Le ratio dans un service de garde, facteur de qualité…

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Le ratio dans un service de garde, facteur de qualité…

 

Le CPE Des temps Sombres se questionne sur la capacité de garder les ressources qu’ils ont mises en place pour maintenir une qualité dans leur service de garde. En effet, la direction travaille à limiter les dégâts depuis l’annonce de différentes coupures dans les milieux. Le conseil d’administration reconnait que plusieurs caractéristiques sont importantes pour maintenir un service de garde de qualité dans les groupes tels que :

Un rapport adulte-enfants : Il est démontré que le respect des ratios dans les groupes en milieu garde favorise l’attachement plus étroit entre l’enfant et l’éducatrice, il est aussi observé que l’agressivité est moindre entre les enfants.

Des petits groupes : En petit groupe, les jeunes enfants parlent, collaborent et se comportent mieux qu’au sein d’un plus grand groupe.

Formation de l’éducatrice : Une éducatrice titulaire d’un diplôme collégial ou universitaire en petite enfance sait mieux répondre au réel besoin, sait animer des activités stimulantes en lien avec le développement de chacun des enfants. Elle reconnait aussi les défis rencontrés pour chaque tranche d’âge.

Une relation positive entre l’éducatrice et l’enfant : Le temps que passe l’éducatrice à répondre aux besoins des enfants assure une meilleure intégration dans le groupe. L’enfant est moins dans l’attente et développe davantage son langage et son intérêt pour le jeu.

Des espaces bien définis : Les enfants passent plus de temps à s’intéresser à leur environnement lorsque l’espace consacré au jeu est bien défini. Les relations entre eux sont plus positives et créatives. L’adulte peut encourager, stimuler et observer davantage son groupe.

Des programmes bien planifiés et structurés : Un programme adapté aux goûts et intérêts du groupe d’âge ne peut que permettre un développement cognitif, langagier et créatif. L’approche individuelle invite l’enfant à s’accomplir dans différentes tâches qui lui conviennent. Un programme qui n’est pas adapté au stade de développement ne fait qu’augmenter le niveau de stress chez l’enfant.

Engagement parent : Le temps que l’éducatrice prend à créer des liens de collaboration avec le parent dans le respect et la communication augmente le lien de confiance entre l’enfant et l’éducatrice.

À la lumière de ces caractéristiques, le rôle de l’éducatrice devient un soutien important pour enrichir les apprentissages de l’enfant. Accompagner, stimuler les expériences et les découvertes restent une priorité. Le ratio est la pierre angulaire de la qualité des services offerts. Comment peut-on y arriver avec les ratios présentement en vigueur au Québec et dans plusieurs autres provinces, soit une éducatrice pour huit enfants de 18 mois/4ans, une éducatrice pour dix enfants 4/5 ans et une éducatrice pour 5 poupons. Cette loi rend difficile l’implantation d’un programme basé sur l’apprentissage individualisé.

Plusieurs milieux respectent ce ratio, d’autres diminuent à sept le groupe18 mois. Ce qui permet à l’éducatrice d’être plus disponible et de mieux répondre aux besoins du tout-petit. La capacité d’attente du petit est très limitée, un ratio à sept dans le groupe des 18 mois augmente le temps de jeu du petit et réduit le niveau de frustration que peut générer l’attente. Il est aussi possible d’observer un lien d’attachement plus étroit et moins de stress avec un ratio réduit à quatre chez les poupons. Le ratio à dix avec les 4/5 ans n’est pas idéal, mais plus acceptable pour ce groupe d’âge. L’autonomie de l’enfant de cet âge permet à l’éducatrice de répondre à d’autres défis par exemple, la création de liens harmonieux entre les enfants. Il ne faut pas perdre de vue que la gestion des routines chez le jeune enfant demande à l’éducatrice du temps et de l’encadrement. La réduction des ratios dans les groupes plus jeunes aide dans ce sens.

Alors que d’autres milieux choisissent d’équilibrer les groupes selon le nombre d’enfants le matin. Par exemple, quatre enfants sont absents dans le groupe de 3 ans, les quatre enfants présents sont invités à rejoindre un autre groupe afin d’avoir un ratio respectable dans l’ensemble du service de garde. L’éducatrice titulaire de ce groupe est parfois invitée à retourner chez elle ou attitrée à d’autres tâches. Cette mesure limite les coûts, mais affecte grandement la qualité de la relation enfant/éducatrice qui est à la base du lien de sécurité.

Le CPE La Bottine Souriante avait déjà choisi de baisser à sept enfants le ratio des 18 mois et de respecter le ratio à 10 pour 4/5 ans. À l’annonce des coupures, le CPE doit augmenter à huit le groupe des 18 mois sachant très bien que le temps de qualité avec chacun des petits peut être affecté. Devant ce constat, l’éducatrice des petits propose des stratégies pour limiter le temps d’attente dans son groupe par exemple, accueillir une stagiaire, établir de l’entraide avec le groupe des 4/5 ans dans la routine de l’habillement, être aidé par la cuisinière à l’heure du dîner et des collations, disposer de la présence de la directrice dans certaines activités qui demandent plus de bras….

Il est toujours difficile d’apporter des changements dans une structure bien établie. Par contre, avec les changements proposés par ce nouveau gouvernement, il faut rester créatif et travailler à protéger nos enfants de ces décisions d’adultes. Conserver la qualité dans nos services est porteur pour le futur de nos tout-petits mais reste un défi de taille pour les gestionnaires….

 

Références :

Conseil canadien sur l’apprentissage CCA, Carnet du savoir. POURQUOI LES SERVICES DE GARDE DE HAUTE QUALITÉ SONT-ILS ESSENTIELS ?

Choix IRPP, LA QUALITÉ ÇA COMPTE, Résultat de l’étude longitudinale du développement des enfants du Québec concernant la qualité des services de garde. Christa Japel, Richard E. Tremblay, Sylvana Côté

 

Josée Lespérance Enseignante en TÉE

De la petite enfance au préscolaire : une transition possible tout en douceur …

Dans quelques mois les tout-petits passeront du milieu de garde de la petite enfance vers la maternelle; les parents ont déjà acheté le sac d’école, la boîte à lunch, les nouveaux souliers …. et les papillons dans l’estomac, la tête remplie de rêveries font partie des nouvelles émotions ressenties.

En février dernier, l’inscription à la maternelle a été complétée ce qui représente pour l’enfant et sa famille une première démarche vers le milieu scolaire. Il s’agit très souvent du premier et unique contact avec l’école du quartier et la découverte partielle du nouvel environnement. Lorsque ces formalités sont complétées, les parents demeurent dans l’attente de la rencontre officielle avec la direction de l’école et avec l’enseignant(e), date souvent prévue au mois de mai soit, quelques semaines avant la rentrée scolaire de septembre.

Toujours lors de l’inscription, les parents reçoivent des informations relatives au programme du préscolaire, les renseignements des services offerts par l’école, les modalités d’inscription pour le service de garde ou des dîneurs/école etc. Cette procédure facilite la connaissance des caractéristiques fonctionnelles du milieu scolaire mais offre peu de moyen pour apprivoiser le nouvel environnement, réduisant ainsi quelques éléments de stress vécus par l’enfant et sa famille. Quant aux parents qui ont des enfants ayant des besoins particuliers, ceux-ci vivent certainement des émotions très intenses. Ils recherchent une continuité éducative entre les milieux et le soutien approprié à l’adaptation harmonieuse de leur enfant.

De son côté, le jeune enfant sait qu’il terminera bientôt son passage à la garderie ou le centre de la petite enfance et pose plusieurs questions à son éducatrice et à ses parents. Est-ce qu’il continuera à côtoyer ses amis de la garderie? Est-ce qu’il y aura une sieste en après-midi? Est-ce qu’il prendra l’autobus? Quelques-uns anticipent déjà la séparation avec les amis. Certains sont tristes et d’autres semblent excités par l’attrait de la nouveauté. Les changements à venir affecteront grandement les routines familiales. Alors, comment faciliter la transmission de l’information et continuer à susciter l’intérêt de l’enfant pour l’école?

Évidemment, ces éléments soulèvent des inquiétudes de la part des parents et puisque ceux-ci sont soucieux du bien-être de leur enfant, il est tout à fait normal qu’ils recherchent des réponses susceptibles de les rassurer. Les parents sont préoccupés et veulent savoir comment se vivra cette période de transition. Pour les parents qui vivent cette expérience pour la première fois, ils n’ont aucun repère, sauf ceux possiblement associés aux souvenirs de leur enfance. Est-ce un milieu menaçant ou accueillant? Les tensions et les inquiétudes vécues par ces familles peuvent sembler angoissantes. Parmi celles-ci, certaines peuvent être énoncées comme suit :

 

  • Comment préparer mon enfant à s’adapter à ce nouveau milieu?
  • Quel accueil lui sera réservé?
  • À qui dois-je me référer pour communiquer avec l’école?
  • Comment aider mon enfant à vivre cette expérience de façon agréable?

 

Les paroles rassurantes ne sont souvent transmises qu’au moment où l’enfant vit sa première journée à l’école. Comment soutenir et préparer la famille afin d’éviter l’augmentation du stress vécu avant la rentrée scolaire?

Soutien à la famille

L’enfant est confronté à de nouvelles routines, de nouveaux lieux et matériel à explorer, à de nouvelles personnes et parfois à une première séparation du milieu familial, il y réagira selon son tempérament. Si son comportement change à la rentrée, s’il est plus agité, qu’il a moins d’appétit, qu’il éprouve de la difficulté à s’endormir, c’est peut-être qu’il déploie beaucoup d’énergie pour s’adapter.

En tant qu’intervenant, il est possible d’identifier les facteurs de stress associés à la période de transition vers la maternelle. Il serait utile de connaître les sources de stress chez l’enfant, informer les parents concernant l’importance de leur rôle dans la réussite du passage de leur enfant vers l’école, les sensibiliser aux différentes composantes du nouveau milieu pour faciliter l’accès au réseau scolaire. Mais comment y parvenir?

Programme de transition « Pas à pas vers la maternelle »a

À l’école Saint-Paul de Laval, quelques familles ont participé l’an dernier aux activités préparées dans le cadre du programme « Pas à pas vers la maternelle ». Il s’agit d’un programme qui facilite l’intégration harmonieuse du jeune enfant et de sa famille avant la rentrée scolaire. Ce programme informe aussi les parents des moyens à utiliser pour développer une meilleure communication entre la famille, l’école et la communauté.

Il est important de préciser que ce programme s’adresse à tous les parents ainsi qu’à leurs enfants qui sont inscrits aux classes de la maternelle, c’est-à-dire qu’ils seront âgés de 5 ans au 30 septembre. Or, ce programme est proposé à tous les enfants qui fréquentent pour la dernière année, un service de garde à l’enfance ou qui ne fréquentent pas de milieux de garde.

Ce programme est constitué de quatre (4) ateliers présentés dans les locaux de l’école de quartier. Chaque atelier est divisé est trois (3) parties distinctes. Une partie pour les parents uniquement et simultanément, une deuxième partie pour les enfants et la troisième partie, pour compléter les activités en groupe, parents-enfants. Les ateliers d’une durée d’une heure trente environ, sont étalés sur huit (8) semaines à raison d’un atelier à toutes les deux semaines, les samedis matins.

Les fondements du programme « Pas à pas vers la maternelle » reposent sur les objectifs suivants :

Objectifs généraux :

  1. Intégrer d’une façon harmonieuse et progressive les enfants âgés entre 4 et 5 ans aux classes de la maternelle ainsi qu’au service de garde avant la rentrée scolaire;
  2. Favoriser la continuité éducative entre les milieux de garde et/ou la famille et le milieu scolaire;
  3. Permettre un passage en douceur vers le milieu scolaire.

Objectifs spécifiques :

  1. Soutenir les familles dans le processus d’intégration dans l’univers scolaire par la structuration d’ateliers et la planification de visites des tout-petits dans l’école;
  2. Diminuer les inquiétudes parentales et ainsi développer un sentiment de sécurité transmissible aux enfants;
  3. Favoriser une communication efficace entre les parents et l’équipe-école;
  4. Sensibiliser l’enfant et la famille aux caractéristiques propres au milieu scolaire;
  5. Créer les premiers liens entre les enfants inscrits.

« Pas à pas vers la maternelle » s’inscrit dans le cadre d’un programme de prévention-promotion facilitant le passage du jeune enfant à l’univers scolaire. Accompagné de ses parents, l’enfant explore, découvre par le biais de différentes activités « la grande école ». L’approche privilégiée consiste à faciliter la participation active des parents dans le processus d’adaptation de leur enfant, de permettre des échanges, des discussions sur les préoccupations des parents lors des ateliers et finalement, de réduire au maximum les éléments stressants avant la rentrée. Les activités sont animées en intégrant la notion de plaisir qui est au rendez-vous à chaque rencontre.

Voici quelques propos recueillis par les parents lors du dernier atelier :

  • « Si ce programme avait existé avant la rentrée de mon premier enfant, il aurait été plus facile pour lui de s’adapter. Ma fille est heureuse d’aller à l’école, elle est prête à tous les matins. Elle se prépare sans problème! Je suis très content pour elle! »
  • « Mon fils est content d’entrer à l’école. Il s’est fait des amis avant la rentrée et il parle beaucoup de l’école à la maison. »
  • Ma fille est très fière d’entrer à l’école même si elle me dit qu’elle est un peu gênée! Elle sait où est sa classe et ses amis! »
  • Je pense m’inscrire comme bénévole à la bibliothèque de l’école. Je sais que ma fille serait contente de me voir à l’école. »

 

« Chaque enfant est un être unique1 » et il est essentiel de lui permettre d’entrer en contact direct avec le nouveau milieu qui l’accueillera en septembre prochain. Donc, proposer aux familles la possibilité de vivre l’expérience du programme de transition « Pas à pas vers la maternelle » contribue à l’amélioration des services offerts à la famille par l’école du quartier.

 

Lucie Légaré, éducatrice en service de garde en milieu scolaire

Texte écrit par Lucie Légaré, le 3 avril 2009

Parution de cet article : juillet 2009

 

1 – GOUVERNEMENT DU QUÉBEC – Ministère de la Famille et de l’Enfance – Programme éducatif des centres de la petite enfance – Les Publications du Québec. 1997. p.20

Les amis c’est trop fort…(Les sources de stress dans l’environnement)

Dans le groupe des 18 mois à 2 ans, Les petits pieds potelés, il y a beaucoup d’énergie dans l’air. Josée aime bien mettre de la vie dans le local. La musique est omniprésente en tout temps, l’éducatrice trouve important de faire écouter plusieurs styles de musique pour développer les goûts musicaux de ses amis(es). Les instruments de musique sont à la disposition des enfants, les coins de jeux sont abondants afin d’offrir un choix varié  et de limiter l’attente. Par contre, Josée constate que dans son local il y a beaucoup de bruit. Les enfants pleurent beaucoup et elle observe que Mathis, à plusieurs reprises durant la journée, se met les mains sur les oreilles. Ce qui la questionne encore plus, c’est qu’elle doit dire régulièrement : « LES AMIS(ES) C’EST TROP FORT »

Il existe de nombreuses sources de bruit dans l’environnement qui peuvent à court terme engendrer du stress chez l’enfant et l’éducatrice. Le bruit peut créer aussi de l’insécurité chez l’enfant, de l’agressivité et une faible résistance à la maladie.  La tolérance au bruit varie d’une personne à l’autre.

Une étude qui a été effectuée auprès de 25 CPE démontre que le niveau de bruit de 66 décibels correspond à une conversation animée entre plusieurs personnes alors que 94 décibels est le niveau sonore d’une discothèque, où la communication est presque impossible. Il est reconnu scientifiquement qu’une personne exposée à 85 décibels de nombreuses années risque la surdité. L’enfant est à risque au même titre que l’éducatrice mais heureusement il n’est pas exposé à cette intensité assez longtemps pour en être atteint alors que l’adulte peut en souffrir.
Référence : Le magazine Enfants Québec novembre 2001, par Pauline Gravel.

Il existe des moyens simples dans l’environnement qui peuvent réduire le stress causé par le bruit :

  • Questionner la pertinence des choix musicaux et les moments appropriés pour en faire la découverte. Un bruit de fond continu et uniforme dans le but d’aider à la concentration chez l’enfant à peu d’effet.
  • Installer des coins de jeu pour réduire le bruit car ils regroupent un nombre restreint d’enfants à la fois.
  • Faire des choix judicieux de jouets, car certains peuvent être une source importante de bruit dans l’espace. Les jouets qui créent des sons aigus sont plus fatigants et irritants que ceux qui produisent des sons graves.
  • Laisser à la disposition des enfants un bac d’instrument de musique lorsque que l’éducatrice est disponible pour soutenir l’exploration.
  • Installer dans les coins de jeux une plus grande quantité du même objet. Le fait de réduire la variété chez le petit  limite ses frustrations.
  • Permettre  la manipulation, l’expérimentation et les découvertes avec des objets semblables. Les sons intermittents et irréguliers que créent la variété des jouets sont plus distrayants lorsque l’enfant se concentre que les sons continus, et ce, en particulier chez le petit.
  • La quantité de jouets disponible pour une période de jeu est aussi une source de bruit importante, deux stations de jeux pour le 18 mois à 2 ans aident l’enfant à être autonome dans son choix, limite le bruit et lui assure la sécurité dans l’espace.
  • Les bacs de jouets plus bruyants doivent être versés sur une surface de tapis, soit par terre ou sur une table avec une nappe qui absorbe le bruit.
  • Les balles de tennis aux pattes de chaises et de tables sont des moyens utiles de réduire le bruit.
  • Suspendre des tissus au plafond, ou simplement y installer le parachute de jeu dans un coin en particulier, permettra à l’enfant d’avoir un lieu pour se détendre et apaisera son niveau de stress.
  • Baisser l’intensité des lumières amène le calme dans le local.
  • Fixer du liège au bas des murs ou à l’arrière des meubles favorise une plus grande absorption du bruit.
  • Diviser la pièce pour créer plusieurs coins de jeux en utilisant l’ameublement. Cela évite la présence de grands espaces qui invitent le petit à courir.
  • Suspendre des tissus ou voilages aux fenêtres réduira aussi le bruit.
  • Offrir des moments d’animation au groupe d’enfants, comme par exemple raconter une histoire afin de rééquilibrer les énergies.
  • Doser les activités en passant d’une activité calme à une activité plus motrice ou l’inverse.

Le niveau acceptable du bruit de fond est déterminé par la capacité de l’adulte à entendre facilement les conversations entre les enfants. Il existe un appareil qui permet à l’éducatrice de tester le niveau de décibels dans son local. Plusieurs milieux ont recours à cet outil pour sensibiliser les enfants plus âgés à l’intensité du bruit.

Des grands moyens pour moins de brouhaha chez les petits pieds potelés !!

Pour en savoir plus sur le bruit ,www.asstsas.qc.ca
Sans Pépin : `Réduire le bruit dans les services de garde, solution acoustique`. Volume 8, numéro2, juin 2006

Accueillir un nouvel enfant : l’entrée progressive pour réduire son stress

Dans les prochaines lignes, je vous invite à réfléchir à l’importance d’une entrée progressive en présence des parents afin de faciliter l’adaptation de l’enfant à son nouveau milieu de garde. Pour ce faire, nous nous référerons au témoignage de Nancy qui accueille des enfants à sa garderie depuis 8 ans.  La collaboration avec les parents, elle y croit.  Voici, ses réflexions.

Je mise sur la collaboration avec les parents dès les premières minutes.

Lors de la première visite des enfants à notre milieu de garde, n’avons-nous pas remarqué qu’en présence de leurs parents ils se sentaient plus confortables dans leur exploration.  Leurs parents étant leur « base de sécurité », c’est avec une certaine assurance qu’ils observent les coins de jeux, qu’ils s’y aventurent et  qu’ils entrent en relation avec nous.  Certains appuyés à leurs parents nous observent, nous esquissent de timides sourires, d’autres plus dégourdis nous questionnent, nous touchent.   D’autres, enfin, acceptent nos bras tendus, tout en gardant un œil sur leurs parents.

Si nous pouvions accéder à leurs pensées à ce moment-là, nous y découvririons le message suivant : « En présence de mes parents, j’ai le goût d’aller vers toi, de te connaître, d’écouter ta voix, d’expérimenter les jeux que tu me proposes.  C’est facile puisque je ne suis pas envahi par les inquiétudes et la peine.  Je me sens également à l’aise de m’approcher des autres enfants, de m’introduire dans leurs jeux comme lorsque je vais au parc en compagnie de ma mère.  Enfin, je trouve ta salle de jeux fabuleuse, j’ai déjà la tête qui déborde de projets.  Laisse-moi venir avec mes parents à quelques reprises et je t’accorderai alors une bonne part de ma confiance. »

Je me souviens de l’arrivée de Samuel qui a tourné au cauchemar.

Le souvenir de la première journée de Samuel à ma garderie restera gravé en ma mémoire à jamais.  Quelques semaines précédant son arrivée, il était venu visiter mon milieu de garde avec ses parents.   Âgé de 4 ans, il était enjoué et curieux.  Pendant que nous discutions, il explorait chaque coin de la salle de jeux avec entrain et entrait en relation avec les autres enfants.   Ma garderie représenterait la première expérience de vie de groupe de Samuel.

Puis arriva sa première journée.  Enthousiasme, il s’est dirigé vers le bac de déguisements.   Constatant que Samuel était totalement absorbé, sa mère décida de s’éclipser en douceur.  Lorsque ce dernier réalisa que sa mère avait quitté les lieux, il ressentit une vive panique.   Il se mit à sangloter et à trembler.  Sa respiration était saccadé et son regard désespéré.  Incapable de le rassurer, j’ai téléphoné à sa mère pour qu’elle vienne le réconforter.

Une fois Samuel consolé et sécurisé, j’ai proposé à sa mère de réaliser une entrée progressive.  Ce que je n’avais jamais osé offrir auparavant,  car la crainte du jugement d’autrui étant trop intense.   Je l’ai convié à rester dans la salle de jeu à un endroit où elle pouvait l’observer discrètement.   Samuel est resté près d’elle au cours de la première heure.  Visiblement, il était encore secoué par les événements.  L’heure qui a suivi fut plus fructueuse du point de vue des explorations.  Peu à peu, il repris confiance et s’intéressa à mon bateau de pirates.  Mère et fils ont quitté ensemble juste avant le dîner.

Puisque la mère était disponible, elle a accompagné son fils pendant quelques jours.  Munie d’un bouquin, elle s’assoyait en retrait.  Nous avons alors planifié, de courtes séparations.   Samuel a participé seul aux activités pour une période d’environ 2 heures, puis 4 heures, et finalement 1 journée.  À chaque départ, sa mère l’embrassait et lui mentionnait qu’elle reviendrait le chercher lorsque l’aiguille de l’horloge toucherait le chiffre désigné.

Personnellement, je me suis promise de ne plus jamais faire vivre un tel stress à un enfant.  Parfois, lors de l’accueil d’un nouvel enfant, en présence des parents, ma vieille crainte du jugement ressurgit.   Je focalise alors mes pensées sur le bien-être de l’enfant et sur les nombreuses retombées positives d’une entrée en douceur pour lui, pour les autres enfants et pour moi-même.  Lorsque le parent n’est pas disponible, j’invite une autre personne significative, telle la grand-mère.

Je me réfère aux étapes du processus d’adaptation.

Les enfants confrontés à la réalité de l’intégration à un nouveau milieu de garde sont amenés à  traverser différentes étapes d’un processus d’adaptation.  En tant qu’éducatrice, j’estime qu’il est essentiel de s’y référer.   Je dispose ainsi de repères pour jauger l’adaptation de l’enfant.  Martin et al. (1992) citent 4 étapes auxquelles correspondent des durées approximatives1 , j’y ai ajouté quelques exemples vécus :

1- La découverte de la nouveauté (3-5 jours)
-Mathis, 3 ans, était très excité lors de ses deux premières journées, l’ennuie l’a gagné à la fin de la semaine.

2- Le choc de la réalité (5-10 jours);
-Jérémie, 11 mois, était étrangement tranquille au cours de sa première journée.  Il explorait très peu.  À sa deuxième journée, il a pleuré toutes les larmes de son corps.  Alexia, 3 ans, refusait de me parler.  Elle était fâchée envers moi.  À ses yeux, c’est moi qui l’éloignais de ses parents.

3- La peur de l’abandon (5-15 jours);
-Juliette, 2 ans, s’assoyait près de l’escalier.  Elle espérait y voir sa mère apparaître.  Julien sanglotait de soulagement au moment où sa mère venait le chercher.  Il semblait lui dire : « Mais, où étais-tu maman? ».

4- L’acceptation (vers la 15e journée).
-Tristan, 2 ans et demi, ne pleurait plus qu’au moment du départ de ses parents lors de sa quatrième semaine à garderie.

Évidemment, les processus d’adaptation sont différents, et ce à l’image des individus.  Il faut donc s’attendre à beaucoup de disparités entre les enfants.  En revanche, j’estime qu’à travers les pleurs et les colères des premières semaines, je possède un repère précieux pour percevoir, chez l’ensemble des enfants, les balbutiements de la création du lien d’attachement.  Je sais, notamment, que ce lien s’enracine lorsque l’enfant se laisse réconforter par mes paroles ou mes gestes d’affection.  Ses pleurs ou sa colère cessent ou diminuent.  Évidemment, dès que je m’éloigne ou  que je le dépose, les émotions l’envahissent et s’expriment à nouveau, haut et fort.  Je ressens alors une grande fierté et je me dis que la partie est presque gagnée car dans mes bras, il a confiance.  Je sais que la patience du jardinier a été récompensée…

Une amie exaspérée m’a dit un jour : « Je suis découragée, si je ne prends pas Olivier dans mes bras, il pleure.  Cet enfant ne s’adapte pas. ».  Elle fut à la fois surprise et soulagée lorsque je lui ai mentionné qu’au contraire, l’enfant s’adaptait très bien et que l’étape la plus importante était franchie.  Il était tout à fait normal qu’Olivier pleure lorsqu’elle s’éloignait de lui.  Le processus d’adaptation suivait son cour.  Elle avait réussit à établir un lien de confiance avec Olivier.  Pour preuve, celui-ci acceptait son réconfort.  Mon amie devait continuer son excellent travail et être patiente.

Linda Gagnon
M.A.  Psychologie
Formatrice et consultante en petite enfance

1 J. MARTIN et al., op.cit., p. 32.

Linda Gagnon
intervenante en petite enfance, consultante et formatrice

J’anime mes activités de façon à réduire le stress

Cet article se veut une réflexion sur le stress que nous pouvons faire subir aux enfants, en tant qu’éducatrice, lorsque nos stratégies éducatives s’éloignent de l’application du programme éducatif. Nous comparerons les stratégies utilisées par Sylviane qui sont source de stress pour l’enfant à celles employées par Mylène qui favorisent l’acquisition de nouvelles habiletés sous le signe du plaisir. Ces deux éducatrices, bien intentionnées, sont préoccupées par un défi éducatif similaire : un enfant de 4 ans qui n’apprécie ni le découpage, ni la lecture. Du moins, à première vue…

Sylviane est très préoccupée par la faible motivation de Brandon à l’égard des activités de bricolage et de lecture. Que fera-t-il à la maternelle? Elle rappelle aux parents l’importance de travailler ces habiletés à la maison. Aussitôt, les parents s’inquiètent, leur petit choux ne sera pas prêt pour l’école. Sans compter qu’à la maison, il fuit ciseaux et crayons comme la peste. Ils promettent de redoubler d’efforts. Ils mentionnent à Brandon que s’il veut être prêt pour l’école, il doit se pratiquer. Brandon soupire, il ne sait pas ce que cela veut dire « être prêt pour l’école », mais chose certaine, ses parents et son éducatrice sont inquiets. Comme l’inquiétude est une maladie vivement contagieuse, lui aussi l’attrape.

Lors des activités de bricolage, même si Brandon se rebute, Sylvia insiste et l’encourage. Elle se dit que : « Trois coups de ciseaux, c’est mieux que rien ». Elle mise également sur le modelage en asseyant Brandon près de Mérédith et Justin : deux « accrocs du brico ». Ils finiront peut-être par lui donner la piqûre. Fidèle à lui-même, Brandon cabotine, joue avec la colle et les matériaux tout en dérangeant ses camarades qui s’insurgent de sa présence. Il se mérite à chaque fois des réprimandes ou des conséquences comme des retraits ou des séances de bricolage en solitaire.

Vraiment, le bricolage, il déteste. Il fait d’ailleurs la moue lorsque Sylviane en fait l’annonce. Ne sachant plus trop quoi faire, son éducatrice pense à instaurer un tableau de renforcement afin de l’encourager. Malheureusement, au fil des jours, son tableau ressemble à une bouche édentée. Au lieu d’être motivant, il est décourageant. Au cours des 5 jours ciblées, Brandon n’a accumulé qu’une seule étoile, et ce par la peau des dents… Son tableau n’est pas très reluisant!

Pour la lecture, c’est presque le même scénario qui se répète! Il est le premier à déranger le groupe. Malgré les responsabilités confiées par Sylviane, il se désintéresse rapidement de l’activité. Il cherche à saisir des jouets sur les étagères, il se laisse choir sur ses camarades et il pose des questions hors sujet. Sylviane est exaspérée d’être interrompue sans cesse. Entre les réprimandes et les conséquences, les autres enfants perdent le fil et en moins de deux tous se retrouvent dans un brouhaha indescriptible. Sylviane est inquiète de la faible concentration de Brandon et exacerbée de ses répercussions. Elle en fait part aux parents. Ceux-ci s’inquiètent de nouveau pour leur petit choux et vivement la contagion recommence.

Dans le groupe de Mylène, c’est Antoine qui a la bougeotte lorsqu’elle raconte une histoire. C’est tant mieux puisqu’elle adore raconter des histoires en mouvement où chacun des enfants est invité à imiter les gestes et réactions des personnages. Comme Mylène raconte fréquemment son histoire de mémoire, il lui est plus facile de garder un contact visuel avec les enfants et de garder leur intérêt. Vive l’improvisation!

Il lui arrive également de raconter des histoires dans un style traditionnel. Elle choisit alors un coin du local où il y a peu de distractions visuelles. Pas facile lorsque l’on est entouré d’étagères de jouets attrayants. Quelle est son astuce? À l’heure du conte, elle demande aux enfants de l’aider à retourner l’étagère de jouets sur roulettes. Sa collègue, elle, déroule un petit rideau afin de cacher ces jouets qui interpellent « ses coccinelles ». Selon le niveau d’agitation des enfants, que Mylène jauge à l’œil et à l’oreille, elle les invite à s’asseoir sur des tapis distancés ou sur leur chaise afin d’éviter qu’ils tombent les uns sur les autres comme des pièces de domino. Est-ce les seuls facteurs qui influencent le bon fonctionnement de son groupe? Non! Il y en a de plus importants.

Sa carte maîtresse : son style d’intervention démocratique. En fait, Antoine, comme tous les autres enfants, n’est pas obligé d’assister au conte. Il peut choisir entre différents jeux mis à sa disposition ou faire ses propres propositions. L’important, c’est que le jeu invite au calme. De plus, Mylène mise principalement sur l’identification des intérêts des enfants. Surtout, lorsqu’ils semblent récalcitrants à un type d’activités. Ainsi, comme Antoine raffole des tracteurs et autres machineries, elle essaie de lui dénicher des livres portant sur ces sujets. Histoire de lui ouvrir l’appétit . Avec Antoine, elle expérimente également les histoires en « tête-à-tête ». C’est si agréable d’être assis « collé-collé », comme il le dit! Inévitablement, il y a des petits curieux qui s’ajoutent. Et là, elle a toute son attention et peut répondre à ses questions. C’est que les neurones sont très actives dans cette petite tête.

À l’heure du bricolage, elle recourt à la même stratégie. Personne n’est obligé de participer. Mylène ne s’inquiète pas du tout du faible intérêt manifesté par Antoine pour ce type d’activités. Toutefois, elle ne perd pas de vue l’objectif visé qui consiste à favoriser la motricité fine, en d’autres mots la coordination œil-main. Elle puise dans la banque d’activités sur la motricité fine élaborée par son milieu de garde. Ce ne sont pas les idées qui manquent. L’autre jour, Mylène a créé un jeu pour Antoine où il doit attraper des vis avec une véritable pince. Wow quelle concentration! Il n’est pas le seul à avoir apprécié.

La semaine dernière en observant Antoine jouer avec les camions, elle a eu une idée « géniale», comme elle le dit. Dans le coin des voitures, elle a disposé quelques boîtes à chaussures, des bandes de cartons, de la colle, du papier collant, des crayons de couleurs et des ciseaux. Assise à côté d’Antoine, elle a initié la fabrication d’un garage et l’assemblage d’une route à l’aide de bandes de carton. Antoine a mordu à l’hameçon. Il est le meilleur constructeur de garage du groupe. Est-il enthousiaste à l’heure du bricolage maintenant? Pas de miracle à l’horizon et personne ne s’en inquiète.

Et les parents dans tout cela? Mylène communique également avec eux. Elle préfère toutefois parler de l’habileté qu’elle enseigne à l’enfant, ainsi que des avantages qu’il en retirera. Elle prend soin de présenter plusieurs stratégies qui permettront de pratiquer l’habileté ciblée. Elle est toujours prête à discuter avec les parents des intérêts qu’ils ont perçus chez leurs enfants. D’ailleurs, ce sont les parents d’Antoine qui lui ont mentionné qu’il passait des heures à feuilleter des revues de tracteurs, son oncle étant agriculteur. Les échanges avec les parents sont une grande source d’inspiration lorsque Mylène planifie ses stratégies éducatives.

Quelques repères éducatifs de Mylène.

Le plaisir. Lorsque Mylène constate que le jeu proposé n’est pas source de plaisir pour l’enfant, elle cherche alors un autre chemin pour atteindre son « objectif » (p. ex., favoriser la motricité fine).
Chacun est unique. Mylène, tout comme ses collègues, aimerait bien que tous les enfants réalisent la même activité au même moment. La tâche serait plus simple. Toutefois, en observant bien les enfants, elle constate que pour répondre à cette attente de nature irréaliste, elle doit réaliser des interventions qui vont à l’encontre d’une maxime très chère à ses yeux : « le jeu est source de plaisir ».

Intégration à la garderie: être compris, tout un défi pour l’enfant nouvellement accueilli.

Je me présente, mon nom est Nancy.  Ma garderie a ouvert ses portes il y a 8 ans déjà.  Dans les prochaines lignes, je partagerai avec vous  mon expérience quant à ma compréhension du vécu de l’enfant lors de son adaptation au milieu de garde, un moment fréquemment redouté par les parents et les éducatrices.

Tout d’abord, lorsque je planifie l’arrivée d’un nouvel enfant au sein de mon groupe, je me remémore une activité de visualisation qui m’a aidé à effectuer un parallèle entre les émotions et réactions vécues par un enfant et celles qu’un adulte pourrait expérimenter s’il était confronté à une expérience similaire.   Cette visualisation fut réalisée dans le cadre d’une formation portant sur l’adaptation de l’enfant à son milieu de garde.  Puisque cet exercice m’a aidée à adopter un nouveau regard sur la réalité de l’enfant et de ses parents, je vous invite à vous y livrer à votre tour.

Imaginez qu’une supposément « grande amie » vous ait inscrite à un concours loufoque s’intitulant « Voici tes bagages, tu pars en voyage ».  Du jour au lendemain, toutes vos tâches sont prises en charge et en moins de deux vous vous retrouvez accueillie en Italie par un sympathique couple d’Italiens tout souriant accompagné de deux de leur tout aussi sympathique couples d’amis.  Le hic, c’est que vous ne parlez pas plus italien qu’eux parlent français.  Après une brève présentation, l’équipe de ce fabuleux concours s’éclipse en vous mentionnant qu’elle reviendra vous visiter « bientôt ».  Vous tenez dans vos bras, votre bagage, c’est-à-dire un sac que vous n’avez pas préparé vous-même.  Debout dans le portique, vous vous remémorez que vous ne disposez d’aucun moyen pour rejoindre les gens que vous aimez.  Vous devez patienter jusqu’à qu’ils communiquent avec vous.

1- Comment vous sentiriez-vous dans une telle situation?(Prenez le temps d’y répondre)

2- Quelles seraient vos réactions?

3- Les organisateurs de ce concours décident d’en modifier les paramètres.  Ils souhaitent rendre le séjour des participants des plus agréables. À votre avis, quelles actions la famille italienne devrait-elle poser avant votre arrivée et au cours de votre séjour?

Le processus d’adaptation : des émotions et des réactions variées
Cet exercice réalisé entre collègues a suscité des discussions animées.  Certaines ont souligné qu’elles seraient terrorisées, fâchées, anxieuses, énervées, gênée, etc., tandis que d’autres ont mentionné qu’elles ressentiraient de l’excitation, de la curiosité, du plaisir, de l’enthousiasme, etc.  Des participantes ont précisé que cela dépendrait de la longueur du séjour.  Après quelques jours, l’excitation reliée à la nouveauté céderait à l’inquiétude et à l’ennuie.

De cette réflexion a découlé certains constats.  Premièrement, puisque chacune de nous est différente, en raison de notre tempérament et de nos expériences passées, notre façon de nous adapter le sera tout autant.  Deuxièmement, les défis d’adaptation de ce concours saugrenu ressemblaient drôlement à ceux vécus par les tout-petits…   Plusieurs d’entre nous se sont exclamées : « C’est vrai que ce n’est pas facile. », « Pauvres petits chatons. », « L’enfant ne comprend pas ce qui lui arrive. », etc.   Pour ma part, nouvellement arrivée dans le métier, m’adaptant à mes nouvelles tâches, j’ai réalisé, au cours de l’intégration d’un enfant, que j’étais davantage préoccupée par mon propre stress que celui de l’enfant.

Une panoplie de stratégies pour réduire le stress
Par ailleurs, à la question portant sur les actions que la famille italienne devrait poser afin de réduire le stress du participant et faciliter son adaptation, les réponses ont été multiples.  Les unes ont parlé de l’importance de nous faire connaître à l’avance la destination et la famille d’accueil par le biais de photos, de films, d’appels téléphoniques, etc. Les autres ont mentionné l’importance : d’énoncer nos intérêts, de nous spécifier la longueur du séjour et de nous offrir des moyens pour rejoindre nos familles.  Puis, une des participantes s’est esclaffée : « Moi qui n’aime même pas les pâtes! ».  Imaginons que l’on nous serve, au cours des premières journées de notre arrivée, des plats que nous détestons…  Ainsi, il y a fort à parier que nous nous retrouverions à vivre cette aventure, non seulement avec un estomac noué, mais avec un estomac vide.  Rien pour faciliter la situation.

Être sensible aux défis à relever et aux deuils à vivre
Cette visualisation a permis à chacune des participantes d’identifier des éléments auxquels un adulte pourrait être amené à s’adapter ainsi que des pertes ou des deuils qu’il pourrait devoir surmonter.   La similitude avec la réalité des enfants s’avère frappante.  Parmi les défis à relever, nous retrouvons : s’acclimater à de nouvelles habitudes de vie, apprivoiser un nouveau langage, suivre de nouvelles routines, obtenir réponse à ses besoins, se familiariser à un nouvel environnement physique intérieur et extérieur et, non le moindre, créer de nouveaux liens avec différentes personnes.  Parmi les deuils, nous identifions apprendre à vivre sans les êtres chers : accepter d’attendre qu’ils se manifestent… Bref, nous comprenons que chacun des défis cités peut être abordé sous l’angle du deuil.

Dresser une liste des pertes ressenties
En ce qui a trait aux pertes vécues par l’enfant, je prends soin d’en dresser la liste afin de personnaliser mes interventions.  Ainsi, Florence s’ennuyait de son ancienne éducatrice, de ses anciens camarades et d’une petite amie avec qui elle s’amusait au parc, et ce presque tous les jours.  Par contre, Mathieu, qui venait tout juste d’aménager dans notre ville, s’ennuyait tout particulièrement de son frère aîné, qui avait débuté la maternelle, et de son grand-père, qui avait pour rôle de les ramener à la maison.  Je me souviens également que Mathieu me questionnait souvent au sujet de l’absence d’une cabane dans mon arbre, une cabane avec une cachette secrète.  Ce jeu,  présent à son ancien milieu de garde, lui manquait beaucoup.

Communiquer, c’est décodé
Au cours de la formation, je me souviens qu’une participante, se référant au voyage en Italie, s’est écriée : « Oui, mais au moins, habituellement, nous parlons la même langue que l’enfant. »  La formatrice avait insisté sur le fait que la langue ne représente qu’un des aspects de la communication.  En fait, dans notre rôle d’éducatrice, nous devons investir de façon, plus ou moins consciente, beaucoup de temps pour décoder les besoins, les réactions, les émotions et les comportements des enfants nouvellement accueillis.

Pourtant, pour l’enfant, il lui suffit d’adresser un regard ou une mimique à sa mère pour être compris, pour que celle-ci réponde à ses besoins.  Avec sa nouvelle éducatrice, tout est à recommencer.  Sans compter qu’il doit lui aussi se prêter au même exercice.  En effet, il lui faut apprendre à décoder les messages verbaux et non-verbaux de son éducatrice.  L’expressivité émotionnelle différant d’un adulte à l’autre, un enfant pourrait être amené à constater que sa mère parle fort lorsqu’elle est fâchée, tandis que son éducatrice parle fort lorsqu’elle est enjouée.

Pour terminer
Depuis que je m’efforce d’endosser le point de vue de chaque nouvel enfant que j’accueille, je ne suis plus à court de stratégies pour favoriser l’intégration.  Cette sensibilité accrue au vécu de l’enfant m’a amenée à tirer profit au maximum des stratégies telles que la fiche d’accueil, la rencontre avec les parents et l’élaboration d’un plan d’intégration personnalisé en présence des parents.  Je vous parlerai de ces stratégies en détail très bientôt.

Linda Gagnon
intervenante en petite enfance, consultante et formatrice

Changements de groupe : préparation ou improvisation ?

Sylvie Garceau, TEE et Linda Gagnon, psychologue et formatrice
Juin 2014
www.aveclenfant.com

Chaque année dans nos milieux de garde, les enfants doivent faire preuve d’adaptation lorsqu’ils changent de groupe que ce soit parce que c’est la période officielle de transition (août-septembre) ou encore parce qu’en cours d’année, une place s’est libérée engendrant dans le milieu de garde, une série de transition d’un groupe à l’autre pour plusieurs enfants. Des facteurs, tels l’âge de l’enfant ou son tempérament viendront bien sûr influencer cette intégration. Toutefois, nous croyons que les différents intervenants du milieu de garde peuvent y faire une grande différence. Nous suggérons donc la mise en place de certaines pratiques afin de contribuer à rendre l’accueil de l’enfant et de son parent le plus prévisible et chaleureux possible.

Planifier tôt le choix des groupes

La planification est la clé de la réussite de cette transition. La façon de choisir les groupes dans les services de garde est différente selon les milieux.  Généralement, c’est lors d’une rencontre d’équipe que ce choix est fait. Nous suggérons de réaliser cette étape le plus tôt possible avant l’été. Nous recommandons de faire cette réunion au plus tard au mois de mai. Ainsi, nous pouvons nous assurer que l’éducatrice va connaître son poste futur. Nous proposons également aux gestionnaires d’établir le plus rapidement possible la liste des enfants des différents groupes ainsi que l’organisation des vacances du personnel éducateur. Vous vous demandez pourquoi toute cette préparation? Nous devons préparer l’enfant à cette transition qui sollicite ses capacités d’adaptation et représente un agent important de stress. La création de la relation d’attachement et le processus de détachement ne devraient jamais être banalisés ou pris à la légère.

Jasmin, âgé de 3 ans, a bénéficié grandement de cette stratégie. De tempérament anxieux, son changement de groupe était appréhendé par l’éducatrice et les parents. Dès, le mois de mai, de petites visites ont été planifiées avec Tricia, sa future éducatrice, pendant les périodes de jeux libres et les collations. Peu à peu, le lien s’est établi et Jasmin avait hâte d’aller faire ses coucous journaliers. Pendant les visites de Jasmin, pour sa part, Tricia invitait à se rendre chez l’éducatrice de ce dernier un enfant de son groupe de nature extravertie très heureux qu’on lui offre de la nouveauté.

Une fiche d’accueil à chaque année : une stratégie à enraciner

Dans le contexte du programme éducatif, un des principes est d’établir un partenariat et une collaboration avec le parent. Pour ce faire nous proposons aux éducatrices de construire un questionnaire à l’attention du parent. Ce dernier est remis par l’éducatrice ou par les gestionnaires aux parents dès que l’attribution des enfants est complétée. Le parent devra remplir ce questionnaire comportant des questions concernant son enfant afin que la nouvelle éducatrice puisse mieux le connaître (Note : à la fin du présent texte vous trouverez une liste d’exemples de questions pour construire votre propre questionnaire. Il ne vous reste qu’à « copier-coller » les informations, à vous de personnaliser « votre questionnaire ».).

Nous sommes convaincues que ce questionnaire d’accueil de l’enfant fait une différence marquée lors de la transition. Nous croyons également que cette planification devrait être amorcée avant les vacances estivales du personnel éducateur. Le questionnaire doit être rempli avant que l’enfant arrive dans son nouveau groupe. À la lecture de ce dernier, l’éducatrice communique par téléphone avec le parent afin de valider les informations du questionnaire d’accueil et démontrer son intérêt envers l’arrivée prochaine de son enfant.

L’entretien téléphonique est un pas très important dans l’établissement d’une relation de confiance entre elle et le parent. L’éducatrice pourrait réserver certaines questions pour l’échange téléphonique. La direction pour sa part doit s’assurer de libérer l’éducatrice pour la période des entretiens téléphoniques. Elle enverra une lettre à tous les parents pour mentionner qu’au cours des prochains jours, la tâche de compléter les agendas sera suspendue pour réaliser cet important mandat. Évidemment, ce service sera maintenu pour les enfants nécessitant des suivis particuliers.

L’éducatrice annoncera également le moment où l’enfant quittera son ancienne éducatrice et le moment où elle débutera l’accueil de ce dernier. Nous suggérons également au personnel éducateur de parler avec les enfants du changement de groupe à venir en effectuant la visite du futur local et en présentant à l’enfant sa nouvelle éducatrice.

Quant à l’éducatrice nous croyons qu’elle doit remettre en même temps que le questionnaire une fiche de présentation avec sa photo, son nom et une courte description. Par exemple, elle nommera ce qu’elle aime faire avec les enfants (bricoler, se déguiser, jouer à  l’extérieur…). Elle peut aussi décrire ses  valeurs  ou dire ce qu’elle désire transmettre à son groupe d’enfant. Elle devrait joindre un calendrier indiquant la date à laquelle l’enfant sera dans son nouveau groupe. Tout ceci dans le but de préparer l’enfant et de favoriser l’implication du parent dans le processus du changement de groupe. Une procédure adéquate et bien établie au sein d’une équipe peut rendre cette période moins lourde et angoissante tant pour l’enfant, le parent, et l’éducatrice. Prévoir du temps pour planifier ces changements est un gage d’une bonne qualité des services.

Au CPE, Alexis, 3 ans ½, attendait avec impatience le retour de Lise, son éducatrice, en vacances depuis 2 semaines à la mi-août. Croyant bien faire, le CPE avait planifié, le changement de groupe pour la première journée de son retour. Lise accueilli les nouveaux enfants, Alexis fut reçu dans un autre groupe tandis que  deux  de ses camarades qu’il appréciait furent dirigés vers un autre groupe. Alexis était en état de choc, il ne comprenait rien à tous ces changements pour lesquels il n’avait pas été préparé. Il croyait sauter dans les bras de son éducatrice et enfin retrouver sa « vraie vie de groupe », car bien que gentille, l’éducatrice qui effectuait les remplacements de vacances, ne possédait pas le même lien d’attachement avec lui. Alexis pleurait, faisait de crises, était déprimé, il n’arrivait pas à s’adapter. Pour Lise, plus jamais, d’improvisation de la sorte. Elle fut bouleversée par la peine et la détresse d’Alexis et se questionna sur les émotions ressenties par les autres enfants de nature un peu moins démonstrative.

Les changements en cours d’année : qu’en est-il?

Ces changements sont souvent difficiles voire impossible à planifier. Ils peuvent être causés par un déménagement subi, une séparation, une maladie ou autres évènements de vie.  Les éducatrices disposent alors d’une faible marge de manœuvre pour effectuer la transition. Ce n’est pas le critère de l’âge de l’enfant qui devrait guider le choix de l’enfant qui vivra la transition mais plutôt ses capacités d’adaptation.  De plus, les mesures citées plus haut devraient être mises en place : questionnaire, entretien téléphonique, visites ponctuelles.

En avril, Julie devait accueillir un nouvel enfant. Pour ce faire, il lui fallait transférer un enfant à sa collègue. Elle décida de ne pas désigner Miriam, bien qu’elle soit la plus âgée du groupe. En analysant, tous les changements auxquels Miriam serait confrontée, il était clair que ceux-ci représentaient trop de défis pour son tempérament inhibé. Myriam aurait été transférée dans le groupe d’Hélène jusqu’à la période des vacances. Par la suite, elle aurait vécu les remplacements de vacances, puis aurait été accueillie avec Maryline en septembre. Son choix, s’arrêta sur Élodie, grande exploratrice de nature, qui pour sa part fut enchantée d’aller explorer de nouvelles contrées. Julie planifia avec la future éducatrice de Miriam de courtes visites pour développer peu à peu le lien d’attachement.

Le rôle du parent

À la maison, le parent, ayant en main les informations sur la future éducatrice de son enfant et sur la date où son enfant sera accueilli par cette dernière, est invité à construire un petit calendrier où il peut aider son enfant à compter les dodos. Combien de temps à l’avance doit-il informer son enfant?  Cela dépend de son tempérament. Toutefois, un calendrier qui cible les deux semaines qui précèdent le changement pourrait s’avérer judicieux. Trop longtemps à l’avance peut devenir anxiogène. En connaissant la journée officielle de son changement de groupe, cela lui permet, avec le soutien de son parent, de préparer une petite carte pour dire aurevoir à son éducatrice. Une façon concrète de s’approprier son départ et son arrivée au sein de son nouveau groupe.

Si dans le CPE de votre enfant, il n’y a pas de questionnaires ou d’entretiens téléphoniques de planifiés, demandez à la direction d’obtenir un entretien téléphonique ou de rencontrer la nouvelle éducatrice de votre enfant quelques minutes. Remettez-lui les informations que vous aimeriez lui transmettre. Vous pouvez vous inspirer des questions ci-dessous.

Suggestions de questions à inclure dans le questionnaire d’accueil:

Activités, intérêts, routine

-Les activités qu’il aime, ses jeux et jouets favoris.

-Ses personnages et ses émissions préférés, ses livres d’histoire ou chansons préférés.

-Est-il attaché à des objets : couverture, toutou, suce.

 

Tempérament, réactions

-Décrivez son tempérament, ses qualités

-Ce qui le fait rire, ce qui le fait pleurer. Comment apaisez-vous ses peurs? Ce qui le rend triste.

-Comment le consolez-vous consoler?  Ce qui l’impatiente, le met en colère. Comment le calmez-vous lorsqu’il est en colère?

-Ce qu’il déteste

-Quels sont les activités que vous aimez faire ensemble?

-A-t-il un surnom?

-Ses goûts et ses besoins alimentaires, ses habitudes de sommeil, son rituel de dodo;

-Est-ce qu’il prononce des mots, aime-t-il parler?

 

Apprentissages : succès et défis

-Est-ce que l’enfant est dans une période d’apprentissage particulière (ex. : apprentissage à la propreté; utilisation des ustensiles)?

-Ses réussites (nouvelles habiletés maîtrisées) au cours des dernières semaines.

-Les défis à relever au cours des dernières semaines, (ex. : il doit se pratiquer à faire des belles demandes, à enfiler ses vêtements seuls, etc.)

-Quelles sont les choses dangereuses qu’il est porté à faire?

-Quel est son état de santé  (dents qui percent, otites, etc.)

 

Ma vie avant la garderie

-Comment se déroule une journée à la maison?

-Ses expériences de garde passées.

-A-t-il l’habitude de jouer seul ou avec d’autres enfants?

-Présentation de sa famille (parent, frère sœur)

-Les personnes importantes pour lui et les activités qu’il réalise avec elles (grands-parents, voisins, ami(e)s)

-Photos de sa famille, des personnes qu’il aime, de son animal domestique.

-Est-ce que des changements majeurs sont survenus dans sa vie ou dans celle de sa famille ces derniers temps?

 

Changements

-Quels sont les évènements qui ont influencé ou peuvent influencer l’humeur ou le comportement de votre enfant? (naissance, séparation, décès, départ ou absence d’une personne significative, etc.)