Programme éducatif dans la cour Été et automne

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Question no 1: Avec les groupes multiâges et les remplaçantes d’été, devons-nous appliquer un programme éducatif à nos jeux extérieurs?

Vous connaissez déjà la réponse. Bien sûr qu’il faut appliquer le programme éducatif à chaque moment de la journée et pour toutes les activités autant de routine que celles initiées par l’éducatrice. Mais comment s’y prendre? Déjà en avril-mai, nous choisissons nos vacances et savons très bien que les enfants de notre groupe se retrouveront avec une éducatrice remplaçante et qu’ils seront en groupe multiâges.

Et bien justement, puisque vous ne serez pas là tout l’été et que les enfants de votre groupe eux y seront, l’équipe d’éducatrices régulières devraient s’y prendre à l’avance pour programmer un calendrier des activités extérieures. Les éducatrices remplaçantes en auront déjà assez de gérer les relations avec des groupes dont la composition change souvent et avec des parents qui ne prêtent pas autant de crédibilité à leur travail parce qu’elles sont des remplaçantes. Bien sûr, les parents ne sont pas tous comme ça. Donc pour supporter les éducatrices d’été, je propose que dès le mois de mai l’équipe des éducatrices régulières et les éducatrices d’été se rencontrent et planifient ensemble la programmation d’été.
D’abord, avant de se présenter à la réunion, chacune a pris soin de réfléchir à des thèmes et des activités à faire à l’extérieur avec les différents groupes d’âges. Après un remue-méninges, on retient les idées innovatrices et qui plaisent à l’ensemble. Il faut se rappeler que les enfants seront souvent en grand groupe et en multiâges. Puis on nomme une responsable pour chaque thème. Non pas pour qu’elle prépare toutes les activités mais pour qu’elle supervise la participation active de chacune. Je vous proposerai un exemple de programmation un peu plus loin. Les activités sont ensuite écrites sur un grand tableau dans la salle du personnel pour que toute l’équipe puisse la consulter et se l’approprier. En plus, elle sera prête pour la mettre au vestiaire au moment venu. Les parents apprécieront grandement pouvoir la consulter mais les plus heureux seront les enfants qui ne seront pas laissés à eux-mêmes tout l’été.

Question no 2 : Mais comment convaincre les parents que nos jeux extérieurs sont éducatifs?

À chaque été, les jeux extérieurs comme la pataugeuse, les jeux dans le carré de sable, les pique-nique font parti de nos activités d’été. Mais tout comme moi, est-ce que vous avez déjà entendu la remarque : qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui? T’as encore jouer dans le carré de sable… laissant sous-entendre qu’il n’a rien fait, rien appris. Nous, comme éducatrice, savons très bien que l’enfant fait tout plein d’apprentissages mais le parent qui nous voit le matin un p’tit 5 minutes et 10 le soir , n’a pas vu tout ce vous faites avec leur enfant. Pour remédier à la situation, je propose d’afficher au vestiaire sur un grand carton, tous les apprentissages que l’enfant réalisent quand il joue dans le sable. Par exemple : http://starkessays.com/

Quand mon enfant joue dans le sable, il :

  • Il s’exprime, il fait des choix de matériel (château, maison etc.)
  • Il reconnaît un problème (je veux que mon château monte jusqu’au ciel) il essaie de le résoudre.
  • Il doit partager les objets de jeux (pelles, chaudières,etc)
  • Il crée des liens avec les autres amis qui jouent auprès de lui.
  • Il peut faire des jeux, des constructions avec eux.
  • Il discute.
  • Il chante des chansons tout en jouant (des chansons que je lui apprend ou d’autres).
  • Il trace des formes dans le sable.
  • Il essaie d’identifier les dessins des autres dans le sable.
  • Il fait semblant qu’il est le chauffeur de camion ou le cuisinier.
  • Il crée des bâtiments.
  • Il compare son château avec celui d’un autre.
  • Il développe son vocabulaire (pont-tour-donjon etc.)
  • Il peut compter.
  • Il remplit et vide sa chaudière, celle de l’éducatrice.
  • Il observe l’espace, est-il trop petit ou trop grand.
  • Il se déplace dans le sable, marche de différentes façons.
  • Il touche, découvre et expérimente.
    (Texte de Ginette Hébert)

Etc.

Après avoir planifier la programmation d’été, il nous faut organiser l’espace extérieur qui soutiendra les éducatrices dans leur animation. Dans chaque espace, on a fait installer un bac de rangement sous clé. D’abord revoir les types d’espace comme :
L’espace gazonnée : s’assurer qu’il y a un point d’eau pour y installer les pataugeuses. Comme cet espace doit être polyvalent, il ne faut rien y installer en permanence.

L’espace sous les arbres : y placer des grandes couvertures et des valises avec des livres, revues, cartes postales, écouteurs et musique. Tout est en place pour y relaxer.

L’espace asphalté : circuit de tricycle, lave-tricycle, jeux d’eau.

La clôture : Jeux de cylindres accrochés à la clôture en permanence, panneaux de plexiglass où l’enfant peut dessiner et peinturer, plusieurs grandeurs de paniers accrochés et troués pour laisser s’égoutter l’eau de pluie avec des objets de jeux variés.

Carré de sable couvert : avec tables ou tabourets de différentes hauteurs pour que l’enfant puissent y installer ses jeux.


Type d’activités :

À partir de thèmes estivaux comme par exemple, la plage en folie, la place ensoleillé, le sentier des œuvres d’art, l’aquaCPE etc. , on bâtit une planification d’activités. On doit décider du nombre de semaines pour le thème, on place les journées de sortie, les activités-projets, les ateliers et les jeux grands groupes. La première qualité de toute cette programmation s’est sa flexibilité. Prenons un exemple, pour le mois de juin le thème sera « le sentier des œuvres d’art » :

lundi mardi mercredi jeudi vendredi
Atelier selon JCM à l’extérieur
Sortie à la galeries d’art de la région.
Atelier de poterie Jeux d’eau
Exposition d’images installée à la clôture et atelier libre de dessin. Atelier de peinture. Atelier selon JCM à l’extérieur Activité projet:
les œuvre d’art
Planification avec les enfants du projet.
Création et remise des invitations pour les parents. Jeux d’eau Atelier peinture collective.
Organisation de l’exposition Jeux d’eau Exposition pour les parents.

Question no 3. Avec une planification d’activités comme celle-là est-ce que le programme éducatif est respecté?

Le premier principe est que chaque enfant est unique et que pour y répondre on doit offrir des activités variées et initiées parfois par l’enfant parfois par l’éducatrice. Le 2e principe est l’enfant apprend par le jeu donc les activités sont à la fois stimulantes et amusantes pour l’intéresser d’abord et il fera des apprentissages ensuite. Le 3e principe est que l’enfant est le premier agent de son développement pour y répondre on doit observer l’enfant au jeu et déduire les apprentissages que l’on doit lui présenter selon ses goûts et ses stades de développement. Le 4e principe est que le développement de l’enfant est un processus global et intégré donc que le thème se vivra autant dans les routines que durant les activités choisies et que par une même activité les enfants n’intègrent pas tous les mêmes apprentissages. Enfin il est très important de mettre les parents dans le coup. Renseigner, écrire, parler individuellement à chaque parent, les inviter etc. Autant de façon de collaborer avec eux et de favoriser le développement de leur enfant.

Je vous souhaite à vous et aux enfants une belle fin d’été.
Céline Perreault
Enseignante en TEE

Mme Marois n’écoutez pas Mme Malavois

Imaginons un enfant de 4 ans en milieu défavorisé entouré de parents aimants mais « sans le sous ». Maman reste  à la maison pour prendre soin de ses enfants. À l’heure du diner William , après avoir passé son temps à la télé ou à jouer avec sa figurine super héros , s’approche de la table pour y manger encore un plat simple et sans nouveauté  car Maman doit faire beaucoup avec peu. Elle débarbouille  ses petits après le repas pour la sieste  mais pas notre grand William. Maman lui permet  de se rendre chez son petit voisin pour jouer à son jeu playstation. Puis au retour, il mangera le même repas du dîner car il ne faut pas faire de gaspillage. Vite au bain et après un peu de télé on met tout ce beau petit monde au lit.

Imaginons ce même enfant au service de garde. Il arrive et rencontre son groupe 4 ans. Il peut choisir d’aller au coin blocs ou au coin faire semblant ou vers un autre coin qui l’intéresse. Puis après s’être lavé les mains il va prendre sa collation de yogourt et fruits tout en parlant avec son éducatrice. Elle  leur annonce que ce matin, ils vont faire un projet sur le thème des chevaliers. Elle invite les enfants à créer un château pour  la princesse qui a perdu le sien. Et tout au long de l’activité, l’éducatrice insiste sur les mots entourant les princes et princesses et leur château. De pont levis à armure en passant par les armures « cotte maille », les enfants apprennent du nouveau vocabulaire en jouant.

Comme la journée est  ensoleillée et malgré le froid, les enfants s’habillent et vont jouer dehors avant le dîner. Une belle montagne de neige les attend. Cris, « poussaillages », courses, poursuites, balles de neige etc. les enfantsJOUENT.  Au dîner, oh surprise, du tofu aux légumes. Notre petit William aime ça et en redemande à deux reprises. Avant le dodo, l’éducatrice reprend son livre sur les châteaux et ramène les nouveaux mots présentés en matinée, dans le but de leur rappeler le nouveau vocabulaire. Le repos est pour tous les amis de 4 ans suivi d’un temps tranquille où l’on peut regarder un livre. L’après-midi se poursuit par une collation santé  et se termine par des jeux libres où William peut expérimenter de nouvelles compétences.

William revient chez lui content, heureux de revoir sa famille et satisfait d’avoir joué avec ses amis. Cette description d’événements je la connais car en tant qu’éducatrice je l’ai  vécue plusieurs années. Je suis certaine que l’enfant de 4 ans est mieux en service de garde qu’à la maternelle. Pensons-y rapidement. Imaginons William, 4 ans qui fréquente un groupe  maternelle  4 ans. D’abord, il va se retrouver dans un grand édifice avec plusieurs grands enfants autour de lui. L’enseignante qui va l’accueillir devra partager son attention entre vingt enfants soit deux fois plus qu’en service de garde.

Le jeu est le travail de l’enfant en petite enfance. Il aime découvrir son environnement en expérimentant  dans un contexte sécurisant.

Comme le programme éducatif des centres à la Petite Enfance le spécifie :

«En lui proposant toutes sortes de stimulations, les services de garde favorisent l’actualisation du potentiel de l’enfant et lui offrent la possibilité d’acquérir plusieurs attitudes ou habiletés qui lui seront utiles au moment de son entrée à l’école » [1]

La confiance en soi, le goût d’expérimenter, d’exprimer son point de vue, une bonne capacité d’attention et de concentration, la capacité de résoudre des problèmes, une bonne motricité globale et fine, un langage clair et un vocabulaire étendu constituent en effet autant d’atouts susceptibles d’assurer à l’enfant une entrée réussie à l’école. Le fait d’apprendre à vivre en groupe, à suivre une routine, un horaire et à respecter des consignes favorise aussi l’intégration ultérieure de l’enfant dans le milieu scolaire, de même que le fait de participer à des activités d’éveil à la lecture et à l’écriture.[2]

En reprenant la description des activités de William réalisées dans sa journée en Service de garde, on peut dire sans se tromper qu’en présentant sa création du matin, il travaille sa confiance en soi après avoir expérimenté la construction avec de nouveaux blocs et d’avoir résolu des problèmes de création. En plus d’exprimer son point de vue aux autres enfants et devant son éducatrice, il a manipulé et exercé sa motricité fine. Puisque son éducatrice avait pris bien soin de trouver un livre décrivant la vie au château, il a acquis du nouveau vocabulaire. Toutes ces compétences ont été favorisées à l’intérieur d’une routine quotidienne que William maîtrise bien et dans  laquelle il trouve sécurité et confiance.

Quoi demander de plus??? Pourquoi mettre en péril de développement de l’enfant en le plaçant dans un groupe  maternelle 4 ans parmi beaucoup, beaucoup d’enfants??? Avons-nous la preuve que l’enfant y trouvera des avantages ???

Avant de prendre une telle décision, pensons d’abord à l’enfant et non à l’aspect financier.  Un jour ces enfants devront prendre soin de nous. Qu’aurons-nous à expliquer????

 

 


[1] Accueillir la petite enfance, programme éducatif des services de garde du Québec, gouvernement du Québec, p. 9

[2] Idem, p. 9