Comment préparer une sieste tout en douceur?

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Il est bien connu les livres, les chansons, les histoires, les massages, et la musique sont des grands classiques pour la préparation de la sieste. L’expérimentation de nouveaux outils permet de revenir aux grands classiques avec beaucoup plus d’intérêt. La préparation à la sieste amène l’enfant à se détendre avant de s’abandonner au sommeil. La sieste permet la concentration et l’attention pour le reste de la journée, elle régularise les humeurs pour l’après-midi, elle limite les frustrations dans un contexte de groupe et évite ainsi le surmenage qui complique souvent le coucher du soir. L’organisation de la sieste va permettre à l’enfant de rentrer dans un sommeil tout en douceur.

Voici un petit truc tout chaud.

Confection de pochettes Magiques

Matériel

Fabriquez des petites pochettes d’environ 10 cm par 15 cm, ayant comme contenant une quantité égale de graines de lin et de son. Recouvrez la pochette d’une petite taie d’oreiller de même grandeur avec ouverture à velcro pour rendre l’outil lavable.

Objectifs

  • Amener la détente;
  • Sensibiliser à son corps;
  • Différencier le froid du chaud;
  • Prendre contact avec les autres;
  • Utiliser la pochette comme objet réconfortant;
  • Verbaliser ce qu’il aime de la pochette.

Utilisation

  • Avant la sieste, déposez la petite pochette au micro-ondes.
  • Distribuez une pochette magique à chaque enfant. On peut se faire des doudous sur notre joue, ventre, pieds. peut faire des doudous sur un autre ami. On peut le tenir dans nos mains pour écouter l’histoire. Dans un autre ordre d’idée, on peut également mettez les pochettes magiques dans les habits de neige pour réchauffer les poupons lors de sorties en poussette.

Bonne sieste!

La sieste en service de garde ou comment gérer les demandes des parents

Geneviève est une petite fille de deux ans et demi. Elle est joyeuse et dynamique; elle dépense beaucoup d’énergie à courir, sauter et grimper. La danse et la musique l’animent beaucoup dans ses jeux de motricité. Chaque jour après le dîner, Geneviève démontre à son éducatrice, Caroline, des signes de fatigue. Elle se frotte les yeux, elle tourne une mèche de ses cheveux, elle bâille et cherche à s’isoler. Geneviève s’endort rapidement et se réveille après deux heures de repos. Par contre, le dodo du soir semble plus difficile. Elle pleure, elle crie, elle demande à papa ou maman de se faire bercer. Ce rituel prend des allures de torture lorsque le parent la croyant endormie la repose dans son lit pour la troisième fois… qui n’est pas forcément la dernière! Ses parents en parle à l’éducatrice et insistent auprès d’elle pour qu’elle réveille Geneviève après une heure de sieste. Comment répondre à la demande des parents et respecter le besoin de sommeil de Geneviève?

Réponse
La routine de la sieste entraîne souvent des demandes de parents qui ont des difficultés le soir à coucher l’enfant. Leur première intervention est de demander de ne pas faire dormir leur petit ou de le réveiller avant la fin de la sieste. L’éducatrice va parfois répondre à la demande et réveiller l’enfant. Le parent peut aussi insister auprès de son petit en lui demandant de ne pas dormir à la sieste. L’enfant peut combattre en se berçant sur son matelas, s’agiter pour rester éveillé, insister auprès de son éducatrice qu’il ne doit pas dormir. La sieste devient donc pour l’enfant, ayant un besoin de sommeil, une torture, un moment d’anxiété difficile à contrôler. Il est prouvé qu’un enfant contrarié dans son besoin de sommeil sera agité, pleurnichard et intolérant. Les fins de journée seront plus difficiles. Ces comportements se retrouvent à la maison pour se terminer avec la valse des dodos au coucher.

Une étude du centre de recherche Bécima démontre que 59% des parents rencontrent des problèmes à faire dormir leur enfant. Contrairement à ce que nous pouvons penser, un enfant privé de sommeil durant la journée peut s’opposer également au sommeil du soir. Les difficultés d’aller au lit et le syndrome du rappel peuvent indiquer chez l’enfant la peur de rompe les liens affectifs avec son parent et la crainte d’être exclus de la famille. Il cherche à garder auprès de lui l’être aimé. Si l’enfant ressent l’appréhension de son parent à la période du coucher, la séparation se fera dans l’insécurité.

Caroline reconnaît qu’il est exigeant de vivre une telle situation. Après une journée d’occupation et de préoccupations, les parents de Geneviève se sentent épuisés, lessivés et même enragés après avoir bercé la petite plusieurs fois dans la soirée en espérant que c’était la dernière.

Par contre, Caroline trouve important de respecter le besoin de Geneviève. La petite démontre des signes d’endormissement et de fatigue dont elle ne peut faire abstraction. De plus, Caroline sait que la sieste est une récupération pour le corps. Une période importante pour la mémorisation des apprentissages, l’intégration des connaissances, la maturation du système nerveux et du cerveau. Tous travaillent au développement de l’enfant durant l’état de sommeil. Les hormones de croissances sont également en fonction.

Caroline écoute la demande des parents, elle cherche avec eux à comprendre les réactions de la petite face au dodo du soir. Elle informe les parents de ses observations et du rituel mis en place pour la préparation du dodo. Elle explique la présence de la sieste dans un contexte de groupe, elle insiste sur la valeur de l’autonomie et du respect de l’enfant dans son besoin de sommeil. Les échanges avec les parents de Geneviève ont permis de mettre en place à la maison un rituel qui répond au besoin de sécurité de l’enfant. Le besoin d’être bercé par son parent ne permettait pas à la petite de développer l’autonomie dans le sommeil. En effet, Geneviève demandait toujours des bras pour pouvoir faire dodo, lorsqu’elle se réveillait il lui était impossible de s’endormir sans les bras de papa ou maman. Il est donc vrai de dire que l’enfant dort comme il s’endort!

Les besoins de sommeil varient pour chaque enfant, mais peu d’enfants bénéficient des heures de sommeil dont ils ont réellement besoin. La vie des familles qui fréquentent les services de garde est tumultueuse. Les enfants se lèvent tôt, passent parfois de longs moments en voiture pour se rendre au service de garde, se retrouvent dans un contexte de groupe et de bruit, doivent suivre des consignes, vivent des frustrations et passent parfois plus d’heures dans le milieu de garde que leur éducatrice. La sieste ou la relaxation est nécessaire pour recharger les batteries au même titre qu’une pause pour l’adulte dans son milieu de travail. Il est certain qu’un enfant de quatre ans peut avoir besoin moins de sommeil dans la journée. Par contre, le rythme de chacun doit être respecté. La période de détente est nécessaire mais après vingt à trente minutes de relaxation, l’éducatrice peut offrir à l’enfant qui s’est bien reposé de se lever. De cette façon, il apprend à s’arrêter et à être sensible à ses signaux de fatigue.

L’enfant qui dort à la sieste a besoin de dormir, il est donc incohérent de le réveiller ou de l’empêcher de dormir en souhaitant un couché plus facile le soir. Nous sommes voués au bien être des enfants. Lorsque nous devons agir de la sorte, nous sommes loin de respecter les besoins individuels de nos enfants!

Comme équipe de travail, il est important d’informer le parent de l’importance du sommeil chez l’enfant. Mettre en place les objectifs rattachés au sommeil dans votre milieu. Face à une demande d’un parent, TOUTES LES ÉDUCATRICES doivent avoir les mêmes attitudes soit le respect de la demande, l’écoute et le désir de travailler en collaboration dans le but de supporter la famille. Le service de garde doit faire de la sieste…. une continuité dans le développement de l’enfant !

Dodo, l’enfant do est un texte pour aider les parents à préparer le dodo du soir avec leur enfant. Un bel outil que vous pouvez distribuer dans vos milieux.

La période de la sieste en service de garde demeure un sujet souvent discuté entre éducatrices. Doit-on respecter les demandes des parents qui veulent qu’on réveille ou qu’on ne couche pas leur enfant? Doit-on faire dormir les grands? Que faire avec un enfant qui perturbe le sommeil des autres?

Le supplice de la sieste

L’heure de la sieste avec les ami(e)s de 3 ans est devenue un vrai supplice pour Pierrette. Chaque jour, c’est la même histoire au dodo. Mathieu chante pour déranger les autres, Catherine replace sa couverture et son toutou plusieurs fois avant de dormir, Charles fait du bruit avec sa bouche et ses pieds, Léa touche le matelas de l’amie à côté pour la faire réagir. Heureusement, il y a deux enfants, Julie et Pierre-Luc, qui s’endorment rapidement. Pierrette peut alors donner du temps aux ami(e)s plus demandant. Pierrette se questionne sur sa façon de préparer cette routine. Est-elle assez disponible avec chacun? Les enfants ont-ils assez de temps pour digérer le repas avant le dodo? L’activité de groupe permet-elle à l’enfant de se détendre? Ce qu’elle met à la disposition de l’enfant avant le dodo est-il assez stimulant et varié? Pierrette se demande même s’il n’est pas préférable de lever les enfants qui ne dorment pas pour laisser reposer ceux qui ont plus besoin de dormir…

La qualité du sommeil des enfants de 2 à 12 ans au Québec décroît depuis les 13 dernières années. Plusieurs raisons peuvent être en cause; l’enfant suit l’horaire de l’adulte et les heures de déplacement pour aller porter l’enfant au service de garde oblige le parent à lever l’enfant plus tôt et à revenir à la maison plus tard; l’environnement nuit aussi parfois au sommeil de l’enfant (bruit, problèmes dans le couple, manque de stabilité dans la vie de l’enfant), etc. D’autre part, dans notre société de performance, le sommeil a mauvaise réputation car il est reconnu comme une perte de temps et non productif. Puisqu’ils sont les modèles de l’enfant, il est essentiel que l’enfant ressente que les adultes autour de lui font du sommeil une priorité.

Le nombre d’heures de sommeil pour les enfants de 2 ans est de 14 à 16 heures; de 12 à 14 heures pour ceux de 3 à 4 ans et de 10 à 12 heures pour les 4 ans et plus.

La sieste en service de garde doit être une priorité au même titre que l’heure du repas. Bien entendu, selon le groupe d’âge, celle-ci peut-être différente. Par exemple, avec un enfant de 4 ans nous parlons plus d’une relaxation que d’une sieste; après 20 à 30 minutes de détente, il est souhaitable de lui permettre de se lever et de s’occuper à des jeux calmes. Par contre, il serait préférable qu’un enfant de moins de 4 ans puisse faire une sieste d’une durée de 1 à 2 heures au service de garde si on veut qu’il puisse passer un bel après-midi avec ses ami(e)s.

Il est certain, qu’il y a des facteurs importants à considérer pour favoriser l’heure de la sieste au service de garde. L’attitude de l’éducatrice à cette routine, permet à l’enfant de connaître ce qu’on attend de lui. Être douce et détendue, créer une ambiance de détente tout en étant ferme dans les consignes de la sieste favorise sécurité et abandon de l’enfant. Un rituel bien structuré donne plus de temps à l’éducatrice pour s’investir avec chacun des petits. Par exemple, l’enfant sait qu’il doit aller à la toilette, laver ses mains, brosser ses dents, placer son matelas et sa couverture avant d’aller se chercher un jeu calme, etc. Ce rituel aide l’enfant à se situer dans le temps. Il est aussi préférable de coucher l’enfant une heure après avoir mangé, ainsi vous permettez à la digestion de se mettre en fonction à l’état d’éveil. Il est toujours désagréable de se coucher le ventre plein, c’est la même chose pour l’enfant!

Les jeux à la disposition avant le dodo doivent respecter 3 règles:

  1. Le jeu doit permettre de jouer seul.
    Ce qui lui offre l’occasion de couper les liens relationnels avant de se détendre, se centrer sur lui et prendre conscience des signaux de fatigue que son corps lui envoie.
  2. Le jeu doit permettre la créativité.
    Ce qui est mis à la disposition doit offrir à l’enfant la possibilité de jouer à sa façon. Par exemple, avoir des petits sacs de dodo avec des plumes ou avec des bâtons à café. Une quantité importante (12 sacs pour un groupe de 8) permet une plus grande expérimentation et développe l’intérêt pour un sac en particulier.
  3. Le jeu doit permettre une limite de temps et de moment.
    Le jeu offert à la sieste doit l’être seulement pour ce moment de vie pour une période de 10 à 15 minutes avant de passer à la détente. De cette façon, le jeu offre un effet de nouveauté et l’enfant apprend graduellement à couper avec le filet de sécurité qui est son éducatrice.

Petits trucs pour préparer la sieste:

  • Favorisez l’endormissement, diminuer les sources de lumière dans le local avant de passer au dodo.
  • Apprenez aux enfants à parler moins fort pendant la préparation au dodo en parlant vous-même à voix basse.
  • Racontez l’histoire avant les petits jeux individuels afin de laisser une période d’intimité à l’enfant.
  • Offrez à l’enfant de la musique sans parole pour éviter que l’enfant chante ou que la parole laisse l’enfant en état d’éveil. Pas plus de 5 à 10 minutes de musique de fond; au-delà, la musique peut fatiguer et irriter.
  • Animez des périodes de relaxation. À ce sujet, je vous recommande le livre Jeux de relaxation (Nicole Malenfant, Publications du petit matin) dans lequel on retrouve plus d’une centaine de petits jeux pour aider les enfants à se calmer et à se concentrer.
  • Prenez le temps avec chacun des enfants pour une caresse, des mots d’encouragement, une voix douce à l’oreille, un câlin, des bras réconfortants, etc.
  • Permettez aux enfants d’avoir leur objet de transition, d’apporter un objet de la maison pour le dodo.
  • Avoir pour chacun des enfants un album photos de leur famille pour la période individuelle du dodo.
  • Variez les jeux de détente avec des objets nouveaux, par thèmes, par évènement (Pâques, Noël).
  • Offrez une série de cartes de différents sujets que l’enfant peut regarder.

Malgré ces conseils, il ne faut pas tomber dans le piège de la recette miracle, certains enfants peuvent vivre des difficultés à la sieste qui sont complexes à comprendre. Il est important pour l’éducatrice d’être patiente et de prendre le temps d’observer le comportement de l’enfant. Mieux connaître les réactions de l’enfant à la routine du dodo aide l’éducatrice à mieux intervenir.

Considérer le bébé comme une personne et un partenaire…Il faut y mettre du temps!!!!!

Lyne Archambault, éducatrice – formatrice

Octobre 2013

www.aveclenfant.com

Être une éducatrice et travailler auprès des poupons, sans toutefois agir avec eux comme dans une manufacture, est souhaitable et devrait être notre leitmotiv. C’est vrai : s’occuper de 5, 10 ou 15 dans un même local, c’est tout un défi ! Avec notre équipe de travail ou seul pour cinq bébés, on doit prendre le temps de vivre avec les petits. En d’autres mots, le bébé est notre partenaire !

Voici le premier principe du livre Le Bébé en Services Éducatifs .C’est certain me direz-vous, mais dans les faits. Prenons-nous le temps qu’il faut pour considérer le bébé comme une personne et un partenaire ? Dans tous les horaires et les routines, est-ce que nous lui donnons le temps d’attendre sa réponse, par son regard : son approbation ? Le temps de réaction est plus lent chez le petit. Ainsi, la patience est souvent demandée comme qualité première pour être une éducatrice, surtout quand il vient le temps d’attendre la collaboration des petits.

Alors si le bébé est mon partenaire, je lui demande pour le prendre, et même si le temps me presse je ne le prends JAMAIS de dos… Je le préviens en lui disant ce que l’on va faire. Je fais équipe avec lui pour son habillement pour la sortie en lui donnant la chance de participer. En rentrant, profitez de ce temps, car le petit adore tirer son chapeau, ses mitaines et Bravo magie tout est enlevé et c’est lui qu’il l’a fait !! Valorisez notre ami, il se gonflera de fierté.

Je lui montre et lui dis ce qu’il va manger. On touche le plat, on regarde le repas, on sent l’odeur du poisson et on présente la soupe par exemple, voilà de belles façons d’éveiller nos cinq sens. De plus, je le fais patienter au repas en connaissant ses limites et je souligne ses progrès. Je lui parle en préparant son repas, je chante pour le faire patienter tout en préparant le repas. Je lui parle si je dois le rassurer, je nomme chaque enfant en distribuant les plats. Je lui souhaite bon appétit mon ami .Je suis assise avec lui à la table et non comme une serveuse qui s’exécute.

J’ai toujours le bébé que je nourris devant moi et mon regard est vers lui, si je dois m’éloigner je l’avertis. En lui laissant sa cuillère et moi la mienne pour lui donner des bouchées entre les siennes, le petit participe ainsi à son repas. Les petits comme dans un souper de famille sont capables d’attendre leur repas, nous formons une équipe nous nous respectons mutuellement.

Je ne fais rien à sa place sans lui donner la chance de le faire seul et attendre si il a besoin de moi, par une question je lui demande si il a besoin de mon aide. Pour le respecter, je ne dérange pas le petit qui est occupé à explorer. Je ne crée pas de besoin si il est occupé à explorer à sa façon. Son temps d’exploration est unique à lui et précieux. S.V.P. ne pas déranger bébé travaille !!!! Son environnement est sans visiteur non annoncé, la circulation est limitée pour éviter une ambiance de cirque. L’éducatrice est là pour lui, et non l’inverse !

Appeler le petit par son prénom, lui parler, respecter son rythme biologique, l’observer sans comparaison et surtout sans commenter devant les bébés sont des attitudes gagnantes. Le changement de couche est une occasion pour le faire participer, attendre son approbation du regard, lui demander de tenir sa couche, le regarder et échanger avec lui et juste avec lui !

Le lavage des mains au lavabo pour la collation et le repas est une routine. J’invite le petit qui n’est pas occupé à venir laver ses mains. Dès mon invitation lancée, il vient vers moi. Je préviens l’ordre des enfants qui attendent leur tour ! Les amis s’occupent et peu à peu tous les amis se retrouvent à la table pour manger.

Toutes les routines deviennent des moments privilégiés à partager avec eux à chacun leur tour. Il faut à la fin de ma journée d’éducatrice que chaque enfant ait reçu du temps seul avec moi et surtout du temps de qualité…Que ce soit pour être bercé pour le dodo, pour un jeu de coucou avec la débarbouillette ou pour un fou rire échangé ; il faut s’arrêter à observer tout ce petit monde. De plus, grâce à de belles observations auprès des enfants, les cahiers de communication seront plus intéressants et pertinents à lire pour leurs parents.

Dans le livre Le Bébé en Services Éducatifs, une liste de pratiques souhaitables pour chaque principe se retrouve. Voici donc un outil merveilleux pour évaluer notre pratique et se créer des objectifs seul ou en équipe, afin de revoir notre organisation et que nos actions reflètent nos pensées. On le sait que le bébé est une personne et un partenaire, mais dans l’action peut-être c’est facile d’oublier. Nous devons y penser….et surtout prendre du temps !!! Bonne réflexion !

 

Référence : Le Bébé en Services Éducatifs de Jocelyne Martin, Céline Poulin et Isabelle Falardeau éditions : presses de l’université du Québec.

Observer pour mieux planifier

Voilà déjà 5 ans que Marion est éducatrice du groupe des 4 ans. Elle constate que ses activités n’ont pas toujours le même succès. À chaque année, elle se voit obligé de revoir sa planification et doit même parfois réinvestir du temps à chercher d’autres activités. Trop souvent, elle s’est retrouvée devant un groupe peu enthousiasme à ses idées. Une activité super populaire peut ne pas être appréciée l’année suivante… mais pourquoi? Marion aime pourtant son travail et elle met toujours autant de rigueur à la préparation de ses activités. Elle a de la facilité avec ce groupe d’âge et elle connaît bien les goûts et intérêts des 4 ans. Marion se questionne sur sa planification; elle ne voudrait surtout pas revivre les mêmes difficultés. Doit-elle refaire la même planification sans rien changer? Doit-elle faire plus d’activités pour préparer son groupe à l’école? Travailler davantage la concentration, l’autonomie ou peut-être la motricité fine pour développer les habiletés nécessaires pour l’écriture? Son questionnement se poursuit jusqu’au jour où Lorraine, une stagiaire de 2 e année en techniques d’éducation à l’enfance l’oriente dans ses réflexions.

Pour bien des éducatrices, l’observation est une activité spontanée et naturelle. Elle est souvent utilisée en service de garde pour mieux connaître l’enfant sur le plan de son développement ou pour comprendre un comportement problématique. Les outils comme les grilles et les tableaux permettent de rapporter des faits objectifs et limitent les interprétations. Les données d’observation recueillies sur grille, permettent à l’éducatrice d’orienter ses interventions dans le but de mieux faire cheminer l’enfant. Rares sont les éducatrices qui observent le groupe pour planifier leur programme d’activités. Marion découvre, en discutant avec sa stagiaire que son premier objectif de stage est de faire de l’observation participative avant même de penser à développer des idées d’activités. Lorraine doit prendre le temps d’observer leurs goûts, intérêts et leurs limites comme groupe. Quelles sont les actions qu’ils répètent? Quels sont les jeux qu’ils aiment faire? Quels sont leurs échanges? Qu’est ce qui les fait rire? Comment gèrent-t-ils leurs conflits? Quel est le niveau de développement de l’ensemble du groupe sur le plan moteur, cognitif, social et affectif? Ces observations permettront à Lorraine de connaître les enfants afin de mieux saisir leurs besoins. Les données recueillies serviront à planifier, structurer et organiser des activités adaptées au groupe. Marion découvre en parlant avec sa stagiaire qu’il est bien difficile de planifier des activités sans connaître le groupe. Marion constate que ne pas utiliser l’observation pour planifier c’est comme bâtir une maison sans fondation.

En observant le groupe, elle découvre qu’Émilie est souvent dans le coin autos avec Pierre-Luc; ils organisent des circuits pour faire des routes avec les voitures. Elle constate que Luce, Claudie et Marie-Éve aiment beaucoup faire des jeux de table qui demandent des habiletés en motricité fine. Quant à Juliette et Alexis, ils sont dans le coin déguisements et se font différents scénarios et pour ce qui est de Charles, elle remarque qu’il est souvent seul (le fait de venir 3 jours semaine au CPE ne lui permet pas de faire «SA» place auprès du groupe). Plusieurs autres observations aident Marion à identifier les besoins de son groupe de 4 ans.

La mise en commun de ses observations avec celles de sa stagiaire confirme que le groupe a besoin davantage de place pour être autonome et prendre de l’initiative. Le fait de démontrer de l’intérêt pour des jeux de manipulation lui indique qu’il pourrait être intéressant de nourrir les coins par des objets qui demandent de la précision et de la minutie. Par exemple, avoir différents types de petits objets qu’ils peuvent classer, aligner, sérier et s’inventer des jeux. Offrir dans le coin autos du matériel de récupération, pour permettre d’organiser leurs jeux d’une toute autre façon. Par exemple, leur permettre de faire des chemins avec du papier collant coloré, mettre des boîtes à souliers pour faire des garages, installer le tapis de voitures au mur plutôt qu’au sol. Le coin déguisements est populaire pour certains enfants, ajouter du matériel qui stimule l’imagination, par exemple un clavier d’ordinateur, des sacs d’épicerie, des articles de coiffure, articles à mettre dans les sacs à mains (tablette de papier, crayon, porte monnaie, lunette de soleil) etc. Ajoutez dans le coin livres, des cartes postales, cartes de fête, des albums photos de chacun des coins avec les enfants en action, des circulaires, revues d’autos. Ce coin peut être l’occasion pour Marion d’échanger avec Charles.

Marion constate que ses observations sont riches d’informations. La planification de ses observations avec des objectifs plus précis lui permet de mieux voir les besoins. Elle remarque que cette nouvelle approche change de beaucoup sa façon de voir son travail d’éducatrice. En effet, elle n’est plus celle qui apporte, propose et même impose ses idées pour répondre à sa planification. Maintenant, elle regarde et cherche à voir les intérêts, goûts et besoins de son groupe actuel. Ce changement lui permet d’être attentive à chacun des enfants, sensible aux différences et même créative pour apporter de nouvelles stimulations. Elle considère avoir plus de temps avec chacun des enfants car son rôle n’est plus d’animer, de montrer et même d’enseigner mais plus de suivre et de supporter l’évolution de chacun des enfants. En fait, Marion n’est plus au centre des enfants mais les enfants au centre de ses préoccupations!

Lorraine est en stage depuis trois semaines, elle participe aux jeux des enfants, elle note ses observations, elle apprend à les connaître, elle identifie de plus en plus les intérêts des enfants. Lorraine découvre qu’ils aiment bien les insectes, qu’ils lui posent souvent des questions sur la vie de ces derniers, qu’ils cherchent dans la cour des vers de terre, araignées, des coccinelles. Elle profite de cette préoccupation du groupe pour alimenter leur intérêt. Elle apporte des livres et des revues sur le sujet. Elle cache des insectes en plastique dans des boîtes à souliers remplies de sable. Elle organise un safari d’insecte dans la cour, chacun cherche des insectes à mettre dans sa chaudière. Elle permet, aux enfants qui le désirent, d’étudier leurs trouvailles avec des loupes. Lorraine a eu beaucoup de plaisir à voir les enfants vivrent ces différentes expériences scientifiques qui découlent de ses observations et de sa grande sensibilité aux enfants.

Marion et Lorraine sont maintenant convaincues «qu’observer pour mieux planifier c’est l’affaire de tous!»

Ce texte m’a été inspiré par mon travail de superviseure de stage. Lorraine, étudiante de deuxième année en techniques d’éducation à l’enfance m’a permise de faire ses belles découvertes. Merci pour ta générosité!

Mamie gâteau

Ma mère adore ma fille et la gâte beaucoup. Elle la garde souvent et répond à ses caprices à un tel point que Naomie réclame sa mamie lorsqu’elle est contrariée. J’apprécie beaucoup la disponibilité de ma mère mais j’hésite à lui parler de mon malaise. Dois-je insister pour qu’elle suive les règles de conduites que j’impose à ma fille ou la laisser être une mamie-gâteau?

Nous chérissons tous les douces mamies tendresse qui entourent nos enfants de rire, de bisous, de regard bienveillant. Elles héritent parfois de nos chérubins lorsque nous sommes captifs dans une réunion ou heureux dans un week-end amoureux. Les grands-parents sont les témoins privilégiés de l’épanouissement de nos enfants. Ils prennent le relais et dans certaines circonstances deviennent le refuge stable et rassurant des enfants qui vivent dans une famille en mutation.

En général, quand les choses sont claires et que les relations entre parents et grands-parents s’établissent sainement, l’enfant sait très bien qui est maman et qui est mamie. Le jeune enfant ne s’explique pas pourquoi chez mamie c’est oui pour telle chose alors qu’avec maman c’est non mais il reconnaît les distinctions et respecte les limites de chacune. La mamie ne vit pas la quotidienneté, l’intimité avec l’enfant et se montre quelquefois plus tolérante. Parfois elle voit l’éducation autrement, ce qui surprend d’ailleurs la mère qui a elle-même vécu comme enfant dans un cadre éducatif bien différent de celui prôné par la mamie avec sa petite fille.

La mamie-tendresse n’est pas avare de gâteries, de privilèges mais ne dénigre pas les principes d’éducation de sa fille. «Aujourd’hui, elle était un peu fatiguée, je lui ai laissé écouter la télévision» ou encore «Elle a bien mangé ses légumes, je lui ai donné deux portions de dessert. On a fait un petit spécial hein ma puce!» Les spéciaux sont des mesures exceptionnelles qui se déroulent dans un climat relationnel de complicité avec l’enfant et ça c’est de l’amour.

Dans son territoire, la mamie peut exercer son autorité avec un peu plus de latitude mais elle devra cependant respecter les attitudes éducatives des parents devant l’enfant. Le premier répondant de l’enfant demeurant le parent. Le pouvoir éducatif appartient aux parents, le problème se pose lorsque les grands-parents ont l’impression qu’on leur a cédé le rôle éducationnel. La mamie qui défend les écarts de conduite de l’enfant devant lui ne pense qu’à dorer son image et embellir sa relation avec l’enfant. Elle ne prend aucunement en considération les conséquences des comportements de l’enfant dans le futur.

Le grand-parent se définit d’abord comme parent envers ses propres enfants; c’est à travers eux qu’il est devenu grand-parent. Le grand-parent qui respecte son enfant ne cherche pas à établir une proximité affective avec ses petits-enfants à l’insu de ses parents et surtout en marge de l’encadrement éducatif offert par eux.

Mamie-gâteau offre des douceurs qui ne nuisent pas à la santé et au bien-être de sa petite fille, pourquoi pas? Lorsque la petite fille aura grandi, la mamie se montrera peut-être aussi généreuse de recommandations, ce qui risque d’agacer l’adolescente en quête de liberté. Si par contre, la mamie-gâteau est intrusive qu’elle s’immisce dans votre relation mère-fille en dénonçant devant l’enfant vos façons de faire, si votre fille est devenue pour elle «ma fille, ma raison de vivre», qu’elle se soustraie des règles incontournables que vous lui avez énoncées alors une discussion d’impose. Il est difficile de s’adresser à nos propres parents qui avouons-le nous rendent de grands services. Le tact est de rigueur et nous devons exprimer la reconnaissance du privilège d’avoir leur aide, leur présence au sein de notre famille. Il faut établir des normes communes, échanger sur les limites incontournables reliées à la santé et au bien-être de l’enfant tout en mettant ces normes dans leur contexte. S’agit-il de visites occasionnelles, hebdomadaires ou prolongées? N’oublions pas que ces valeurs que nous voulons transmettre à nos enfants proviennent en grande partie de l’éducation que nos propres parents nous ont offerte. La contribution réelle des grands-parents qu’on néglige souvent de souligner est celle de nous avoir donné des valeurs, d’avoir développé avec nous nos compétences, nos qualités qui nous permettent maintenant d’être un bon parent auprès de nos enfants.

 

Enfant étiqueté, enfant rejeté. Décoller l’étiquette (Partie 1)

Julien est un enfant de 3 ans dans le groupe des lutins coquins. Julien se montre relationnel avec ses amis et l’éducatrice. Il s’approche de l’adulte, fait des demandes, cherche les contacts physiques en s’assoyant sur l’éducatrice, regarde les enfants du groupe et imite leurs jeux. Il aime aussi créer des liens avec de nouvelles personnes du CPE en demandant leurs noms, en faisant des échanges de sourires. Par contre, il démontre une certaine maladresse lorsqu’il prend contact avec de nouvelles personnes. Il parle vite, il court dans le local, lance parfois des jouets. Le plaisir qu’il éprouve à rencontrer des gens s’exprime par de l’agitation, de l’excitation. Il en oublie la consigne du rangement et va même jusqu’à déplacer les chaises et générer du désordre dans le local. Élyse, son éducatrice, trouve que les comportements de Julien dérangent beaucoup le fonctionnement du groupe et se questionne sur ses propres attitudes face à l’enfant.

  • Est-ce que les enfants blâment Julien d’un bris de jouets ou d’une ? alors qu’il est absent lors de l’incident ?
  • Est-ce que j’accorde de l’attention au porte-panier qui rapporte les faits et gestes de Julien ?
  • Est-ce-que je dis à Julien que c’est ENCORE lui qui dérange ?
  • Est-ce que j’interviens souvent à distance ?
  • Est-ce que je trouve que la journée se passe mieux lorsqu’il Julien est absent ?
  • Est-il difficile pour moi de voir les forces de Julien ?
  • Est-ce que je lui porte la même attention qu’aux autres enfants du groupe ?
  • Est-ce que je lui porte attention seulement lorsqu’il dérange ?
  • Mon expression non-verbale est-elle différente avec Julien ?
  • Est-ce que je parle de Julien aux autres éducatrices en présence de Julien ou des autres enfants ?
  • Est-ce que l’information que j’ai eue de Julien avant qu’il soit dans mon groupe aurait pu nuire à son intégration ?
  • Est-ce que je lui accorde suffisamment de temps ?

Savez-vous que votre opinion, vos gestes, vos attentes, votre regard et vos paroles influencent les rapports de l’enfant au sein du groupe. Certaines attitudes éducatives peuvent être rejetantes et nuire à l’acceptation de l’enfant différent au sein du groupe. Le simple fait de nommer un enfant par son prénom plusieurs fois par jour dans le groupe attire l’attention des autres. Le groupe reconnait alors que cet enfant est différent dans ses comportements et dérange l’adulte dans sa façon d’être. Le désir des enfants est de plaire à l’adulte et ce sans être conscient de l’impact de leurs paroles sur l’enfant ciblé. L’éducatrice doit réagir avant de développer de l’antipathie. Il faut donc faire des efforts pour identifier ses forces en les nommant devant les autres, mettre l’enfant dans un contexte de réussite, valoriser l’enfant pour ses bonnes idées, intervenir davantage à proximité pour le protéger des regards des autres et ainsi préserver son image. Accordez moins d’importance aux situations qui vous sont rapportées. Démontrez le plaisir que vous avez à jouer avec lui. Parlez de l’enfant aux autres éducatrices de façon positive. Ces actions vous permettront de voir Julien différemment et surtout de protéger une image positive de cet enfant aux yeux de ses pairs.

Élyse reconnaît qu’elle doit faire du travail sur elle pour changer certaines de ses attitudes qui nuisent à l’intégration de Julien dans le groupe.

Il est normal de rencontrer dans votre pratique un enfant qui vous dérange plus que les autres. Votre rôle est de vous dépasser en posant des gestes significatifs pour le découvrir. Être professionnelle ce n’est pas de les aimer tous mais bien de les estimer tout en répondant à leurs besoins spécifiques.

Élyse sait maintenant que Julien lui a permis d’avancer, elle s’en souviendra longtemps ….

Sachez respecter l’éthique professionnelle en éducation en donnant une chance égale à chacun des enfants de se faire découvrir.

Un enfant qui grandit, une éducatrice qui s’accomplit !!!

À lire : Enfant étiqueté, enfant rejeté Partie 2, par Sylvie bourcier

Chut! C’est pour son bien…Que faire avec les secrets de famille?

Marie-Pascale Deegan, Travailleuse sociale, M. Sc.

Mars 2015

www.aveclenfant.com

Pour protéger les enfants, les adultes choisissent souvent de leur cacher la vérité. Pourtant, les secrets, loin d’avoir l’effet désiré, causent du tort.

Secret de famille

Un secret est une information qu’une ou des personnes cachent délibérément à autrui.

Les secrets de famille touchent souvent la naissance, la mort, la sexualité, l’argent, la délinquance ou la maladie. Ils peuvent, par exemple, être liés à la naissance d’un enfant conçu à l’occasion d’une liaison ou à un avortement, à une mort violente ou par suicide, à l’homosexualité, à un abus sexuel, à un héritage, au chômage, à un crime, à un trouble psychologique ou à des émotions ou sentiments, comme un amour inavoué.

Le secret a habituellement pour origine la honte ou la culpabilité. Ceux qui le gardent vivent généralement dans la crainte que le secret soit dévoilé et que cela crée une atteinte à leur image ou à celle de leur famille.

Être inclus dans un secret, c’est-à-dire connaître l’information tenue secrète, tout comme en être tenu à l’écart peut générer de l’anxiété et de nombreuses autres souffrances chez un enfant.

L’enfant qui est tenu à l’écart d’un secret, perçoit son existence et interprète son contenu, plus ou moins consciemment. Il devine son existence, mais sans pouvoir le saisir ou le nommer.

En effet, le secret influence les comportements de ceux qui le portent: leurs mots, leurs silences et malaises, leurs intonations, comme leurs contradictions. Les actions posées ou évitées par ceux qui portent le secret paraissent souvent étranges aux yeux de celui qui en est tenu à l’écart et suscite chez lui des interrogations, plus ou moins conscientes ou verbalisées.

L’adulte qui porte un secret de famille peut avoir tendance à nier ce l’enfant perçoit:

« Pourquoi te fâches-tu quand je te parle d’adopter un petit frère, maman?»

«Où vas-tu chercher ça? Je ne me fâche pas! »

Dans une telle situation, l’enfant qui perçoit réellement une réaction qu’il n’arrive pas à s’expliquer chez sa mère lorsqu’il parle d’adoption peut en venir à remettre ses propres perceptions en question.

Quoi dire aux enfants? Quand leur parler?

Rachel devient enceinte à l’occasion d’une liaison d’un soir. Son mari, Marc, et elle sont encore amoureux. De plus, ils projetaient de faire un troisième enfant ensemble, au moment où Rachel a fait ce faux pas. Ils choisissent de passer l’éponge et d’élever l’enfant ensemble.

Doivent-ils révéler la vérité aux trois enfants? Oui.

De nombreux motifs peuvent être invoqués pour cacher la vérité aux enfants. Dans la situation de Rachel et Marc, les arguments suivants peuvent être invoqués : si l’enfant conçu hors mariage apprend la vérité, il doutera de l’amour que Marc lui porte, il se sentira dévalorisé, voire coupable, il risque aussi d’être rejeté par ses frères et sœurs si ceux-ci apprennent la vérité sur son origine, etc.

Cependant, les secrets de famille sont toujours nocifs et leurs conséquences dépassent généralement celles qu’engendre la divulgation de la vérité. L’enfant à qui on cache un secret de famille perçoit son mystère et subit des conséquences, plus ou moins graves, qui sont liées aux faits qui lui sont cachés, sans en comprendre l’origine. Il importe donc d’être transparent au quotidien, de répondre aux questions, de rompre les silences et de briser les secrets.

Répondre simplement aux questions des enfants – quelles qu’elles soient et quelle que soit la nature du secret – est la façon la plus simple d’y parvenir. Toute réponse honnête à une question authentique vaut la peine d’être donnée. Cependant, il est essentiel d’être sensible à son jeune interlocuteur et de tenir un discours qui lui est adapté.

L’enfant, confronté à un secret de famille, peut ne pas savoir quelle question poser. Il peut aussi avoir compris qu’un sujet est tabou (interdit) et ainsi éviter d’en parler. Il ne faut donc pas toujours attendre les questions des enfants pour leur révéler un secret de famille.

Les secrets des enfants

On utilise souvent l’expression « bons et mauvais secrets », dans les discours visant à sensibiliser les enfants à l’importance de révéler tout secret lourd à porter. En effet, il y a une distinction importante à faire entre éviter de révéler à papa sa surprise d’anniversaire et retenir un secret:

-Lourd à garder (qui le rend inquiet ou malheureux);

-Qui concerne une personne en danger;

-Qui se rapporte à l’enfant lui-même (chacun doit être libre de parler de chaque chose qu’il fait ou qui lui arrive);

-Qui est accompagné d’une menace (« si tu en parles… (un malheur surviendra) »).

Les enfants doivent être informés de l’existence de ces types de secrets et apprendre à distinguer les « bons secrets » des « mauvais ». Ils doivent aussi être rassurés, par un adulte de confiance, quant au fait qu’ils seront écoutés s’ils ont un secret à confier et qu’ils ne doivent pas se laisser intimider par les menaces.

Si un enfant vous rapporte un secret:

-Écoutez-le bien attentivement;

-À prime abord, prenez pour acquis qu’il dit la vérité – C’est très important;

-Évitez de mettre des mots dans sa bouche: laissez-le parler;

-Ne dramatisez pas;

-Protégez l’enfant;

-Soyez responsable et faites suite aux confidences de l’enfant en posant les gestes nécessaires, en fonction de la situation.

Pour poursuivre la réflexion:

Tisseron, Serge. Les secrets de famille, comment en parler? : http://www.youtube.com/watch?v=n1BBUuHrKhg

Tisseron, S. (2007). Secrets de famille – Mode d’emploi, Quand et comment faut-il en parler? Éditions Marabout.

Sources:

V.G.-Morval, M.  1985.  Psychologie de la famille, Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal, 150 pages.

Tisseron, Serge. Les secrets de famille, comment en parler? : http://www.youtube.com/watch?v=n1BBUuHrKhg

Supervisions cliniques en travail social avec Linda Roy, T.S. et Robert Thibodeau, TS. (entre 2004 et 2009).

Une rencontre de parents… pour bien démarrer l’année!

Comme à chaque année, Marguerite se prépare à rencontrer ses nouveaux et ses anciens parents de son groupe multiâge. Elle considère ce moment important pour tisser des liens avec les familles, pour faire connaître le déroulement d’une journée, les interventions qu’elle favorise, ses attentes et les valeurs qu’elle soutient dans son milieu. Les thèmes, les événements et les sorties sont également discutés. Elle en profite pour faire des petits rappels sur les règles du milieu et les choses que les parents doivent apporter. Cette année, la rentrée est un peu spéciale, elle a implanté avec l’aide de sa conseillère pédagogique le programme JOUER C’EST MAGIQUE. Elle voudrait faire participer les parents à des ateliers afin de les sensibiliser au vécu de leur enfant. Mais comment peut-elle demander aux parents de faire un choix d’ateliers, de vivre des échanges entre eux et de partager avec le groupe, et ce dans un contexte démocratique? Un grand défi attend Marguerite!

À bien y penser, Marguerite se dit que si les enfants apprennent en jouant pourquoi pas les parents? Elle organise donc une soirée qui met en valeur le programme pédagogique de son milieu en gardant en tête les informations qu’elle veut transmettre. Voici donc sa démarche…

L’invitation est lancée. Elle prend soin de confirmer leur présence la journée même de la soirée par un rappel verbal. Marguerite a vraiment tout prévu pour avoir la participation de tous; une gardienne sera même disponible sur place pour les parents qui en ont besoin. La rencontre se fait dans l’environnement de leur enfant.

Marguerite débute le rappel des règles de son service de garde. Elle poursuit avec la présentation des différents tableaux que le parent peut consulter. Par exemple, le tableau des menus, des messages importants et des activités de la journée. Elle présente les objectifs du programme JOUER C’EST MAGIQUE et termine avec des photos des enfants du milieu représentant les cinq principes éducatifs. Elle fait visiter les cinq ateliers mis en place, soit le coin blocs, déguisements, arts plastiques, livres et manipulation. Le matériel de récupération, les jeux et les équipements disponibles font aussi l’objet de sa présentation.

Les outils pour travailler la gestion de groupe dans le cadre du programme sont expliqués aux parents: le tableau des tâches des enfants, le tableau des choix d’ateliers, de température et de gestion de conflits. Tout est mis en place pour que les parents puissent expérimenter chacun des coins. Pour ce faire, 4 problématiques de discussions sont placées dans chacun des ateliers pour alimenter les échanges en équipe de deux. Voici les sujets traités:

  1. Coucher mon enfant, un vrai casse-tête!
    À chaque soir c’est la même histoire, après le bain, je mets ma fille au lit. Je l’embrasse, la couvre bien, mais elle me rappelle à plusieurs reprises. Je finis souvent par m’impatienter et par claquer la porte de sa chambre… et elle pleure.
  2. Je me sens coupable!
    J’aime l’ambiance de la garderie, mais mon enfant est si petit…Je me sens coupable. Je me demande si elle s’ennuie beaucoup, si elle restera perturbée, est-ce qu’elle va m’aimer autant?
    Deux enfants mais tellement différents!
    Mes enfants sont en bas âge. Autant un possède un tempérament actif autant l’autre est discret. Lorsque l’on est en public, c’est le plus jeune qui répond pour le plus vieux. Je désire que chacun prenne sa place. Mais comment faire?
  3. Il fait toujours le difficile à la table!
    Mon garçon ne veut rien manger, je sais pourtant qu’à la garderie il mange bien. Sans même goûter il me dit qu’il n’aime pas, qu’il en a trop, qu’il n’a pas faim. Il va même garder de la nourriture dans sa bouche sans l’avaler.

Les problématiques sont lues aux parents pour les aider à faire leur choix d’atelier. Avec la photo de leur enfant, ils se choisissent un atelier. OUF, tous ont réussi à faire un choix sans conflit! Marguerite en profite pour faire un peu d’observation. Voici ce qu’elle a pu observer:

  • Une maman a fait son choix d’atelier avec une amie, après un certain temps elle a voulu changer d’atelier avec quelqu’un d’autre… Dommage personne ne voulait céder sa place car les discussions allaient bon train.
  • Un papa déçu de ne pas pouvoir aller dans l’atelier qu’il avait identifié au départ, puisque deux personnes y étaient déjà!

Marguerite peut aussi observer certaines déceptions lorsque vient le temps de se retrouver au GRAND CERCLE pour partager nos expériences.

  • On a encore des choses à se dire.
  • Pas déjà, on commence à trouver des solutions.
  • Peux-tu nous laisser encore un peu de temps?

Marguerite explique que les enfants vivent les mêmes frustrations dans leur jeu, mais elle maintient quand même sa demande pour pouvoir échanger sur leur vécu en sous-groupe.

Les parents parlent de leurs échanges, des éléments de solutions, des expériences vécues, ils disent trouver important de constater les mêmes problèmes dans chaque famille, ils se sentent moins seuls et constatent qu’ils ont eu l’occasion de mettre au profit des autres leurs trucs. Mais comme les enfants, les parents demandent à Marguerite des solutions. Elle intervient de façon démocratique, elle demande au groupe s’ils ont des idées pour aider l’équipe! Elle fait des liens avec le vécu de leur enfant et elle met en valeur ce que cette courte expérience leur a permis de développer. Elle se sert de cette occasion pour expliquer les expériences-clés du programme JOUER, C’EST MAGIQUE.

Marguerite distribue aux parents le journal quotidien de leur enfant, il est maintenant plus facile d’en expliquer le contenu suite à l’expérience vécue. La rencontre se termine par une période de questions, accompagnée de rires et de plaisir, comme avec les enfants! Marguerite constate que cette rencontre a été MAGIQUE pour faire connaître le programme éducatif à ses parents.

Deux semaines se sont écoulées après la rencontre de parents. Marguerite entend dans le vestiaire la maman de Philippe lui dire: «Je vois que tu as été dans le coin blocs ce matin avec ton ami Vincent, tu as appris à faire un garage avec … des boîtes de souliers.

  • Mais oui maman, Marguerite avait mis seulement des boîtes de souliers à la place des blocs de bois. Mon ami Vincent m’a dit viens Philippe je vais te montrer à faire un garage. Au grand cercle du matin, Marguerite nous a demandé de montrer notre construction et d’expliquer aux amis comment nous avions fait notre garage. Elle trouvait que nous avions eu ensemble une Super idée.»

La maman peut aussi lire dans le journal quotidien de son enfant que cette expérience a permis à son enfant de 4 ans de faire des pré-mathématiques (classer les boîtes, les aligner, choisir les grosseurs, grandeurs pour un plus grand équilibre). Il a également travaillé sa confiance en l’autre (permettre à Vincent de lui faire connaître son idée), sa capacité d’anticiper les événements (comprendre l’idée de Vincent), développer sa capacité d’être bien avec l’autre (collaborer au projet de Vincent et présenter au groupe leur création). Ces expériences s’additionnent à celles déjà en place et lui permettront d’aller encore plus loin dans une prochaine expérimentation.

La maman de Philippe peut maintenant faire des liens avec les cinq principes du programme éducatif qui sont :

  1. L’enfant est unique.
  2. L’enfant apprend par le jeu.
  3. L’enfant est le premier agent de son développement.
  4. Le développement de l’enfant est un processus global et intégré.
  5. La collaboration entre le personnel éducateur et les parents favorise le développement de l’enfant.

Marguerite observe depuis cette rencontre :

  • Une plus grande sensibilité du parent au savoir-être de son enfant (être bien avec soi et les autres).
  • Une préoccupation moins présente pour le produit fini et les activités scolarisantes.
  • Une compréhension de l’apprentissage par le jeu.
  • Une appropriation du programme JOUER, C’EST MAGIQUE
    Un intérêt à la lecture du journal quotidien de son enfant.
  • Une collaboration pour apporter du matériel de récupération.
  • Une plus grande compréhension et respect des règles et du fonctionnement du service de garde.
  • Mais surtout une plus grande RECONNAISSANCE du travail de la responsable de garde de leur enfant….

En début d’année, démarrer du bon pied C’EST MAGIQUE POUR L’ANNÉE…

Bonne rencontre !

La sieste en service de garde ou comment gérer les demandes des parents

Geneviève est une petite fille de deux ans et demi. Elle est joyeuse et dynamique; elle dépense beaucoup d’énergie à courir, sauter et grimper. La danse et la musique l’animent beaucoup dans ses jeux de motricité. Chaque jour après le dîner, Geneviève démontre à son éducatrice, Caroline, des signes de fatigue. Elle se frotte les yeux, elle tourne une mèche de ses cheveux, elle bâille et cherche à s’isoler. Geneviève s’endort rapidement et se réveille après deux heures de repos. Par contre, le dodo du soir semble plus difficile. Elle pleure, elle crie, elle demande à papa ou maman de se faire bercer. Ce rituel prend des allures de torture lorsque le parent la croyant endormie la repose dans son lit pour la troisième fois… qui n’est pas forcément la dernière! Ses parents en parle à l’éducatrice et insistent auprès d’elle pour qu’elle réveille Geneviève après une heure de sieste. Comment répondre à la demande des parents et respecter le besoin de sommeil de Geneviève?

Réponse
La routine de la sieste entraîne souvent des demandes de parents qui ont des difficultés le soir à coucher l’enfant. Leur première intervention est de demander de ne pas faire dormir leur petit ou de le réveiller avant la fin de la sieste. L’éducatrice va parfois répondre à la demande et réveiller l’enfant. Le parent peut aussi insister auprès de son petit en lui demandant de ne pas dormir à la sieste. L’enfant peut combattre en se berçant sur son matelas, s’agiter pour rester éveillé, insister auprès de son éducatrice qu’il ne doit pas dormir. La sieste devient donc pour l’enfant, ayant un besoin de sommeil, une torture, un moment d’anxiété difficile à contrôler. Il est prouvé qu’un enfant contrarié dans son besoin de sommeil sera agité, pleurnichard et intolérant. Les fins de journée seront plus difficiles. Ces comportements se retrouvent à la maison pour se terminer avec la valse des dodos au coucher.

Une étude du centre de recherche Bécima démontre que 59% des parents rencontrent des problèmes à faire dormir leur enfant. Contrairement à ce que nous pouvons penser, un enfant privé de sommeil durant la journée peut s’opposer également au sommeil du soir. Les difficultés d’aller au lit et le syndrome du rappel peuvent indiquer chez l’enfant la peur de rompe les liens affectifs avec son parent et la crainte d’être exclus de la famille. Il cherche à garder auprès de lui l’être aimé. Si l’enfant ressent l’appréhension de son parent à la période du coucher, la séparation se fera dans l’insécurité.

Caroline reconnaît qu’il est exigeant de vivre une telle situation. Après une journée d’occupation et de préoccupations, les parents de Geneviève se sentent épuisés, lessivés et même enragés après avoir bercé la petite plusieurs fois dans la soirée en espérant que c’était la dernière.

Par contre, Caroline trouve important de respecter le besoin de Geneviève. La petite démontre des signes d’endormissement et de fatigue dont elle ne peut faire abstraction. De plus, Caroline sait que la sieste est une récupération pour le corps. Une période importante pour la mémorisation des apprentissages, l’intégration des connaissances, la maturation du système nerveux et du cerveau. Tous travaillent au développement de l’enfant durant l’état de sommeil. Les hormones de croissances sont également en fonction.

Caroline écoute la demande des parents, elle cherche avec eux à comprendre les réactions de la petite face au dodo du soir. Elle informe les parents de ses observations et du rituel mis en place pour la préparation du dodo. Elle explique la présence de la sieste dans un contexte de groupe, elle insiste sur la valeur de l’autonomie et du respect de l’enfant dans son besoin de sommeil. Les échanges avec les parents de Geneviève ont permis de mettre en place à la maison un rituel qui répond au besoin de sécurité de l’enfant. Le besoin d’être bercé par son parent ne permettait pas à la petite de développer l’autonomie dans le sommeil. En effet, Geneviève demandait toujours des bras pour pouvoir faire dodo, lorsqu’elle se réveillait il lui était impossible de s’endormir sans les bras de papa ou maman. Il est donc vrai de dire que l’enfant dort comme il s’endort!

Les besoins de sommeil varient pour chaque enfant, mais peu d’enfants bénéficient des heures de sommeil dont ils ont réellement besoin. La vie des familles qui fréquentent les services de garde est tumultueuse. Les enfants se lèvent tôt, passent parfois de longs moments en voiture pour se rendre au service de garde, se retrouvent dans un contexte de groupe et de bruit, doivent suivre des consignes, vivent des frustrations et passent parfois plus d’heures dans le milieu de garde que leur éducatrice. La sieste ou la relaxation est nécessaire pour recharger les batteries au même titre qu’une pause pour l’adulte dans son milieu de travail. Il est certain qu’un enfant de quatre ans peut avoir besoin moins de sommeil dans la journée. Par contre, le rythme de chacun doit être respecté. La période de détente est nécessaire mais après vingt à trente minutes de relaxation, l’éducatrice peut offrir à l’enfant qui s’est bien reposé de se lever. De cette façon, il apprend à s’arrêter et à être sensible à ses signaux de fatigue.

L’enfant qui dort à la sieste a besoin de dormir, il est donc incohérent de le réveiller ou de l’empêcher de dormir en souhaitant un couché plus facile le soir. Nous sommes voués au bien être des enfants. Lorsque nous devons agir de la sorte, nous sommes loin de respecter les besoins individuels de nos enfants!

Comme équipe de travail, il est important d’informer le parent de l’importance du sommeil chez l’enfant. Mettre en place les objectifs rattachés au sommeil dans votre milieu. Face à une demande d’un parent, TOUTES LES ÉDUCATRICES doivent avoir les mêmes attitudes soit le respect de la demande, l’écoute et le désir de travailler en collaboration dans le but de supporter la famille. Le service de garde doit faire de la sieste…. une continuité dans le développement de l’enfant !

Dodo, l’enfant do est un texte pour aider les parents à préparer le dodo du soir avec leur enfant. Un bel outil que vous pouvez distribuer dans vos milieux.

La période de la sieste en service de garde demeure un sujet souvent discuté entre éducatrices. Doit-on respecter les demandes des parents qui veulent qu’on réveille ou qu’on ne couche pas leur enfant? Doit-on faire dormir les grands? Que faire avec un enfant qui perturbe le sommeil des autres?