| |
Effectivement, plusieurs facteurs influencent l’adaptation
du petit à son milieu de garde. L’âge ainsi que
le tempérament sont des facteurs internes qui ont un impact.
Dès la naissance, l’attachement du bébé
se construit avec une personne significative (la mère). La
totale dépendance du poupon permet à la mère
de prendre contact avec son petit. Les soins prodigués, les
paroles réconfortantes, son odeur et ses gestes de tendresse
participent à l’établissement du lien d’attachement
sécurisant. Durant les premiers six mois l’enfant manifeste
son insécurité, lors de la séparation, quelquefois
par des pleurs ou encore par un appétit moindre et parfois
même par des problèmes de sommeil.
Après six mois, le duo amoureux est difficilement dissociable,
la fibre de l’attachement est bien tissée. Le bébé
peut vivre du stress lors de la séparation. Trois phases
sont alors observables, la protestation, le désespoir et
la création d’un lien d’attachement avec un autre
adulte, son éducatrice. La protestation se caractérise
par le refus d’avoir des contacts avec des adultes autres
que ses parents. Le bébé réagit en s’accrochant
à sa mère, en évitant le contact visuel avec
son éducatrice et en raidissant son corps lorsqu’il
est pris. Quant à la phase du désespoir, elle s’exprime
par des pleurs intenses, isolement et absence de jeu. Enfin la création
d’un nouveau lien d’attachement avec l’éducatrice
indique que l’enfant s’adapte et fait confiance. Il
est capable d’aller vers les autres, de jouer, de tendre les
bras à son éducatrice, de se montrer détendu
lorsqu’elle le prend, d’accepter les soins, d’échanger
des regards et des sourires.
Pour certains enfants le passage d’une phase à l’autre
est plus difficile. Le tempérament de l’enfant teinte
sa capacité d’adaptation. Le tempérament intense
manifestera fortement son désaccord aux changements alors
que l’enfant au tempérament plus facile sera curieux
pour découvrir son nouveau milieu de vie. Les réactions
du parent, la fréquence de l’enfant dans le milieu
ainsi que l’organisation du milieu à recevoir un nouvel
enfant sont des facteurs externes qui influencent également
l’adaptation du poupon.
C’est durant la période d’adaptation que le
parent remet souvent son choix en question. Son insécurité,
son questionnement et parfois même son manque de confiance
envers l’éducatrice est ressentit par le petit et ça
ne lui permet pas d’être en sécurité avec
son éducatrice. Le rôle de l’éducatrice
est alors très important pour sécuriser le parent
et l’enfant dans son adaptation. Répondre aux questions
du parent, l’informer sur les réactions possibles de
son enfant lors de la période d’adaptation, le questionner
sur ses inquiétudes aidera le parent à prendre contact
avec l’éducatrice de son enfant. Une rencontre préalable
sans la présence de l’enfant permettra d’amorcer
la confiance du parent envers l’éducatrice de son enfant.
La régularité de la fréquentation du petit
dans son milieu l’aidera à anticiper les moments de
vie, prévoir les changements et mieux accepter sa nouvelle
vie à la pouponnière. Établir avec le parent,
un horaire d’arriver et de départ stable afin de répondre
adéquatement aux besoins physiologiques de son l’enfant.
La stabilité du personnel dans l’organisation du milieu
facilitera également l’adaptation du petit et du grand
à la pouponnière.
Afin d’aider à l’adaptation des tout-petits,
Marie-Lyne propose à l’équipe de la pouponnière
de mettre en place un plan d’intégration comprenant
5 A.
- ACCEPTATION: accepter la famille et l’enfant tel qu’il
est.
- ACCUEILLIR: mettre en place des stratégies qui répondent
aux besoins de chacun des enfants.
- AGIR: développer des outils, matériel et moyens
pour favoriser l’intégration en douceur.
- ADAPTER: revoir le fonctionnement du milieu pour faciliter l’intégration
de chacun des enfants en ajustant et en apportant des changements.
- AIDER: ajuster le milieu physique de façon à répondre
aux besoins, goûts et intérêts de jeux des
nouveaux enfants.
Voilà la proposition de Marie-Lyne pour mieux vivre l’intégration
avec un nouvel enfant à la pouponnière. Il ne lui
reste plus qu’à mettre en place son guide de survie…
pour mieux vivre l’intégration avec ses petits.
|
|