Ces outils m’aident  pour aller dehors ou lorsque mes bras et mes mains sont occupés. En laissant ma main sur lui, en tenant sa main, je suis près de lui sans nécessairement l’avoir dans mes bras. Je dois partager équitablement mes bras et donner de l’attention à  chacun.

Pour cette période, les parents fournissent la nourriture en purée, les biberons préparés, les collations préférées de leurs trésors qu’ils laissent dans des paniers identifiés à leurs noms dans notre frigo pour que l’enfant retrouve ses goûts et le réconforte lors de cette routine. Un coin de photos de famille est installé sous la table à langer pour l’année. Chaque bébé découvre sa famille dans une porte cachette qu’il soulève. Coucou !!! J’utilise les couvercles de serviettes humides pour bricoler les cachettes.

L’organisation et les choix de l’équipe de travail sont au cœur de la réussite d’adaptation avec un groupe de poupon.  Je travaille tous les jours soit 5 matins de 7h00 à 13h30, tandis que ma collègue travaille tous les jours, les après-midis, de 13h00 à 18h00  (horaire particulier pour notre groupe). J’accueille tous les matins les petits. Les poupons apprivoisent donc mon visage et celui de ma collègue. Cette période n’est pas  recommandée  pour intégrer une stagiaire.

Courage mes chères consoeurs  lors de cette période ! Avec du temps, de la patience, des petites attentions, de la générosité et sans doute en  s’oubliant un peu, on offre notre meilleur aux bébés en  intégration.  Les petits demandent tout notre temps. À force de travail répété, comme par magie, la constance dans la routine et la confiance seront bientôt acquises. Un lien d’attachement sera créé et l’année se poursuivra dans le plaisir et la sécurité. Quand le bébé se sent en  sécurité,  il est prêt à conquérir le monde. BONNE RENTRÉE !